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平凡
Médiocrité
二葉亭四迷
Futabatei Shimei
::1907::
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source: https://www.aozora.gr.jp/cards/000006/files/3310_8291.html
Le narrateur, un fonctionnaire de rang inférieur approchant la quarantaine, a autrefois appartenu au monde littéraire. En entreprenant d'écrire ses mémoires, il commence par son enfance, mais son récit est interrompu par la visite d'un ancien ami du milieu des lettres. Ce dernier l'assomme de potins mondains et de théories littéraires creuses. Le narrateur rejette ces discussions avec mépris : pour lui, les conseils sincères d'un parent sur la santé ont bien plus de poids que toutes les fioritures intellectuelles.
Il se remémore alors ses années d'école primaire et son chien, Pochi. Ce passage, devenu célèbre, raconte la fin tragique de l'animal. Après avoir décrit la mort de Pochi, le narrateur parodie le style grandiloquent de l'époque en utilisant des concepts philosophiques de haut vol, avant de briser cette façade : tout cela est faux. La seule réalité brute, c'est l'horreur qu'il a ressentie en voyant l'humanité entière comme une bande de tueurs de chiens.
Monté à Tokyo pour étudier le droit, il se laisse séduire par la littérature et finit par mépriser les gens ordinaires qui travaillent dur pour vivre. Grisé par un succès littéraire, il s'abandonne à une idylle amoureuse, négligeant ses devoirs filiaux. Ce n'est qu'à la mort de son père — survenue avant qu'il n'ait pu arriver à son chevet — qu'il réalise la vacuité de ses ambitions passées.
Ce choc brutal le ramène à la réalité. Il choisit alors de renoncer à ses rêves de gloire littéraire pour prendre soin de sa mère, se tournant vers une vie "médiocre" de bureaucrate, celle-là même qu'il décrit au début du texte.
私は今年三十九になる。人世五十が通相場なら、まだ今日明日穴へ入ろうとも思わぬが、しかし未来は長いようでも短いものだ。過去って了えば実に呆気ない。まだまだと云ってる中にいつしか此世の隙が明いて、もうおさらばという時節が来る。其時になって幾ら足掻いたって藻掻いたって追付かない。覚悟をするなら今の中だ。
いや、しかし私も老込んだ。三十九には老込みようがチト早過ぎるという人も有ろうが、気の持方は年よりも老けた方が好い。それだと無難だ。
如何して此様な老人じみた心持になったものか知らぬが、強ち苦労をして来た所為では有るまい。私位の苦労は誰でもしている。尤も苦労しても一向苦労に負げぬ何時迄も元気な人もある。或は苦労が上辷りをして心に浸みないように、何時迄も稚気の失せぬお坊さん質の人もあるが、大抵は皆私のように苦労に負げて、年よりは老込んで、意久地なく所帯染みて了い、役所の帰りに鮭を二切竹の皮に包んで提げて来る気になる、それが普通だと、まあ、思って自ら慰めている。
もう斯うなると前途が見え透く。もう如何様に藻掻たとて駄目だと思う。残念と思わぬではないが、思ったとて仕方がない。それよりは其隙で内職の賃訳の一枚も余計にして、もう、これ、冬が近いから、家内中に綿入れの一枚も引張らせる算段を為なければならぬ。
もう私は大した慾もない。どうか忰が中学を卒業する迄首尾よく役所を勤めて居たい、其迄に小金の少しも溜めて、いつ何時私に如何な事が有っても、妻子が路頭に迷わぬ程にして置きたいと思うだけだが、それが果して出来るものやら、出来ぬものやら、甚だ覚束ないので心細い……
Je vais avoir trente-neuf ans cette année. Si l’on considère que cinquante ans est la durée normale d’une vie humaine, je ne pense pas encore à entrer dans la tombe demain ou après-demain ; pourtant, l’avenir, si long qu’il paraisse, est bien court. Une fois passé, c’est d’une brièveté déconcertante. À force de se dire « j’ai encore le temps », les jours s’évanouissent sans qu’on y prenne garde, et le moment du grand départ finit par arriver. À cet instant-là, on a beau se débattre ou s’agiter, il est trop tard. Si l’on doit se préparer, c’est maintenant ou jamais.
Mais enfin, je dois avouer que je me sens vieilli. Certains diront qu'à trente-neuf ans, c'est un peu tôt pour se sentir vieux, mais il vaut mieux avoir l'esprit plus vieux que son âge. C'est plus sûr.
Je ne sais pas comment j'en suis venu à cet état d'esprit de vieillard, mais ce n'est sans doute pas à cause des épreuves que j’ai traversées. Tout le monde endure des peines semblables aux miennes. Certes, il y a des gens vigoureux que le malheur ne parvient jamais à terrasser. Il y a aussi ces éternels enfants dont les soucis glissent sur l'âme sans jamais s'y imprégner ; mais la plupart des hommes sont comme moi : vaincus par la fatigue, plus vieux que leur âge, perdant toute ambition pour s'enliser dans la banalité du foyer. On finit par rentrer du bureau en balançant deux tranches de saumon enveloppées dans de l'écorce de bambou. Je me console en me disant que c'est là le sort commun.
Arrivé à ce stade, l'horizon est tout tracé. J'ai compris qu'il est inutile de se débattre davantage. Ce n'est pas que je n'éprouve aucun regret, mais le regret ne mène à rien. Mieux vaut utiliser ce temps pour traduire une page de plus en travail d'appoint et, puisque l'hiver approche, trouver le moyen d'offrir à toute la famille un vêtement ouaté tout neuf.
Je n'ai plus de grandes ambitions. Mon seul souhait est de pouvoir conserver mon poste au bureau jusqu'à ce que mon fils termine le collège. D'ici là, j'aimerais mettre un peu d'argent de côté pour que, quoi qu'il m'arrive, ma femme et mon enfant ne se retrouvent pas à la rue. Mais je ne sais pas si j'y parviendrai, et cette incertitude me serre le cœur...
が、考えると、昔は斯うではなかった。人並に血気は壮だったから、我より先に生れた者が、十年二十年世の塩を踏むと、百人が九十九人まで、皆じめじめと所帯染みて了うのを見て、意久地の無い奴等だ。そんな平凡な生活をする位なら、寧そ首でも縊って死ン了え、などと蔭では嘲けったものだったが、嘲けっている中に、自分もいつしか所帯染みて、人に嘲けられる身の上になって了った。
こうなって見ると、浮世は夢の如しとは能く言ったものだと熟々思う。成程人の一生は夢で、而も夢中に夢とは思わない、覚めて後其と気が附く。気が附いた時には、夢はもう我を去って、千里万里を相隔てている。もう如何する事も出来ぬ。
もう十年早く気が附いたらとは誰しも思う所だろうが、皆判で捺したように、十年後れて気が附く。人生は斯うしたものだから、今私共を嗤う青年達も、軈ては矢張り同じ様に、後の青年達に嗤われて、残念がって穴に入る事だろうと思うと、私は何となく人間というものが、果敢ないような、味気ないような、妙な気がして、泣きたくなる……
あッ、はッ、は! ……いや、しかし、私も老込んだ。こんな愚痴が出る所を見ると、愈老込んだに違いない。
Pourtant, quand j'y songe, je n'étais pas ainsi autrefois. J'avais l'ardeur de la jeunesse, et lorsque je voyais mes aînés, forts de dix ou vingt ans d'expérience, finir presque tous par s'enliser lamentablement dans la grisaille du quotidien, je les traitais de lâches. Je me moquais d'eux en secret, me disant que s'il fallait mener une vie aussi médiocre, il valait mieux se pendre une bonne fois pour toutes. Et puis, à force de ricaner, je me suis retrouvé moi-même, sans m'en apercevoir, embourbé dans cette même routine, devenu à mon tour l'objet des moqueries d'autrui.
Arrivé à ce point, je comprends enfin toute la justesse du dicton : « Ce monde n'est qu'un rêve ». En vérité, la vie humaine est un songe. Et tant que l'on rêve, on ne sait pas que l'on rêve ; on ne s'en rend compte qu'au réveil. Mais une fois éveillé, le rêve s'est déjà envolé, il est à des lieues de nous, par-delà les montagnes. On n'y peut plus rien.
« Si seulement je m'en étais rendu compte dix ans plus tôt ! » : voilà ce que tout le monde pense. Mais nous sommes tous faits au même moule : nous réalisons toujours la vérité avec dix ans de retard. Puisque la vie est ainsi faite, je me dis que ces jeunes gens qui rient de nous aujourd'hui seront demain moqués par leurs cadets, et qu'ils finiront par entrer dans la tombe avec les mêmes regrets. Cette pensée me donne une impression étrange sur l'humanité — quelque chose de si éphémère, de si insipide — que j'en ai presque envie de pleurer...
Ah ! Ah ! Ah ! ... Non, décidément, j'ai pris un coup de vieux. À m'entendre débiter de telles jérémiades, il ne fait plus aucun doute que j'ai vieilli.
老込んだ証拠には、近頃は少し暇だと直ぐ過去を憶出す。いや憶出しても一向憶出し栄のせぬ過去で、何一つ仕出来した事もない、どころじゃない、皆碌でもない事ばかりだ。が、それでいて、其失敗の過去が、私に取っては何処か床しい処がある、後悔慚愧腸を断つ想が有りながら、それでいて何となく心を惹付けられる。
日曜に妻子を親類へ無沙汰見舞に遣った跡で、長火鉢の側で徒然としていると、半生の悔しかった事、悲しかった事、乃至嬉しかった事が、玩具のカレードスコープを見るように、紛々と目まぐるしく心の上面を過ぎて行く。初は面白半分に目を瞑って之に対っている中に、いつしか魂が藻脱けて其中へ紛れ込んだように、恍惚として暫く夢現の境を迷っていると、
「今日は! 桝屋でございます!」
と、ツイ障子一重其処の台所口で、頓狂な酒屋の御用の声がする。これで、私は夢の覚めたような面になる。で、ぼやけた声で、
「まず好かったよ。」
酒屋の御用を逐返してから、おお、斯うしてもいられん、と独言を言って、机を持出して、生計の足しの安翻訳を始める。外国の貯蓄銀行の条例か何ぞに、絞ったら水の出そうな頭を散々悩ませつつ、一枚二枚は余所目を振らず一心に筆を運ぶが、其中に曖昧な処に出会してグッと詰ると、まず一服と旧式の烟管を取上げる。と、又忽然として懐かしい昔が眼前に浮ぶから、不覚其に現を脱かし、肝腎の翻訳がお留守になって、晩迄に二十枚は仕上げる積の所を、十枚も出来ぬ事が折々ある。
こうどうも昔ばかりを憶出していた日には、内職の邪魔になるばかりで、卑しいようだが、銭にならぬ。寧そのくされ、思う存分書いて見よか、と思ったのは先達ての事だったが、其後――矢張り書く時節が到来したのだ――内職の賃訳が弗と途切れた。此暇を遊んで暮すは勿体ない。私は兎に角書いて見よう。
La preuve que j’ai vieilli, c’est que ces derniers temps, à la moindre minute de libre, je me replonge aussitôt dans le passé. Oh, je m’en souviens, bien sûr, mais ce n’est pas un passé dont on peut tirer la moindre gloire ; je n’y ai rien accompli de mémorable, bien au contraire, ce ne sont que des futilités. Pourtant, ce passé parsemé d’échecs garde à mes yeux un certain charme. Malgré les regrets et la honte qui me déchirent le cœur, je ne peux m’empêcher d'être irrésistiblement attiré par ces souvenirs.
Le dimanche, après avoir envoyé ma femme et mes enfants rendre visite à la famille, je reste seul à ne rien faire près du grand brasero (naga-hibachi). Alors, les déceptions, les tristesses et même les quelques joies de ma vie défilent pêle-mêle à la surface de mon esprit, comme les motifs changeants d’un kaléidoscope. Au début, je m'y prête presque par jeu, les yeux clos, mais bientôt mon âme s'échappe et s'y perd tout entière. Je reste là, extatique, errant quelque temps à la lisière du rêve et de la réalité, quand soudain :
« Bonjour ! C’est le livreur de chez Masuya ! »
Cette voix criarde, celle du commis de la boutique de saké à la porte de la cuisine, juste derrière la cloison de papier, me tire de ma torpeur. Je reprends alors mon visage de tous les jours et réponds d'une voix embrumée :
« Rien pour aujourd'hui, merci. »
Une fois le livreur éconduit, je me dis à moi-même : « Allons, je ne peux pas rester ainsi à ne rien faire. » Je sors ma table de travail et me remets à mes traductions alimentaires. Je me torture l'esprit — un esprit si sec qu'on n'en tirerait pas une goutte d'eau — sur des règlements de banques d'épargne étrangères ou d'autres textes arides. J'aligne une page, puis deux, sans lever les yeux, concentré sur ma plume. Mais dès que je bute sur un passage ambigu, je m'arrête pour prendre une bouffée de ma vieille pipe. Et là, instantanément, le passé resurgit devant mes yeux. Je m'y oublie de nouveau, négligeant ma tâche essentielle. Moi qui comptais finir vingt pages avant le soir, il m'arrive de ne pas en terminer dix.
Passer ses journées à se remémorer le passé finit par nuire au travail d'appoint et — c'est triste à dire — ne rapporte pas un sou. « Et puis zut ! Pourquoi ne pas écrire tout cela une bonne fois pour toutes ? », m'étais-je dit l'autre jour. Depuis lors — le moment était sans doute venu — les commandes de traduction se sont brusquement taries. Il serait dommage de gâcher ce temps libre. Quoi qu'il en soit, je vais essayer d'écrire.
実は、極く内々の話だが、今でこそ私は腰弁当と人の数にも算まえられぬ果敢ない身の上だが、昔は是れでも何の某といや、或るサークルでは一寸名の知れた文士だった。流石に今でも文壇に昔馴染が無いでもない。恥を忍んで泣付いて行ったら、随分一肩入れて、原稿を何処かの本屋へ嫁けて、若干かに仕て呉れる人が無いとは限らぬ。そうすりゃ、今年の暮は去年のような事もあるまい。何も可愛い妻子の為だ。私は兎に角書いて見よう。
さて、題だが……題は何としよう? 此奴には昔から附倦んだものだッけ……と思案の末、礑と膝を拊って、平凡! 平凡に、限る。平凡な者が平凡な筆で平凡な半生を叙するに、平凡という題は動かぬ所だ、と題が極る。
次には書方だが、これは工夫するがものはない。近頃は自然主義とか云って、何でも作者の経験した愚にも附かぬ事を、聊かも技巧を加えず、有の儘に、だらだらと、牛の涎のように書くのが流行るそうだ。好い事が流行る。私も矢張り其で行く。
で、題は「平凡」、書方は牛の涎。
さあ、是からが本文だが、此処らで回を改めたが好かろうと思う。
À vrai dire, et c’est une confidence tout à fait intime, si je ne suis aujourd'hui qu'un pauvre employé traînant sa gamelle — une existence si dérisoire qu'elle ne compte pour rien aux yeux du monde —, j’étais autrefois un certain Monsieur Tel, un écrivain dont le nom s'était fait une petite place dans certains cercles. Aujourd'hui encore, je ne manque pas de vieilles connaissances dans le milieu littéraire. Si je ravalais ma honte et que j'allais les trouver en les suppliant, il ne serait pas impossible que l'un d'eux me donne un coup de main, qu'il place mon manuscrit chez un éditeur et m'en tire quelques deniers. Ainsi, cette fin d'année ne ressemblerait pas à la précédente. Et puis, c'est pour ma chère femme et mon enfant. Quoi qu'il en soit, je vais essayer d'écrire.
Bien. Mais le titre... quel titre choisir ? C’est une chose qui m'a toujours donné du fil à retordre... Après m'être bien creusé la tête, je me frappe soudain le genou : Médiocrité ! Rien de tel que Médiocrité. Pour un homme médiocre relatant d'une plume médiocre une vie médiocre, le titre « Médiocrité » est inattaquable. Voilà le titre fixé.
Vient ensuite la manière d'écrire, mais il n'y a pas à chercher bien loin. On dit que le « Naturalisme » est à la mode ces temps-ci : cela consiste, paraît-il, à raconter les moindres futilités vécues par l'auteur, sans aucun artifice technique, telles quelles, en les laissant couler interminablement comme la bave d'un bœuf. C'est une excellente mode. Je vais m'y tenir aussi.
Donc, le titre : « Médiocrité ». Le style : « Bave de bœuf ».
Et maintenant, passons au corps du texte ; mais je pense qu’il serait préférable de commencer ici un nouveau chapitre.
私は地方生れだ。戸籍を並べても仕方がないから、唯某県の某市として置く。其処で生れて其処で育ったのだ。
子供の時分の事は最う大抵忘れて了ったが、不思議なもので、覚えている事だと、判然と昨日の事のように想われる事もある。中にも是ばかりは一生目の底に染付いて忘れられまいと思うのは十の時死別れた祖母の面だ。
今でも目を瞑ると、直ぐ顕然と目の前に浮ぶ。面長の、老人だから無論皺は寄っていたが、締った口元で、段鼻で、なかなか上品な面相だったが、眼が大きな眼で、女には強過る程権が有って、古屋の――これが私の家の姓だ――古屋の隠居の眼といったら、随分評判の眼だったそうだ。成程然ういえば、何か気に入らぬ事が有って祖母が白眼でジロリと睨むと、子供心にも何だか無気味だったような覚がまだ有る。
大抵の人は気象が眼へ出ると云う。祖母が矢張り其だった。全く眼色のような気象で、勝気で、鋭くて、能く何かに気の附く、口も八丁手も八丁という、一口に言えば男勝り……まあ、そういった質の人だったそうな、――私は子供の事で一向夢中だったが。
生長後親類などの話で聞くと、それというが幾分か境遇の然らしめた所も有ったらしい――というのは、早く祖父に死なれて若い時から後家を徹して来た。後家という者はいつの世でも兎角人に影口言れ勝の、割の悪いものだから、勝気の祖母はこれが悔しくて堪らない。それで、何の、女でこそあれ、と気を張る。気を張て油断をしなかったから、一生人に後指を差されるような過失はなかった代り、余り人に愛しもされずに年を取って了って、父の代となった。
Je suis né en province. Il est inutile de déballer ici mon état civil ; disons simplement que je suis né et que j’ai grandi dans telle ville de telle préfecture.
J’ai oublié la majeure partie de mon enfance, mais les souvenirs sont des choses étranges : certains me reviennent avec une clarté telle que j’ai l’impression qu’ils datent d’hier. Parmi eux, il en est un qui, j’en suis convaincu, restera gravé au fond de mes yeux jusqu’à mon dernier jour : c’est le visage de ma grand-mère, dont j’ai été séparé par la mort quand j'avais dix ans.
Aujourd'hui encore, si je ferme les yeux, elle surgit instantanément devant moi. Elle avait le visage allongé, ridé par la vieillesse bien sûr, mais une bouche ferme, un nez aquilin et des traits d’une grande distinction. Ses yeux, cependant, étaient immenses, animés d’une autorité presque trop forte pour une femme ; on raconte que « le regard de la douairière de la maison Furuya » — c’est notre nom de famille — était célèbre dans les environs. En effet, je me souviens encore que, lorsqu'elle m'adressait un coup d'œil de biais parce que quelque chose lui déplaisait, j'éprouvais, malgré mon jeune âge, une sensation de malaise inquiétant.
On dit souvent que le tempérament se lit dans le regard. C’était le cas de ma grand-mère. Elle était exactement à l'image de son regard : volontaire, vive, perspicace, aussi habile de sa langue que de ses mains. Pour tout dire, c’était une femme à poigne, au caractère d'homme... du moins est-ce ainsi qu’on me l'a décrite, car moi, à l’époque, je n’étais qu’un enfant étourdi par ses rêves.
父は祖母とは全で違っていた。如何して此人の腹に此様な人がと怪しまれる程の好人物で、面も薩張り似ていなかった。大きな、笑うと目元に小皺の寄る、豊頬した如何にも愛嬌のある円顔で、形も大柄だったが、何処か円味が有り、心も其通り角が無かった。快活で、蟠りがなくて、話が好きで、碁が好きで、暇さえ有れば近所を打ち歩き、大きな嚏を自慢にする程の罪のない人だった。祖父が矢張然うであったと云うから、大方其気象を受継いだのであろう。
父は此様な人だし、母は――私の子供の時分の母は、手拭を姉様冠りにして襷掛けで能くクレクレ働く人だった。其頃の事を誰に聞いても、皆阿母さんは能く辛抱なすったとばかりで、其他に何も言わぬから、私の記憶に残る其時分の母は、何時迄経っても矢張り手拭を姉様冠りにして、襷掛けで能くクレクレ働く人で、格別如何いう人という事もない。
斯ういう家庭だったから、自然祖母が一家の実権を握っていた。家内中の事一から十迄祖母の方寸に捌かれて、母は下女か何ぞの様に逐使われる。父も一向家事には関係しないで、形式的に相談を受ければ、好うがしょう、とばかり言っている。然う言っていないと、祖母の機嫌が悪い、面倒だ。
母方の伯父で在方で村長をしていた人があった。如何したのだか、祖母とは仲悪で、死後迄余り好くは言わなかったが、何かの話の序に、阿母さんもお祖母さんには随分泣されたものだよ、と私に言った事がある。成る程折々母が物蔭で泣いていると、いつも元気な父が其時ばかりは困った顔をして何か密々言っているのを、子供心にも不審に思った事があったが、それが伯父の謂うお祖母さんに泣かされていたのだったかも知れぬ。
兎に角祖母は此通り気難かし家であったが、その気難かし家の、死んだ後迄噂に残る程の祖母が、如何いうものだか、私に掛ると、から意久地がなかった。
Mon père était le parfait opposé de ma grand-mère. C’était un homme d’une telle bonté que l’on s’étonnait qu’il ait pu sortir du ventre d’une telle femme ; physiquement d'ailleurs, il ne lui ressemblait en rien. Il avait un grand visage rond aux joues pleines, on ne peut plus avenant, avec de petites rides qui se formaient au coin des yeux quand il riait. Sa stature était imposante, mais il s'en dégageait une certaine rondeur, et son caractère était à l'avenant, sans aucune aspérité. C’était un homme jovial, sans rancœur, qui aimait la discussion et le jeu de go ; il passait tout son temps libre à faire des parties dans le voisinage et poussait l'innocence jusqu'à tirer une fierté de ses éternuements sonores. On disait que mon grand-père était ainsi ; il devait sans doute tenir son tempérament de lui.
Mon père était donc ce genre d'homme, et ma mère... La mère de mon enfance était une femme qui travaillait sans relâche, le visage encadré par un foulard anesama-kaburi et les manches relevées par un cordon tasuki. Quiconque se souvenait d'elle à cette époque ne disait rien d'autre que : « Votre mère était d'une patience exemplaire ». C'est pourquoi, dans mes souvenirs, elle reste invariablement cette silhouette laborieuse, s'activant avec son foulard et son cordon, sans que je puisse définir plus précisément sa personnalité.
Dans un tel foyer, il était naturel que ma grand-mère détienne le pouvoir effectif sur toute la maisonnée. Absolument tout, du plus petit détail à l'affaire la plus importante, était tranché selon son bon vouloir, et ma mère était menée à la baguette comme une simple servante. Mon père, lui, ne se mêlait jamais des affaires domestiques ; lorsqu'on le consultait pour la forme, il se contentait de dire : « Très bien, fais donc ainsi ». S'il n'avait pas agi de la sorte, ma grand-mère aurait été d'humeur exécrable, ce qui aurait été bien trop d'ennuis.
J’avais un oncle maternel qui était maire d'un village à la campagne. Pour une raison que j'ignore, il s’entendait mal avec ma grand-mère et, même après la mort de celle-ci, il n'en disait guère de bien. Un jour, au détour d'une conversation, il me confia : « Ta mère a pourtant bien pleuré à cause de ta grand-mère ». En effet, je me rappelais avoir vu parfois ma mère pleurer en cachette, tandis que mon père, d'ordinaire si gai, prenait un air embarrassé pour lui murmurer quelques mots à voix basse. Même enfant, je trouvais cela étrange ; c'était peut-être là ce que mon oncle appelait « pleurer à cause de la grand-mère ».
Quoi qu'il en soit, ma grand-mère était une femme difficile, si difficile que sa réputation lui survécut longtemps. Pourtant, cette femme si redoutable perdait, je ne sais pourquoi, toute sa fermeté dès qu'il s'agissait de moi.
何で祖母が私に掛ると、意久地が無くなるのだか、其は私には分らなかった。が、兎に角意久地の無くなるのは事実で、評判の気難かし家が、如何にでも私の思う様になって了う。
まず何か欲しい物がある。それも無い物ねだりで、有る結構な干菓子は厭で、無い一文菓子が欲しいなどと言出して、母に強求るが、許されない。祖母に強求る、一寸渋る、首玉へ噛り付いて、ようようと二三度鼻声で甘垂れる、と、もう祖母は海鼠の様になって、お由――母の名だ――彼様に言うもんだから、買って来てお遣りよ、という。祖母の声掛りだから、母も不承々々起って、雨降でも私の口のお使に番傘傾げて出懸けようとする。斯うなると、流石の父も最う笑ってばかりは居られなくなって、小言をいう。私が泣く、祖母の機嫌が悪い。
「此様小さい者を其様に苛めて育てて、若しか俊坊の様な事にでもなったら、如何おしだ? 可哀そうじゃないか。」
というのが口切で、ボツリボツリと始める。俊坊というのは私の兄で、私も虚弱だったが、矢張虚弱で、六ツの時偸られたのだそうだ。それも急性胃加答児で偸られたのだと云うから、事に寄ると祖母が可愛がりごかしに口を慎ませなかった祟かも知れぬ。併し虚弱な児は大食させ付ると達者になると言われて、然うかなと思う程の父だから、祖母の矛盾には気が附かない。矢張有触れた然う我儘をさせ付けては位の所で切脱けようとする。祖母も其は然う思わぬでもないから、内々自分が無理だと思うだけに激する、言葉が荒くなる。もう此上憤らせると、又三日も物を言わなかった挙句、ぷいと家を出て在の親類へ行った切帰らぬという騒も起りかねまじい景色なので、父は黙って了う。母も黙って出て行く。と、もう廿分も経つと、私が両手に豆捩を持って雀躍して喜ぶ顔を、祖母が眺めてほくほくする事になって了う。
Pourquoi ma grand-mère perdait-elle toute sa fermeté dès qu'il s'agissait de moi ? Je l'ignorais. Mais c'était un fait : cette femme à la réputation si difficile devenait entre mes mains une pâte malléable.
Imaginons que je veuille quelque chose. C’était souvent un caprice absurde : je dédaignais les somptueuses pâtisseries sèches que nous avions à la maison pour réclamer des friandises de bazar à un sou que nous n'avions pas. Je suppliais ma mère, qui refusait. Je me tournais alors vers ma grand-mère. Elle hésitait un instant ; je lui sautais au cou, me cramponnais à elle et gémissais deux ou trois fois d'une voix traînante et mielleuse. Aussitôt, ma grand-mère devenait flasque comme une holothurie. — O-Yoshi ! lançait-elle à ma mère. Puisqu'il le demande ainsi, va donc lui en acheter !
Sur l'ordre de ma grand-mère, ma mère se levait à contre-cœur, s'apprêtant à sortir sous la pluie, son ombrelle de papier sous le bras, pour satisfaire mon caprice. À ce stade, même mon père ne pouvait plus se contenter de rire et commençait à gronder. Je fondais en larmes, et l'humeur de ma grand-mère s'assombrissait. — Si tu élèves un enfant si petit avec une telle dureté et qu'il finit comme Shun-bô, qu'est-ce que tu feras ? N'as-tu pas de pitié ? C'était son argument d'entrée, et elle poursuivait ses reproches par petites touches. Shun-bô était mon frère aîné ; j'avais moi-même une santé fragile, mais lui plus encore et il avait été emporté à l'âge de six ans. On disait qu'il était mort d'un catarrhe gastrique aigu ; il n'était d'ailleurs pas exclu que ce fût le résultat des gâteries de ma grand-mère qui ne lui imposait aucune discipline alimentaire. Cependant, mon père était du genre à croire que si l'on fait beaucoup manger un enfant chétif, il finit par devenir robuste ; il ne relevait donc pas de contradiction dans ce que disait ma grand-mère. Il tentait de s'esquiver en marmonnant qu'il ne fallait tout de même pas me laisser devenir aussi capricieux.
Ma grand-mère n'en pensait pas moins, mais comme elle sentait intérieurement qu'elle avait tort, elle s'emportait d'autant plus. Ses mots devenaient acerbes. Si on la mettait davantage en colère, on risquait de la voir s'enfermer dans un silence de trois jours, avant de quitter brusquement la maison pour se réfugier chez des parents à la campagne sans donner de nouvelles. Devant une telle menace, mon père se taisait. Ma mère sortait en silence. Et vingt minutes plus tard, ma grand-mère jubilait en me regardant bondir de joie, les mains pleines de gâteaux de haricots torsadés.
斯うして私の小さいけれど際限の無い慾が、毎も祖母を透して遂げられる。それは子供心にも薄々了解るから、自然家内中で私の一番好なのは祖母で、お祖母さんお祖母さんと跡を慕う。何となく祖母を味方のように思っているから、祖母が内に居る時は、私は散々我儘を言って、悪たれて、仕度三昧を仕散らすが、留守だと、萎靡るのではないが、余程温順しくなる。
其癖私は祖母を小馬鹿にしていた。何となく奥底が見透されるから、祖母が何と言ったって、些とも可怕くない。
それを又勝気の祖母が何とも思っていない。反て馬鹿にされるのが嬉しいように、人が来ると、其話をして、憎い奴でございますと言って、ほくほくしている。
両親も其は同じ事で、散々私に悩まされながら、矢張何とも思っていない。唯影でお祖母さんにも困ると、お祖母さんの愚痴を零すばかり。
私は何方へ廻っても、矢張好い児だ。
C’est ainsi que mes désirs, aussi infimes qu’illimités, étaient toujours exaucés par l’entremise de ma grand-mère. Mon esprit d'enfant l'avait confusément compris ; tout naturellement, de toute la maison, c’était elle que je préférais. Je ne la quittais pas d’une semelle, criant sans cesse : « Grand-mère ! Grand-mère ! ». Comme je la considérais instinctivement comme mon alliée, je me permettais tous les caprices dès qu'elle était là ; je me montrais insupportable, j'agissais à ma guise et multipliais les sottises. En revanche, lorsqu’elle s’absentait, je devenais, sans pour autant me laisser abattre, nettement plus docile.
Pourtant, j'avais un certain mépris pour elle. Comme j'avais deviné ses failles, ses paroles n'avaient plus aucune prise sur moi ; je n'en avais pas la moindre peur.
Et le plus étrange, c'est que ma grand-mère, d'ordinaire si fière, ne m'en tenait pas rigueur. Au contraire, elle semblait presque heureuse d'être ainsi menée par le bout du nez. Dès qu'elle recevait de la visite, elle racontait mes méfaits sur un ton de reproche affectueux : « Quel petit monstre ! », disait-elle, le visage rayonnant de satisfaction.
Mes parents n'étaient guère différents. Bien que je les fisse tourner en bourrique, ils ne m'en voulaient jamais vraiment. Ils se contentaient de se plaindre en secret des travers de ma grand-mère : « Ah, la grand-mère est vraiment incorrigible... ».
Peu importait de quel côté je me tournais, je restais toujours l'enfant chéri.
親馬鹿と一口に言うけれど、親の馬鹿程有難い物はない。祖母は勿論、両親とても決して馬鹿ではなかったが、その馬鹿でなかった人達が、私の為には馬鹿になって呉れた。勿体ないと言わずには居られない。
私に何の取得がある? 親が身の油を絞って獲た金を、私の教育に惜気もなく掛けて呉れたのは、私を天晴れ一人前の男に仕立てたいが為であったろうけれど、私は今眇たる腰弁当で、浮世の片影に潜んでいる。私が生きていたとて、世に寸益もなければ、死んだとて、妻子の外に損を受ける者もない。世間から見れば有っても無くても好い余計な人間だ。財産なり、学問なり、技能なり、何か人より余計に持っている人は、其余計に持っている物を挟んで、傲然として空嘯いていても、人は皆其足下に平伏する。私のように何も無い者は、生活に疲れて路傍に倒れて居ても、誰一人振向いて見ても呉れない。皆素通して城々と行って了う。偶立止る者が有るかと思えば、熟ら視て、金持なら、うう、貧乏人だと云う、学者なら、うう、無学な奴だと云う、詩人なら、うう、俗物だと云う、而して城々と行って了う。平生尤も親しらしい面をして親友とか何とか云っている人達でも、斯うなると寄って集って、手ン手ンに腹散々私の欠点を算え立てて、それで君は斯うなったんだ、自業自得だ、諦め玉え々々と三度回向して、彼方向いて城々と行って了う。私は斯ういう価値の無い平凡な人間だ。それを二つとない宝のように、人に後指を差されて迄も愛して呉れたのは、生れて以来今日迄何万人となく人に出会ったけれど、其中で唯祖母と父母あるばかりだ。偉い人は之を動物的の愛だとか言って擯斥されるけれど、平凡な私の身に取っては是程有難い事はない。
城々: évoque une attitude de supériorité hautaine, un pas nonchalant et fier
On parle souvent de « l'aveuglement paternel », mais il n'est rien de plus précieux au monde que cette "folie" des parents. Ma grand-mère, tout comme mes parents, n'étaient certes pas des sots ; pourtant, ces gens d'esprit ont accepté de devenir des sots pour mon seul bénéfice. Je ne peux m'empêcher de trouver cela d'une générosité sacrée.
Quels sont mes mérites ? Si mes parents ont dépensé sans compter pour mon éducation l'argent qu'ils avaient gagné à la sueur de leur front, c'était sans doute dans l'espoir de faire de moi un homme accompli. Pourtant, me voilà aujourd'hui infime gratte-papier tapi dans les recoins de l'existence. Que je vive n'apporte aucun bénéfice au monde, et si je venais à mourir, personne en dehors de ma femme et de mon fils n'en subirait de perte. Aux yeux de la société, je suis un être superflu dont on peut se passer.
Ceux qui possèdent plus que les autres — que ce soit la fortune, le savoir ou le talent — peuvent se pavaner avec arrogance, le monde se prosternera toujours à leurs pieds. Mais un homme comme moi, qui n'a rien, peut bien s'écrouler d'épuisement au bord du chemin, personne ne daignera se retourner. Tous passent leur chemin d'un pas dégagé, d'un air plein de superbe. Si par hasard l'un d'eux s'arrête, c'est pour m'observer froidement : le riche dira : « Bah ! Un miséreux » ; le savant : « Hum, un ignorant » ; le poète : « Pff, un vulgaire matérialiste ». Et tous s'en vont, d'un pas superbe. Même ceux qui, d'ordinaire, affichent un visage amical et se prétendent vos « amis » se rassembleraient dans de telles circonstances pour énumérer à l'envi chacun de mes défauts : « C’est pour cela que tu en es là », « Tu n’as que ce que tu mérites », « Résigne-toi ! ». Puis, après m'avoir fait trois fois la leçon, ils tourneraient les talons et s'en iraient d'un pas superbe.
Voilà l'homme médiocre et sans valeur que je suis. Et pourtant, d'avoir été aimé comme un trésor unique, au point d'affronter les quolibets, je ne l'ai vécu qu'auprès de trois personnes parmi les dizaines de milliers croisées depuis ma naissance : ma grand-mère et mes parents. Les grands esprits rejettent cet amour en le qualifiant de purement « animal » ; mais pour un être médiocre comme moi, il n'est rien de plus gratifiant.
若し私の親達に所謂教育が有ったら、斯うはなかったろう。必ず、動物的の愛なんぞは何処かの隅に窃と蔵って置き、例の霊性の愛とかいうものを担ぎ出て来て、薄気味悪い上眼を遣って、天から振垂った曖昧な理想の玉を睨めながら、親の権威を笠に被ぬ面をして笠に被て、其処ン処は体裁よく私を或型へ推込もうと企らむだろう。私は子供の天性の儘に、そんなふやけた人間が、古本なんぞと首引して、道楽半分に拵えた、其癖無暗に窮屈な型なんぞへ入る事を拒んで、隙を見て逃出そうとする。どッこいと取捉まえて厭がる者を無理無体に、シャモを鶏籠へ推込むように推込む。私は型の中で出ようと藻掻く。知らん面している。泣いて、喚いて、引掻いて出ようとする。知らん面している。欺して出ようとする。其手に乗らない。百計尽きて、仕様がないと観念して、性を矯め、情を矯め、生ながら木偶の様な生気のない人間になって了えば、親達は始めて満足して、漸く善良な傾向が見えて来たと曰う。世間の所謂家庭教育というものは皆是ではないか。私は幸いにして親達が無教育無理想であったばかりに、型に推込まれる憂目を免れて、野育ちに育った。野育ちだから、生来具有の百の欠点を臆面もなく暴け出して、所謂教育ある人達を顰蹙せしめたけれど、其代り子供の時分は、今の様に矯飾はしなかった。皆無教育な親達のお蔭だ。難有い事だと思う。真に難有い事だと思う。
しかし内拡がりの外窄まりと昔から能く俗人が云う。哲人の深遠な道理よりも、詩人の徹底した見識よりも、平凡な私共の耳には此方が入り易い。不思議な事には、無理想の俗人の言う事は皆活きて聞える。
私が矢張其内拡りの外窄まりであった。
Si mes parents avaient reçu ce qu'on appelle une « éducation », les choses ne se seraient pas passées ainsi. Ils auraient sûrement relégué leur affection animale dans quelque recoin secret pour mettre en avant ce fameux « amour spirituel » ; ils auraient levé un regard de biais, un peu sinistre, vers quelque vague idéal tombé du ciel, et, tout en feignant de ne pas abuser de leur autorité parentale, ils s'en seraient servis pour tenter de me faire entrer de force dans un moule convenable. Moi, fidèle à ma nature d’enfant, j’aurais refusé d'intégrer ce moule absurdement étroit, fabriqué par des êtres inconsistants qui se querellent avec de vieux livres par pur caprice ; j’aurais guetté la moindre occasion pour m’enfuir. Mais « Hop là ! », ils m'auraient rattrapé pour me fourrer là-dedans, malgré mes résistances, comme on enfonce un poulet de combat dans sa cage. Dans mon moule, je me serais débattu pour sortir. Ils auraient fait semblant de ne rien voir. J’aurais pleuré, hurlé, griffé pour m'échapper. Ils seraient restés de marbre. J’aurais tenté la ruse. Ils ne s’y seraient pas laissé prendre. Finalement, à bout de ressources, je me serais résigné : j'aurais redressé mon caractère, bridé mes émotions, et je serais devenu un être sans vie, tel une marionnette vivante. Alors seulement, mes parents auraient été satisfaits et auraient déclaré : « Enfin, il montre des tendances vertueuses ». N’est-ce pas là ce que le monde appelle « l’éducation familiale » ? Par bonheur, mes parents étaient sans éducation et sans idéaux ; j’ai donc échappé au malheur d'être broyé par un moule et j'ai grandi comme une herbe folle. Certes, cette éducation "sauvage" m'a fait exposer sans vergogne les cent défauts inhérents à ma nature, provoquant les grimaces des gens dits éduqués ; mais en échange, durant mon enfance, je n'ai pas eu à porter de masque comme je le fais aujourd'hui. Je le dois à mes parents sans instruction. J'en suis reconnaissant. J'en suis sincèrement reconnaissant.
Cependant, comme le disent souvent les gens du peuple : « Large à l’intérieur, étroit à l’extérieur ». Pour nos oreilles d’hommes médiocres, ce dicton est bien plus accessible que les raisonnements profonds des philosophes ou les visions pénétrantes des poètes. C'est étrange, mais les paroles des profanes sans idéaux résonnent toujours avec plus de vie.
Et j’étais bien ainsi : un tyran au logis, mais une ombre au dehors.
内ン中の鮑ッ貝、外へ出りゃ蜆ッ貝、と友達に囃されて、私は悔しがって能く泣いたッけが、併し全く其通りであった。
如何いうものだか、内でお祖母さんが舐るようにして可愛がって呉れるが、一向嬉しくない。反て蒼蠅くなって、出るなと制める袖の下を潜って外へ駈出す。
しかし一歩門外へ出れば、最う浮世の荒い風が吹く。子供の時分の其は、何処にも有る苛めッ児という奴だ。私の近処にも其が居た。
勘ちゃんと云って、私より二ツ三ツ年上で、獅子ッ鼻の、色の真黒けな児だったが、斯ういうのに限って乱暴だ。親仁は郵便局の配達か何かで、大酒呑で、阿母はお引摺と来ているから、常も鍵裂だらけの着物を着て、踵の切れた冷飯草履を突掛け、片手に貧乏徳利を提げ、子供の癖に尾籠な流行歌を大声に唱いながら、飛んだり、跳ねたり、曲駈というのを遣り遣り使に行く。始終使にばかり行っても居なかったろうが、私は勘ちゃんの事を憶出すと、何故だか常も其使に行く姿を想出す。
勘ちゃんは家では何も貰えぬから、人が何か持ってさえいれば、屹度欲しがって、卒直にお呉ンなと云う。機嫌好く遣れば好し、厭だと頭振を振ると、顋を突出して、好いよ好いよと云う。薄気味悪くなって遣ろうとするが、最う受取らない。好いよ、呉れないと云ったね、好いよと、其許りを反覆して行って了う。何となく気になるが、子供の事だ、遊びに耋けて忘れていると、何時の間にか勘ちゃんが、使の帰りに何処かで蛇の死んだのを拾って来て、窃と背後から忍び寄て、卒然ピシャリと叩き付ける。ワッと泣き声揚げて此方は逃出す、其後姿を勘ちゃんは白眼で見送って、「様ア見やがれ!」
« Ormeau à la maison, petite palourde au dehors ! » : voilà comment mes camarades se moquaient de moi. J'en pleurais souvent de rage, mais c'était la stricte vérité.
Je ne sais pas pourquoi, mais alors que ma grand-mère me léchait de tendresse à la maison, cela ne me faisait aucun plaisir. Au contraire, elle finissait par m'agacer ; je me faufilais sous sa manche alors qu'elle tentait de me retenir et je m'élançais dehors.
Mais sitôt le seuil franchi, le vent rude du monde se mettait à souffler. À l'époque, ce vent prenait la forme de ce que l'on trouve partout : le petit tyran du quartier. Il y en avait un près de chez moi.
Il s'appelait Kan-chan. Il avait deux ou trois ans de plus que moi, un nez épaté et le teint noir comme du charbon ; ce genre de gamin est toujours le plus brutal. Son père était facteur ou quelque chose du genre, un grand ivrogne, et sa mère était une traîne-savate. Kan-chan portait toujours des vêtements couverts d'accrocs et des sandales de paille usées jusqu'au talon. Il courait les rues, une bouteille de saké bon marché à la main, hurlant à tue-tête des chansons grivoises à la mode, tout en sautant et en gambadant pour faire des acrobaties en allant faire ses commissions. Il ne passait sans doute pas tout son temps à faire des courses, mais quand je repense à lui, c'est curieusement toujours cette silhouette de commissionnaire qui me revient en mémoire.
Comme Kan-chan ne recevait rien chez lui, dès qu'il voyait quelqu'un avec quelque chose, il le convoitait et demandait sans détour : « Donne-m'en un peu ! ». Si on lui donnait de bon cœur, tout allait bien. Mais si l'on secouait la tête, il avançait le menton et disait : « C'est bon, c'est bon... ». Pris de malaise, on essayait alors de lui donner, mais il refusait de prendre quoi que ce soit. « C'est bon. Tu as dit que tu ne m'en donnerais pas, alors c'est bon », répétait-il avant de s'en aller. Cela laissait un sentiment d'inquiétude, mais, comme tous les enfants, je finissais par l'oublier, absorbé par mes jeux.
C'est alors que Kan-chan, revenant de ses courses, dénichait quelque part un cadavre de serpent. Il s'approchait furtivement par derrière et, soudain, m'en cinglait violemment le corps. Je m'enfuyais en poussant des hurlements, et Kan-chan, me regardant partir de son œil de biais, s'écriait : « Bien fait pour toi ! ».
私は散々此勘ちゃんに苛められた。初こそ悔しがって武者振り付いても見たが、勘ちゃんは喧嘩の名人だ。直と足搦掛けて推倒して置いて、馬乗りに乗ってピシャピシャ打つ。私にはお祖母さんが附いてるから、内では親にさえ滅多に打たれた事のない頭だ。その大切にせられている頭を、勘ちゃんは遠慮せずにピシャピシャ打つ。
一度酷い目に遭ってから、私は勘ちゃんが可怕くて可怕くてならなくなった。勘ちゃんが側へ来ると、最う私は恟々して、呉れと言わない中から持ってる物を遣り、勘ちゃん、あの、賢ちゃんがね、お前の事を泥棒だッて言ってたよと、余計な事迄告口して、勉めて御機嫌を取っていた。斯うしていれば大抵は無難だが、それでも時々何の理由もなく、通りすがりに大切の頭をコツリと打って行くこともある。
外は面白いが、勘ちゃんが厭だ。と云って、内でお祖母さんと睨めッこも詰らない。そこで、お隣のお光ちゃんにお向うのお芳ちゃんを呼んで来る。お光ちゃんは外歯のお出額で河童のような児だったけれど、お芳ちゃんは色白の鈴を張ったような眼で、好児だった。私は飯事でお芳ちゃんの旦那様になるのが大好だった。お烟草盆のお芳ちゃんが真面目腐って、貴方、御飯をお上ンなさいなと云う。アイと私が返事をする。アイじゃ可笑いわ、ウンというンだわ、と教えられて、じゃ、ウンと言って、可笑くなって、不覚笑い出す。此方が勘ちゃんに頭を打られるより余程面白い。それに女の児はこましゃくれているから、子供でも人の家だと遠慮する。私一人威張っていられる。間違って喧嘩になっても、屹度敵手が泣く。然うすればお祖母さんが謝罪って呉れる。
女の児と遊ぶのは無難で面白いが、併しそう毎日も遊びに来て呉れない。すると、私は退屈するから、平地に波瀾を起して、拗て、じぶくッて、大泣に泣いて、而してお祖母さんに御機嫌を取って貰う。
Kan-chan me fit subir les pires brimades. Au début, fou de rage, j'avais bien tenté de lui sauter à la gorge, mais c'était un maître en combat de rue. En un clin d'œil, il me fauchait les jambes, me jetait à terre, s'asseyait sur moi à califourchon et me cinglait le visage de gifles répétées. À cause de ma grand-mère qui me couvait, mon père lui-même ne m'avait presque jamais frappé à la tête. Et voilà que Kan-chan, lui, giflait sans la moindre hésitation cette tête si précieuse.
Après avoir subi une correction particulièrement sévère, je finis par être terrifié par lui. Dès qu'il s'approchait, je tremblais de tous mes membres ; avant même qu'il ne me demande quoi que ce soit, je lui tendais ce que j'avais en main. J'allais même jusqu'à lui rapporter des calomnies inutiles pour m'attirer ses bonnes grâces : « Kan-chan, tu sais, Ken-chan a dit que tu étais un voleur... ». En agissant ainsi, j'évitais généralement le pire, même s'il lui arrivait encore, sans aucune raison et simplement en passant près de moi, de m'asséner un coup sec sur mon crâne sacré.
Le dehors m'attirait, mais Kan-chan m'insupportait. D'un autre côté, rester à la maison à fixer ma grand-mère était d'un ennui mortel. Je faisais alors venir la petite O-Mitsu d'à côté et O-Yoshi d'en face. O-Mitsu avait les dents proéminentes, un front bombé et ressemblait à un petit lutin d'eau (kappa), mais O-Yoshi était une jolie petite fille au teint pâle avec des yeux ronds comme des clochettes. J'adorais jouer à la dînette et faire le rôle du mari. O-Yoshi, avec un sérieux imperturbable, me tendait un plateau de tabac factice : « Cher époux, je vous en prie, prenez votre repas ». Je répondais « Oui ! ». Elle me reprenait aussitôt : « "Oui" ? C'est ridicule, tu dois dire "Ouais" ! ». J'essayais de dire « Ouais », mais je ne pouvais m'empêcher de partir d'un rire nerveux. C'était bien plus amusant que de se faire taper sur la tête par Kan-chan. De plus, les petites filles étant précoces, elles savaient se tenir quand elles étaient chez les autres. Je pouvais donc régner en maître. Et si par malheur une dispute éclatait, c'était toujours mon adversaire qui finissait par pleurer. Ma grand-mère n'avait alors plus qu'à venir me présenter ses excuses.
Jouer avec les filles était sans danger et plaisant, mais elles ne venaient pas tous les jours. Alors, accablé par l'ennui, je provoquais des drames pour rien : je boudais, je trépignais, je pleurais à fendre l'âme, tout cela pour que ma grand-mère vienne me consoler et me supplier de retrouver le sourire.
……が、待てよ。何ぼ自然主義だと云って、斯う如何もダラダラと書いていた日には、三十九年の半生を語るに、三十九年掛るかも知れない。も少し省略ろう。
で、唐突ながら、祖母は病死した。
其時の事は今に覚えているが、平常の積で何心なく外から帰って見ると、母が妙な顔をして奥から出て来て、常になく小声で、お前は、まあ、何処へ行ッていたい? お祖母さんがお亡なンなすッたよ、という。お亡なンなすッたよが一寸分らなかったが、死んだのだと聞くと、吃驚すると同時に、急に何だか可怕なって来た。無論まだ死ぬという事が如何な事だか能くは分らなかったが、唯何となく斯う奥の知れぬ真暗な穴のような処へ入る事のように思われて、日頃から可怕がっていたのだが、子供も人間だから矛盾を免れない。お祖母さんが死んだのは可怕いが、その可怕い処を見たいような気もする。
で、母が来いと云うから、跟に随いて怕々奥へ行って見ると、父は未だ居る医者と何か話をしていたが、私の面を見るより、何処へ行って居た。もう一足早かったらなあ……と、何だか甚く残念がって、此処へ来てお祖母さんにお辞儀しろという。
… Mais attendez. On a beau se réclamer du naturalisme, si je continue à écrire de façon aussi décousue, il me faudra trente-neuf ans pour raconter trente-neuf années de vie. Soyons un peu plus bref.
Ainsi, de façon brutale : ma grand-mère mourut de maladie.
Je me souviens encore parfaitement de ce moment-là. Je venais de dehors, l'esprit léger comme à l'accoutumée, quand ma mère sortit du fond de la maison avec un visage étrange. D'une voix plus basse qu'à l'ordinaire, elle me dit : « Mais enfin, où étais-tu passé ? Ta grand-mère s'en est allée. » Je ne saisis pas tout de suite le sens de ce « s'en est allée », mais dès que je compris qu'elle était morte, la surprise fit place à une peur soudaine. Bien sûr, je ne savais pas encore très bien ce qu'était la mort ; je me l'imaginais simplement comme une sorte de chute dans un trou noir aux profondeurs insondables, une idée qui m'avait toujours terrifié. Mais l'enfant est un être humain, et comme tel, il n'échappe pas à la contradiction : j'avais peur que ma grand-mère soit morte, mais je brûlais aussi d'envie de voir ce spectacle effrayant.
Ma mère me dit de venir. Je la suivis avec appréhension jusqu'à la pièce du fond. Mon père était là, discutant avec le médecin qui ne s'était pas encore retiré. Dès qu'il m'aperçut, il s'exclama : « Où étais-tu donc ? Si seulement tu étais arrivé un instant plus tôt... » Il semblait éprouver un immense regret. Puis, il me dit : « Viens ici, et salue ta grand-mère. »
改まってお祖母さんにお辞儀しろと言われた事は滅多に無いので、死ぬと変な事をするものだ、と思って、おッかな恟り側へ行くと、小屏風を逆にした影に祖母が寝ていて、面に白い布片が掛けてある。父が徐かに其を取除けると、眼を閉じて少し口を開いた眠ったような祖母の面が見える……一目見ると厭な色だと思った。長いこと煩っていたから、窶れた顔は看慣れていたが、此様な色になっていたのを見た事がない。厭に白けて、光沢がなくて、死の影に曇っているから、顔中が何処となく薄暗い。もう家のお祖母さんでは無いような気がする。といって、余処のお祖母さんでもないが、何だか其処に薄気味の悪い区劃が出来て、此方は明るくて暖かだが、向うは薄暗くて冷たいようで、何がなしに怕かった。
「お辞儀をしないか。」
と父に催促されて、私は莞爾々々となった。何故だか知らんが、莞爾々々となって、ドサンと膝を突いて、遠方からお辞儀して、急いで次の間へ逃げて来て、矢張莞爾々々していた。
其中に親類の人達が集まって来る、お寺から坊さんが来る、其晩はお通夜で、翌日は葬式と、何だか家内が混雑するのに、覩る物聞く事皆珍らしいので、私は其に紛れて何とも思わなかったが、軈て葬式が済んで寺から帰って来ると、手伝の人も一人帰り二人帰りして、跡は又家の者ばかりになる。薄暗いランプの蔭でト面を合せて見ると、お祖母さんが一人足りない。ああ、お祖母さんは先刻穴へ入って了ったが、もう何時迄待ても帰って来ぬのだと思うと、急に私は悲しくなってシクシク泣出した。
私の泣くのを見て母も泣いた。父も到頭泣いた。親子三人向合って、黙って暫く泣いていた。
Comme on ne m'avait presque jamais ordonné formellement de « saluer » ma grand-mère, je me dis que la mort entraînait de bien étranges manières. Je m'approchai, le cœur battant, et vis ma grand-mère allongée derrière un petit paravent retourné, le visage recouvert d'un linge blanc. Mon père le retira doucement, découvrant le visage de mon aïeule qui semblait dormir, les yeux clos et la bouche légèrement entrouverte... Au premier regard, je trouvai qu'elle avait une couleur repoussante. Je m'étais habitué à son visage émacié par sa longue maladie, mais je ne l'avais jamais vue ainsi. Elle était d'une pâleur lugubre, sans éclat, embrumée par l'ombre du trépas ; son visage tout entier semblait baigner dans la pénombre. J'eus l'impression que ce n'était plus ma grand-mère. Ce n'était pas non plus une étrangère, mais il s'était créé là une sorte de frontière inquiétante : d'un côté, tout était lumineux et chaleureux, mais de l'autre, tout paraissait sombre et glacé. J'avais une peur indicible.
— Ne la salues-tu pas ? me pressa mon père.
Alors, sans savoir pourquoi, je fus pris d'un rire nerveux. Le sourire aux lèvres, je me laissai tomber à genoux et m'inclinai de loin, avant de m'enfuir précipitamment dans la pièce voisine, toujours avec ce sourire étrange sur le visage.
Puis, les parents commencèrent à se rassembler, le bonze du temple arriva, et la maison fut plongée dans le tumulte de la veillée funèbre, puis des funérailles le lendemain. Tout ce que je voyais et entendais était si nouveau que je m'y perdis et ne ressentis rien de particulier. Mais une fois l'enterrement terminé et de retour du temple, les gens qui nous aidaient s'en allèrent l'un après l'autre, et nous ne fûmes plus que nous trois. À la lueur de la lampe faiblissante, je levai les yeux sur mes parents et réalisai qu'il manquait quelqu'un. En comprenant que ma grand-mère venait d'entrer dans un trou et qu'elle ne reviendrait plus jamais, peu importe le temps que j'attendrais, je fus soudain submergé par la tristesse et j'éclatai en sanglots.
En me voyant pleurer, ma mère se mit à pleurer aussi. Et mon père finit par l'imiter. Tous les trois, face à face, nous pleurâmes en silence pendant un long moment.
祖母に死別れて悲しかったが、其頃はまだ子供だったから、十分に人間死別の悲しみを汲分け得なかった。その悲しみの底を割ったと思われるのは、其後両親に死なれた時である。
去る者日々に疎しとは一わたりの道理で、私のような浮世の落伍者は反て年と共に死んだ親を慕う心が深く、厚く、濃かになるようだ。
去年の事だ。私は久振で展墓の為帰省した。寺の在る処は旧は淋しい町端れで、門前の芋畠を吹く風も悲しい程だったが、今は可なりの町並になって居て、昔能く憩んだ事のある門脇の掛茶屋は影も形も無くなり、其跡が Barber's Shop と白ペンキの奇抜な看板を揚げた理髪店になっている。
が、寺は其反対に荒れ果てて、門は左程でもなかったが、突当りの本堂も、其側の庫裏も、多年の風雨に曝れて、処々壁が落ち、下地の骨が露われ、屋根には名も知れぬ草が生えて、甚く淋れていた。私は台所口で寺男が内職に売っている樒を四五本買って、井戸へ掛って、釣瓶縄が腐って切れそうになっているのを心配しながら、漸く水を汲上げた。手桶片手に、樒を提げて、本堂をグルリと廻って、後の墓地へ来て見ると、新仏が有ったと見えて、地尻に高い杉の木の下に、白張の提灯が二張ハタハタと風に揺いでいる。流石に微に覚えが有るから、確か彼の辺だなと見当を附けて置いて、さて昨夜の雨でぬかる墓場道を、蹴揚の泥を厭い厭い、度々下駄を取られそうになりながら、それでも迷わずに先祖代々の墓の前へ出た。
La mort de ma grand-mère m'avait affligé, mais j'étais encore trop jeune pour en saisir toute la profondeur. Je crois que ce n'est que plus tard, à la mort de mes parents, que j'ai réellement touché le fond de la douleur du deuil.
On dit que « ceux qui s'en vont s'éloignent chaque jour davantage de notre cœur », mais c'est une vérité superficielle. Pour un paria de l'existence comme moi, le désir de revoir mes parents semble au contraire devenir plus profond, plus lourd et plus intense avec les années.
C’était l’année dernière. Je suis retourné au pays après une longue absence pour me recueillir sur leurs tombes. Le temple se trouvait autrefois dans un faubourg désolé, où le vent soufflant sur les champs de taro devant la porte était d’une tristesse infinie ; aujourd'hui, le quartier est devenu une ville assez animée. La petite maison de thé à côté de la porte, où j'avais l'habitude de me reposer, a disparu sans laisser de trace ; à sa place se dresse un salon de coiffure arborant une enseigne tape-à-l'œil peinte en blanc : Barber's Shop.
Le temple, en revanche, était tombé en ruines. Si la porte tenait encore, le bâtiment principal au bout du chemin et le presbytère attenant étaient rongés par des années d'intempéries. Les murs s'effritaient par endroits, laissant apparaître leur osssature, et des herbes sauvages dont j'ignorais le nom poussaient sur les toits. Tout était à l'abandon. J'achetai à la porte de la cuisine quelques branches de shikimi qu'un serviteur du temple vendait pour arrondir ses fins de mois, puis je me dirigeai vers le puits. Tout en m'inquiétant pour la corde du seau qui semblait pourrie et prête à rompre, je parvins à puiser un peu d'eau. Un seau dans une main et mes branches de shikimi dans l'autre, je contournai le bâtiment principal pour atteindre le cimetière à l'arrière.
祠堂金も納めてある筈、僅ばかりでも折々の附け届も怠らなかった積だのに、是はまた如何な事! 何時掃除した事やら、台石は一杯に青苔が蒸して石塔も白い痂のような物に蔽われ、天辺に二処三処ベットリと白い鳥の糞が附ている。勿論木葉は堆く積って、雑草も生えていたが、花立の竹筒は何処へ行った事やら、影さえ見えなかった。
私は掃除する方角もなく、之に対して暫く悵然としていた。
祖母の死後数年、父母も其跡を追うて此墓の下に埋まってから既に幾星霜を経ている。墓石は戒名も読め難る程苔蒸して、黙然として何も語らぬけれど、今来って面りに之に対すれば、何となく生きた人と面を合せたような感がある。懐かしい人達が未だ達者でいた頃の事が、夫から夫と止度なく想出されて、祖母が縁先に円くなって日向ぼッこをしている格構、父が眼も鼻も一つにして大な嚔を為ようとする面相、母が襷掛で張物をしている姿などが、顕然と目の前に浮ぶ。
颯と風が吹いて通る。木の葉がざわざわと騒ぐ。木の葉の騒ぐのとは思いながら、澄んだ耳には、聴き覚えのある皺嗄れた声や、快活な高声や、低い繊弱い声が紛々と絡み合って、何やら切りに慌しく話しているように思われる。一しきりして礑と其が止むと、跡は寂然となる。
と、私の心も寂然となる。その寂然となった心の底から、ふと恋しいが勃々と湧いて出て、私は我知らず泪含んだ。ああ、成ろう事なら、此儘此墓の下へ入って、もう浮世へは戻り度ないと思った。
J’étais pourtant censé avoir payé les frais d’entretien, et j’avais le sentiment de ne jamais avoir négligé les petites offrandes périodiques ; mais quel spectacle ! Dieu sait quand le dernier nettoyage avait eu lieu. Le socle était entièrement recouvert de mousse verte, la stèle était voilée d'une sorte de croûte blanchâtre et, à son sommet, deux ou trois taches de fiente d’oiseau s’étalaient lourdement. Bien sûr, les feuilles mortes s’étaient amoncelées et les mauvaises herbes proliféraient, et quant aux tubes de bambou qui servaient de vases, ils avaient disparu sans laisser de trace.
Je restai là, hébété, ne sachant par quel bout commencer le nettoyage.
Plusieurs années s'étaient écoulées depuis la mort de ma grand-mère, et mes parents l’avaient rejointe sous cette tombe depuis bien des saisons déjà. La pierre, si moussue que les noms posthumes en devenaient illisibles, restait muette ; pourtant, à me tenir ainsi face à elle, j'avais l'impression de me retrouver devant des êtres vivants. Les souvenirs du temps où ces êtres chers étaient encore vigoureux affluaient sans fin : l'image de ma grand-mère s'exposant au soleil sur la véranda, le visage de mon père qui plissait les yeux et le nez avant de lâcher un de ses éternuements tonitruants, ou encore la silhouette de ma mère, les manches relevées, s’affairant à apprêter le linge... tout cela surgissait avec une clarté saisissante devant mes yeux.
Soudain, une rafale de vent passa. Les feuilles des arbres s'agitèrent dans un grand bruissement. Tout en sachant que ce n'était que le vent dans les feuillages, mes oreilles attentives crurent percevoir un mélange confus de voix familières : une voix enrouée, un éclat de rire sonore, et un murmure faible et délicat, s'entremêlant comme s'ils discutaient avec animation. Puis, après un instant, tout s'arrêta brusquement, laissant place à un silence de mort.
Alors, mon cœur aussi devint silencieux. Et du fond de ce cœur apaisé, un désir ardent de les revoir jaillit soudain, et sans même m'en rendre compte, mes yeux s'emplirent de larmes. Ah, si seulement c'était possible, je voudrais m'allonger là, sous cette tombe, et ne plus jamais revenir dans ce monde de douleurs.
先刻旧友の一人が尋ねて来た。此人は今でも文壇に籍を置いてる人で、人の面さえ見れば、君ねえ、ナチュラリーズムがねえと、グズリグズリを始める人だ。
神経衰弱を標榜している人だから耐らない。来ると、ニチャニチャと飴を食ってるような弁で、直と自分の噂を始める。やあ、僕の理想は多角形で光沢があるの、やあ、僕の神経は錐の様に尖がって来たから、是で一つ神秘の門を突いて見る積だのと、其様事ばかり言う。でなきゃ、文壇の噂で人の全盛に修羅を燃し、何かしらケチを附けたがって、君、何某のと、近頃評判の作家の名を言って、姦通一件を聞いたかという。また始まったと、うんざりしながら、いやそんな事僕は知らんと、ぶっきらぼうに言うけれど、文士だから人の腹なんぞは分らない。人が知らんというのに反って調子づいて、秘密の話だよ、此場限りだよと、私が十人目の聴手かも知れぬ癖に、悪念を推して、その何某が友の何某の妻と姦通している話を始める。何とかが如何とかして、掃溜の隅で如何とかしている処を、犬に吠付かれて蒼くなって逃げたとか、何とか、その醜穢なること到底筆には上せられぬ。それも唯其丈の話で、夫だから如何という事もない。君、モーパッサンの捉まえどこだね、という位が落だ。
À l'instant, un vieil ami est venu me rendre visite. C’est un homme qui appartient toujours au monde des lettres et qui, dès qu’il croise votre regard, commence à vous seriner d’un ton traînant : « Tu sais, le naturalisme, eh bien... ».
C’est un de ces individus qui se targuent d'être neurasthéniques, ce qui le rend insupportable. À peine arrivé, il se met à parler de lui avec une élocution poisseuse, comme s'il mâchait du caramel. « Ah, mon idéal à moi est un polygone aux reflets chatoyants ! », ou encore : « Mes nerfs sont devenus aussi acérés qu'une vrille, je compte m'en servir pour forcer les portes du mystère ! ». Il ne débite que des absurdités de ce genre. Sinon, il s'épanche en rumeurs sur le monde littéraire, brûlant d'une jalousie féroce face au succès des autres ; il cherche désespérément la petite bête et finit par lâcher le nom d'un auteur en vogue : « Dis-moi, tu as entendu parler de cette affaire d'adultère ? ».
Je me dis : « Ça recommence... », et, tout à fait blasé, je lui réponds brusquement : « Non, je ne sais rien de tout cela ». Mais comme c'est un homme de lettres, il est incapable de lire la lassitude d'autrui. Alors que je lui dis ignorer l'affaire, cela ne fait que l'exciter davantage : « C’est un secret, hein ? Ça reste entre nous ! », me souffle-t-il, alors que je suis probablement la dixième personne à qui il sert la soupe. Poussé par sa malveillance, il commence à me narrer comment cet auteur trompe sa femme avec l'épouse de tel autre ami. Untel aurait fait ceci, à tel endroit, et alors qu'il faisait cela dans le coin d'un dépotoir, un chien se serait mis à aboyer, le forçant à s'enfuir, livide... C'est d'une telle ignominie que ma plume refuse de le décrire davantage. Et tout cela pour rien ; il n'y a aucune conclusion à en tirer. Sa seule chute, c’est de me lancer : « Tu vois, c’est exactement là que Maupassant l’aurait cueilli ! ».
これで最う帰るかと思うと、なかなか以て! 君ねえ、僕はねえと、また僕の事になって、其中に世間の俗物共を眼中に措かないで、一つ思う存分な所を書いて見ようと思うという様な事を饒舌って、文士で一生貧乏暮しをするのだもの、ねえ、君、責て後世にでも名を残さなきゃアと、堪らない事をいう。プスリプスリと燻るような気※(「陷のつくり+炎」、第3水準1-87-64)を吐いて、散々人を厭がらせた揚句に、僕は君に万斛の同情を寄せている、今日は一つ忠告を試みようと思う、というから、何を言うかと思うと、「君も然う所帯染みて了わずと、一つ奮発して、何か後世へ残し玉え。」
こんなのは文壇でも流石に屑の方であろう。しかし不幸にして私の友人は大抵屑ばかりだ。こんな人のこんな風袋ばかり大きくても、割れば中から鉛の天神様が出て来るガラガラのような、見掛倒しの、内容に乏しい、信切な忠告なんぞは、私は些とも聞き度ない。私の願は親の口から今一度、薄着して風邪をお引きでない、お腹が減いたら御飯にしようかと、詰らん、降らん、意味の無い事を聞きたいのだが……
その親達は最う此世に居ない。若し未だ生きていたら、私は……孝行をしたい時には親はなしと、又しても俗物は旨い事を言う。ああ、嬉しいにつけ、悲しいにつけ、憶出すのは親の事……それにポチの事だ。
Et quand on croit qu'il va enfin s'en aller, point du tout ! « Tu sais, moi... », reprend-il, et le voilà reparti sur son propre compte. Il bavarde, affirmant qu'il ne fait aucun cas de cette foule de médiocres et qu'il compte bientôt écrire une œuvre où il donnera libre cours à son talent. « Puisqu'on est écrivain et qu'on passe sa vie dans la misère, n'est-ce pas, mon cher, la moindre des choses est de laisser son nom à la postérité ! » : il débite ces horreurs sans sourciller. Exhalant ainsi ses prétentions comme une fumée étouffante, et après m'avoir excédé au possible, il ajoute : « J'éprouve pour toi une sympathie infinie, et je voudrais aujourd'hui te donner un conseil. » Je me demande bien ce qu'il va inventer. « Ne t'enterre pas ainsi dans tes soucis domestiques ; fais un effort, et laisse donc quelque chose à la postérité ! »
Ce genre d'individu n'est sans doute que le rebut du monde littéraire. Mais par malheur, mes amis ne sont presque tous que des rebuts. Ces conseils soi-disant sincères, qui ne sont que des hochets à l'apparence imposante mais qui, une fois brisés, ne révèlent qu'une figurine de plomb — des façades trompeuses et vides de sens —, je n'ai aucune envie de les entendre. Mon seul vœu serait d'entendre une fois encore, de la bouche de mes parents, des paroles triviales, banales, dénuées de portée intellectuelle : « Ne prends pas froid en restant si peu couvert », ou « Si tu as faim, passons à table »...
Mais mes parents ne sont plus de ce monde. S'ils vivaient encore, je... « Quand on veut être filial, les parents ne sont plus là » : une fois de plus, la sagesse populaire a le mot juste. Ah, que je sois joyeux ou triste, ce sont toujours mes parents qui me reviennent à l'esprit... Et avec eux, le souvenir de Pochi.
ポチは言う迄もなく犬だ。
来年は四十だという、もう鬢に大分白髪も見える、汚ない髭の親仁の私が、親に継いでは犬の事を憶い出すなんぞと、余り馬鹿気ていてお話にならぬ――と、被仰るお方が有るかも知れんが、私に取っては、ポチは犬だが……犬以上だ。犬以上で、一寸まあ、弟……でもない、弟以上だ。何と言ったものか? ……そうだ、命だ、第二の命だ。恥を言わねば理が聞こえぬというから、私は理を聞かせる為に敢て耻を言うが、ポチは全く私の第二の命であった。其癖初めを言えば、欲しくて貰った犬ではない、止むことを得ず……いや、矢張あれが天から授かったと云うのかも知れぬ。
忘れもせぬ、祖母の亡なった翌々年の、春雨のしとしとと降る薄ら寒い或夜の事であった。宵惑の私は例の通り宵の口から寝て了って、いつ両親は寝に就いた事やら、一向知らなかったが、ふと目を覚すと、有明が枕元を朦朧と照して、四辺は微暗く寂然としている中で、耳元近くに妙な音がする。ゴウというかとすれば、スウと、或は高く或は低く、単調ながら拍子を取って、宛然大鋸で大丸太を挽割るような音だ。何だろうと思って耳を澄していると、時々其音が自分と自分の単調に※(「厭/食」、第4水準2-92-73)いたように、忽ちガアと慣れた調子を破り、凄じい、障子の紙の共鳴りのする程の音を立てて、勢込んで何処へか行きそうにして、忽ち物に行当ったように、礑と止む。と、しばらく闃寂となる――その側から、直ぐ又穏かにスウスウという音が遠方に聞え出して、其が次第に近くなり、荒くなり、又耳元で根気よくゴウ、スウ、ゴウ、スウと鳴る。
Pochi était, cela va sans dire, un chien.
Que moi, un homme approchant la quarantaine, avec déjà pas mal de cheveux blancs aux tempes et une barbe négligée, je me mette à évoquer un chien juste après mes parents... certains trouveront cela d'un ridicule achevé. Pourtant, à mes yeux, Pochi était un chien, certes... mais bien plus qu'un chien. Plus qu'un chien, il était pour ainsi dire comme un petit frère... non, plus qu'un petit frère encore. Comment le définir ? ... C'était ma vie, ma seconde vie. On dit que pour faire entendre raison, il faut savoir avouer sa honte ; c'est donc pour vous faire entendre ma raison que j'ose cet aveu : Pochi était bel et bien ma seconde vie. Pourtant, à l'origine, ce n'est pas un chien que j'avais désiré ou demandé ; je l'ai reçu par la force des choses... ou peut-être était-ce, après tout, un cadeau du ciel.
Je ne l'oublierai jamais. C'était deux ans après la mort de ma grand-mère, par une nuit de printemps un peu fraîche où une pluie fine tombait sans discontinuer. Comme j'avais l'habitude de m'endormir dès la tombée du jour, j'ignorais à quelle heure mes parents s'étaient couchés. Je m'éveillai soudain : la veilleuse jetait une lueur diffuse près de mon oreiller, et dans la pénombre silencieuse qui m'entourait, un bruit étrange résonnait tout près de mon oreille. Un son comme un grondement, tantôt sourd, tantôt sifflant, s'élevant et s'abaissant avec une régularité monotone, tel le bruit d'une grande scie entamant une bille de bois. Je prêtai l'oreille, intrigué. Par moments, ce son semblait se lasser () de sa propre monotonie et rompait brusquement son rythme habituel par un raclement rauque et puissant, faisant vibrer le papier des cloisons coulissantes. On aurait dit qu'il s'élançait avec fougue vers on ne sait où, avant de s'arrêter net, comme s'il avait heurté un obstacle. S'ensuivait alors un silence de mort... puis, aussitôt après, un sifflement paisible reprenait au loin, se rapprochant peu à peu, devenant plus âpre, pour revenir bourdonner obstinément près de mon oreille : Gô... sû... gô... sû...
私は夜中に滅多に目を覚した事が無いから、初は甚く吃驚したが、能く研究して見ると、なに、父の鼾なので、漸と安心して、其儘再び眠ろうとしたが、壮なゴウゴウスウスウが耳に附いて中々眠付れない。仕方がないから、聞える儘に其音に聴入っていると、思做しで種々に聞える。或は遠雷のように聞え、或は浪の音のようでもあり、又は火吹達磨が火を吹いてるようにも思われれば、ゴロタ道を荷馬車が通る音のようにも思われる。と、ふと昼間見た絵本の天狗が酒宴を開いている所を憶出して、阿爺さんが天狗になってお囃子を行ってるのじゃないかと思うと、急に何だか薄気味悪くなって来て、私は頭からスポッと夜着を冠って小さくなった。けれども、天狗のお囃子は夜着の襟から潜り込んで来て、耳元に纏り付いて離れない。私は凝然と固くなって其に耳を澄ましていると、何時からとなくお囃子の手が複雑で来て、合の手に遠くで幽かにキャンキャンというような音が聞える。ゴウという凄じい音の時には、それに消圧されて聞えぬが、スウという溜息のような音になると、其が判然と手に取るように聞える。不思議に思って益耳を澄ましていると、合の手のキャンキャンが次第に大きく、高くなって、遂には鼾の中を脱け出し、其とは離ればなれに、確に門前に聞える。
こうなって見ると、疑もなく小狗の啼き声だ。時々咽喉でも締られるように、消魂しく𠵌々と啼き立てる其の声尻が、軈てかぼそく悲し気になって、滅入るように遠い遠い処へ消えて行く――かとすれば、忽ち又近くで堪え切れぬように啼き出して、クンクンと鼻を鳴らすような時もあり、ギャオと欠びをするような時もある。
Comme je ne me réveillais presque jamais en pleine nuit, je fus d'abord terriblement saisi. Mais après avoir bien étudié la chose, je compris qu'il ne s'agissait de rien d'autre que des ronflements de mon père. Rassuré, je tentai de me rendormir, mais ce vigoureux concert de Gô-Gô Sû-Sû me restait dans l'oreille et m'empêchait de trouver le repos. N'ayant pas d'autre choix, je me mis à écouter ce son tel qu'il me parvenait, et mon imagination lui prêtait mille formes. Parfois, cela ressemblait au roulement lointain du tonnerre, parfois au déferlement des vagues ; je croyais tantôt entendre un souffleur de feu en plein travail, tantôt le vacarme d'une charrette sur un chemin de cailloux. Soudain, je me remémorai une image vue le jour même dans un livre : un banquet de Tengu. Pensant que mon père s'était peut-être transformé en l'un de ces démons et qu'il menait l'orchestre, je fus pris d'un malaise soudain ; je m'enfonçai sous ma couette jusqu'aux oreilles et me fis tout petit.
Pourtant, la musique du Tengu se glissait par le col de mon vêtement de nuit et restait accrochée à mes oreilles sans me lâcher. Tandis que je restais là, pétrifié, le rythme de l'orchestre parut devenir plus complexe, et je crus percevoir, en contrepoint, un petit glapissement lointain et ténu : kyan-kyan. Lors des grondements terrifiants, ce bruit était étouffé, mais dès que venait le sifflement semblable à un soupir, il devenait si net qu'on aurait pu le saisir. Intrigué, je prêtai l'oreille de plus belle ; les petits glapissements se firent plus amples, plus aigus, pour finalement s'extraire des ronflements et s'en détacher tout à fait : ils provenaient sans aucun doute du portail.
À ce stade, il n'y avait plus d'équivoque : c'étaient les cris d'un chiot. Par moments, il poussait des hurlements stridents et frénétiques, comme si on l'étranglait ; puis sa voix s'effilochait, devenant frêle et mélancolique, avant de s'éteindre comme si elle s'enfonçait dans les profondeurs de l'espace. Un instant plus tard, il se remettait à crier tout près de moi, comme s'il ne pouvait plus le supporter, laissant échapper de petits gémissements du nez — kun-kun — ou parfois un long bâillement sonore : gyao.
私は元来動物好きで、就中犬は大好だから、近所の犬は大抵馴染だ。けれども、此様繊細い可愛げな声で啼くのは一疋も無い筈だから、不思議に思って、窃と夜着の中から首を出すと、
「如何したの? 寝られないのかえ?」
と、母が寝反りを打って此方を向いた。私は此返答は差措いて、
「あれは白じゃないねえ、阿母さん? 最と小さい狗の声だねえ? 如何したんだろう?」
「棄狗さ。」
「棄狗ッて何?」
「棄狗ッて……誰かが棄てッたのさ。」
私はしばらく考えて、
「誰が棄てッたンだろう?」
「大方何処かの……何処かの人さ。」
何処かの人が狗を棄てッたと、私は二三度反覆して見たが、分らない。
「如何して棄てッたんだろう?」
蒼蠅よ、などという母ではない。何処迄も相手になって、其意味を説明して呉れて、もう晩いから黙ってお寐と優しく言って、又彼方向いて了った。
Comme j'ai toujours aimé les animaux, et particulièrement les chiens, je connaissais presque tous ceux du voisinage. Pourtant, aucun d'entre eux n'avait une voix aussi frêle et touchante. Intrigué, je sortis furtivement la tête de ma couette.
— Qu'y a-t-il ? Tu n'arrives pas à dormir ? me demanda ma mère en se retournant vers moi.
Ignorant sa question, je l'interrogeai :
— Ce n'est pas Shiro, n'est-ce pas maman ? C'est la voix d'un chien beaucoup plus petit, tu ne trouves pas ? Qu'est-ce qu'il a ?
— C'est un chien abandonné.
— Un chien abandonné ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
— C'est... c'est que quelqu'un l'a jeté là.
Je réfléchis un moment.
— Qui a pu le jeter ?
— Sans doute quelqu'un... quelqu'un de quelque part.
Je répétai deux ou trois fois dans ma tête : « Quelqu'un de quelque part a jeté ce chien », mais je ne comprenais toujours pas.
— Mais pourquoi l'a-t-on jeté ?
Ma mère n'était pas du genre à me dire que j'étais agaçant. Elle m'accompagna jusqu'au bout, m'expliqua ce que cela signifiait, puis elle me dit tendrement qu'il était tard et qu'il fallait maintenant dormir en silence, avant de se détourner à nouveau.
私も亦夜着を被った。狗は門前を去ったのか、啼声が稍遠くなるに随れて、父の鼾が又蒼蠅く耳に附く。寝られぬ儘に、私は夜着の中で今聴いた母の説明を反覆し反覆し味って見た。まず何処かの飼犬が椽の下で児を生んだとする。小ぽけなむくむくしたのが重なり合って、首を擡げて、ミイミイと乳房を探している所へ、親犬が余処から帰って来て、其側へドサリと横になり、片端から抱え込んでベロベロ舐ると、小さいから舌の先で他愛もなくコロコロと転がされる。転がされては大騒ぎして起返り、又ヨチヨチと這い寄って、ポッチリと黒い鼻面でお腹を探り廻り、漸く思う柔かな乳首を探り当て、狼狽てチュウと吸付いて、小さな両手で揉み立て揉み立て吸出すと、甘い温かな乳汁が滾々と出て来て、咽喉へ流れ込み、胸を下って、何とも言えずお甘しい。と、腋の下からまだ乳首に有附かぬ兄弟が鼻面で割込んで来る。奪られまいとして、産毛の生えた腕を突張り大騒ぎ行ってみるが、到頭奪られて了い、又其処らを尋ねて、他の乳首に吸付く。其中にお腹も満くなり、親の肌で身体も温まって、溶けそうな好い心持になり、不覚昏々となると、含んだ乳首が抜けそうになる。夢心地にも狼狽て又吸付いて、一しきり吸立てるが、直に又他愛なく昏々となって、乳首が遂に口を脱ける。脱けても知らずに口を開いて、小さな舌を出したなりで、一向正体がない……其時忽ち暗黒から、茸々と毛の生えた、節くれ立った大きな腕がヌッと出て、正体なく寝入っている所を無手と引掴み、宙に釣す。驚いて目をポッチリ明き、いたいげな声で悲鳴を揚げながら、四足を張って藻掻く中に、頭から何かで包まれたようで、真暗になる。窮屈で息気が塞りそうだから、出ようとするが、出られない。久らく藻掻いて居る中に、ふと足掻きが自由になる。と、領元を撮まれて、高い高い処からドサリと落された。うろうろとして其処らを視廻すけれど、何だか変な淋しい真暗な処で、誰も居ない。茫然としていると、雨に打れて見る間に濡しょぼたれ、怕ろしく寒くなる。身慄い一つして、クンクンと親を呼んで見るが、何処からも出て来ない。途方に暮れて、ヨチヨチと這出し、雨の夜中を唯一人、温かな親の乳房を慕って悲し気に啼廻る声が、先刻一度門前へ来て、又何処へか彷徨って行ったようだったが、其が何時か又戻って来て、何処を如何潜り込んだのか、今は啼声が正しく玄関先に聞える。
Je me glissai à nouveau sous ma couette. Le chien avait dû s'éloigner du portail, car ses cris s'étouffaient dans le lointain ; les ronflements de mon père redevinrent alors insupportables à mes oreilles. Ne parvenant pas à dormir, je ressassai et savourai, sous ma couverture, les explications que ma mère venait de me donner. J'imaginais d'abord la chienne de quelqu'un mettant bas sous une véranda. De petites boules de poils duveteuses s'empilaient les unes sur les autres, levant leurs têtes et cherchant les mamelles en poussant de minuscules mî-mî. La mère, rentrant d'ailleurs, se laissait tomber lourdement à leurs côtés ; elle les prenait contre elle et les léchait à grands coups de langue, et comme ils étaient minuscules, ils roulaient sans défense sous sa caresse. Une fois renversés, ils se démenaient pour se remettre sur pattes et rampaient à nouveau d'un pas chancelant, cherchant le ventre de leur mère de leur petit museau noir. Trouvant enfin le mamelon si doux, ils s'y agrippaient précipitamment, tétant de toutes leurs forces en pétrissant le ventre de leurs petites pattes ; alors, un lait sucré et chaud jaillissait, coulait dans leur gorge et descendait dans leur poitrine, leur procurant une douceur indicible. Soudain, de dessous une patte, un frère qui n'avait pas encore trouvé de place jouait du museau pour s'incruster. Le premier luttait pour ne pas céder sa part, arc-boutant ses membres couverts de duvet, mais il finissait par perdre sa place et partait en quête d'un autre mamelon. Bientôt, le ventre plein et le corps réchauffé contre la peau de la mère, une sensation de bien-être absolu les envahissait ; ils sombraient dans un sommeil profond, laissant presque échapper le mamelon de leur bouche. Dans leur rêve, ils s'y agrippaient de nouveau par réflexe, tétant un instant, avant de s'abandonner encore à une léthargie totale, jusqu'à ce que le mamelon glisse définitivement de leurs lèvres. Et ils restaient là, inconscients, la gueule entrouverte et la petite langue tirée… C’est alors que, des ténèbres, un bras immense et noueux, couvert de poils hirsutes, surgissait brusquement. Il se saisissait sans ménagement du petit être endormi et le soulevait dans les airs. Le chiot, ouvrant à peine ses petits yeux, poussait un cri pitoyable et s'agitait de ses quatre pattes. Soudain, on l'enveloppait de quelque chose, et c'était le noir complet. Oppressé, manquant de suffoquer, il tentait de sortir, mais en vain. Après s'être débattu un long moment, il sentait soudain ses mouvements redevenir libres. Saisi par la nuque, il était jeté d'un coup d'une grande hauteur : dosari ! Désorienté, il regardait autour de lui, mais il se trouvait dans un endroit étrange, sombre et solitaire, où il n'y avait personne. Tandis qu'il restait là, hébété, la pluie se mettait à battre son corps ; il était trempé en un clin d'œil et une peur glaciale l'envahissait. Frissonnant de tout son être, il appelait sa mère d'un petit kun-kun, mais elle n'apparaissait nulle part. Ne sachant que faire, il se mettait à ramper d'un pas vacillant, seul au milieu d'une nuit pluvieuse, cherchant le réconfort de la mamelle maternelle. Sa voix plaintive, qui s'était éloignée après être passée devant notre porte, semblait être revenue ; il avait dû trouver un interstice où se glisser, car ses cris résonnaient maintenant distinctement, juste là, dans l'entrée.
「阿母さん阿母さん、門の中へ入って来たようだよ。」
と、私が何だか居堪らないような気になって又母に言掛けると、母は気の無さそうな声で、
「そうだね。」
「出て見ようか?」
「出て見ないでも好いよ。寒いじゃないかね。」
「だってえ……あら、彼様に啼てる……」
と、折柄絶入るように啼入る狗の声に、私は我知らず勃然起上ったが、何だか一人では可怕いような気がして、
「よう、阿母さん、行って見ようよう!」
「本当に仕様がない児だねえ。」
と、口小言を言い言い、母も渋々起きて、雪洞を点けて起上ったから、私も其後に随いて、玄関――と云ってもツイ次の間だが、玄関へ出た。
— Maman, maman ! On dirait qu'il est entré dans la cour.
Envahi par un sentiment d'agitation insupportable, j'interpellai de nouveau ma mère. Elle me répondit d'une voix qui semblait indifférente :
— C'est possible…
— Et si j'allais voir ?
— Ce n'est pas la peine. Il fait froid, tu ne crois pas ?
— Mais... Oh, écoute comme il pleure...
À cet instant, entendant les cris du chien qui semblaient s'étrangler de détresse, je me redressai brusquement sans même y réfléchir. Cependant, l'idée d'y aller seul m'effrayait un peu.
— Oh, je t'en prie maman, viens avec moi !
— Quel enfant impossible tu fais...
Tout en maugréant, ma mère finit par se lever. Elle alluma une lanterne de papier. Je la suivis donc jusqu'à l'entrée — qui était la pièce d'à côté — et nous sortîmes dans le vestibule.
母が履脱へ降りて格子戸の掛金を外し、ガラリと雨戸を繰ると、颯と夜風が吹込んで、雪洞の火がチラチラと靡く。其時小さな鞠のような物が衝と軒下を飛退いたようだったが、軈て雪洞の火先が立直って、一道の光がサッと戸外の暗黒を破り、雨水の処々に溜った地面を一筋細長く照出した所を見ると、ツイ其処に生後まだ一ヵ月も経たぬ、むくむくと肥った、赤ちゃけた狗児が、小指程の尻尾を千切れそうに掉立って、此方を瞻上げている。形体は私が寝ていて想像したよりも大きかったが、果して全身雨に濡れしょぼたれて、泥だらけになり、だらりと垂れた割合に大きい耳から雫を滴し、ぽっちりと両つの眼を青貝のように列べて光らせている。
「おやおや、まあ、可愛らしい! ……」と、母も不覚言って了った。
況や私は犬好だ。凝として視ては居られない。母の袖の下から首を出して、チョッチョッと呼んで見た。
と、左程畏れた様子もなく、チョコチョコと側へ来て流石に少し平べったくなりながら、頭を撫でてやる私の手を、下からグイグイ推上げるようにして、ベロベロと舐廻し、手を呉れる積なのか、頻に円い前足を挙げてバタバタやっていたが、果は和りと痛まぬ程に小指を咬む。
Ma mère descendit dans l'étroit vestibule, déverrouilla le loquet de la porte à treillis et fit coulisser le volet de bois d'un coup sec : garari ! Une rafale de vent nocturne s'engouffra aussitôt, faisant vaciller la flamme de la lanterne. À cet instant, il me sembla voir une petite chose ronde, semblable à une balle, bondir pour s'écarter de sous l'auvent. Puis, la flamme de la lanterne s'étant stabilisée, un faisceau de lumière transperça soudain les ténèbres du dehors, éclairant en une longue bande étroite le sol parsemé de flaques d'eau.
Juste là, je vis un chiot roux, bien en chair, qui n'avait sans doute pas un mois. Il se tenait là, nous regardant, sa petite queue dressée, pas plus grosse qu'un auriculaire, qui s'agitait avec une telle vigueur qu'elle semblait prête à se détacher. Il était un peu plus grand que ce que j'avais imaginé dans mon lit, mais il était effectivement trempé jusqu'aux os et couvert de boue. Des gouttes perlaient de ses oreilles, démesurément grandes et tombantes, et ses deux petits yeux brillaient côte à côte comme des éclats de nacre.
— Oh là là ! Mais qu'il est mignon ! s'exclama ma mère malgré elle.
Quant à moi, qui adorais les chiens, je ne pouvais rester immobile à contempler. Passant la tête sous la manche de ma mère, j'essayai de l'appeler : « Tchott-tchott ! ».
L'animal ne sembla pas particulièrement effrayé. Il s'approcha d'un petit pas trottinant et, tout en s'aplatissant un peu au sol, il se mit à lécher goulûment ma main alors que je lui flattais la tête, la repoussant même vers le haut avec insistance. Cherchait-il à me donner la patte ? Il ne cessait de lever ses pattes avant bien rondes dans un mouvement désordonné, avant de finir par me mordiller le petit doigt, doucement, sans me faire mal.
私は可愛くて可愛くて堪まらない。母の面を瞻上げながら、少し鼻声を出し掛けて、
「阿母さん、何か遣って。」
「遣るも好いけど、居附いて了うと、仕方がないねえ。」
と、口では拒むような事を言いながら、それでも台所へ行って、欠茶碗に冷飯を盛って、何かの汁を掛けて来て呉れた。
早速履脱へ引入れて之を当がうと、小狗は一寸香を嗅いで、直ぐ甘そうに先ずピチャピチャと舐出したが、汁が鼻孔へ入ると見えて、時々クシンクシンと小さな嚔をする。忽ち汁を舐尽して、今度は飯に掛った。他に争う兄弟も無いのに、切に小言を言いながら、ガツガツと喫べ出したが、飯は未だ食慣れぬかして、兎角上顎に引附く。首を掉って見るが、其様な事では中々取れない。果は前足で口の端を引掻くような真似をして、大藻掻きに藻掻く。
此隙に私は母と談判を始めて、今晩一晩泊めて遣ってと、雪洞を持った手に振垂る。母は一寸渋ったが、もう斯うなっては仕方がない。阿爺さんに叱られるけれど、と言いながら、詰り桟俵法師を捜して来て、履脱の隅に敷いて遣った――は好かったが、其晩一晩啼通されて、私は些とも知らなんだが、お蔭で母は父に小言を言われたそうな。
J’étais transporté de joie, c’était plus fort que moi. Levant les yeux vers ma mère, je commençai à la supplier d'une voix un peu geignarde :
— Maman, donne-lui quelque chose à manger.
— Je veux bien, mais s'il s'attache à la maison, nous serons bien embarrassés...
Tout en opposant ce refus de pure forme, elle se dirigea vers la cuisine et revint avec un bol ébréché rempli de riz froid, arrosé d'un peu de bouillon.
Nous fîmes aussitôt entrer le chiot dans le vestibule pour lui présenter l'offrande. Il flaira la nourriture un instant, puis commença à laper le bouillon avec délice, à grands bruits de langue : pitcha-pitcha. Le liquide dut lui monter dans les narines, car il se mit à éternuer par petits coups : kushin-kushin. Ayant rapidement lapé tout le bouillon, il s'attaqua au riz. Bien qu'il n'y eût aucun frère pour lui disputer sa part, il se mit à dévorer goulûment en grognant sans cesse ; mais il ne devait pas encore avoir l'habitude du riz, car les grains lui collaient obstinément au palais. Il eut beau secouer la tête, rien n'y faisait. Il finit par s'agiter dans tous les sens, grattant le coin de sa gueule avec ses pattes avant comme un possédé.
Profitant de ce moment, j'entamai les négociations avec ma mère. Je m'agrippai à son bras, celui qui tenait la lanterne, en la suppliant de le laisser passer la nuit ici. Elle hésita un instant, mais il était désormais trop tard pour reculer. « Ton père va me gronder », murmura-t-elle, mais elle finit par dénicher un vieux disque de paille tressée — un sandawara — qu'elle installa dans un coin du vestibule pour lui servir de couche.
C'était une bonne chose, mais le chiot ne cessa de gémir et de pleurer toute la nuit. Moi, je n'en sus rien, dormant à poings fermés, mais il paraît que ma mère se fit vertement réprimander par mon père à cause de cela.
犬嫌の父は泊めた其夜を啼明されると、うんざりして了って、翌日は是非逐出すと言出したから、私は小狗を抱いて逃廻って、如何しても放さなかった。父は困った顔をしていたが、併し其も一時の事で、其中に小狗も独寝に慣れて、夜も啼かなくなる。と、逐出す筈の者に、如何しかポチという名まで附いて、姿が見えぬと父までが一緒に捜すようになって了った。
父が斯うなったのも、無論ポチを愛したからではない。唯私に覊されたのだ。私とてもポチを手放し得なかったのは、強ちポチを愛したからではない。愛する愛さんは扨置いて、私は唯可哀そうだったのだ。親の乳房に縋っている所を、無理に無慈悲な人間の手に引離されて、暗い浮世へ突放された犬の子の運命が、子供心にも如何にも果敢なく情けないように思われて、手放すに忍びなかったのだ。
此忍びぬ心と、その忍びぬ心を破るに忍びぬ心と、二つの忍びぬ心が搦み合った処に、ポチは旨く引掛って、辛くも棒石塊の危ない浮世に彷徨う憂目を免れた。で、どうせ、それは、蜘蛛の巣だらけでは有ったろうけれど、兎も角も雨露を凌ぐに足る椽の下の菰の上で、甘くはなくとも朝夕二度の汁掛け飯に事欠かず、まず無事に暢びりと育った。
Le lendemain matin, mon père, qui détestait les chiens, était à bout de nerfs, ayant passé une nuit blanche à cause des gémissements de l'animal. Il déclara qu'il fallait absolument le chasser. Je m'enfuis alors en serrant le chiot contre moi, refusant obstinément de le lâcher. Mon père prit un air embarrassé, mais ce ne fut que passager : bientôt, le chiot s'habitua à dormir seul et cessa de pleurer la nuit. Finalement, ce petit être que mon père voulait bannir reçut un nom — Pochi — et, quand il s’avérait introuvable, mon père lui-même partait le chercher avec moi.
Si mon père en arriva là, ce n'était pas, bien sûr, par amour pour Pochi. Il s'était simplement laissé fléchir par moi. Et de mon côté, si je ne pouvais me résoudre à m'en séparer, ce n'était pas non plus par un simple sentiment d'affection. L'amour, s'il existait, était secondaire : j'avais simplement pitié de lui. L'idée de ce chiot arraché par la force à la mamelle maternelle par la main impitoyable d'un humain, puis jeté dans les ténèbres de ce bas-monde, me semblait — même pour mon cœur d'enfant — d'une tragédie et d'une tristesse si insupportables que je ne pouvais me résoudre à l'abandonner.
C’est dans l'enlacement de ces deux sentiments, le mien de ne pouvoir me résoudre à me séparer du chien et celui de mon père envers mon propre chagrin, que Pochi trouva son salut. Il échappa de justesse à la douleur d'errer dans ce monde cruel où volent les pierres et les bâtons. Ainsi, même si son refuge sous la galerie était sans doute envahi de toiles d'araignées, il pouvait au moins s'y abriter de la pluie et de la rosée ; et bien que son ordinaire n'ait rien eu de délicat, il ne manquait jamais de son bol de riz au bouillon, matin et soir. Il grandit là, paisiblement et sans encombre.
育つに随れて、丸々と肥って可愛らしかったのが、身長に幅を取られて、ヒョロ長くなり、面も甚くトギスになって、一寸狐のような犬になって了った。前足を突張って、尻をもったてて、弓のように反って伸をしながら、大きな口をアングリ開いて欠びをする所なぞは、誰が眼にも余まり見とも好くもなかったから、父は始終厭な犬だ厭な犬だと言って私を厭がらせたが、私はそんな犬振りで情を二三にするような、そんな軽薄な心は聊かも無い。固より玩弄物にする気で飼ったのでないから、厭な犬だと言われる程、尚可愛ゆい。
「ねえ、阿母さん此様な犬は何処へ行ったって可愛がられやしないやねえ。だから家で可愛がって遣るんだねえ。」
と、いつも苦笑する母を無理に味方にして、調戯う父と争った。
犬好は犬が知る。私の此心はポチにも自然と感通していたらしい。其証拠には犬嫌いの父が呼んでも、ほんの一寸お愛想に尻尾を掉るばかりで、振向きもせんで行って了う事がある。母が呼ぶと、不断食事の世話になる人だから、又何か貰えるかと思って眼を輝かして飛んで来る、而して母の手中に其らしい物があれば、兎のように跳ねて喜ぶ。が、しかし、唯其丈の事で、其時のポチは矢張犬に違いない。
その矢張犬に違いないポチが、私に対うと……犬でなくなる。それとも私が人間でなくなるのか? ……何方だか其は分らんが、兎に角互の熱情熱愛に、人畜の差別を撥無して、渾然として一如となる。
一如となる。だから、今でも時々私は犬と一緒になって此様な事を思う、ああ、儘になるなら人間の面の見えぬ処へ行って、飯を食って生きてたいと。
犬も屹度然う思うに違いないと思う。
En grandissant, le chiot autrefois tout rond et potelé perdit ses formes et s'allongea ; il devint efflanqué, et son museau s'allongea tant qu'il finit par ressembler à un renard. Lorsqu’il s'étirait en arc, les pattes avant tendues et l'arrière-train relevé, et ouvrait une gueule immense pour bailler, nul ne pouvait le trouver agréable à regarder. Mon père ne cessait de répéter que c'était un « chien déplaisant », ce qui m'agaçait profondément. Mais je n'avais pas le cœur assez léger pour laisser l'apparence physique altérer mes sentiments. Ce n’était pas un jouet que j’avais voulu ; si l’on me disait qu’il était laid, il n’en devenait que plus cher à mon cœur.
— Tu sais maman, un chien pareil, personne n'en voudrait ailleurs. C'est pour ça que c'est à nous de l'aimer, pas vrai ?
Je forçais ainsi ma mère, qui se contentait souvent d'un sourire amer, à prendre mon parti dans mes querelles avec mon père qui aimait me taquiner.
Les chiens reconnaissent ceux qui les aiment. Mes sentiments semblaient avoir naturellement trouvé un écho chez Pochi. Pour preuve, quand mon père — qui détestait les chiens — l'appelait, Pochi se contentait d'un vague remuement de queue par pure politesse, avant de s'en aller sans même se retourner. Quand ma mère l'appelait, comme c'était elle qui le nourrissait, il accourait les yeux brillants dans l'espoir d'obtenir une friandise ; s'il voyait quelque chose dans sa main, il bondissait de joie comme un lapin. Mais cela s'arrêtait là : dans ces moments-là, Pochi n'était encore qu'un chien.
Cependant, ce Pochi, qui n'était par ailleurs qu'un simple chien, changeait du tout au tout face à moi... Il cessait d'être un animal. Ou bien était-ce moi qui cessais d'être un humain ? Je l'ignore. Quoi qu'il en soit, dans l'ardeur de notre affection mutuelle, la distinction entre l'homme et la bête s'effaçait pour ne plus former qu'un tout indivisible.
Nous ne faisions qu'un. Et c'est pourquoi, aujourd'hui encore, il m'arrive de penser comme un chien : « Ah ! Si seulement je le pouvais, j'irais vivre et manger dans un endroit où l'on ne croise plus aucun visage humain. »
Je suis certain que les chiens pensent exactement la même chose.
私は生来の朝寝坊だから、毎朝二度三度覚されても、中々起きない。優しくしていては際限がないので、母が最終には夜着を剥ぐ。これで流石の朝寝坊も不承々々に床を離れるが、しかし大不平だ。額で母を睨めて、津蟹が泡を吐くように、沸々言っている。ポチは朝起だから、もう其時分には疾くに朝飯も済んで、一切り遊んだ所だが、私の声を聴き付けると、何処に居ても一目散に飛んで来る。
これで私の機嫌も直る。急に現金に莞爾々々となって、急いで庭へ降りる所を、ポチが透さず泥足で飛付く。細い人参程の赤ちゃけた尻尾を懸命に掉り立って、嬉しそうに面を瞻上る。視下す。目と目と直たりと合う。堪まらなくなって私が横抱に引ン抱く。ポチは抱かれながら、身を藻掻いて大暴れに暴れ、私の手を舐め、胸を舐め、顋を舐め、頬を舐め、舐めても舐めても舐め足らないで、悪くすると、口まで舐める。父が面を顰めて汚い汚いと曰う。成程、考えて見れば、汚いようではあるけれども……しかし、私は嬉しい、止められない。如何して是が止められるもんか! 私が何も好い物を持っているじゃなし、ポチも其は承知で為る事だ。利害の念を離れて居るのだ、唯懐かしいという刹那の心になって居るのだ。毎朝これでは着物が堪らないと、母は其を零すけれど、着物なんぞの汚れを厭って、ポチの此志を無にする事が出来た話だか、話でないか、其処を一つ考えて貰いたい。
Comme je suis un lève-tard de naissance, j'ai beau me faire réveiller deux ou trois fois chaque matin, je ne décolle pas du lit. Ma mère, voyant que la douceur ne mène à rien, finit par m'arracher ma couette. C'est alors que, même pour un dormeur invétéré comme moi, je finis par quitter mon futon à contrecœur, mais non sans une immense amertume. Je regarde ma mère d'un œil noir, bouillonnant de reproches comme un crabe qui recrache son écume. Pochi, lui, est matinal ; à cette heure-là, il a déjà fini son petit-déjeuner et joué un bon moment. Pourtant, dès qu'il entend ma voix, il accourt à toute vitesse, peu importe où il se trouve.
À cet instant, ma mauvaise humeur s'évapore. Je retrouve soudain mon sourire et je m'élance vers le jardin, où Pochi me saute dessus sans attendre avec ses pattes pleines de boue. Agitant de toutes ses forces sa petite queue rousse, fine comme une carotte, il lève vers moi un regard rayonnant de joie. Je le regarde en retour. Nos regards se croisent, et je ne peux plus résister : je le prends contre moi, serré dans mes bras. Alors, pris d’une frénésie de tendresse, il se débat, me lèche les mains, la poitrine, le menton, les joues—et parfois même, si je ne fais pas attention, la bouche ! Mon père fronce le nez en criant que c’est sale, bien sale. À y réfléchir, peut-être n’a-t-il pas tort … mais qu’importe ! Je suis heureux, et je ne peux pas m’en empêcher. Comment pourrais-je ? Ce n’est pas comme si j’avais quoi que ce soit à lui offrir, et pourtant Pochi le sait : il agit ainsi, libre de tout calcul, simplement parce qu’il m’aime, dans un élan pur et spontané. Ma mère se plaint que mes vêtements ne résistent pas à ce manège quotidien, mais qu'elle y réfléchisse un instant : peut-on vraiment ignorer l'élan de fidélité de Pochi par simple crainte de salir un habit ?
理窟は扨置いて、この面舐めの一儀が済むと、ポチも漸と是で気が済んだという形で、また庭先をうろうろし出して、椽の下なぞを覗いて見る。と、其処に草鞋虫の一杯依附った古草履の片足か何ぞが有る。好い物を看附けたと言いそうな面をして、其を咥え出して来て、首を一つ掉ると、草履は横飛にポンと飛ぶ。透さず追蒐けて行って、又咥えてポンと抛る。其様な他愛もない事をして、活溌に元気よく遊ぶ。
其隙に私は面を洗う、飯を食う。それが済むと、今度は学校へ行く段取になるのだが、此時が一日中で一番私の苦痛の時だ。ポチが跟を追う。うッかり出ようものなら、何処迄も何処迄も随いて来て、逐ったって如何したって帰らない。こッそり出ようとしても、出掛ける時刻をチャンと知って居て、其時分になると、何時の間にか玄関先へ廻って待っている。仕方がないから、最終には取捉まえて否応なしに格子戸の内へ入れて置いては出るようにしていたが、然うすると前足で格子を引掻いて、悲しい悲しい血を吐きそうな啼声を立てて後を慕い、姿が見えなくなっても啼止まない。私もそれは同じ想だ。泣出しそうな面をして、バタバタと駆出し、声の聞えない処まで来て、漸くホッとして、普通の歩調になる、而して常も心の中で反覆し反覆し此様な事を思う、
「僕が居ないと淋しいもんだから、それで彼様に跟を追うンだ。可哀そうだなあ……僕ぁ学校なんぞへ行きたか無いンだけど……行かないと、阿父さんがポチを棄てッ了うッて言うもんだから、それでシヨウがないから行くンだけども……」
Trêve de raisonnements. Une fois ce rituel du léchage de visage accompli, Pochi, semblant enfin satisfait, se remet à rôder dans le jardin et finit par inspecter le dessous de la galerie. Il y déniche, par exemple, une vieille sandale de paille dépareillée, grouillante de cloportes. Prenant un air qui semble dire « Oh, la belle trouvaille ! », il s'en saisit, donne un coup de tête, et la sandale s'envole de côté. Sans perdre un instant, il se précipite pour la rattraper, la saisit de nouveau et la projette plus loin. Il s'amuse ainsi avec une vitalité joyeuse à ces riens du tout.
Pendant ce temps, je me lave le visage et je prends mon repas. Cela fait, vient l'étape du départ pour l'école : c'est pour moi le moment le plus douloureux de la journée. Pochi veut me suivre. Si j'ai le malheur de sortir sans précaution, il me talonne sans fin, et j'ai beau essayer de le chasser par tous les moyens, il refuse de rentrer. Même si je tente de sortir en cachette, il connaît parfaitement l'heure de mon départ ; le moment venu, il a déjà fait le tour pour m'attendre devant l'entrée. N'ayant pas d'autre choix, je finis par l'attraper et l'enfermer de force derrière la porte à treillis avant de m'éclipser. Alors, grattant le bois de ses pattes avant, il pousse des cris si déchirants qu'on croirait qu'il va cracher du sang. Il me rappelle ainsi à lui, et même lorsque je disparais de sa vue, il ne cesse de gémir.
Je ressens la même détresse que lui. Au bord des larmes, je m'éloigne au pas de course ; ce n'est qu'une fois arrivé là où sa voix ne porte plus que je pousse un soupir de soulagement et je retrouve une allure normale. Et, comme toujours, je ne cesse de me répéter en mon for intérieur :
« S'il me suit comme ça, c'est parce qu'il se sent seul quand je ne suis pas là. Le pauvre... Moi non plus, je n'ai pas envie d'aller à l'école... Mais si je n'y vais pas, papa dit qu'il jettera Pochi dehors, alors je n'ai pas le choix, j'y vais... »
ジャンジャンと放課の鐘が鳴る。今迄静かだった校舎内が俄に騒がしくなって、彼方此方の教室の戸が前後して慌だしくパッパッと開く。と、その狭い口から、物の真黒な塊りがドッと廊下へ吐出され、崩れてばらばらの子供になり、我勝に玄関脇の昇降口を目蒐けて駈出しながら、口々に何だか喚く。只もう校舎を撼ってワーッという声の中に、無数の円い顔が黙って大きな口を開いて躍っているようで、何を喚いているのか分らない。で、それが一旦昇降口へ吸込まれて、此処で又紛々と入乱れ重なり合って、腋の下から才槌頭が偶然と出たり、外歯へ肱が打着かったり、靴の踵が生憎と霜焼の足を踏んだりして、上を下へと捏返した揚句に、ワッと門外へ押出して、東西へ散々になる。
仲善二人肩へ手を掛合って行く前に、弁当箱をポンと抛り上げてはチョイと受けて行く頑童がある。其隣りは往来の石塊を蹴飛ばし蹴飛ばし行く。誰だか、後刻で遊びに行くよ、と喚く。蝗を取りに行かないか、という声もする。君々と呼ぶ背後で、馬鹿野郎と誰かが誰かを罵る。あ、痛たッ、何でい、わーい、という声が譟然と入違って、友達は皆道草を喰っている中を、私一人は駈脱けるようにして側視もせずに切々と帰って来る。
Djan-djan ! La cloche de la fin des cours retentit. Le bâtiment scolaire, jusque-là silencieux, s'anime soudain d'un tumulte fébrile ; de part et d'autre, les portes des salles de classe s'ouvrent l'une après l'autre dans un fracas précipité. De ces ouvertures étroites, une masse noire est recrachée d'un coup dans le couloir, avant de se désagréger en une multitude d'enfants éparpillés. Chacun tente de devancer les autres pour atteindre le vestiaire près de l'entrée, tout en hurlant Dieu sait quoi. Dans ce vacarme qui fait trembler l'école, on ne distingue qu'une clameur immense — un « Ouah ! » — où d'innombrables visages ronds semblent s'agiter en silence, la bouche grande ouverte, sans que l'on puisse saisir le moindre mot. Toute cette foule finit par être aspirée dans le vestiaire, où l'on se bouscule et s'entremêle de nouveau dans un désordre total : ici, une tête bombée surgit par inadvertance sous une aisselle ; là, un coude heurte des dents proéminentes ; ailleurs, le talon d'une chaussure écrase par malchance un pied couvert d'engelures. Après s'être ainsi malmenés dans tous les sens, ils se ruent hors du portail et se dispersent aux quatre vents.
Deux amis s'en vont, les mains sur les épaules l'un de l'autre ; devant eux, un garnement s'amuse à lancer sa boîte à déjeuner en l'air pour la rattraper au vol. À côté, un autre avance en shootant sans arrêt dans les cailloux du chemin. Quelqu'un hurle : « Je viendrai jouer chez toi tout à l'heure ! ». Une autre voix propose : « On ne va pas à la chasse aux criquets ? ». Derrière des cris de « Hé, toi ! », un autre insulte son camarade de « Crétin ! ». « Aïe, ça fait mal ! », « Qu'est-ce qu'il y a ? », « Ouais ! »... Toutes ces voix s'entrecroisent dans un vacarme assourdissant. Tandis que mes camarades traînent en chemin, je suis le seul à rentrer au pas de course, sans accorder un regard aux alentours, pressé par l'impatience.
家の横町の角迄来て擽たいような心持になって、窃と其方角を観る。果してポチが門前へ迎えに出ている。私を看附るや、逸散に飛んで来て、飛付く、舐める。何だか「兄さん!」と言ったような気がする。若し本包に、弁当箱に、草履袋で両手が塞がっていなかったら、私は此時ポチを捉まえて何を行ったか分らないが、其が有るばかりで、如何する事も出来ない。拠どころなくほたほたしながら頭を撫でて遣るだけで不承して、又歩き出す。と、ポチも忽ち身を曲らせて、横飛にヒョイと飛んで駈出すかと思うと、立止って、私の面を看て滑稽た眼色をする。追付くと、又逃げて又其眼色をする。こうして巫山戯ながら一緒に帰る。
玄関から大きな声で、「只今!」といいながら、内へ駈込んで、卒然本包を其処へ抛り出し、慌てて弁当箱を開けて、今日のお菜の残り――と称して、実は喫べたかったのを我慢して、半分残して来た其物をポチに遣る。其れでも足らないで、お八ツにお煎を三枚貰ったのを、責って五枚にして貰って、二枚は喫べて、三枚は又ポチに遣る。
夫から庭で一しきりポチと遊ぶと、母が屹度お温習をお為という。このお温習程私の嫌いな事はなかったが、之をしないと、直ポチを棄ると言われるのが辛いので、渋々内へ入って、形の如く本を取出し、少し許おんにょごおんにょごと行る。それでお終だ。余り早いねと母がいういのを、空耳潰して、衝と外へ出て、ポチ来い、ポチ来いと呼びながら、近くの原へ一緒に遊びに行く。
これが私の日課で、ポチでなければ夜も日も明けなかった。
Arrivé au coin de la ruelle qui mène à la maison, je sens une sorte de chatouillement d'impatience me gagner et je jette un regard furtif dans cette direction. Comme je m'y attendais, Pochi est là, devant le portail, à m'attendre. Dès qu'il m'aperçoit, il s'élance ventre à terre, me saute dessus et me lèche. J'ai presque l'impression de l'entendre me dire : « Grand frère ! ». Si je n'avais pas eu les mains encombrées par mes livres, ma boîte à déjeuner et mon sac à sandales, Dieu seul sait ce que j'aurais fait de lui à cet instant ; mais, coincé par mon chargement, je ne peux rien faire. Je me contente, un peu maladroitement, de lui caresser la tête pour le faire patienter, et je reprends ma marche. Alors, Pochi arque brusquement le corps, bondit de côté d'un air vif, s'élance, puis s'arrête net pour m'observer avec une lueur espiègle dans les yeux. Dès que je le rattrape, il s'enfuit de nouveau et me jette le même regard. C'est ainsi, en folâtrant ensemble, que nous rentrons à la maison.
Depuis l'entrée, je crie de toutes mes forces : « Je suis rentré ! ». Je me précipite à l'intérieur, je jette mes livres dans un coin et j'ouvre en hâte ma boîte à déjeuner. J'en sors ce que j'appelle « les restes du jour » — en vérité, ce sont des morceaux que je mourais d'envie de manger, mais dont je me suis forcé à garder la moitié pour les donner à Pochi. Comme cela ne suffit pas encore, je demande pour le goûter cinq biscuits au lieu des trois habituels ; j'en mange deux, et je donne les trois autres à Pochi.
Après avoir joué un bon moment dans le jardin, ma mère ne manque jamais de me dire d'aller réviser mes leçons. Rien ne m'était plus odieux que ces révisions, mais l'idée que si je ne le faisais pas, on jetterait immédiatement Pochi dehors m'était trop insupportable. Je rentrais donc à contrecœur, j'ouvrais mes livres pour la forme et je marmonnais mes leçons un petit moment. Et c'était tout. Ignorant ma mère qui s'étonnait de ma rapidité, je me précipitais dehors en appelant : « Viens, Pochi ! Viens ! », et nous partions ensemble courir dans la plaine voisine.
C'était là mon quotidien. Sans Pochi, le soleil n'aurait eu pour moi ni lever ni coucher.
ポチは日増しにメキメキと大きくなる。大きくはなるけれど、まだ一向に孩児で、垣の根方に大きな穴を掘って見たり、下駄を片足門外へ啣え出したり、其様悪戯ばかりして喜んでいる。
それに非常に人懐こくて、門前を通掛りの、私のような犬好が、気紛れにチョッチョッと呼んでも、直ともう尾を掉って飛んで行く。況して家へ来た人だと、誰彼の見界はない、皆に喜んで飛付く。初ての人は驚いて、子供なんぞは泣出すのもある。すると、ポチは吃驚して其面を視ている。
人でさえ是だから同類は尚お恋しがる。犬が外を通りさえすれば屹度飛んで出る。喧嘩するのかと、私がハラハラすれば、喧嘩はしない、唯壮に尻尾を掉って鼻を嗅合う。大抵の犬は相手は子供だという面をして、其儘城々と行こうとする。どっこいとポチが追蒐けて巫山戯かかる。蒼蠅いと言わぬばかりに、先の犬は歯を剥いて叱る。すると、ポチは驚いて耳を伏せて逃げて来る。
ポチは此様な無邪気な犬であったから、友達は直出来た。
友達というのは黒と白との二匹で、いずれもポチよりは三ツ四ツも年上であった。歴とした家の飼い犬でありながら、品性の甚だ下劣な奴等で、毎日々々朝から晩まで近所の掃溜を※(「求/食」、第4水準2-92-54)り歩き二度の食事の外の間食ばかり貪っている。以前から私の家の掃溜へも能く立廻って来て、馴染の犬共ではあるけれど、ポチを飼うようになってからは、尚お頻繁に立廻って来る。ポチの喫剰しを食いに来るので。
Pochi grandissait de jour en jour, à vue d’œil, à une vitesse étonnante. Il devenait bien plus grand, mais restait au fond un véritable enfant : il s’amusait à creuser de grands trous au pied de la haie, ou bien emportait une de nos geta dehors, par la porte, pour jouer avec. Ce genre de bêtises le ravissait.
Il était en outre extrêmement familier avec les gens. Quiconque passait devant la maison, pour peu que ce soit un amoureux des chiens comme moi, n’avait qu’à l’appeler d’un petit « psst, psst » distrait pour qu’il accoure aussitôt, la queue remuant vigoureusement. À plus forte raison, lorsqu’un visiteur entrait chez nous, il ne faisait aucune différence entre les personnes : il se jetait joyeusement sur tout le monde. Les gens qui le voyaient pour la première fois en étaient souvent effrayés, et certains enfants se mettaient même à pleurer. Alors Pochi, tout interdit, les fixait d’un air stupéfait.
S’il était ainsi avec les humains, il était bien plus encore en manque de compagnie avec ses semblables. Qu’un chien passe dans la rue, et aussitôt Pochi s’élançait dehors. Je m’inquiétais, croyant qu’il allait se battre, mais il ne se battait jamais : il agitait seulement la queue de toutes ses forces et se collait truffe contre truffe à l’autre chien. La plupart de ces chiens semblaient se dire, d’un air entendu, que ce n’était qu’un chiot et continuaient tranquillement leur chemin. Mais Pochi, lui, se mettait à les poursuivre et à les provoquer pour jouer. L’autre chien, excédé, découvrait alors les dents et le rabrouait. Aussitôt, Pochi, effrayé, rabattait les oreilles et revenait en courant vers moi.
Avec un caractère aussi naïf, Pochi ne tarda pas à se faire des amis.
C’étaient deux chiens, l’un noir, l’autre blanc, tous deux de trois ou quatre ans plus âgés que lui. Bien qu’ils fussent des chiens de maison tout à fait officiels, leur nature était des plus basses : du matin au soir, chaque jour, ils rôdaient autour des tas d’ordures du voisinage, se gavant sans cesse de restes entre leurs deux repas réguliers. Ils avaient depuis longtemps l’habitude de venir rôder autour du dépotoir de chez nous, de sorte que nous les connaissions bien. Mais depuis que nous avions adopté Pochi, ils passaient encore plus souvent : ils venaient manger ce qu’il avait laissé dans sa gamelle.
ポチは大様だから、余処の犬が自分の食器へ首を突込んだとて、怒らない。黙って快く食わせて置く。が、他の食うのを見て自分も食気附く時がある。其様な時には例の無邪気で、うッかり側へ行って一緒に首を突込もうとする。無論先の犬は、馳走になっている身分を忘れて、大に怒って叱付ける。すると、ポチは驚いて飛退いて、不思議そうに小首を傾げて、其ガツガツと食うのを黙って見ている。
父は馬鹿だと言うけれど、馬鹿気て見える程無邪気なのが私は可愛ゆい。尤も後には悪友の悪感化を受けて、友達と一緒に近所の掃溜へ首を突込み、鮭の頭を舐ったり、通掛りの知らん犬と喧嘩したり、屑拾いの風体を怪しんで押取囲んで吠付いたりした事も無いではないが、是れは皆友達を見よう見真似に其の尻馬に騎って、訳も分らずに唯騒ぐので、ポチに些っとも悪意はない。であるから、独りの時には、矢張元の無邪気な人懐こい犬で、滑稽た面をして他愛のない事ばかりして遊んでいる。惟うに、私等親子の愛しみを受けて、曾て痛い目に遭った事なく、暢気に安泰に育ったから、それで此様に無邪気であったのだろうが、ああ、想出しても無念でならぬ。何故私はポチを躾けて、人を見たら皆悪魔と思い、一生世間を睨め付けては居させなかったろう? ※(「(來+攵)/心」、第4水準2-12-72)じ可愛がって育てた為に、ポチは此様に無邪気な犬になり、無邪気な犬であった為に、遂に残忍な刻薄な人間の手に掛って、彼様な非業の死を遂げたのだ。
Pochi était d’un naturel généreux ; il ne se fâchait jamais de voir un autre chien plonger le museau dans sa propre gamelle. Il les laissait manger tranquillement, sans rien dire. Parfois, en les regardant faire, l’appétit lui venait aussi. Dans ces moments-là, avec sa candeur habituelle, il s’approchait sans méfiance pour partager le repas. Mais l’autre chien, oubliant qu’il n’était qu’un invité, entrait dans une colère noire et le grondait vertement. Pochi, surpris, faisait alors un bond en arrière et, penchant la tête d'un air perplexe, regardait l'autre dévorer silencieusement ses restes.
Mon père disait qu'il était stupide, mais c'est justement cette innocence, frisant la bêtise, que je chérissais tant. Bien sûr, par la suite, sous la mauvaise influence de ses fréquentations, il lui arriva de fouiller les décharges du voisinage avec ses compères, de lécher des têtes de saumon, de se quereller avec des chiens inconnus ou de poursuivre les chiffonniers d'un air méfiant pour leur aboyer dessus. Mais tout cela n'était que pure singerie ; il suivait le mouvement sans trop comprendre, simplement pour le plaisir du vacarme, sans la moindre once de méchanceté. Car dès qu’il était seul, il redevenait ce chien candide et affectueux, faisant mille pitreries innocentes. Je me dis que s'il était si pur, c'est parce qu'il avait grandi paisiblement, entouré de l'affection de mes parents et de la mienne, sans jamais connaître la souffrance.
Hélas ! Même aujourd'hui, le souvenir m'en donne des remords amers. Pourquoi n'ai-je pas dressé Pochi à voir en chaque humain un démon ? Pourquoi ne lui ai-je pas appris à passer sa vie à défier le monde du regard ? C'est parce qu'il a été élevé avec une affection si dévouée qu'il est devenu ce chien innocent ; et c'est parce qu'il était innocent qu'il a fini par tomber entre les mains d'humains cruels et impitoyables pour connaître une mort aussi tragique.
或日の事。卑しい事を言うようだが、其日の弁当の菜は母の手製の鰹節でんぶで、私も好きだが、ポチの大好きな物だったから、我慢して半分以上残したのが、チャンと弁当箱に入っている。早く帰ってこれが喫させたかったので、待憧れた放課の鐘が鳴るや、大急ぎで学校の門を出て、友達は例の通り皆道草を喰っている中を、私一人は切々と帰って来ると、俄に行手がワッと騒がしくなって、先へ行く児が皆雪崩れて、ドッと道端の杉垣へ片寄ったから、驚いてヒョイと向うを見ると、ツイ四五間先を荷車が来る。瞥と見たばかりでは何の車とも分らなかった。何でも可なり大きな箱車で、上から菰を被せてあったようだったが、其を若い土方風の草鞋穿の男が、余り重そうにもなく、城々と引いて来る。車に引添うてまだ一人、四十許りの、四角な面の、茸々と髭の生えた、人相の悪い、矢張草鞋穿の土方風の男が、古ぼけて茶だか鼠だか分らなくなった、塵埃だらけの鉢巻もない帽子を阿弥陀に冠って、手ぶらで何だか饒舌りながら来る。
道端の子供等は皆好奇の目を円くして此怪し気な車を見迎え見送って、何を言うのか、口々に譟然と喚いている中から、忽ち一段際立って甲高な、「犬殺しだい犬殺しだい!」という叫声が其処此処から起る。と聞くより、私はハッとした。全身の血の通いが急に一時に止ったような気がして、襟元から冷りとする、足が窘蹙む……と、忽ち心臓が破裂せんばかりに鼓動し出す。「ポチは? ……」という疑問が曇ったような頭の中で、ちらりと電光のように閃いて又暗中に没する時、ガタガタと車が前を通る。
後で聞けば、菰の下から犬の尻尾とか足とかが見えていたというけれど、私が其時佶と目を据えて視たのでは、唯車が躍って菰が魂の有るようにゆさゆさと揺るのが見えたばかりで、他には何も見えなかった。或は最う目も霞んでいたのかも知れぬ。
Cela arriva un jour comme les autres. Au risque de paraître trivial, je dois dire que ce jour-là, l'accompagnement de mon déjeuner était du denbu de bonite fait par ma mère ; j'en étais friand, mais c'était aussi le péché mignon de Pochi. Je m'étais donc forcé à en garder plus de la moitié dans ma boîte. Pressé de rentrer pour lui offrir ce régal, je m'élançai hors de l'école dès que retentit la cloche tant attendue. Tandis que mes camarades, comme à leur habitude, traînaient en chemin, je rentrais seul au pas de course quand, soudain, un grand tumulte s'éleva devant moi. Les enfants qui me précédaient se replièrent en masse, se jetant contre les haies de cèdres qui bordaient la route. Surpris, je levai les yeux : à peine à quelques mètres de là, une charrette arrivait.
Au premier coup d'œil, je ne sus de quel véhicule il s'agissait. C'était une sorte de grande charrette à caisse, recouverte d'une natte de paille. Un homme à l'allure de jeune terrassier, chaussé de sandales waraji, la tirait d'un pas tranquille, comme si elle n'était pas bien lourde. Il était accompagné d'un autre individu d'une quarantaine d'années, au visage carré mangé par une barbe hirsute et aux traits patibulaires ; lui aussi semblait être un ouvrier. Il portait un vieux chapeau poussiéreux, d'une couleur indéfinissable entre le brun et le gris, posé de travers sur sa tête, et il s'avançait les mains vides en bavardant sans arrêt.
Les enfants au bord de la route, les yeux ronds de curiosité, regardaient passer cet étrange attelage. Soudain, au milieu du vacarme des cris indistincts, une clameur plus aiguë et perçante s'éleva de toutes parts : « Les tueurs de chiens ! Voilà les tueurs de chiens ! ».
À ces mots, mon cœur manqua un bond. J'eus la sensation que le sang cessait brusquement de circuler dans mes veines ; un frisson glacial me parcourut la nuque et mes jambes se dérobèrent... Puis, mon cœur se mit à battre la chamade, comme s'il allait exploser. « Et Pochi ?... » Cette question traversa mon esprit embrumé comme un éclair avant de sombrer à nouveau dans l'obscurité, alors que la charrette passait devant moi dans un cliquetis sinistre.
On me dit plus tard que l'on voyait des queues et des pattes de chiens dépasser de sous la natte. Mais moi, malgré mes yeux écarquillés, je ne vis que la charrette cahoter et la natte de paille s'agiter convulsivement, comme si elle était douée de vie. Je ne vis rien d'autre. Peut-être, déjà, ma vue se brouillait-elle de larmes.
「おッそろしい餓鬼だなあ! まだ彼様に出て来やがら……」
と太い煤けたような野良声で、――確に年上の奴に違いないが、然う言うのが聞えた。
ガタンと一つ小石に躍って、車は行過ぎて了う。
跡は両側の子供が又続々と動き出し、四辺が大黒帽に飛白の衣服で紛々となる中で、私一人は佇立ったまま、茫然として轅棒の先で子供の波を押分けて行くように見える車の影を見送っていた。
と、誰だか私の側へ来て、何か言う。顔は見覚えのある家の近所の何とかいう児だが、言ってる事が分らない。私は黙って其面を視たばかりで、又窃と車の行った方角を振向いて見ると、最う車は先の横町を曲ったと見えて、此方を向いて来る沢山の子供の顔が見えるばかりだ。
「ねえ、君、君ン所のポチも殺されたかも知れないぜ。」
という声が此時ふと耳に入って、私はハッと我に反ると、
「啌だい! 殺されるもんか! 札が附いてるもの……」
と狼狽て打消てから、始めて木村の賢ちゃんという児と話をしている事が分った。
「やあ……札が附いてたって、殺されますから。へえ。僕ン所の阿爺さんが……」
と賢ちゃんが言掛けると、仲善の友の言う事だが、私は何だか急に口惜しくなって、赫と急込んで、
「何でい! 大丈夫だい※(感嘆符二つ、1-8-75) ……」
と怒鳴り付けた。賢ちゃんが吃驚して眼を円くした時、私は卒然バタバタと駈出し、前へ行く児にトンと衝当る。何しやがるンだいと、其児に突飛されて、又誰だかに衝当る。二三度彼方此方で小突かれて、蹌踉として、危うかったのを辛と踏耐えるや、後をも見ずに逸散に宙を飛で家へ帰った。
— « Sacré gamin, il est coriace ! Il ose encore se montrer, celui-là… »
Ces mots, prononcés d'une voix de paysan, épaisse et comme encrassée par la suie — c'était sans aucun doute l'homme le plus âgé —, parvinrent à mes oreilles. La charrette fit un bond sur un caillou avec un bruit sec, gatan, et s’éloigna rapidement. Derrière elle, les enfants postés sur les côtés se remirent en mouvement. Au milieu de ce fourmillement de casquettes noires et de vêtements de coton moucheté, je restais seul, immobile, les yeux fixés sur la silhouette de la charrette qui semblait fendre la vague des enfants de ses brancards.
Soudain, quelqu'un s'approcha de moi et me dit quelque chose. Son visage m'était familier, c'était un gamin du voisinage dont je ne savais plus le nom, mais je ne comprenais rien à ce qu'il racontait. Je le regardai en silence, avant de jeter à nouveau un regard furtif vers la direction prise par la charrette ; elle avait déjà dû tourner au coin de la rue suivante, car je ne voyais plus qu'une multitude de visages d'enfants venant face à moi.
— « Dis, ton Pochi aussi s'est peut-être fait tuer, tu sais. »
Cette phrase pénétra soudain mon esprit. Je repris brutalement mes sens.
— « N’importe quoi ! C'est impossible qu'il soit tué ! Il a sa plaque... »
Je niai la chose avec précipitation et confusion. C'est alors seulement que je réalisai que je parlais au petit Ken-chan, de chez Kimura.
— « Oh là là... Même avec une plaque, ils les tuent. C'est vrai. Mon grand-père a dit que... »
Ken-chan commençait son explication, mais bien qu'il fût un bon ami, je fus soudain envahi par un sentiment de dépit rageur. Je m'emportai brusquement :
— « De quoi tu te mêles ! Il n'y a pas de danger !! »
Je hurlai ces mots. Tandis que Ken-chan, stupéfait, écarquillait les yeux, je m'élançai d'un bond, bousculant de plein fouet un enfant devant moi.
— « Hé ! Qu'est-ce qui te prend ! » me cria celui-ci en me repoussant.
Je heurtai quelqu'un d'autre. Malmené deux ou trois fois de part et d'autre, je chancelai ; je parvins de justesse à ne pas tomber et, sans un regard en arrière, je m'enfuis à perdre haleine, volant littéralement vers la maison.
門は明放し、草履は飛び飛びに脱棄てて、片足が裏返しになったのも知らず、「阿母さん阿母さん!」と卒然内へ喚き込んだが、母の姿は見えないで、台所で返事がする。
誰だか来て居るようで、話声がしているけれど、其様な事に頓着しては居られない。学校道具を座敷の中央へ抛り出して置いて台所へ飛んで行くなり、
「阿母さん! ……ポチは? ……」
と喘ぎ喘ぎまず聞いてみた。
母は黙って此方を向いた。常は滅入ったような蒼い面をしている人だったが、其時此方を向いた顔を見ると、微と紅くなって、眼に潤みを持ち、どうも尋常の顔色でない。私は急に何か物に行当ったようにうろうろして、
「殺されたかい? ……」
と凝と母の面を視た時には、気息が塞りそうだった。
母は一寸躊躇ったようだったが、思切って投出すように、
「殺されたとさ……」
逸散に駈て来て、ドカッと深い穴へ落ちたら、彼様な気がするだろうと思う。私は然う聞くと、ハッと内へ気息を引いた。と、張詰めて破裂れそうになっていた気がサッと退いて、何だか奥深い穴のような処へ滅入って行くようで、四辺が濛と暗くなると、母の顔が見えなくなった……
「炭屋さんが見て来なすッたンだッさ。」
という声がふと耳に入ると、クワッとまた其処らが明るくなって眼の前に丸髷が見える。母は又彼方向いて了ったのだ。
Le portail était grand ouvert. Je jetai mes sandales n'importe comment, sans même remarquer que l'une d'elles était restée à l'envers, et je m'égosillai en entrant : « Maman ! Maman ! ». Je ne vis pas ma mère, mais j'entendis sa voix me répondre depuis la cuisine.
On aurait dit que quelqu'un était avec elle, car j'entendais des bribes de conversation, mais je n'en avais cure. Balançant mes affaires d'école en plein milieu de la pièce, je me précipitai vers la cuisine et, tout haletant, je posai la question qui me brûlait les lèvres :
— Maman !... Où est Pochi ?...
Ma mère se tourna vers moi en silence. D'ordinaire, elle avait le visage pâle et l'air un peu abattu, mais en la voyant me regarder, je remarquai qu'elle était légèrement rouge et que ses yeux étaient embués ; son expression n'avait rien d'ordinaire. Je restai là, hébété, comme si j'avais percuté un obstacle invisible.
— Il s'est fait tuer ?... demandai-je en fixant son visage, la gorge nouée au point d'étouffer.
Ma mère sembla hésiter un instant, puis elle lâcha tout de go, comme on jette l'éponge :
— Il s'est fait tuer...
Celui qui, lancé à toute allure, tomberait soudain dans un trou profond ressentirait exactement ce que j'éprouvai à cet instant. En entendant ces mots, j'eus le souffle coupé. La tension qui me faisait l'effet d'une explosion imminente se retira d'un coup, me laissant sombrer dans une sorte de gouffre obscur. Tout devint flou autour de moi, et je ne vis plus le visage de ma mère...
— C'est le marchand de charbon qui l'a vu de ses propres yeux...
Ces mots parvinrent soudain à mes oreilles, et la clarté revint d'un coup. Je vis devant moi le chignon marumage de ma mère. Elle s'était déjà détournée de nouveau.
「じゃ、木村さん処の前で殺されたんですね?」と母の声がいう。
「へえ」、という者がある。機械的に其方へ面を向けると、腰障子の蔭に、旧い馴染の炭屋の爺やの、小鼻の脇に大きな黒子のある、皺だらけの面が見えて、前歯の二本脱けた間から、チョコチョコ舌を出して饒舌っている声が聞える。「丁度あの木村さんの前ン処なんで。手前は初めは何だと思いました。棒を背後へ匿してましたから、遠くで見たんじゃ、ほら、分りませんや。一寸見ると何だか土方のような奴で、其奴がこう手を背後へ廻しましてな、お宅の犬の寝ている側へ寄ってくから、はてな、何をするンだろう、と思って見ていますと、彼様な人懐っこい犬だから、其奴の面を見て、何にも知らずに尻尾を掉ってましたよ。可哀そうに! 普通の者なら、何ぼ何でも其様なにされちゃ、手を下せた訳合のもんじゃございません、――ね、今日人情としましても。それを、貴女……いや、どうも、ああいう手合に逢っちゃ敵いませんて、卒然匿してた棒を取直して、おやッと思う間に、ポンと一つ鼻面を打ちました。そうするとな、お宅のは勃然起きましてな、キリキリと二三遍廻って、パタリと倒れると、仰向きになってこう四足を突張りましてな、尻尾でバタバタ地面を叩いたのは、あれは大方苦がったんでしょうが、傍で見ていりゃ何だか喜んで尻尾を掉ったようで、妙な塩梅しきでしたがな、其処を、貴女、またポカポカと三つ四つ咽喉ン処を打ちますとな、もう其切りで、ギャッともスウとも声を立て得ないで、貴女……」
私はもう後は聴いていなかった。誰を憚る必要もないのに、窃と目立たぬように後方へ退って、狐鼠々々と奥へ引込んだ。ベタリと机の前へ坐った。キリキリと二三遍廻ったという今聞いた話が胸に浮ぶと、そのキリキリと廻ったポチの姿が、顕然と目に見えるような気がする。熱い涙がほろほろ零れる、手の甲で擦っても擦っても、止度なくほろほろ零れる。
— « Alors, c'est devant chez les Kimura qu'il a été tué ? » demanda ma mère. — « Oui... », répondit une voix.
Mécaniquement, je tournai le regard dans cette direction. Derrière la cloison coulissante, j'aperçus le visage ridé du vieux marchand de charbon, un habitué de la maison, avec son énorme grain de beauté près de l'aile du nez. Sa voix sortait d'entre ses deux dents de devant manquantes, sa langue s'agitant par petits coups tandis qu'il dévidait son récit :
— « C'était juste là, devant chez les Kimura. Au début, je ne savais pas ce que c'était. Comme il cachait son bâton derrière son dos, de loin, voyez-vous, on ne pouvait pas deviner. On aurait dit un simple ouvrier de chantier. Il a approché la main derrière son dos comme ceci, en se dirigeant vers votre chien qui était couché. Je me demandais bien ce qu'il allait faire et je regardais... Et comme c'était un chien tellement affectueux, il a levé les yeux vers l'homme et s'est mis à remuer la queue sans se douter de rien. Le pauvre ! N'importe qui d'autre n'aurait jamais eu le cœur de frapper en voyant cela, enfin, c'est une question d'humanité élémentaire, n'est-ce pas ? Mais lui... non, vraiment, on ne peut rien contre ces gens-là... Soudain, il a empoigné son bâton et, avant même que j'aie pu réaliser, pon !, il lui en a décoché un grand coup sur le museau. Votre chien s'est redressé d'un bond, il a tourné sur lui-même deux ou trois fois comme une toupie, puis il s'est effondré d'un coup. Il s'est retrouvé sur le dos, les quatre pattes tendues, et il frappait le sol de sa queue : bata-bata. Il devait sûrement agoniser, mais de loin, on aurait dit qu'il remuait la queue de joie... C'était une vision bien étrange. Et là-dessus, ma bonne dame, l'homme lui a asséné trois ou quatre autres coups à la gorge : poka-poka. Après cela, ce fut fini. Il n'a même pas pu pousser un cri ou un soupir, ma bonne dame... »
Je n'écoutais déjà plus la suite. Bien que je n'eusse personne à craindre, je me retirai discrètement pour ne pas attirer l'attention et je me glissai furtivement vers l'arrière de la maison. Je m'assis lourdement devant mon bureau. Ces mots que je venais d'entendre — qu'il avait tourné sur lui-même deux ou trois fois — hantaient ma poitrine, et je crus voir distinctement l'image de Pochi tournoyant ainsi. Des larmes brûlantes se mirent à couler ; j'avais beau les essuyer du revers de la main, elles continuaient de tomber sans fin.
ポチが殺されて、私は気脱けしたようになって、翌日は学校も休んだ。何も自分が罪を犯したでもないのに、何となく友達に顔を見られるのが辛くッて……
午過にポチが殺されたという木村という家の前へ行って見た。其処か此処かと尋ねて見たけれど、もう其らしい痕もない。私は道端に彳んで、茫然としていた。
炭屋の老爺やの話だと、うッかり寝転んでいる所を殺されたのだと云う。大方昨日も私の帰りを待ちかねて、此処らまで迎えに出ていたのであろう。待草臥れて、ドタリと横になって、角のポストの蔭から私の姿がヒョッコリ出て来はせぬかと、其方ばかりを余念なく眺めている所へ、犬殺しが来たのだ。人間は皆私達親子のように自分を可愛がって呉れるものと思っているポチの事だから、犬殺しとは気が附かない。何心なく其面を瞻上げて尾を掉る所を、思いも寄らぬ太い棍棒がブンと風を截って来て……と思うと、又胸が一杯になる。
ヒュウと悲しい音を立てて、空風が吹いて通る。跡からカラカラに乾いた往来の中央を、砂烟が濛と力のない渦を巻いて、捩れてひょろひょろと行く。
私は其行方を眺めて茫然としていた。と、何処でかキャンキャンと二声三声犬の啼声がする……佶と耳を引立って見たが、もう其切で聞えない。隣町あたりで凍けたような物売の声がする。
Après la mort de Pochi, je restai comme vidé de toute force et je n'allai pas à l'école le lendemain. Bien que je n'eusse commis aucune faute, je sentais, sans trop savoir pourquoi, qu'il m'aurait été trop pénible de croiser le regard de mes camarades...
L'après-midi, je me rendis devant la maison des Kimura, là où Pochi avait été tué. Je cherchai ici et là, mais il n'y avait plus la moindre trace de ce qui s'était passé. Je restai là, debout au bord de la route, hébété.
D'après le récit du vieux marchand de charbon, il s'était fait tuer alors qu'il était tranquillement couché. Sans doute m'attendait-il encore hier, étant venu jusque là à ma rencontre. Las d'attendre, il s'était laissé tomber par terre, les yeux fixés sur le coin de la rue, guettant sans relâche l'apparition de ma silhouette derrière la boîte aux lettres ; c'est alors que le tueur de chiens était arrivé. Comme Pochi s'imaginait que tous les humains étaient aussi aimants que mes parents ou moi, il n'avait pas reconnu son bourreau. Au moment même où il levait innocemment les yeux vers lui en remuant la queue, un gourdin massif, d'une violence insoupçonnable, fendit l'air dans un sifflement... À cette pensée, mon cœur se serra de nouveau.
Un vent sec traversa la rue dans un sifflement lugubre : hyû. Derrière lui, au milieu de la chaussée desséchée, un nuage de poussière s'éleva en un tourbillon sans force, se tordant de façon vacillante avant de disparaître.
Je restai là, le regard perdu, à contempler sa course. Soudain, je crus entendre, venant de je ne sais où, deux ou trois jappements : kyan-kyan... Je dressai l'oreille, aux aguets, mais le silence retomba aussitôt. Dans le quartier voisin, on entendait seulement la voix glacée d'un colporteur.
何だか今の啼声が気になる。ポチは殺されたのだから、もう此処らで啼いてる筈はない。余所の犬だ余所の犬だ、と思いながら、何だか其儘聞流して了うのが残惜しくて、思わずパタパタと駈出したが、余所の犬じゃ詰らないと思返して、又頽然となると、足の運びも自然と遅くなり、そろりそろりと草履を引摺ながら、目的もなく小迷って行く。
小迷って行きながら、又ポチの事を考えていると、ふッと気が変って、何だか昨日からの事が皆嘘らしく思われてならぬ。私が余りポチばかり可愛がって勉強をしなかったから、父が万一したら懲しめのため、ポチを何処かへ匿したのじゃないかと思う。そうすると、今の啼声は矢張ポチだったかも知れぬと、うろうろとする目の前を、土耳其帽を冠った十徳姿の何処かのお祖父さんが通る。何だか深切そうな好いお祖父さんらしいので、此人に聞いたら、偶然とポチの居処を知っていて、教えて呉れるかも知れぬと思って、凝然と其面を視ると、先も振向いて私の面を視て、莞爾して行って了った。
向うから順礼の親子が来る。笈摺も古ぼけて、旅窶れのした風で、白の脚絆も埃に塗れて狐色になっている。母の話で聞くと、順礼という者は行方知れずになった親兄弟や何かを尋ねて、国々を経巡って歩くものだと云う。此人達も其様な事で斯うして歩いているのかも知れぬ、と思うと、私も何だか此仲間へ入って一緒にポチを探して歩きたいような気がして、立止って其の後姿を見送っていると、忽ち背後でガラガラと雷の落懸るような音がしたから、驚いて振向こうとする途端に、トンと突飛されて、私はコロコロと転がった。
Ce jappement entendu tout à l'heure me hantait. Puisque Pochi avait été tué, il ne pouvait plus aboyer dans les parages. C’est un autre chien, c’est forcément un autre chien, me disais-je ; pourtant, l’idée de laisser passer ce son sans vérifier m'était insupportable. Sans y réfléchir, je m’élançai au pas de course, avant de me raviser : si c’était le chien d’un autre, cela n’avait aucun intérêt. Je me sentis de nouveau accablé, mes jambes s’alourdirent et je me mis à errer sans but, traînant mes sandales d'un pas lent et incertain.
Tout en errant, je repensais à Pochi et, soudain, mon esprit bascula : tout ce qui s'était passé depuis la veille me parut irréel. Peut-être que, parce que je chérissais trop Pochi au point de négliger mes études, mon père l'avait simplement caché quelque part pour me donner une leçon ? S'il en était ainsi, ce jappement était peut-être bien celui de Pochi... Tandis que je cherchais ainsi du regard, un vieil homme passa devant moi, portant un bonnet et une veste jittoku. Il avait l'air si bon et si prévenant que je me dis que si je l'interrogeais, il connaîtrait peut-être par hasard l'endroit où se trouvait Pochi et me le dirait. Je fixai son visage intensément ; il se retourna, me regarda, puis s'éloigna avec un sourire.
Deux pèlerins, un père et son enfant, arrivaient face à moi. Leurs tuniques étaient élimées, ils semblaient épuisés par le voyage et leurs jambières blanches étaient devenues rousses, couvertes de poussière. Ma mère m'avait dit un jour que les pèlerins parcouraient les provinces à la recherche de parents ou de frères disparus. En pensant qu'ils marchaient peut-être pour une telle raison, je ressentis soudain l'envie de me joindre à eux pour partir à la recherche de Pochi. Je m'arrêtai pour les regarder s'éloigner quand, brusquement, un fracas semblable à un coup de tonnerre retentit derrière moi. Au moment où je tentais de me retourner de surprise, je fus violemment projeté et je roulai plusieurs fois sur le sol.
「危ねい! 往来の真ン中を彷徨してやがって……」とせいせい息を逸ませながら立止って怒鳴り付けたのは、目の怕い車夫であった。
車には黒い高い帽子を冠って、温かそうな黄ろい襟の附いた外套を被た立派な人が乗っていたが、私が面を顰めて起上るのを尻眼に掛けて、髭の中でニヤリと笑って、
「鎌蔵、構わずに行れ。」
「へい……本当に冷りとさせやがった。気を付けろ、涕垂らしめ! ……」
と車夫は又トットッと曳出した。
紳士は犬殺しでない。が、ポチを殺した犬殺しと此人と何だか同じように思われて、クラクラと目が眩むと、私はもう無茶苦茶になった。卒然道端の小石を拾って打着けてやろうとしたら、車は先の横町へ曲ったと見えて、もう見えなかった。
パタリと小石を手から落した。と、何だか急に悲しくなって来て耐らなくなって、往来の真中で私は到頭シクシク泣出した。
— « Attention ! Qu’est-ce que tu fiches à errer ainsi au milieu de la route ! »
Celui qui s’était arrêté pour me hurler dessus, le souffle court, était un tireur de pousse-pousse au regard terrifiant. Dans sa voiture siégeait un homme distingué, coiffé d’un haut-de-forme noir et enveloppé dans un manteau au col jaune qui semblait bien chaud. Tandis que je me relevais en grimaçant de douleur, il m’ignora d'un regard en coin et, avec un rictus dans sa moustache, lança :
— « Kamazo, ne t'en occupe pas. Poursuis ta route. »
— « Bien, monsieur... Il m’a flanqué une de ces frousses, celui-là. Fais attention, sale morveux ! »
Le tireur se remit aussitôt à trotter. Ce gentleman n’était pas un tueur de chiens. Pourtant, il me semblait qu’il y avait quelque chose de commun entre lui et celui qui avait massacré Pochi ; un vertige me prit et je perdis soudain tout contrôle. Je ramassai brusquement un caillou sur le bord du chemin pour le lui jeter, mais la voiture avait déjà disparu au coin de la rue.
Le caillou glissa de ma main et tomba par terre. Alors, une tristesse immense m'envahit, si forte que je ne pus la contenir. Là, en plein milieu de la rue, je finis par éclater en sanglots.
ポチの殺された当座は、私は食が細って痩せた程だった。が、其程の悲しみも子供の育つ勢には敵わない。間もなく私は又毎日学校へ通って、友達を相手にキャッキャッとふざけて元気よく遊ぶようになった……
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今日は如何したのか頭が重くて薩張り書けん。徒書でもしよう。
愛は総ての存在を一にす。
愛は味うべくして知るべからず。
愛に住すれば人生に意義あり、愛を離るれば、人生は無意義なり。
人生の外に出で、人生を望み見て、人生を思議する時、人生は遂に不可得なり。
人生に目的ありと見、なしと見る、共に理智の作用のみ。理智の眼を抉出して目的を見ざる処に、至味存す。
理想は幻影のみ。
凡人は存在の中に住す、其一生は観念なり。詩人哲学者は存在の外に遊離す、観念は其一生なり。
凡人は聖人の縮図なり。
人生の真味は思想に上らず、思想を超脱せる者は幸なり。
二十世紀の文明は思想を超脱せんとする人間の努力たるべし。
此様な事ならまだ幾らでも列べられるだろうが、列べたって詰らない。皆啌だ。啌でない事を一つ書いて置こう。
私はポチが殺された当座は、人間の顔が皆犬殺しに見えた。是丈は本当の事だ。
Dans les jours qui suivirent la mort de Pochi, je perdis l'appétit au point de m'amaigrir. Cependant, une telle tristesse ne peut rivaliser avec la force de croissance d'un enfant. Je repris bientôt le chemin de l'école, chaque jour, jouant et chahutant avec entrain au milieu de mes camarades...
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Aujourd'hui, je ne sais pourquoi, j'ai la tête lourde et je n'arrive absolument pas à écrire. Laissons-nous aller à quelques gribouillages :
L'amour unifie toutes les existences.
L'amour doit être goûté, il ne peut être connu par l'intellect.
Demeurer dans l'amour donne un sens à la vie ; s'en éloigner rend l'existence absurde.
Lorsque l'on sort de la vie pour l'observer de loin et la disséquer, elle finit par nous échapper totalement.
Voir un but à la vie, ou n'en voir aucun, n'est qu'une affaire de raison.
C'est en s'arrachant les yeux de la raison, là où l'on ne cherche plus de but, que réside l'essence véritable.
L'idéal n'est qu'un mirage. Le commun des mortels vit au cœur de l'existence : sa vie est faite d'idées.
Le poète et le philosophe s'extraient de l'existence : les idées sont leur vie entière.
L'homme ordinaire est un saint en miniature.
Le vrai goût de la vie n'atteint pas la pensée ; heureux celui qui transcende la pensée.
La civilisation du XXe siècle sera sans doute l'effort de l'homme pour transcender la pensée.
Je pourrais aligner encore bien des phrases de ce genre, mais ce serait vain. Tout cela n'est que mensonge. Je vais écrire une seule chose qui ne soit pas un mensonge :
À l'époque où Pochi a été tué, tous les visages humains me semblaient être des visages de tueurs de chiens. Cela, et cela seul, est la vérité.
小学から中学を終るまで、落第をも込めて前後十何年の間、毎日々々の学校通い、――考えて見れば面白くもない話だが、併し其を左程にも思わなかった。小学校の中は、内で親に小蒼蠅く世話を焼かれるよりも、学校へ行って友達と騒ぐ方が面白い位に思っていたし、中学へ移ってからも、人間は斯うしたものと合点して、何とも思わなかった。
しかし、凡そ学科に面白いというものは一つも無かった。何の学科も何の学科も、皆味も卒気もない顰蹙する物ばかりだったが、就中私の最も閉口したのは数学であった。小学時代から然うだったが、中学へ移ってからも、是ばかりは変らなかった。此次は代数の時間とか、幾何の時間とかなると、もう其が胸に支えて、溜息が出て、何となく世の中が悲観された。
Entre l'école primaire et la fin du collège, j'ai passé plus d'une dizaine d'années — redoublements compris — à me rendre chaque jour en cours. À bien y réfléchir, ce n'est pas une histoire très passionnante, mais à l'époque, je ne m'en plaignais pas outre mesure. À l'école primaire, je trouvais même plus amusant d'aller faire du chahut avec mes camarades que de rester à la maison à me faire harceler par mes parents. Une fois au collège, j'avais fini par accepter que la vie humaine était ainsi faite, et je n'y prêtais plus attention.
Pourtant, il n'y avait absolument aucune matière qui m'intéressait. Toutes, sans exception, étaient insipides, assommantes et me faisaient grimacer d'ennui. Mais ce qui me rebutait par-dessus tout, c'étaient les mathématiques. C'était déjà le cas au primaire, et cela ne changea pas au collège. Dès que l'heure d'algèbre ou de géométrie approchait, je sentais un poids sur ma poitrine, je poussais des soupirs de détresse et le monde entier me paraissait soudain bien sombre.
算術は四則だけは如何やら斯うやら了解めたが、整数分数となると大分怪しくなって、正比例で一寸息を吐く。が、其お隣の反比例から又亡羊し出して、按分比例で途方に暮れ、開平開立求積となると、何が何だか無茶苦茶になって、詰り算術の長の道中を浮の空で通して了ったが、代数も矢張り其通り。一次方程式、二次方程式、簡単なのは如何にかなっても、少し複雑のになると、AとBとが紛糾かって、何時迄経ってもXに膠着いていて離れない。況や不整方程式には、頭も乱次になり、無理方程式を無理に強付けられては、げんなりして、便所へ立ってホッと一息吐く。代数も分らなかったが幾何や三角術は尚分らなかった。初の中は全く相合せ得る物の大さは相等しなどと真顔で教えられて、馬鹿扱にするのかと不平だったが、其中に切売の西瓜のような弓月形や、二枚屏風を開いたような二面角が出て来て、大きなお供に小さいお供が附着いてヤッサモッサを始める段になると、もう気が逆上ッて了い、丸呑にさせられたギゴチない定義や定理が、頭の中でしゃちこばって、其心持の悪いこと一通りでない。試験が済むと、早速咽喉へ指を突込んで留飲の黄水と一緒に吐出せるものなら、吐出して了って清々したくなる。
何の因果で此様な可厭な想をさせられる事か、其は薩張分らないが、唯此可厭な想を忍ばなければ、学年試験に及第させて貰えない。学年試験に及第が出来ぬと、最終の目的物の卒業証書が貰えないから、それで誠に止むことを得ず、眼を閉って毒を飲む気で辛抱した。
尤も是は数学ばかりでない。何の学科も皆多少とも此気味がある。味わって楽むなどいうのは一つもない、又楽んでいる暇もない。後から後からと他の学科が急立てるから、狼狽てて片端から及第のお呪いの御符の積で鵜呑にして、而して試験が済むと、直ぐ吐出してケロリと忘れて了う。
En arithmétique, je m'en sortais tant bien que mal avec les quatre opérations de base. Mais dès qu'on abordait les nombres entiers et les fractions, les choses devenaient suspectes. La proportionnalité directe me laissait un court répit, avant que la proportionnalité inverse ne me fasse de nouveau perdre le nord. Quant à la règle de société, elle me laissait totalement désemparé. Arrivé aux racines carrées, cubiques et aux calculs d'aires, c'était la confusion la plus totale : j'ai traversé le long périple de l'arithmétique avec l'esprit ailleurs. L'algèbre fut du même acabit. Les équations du premier et du second degré, je m'en sortais pour les plus simples, mais dès qu'elles se compliquaient un peu, les A et les B s'embrouillaient, et je restais éternellement collé à mon X sans pouvoir m'en défaire. Quant aux équations indéterminées, mon cerveau partait en vrille ; et lorsqu'on me forçait à ingurgiter des équations irrationnelles, j'étais si accablé que je devais filer aux toilettes pour respirer un grand coup. Si l'algèbre m'était opaque, la géométrie et la trigonométrie l'étaient encore davantage. Au début, quand on m'enseignait avec le plus grand sérieux que « deux grandeurs coïncident si elles sont égales », je m'offusquais, croyant qu'on se moquait de moi. Puis vinrent les segments circulaires en forme de tranches de pastèque ou les angles dièdres semblables à des paravents ouverts ; quand les grandes figures commencèrent à s'accompagner de petites acolytes dans un remue-ménage incessant, j'en perdis la tête. Les définitions et les théorèmes indigestes que l'on me forçait à avaler tout ronds restaient figés dans mon crâne, provoquant un malaise indescriptible. Si j'avais pu, une fois l'examen passé, me fourrer les doigts au fond de la gorge pour tout régurgiter avec ma bile, je l'aurais fait avec soulagement.
Je ne savais pas par quel mauvais sort je devais subir un tel supplice, mais je savais que si je ne l'endurais pas, je ne serais pas admis à l'examen de fin d'année. Et sans cet examen, adieu le diplôme, cet objectif final. Alors, n'ayant pas d'autre choix, je prenais sur moi, comme si je buvais du poison les yeux fermés.
À vrai dire, cela ne concernait pas que les mathématiques. Toutes les matières me faisaient plus ou moins cet effet. Il n'était jamais question de savourer ou d'apprécier l'apprentissage ; on n'en avait d'ailleurs pas le temps. Les matières se bousculaient les unes les autres, alors je me dépêchais de tout ingurgiter tout rond, comme un charme magique pour réussir l'examen. Et une fois l'épreuve terminée, je régurgitais tout et j'oubliais tout aussitôt, comme si de rien n'était.
今になって考えて見ると、無意味だった。何の為に学校へ通ったのかと聞かれれば、試験の為にというより外はない。全く其頃の私の眼中には試験の外に何物も無った。試験の為に勉強し、試験の成績に一喜一憂し、如何な事でも試験に関係の無い事なら、如何なとなれと余処に見て、生命の殆ど全部を挙げて試験の上に繋けていたから、若し其頃の私の生涯から試験というものを取去ったら、跡は他愛のない烟のような物になって了う。
これは、しかし、私ばかりというではなかった。級友という級友が皆然うで、平生の勉強家は勿論、金箔附の不勉強家も、試験の時だけは、言合せたように、一色に血眼になって……鵜の真似をやる、丸呑に呑込めるだけ無暗に呑込む。尤も此連中は流石に平生を省みて、敢て多くを望まない、責めて及第点だけは欲しいが、貰えようかと心配する、而して常は事毎に教師に抵抗して青年の意気の壮なるに誇っていたのが、如何した機でか急に殊勝気を起し、敬礼も成る丈気を附けて丁寧にするようにして、それでも尚お危険を感ずると、運動と称して、教師の私宅へ推懸けて行って、哀れッぽい事を言って来る。
私は我儘者の常として、見栄坊の、負嫌だったから、平生も余り不勉強の方ではなかった。無論学科が面白くてではない、学科は何時迄経っても面白くも何ともないが、譬えば競馬へ引出された馬のようなもので、同じような青年と一つ埒入に鼻を列べて見ると、負るのが可厭でいきり出す、矢鱈に無上にいきり出す。
À la réflexion, tout cela était dénué de sens. Si l’on m'avait demandé pourquoi j’allais à l’école, je n'aurais pu répondre qu’une chose : pour les examens. À cette époque, rien d'autre n'existait à mes yeux. J’étudiais pour l’examen, je passais de la joie à l’accablement selon mes résultats, et tout ce qui n'avait pas de rapport direct avec les épreuves m'était totalement indifférent. J’avais suspendu la quasi-totalité de mon existence au fil de ces examens ; si l'on en avait retiré cette seule composante, ma vie n'aurait été qu'une fumée inconsistante.
Et je n'étais pas le seul dans ce cas. Tous mes camarades sans exception étaient ainsi. Les travailleurs acharnés, bien sûr, mais aussi les cancres notoires : dès que l'heure des examens sonnait, comme s'ils s'étaient donné le mot, tous devenaient fébriles, les yeux injectés de sang. Ils jouaient les cormorans, avalant tout rond ce qu’ils pouvaient ingurgiter. Ces derniers, conscients de leur paresse habituelle, ne visaient certes pas les sommets ; ils espéraient simplement arracher la moyenne et s'en inquiétaient fort. Eux qui, d'ordinaire, défiaient les professeurs à la moindre occasion pour se targuer de leur fougue juvénile, devenaient soudain étrangement obséquieux. Ils s'appliquaient à saluer avec une politesse affectée et, s'ils sentaient que le danger persistait, ils tentaient ce qu'ils appelaient des « manœuvres » : ils s'incrustaient au domicile privé des enseignants pour y tenir des discours larmoyants.
Quant à moi, comme tout enfant gâté, j'étais vaniteux et j'avais horreur de perdre. Je n'étais donc pas des plus paresseux. Ce n'était pas, bien sûr, que les matières m'intéressaient — elles ne m'ont jamais procuré le moindre plaisir — mais j'étais comme un cheval jeté dans un hippodrome. Une fois aligné dans les stalles de départ, naseau contre naseau avec les autres jeunes gens, la seule idée de perdre me mettait hors de moi. J'étais pris d'une rage de vaincre, aveugle et absolue.
平生さえ然うだったから、況や試験となると、宛然の狂人になって、手拭を捻って向鉢巻ばかりでは間怠ッこい、氷嚢を頭へ載けて、其上から頬冠りをして、夜の目も眠ずに、例の鵜呑をやる。又鵜呑で大抵間に合う。間に合わんのは作文に数学位のものだが、作文は小学時代から得意の科目で、是は心配はない。心配なのは数学の奴だが、それをも無理に狼狽てた鵜呑式で押徹そうとする、又不思議と或程度迄は押徹される。尤も是はかね合もので、そのかね合を外すと、落こちる。私も未だ試験慣れのせぬ中、ふと其かね合を外して落こちた時には、親の手前、学友の手前、流石に面目なかったから、少し学校にも厭気が差して、其時だけは一寸学校教育なんぞを齷促して受けるのが、何となく馬鹿気た事のように思われた。が、世間を見渡すと、皆此無意味な馬鹿気た事を平気で懸命に行っている。一人として躊躇している者はない。其中で私一人其様な事を思うのは何だか薄気味悪かったから、狼狽てて、いや、馬鹿気ているようでも、矢張必要の事なんだろうと思直して、素知らん顔して、其からは落第の恥辱を雪がねば措かぬと発奮し、切歯して、扼腕して、果し眼になって、又鵜の真似を継続して行った。
鵜の真似でも何でも、試験の成績さえ良ければ、先生方も満足せられる、内でも親達が満足するから、私は其で好い事と思っていた。然うして多く学んで殆ど何も得る所がない中に、いつしか中学も卒業して、卒業式には知事さんも「諸君は今回卒業の名誉を荷うて……」といった。内でも赤飯を焚いて、お目出度いお目出度いと親達が右左から私を煽がぬ許りにして呉れた。してみれば、矢張名誉でお目出度いのに違いないと思って、私も大に得意になっていた。
Si j'étais déjà ainsi en temps normal, l'approche des examens me transformait en un véritable énergumène. Tordre une serviette pour m'en faire un bandeau de combat ne me suffisait pas ; je me posais une poche de glace sur le crâne, fixée par un foulard noué sous le menton, et je passais des nuits blanches à pratiquer mon habituel sport de cormoran : avaler tout rond. En général, cela suffisait amplement. Seules la dissertation et les mathématiques résistaient à cette méthode. La dissertation était ma spécialité depuis le primaire, je n'avais donc aucune inquiétude. Le vrai problème, c'était cette satanée mathématique ; mais je tentais de la forcer par cette même méthode de gavage précipité, et, curieusement, cela fonctionnait jusqu'à un certain point. Bien sûr, c'était une question d'équilibre délicat, et si l'on se loupait, c'était la chute.
N'étant pas encore aguerri aux examens, il m'arriva un jour de perdre cet équilibre et de redoubler. Devant mes parents et mes camarades, j'en éprouvai une telle honte que l'école finit par me dégoûter ; pour la première fois, je me dis qu'il était absurde de se donner tant de mal pour une éducation reçue à la hâte. Mais en observant le monde autour de moi, je vis que tout le monde s'adonnait à cette absurdité insensée avec le plus grand sérieux et sans l'ombre d'une hésitation. Être le seul à penser ainsi me mit mal à l'aise ; je me ravisai prestement en me disant que, si absurde que cela puisse paraître, ce devait être une étape nécessaire. Feignant l'indifférence, je décidai alors qu'il me fallait laver l'affront de mon échec. Je me ressaisis, grinçant des dents, le poing serré et le regard déterminé, prêt à poursuivre mon imitation du cormoran.
Qu'importe la méthode, si les résultats étaient bons, les professeurs étaient satisfaits, tout comme mes parents. Je pensais donc que tout allait pour le mieux. Et c'est ainsi qu'après avoir énormément étudié sans presque rien apprendre, je finis par sortir du collège. Lors de la cérémonie de remise des diplômes, le préfet déclara : « Messieurs, vous avez aujourd'hui l'honneur de recevoir votre diplôme... ». À la maison, on prépara du riz rouge aux haricots sekihan, et mes parents, m'accablant de félicitations, me traitèrent presque comme un dieu. À les voir, il n'y avait aucun doute : c'était un honneur et une immense réussite. J'en étais moi-même tout fier.
中学も卒業した。さて今後は如何するという愈胸の轟く問題になった。
まだ中学に居る頃からの宿題で、寐ても寤めても是ばかりは忘れる暇もなかったのだが、中学を卒業してもまだ極らずに居たのだ。
極らぬのは私ではない。私は疾うに極めていた、無論東京へ行くと。
東京は如何な処だか人の噂に聞く許で能くは知らなかったが、私も地方育ちの青年だから、誰も皆思うように、東京へ出て何処かの学校へ入りさえすれば、黙っていても自然と運が向いて来て、或は海外留学を命ぜられるようになるかも知れぬ。若し然うなったら……と目を開いて夢を見ていたのも昨日や今日の事でないから、何でも角でも東京へ出たいのだが、さて困った事には、珍しくもない話だけれど、金の出処がない。
父は其頃県庁の小吏であった。薄給でかつがつ一家を支えていたので、月給だけでは私を中学へ入れる事すら覚束なかったのだが、幸い親譲りの地所が少々と小さな貸家が二軒あったので、其上りで如何にか斯うにか糊塗なっていたのだ。だから到底も私を東京へ遣れないという父の言葉に無理もないが、しかし……私は矢張東京へ出たい。
糊塗 [こと] patching up (a failure); covering up (a mistake)
Le collège était terminé. Désormais, une question pressante faisait battre mon cœur : qu'allais-je faire à présent ?
Cette question me préoccupait depuis mes années de collège ; que je dorme ou que je sois éveillé, je n'avais pas un instant de répit pour l'oublier. Pourtant, alors que j'avais le diplôme en poche, rien n'était encore décidé.
Ce n'était pas moi qui hésitais. Mon choix était arrêté depuis longtemps : j'irais à Tokyo, bien évidemment.
Je ne connaissais Tokyo que par les rumeurs, mais comme tout jeune homme ayant grandi en province, je m'imaginais qu'il suffisait de monter à la capitale et d'intégrer une école pour que la chance me sourit d'elle-même, sans même que j'aie à lever le petit doigt. Peut-être même m'enverrait-on étudier à l'étranger ? Si cela arrivait... Ce genre de rêve éveillé ne datait pas d'hier. Je voulais partir coûte que coûte, mais le problème — hélas bien banal — était que je n'avais aucun moyen financier.
Mon père était alors un modeste employé à la préfecture. Son maigre salaire suffisait à peine à faire vivre la famille ; à vrai dire, son salaire mensuel avait à peine suffit à me maintenir au collège. Heureusement, nous possédions quelques terres héritées de mes aïeux et deux petites maisons en location ; ces revenus nous permettaient de colmater tant bien que mal les brèches du budget. Les paroles de mon père, affirmant qu'il lui était absolument impossible de m'envoyer à Tokyo, étaient donc tout à fait fondées. Et pourtant... je voulais partir.
父は其頃未だ五十であった。達者な人だけに気も若くて、まだまだ十年や十五年は大丈夫生ていると、傍の私達も思っていたし、自分も其は其気でいた。従って世間の親達のように、早く私を月給取にして、嫁を宛がって、孫の世話でもしていたいなぞと、そんな気は微塵もないが、何分にも当節は勤向が六かしくなって、もう永くは勤まらぬという。成程父は教育といっても、昔の寺子屋教育ぎりで、新聞も漢語字引と首引で漸く読み覚えたという人だから、今の学校出の若い者と机を列べて事務を執らされては、嘸辛い事も有ろうと、其様な事には浮の空の察しの無かった私にも、話を聞けば能く分って、同情が起らぬでもないが、しかし、それだからお前は県庁へ勤めるなとして自分一人だけの事は為て呉れと、言われた時には情なかった。父は然うして置いて、何ぞ他に気骨の折れぬ力相応の事をして県庁の方は辞職する。辞職しても当分はお前の世話にはなるまいと、財産相応の穏当な案を立てて、私の為をも思っていうのは解っているけれど、しかし私は如何しても矢張東京へ出て何処かの学校へ入りたい。
で、親子一つ事を反覆すばかりで何日経っても話の纏まらぬ中に、同窓の何某はもう二三日前に上京したし、何某は此月末に上京するという話も聞く。私は気が気でないから、眼の色を異えて、父に逼り、果は血気に任せて、口惜し紛れに、金がないと言われるけれど、地面を売れば如何にかなりそうなものだ、それとも私の将来よりも地面の方が大事なら、学資は出して貰わんでも好い、旅費だけ都合して貰いたい、私は其で上京して苦学生になると、突飛な事を言い出せば、父は其様な事には同意が出来ぬという、それは圧制だ、いや聞分ないというものだと、親子顔を赤めて角芽立つ側で、母がおろおろするという騒ぎ。
其時私の為には頗る都合の好い事があった。私と同期の卒業生で父も懇意にする去る家の息子が、何処のも同じ様に東京行きを望んで、親に拒まれて、自暴を起し、或夜窃に有金を偸出して東京へ出奔すると、続いて二人程其真似をする者が出たので、同じ様な息子を持った諸方の親々の大恐慌となった。父も此一件から急に我を折って、彼方此方の親類を駈廻った結果、金の工面が漸く出来て、最初は甚く行悩んだ私の遊学の願も、存外難なく聴されて、遂に上京する事になった時の嬉しさは今に忘れぬ。
Mon père n'avait alors que cinquante ans. C'était un homme robuste, au tempérament juvénile ; aussi pensions-nous, nous qui l'entourions, qu'il vivrait sans difficulté encore dix ou quinze ans — et lui-même en était pleinement convaincu. Aussi n'avait-il nullement l'intention, comme tant de parents ordinaires, de me faire rapidement entrer dans la vie active comme salarié, de m'arranger un mariage et de se consacrer à la garde de petits-enfants. Mais voilà : ces temps-ci, son travail était de plus en plus complexe et il disait ne plus pouvoir rester longtemps en poste. Il est vrai que son éducation se limitait aux anciennes écoles de quartier (terakoya) et qu’il avait tout juste appris à lire les journaux à l'aide de dictionnaires de sinogrammes. Travailler côte à côte avec de jeunes diplômés devait être pour lui un calvaire ; même moi, qui avais d'ordinaire l'esprit ailleurs, je le comprenais bien en l'écoutant et j'en éprouvais une certaine sympathie. Pourtant, quand il me dit : « C'est pour cela que tu ne dois pas entrer dans l'administration préfectorale, occupe-toi seul de ton avenir », je me sentis misérable. Son plan était de quitter la préfecture pour trouver une occupation moins exigeante et plus adaptée à ses forces. Il assurait qu'une fois démissionnaire, il ne dépendrait pas de moi avant un certain temps. Je comprenais que ce projet, basé sur notre modeste patrimoine, était raisonnable et qu’il le formulait aussi pour mon bien ; malgré tout, je voulais à tout prix monter à Tokyo et entrer dans une école là-bas.
Ainsi, père et fils ne faisaient que répéter les mêmes arguments sans jamais s'entendre. Cependant, j'apprenais qu'un de mes camarades de classe, était déjà parti pour la capitale deux ou trois jours plus tôt, et qu'un autre s'apprêtait à faire de même à la fin du mois. Hors de moi, le regard fiévreux, je pressai mon père. Finalement, emporté par la fougue de la jeunesse et le dépit, je lançai des paroles inconsidérées : « Vous dites que nous n'avons pas d'argent, mais si on vendait les terres, on s'en sortirait ! Si les terres comptent plus que mon avenir, alors ne payez pas mes frais d'études ! Trouvez-moi juste de quoi payer le voyage, je partirai à Tokyo et je deviendrai un étudiant travailleur ! » Mon père refusait catégoriquement, jugeant la chose impossible. Je criais à l'oppression, il me taxait d'irresponsabilité. Tandis que nous nous affrontions, les visages empourprés par la colère, ma mère restait à nos côtés, tremblante et désemparée.
C'est alors qu'un événement joua grandement en ma faveur. Le fils d'une familleavec laquelle mon père entretenait de bonnes relations — un condisciple ayant terminé ses études en même temps que moi — avait lui aussi souhaité partir à Tokyo. Ses parents s'y étant opposés, il s'était rebellé et s'était enfui une nuit pour la capitale après avoir dérobé leurs économies. Deux ou trois autres firent bientôt de même, provoquant une véritable panique chez tous les parents du voisinage ayant des fils du même âge. Suite à cette affaire, mon père céda brusquement. Après avoir couru çà et là chez divers parents, il parvint enfin à rassembler l'argent nécessaire. Mon vœu de partir étudier — qui semblait si mal engagé au départ — fut exaucé sans plus de difficulté. Je n'oublierai jamais la joie immense que je ressentis le jour où je pus enfin partir pour Tokyo.
愈出発の当日となった。待ちに待った其日ではあるけれど、今となっては如何やら一日位は延ばしても好いような心持になっている中に、支度はズンズン出来て、さて改まって父母と別れの杯の真似事をした時には、何だか急に胸が一杯になって不覚ホロリとした。母は固より泣いた、快活な父すら目出度い目出度いと言いながら、頻に咳をして涕[#「涕」はママ]を拭んでいた。
別れの杯 - Wakare no sakazuki : Un rituel traditionnel où l'on partage une dernière coupe de saké avant une séparation prolongée
誂えの俥が来る。性急の父が先ず狼狽て出して、座敷中を彷徨しながら、ソレ、風呂敷包を忘れるな、行李は好いか、小さい方だぞ、コココ蝙蝠傘は己が持ってッてやる、と固より見送って呉れる筈なので、自分も一台の俥に乗りながら、何は載ったか、何は……ソレ、あの、何よ……と、焦心る程尚お想出せないで、何やら分らぬ手真似をして独り無上に車上で騒ぐ。
母も門口まで送って出た。愈俥が出ようとする時、母は悲しそうに凝と私の面を視て、「じゃ、お前ねえ、カカ身体を……」とまでは言い得たが、後が言えないで、涙になった。
私は故意と附元気の高声で、「御機嫌よう!」と一礼すると、俥が出たから、其儘正面になって了ったが何だか後髪を引かれるようで、俥が横町を出離れる時、一寸後を振向いて見たら、母はまだ門前に悄然と立っていた。
後髪を引かれる」(Ushirogami wo hikareru) : « se faire tirer par les cheveux de derrière », exprime le regret de quitter quelqu'un
道々も故意と平気な顔をして、往来を眺めながら、勉て心を紛らしている中に、馴染の町を幾つも過ぎて俥が停車場へ着いた。
Le jour du départ arriva enfin. C’était un jour que j'attendais depuis si longtemps, et je me sentis pourtant, au dernier moment, prêt à le repousser ne serait-ce que d'une journée. Les préparatifs avançaient bon train, mais quand vint l’instant solennel de porter avec mes parents le toast d’adieu, j’eus soudain la gorge nouée et je ne pus empêcher une larme de couler. Ma mère, bien sûr, pleurait franchement ; même mon père, d’ordinaire si enjoué, essuyait sans cesse ses yeux et s'éclaircissait la gorge tout en répétant : « C’est un jour de fête, un jour de fête ! »
Le pousse-pousse commandé arriva. Mon père, naturellement impatient, fut aussitôt pris de frénésie ; il tournait en rond dans le salon, s'écriant : « Allez, n’oublie pas ton furoshiki ! Les bagages sont là ? La petite malle, c'est celle-là ! L'l'l'ombrelle, c'est moi qui vais te la porter ! » Puisqu'il m'accompagnait, il grimpa lui aussi dans un pousse-pousse, criant depuis son siège : « Est-ce qu'on a tout chargé ? Est-ce que... Attends, celui-là, tu sais, le... le machin ! » Plus il s'énervait, moins les mots lui venaient, et il s'agitait tout seul sur sa voiture en faisant des gestes confus.
Ma mère nous accompagna jusqu'au portail. Au moment où le pousse-pousse allait s'élancer, elle me fixa d'un regard empreint de tristesse. « Eh bien, mon enfant... s-s-surtout, ta santé... » commença-t-elle, mais elle ne put finir sa phrase, submergée par les larmes.
Feignant une assurance que je n'avais pas, je m'écriai d'une voix forte : « Portez-vous bien ! ». Je m'inclinai et le pousse-pousse démarra. Je restai tourné vers l'avant, mais j'avais le cœur lourd, comme si l'on me tirait par les cheveux ; alors que nous quittions la ruelle, je jetai un dernier regard en arrière : ma mère était toujours là, debout devant le portail, silhouette accablée par la solitude.
Tout au long du chemin, je m'efforçai de garder un visage impassible, observant l'animation de la rue pour tenter de me changer les idées. Après que nous yains traversé plusieurs quartiers familiers, le pousse-pousse atteignit enfin la gare.
まだ発車には余程間があるのに、もう場内は一杯の人で、雑然と騒がしいので、父が又狼狽て出す。親しい友の誰彼も見送りに来て呉れた。其面を見ると、私は急に元気づいて、例になく壮に饒舌った。何だか皆が私の挙動に注目しているように思われてならなかった。無論友達は家で立際に私の泣いたことを知る筈はないから……
軈て発車の時刻になって、汽車に乗込む。手持無沙汰な落着かぬ数分も過ぎて、汽笛が鳴る。私が窓から首を出して挨拶をする時、汽車は動出して、父の眼をしょぼつかせた顔がチラリとして直ぐ後になる、見えなくなる。もうプラットフォームを出離れて、白ペンキの低い柵が走る、其向うの後向きの二階家が走る、平屋が走る。片側町になって、人や車が後へ走るのが可笑しいと、其を見ている中に、眼界が忽ち豁然と明くなって、田圃になった。眼を放って見渡すと、城下の町の一角が屋根は黒く、壁は白く、雑然と塊まって見える向うに、生れて以来十九年の間、毎日仰ぎ瞻たお城の天守が遙に森の中に聳えている。ああ、家は彼下だ……と思う時、始めて故郷を離れることの心細さが身に染みて、悄然としたが、悄然とする側から、妙に又気が勇む。何だか籠のような狭隘しい処から、茫々と広い明るい空のような処へ放されて飛んで行くようで、何となく心臓の締るような気もするが、又何処か暢びりと、急に脊丈が延びたような気もする。
こうした妙な心持になって、心当に我家の方角を見ていると、忽ち礑と物に眼界を鎖された。見ると、汽車は截割ったように急な土手下を行くのだ。
Bien qu’il restât encore beaucoup de temps avant le départ, la gare était déjà noire de monde. Dans ce vacarme confus, mon père recommença à s’agiter. Plusieurs de mes amis proches étaient venus me voir partir. À leur vue, je repris soudain courage et je me mis à bavarder avec une animation inhabituelle. J’avais l’impression que tous les regards étaient fixés sur mes moindres faits et gestes. Mes amis ne pouvaient évidemment pas savoir que j’avais pleuré au moment de quitter la maison...
L’heure du départ sonna enfin et je montai dans le wagon. Après quelques minutes d’une attente désœuvrée et fébrile, le sifflet retentit. Alors que je passais la tête par la fenêtre pour saluer, le train s'ébranla ; le visage de mon père, aux yeux clignants d’émotion, apparut un instant avant de reculer et de disparaître aussitôt. Déjà, nous quittions le quai. La barrière basse peinte en blanc défilait à toute allure, puis les façades arrière des maisons à étage, puis les maisons de plain-pied. Nous traversions un quartier bordé de boutiques d’un seul côté ; je trouvais amusant de voir les passants et les charrettes fuir vers l’arrière quand, soudain, l’horizon s’ouvrit largement sur les rizières.
En laissant porter mon regard au loin, j’aperçus un coin de la ville fortifiée : un amas confus de toits noirs et de murs blancs. Au-delà, s’élevant au-dessus des bois, se dressait le donjon du château que j’avais contemplé chaque jour pendant les dix-neuf années de ma vie. « Ah, ma maison est juste là-dessous... » pensai-je. C’est à cet instant précis que la mélancolie de quitter mon pays natal me transperça réellement. Mais à cette tristesse succédait, étrangement, un élan de bravoure. J’avais l’impression d’être libéré d’une cage étroite et de m'envoler vers un ciel vaste et radieux. Mon cœur se serrait, et pourtant je me sentais plus léger, comme si j’avais soudain grandi de plusieurs pouces.
Plongé dans cet état d'esprit singulier, je cherchais des yeux la direction de ma maison quand, brusquement, ma vue fut obstruée par un obstacle. Le train s’était engagé au pied d’un talus abrupt qui semblait avoir été tranché net dans le paysage.
申後れたが、私は法学研究のため上京するのだ。
其頃の青年に、政治ではない、政論に趣味を持たん者は幾んど無かった。私も中学に居る頃から其が面白くて、政党では自由党が大の贔負であったから、自由党の名士が遊説に来れば、必ず其演説を聴きに行ったものだ。無論板垣さんは自分の叔父さんか何ぞのように思っていた。
実際の政界の事情は些とも分っていなかった。自由党は如何いう政党だか、改進党と如何違うのだか、其様な事は分っているような風をして、実は些とも分っていなかったが、唯初心な眼で局外から観ると、何だか自由党の人というと、其人の妻子は屹度饑に泣いてるように思われて、妻子が饑に泣く――人情忍び難い所だ。その忍び難い所を忍んで、妻や子を棄てて置いて、而して自分は芸者狂いをするのじゃない、四方に奔走して、自由民権の大義を唱えて、探偵に跟随られて、動もすれば腰縄で暗い冷たい監獄へ送られても、屈しない。偉いなあ! と、こう思っていたから、それで好きだった。
好きは好きだったが、しかし友人の誰彼のように、今直ぐ其真似は仕度くない。も少し先の事にしたい。兎角理想というものは遠方から眺めて憧憬れていると、結構な物だが、直ぐ実行しようとすると、種々都合の悪い事がある。が、それでは何だか自分にも薄志弱行のように思われて、何だか心持が悪かったが、或時何かの学術雑誌を読むと、今の青年は自己の当然修むべき学業を棄てて、動もすれば身を政治界に投ぜんとする風ありと雖も、是れ以ての外の心得違なり、青年は須らく客気を抑えて先ず大に修養すべし、大に修養して而して後大に為す所あるべし、という議論が載っていた。私は嬉しかった。早速此持重説を我物にして了って、之を以て実行に逸る友人等を非難し、而して窃に自ら弁護する料にしていた。
J’oubliais de le mentionner : c’est pour étudier le droit que je monte à la capitale.
À cette époque, il n'y avait presque aucun jeune homme qui ne s'intéressât point à la politique — ou plutôt, aux débats politiques. Dès le collège, cela me passionnait ; j’avais un faible très marqué pour le Parti Libéral (Jiyûtô). Chaque fois qu'une de leurs sommités venait faire une tournée de conférences, je ne manquais jamais d’aller l’écouter. Pour tout dire, je considérais Monsieur Itagaki presque comme mon propre oncle.
En réalité, je ne comprenais absolument rien aux affaires politiques concrètes. Ce qu’était vraiment le Parti Libéral, ou en quoi il différait du Parti Progressiste (Kaishintô)... je faisais semblant de le savoir, mais je n'en avais pas la moindre idée. Simplement, avec mes yeux de novice observant la scène de l'extérieur, je m'imaginais qu'un membre du Parti Libéral avait forcément une femme et des enfants qui pleuraient de faim à la maison. Voir sa famille crier famine... voilà qui est insupportable au cœur humain. Et pourtant, ils l’enduraient. Ils délaissaient femme et enfants, non pas pour courir les geishas, mais pour parcourir le pays en prônant le grand idéal de la liberté et des droits du peuple. Ils étaient suivis par des espions, risquaient à tout moment d'être jetés les mains liées au fond d'une prison sombre et glacée, et malgré tout, ils ne flanchaient jamais. « Quel héroïsme ! », pensais-je. C’est pour cela que je les aimais.
Je les aimais, certes, mais contrairement à certains de mes amis, je n’avais nulle envie de les imiter sur-le-champ. Je préférais remettre cela à plus tard. Après tout, l’idéal est une chose magnifique quand on le contemple et qu'on l’admire de loin, mais dès qu'on tente de le mettre en pratique, mille désagréments surgissent. Je me sentais un peu coupable de cette faiblesse de caractère, jusqu'au jour où je lus dans une revue académique un article qui disait à peu près ceci : « Les jeunes gens d'aujourd'hui ont tendance à délaisser les études qu'ils devraient normalement poursuivre pour se jeter prématurément dans l'arène politique ; c'est là une grave erreur de jugement. La jeunesse doit d'abord réprimer son ardeur impétueuse pour se consacrer à sa formation intellectuelle. Ce n'est qu'après avoir acquis une solide culture qu'elle pourra accomplir de grandes choses. »
Cette lecture me ravit. Je m'appropriai immédiatement cette théorie de la « prudence » pour critiquer mes amis trop impatients de passer à l'action, tout en l'utilisant secrètement pour justifier ma propre conduite.
斯ういう事情で此様な心持になっていたから、中学卒業後尚お進んで何か専門の学問を修めようという場合には、勢い政治学に傾かざるを得なかった。父が上京して何を遣りたいのだと言った時にも、言下に政治学と答えた。飛んだ事だといって父が夫では如何しても承知して呉なかったから、じゃ、法学と政治学とは従兄弟同士だと思って、法律をやりたいと言って見た。法律学は其頃流行の学問だったし、県の大書記官も法学士だったし、それに親戚に、私立だけれど法律学校出身で、現に私達の眼には立派な生活をしている人が二人あった。一人は何処だったか記憶がないが、何でも何処かの地方で代言をして、芸者を女房にして贅沢な生活をしていて、今一人は内務省の属官でこそあれ、好い処を勤めている証拠には、曾て帰省した時の服装を見ると、地方では奏任官には大丈夫踏める素晴しい服装で、何しても金の時計をぶら垂げていたと云う。それで父も法律なら好かろうと納得したので、私は遂に法学研究のため斯うして汽車で上京するのだ。
C’est dans cet état d’esprit qu'après le collège, au moment de choisir une spécialisation, je penchai naturellement vers les sciences politiques. Lorsque mon père m’avait demandé ce que je voulais faire à Tokyo, j’avais répondu du tac au tac : « De la politique ». — « C'est hors de question ! », s’était récrié mon père, refusant d'en entendre davantage. Alors, considérant que le droit et la politique étaient comme des cousins germains, je proposai d'étudier le droit. Les sciences juridiques étaient alors une discipline très en vogue. Le secrétaire en chef de la préfecture était lui-même licencié en droit, et nous avions dans la parenté deux hommes qui, bien que sortis d’écoles privées, menaient à nos yeux une vie exemplaire. L'un d'eux exerçait — j'ai oublié où — la profession d'avocat de province ; il menait grand train et avait pris une geisha pour épouse. L'autre n'était qu'un modeste fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, mais la preuve qu’il occupait un bon poste était que, lors de sa dernière visite au pays, il portait une tenue qui aurait pu passer sans problème pour celle d'un haut fonctionnaire de rang Sônin ; il arborait même, paraît-il, une montre en or qui pendait à son gousset. Mon père finit par se dire que le droit, après tout, était une bonne option. C’est ainsi que je me retrouve aujourd’hui dans ce train, en route pour Tokyo, afin d’y étudier le droit.
東京へ着いたのは其日の午後の三時頃だったが、便って行くのは例の金時計をぶら垂げていたという、私の家とは遠縁の、変な苗字だが、小狐三平という人の家だ。招魂社の裏手の知れ難い家で、車屋に散々こぼされて、辛と尋ね当てて見ると、門構は門構だが、潜門で、国で想像していたような立派な冠木門ではなかった。が、標札を見れば此家に違いないから、潜りを開けて中に入ると、直ぐもう其処が格子戸作りの上り口で、三度四度案内を乞うて漸と出て来たのを見れば、顔や手足の腫起んだような若い女で、初は膝を突きそうだったが、私の風体を見て中止にして、立ちながら、何ですという。はてな、家を間違えたか知らと、一寸狼狽したが、標札に確に小狐三平とあったに違いないから、姓名を名告って今着いた事を言うと、若い女は怪訝な顔をして、一寸お待ちなさいと言って引込んだぎり、中々出て来ない。車屋は早く仕て呉れという。私は気が気でない。が、前以て書面で、世話を頼む、引受けたと、話が着いてから出て来たのだし、今日上京する事も三日も前に知らせてあるのだから、今に伯母さんが――私の家では此家の夫人を伯母さんと言いつけていた――伯母さんが出て来て好いように仕て呉れると、其を頼みにしていると、久らくして伯母さんではなくて、今の女が又出て来て、お上ンなさいという。荷物が有りますと、口を尖がらかすと、荷物が有るならお出しなさい、というから、車屋に手伝って貰って、荷物を玄関へ運び込むと、其女が片端から受取って、ズンズン何処かへ持ってッて了った。
車屋に極めた賃銭を払おうとしたら、骨を折ったから増を呉れという。余所の車は風を切って飛ぶように走る中を、のそのそと歩いて来たので、些とも骨なんぞ折っちゃいない。田舎者だと思って馬鹿にするなと思ったから、厭だといった。すると、車屋は何だか訳の分らぬ事を隙間もなくベラベラと饒舌り立って、段々大きな声になるから、私は其大きな声に驚いて、到頭言いなり次第の賃銭を払って、東京という処は厭な処だと思った。
J'arrivai à Tokyo vers trois heures de l'après-midi. Ma seule attache ici était l'homme à la montre en or, un parent éloigné au nom étrange : Kokitsune Sanpei. Sa maison se trouvait derrière le sanctuaire Shôkonsha, dans un endroit si difficile à trouver que le tireur de pousse-pousse ne cessa de s'en plaindre. Quand je finis par dénicher l'endroit, je vis bien un portail, mais ce n'était qu'une simple petite porte dérobée, bien loin de l'imposant portail à linteau que je m'étais imaginé. Pourtant, la plaque indiquait sans l'ombre d'un doute qu'il s'agissait de la bonne demeure. J'ouvris la porte et entrai ; je tombai immédiatement sur une entrée à porte coulissante. Après avoir appelé trois ou quatre fois, une jeune femme finit par apparaître. Elle avait le visage et les membres comme bouffis. Elle s'apprêtait d'abord à s'agenouiller poliment, mais en jaugeant mon allure, elle se ravisa et, restant debout, me lança un sec : « Qu’est-ce qu’il y a ? ». Je fus un instant déstabilisé, me demandant si je ne m'étais pas trompé de maison, mais le nom de Kokitsune Sanpei figurait bien sur la plaque. Je déclinai mon identité et annonçai mon arrivée. La jeune femme me jeta un regard suspicieux, me dit d'attendre un instant et disparut à l'intérieur sans plus donner signe de vie. Le tireur de pousse-pousse s'impatientait et me pressait d'en finir. J'étais sur des charbons ardents. Pourtant, j'avais envoyé une lettre au préalable pour demander de l'aide, on m'avait répondu par l'affirmative, et j'avais prévenu de mon arrivée trois jours à l'avance. Je comptais donc sur la "Tante" — c'est ainsi que ma famille appelait la maîtresse de maison — pour venir m'accueillir et tout arranger. Après un long moment, ce n'est pas la tante mais la même femme qui reparut. — « Montez », me dit-elle. — « J'ai des bagages », répondis-je d'un ton un peu boudeur. — « Si vous avez des bagages, sortez-les », répliqua-t-elle. Avec l'aide du tireur, je transportai mes affaires dans le vestibule. La femme les prit les unes après les autres et les emporta prestement je ne sais où.
Au moment de payer le tireur le prix convenu, celui-ci exigea un supplément sous prétexte qu'il s'était donné beaucoup de mal. Pourtant, alors que les autres pousse-pousse fendaient l'air et filaient comme des flèches, le mien n'avait fait que traîner les pieds ; il ne s'était donné aucun mal. Pensant qu'il me prenait pour un provincial crédule, je refusai. Alors, le tireur se mit à dévider un flot de paroles incompréhensibles à une vitesse folle, haussant le ton de plus en plus. Effrayé par ses éclats de voix, je finis par lui donner tout ce qu'il demandait. Je me fis alors cette réflexion : Tokyo est vraiment un endroit détestable.
車屋との悶着を黙って衝立って視ていた女が、其が済むのを待兼たように、此方へ来いというから、其跟に随いて玄関の次の薄暗い間へ入ると、正面の唐紙を女が此時ばかりは一寸膝を突いてスッと開けて、黙って私の面を視る。私は如何して好いのだか、分らなかったから、
「中へ入っても好いんですか?」
と狼狽して案内の女に応援を乞うた時、唐紙の向うで、勿体ぶった女の声で、
「さあ、此方へ。」
私は急に気が改まって、小腰を屈めて、遠慮勝に中へ入った。と、不意に箪笥や何や角や沢山な奇麗な道具が燦然と眼へ入って、一寸目眩しいような気がする中でも、長火鉢の向うに、三十だか四十だか、其様な悠長な研究をしてる暇はなかったが、何でも私の母よりもグッと若い女の人が、厚い座布団の上にチンと澄している姿を認めたから、狼狽して卒然其処へドサリと膝を突くと、真紅になって、倒さになって、
「初めまして……」
La domestique, qui était restée plantée là à observer sans mot dire ma dispute avec le tireur de pousse-pousse, sembla n'avoir attendu que la fin de l'esclandre pour m'ordonner de la suivre. Je lui emboîtai le pas jusque dans une pièce sombre jouxtant l'entrée. Là, elle s'agenouilla enfin un court instant pour faire coulisser la porte de papier peinte et me fixa en silence. Ne sachant quelle contenance adopter, je demandai, désemparé, l'aide de mon guide :
— « Puis-je... puis-je entrer ? »
C'est alors qu'une voix de femme, pleine de morgue, s'éleva de l'autre côté de la cloison :
— « Allons, entrez donc. »
Soudain sur mes gardes, je courbai l'échine et pénétrai dans la pièce avec une extrême réserve. Je fus aussitôt ébloui par l'éclat de nombreux et magnifiques meubles — des commodes et je ne sais quoi encore — qui emplissaient l'espace. Dans ce tournis, j'aperçus, installée derrière un grand brasero nagahibachi, une femme dont je n'eus guère le loisir de deviner l'âge — trente ou quarante ans ? — mais qui paraissait bien plus jeune que ma mère. Elle trônait avec une dignité glaciale sur un épais coussin. Pris de panique, je me laissai tomber lourdement à genoux devant elle, le visage écarlate, et balbutiai en m'inclinant profondément :
— « Enchanté de faire votre connaissance... »
伯母さん――といっては何だか調和が悪い、奥様は一寸会釈して、
「今お着きでしたか?」
「は」、と固くなる。
「何ですか、お国では阿父さんも阿母さんもお変りは有りませんか?」
「は。」
と矢張固くなりながら、訥弁でポツリポツリと両親の言伝を述べると、奥様は聴いているのか、いないのか、上調子ではあはあと受けながら、厭に赤ちゃけた出がらしの番茶を一杯注いで呉れたぎりで、一向構って呉れない。気が附いて見ると、座布団も呉れてない。
何時迄経っても主人が顔を見せぬので、
「伯父さんはお留守ですか?」
と不覚言って了った顔を、奥様はジロリと尻眼に掛けて、
「主人はまだ役所から退けません。」
主人と厭に力を入れて言われて、じゃ、伯父さんじゃ不好ったのか知ら、と思うと、又私は真紅になった。
ところへバタバタと椽側に足音がして、障子が端手なくガラリと開いたから、ヒョイと面を挙ると、白い若い女の顔――とだけで、其以上の細かい処は分らなかったが、何しろ先刻取次に出たのとは違う白い若い女の顔と衝着った。是が噂に聞いた小狐の独娘の雪江さんだなと思うと、私は我知らず又固くなって、狼狽てて俯向いて了った。
「阿母さん阿母さん」、と雪江さんは私が眼へ入らぬように挨拶もせず、華やかな若い艶のある美い声で、「矢張私の言った通だわ。明日が楽だわ。」
「まあ、そうかい」、と吃驚した拍子に、今迄の奥様がヒョイと奥へ引込んで、矢張尋常の阿母さんになって了った。
La « Tante » — mais ce mot sonnait faux ici, disons plutôt la Maîtresse de maison — me rendit un léger salut et demanda :
— « Vous venez d'arriver ? »
— « Oui », répondis-je, raide comme un piquet.
— « Et alors, au pays, votre père et votre mère se portent-ils toujours bien ? »
— « Oui. »
Tout en restant figé, je débitai d'une voix hésitante les messages de mes parents. La Maîtresse de maison, m'écoutait-elle seulement ? acquiesçait d'un ton superficiel — « Ah bon, je vois » — tout en me versant une tasse d'un thé bancha infâme, rougeâtre et délavé, sans plus prêter attention à moi. Je réalisai soudain qu'elle ne m'avait même pas proposé de coussin pour m'asseoir.
Voyant que le maître de maison ne se montrait toujours pas, je commis l'imprudence de demander :
— « Mon oncle est-il absent ? »
La dame me lança un regard en coin méprisant et rectifia :
— « Mon Époux n'est pas encore rentré du ministère. »
Elle avait prononcé le mot « Époux » avec une telle emphase que je me demandai si j'avais commis une gaffe en disant « Mon oncle ». Je redevins rouge pivoine.
C'est alors qu'un bruit de pas précipités retentit sur la véranda et la porte coulissante s'ouvrit brusquement. Je levai les yeux et fus frappé par un visage de jeune femme, d'une grande blancheur — je ne pus en saisir les détails, mais je compris instantanément que ce n'était pas la domestique de tout à l'heure. « C'est sûrement Yukie-san, la fille unique dont j'ai entendu parler », me dis-je. Je me figeai de plus belle et, pris de panique, je baissai les yeux.
— « Maman ! Maman ! », s'exclama Yukie d'une voix claire, jeune et mélodieuse, sans même m'adresser un salut, comme si j'étais invisible. « C'est exactement comme je l'avais dit ! Demain sera bien plus simple ! »
— « Ah, vraiment ? », s'écria la Maîtresse de maison, surprise.
À cet instant, la dame hautaine disparut d'un coup pour redevenir une maman tout à fait ordinaire.
「厭だあ私……だから此前の日曜にしようと言たのに、阿母さんが……」といいながら座敷へ入って来て、始めて私が眼へ入ったのだろう。ジロジロと私の風体を視廻して、膝を突いて、母の顔を見ながら、「誰方?」
「此方が何さ、阿父様からお話があった古屋さんの何さ。」
「そう。」
といって雪江さんは此方を向いたから、此処らでお辞儀をするのだろうと思って、私は又倒さになって一礼すると、残念ながら又真紅になった。
雪江さんも一寸お辞儀したが、直ぐと彼方を向いて了って、
「私厭よ。阿母さんが彼様な事言って行かなかったもんだから……」
「だって仕方がなかったンだわね。私だって彼様な窮屈な処へ行くよか、芝居へ行った方が幾ら好いか知れないけど、石橋さんの奥様に無理に誘われて辞り切れなかったンだもの。好いわね、其代り阿父様に願って、お前が此間中から欲しい欲しいてッてる彼ね?」と娘の面を視て、薄笑いしながら、「彼を買って頂いて上げるから……仕方がないから。」
「本当?」と雪江さんも急に莞爾々々となった。私は見ないでも雪江さんの挙動は一々分る。「本当? そんなら好いけど……ちょいとちょいと、其代り……」と小声になって、「ルビー入りよ。」
「不好ません不好ません! ルビー入りなんぞッて、其様な贅沢な事が阿父様に願えますか?」
「だってえ……尋常のじゃあ……」と甘たれた嬌態をする。
「そんならお止しなさいな。尋常ので厭なら、何も強いて買って上げようとは言わないから。」
「あら! ……」と忽ち機嫌を損ねて、「だから阿母さんは嫌いよ。直ああだもの。尋常のじゃ厭だって誰も言てやしなくってよ。」
「そんなら、其様な不足らしい事お言いでない。」
「へえへえ、恐れ入りました」、と莞爾して、「じゃ、尋常のでも好いから、屹度よ。ねえ、阿母さん、欺しちゃ厭よ。」
「誰がそんな……」
「まあ、好かった!」と又莞爾して一寸私の面を見た。
— « Oh non, c'est pas vrai... Je l'avais bien dit qu'il fallait faire ça dimanche dernier, mais maman... » Tout en rouspétant, elle entra dans la pièce. Ce fut alors, sans doute, qu'elle me remarqua pour la première fois. Elle scruta mon allure de la tête aux pieds, s'assit, puis demanda en regardant sa mère : — « Qui est-ce ? »
— « Mais enfin, c'est le fils de Monsieur Furuya, celui dont ton père t'avait parlé. »
— « Ah, d'accord. »
Yukie se tourna vers moi. Pensant que c’était le moment de saluer, je m’inclinai de nouveau profondément et, à mon grand désespoir, je devins encore une fois rouge pivoine. Elle esquissa une légère révérence, mais se détourna aussitôt :
— « Je ne suis pas d'accord. C'est parce que maman a raconté n'importe quoi qu'on n'y est pas allées... »
— « Mais je n'y pouvais rien ! Tu crois que ça m'enchantait d'aller dans un endroit aussi guindé ? J'aurais préféré cent fois aller au théâtre, mais la femme de Monsieur Ishibashi a tellement insisté que je n'ai pas pu refuser. Écoute, en échange, je demanderai à ton père de t'acheter cette chose dont tu me parles depuis l'autre jour. » Elle regarda sa fille avec un petit sourire en coin. « Je le convaincrai de te l'offrir... On n'a pas le choix. »
— « C'est vrai ? » s'exclama Yukie, retrouvant soudain son entrain. Même sans la regarder, je devinais chacun de ses gestes. « C'est vrai ? Bon, d'accord alors... Mais attention... » baissa-t-elle la voix, « je veux celui avec un rubis. »
— « Ah ça non, certainement pas ! Un rubis ? Comment veux-tu que je demande une telle folie à ton père ? »
— « Mais enfin... un modèle ordinaire, c'est tellement... » gémit-elle d'un ton câlin et séducteur.
— « Dans ce cas, n'en parlons plus. Si un modèle ordinaire ne te convient pas, je ne vais pas me forcer à te l'offrir. »
— « Oh !... » Sa bonne humeur s'évapora instantanément. « C'est pour ça que je ne t'aime pas, maman. Tu es toujours comme ça. Je n'ai jamais dit qu'un modèle ordinaire ne me plairait pas ! »
— « Alors, cesse de te plaindre comme si rien ne te suffisait. »
— « Oui, oui, bien reçu ! » dit-elle en souriant de nouveau. « Alors, d'accord pour le modèle ordinaire, mais c'est promis, hein ? Maman, ne va pas me tromper ! »
— « Qui ferait une chose pareille... »
— « Oh, super ! » Elle sourit encore une fois et jeta un rapide coup d'œil dans ma direction.
私は先刻から存在を認めていられないようだから、其隙に窃そり雪江さんの面を視ていたのだ。雪江さんは私よりも一つ二つ、それとも三つ位年下かも知れないが、お出額で、円い鼻で、二重顋で、色白で愛嬌が有ると謂えば謂うようなものの、声程に器量は美くなかった。が、若い女は何処となく好くて、私がうッかり面を視ている所を、不意に其面が此方を向いたのだから、私は驚いた。驚いて又俯向いて、膝前一尺通りの処を佶と視据えた。
雪江さんは又更めて私の様子をジロジロ視ているようだったが、
「部屋は何処にするの?」
と阿母さんの方を向く。
「え?」と阿母さんは雪江さんの面を視て、「あの、何のかい? 玄関脇の四畳が好かろうと思って。」
「あんな処※(感嘆疑問符、1-8-78) ……」
と雪江さんが一寸驚くのを、阿母さんが眼に物言わせて、了解ませて、
「彼処が一番明るくッて好いから。」
「そう」、と一切の意味を面から引込めて、雪江さんは澄して了った。
Puisque mon existence semblait ignorée depuis tout à l'heure, j’en avais profité pour observer furtivement le visage de Yukie. Elle avait peut-être un, deux, voire trois ans de moins que moi. Elle avait le front proéminent, le nez rond, un double menton et le teint très blanc ; si l'on voulait être galant, on pouvait dire qu'elle ne manquait pas de charme, mais sa beauté n'était pas à la hauteur de sa voix. Pourtant, il y a toujours quelque chose de plaisant chez une jeune femme, et alors que je l'observais bêtement, son visage se tourna soudain vers moi. Je fus pris de court. Effrayé, je baissai de nouveau les yeux, fixant avec intensité le tatami à trente centimètres de mes genoux.
Yukie semblait de nouveau scruter mon apparence de haut en bas, puis elle se tourna vers sa mère :
— « Quelle chambre va-t-il prendre ? »
— « Hein ? » fit sa mère en la regardant. « Ah, pour lui ? Je pensais que les quatre tatamis et demi à côté de l'entrée feraient l'affaire. »
— « Cet endroit-là ?!... » s'exclama Yukie, un peu surprise.
Mais sa mère lui fit comprendre d'un simple regard de se taire, avant d'ajouter :
— « C'est l'endroit le plus lumineux, c'est parfait pour lui. »
— « Ah, d'accord », répondit Yukie. Elle effaça toute expression de son visage et reprit son air de sainte-nitouche.
「おお、そうだっけ」、と阿母さんの奥様は想出したように私の方を向いて、「荷物がまだ其儘でしたっけね。今案内させますから、彼方へ行って荷物の始末でもなさい。雪江、お前一寸案内してお上げ。」
雪江さんが起ったから、私も起って其跟に随いて今度は椽側へ出た。雪江さんは私より脊が低い。ふッくりした束髪で、リボンの色は――彼は樺色というのか知ら。若い女の後姿というものは悪くないものだ。
椽側を後戻りして又玄関へ出ると、成程玄関脇に何だか一間ある。
「此処よ。」
と雪江さんが衝と其処へ入ったから、私も続いて中へ入った。奥様は明るいといったけれど、何だか薄暗い長四畳で、入るとブクッとして変な足応えだったから、先ず下を見ると、畳は茶褐色だ。西に明取りの小窓がある。雪江さんが其を明けて呉れたので、少し明るくなったから、尚お能く視廻すと、壁は元来何色だったか分らんが、今の所では濁黒い変な色で、一ヵ所壊れを取繕った痕が目立って黄ろい球を描いて、人魂のように尾を曳いている。無論一体に疵だらけで処々鉛筆の落書の痕を留めて、腰張の新聞紙の剥れた蔭から隠した大疵が窃と面を出している。天井を仰向いて視ると、彼方此方の雨漏りの暈したような染が化物めいた模様になって浮出していて、何だか気味の悪いような部屋だ。
— « Oh, c'est vrai ! » s'exclama la Maîtresse de maison, comme si elle se souvenait soudain de quelque chose. Elle se tourna vers moi : « Vos bagages sont restés en plan, n'est-ce pas ? On va vous conduire à votre chambre, allez donc défaire vos affaires. Yukie, accompagne-le un instant. »
Yukie se leva, et je lui emboîtai le pas, sortant cette fois sur la galerie. Elle était plus petite que moi. Elle portait ses cheveux coiffés en un chignon sokuhatsu bien fourni, orné d'un ruban de couleur... était-ce ce qu'on appelle de la couleur « écorce de bouleau » ? La silhouette d'une jeune femme vue de dos est loin d'être déplaisante.
En rebroussant chemin sur la galerie, nous revînmes vers l'entrée ; il y avait effectivement là une petite pièce attenante.
— « C'est ici », lança Yukie en y pénétrant brusquement. Je la suivis à l'intérieur.
La Maîtresse de maison avait prétendu que l'endroit était lumineux, mais ce n'était qu'une étroite pièce de quatre tatamis et demi, sombre et étouffante. En entrant, j'éprouvai une sensation étrange sous mes pas, comme si le sol s'enfonçait ; je regardai mes pieds : les tatamis étaient d'un brun roussâtre. Il y avait une petite fenêtre à l'ouest pour laisser passer le jour. Yukie l'ouvrit, ce qui apporta un peu de clarté et me permit de mieux inspecter les lieux.
Les murs... impossible de dire quelle avait été leur couleur d'origine. Pour l'heure, ils affichaient une teinte noirâtre des plus bizarres. À un endroit, une réparation grossière sautait aux yeux : une tache jaune ronde qui s'étirait en une traînée, tel un feu follet traînant sa queue de spectre. Le reste était, bien entendu, criblé de griffures et portait ici et là des traces de graffitis au crayon ; derrière les lambeaux de papier journal qui servaient de plinthes, de larges fissures dissimulées montraient timidement le bout de leur nez. En levant les yeux au plafond, je vis que les taches d'humidité formaient des motifs inquiétants, semblables à des apparitions de monstres. C'était une pièce qui, je ne sais pourquoi, donnait la chair de poule.
「何時の間にか掃除したんだよ。それでも奇麗になったわ」、と雪江さんは部屋の中を視廻していたが、ふと片隅に積んであった私の荷物に目を留て、「貴方の荷物って是れ?」と、臆面もなく人の面を視る。
私は狼狽てて壁を視詰て、
「然うです。」
「机がないわねえ。私ン所に明いてるのが有るから、貸て上ましょうか?」
「なに、好いです明日買って来るから」、と矢張壁を視詰めた儘で。
「私要らないンだから、使っても好くってよ。」
「なに、好いです、買って来るから。」
「本当に好くってよ、然う遠慮しないでも。今持って来てよ」、と蝶の舞うように翻然と身を翻して、部屋を出て、姿は直ぐ見えなくなったが、其処らで若い華やかな声で、「其代り小さくッてよ」、というのが聞えて、軽い足音がパタパタと椽側を行く。
私は荷物の始末を忘れて、雪江さんの出て行った跡をうっかり見ていた。事に寄ると、口を開いていたかも知れぬ。
— « On a fait le ménage sans que je m'en rende compte. C’est tout de même devenu plus propre », fit Yukie en inspectant la pièce du regard. Ses yeux s'arrêtèrent soudain sur mes bagages empilés dans un coin. « Ce sont vos affaires, ça ? » me demanda-t-elle en me fixant sans la moindre gêne.
Déstabilisé, je fixai le mur et répondis :
— « C'est cela. »
— « Il n'y a pas de bureau. J'en ai un qui ne sert pas chez moi, vous voulez que je vous le prête ? »
— « Non, ce n'est rien... J'irai en acheter un demain », rétorquai-je, les yeux toujours rivés au mur.
— « Mais je n'en ai pas besoin, vous pouvez vraiment vous en servir ! »
— « Non, vraiment, c'est inutile, j'en achèterai un. »
— « Je vous assure que c'est d'accord, ne soyez pas si timide. Je vous l'apporte tout de suite ! »
Aussi légère qu'un papillon, elle fit volte-face et quitta la pièce. Elle disparut instantanément, mais j'entendis sa voix jeune et enjouée s'écrier depuis le couloir : « Par contre, il est tout petit, hein ! », tandis que le bruit de ses pas pressés s'éloignait sur la galerie.
J'en oubliai de défaire mes bagages, restant là à fixer bêtement l'endroit d'où elle venait de s'échapper. Il est même fort probable que j'en sois resté la bouche bée.
荷物を解いていると、雪江さんが果して机を持って来て呉れた。成程小さい――が、折角の志を無にするも何だから、借りて置く事にして、礼をいって窓下に据えると、雪江さんが、それよか入口の方が明るくッて好かろうという。入口では出入りの邪魔になると思ったけれど、折角の助言を聴かぬのも何だから、言う通りに据直すと、雪江さんが、矢張窓の下の方が好いという。で、矢張窓の下の方へ据えた。
早速私が書物を出して机の側に積むのを見て、雪江さんが、
「本箱も無かったわねえ。私ン所に二つ有るけど、皆塞がってて、貸して上げられないわ。」
「なに、買って来るから、好いです。」
「そんならね、晩に勧工場で買ってらッしゃいな。」
「え?」と私は聞直した、――勧工場というものは其時分まだ国には無かったから。
「小川町の勧工場で。」
「勧工場ッて?」
「あら、勧工場を知らないの? まあ! ……」
と雪江さんは吃驚した面をして、突然破裂したように笑い出した。娘というものは壺口をして、気取って、オホホと笑うものとばかり思ってる人は訂正なさい。雪江さんは娘だけれど、口を一杯に開いて、アハハアハハと笑うのだ。初め一寸仰向いて笑って、それから俯向いて、身を揉んで、胸を叩いて苦しがって笑うのだ。私は真紅になって黙っていた。
Alors que je déballais mes affaires, Yukie revint comme promis avec le bureau. Il était effectivement minuscule — mais ne voulant pas froisser sa bonne volonté, j'acceptai de lui emprunter. Je la remerciai et installai le meuble sous la fenêtre, mais Yukie décréta qu'il serait mieux près de la porte, là où il y avait plus de lumière. Je pensais que cela gênerait le passage, mais craignant d'offenser celle qui m'aidait, j'obéis et le déplaçai. Aussitôt après, elle changea d'avis et affirma que, finalement, la place sous la fenêtre était préférable. Je le réinstallai donc sous la fenêtre.
Voyant que je commençais à sortir mes livres pour les empiler près du bureau, Yukie remarqua :
— « Vous n'avez pas de bibliothèque non plus. J'en ai deux dans ma chambre, mais elles sont pleines, je ne peux pas vous en prêter. »
— « Ce n'est rien, j'en achèterai une, tout va bien », répondis-je.
— « Dans ce cas, allez donc en acheter une ce soir au Kankôba. »
— « Hein ? » fis-je, lui faisant répéter — car à cette époque, les Kankôba n'existaient pas encore dans ma province.
— « Au Kankôba d'Ogawa-machi. »
— « C’est quoi, un Kankôba ? »
— « Quoi ? Vous ne savez pas ce qu'est un Kankôba ? Non mais c'est pas vrai !... »
Yukie afficha un visage stupéfait, puis éclata soudain de rire, comme une explosion. Que ceux qui s'imaginent que les jeunes filles rient toujours de façon affectée, la main devant la bouche en faisant « ohoho », révisent leur jugement. Yukie était une jeune fille, certes, mais elle riait à pleine bouche, à s'en décrocher la mâchoire. Elle commença par rire la tête renversée, puis se courba en deux, se tordant les mains et se frappant la poitrine comme si ce rire la faisait souffrir. Quant à moi, cramoisi, je restai muré dans le silence.
先刻取次に出た女は其後漸く下女と感付いたが、此時障子の蔭からヒョコリお亀のような笑顔を出して、
「何を其様に笑ってらッしゃるの?」
「だって……アハハハハ! ……古屋さんが……アハハハ! ……」
「あら、一寸、此方が如何かなすったの?」
無礼者奴がズカズカ部屋へ入って来た、而して雪江さんの笑いが止らないで、些とも要領を得ない癖に、訳も分らずに、一緒になってゲラゲラ笑う。
其時ガラガラという車の音が門前に止って、ガラッと門が開くと同時に、大きな声で、威勢よく、
「お帰りッ!」
形勢は頓に一変した。下女は急に真面目になって、雪江さんを棄てて置いて、急いで出て行く。
雪江さんもまだ可笑がりながら泪を拭き拭き、それでも大に落着いて後から出て行く。
主人の帰りとは私にも覚れたから、急いで起ち上って……窃そり窓から覗いて見た。
帰った人は丁度潜りを潜る所で、まず黒の山高帽がヌッと入って、続いて縞のズボンに靴の先がチラリと見えたかと思うと、渋紙色した髭面が勃然仰向いたから、急いで首を引込めたけれど、間に合わなかった。見附かッちゃッた。
La femme qui m'avait accueilli à l'entrée — et dont j'avais fini par comprendre qu'elle était la servante — passa alors la tête par l'entrebâillement de la porte, affichant un sourire rond comme un masque d'Okame.
— « Mais qu'est-ce qui vous fait rire comme ça ? »
— « C'est que... Ah ah ah !... Monsieur Furuya... Ah ah ah !... »
— « Tiens donc ? Monsieur aurait-il fait quelque chose de drôle ? »
Cette impertinente entra dans la pièce sans la moindre gêne ; et tandis que Yukie n'en finissait pas de rire sans pouvoir expliquer pourquoi, la servante se mit à l'accompagner de grands éclats de rire gras, sans même savoir de quoi il retournait.
C'est alors qu'un fracas de roues s'arrêta devant le portail. La porte s'ouvrit brusquement et une voix puissante et pleine d'entrain s'écria :
— « Je suis rentré ! »
L'atmosphère changea du tout au tout. La servante retrouva instantanément son sérieux et abandonna Yukie pour se précipiter dehors. Yukie, bien qu'encore secouée par le rire, essuya ses larmes et sortit à sa suite avec beaucoup de contenance. Comprenant qu'il s'agissait du maître de maison, je me levai d'un bond et... jetai un coup d'œil furtif par la fenêtre.
L'homme était en train de franchir la petite porte dérobée. Je vis d'abord surgir son chapeau melon noir, puis le bout de ses chaussures et son pantalon rayé. Soudain, son visage barbu au teint parcheminé se releva brusquement vers moi. Je rentrai la tête aussi vite que possible, mais trop tard : il m'avait repéré.
お帰り遊ばせお帰り遊ばせ、と口々に喋々しく言う声が玄関でした。奥様――も何だか変だ、雪江さんの阿母さんの声で何か言うと、ふう、そうか、ふうふう、という声は主人に違いない。私の話に違いない。
悪い事をした、窓からなんぞ覗くんじゃなかったと、閉口している所へ下女が呼びに来て、愈閉口したが、仕方がない。どうせ志を立てて郷関を出た男児だ、人間到る処で極りの悪い想いする、と腹を据えて奥へ行って見ると、もう帰った人は和服に着易えて、曾て雪江さんの阿母さんが占領していた厚蒲団に坐っている。私は誰でも逢いつけぬ人に逢うと、屹度真紅になる癖がある。で、此時も真紅になって、一度国で逢った人だから、久濶といって例の通り倒さになると、先方は心持首を動かして、若し声に腰が有るなら、その腰と思う辺に力を入れて、「はい」という。父も母も宜しく申しましたというと、又「はい」という。何卒何分願いますというと、一段声を張揚げて、「はアい」という。
— « Soyez le bienvenu ! Soyez le bienvenu ! », s'exclamait-on à l'entrée dans un concert de voix piaillantes. J'entendis la Maîtresse de maison — la mère de Yukie — dire quelque chose, à quoi une voix répondit par des « Hum, je vois... hum, hum ». C'était à n'en pas douter le Maître. Et ils parlaient sûrement de moi.
Je me sentis stupide : je n'aurais jamais dû jeter ce coup d'œil par la fenêtre. Alors que j'étais là, mort de gêne, la servante vint me chercher. Mon embarras était à son comble, mais je n'avais pas le choix. « Après tout, je suis un homme qui a quitté son pays natal avec une ambition chevillée au corps, me dis-je. Un homme doit être prêt à affronter les situations les plus inconfortables partout où il va. » Armé de cette résolution, je me rendis au fond de la maison. L'homme s'était déjà changé et portait un kimono ; il trônait désormais sur l'épais coussin que la mère de Yukie occupait tout à l'heure.
Comme à chaque fois que je rencontre quelqu'un de peu familier, j'eus mon habituelle montée de sang au visage. Écarlate, je m'inclinai profondément comme à l'accoutumée pour saluer cet homme que j'avais déjà croisé une fois au pays. En guise de réponse, il bougea à peine la tête et, mettant toute la force de son autorité dans sa voix, lâcha un sec : — « Oui. » Quand j'ajoutai que mon père et ma mère lui transmettaient leurs salutations, il répéta : — « Oui. » Et quand je le priai de bien vouloir m'accorder sa protection, il poussa un peu plus la voix pour décréter : — « Ouuui. »
晩餐になって、其晩だけは私も奥で馳走になった。花模様の丸ボヤの洋灯の下で、隅ではあったが、皆と一つ食卓に対い、若い雪江さんの罪の無い話を聴きながら、阿父さん阿母さんの莞爾々々した面を見て、賑かに食事して、私も何だか嬉しかったが……
軈て食事が済むと、阿父さんが又主人になって、私に対って徐々小むずかしい話を始めた。何でも物価高直の折柄、私の入る食料では到底も賄い切れぬけれど、外ならぬ阿父さんの達ての頼みであるに因って、不足の処は自分の方で如何にかする決心で、謂わば義侠心で引受けたのであれば、他の学資の十分な書生のように、悠長な考えでいてはならぬ、何でも苦学すると思って辛抱して、品行を慎むは勿論、勉強も人一倍するようにという話で、聴いていても面白くも変哲もない話だから、雪江さんは話半に小さな欠びを一つして、起って何処へか行って了った。私は少し本意なかったが、やがて奥まった処で琴の音がする。雪江さんに違いない。雪江さんはまだ習い初めだと見えて、琴の音色は何だかボコン、ボコン、ベコン、ボコンというように聞えて妙だったけれど、私は鳴物は大好だ。何時聴いても悪くないと思った。
で、遠音に雪江さんの琴を聴きながら、主人の勘定高い話を聴いていると、琴の音が食料に搦んだり、小遣に離れたりして、六円がボコン、三円でベコンというように聞えて、何だか変で、話も能く分らなかったが、分らぬ中に話は進んで、
「で、家も下女一人外使うて居らん。手不足じゃ。手不足の処で君の世話をするのじゃから、客扱いにはされん。そりゃ手紙で阿父さんにも能う言うて上げてあるから、君も心得てるじゃろうな?」
「は。」
Le soir venu, je fus invité, pour cette première nuit seulement, à partager avec eux le dîner dans l'arrière-salle. Réunis autour d'une lampe à pétrole au globe orné de motifs floraux, j'occupais un coin de la table, mais je me sentais heureux de participer à ce repas animé. J'écoutais les récits innocents de la jeune Yukie, tout en observant les visages souriants de son père et de sa mère...
Cependant, sitôt le repas terminé, le père redevint le « Maître ». Se tournant vers moi, il entama d'un ton solennel un discours laborieux. Il m'expliqua qu'en ces temps de vie chère, la pension que je versais ne suffirait jamais à couvrir mes frais. S'il avait accepté de me prendre sous son toit, c'était uniquement par égard pour la demande pressante de mon père ; c'était, en quelque sorte, par pure grandeur d'âme qu'il avait décidé de combler lui-même la différence. En conséquence, je ne devais pas me comporter comme ces étudiants oisifs aux ressources illimitées : je devais endurer mon sort comme un étudiant pauvre, surveiller ma conduite et travailler deux fois plus que les autres. Yukie, trouvant ce sermon sans intérêt, laissa échapper un petit bâillement au milieu de la conversation, se leva et s'éclipsa. J'en fus un peu dépité, mais bientôt, le son d'un koto s'éleva du fond de la maison. C'était sûrement elle. Elle devait débuter, car l'instrument produisait des sons sourds et maladroits — bokon, bokon, bekon, bokon — mais j'adore la musique. Quel que soit le talent, je trouvais cela agréable.
Ainsi, tout en écoutant au loin le koto de Yukie, je subissais les calculs mesquins du Maître. Les notes de musique semblaient s'entrelacer avec les frais de nourriture et l'argent de poche : six yens faisaient bokon, trois yens faisaient bekon. C'était étrange, et je ne comprenais plus grand-chose à son discours. Mais la conversation avançait malgré tout :
— « Par ailleurs, nous n'avons qu'une seule servante à la maison. Nous manquons de bras. Puisque nous acceptons malgré cela de prendre soin de toi, ne t'attends pas à être traité comme un invité. J'ai bien précisé ce point à ton père dans ma lettre, je présume que tu en as conscience ? »
— « Oui. »
「からして勉強の合間には、少し家事も手伝うて貰わんと困る。なに、手伝うというても、大した事じゃない。まあ、取次位のものじゃ。まだ何ぞ角ぞ他に頼む事も有ろうが、なに、皆大した事じゃない。行って貰えような?」
「は、何でも僕に出来ます事なら……」
「そ、そ、その僕が面白うない。君僕というのは同輩或は同輩以下に対うて言う言葉で、尊長者に対うて言うべき言葉でない、そんな事も注意して、僕といわずに私というて貰わんとな……」
「は……不知気が附きませんで……」
「それから、も一つ言うて置きたいのは我々の呼方じゃ。もう君の年配では伯父さん伯母さんでは可笑しい。これは東京の習慣通り、矢張私の事は先生と言うたら好かろう。先生、此方が御面会を願われます、先生、お使に行って参りましょう――一向可笑しゅうない。先生というて貰おう。」
「は、承知しました。」
— « Par conséquent, il faudra que tu aides un peu aux tâches ménagères entre tes heures d'étude. Oh, rien de bien méchant, rassure-toi. Il s'agira surtout de répondre à la porte et d'accueillir les visiteurs. Il y aura peut-être d'autres petites courses ici et là, mais rien d'important. Je peux compter sur toi ? »
— « Oui, tout ce que je serai capable de faire... »
— « Ça, ça ! Ce "je" (boku) ne me plaît guère. "Boku" est un terme que l'on emploie avec ses camarades ou ses inférieurs, mais certainement pas face à ses aînés ou ses protecteurs. Tu devrais y faire attention et dire "moi" (watashi) à la place... »
— « Oui... Je vous prie de m'excuser, je n'y avais pas pris garde... »
— « Enfin, il y a une dernière chose sur laquelle je souhaite insister : la façon de nous appeler. À ton âge, il serait ridicule de continuer à dire "mon oncle" ou "ma tante". Selon l'usage de Tokyo, il vaudrait mieux que tu m'appelles "Maître" (Sensei). "Maître, quelqu'un demande à vous voir", "Maître, je m'en vais faire vos courses"... Cela n'a rien d'étrange. C'est ainsi que je veux que tu m'appelles. »
— « Bien... j'ai compris. »
「で、私を先生という日になると、勢い家内の事は奥さんと言わんと権衡が取れん。先生に対する奥さんじゃ。な、私が先生、家内が奥さん、――宜しいか?」
「は、承知しました。」
これで一通り訓戒が済んで、後は自慢話になった。先生も法律は晩学で、最初は如何にも辛かったが、その辛いのを辛抱したお蔭で、今日では内務の一等属、何とかの係長たることを得たのだという話を長々と聴かされて、私は痺が切れて、耐え切れなくなって、泣出しそうだった。
辛と放免されて、暗黒を手探りで長四畳へ帰って来ると、下女が薄暗い豆ランプを持って来て、お前さん床を敷ったら忘れずに消すのですよと、朋輩にでも言うように、粗率に言置いて行って了った。
国を出る時、此家の伯父さんの先生は、昔困っていた時、家で散々世話をして遣った人だから、悪いようにはして呉れまいと、父は言った。私も矢張其気で便って来たのだが、便って来てみれば事毎に案外で、ああ、何だか妙な気持ちがする。
私は家が恋しくなった……
— « Par conséquent, si tu m'appelles "Maître", il est logique, pour maintenir l'équilibre, que tu appelles mon épouse "Madame". C'est le titre qui sied à la femme du Maître. Donc : moi, c'est le Maître, et ma femme, c'est Madame. On est bien d'accord ? »
— « Oui... j'ai compris. »
Une fois les réprimandes terminées, il passa aux fanfaronnades. Le Maître m'infligea un long récit sur la façon dont il s'était mis tardivement à l'étude du droit. Il raconta à quel point cela avait été pénible, mais que c'était grâce à cette persévérance qu'il était devenu aujourd'hui haut fonctionnaire de première classe au ministère de l'Intérieur et chef de je ne sais quel service. Mes jambes étaient si engourdies par la position à genoux que je n'en pouvais plus ; j'avais une envie folle de pleurer.
Enfin libéré, je regagnai ma petite chambre à tâtons dans le noir. La servante m'apporta une petite lampe à pétrole à la lueur vacillante. « Une fois ton lit déplié, n'oublie pas de l'éteindre », me lança-t-elle avec une désinvolture méprisante, comme si elle s'adressait à un simple camarade de service.
Au moment de mon départ, mon père m'avait dit : « Ce parent, le "Maître", nous l'avons beaucoup aidé autrefois lorsqu'il était dans le besoin ; il ne te traitera donc pas mal. » Je comptais fermement là-dessus en venant ici, mais à peine arrivé, tout s'avère être à l'opposé de mes attentes. Ah... j'ai le cœur si lourd.
La maison me manque...
私は翌日早速錦町の某私立法律学校へ入学の手続を済ませて、其処の生徒になって、珍らしい中は熱心に勉強もしたが、其中に段々怠り勝になった。それには種々原因もあるが、第一の原因は家の用が多いからで。
伯父さんの先生――私は口惜しいから斯ういう――伯父さんの先生は、用といっても大した事じゃないと言った。成程一命に関わるような大した事ではないが、併し其大した事でない用が間断なく有る。まず朝は下女と殆ど同時に覚されて、雨戸を明けさせられる。伯母さんの奥さんと分担で座敷の掃除をさせられる。其が済むと、今度は私一人の専任で庭から、玄関先から、門前から、勝手口まで掃かせられる。少しでも塵芥が残っていると、掃直しを命ぜられるから、丁寧に奇麗に掃かなきゃならん。是が中々の大役の上に、時々其処らの草むしり迄やらされて萎靡する事もある。
朝飯を済せて伯父さんの先生の出勤を見送って了うと、学校は午後だから、其迄は身体に一寸隙が出来る。其暇に自分の勉強をするのだが、其さえ時々急ぎの謄写物など吩咐って全潰になる。
Dès le lendemain, je fis les démarches pour m’inscrire dans une école de droit privée de Nishiki-chô. Devenu étudiant, je travaillai avec ardeur tant que la nouveauté dura, mais je finis peu à peu par négliger mes études. Les raisons en étaient multiples, mais la première était l'excès de corvées domestiques.
Mon "Oncle le Maître" — je l'appelle ainsi par dépit — avait prétendu que ces tâches n'auraient rien de bien méchant. Certes, aucune n'était une question de vie ou de mort, mais ces besognes "insignifiantes" se succédaient sans relâche. D’abord, le matin, on me réveillait presque en même temps que la servante pour me faire ouvrir les volets de bois. Je devais nettoyer le grand salon, corvée partagée avec "Madame ma Tante". Une fois cela fait, j’étais seul responsable du balayage : du jardin à l’entrée, du portail à la porte de service. S'il restait la moindre poussière, on m'ordonnait de recommencer ; je devais donc balayer avec une minutie extrême. C’était déjà une charge considérable, à laquelle s’ajoutait parfois le désherbage des recoins du jardin, ce qui finissait par m'éreinter.
Après le petit-déjeuner, une fois que j’avais salué le départ du "Maître" pour son ministère, je disposais d’un court répit puisque mes cours n'avaient lieu que l'après-midi. J’en profitais pour étudier, mais même ce temps-là était parfois totalement sacrifié lorsqu’on me sommait de recopier en urgence des documents.
夕方学校から帰ると、伯父さんの先生はもう疾うに役所から退けていて、私の帰りを待兼たように、後から後からと用を吩咐る。それ、郵便を出して来いの、やれ、お客に御飯を出すのだから、急いで仕出し屋へ走れのと、純台所用の外は、何にでも私を使う。時には何の用だか知れもせぬ用に、手紙を持たせられて、折柄の雨降にも用捨なく、遠方迄使いに遣られて、つくづく辛いと思った事もある。さもなくば内で取次だが、此奴が余所目には楽なようで、行って見ると中々楽でない。漸く刑法講義の一枚も読んだかと思うと、もう頼もうと来る。聞えん風も出来ぬから、渋々起って取次に出て、倒さになる。私のお辞儀は家内の物議を惹起して度々喧しく言われているけれど、面倒臭いから、構わず倒さになる。でも、相手が立派な商人か何かだと、取次栄がして好い。伯父さんの先生、其様な時には、ふうふうと二つ返事で、早速お通し申せと来る。上機嫌だ。其代り其様な客の帰る所を見ると、持って来た物は屹度持って帰らない。立派な髭の生えた人もまだ好い。そんなのに限って尊大振って、私が倒さになっても、首一つ動かさぬ代り、取次いでも小言を言われる気遣いはない。反て伯父さんの先生狼狽てて迎えに飛んで出る事もある。一番六かしいのは風体の余り立派でない人で、就中帽子を冠らぬ人は、之を取次ぐに大に警戒を要する。自筆の名刺か何かを出されて、之を持って奥へ行くと、伯父さんの先生名刺を一見するや、面を顰めて、居ると言ったかという。居るものを居ないと言われますか、と腹の中では議論を吹懸けながら、口へ出しては大人しく、はい、然う申しましたというと、チョッと舌打して、此様な者を取次ぐ奴が有るか、君は人の見別が出来んで困ると、小言を言って、居ないと言って返して了えという。私は脹れ面をして容易に起たない。すると、最終には渋々会いはするが、後で金を持てかれたといって、三日も沸々言ってる。
沸々言ったって関わないが、斯ういう処を傍から看たら、誰が眼にも私は立派な小狐家の書生だ。伯父さんの先生の畜生、自分からが其気で居ると見えて、或時人に対って家の書生がといっていた。既に相手方が右の始末だから、無理もない話だが、出入の者が皆矢張私を然う思って、書生扱にする。不平で不平で耐らないが、一々弁解もして居られんから、私は誠に拠どころなく不承々々に小狐家の書生にされて了って、而して月々食料を払っていた。
が、今となって考えて見ると、不平に思ったのは私が未だ若かったからだ。監督を頼まれたから、引受けて、序に書生にして使う、――これが即ち親切というもので、此の外に別に親切というものは、人間に無いのだ。有るかも知れんが、私は一寸見当らない。
Le soir, à mon retour de l'école, le "Maître" était déjà rentré du bureau depuis longtemps. Comme s'il n'avait attendu que moi, il m'accablait de commissions les unes après les autres. « Allez, va poster cette lettre ! », ou encore : « On sert à dîner à un invité, cours vite chez le traiteur ! ». Hormis les tâches strictement culinaires, on m'utilisait pour tout. Parfois, on me faisait porter des plis dont j'ignorais tout du contenu, m'envoyant sans la moindre pitié au diable vauvert, même sous une pluie battante ; j'en avais alors le cœur gros de détresse. Sinon, je devais faire le portier, ce qui semble facile aux yeux des profanes, mais s'avère épuisant à l'usage. À peine avais-je le temps de lire une page d'un cours de droit pénal qu'un "Je vous prie !" retentissait à la porte. Impossible de faire la sourde oreille ; je me levais à contre-cœur pour accueillir le visiteur et m'incliner profondément. Bien que mes courbettes fissent souvent l'objet de critiques acerbes de la part de la famille, je m'en moquais et continuais à saluer ainsi par pure lassitude.
Quand le visiteur était un commerçant de belle allure ou quelque personnage respectable, il y avait du prestige à le faire entrer : dans ces cas-là, le "Maître" répondait par des « Hum, hum » empressés et ordonnait de le faire entrer immédiatement. Il était alors d'excellente humeur. En revanche, quand ce genre d'invité prenait congé, il ne repartait jamais sans laisser un présent. Les hommes portant une belle barbe fournie étaient encore acceptables ; justement, ce sont eux qui, tout en affichant une certaine arrogance, ne daignaient pas remuer le cou quand je me prosternais, mais, au moins, je ne risquais pas de me faire réprimander pour les avoir annoncés. Parfois même, le "Maître", paniqué, se précipitait lui-même à leur rencontre.
Les plus embêtants étaient ceux dont l'allure manquait de distinction, surtout ceux qui ne portaient pas de chapeau ; introduire ce genre de personne exigeait une grande prudence. Lorsqu'un tel individu me tendait une carte de visite manuscrite ou quelque chose de ce genre, et que j'apportais ce papier à l'intérieur, le "Maître", après un simple coup d'œil à la carte, fronçait les sourcils et me demandait : « Lui as-tu dit que j'étais là ? » Intérieurement, je répliquais avec colère : « Comment pourrais-je dire que vous n'êtes pas là alors que vous y êtes ? » Mais à voix haute, docilement, je répondais : « Oui, c'est ce que j'ai dit. » Alors il claquait légèrement de la langue et me grondait : « Comment peux-tu oser introduire ce genre de personne ? Tu ne sais donc pas distinguer les gens, c'est désespérant ! Dis-lui que je ne suis pas là et renvoie-le. » Je restais planté là, l'air boudeur, refusant de bouger. Finalement, après avoir longuement tergiversé, il consentait à contrecœur à le recevoir ; mais il passait ensuite trois jours à bougonner, prétendant qu'on lui avait soutiré de l'argent.
Qu'il bougonne, peu m'importait, mais aux yeux des observateurs extérieurs, j'étais devenu le parfait "étudiant-domestique" de la maison Kokitsune. Ce scélérat de "Maître" semblait d'ailleurs s'en convaincre lui-même, puisqu'il m'arriva de l'entendre dire à quelqu'un : « C’est l’étudiant de la maison ». Comme les autres me voyaient effectuer toutes ces tâches, il n'était pas surprenant qu'ils me traitent comme un simple serviteur. J’en éprouvais un ressentiment insupportable, mais je ne pouvais passer mon temps à me justifier auprès de chacun. C'est ainsi que, bien malgré moi, je fus ravalé au rang d'étudiant-domestique chez les Kokitsune, tout en continuant à payer mensuellement mon gîte et mon couvert.
Aujourd’hui, avec le recul, je me rends compte que si j’enrageais ainsi, c’est que j’étais encore bien jeune. On lui avait demandé de m'accueillir, il avait accepté, et, puisqu’il m’avait sous la main, il m’avait employé comme étudiant de maison : c’est cela même qu’on appelle la bonté. En dehors de cette forme de bonté‑là, je ne crois pas que les hommes en aient beaucoup d’autres. Ou s’il en existe, je serais bien en peine d’en citer un exemple.
体好く書生にされて私は忌々しくてならなかったが、しかし其でも小狐家を出て了う気にはならなかった。初の中は国元へも折々の便に不平を漏して遣ったが、其も後には弗と止めて了った。さればといって家での取扱いが変ったのではない。相変らず書生扱にされて、小ッ甚くコキ使われ、果は下女の担任であった靴磨きをも私の役に振替えられて了った。無論其時は私は憤激した。余程下宿しようかと思った、が、思ったばかりで、下宿もせんで、為せられる儘に靴磨きもして、而して国元へは其を隠して居た。少し妙なようだが、なに、妙でも何でもない。私は実は雪江さんに惚れていたので。
惚れては居たが、夫だから雪江さんを如何しようという気はなかった。其時分は私もまだ初心だったから、正直に女に惚れるのは男児の恥辱と心得ていた。女を弄ぶのは何故だか左程の罪悪とも思って居なかったが、苟も男児たる者が女なんぞに惚れて性根を失うなどと、そんな腐った、そんなやくざな根性で何が出来ると息巻いていた。が、口で息巻く程には心で思っていなかったから、自分もいつか其程に擯斥する恋に囚われて了ったのだが、流石に囚われたのを恥て、明かに然うと自認し得なかった気味がある。から、若其頃誰かが面と向って私に然うと注意したら、私は屹度、失敬な、惚なんぞするものか、と真紅になって怒ったに違いない。が、実は惚れたとも思わぬ中に、いつか自分にも内々で、こッそり、次序なく惚れて了っていたのだ。
Bien que je fusse exaspéré d'être ainsi relégué au rang de domestique, l'idée de quitter la maison Kokitsune ne me traversa jamais l'esprit. Au début, je confiais mes griefs à ma famille dans mes lettres, mais je finis brusquement par cesser de le faire. Ce n'est pas que le traitement eût changé. On continuait à me traiter comme un laquais, à m'éreinter de corvées, et l'on finit même par me refiler le cirage des chaussures, tâche qui incombait jusqu'alors à la servante. À ce moment-là, bien sûr, ma colère explosa. Je pensai sérieusement à prendre une chambre en ville ; mais ce ne fut qu'une pensée. Je ne partis pas, j'acceptai de cirer les chaussures comme le reste, tout en cachant la vérité à mes parents. Cela peut paraître étrange, mais en réalité, ça ne l'est pas du tout : j'étais, de fait, épris de Yukie.
J'étais épris d'elle, certes, mais je n'avais aucune intention d'entreprendre quoi que ce soit. À cette époque, j'étais encore bien naïf et je considérais qu'il était honteux pour un homme de s'éprendre sérieusement d'une femme. S'amuser avec elles ne me semblait pas être un grand péché, mais qu'un homme digne de ce nom puisse perdre la tête pour une femme... je m'emportais contre une telle mollesse, une telle attitude de vaurien incapable de rien accomplir. Pourtant, mon cœur ne suivait pas mes grands discours, et je m'étais laissé prendre au piège de cet amour que je méprisais tant. J'en avais tellement honte que je ne pouvais me l'avouer à moi-même. Si quelqu'un m'avait fait la remarque en face, je me serais sûrement empourpré de colère en m'écriant : « Quelle insolence ! Moi, amoureux ? Jamais ! ». En vérité, sans même m'en rendre compte, je m'étais petit à petit glissé dans cet amour, en secret et sans aucun ordre.
惚れた証拠には、雪江さんが留守だと、何となく帰りが待たれる。家に居る時には心が藻脱けて雪江さんの身に添うてでも居るように、奥と玄関脇と離れていても、雪江さんが、今何の座敷で何をしているかは大抵分る。
雪江さんは宵ッ張だから、朝は大層眠たがる。阿母さんに度々起されて、しどけない寝衣姿で、脛の露わになるのも気にせず、眠そうな面をしてふらふらと部屋を出て来て、指の先で無理に眼を押開け、※(「目+匡」、第3水準1-88-81)の裏を赤く反して見せて、「斯うして居ないと、附着いて了ってよ」、といって皆を笑わせる。
雪江さんは一ツ橋のさる学校へ通っていたから、朝飯を済ませると、急いで支度をして出て行く。髪は常も束髪だったが、履物は背が低いからッて、高い木履を好いて穿いていた。紫の包を抱えて、長い柄の蝙蝠傘を持って出て行く後姿が私は好くって堪らなかったから、いつも其時刻には何喰わぬ顔をして部屋の窓から外を見ていると、雪江さんは大抵は見られているとは気が附かずに、一寸お尻を撫でてから、髪を壊すまいと、低く屈んで徐と門を潜って出て行くが、時とすると潜る前にヒョイと後を振向いて私と顔を看合せる事がある。そうすると、雪江さんは奇麗な歯並をチラリと見せて、何の意味もなく莞爾する。私は疾から出そうな莞爾を顔の何処へか押込めて、強いて真面目を作っているのだから、雪江さんの笑顔に誘われると、耐え切れなくなって不覚矢張莞爾する。こうして莞爾に対するに莞爾を以てするのを一日の楽みにして、其をせぬ日は何となく物足りなく思っていた。いや、罪の無い話さ。
La preuve de mon attachement était que, dès que Yukie s'absentait, j'attendais son retour avec impatience. Quand elle était là, mon esprit semblait s'échapper de mon corps pour rester à ses côtés ; bien que ma chambre fût isolée près de l'entrée, je savais presque toujours dans quelle pièce elle se trouvait et ce qu'elle y faisait.
Yukie était une couche-tard, et elle avait un mal fou, le matin, à s'extraire du sommeil. Souvent réveillée par sa mère, elle sortait de sa chambre d'un pas chancelant, vêtue d'un négligé de nuit, sans même se soucier de ses jambes dénudées. Le visage encore embrumé de sommeil, elle s'efforçait d'ouvrir ses paupières avec le bout des doigts, révélant le rouge de ses conjonctives. « Si je ne fais pas ça, elles restent collées ! », disait-elle pour faire rire tout le monde.
Elle fréquentait une école du côté de Hitotsubashi ; sitôt le petit-déjeuner terminé, elle se préparait en hâte pour sortir. Elle portait ses cheveux en chignon sokuhatsu et, comme elle était petite, elle aimait porter de hautes socques de bois (pockuri). J'adorais sa silhouette quand elle partait, serrant son furoshiki violet contre elle et tenant son ombrelle à long manche. À cette heure-là, je faisais mine de rien en regardant par la fenêtre de ma chambre. Yukie, sans se douter qu'elle était observée, ajustait souvent un peu ses vêtements sur ses hanches, puis se baissait prudemment pour ne pas défaire sa coiffure en franchissant le portail. Parfois, juste avant de passer, elle se retournait brusquement et nos regards se croisaient. Alors, Yukie, sans raison particulière, laissait entrevoir ses jolies dents blanches dans un sourire radieux. De mon côté, je refoulais le sourire qui brûlait d'apparaître sur mon visage et m'efforçais de garder un air sérieux. Mais, invité par son visage rieur, je finissais par céder et je souriais à mon tour, malgré moi. Répondre à son sourire par le mien était devenu ma joie quotidienne, et les jours sans cet échange me laissaient un sentiment de manque. C'était, n'est-ce pas, une histoire bien innocente.
午後はいつも私が学校へ行った留守に、雪江さんが帰って来るので、掛違って逢わないが、雪江さんは帰ると、直ぐ琴のお稽古に近所のお師匠さんの処へ行く。私は一度何かで学校が早く終った時、態々廻道をして其前を通って見た事がある。三味線のお師匠さんと違って、琴のお師匠さんの家は格子戸作りでも、履脱に石もあって、何処か上品だ。入口に琴曲指南山勢門人何とかの何枝と優しい書風で書いた札が掛けてあった。窃と格子戸の中を覗いて見ると、赤い鼻緒や海老茶の鼻緒のすがった奇麗な駒下駄が三四足行儀よく並んだ中に、一足紫紺の鼻緒の可愛らしいのが片隅に遠慮して小さく脱棄ててある。之を見違えてなるものか、雪江さんのだ。大方駒下駄の主も奥の座敷に取繕ってチンと澄しているに違ないと思うと、そのチンと澄している処が一目なりと見たくなったが、生憎障子が閉切ってあるので、外からは見えない。唯琴の音がするばかりだ。稽古琴だから騒々しいばかりで趣は無いけれど、それでも琴は何処か床しい。雪江さんは近頃大分上手になったけれど、雪江さんではないようだ。大方まだ済ないンだろう、なぞと思いながら、うッかり覗いていたが、ふッと気が附くと、先刻から側で何処かの八ツばかりの男の児が、青洟を啜り啜り、不思議そうに私の面を瞻上げている。子供でも極りが悪くなって、城々に其処の門口を離れて帰って来た事も有ったっけが……
L'après-midi, comme je suis à l'école au moment où Yukie rentre, nos chemins ne se croisent jamais. À peine revenue, elle ressort aussitôt pour sa leçon de koto chez un maître du voisinage. Une fois, alors que les cours avaient fini plus tôt, je fis exprès un détour pour passer devant la maison du professeur. Contrairement aux demeures des maîtres de shamisen, celle-ci, avec son entrée à claire-voie et ses pierres de seuil, avait un certain cachet. À l’entrée, une plaque portait l'inscription « Enseignement du koto, Yamase, disciple d'un tel », tracée d'une calligraphie délicate. Je jetai un regard furtif à travers le treillis de bois : parmi les trois ou quatre paires de socques élégantes aux lanières rouges ou marron, alignées avec soin, il y en avait une petite, adorable, aux lanières d'un bleu profond, abandonnée avec modestie dans un coin. Impossible de m'y tromper, c’étaient celles de Yukie. M'imaginant la propriétaire des socques installée avec dignité dans la pièce du fond, j'eus une envie folle de l'apercevoir ainsi, ne serait-ce qu'un instant. Hélas, les cloisons étaient closes et l'on ne voyait rien de l'extérieur. Seul le son du koto s'échappait. Comme c'était un exercice, bruyant et manquant de grâce, mais l'instrument conservait malgré tout son élégance. Yukie avait fait de grands progrès ces derniers temps, mais je me disais : « Non, ce n'est pas encore elle qui joue, elle n'a pas encore commencé. » J'étais là, absorbé dans ma contemplation, quand je m'aperçus soudain qu'un gamin d'environ huit ans, reniflant sa morve, m'observait d'un air intrigué. Même devant un enfant, je me sentis ridicule ; je déguerpis en hâte et rentrai à la maison...
夕方は何だか混雑して落着かぬ中にも、一寸好い事が一つある。ランプ掃除は下女の役だが、夕方之に火を点けて座敷々々へ配るのは私の役だ。其時だけは私は公然雪江さんの部屋へ入る権利がある。雪江さんの部屋は奥の四畳半で、便所の側だけれど、一寸小奇麗な好い部屋だ。本箱だの、机だの、ガラス戸の箱へ入た大きな人形だの、袋入りの琴だの、写真挟みだの、何だの角だの体裁よく列べてあって、留守の中は整然と片附いているけれど、帰って来ると、書物を出放しにしたり、毛糸の球を転がしたりして引散かす。何かに紛れてランプ配りが晩くなった時などは、もう夕闇が隅々へ行渡って薄暗くなった此の部屋の中に、机に茫然頬杖を杖いてる雪江さんの眼鼻の定かならぬ顔が、唯円々と微白く見える。何となく詩的だ。
「晩くなりました。」
とぶっきらぼうの私も雪江さんだけには言いつけぬお世辞も不覚出て、机の上の毛糸のランプ敷へ窃とランプを載せると
「いいえ、まだ要らないわ。」
雪江さんは屹度斯ういう。これが伯父さんの先生でも有ろうものなら、口を尖がらかして、「もッと手廻して早うせにゃ不好!」と来る所だ。大した相違だ。だから、家で人間らしいのは雪江さんばかりだと言うのだ。
Il y avait le soir, au milieu de l’agitation confuse, un moment privilégié. Si le nettoyage des lampes incombait à la servante, c’était à moi qu'il revenait de les allumer et de les distribuer dans chaque pièce à la tombée de la nuit. C’était le seul moment où j’avais le droit officiel de pénétrer dans la chambre de Yukie. C'était une petite pièce de quatre nattes et demie située au fond, près des commodités, mais elle était charmante et coquette. On y trouvait une bibliothèque, un bureau, une grande poupée dans une boîte vitrée, le koto dans sa housse et un album photo, le tout disposé avec goût. Quand elle n'était pas là, tout était parfaitement rangé, mais sitôt rentrée, elle laissait traîner ses livres ou rouler des pelotes de laine. Parfois, accaparé par d'autres tâches, je prenais du retard dans ma tournée des lampes. Dans la pénombre du crépuscule qui s'emparait déjà de chaque recoin, je devinais alors Yukie, accoudée à son bureau, songeuse. Dans l'obscurité, les traits de son visage étaient flous ; on n'apercevait que la blancheur pâle et ronde de sa peau. C'était d'une poésie infinie.
— « Je vous demande pardon pour le retard », disais-je.
Moi qui étais d’ordinaire si brusque, je me surprenais à lui adresser des politesses inhabituelles en déposant délicatement la lampe sur le napperon de laine tricotée.
— « Oh, ce n'est rien, je n'en avais pas encore besoin », répondait-elle invariablement.
Si cela avait été « mon Oncle le Maître », il aurait fait la moue en grommelant : « Tu devrais être plus dégourdi et venir plus tôt ! ». Quelle différence ! C’est bien pour cela que je disais que Yukie était le seul être humain de cette maison.
其儘出て来るのが、何だか飽気なくて、
「今日貴嬢の琴のお師匠さんの前を通りました。一寸好い家ですね。」
「あら、そう」、と雪江さんがいう。心持首を傾げて、「何時頃?」
「そうさなあ……四時ごろでしたか。」
「じゃ、私の行ってた時だわねえ。」
「ええ」、と私は何だか極りが悪くなって俯向いて了う。
此話が発展したら、如何な面白い話になるのだか分らんのだけれど、其様な時に限って生憎と、茶の間辺で伯母さんの奥さんの意地悪が私を呼ぶ、
「古屋さん! 早くランプを……何を愚図々々してるンだろうねえ。」
残惜しいけれど、仕方がない。其切りで私は雪江さんの部屋を出て了う。
Mais repartir aussitôt me laissait un goût d'inachevé.
— « Je suis passé devant la maison de votre maître de koto aujourd'hui. C'est une bien jolie demeure. »
— « Ah bon ? », répondait-elle. Elle penchait légèrement la tête. « Vers quelle heure ? »
— « Voyons... il devait être quatre heures. »
— « C’était donc pendant que j’y étais ! »
— « En effet », murmurais-je, soudain embarrassé, en baissant les yeux.
Dieu sait où cette conversation m'aurait mené, mais c’est toujours à cet instant précis que, depuis la pièce commune, cette méchante de « Madame la Tante » m'appelait :
— « Monsieur Furuya ! Les lampes, vite ! Mais qu'est-ce qu'il fabrique à traîner comme ça ? »
Le cœur lourd de regrets, je n'avais d'autre choix que de quitter la chambre de Yukie.
一番楽しみなのは日曜だ。それも天気だと、朝から客が立込んで私は目が眩る程忙しいし、雪江さんもお友達が遊びに来たり、お友達の処へ遊びに行ったりして、私の事なんぞ忘れているから、天気は糞だ。雨降りに限る。就中伯父さんの先生は何か余儀ない用事があって朝から留守、雪江さんは一日家、という雨降の日が一番好い。
其様な日には雪江さんは屹度思切て朝寝坊をして、私なんぞは徐々昼飯が恋しくなる時分に、漸う起きて来る。顔を洗って、御飯を喰べて、其から長いこと掛って髪を結う。結い了う頃は最う午砲だけれど、お昼はお腹が満くて食べられない。「私廃してよ」、という。
部屋で机の前で今日の新聞を一寸読む。大抵続物だけだ。それから編棒と毛糸の球を持出して、暫くは黙って切々と編物をしている。私が用が有って部屋の前でも通ると、「古屋さん、これ何になると思って?」と編掛けを翳して見せる。私が見たんじゃ、何だか円い変なお猪口のような物で、何になるのだか見当が附かないから、分らないというと、でも、まあ、当てて見ろという。熟考の上、「巾着でしょう?」というと、「いいえ」、と頭振を振る。巾着でないとすると、手袋には小さし、靴下でもなさそうだし、「ああ、分った! 匂袋だ」、と図星を言った積でいうと、雪江さんは吃驚して、「まあ、可厭だ! 匂袋だなんぞッて……其様な物は編物にゃなくッてよ。」匂袋でもないとすると、もう私には分らない。降参して了うと、雪江さんは莞爾ともしないで、「これ、人形の手袋。」
Le jour que j'attends avec le plus d'impatience, c'est le dimanche. Mais seulement s'il pleut : par beau temps, dès le matin affluent les visiteurs, et je suis si affairé que j'en ai le vertige ; de son côté, Yukie reçoit ses amies ou va leur rendre visite, m'oubliant complètement — aussi je maudis les journées ensoleillées. Seuls comptent les jours de pluie. Et parmi eux, les meilleurs sont ceux où "mon Oncle le Maître" part dès l'aube pour quelque obligation incontournable, laissant Yukie seule à la maison toute la journée.
Ces jours-là, Yukie s'autorise une grasse matinée héroïque. Elle ne se lève enfin qu'au moment où je commence, moi, à songer sérieusement au déjeuner. Elle se lave le visage, mange, puis passe un temps infini à se coiffer. Lorsqu'elle achève enfin cette opération, le canon de midi retentit déjà, mais elle déclare, repue : « Je passe mon tour ! ».
Dans sa chambre, assise devant son bureau, elle parcourt le journal du jour — généralement juste le feuilleton. Puis, elle sort ses aiguilles et sa pelote de laine, et tricote en silence, d'un geste vif et régulier. Si je passe devant sa porte pour une course quelconque, elle brandit son ouvrage : « Monsieur Furuya, à votre avis, qu'est-ce que ça va devenir ? ». À mes yeux, cela ressemble à une sorte de petit godet bizarre et rond ; n'ayant aucune idée de ce que c’est, je lui avoue mon ignorance. Elle insiste pour que je devine. Après mûre réflexion, je propose : « Une bourse ? ». Elle secoue la tête. Si ce n'est pas une bourse, c'est trop petit pour un gant, et ça ne ressemble pas à une chaussette... « Ah, j'ai trouvé ! Un sachet de senteurs ! », m’exclamé-je, persuadé d'avoir mis dans le mille. Yukie s'offusque, stupéfaite : « Oh, c'est pas vrai ! Un sachet de senteurs... On ne tricote pas ce genre de choses ! ». Si ce n'est pas ça non plus, je donne ma langue au chat. Alors, sans même un sourire, elle lâche : « C'est un gant pour ma poupée. »
雪江さんは一つ事を何時迄もしているのは大嫌いだから、私がまだ自分の部屋の長四畳へ帰るか帰らぬ中に、もう編物を止めて琴を浚っている。近頃では最うポコンのベコンでも無くなった。斯うして聴いていると、如何しても琴に違いないと、感心して聴惚れていると、十分と経たぬ中に、ジャカジャカジャンと引掻廻すような音がして、其切パタリと、琴の音は止む……ともう茶の間で若い賑かな雪江さんの声が聞える。
忽ちドタドタドタと椽側を駈けて来る音がする。下女の松に違いない。後からパタパタと追蒐けて来るのは、雪江さんに極ってる。玄関で追付いて、何を如何するのだか、キャッキャッと騒ぐ。松が敵わなくなって、私の部屋の前を駈脱けて台所へ逃込む。雪江さんが後から追蒐けて行って、また台所で一騒動やる中に、ガラガラガチャンと何かが壊れる。阿母さんが茶の間から大きな声で叱ると、台所は急に火の消えたように闃寂となる。
私は、国に居る時分は、お向うのお芳ちゃん――子供の時分に能く飯事をして遊んだ、あのお芳ちゃんが好きだった。お芳ちゃんは小さい時には活溌な児だったが、大きくなるに随れて、大層落着いて品の好い娘になって、私は其様子が何となく好きだったが、雪江さんはお芳ちゃんとは正反対だ。が、雪江さんも悪くない、なぞと思いながら、茫然机に頬杖を突ている脊中を、誰だかワッといってドンと撞く。吃驚して振返ると、雪江さんがキャッキャッといいながら、逃げて行くしどけない後姿が見える。私は思わず莞爾となる。
Yukie a horreur de s'éterniser sur une tâche. À peine suis-je retourné dans ma petite chambre que le tricot est déjà rangé et qu'elle s'exerce au koto. Elle s'est tellement améliorée ces temps-ci que les notes maladroites d'autrefois — ces « pokon » et « bekon » hésitants — ont disparu. En l'écoutant, je me dis avec admiration que c'est du vrai koto, du grand art... mais avant même que dix minutes ne passent, un grand fracas de cordes grattées — jaka-jaka-jan ! — retentit et le silence retombe brusquement. On entend aussitôt la voix jeune et joyeuse de Yukie s'élever depuis la salle commune.
Soudain, un bruit de pas lourds résonne sur la galerie : dota-dota-dota ! C'est sûrement Matsu, la servante. Et celle qui la poursuit dans un froufrou, pata pata, de pas légers, c'est forcément Yukie. Elles se rattrapent dans l'entrée et se chamaillent dans un concert de cris perçants, kyaa kyaa ! Matsu, n'en pouvant plus, passe en courant devant ma chambre pour se réfugier à la cuisine. Yukie se lance à ses trousses, et pendant qu'elles font un boucan de tous les diables en cuisine, quelque chose se fracasse au sol avec un grand bruit de vaisselle brisée, garagara gachan. La voix de la mère s'élève alors depuis le salon pour les réprimander, et la cuisine retombe instantanément dans un silence de mort, comme si on y avait soufflé toutes les bougies.
Quand j'étais au pays, j'aimais bien la petite O-Yoshi d'en face — celle avec qui je jouais à la dînette quand nous étions enfants. En grandissant, O-Yoshi était devenue une jeune fille très calme et pleine de distinction, et ce tempérament me plaisait. Yukie est l'exact opposé d'O-Yoshi. « Mais après tout, elle n'est pas mal non plus... », songeais-je, accoudé à mon bureau, quand quelqu'un s'écrie « Wa ! » et me donne une grande tape dans le dos. Surpris, je me retourne : j'aperçois la silhouette ébouriffée de Yukie qui s'enfuit en poussant des petits cris kyaa! kyaa! Malgré moi, j'esquisse un sourire.
莞爾となった儘で、尚お雪江さんの事を思続けて、果は思う事が人に知れぬから、好いようなものの、怪しからん事を内々思っていると、茶の間の椽側あたりで、オーという例の艶のある美い声が聞える。初は地声の少し大きい位の処から、段々に甲高に競上げて行って、糸のように細くなって、何かを突脱けて、遠い遠い何処かへ消えて行きそうになって、又段々競下って来て、果はパッと拡げたような太い声になって、余念がない。雪江さんが肉声の練習をしているのだ。
Tout en souriant, je continue de penser à elle. Heureusement que personne ne peut lire dans mes pensées, car je m'égare en secret dans des réflexions bien peu avouables. C'est alors que, du côté de la galerie, s'élève ce fameux « Ooooh ! », sa voix si mélodieuse et pleine de vie. Elle part d'un ton à peine plus fort que sa voix naturelle, monte progressivement dans les aigus jusqu'à devenir fine comme un fil de soie, semble percer le plafond pour s'évanouir quelque part au loin, puis redescend par degrés pour finir en une note puissante et large, donnée de tout son cœur. Yukie s'exerce au chant.
私は其時分吉田松陰崇拝であった。将来の自由党の名士を以って自任しているのなら、グラッドストンかコブデン、ブライトあたりに傾倒すべきだが、何如した機だったか、松陰先生に心酔して了って、書風まで力めて其人に似せ、窃に何回猛士とか僭して喜んでいた迄は罪がないが、困った事には、斯うなると世間に余り偉い人が無くなる。誰を見ても、先ず松陰先生を差向けて見ると、一人として手応のある人物はない。皆一溜りもなく敗亡する。それを松陰先生の後に隠れて見ていると、相手は松陰先生に負るので、私に負るのではないが、何となく私が勝ったような気がして、大臣が何だ、皆門下生じゃないか。自由党の名士だって左程偉くもない。況や学校の先生なんぞは只の学者だ、皆降らない、なぞと鼻息を荒くして、独りで威張っていた。私なぞの理想はいつも人に迷惑を懸ける許りで、一向自分の足になった事がないが、側から見たら嘸苦々しい事であったろう。兎も角もこうして松陰先生大の崇拝で、留魂録は暗誦していた程だったが、しかし此松陰崇拝が、不思議な事には、些とも雪江さんを想う邪魔にならなかったから、其時分私の眼中は天下唯松陰先生と雪江さんと有るのみだった。
吉田松陰 Yoshida Shôin, 1830-1859, intellectuel de la fin du shogunat de Tokugawa.
留魂録 Ryûkon-roku : lettre testamentaire rédigée en prison par Yoshida Shôin, juste avant son exécution, à l'intention de ses disciples de la Shôka Sonjuku.
À cette époque, j'étais un fervent adorateur de Yoshida Shôin. Puisque je me piquais d'être un futur grand nom du Parti Libéral, j'aurais dû me passionner pour Gladstone, Cobden ou Bright, mais par je ne sais quel hasard, je m'étais pris d'une admiration sans bornes pour Maître Shôin. J'allais jusqu'à m'efforcer d'imiter son style de calligraphie, et je me plaisais en secret à m'attribuer le titre présomptueux de « Vaillant Guerrier de telle ou telle trempe ». Jusque-là, rien de bien méchant ; le problème, c'est qu'en devenant ainsi, plus personne ne me semblait vraiment grand en ce monde. Quel que soit l'homme que je considérais, je commençais par lui opposer Maître Shôin, et pas un seul ne faisait le poids. Tous étaient balayés sans résistance. Caché derrière l'ombre de Shôin, je les regardais tomber ; et bien qu'ils fussent vaincus par le Maître et non par moi, j'avais l'impression d'être le vainqueur. « Qu'est-ce qu'un ministre ? Rien que des disciples potentiels ! Les célébrités du Parti Libéral ? Pas si impressionnantes que ça. Quant aux professeurs, ce ne sont que de simples érudits ! Aucun ne m'arrive à la cheville ! » Je m'enflais ainsi d'orgueil, tout seul dans mon coin. Mes idéaux ne faisaient qu'importuner les autres sans jamais me servir de guide, et pour mon entourage, je devais être d'une arrogance insupportable. Quoi qu'il en soit, j'étais un tel admirateur de Shôin que je connaissais son Ryûkon-roku par cœur. Pourtant, chose étrange, ce culte pour le martyr ne gênait en rien mes pensées pour Yukie. À cette époque, mon univers se résumait à deux êtres : Maître Shôin et Yukie.
で、いつも学校の帰りには此二人の事を考え考え帰るのだが、或日――たしか土曜日だったかと思う、土曜日は学校も早仕舞なので、三時頃にそうして二人の事を考えながら帰って見ると、主人夫婦はいつも茶の間だのに、其日は茶の間に居ない。書斎かと思って書斎へ行こうとすると、椽側の尽頭の雪江さんの部屋で、雪江さんの声で、
「誰?」
という。私は思わず立止って、
「私です。」
「古屋さん?」
という声と共に、部屋の障子が颯と開いて、雪江さんが面だけ出して、
「今日は皆留守よ。」
「え?」と私は耳が信ぜられなかった。
「阿父さんも阿母さんもね、先刻出懸けてよ。」
「そうですか」、と何気なく言ったが、内々は何だか急に嬉しくなって来て、
「松は?」
「松はお湯へ行って未だ帰って来ないの。」
「じゃ、貴嬢お一人?」
「ええ……一寸入らッしゃいよ、此処へ。好い物があるから。」
と手招をする。斯うなると、松陰先生崇拝の私もガタガタと震い出した。
Ainsi, quand je rentrais de l'école, je marchais toujours en songeant à ces deux-là. Un jour — c'était, je crois, un samedi — comme les cours finissaient plus tôt, je rentrai vers trois heures, l'esprit occupé par mes deux idoles. D'ordinaire, les maîtres de maison se trouvaient dans la pièce commune, mais ce jour-là, ils n'y étaient pas. Pensant qu'ils étaient au bureau, j'allais me diriger vers la pièce du fond quand, de la chambre de Yukie située au bout de la véranda, sa voix s'éleva :
— « Qui est là ? »
Je m'arrêtai net, malgré moi.
— « C'est moi. »
— « Monsieur Furuya ? »
En même temps que sa voix, la cloison coulissante de la chambre s'ouvrit brusquement. Yukie passa juste la tête et dit :
— « Il n'y a personne aujourd'hui. »
— « Hein ? »
Je n'en croyais pas mes oreilles.
— « Mon père et ma mère sont sortis il y a un moment. »
— « Ah bon ? », répondis-je d'un ton neutre, bien qu'intérieurement une joie soudaine m'envahît.
— « Et Matsu ? »
— « Matsu est allée aux bains et n'est pas encore revenue. »
— « Alors... vous êtes seule ? »
— « Oui... Venez donc un instant par ici ! Entrez. J'ai quelque chose de joli à vous montrer. »
Et elle me fit signe de la main. À cet instant, le grand adorateur de Maître Shôin que j'étais se mit à trembler de tous ses membres.
前にも断って置いた通り、私は曾て真劒に雪江さんを如何かしようと思った事はない。それは決して無い。度々怪しからん事を想って、人知れず其を楽しんで居たのは事実だけれど、勧業債券を買った人が当籤せぬ先から胸算用をする格で、ほんの妄想だ。が、誰も居ぬ留守に、一寸入らッしゃいよ、と手招ぎされて、驚破こそと思う拍子に、自然と体の震い出したのは、即ち武者震いだ。千載一遇の好機会、逸してなるものか、というような気になって、必死になって武者震いを喰止めて、何喰わぬ顔をして、呼ばれる儘に雪江さんの部屋の前へ行くと、屈んでいた雪江さんが、其時勃然面を挙げた。見ると、何だか口一杯頬張っていて、私の面を見て何だか言う。言う事は能く解らなかったが、側に焼芋が山程盆に載っていたから、夫で察して、礼を言って、一寸躊躇したが、思切って中へ入って了った。
雪江さんはお薩が大好物だった。私は好物ではないが、何故だか年中空腹を感じているから、食後だって十切位はしてやる男だが、此時ばかりは芋どころでなかった。切に勧められるけれど、難有う難有うとばかり言ってて、手を出さなかった。何だかもう赫となって、夢中で、何だか霧にでも包まれたような心持で、是から先は如何なる事やら、方角が分らなくなったから、彷徨していると、
「貴方は遠慮深いのねえ。男ッて然う遠慮するもンじゃなくッてよ。」
と何にも知らぬ雪江さんが焼芋の盆を突付ける。私は今其処どころじゃないのだが、手を出さぬ訳にも行かなくなって手を出すと、生憎手先がぶるぶると震えやがる。
Comme je l'ai déjà précisé, je n'avais jamais sérieusement envisagé d'entreprendre quoi que ce soit avec Yukie. C'est la stricte vérité. Certes, je me complaisais en secret dans des pensées peu avouables, mais c'était de la pure fantaisie, comme cet homme qui, ayant acheté un billet de loterie, calcule déjà ses gains avant le tirage. Pourtant, me retrouver seul en son absence, être invité d'un geste de la main... j'en fus si secoué que mon corps se mit à trembler malgré moi. C'était un "frisson de guerrier". Me disant qu'il ne fallait pas laisser échapper une telle occasion, je réprimai mes tremblements au prix d'un effort héroïque et, feignant l'indifférence, je m'approchai de sa chambre. Yukie, qui était accroupie, releva brusquement la tête. Elle avait les joues pleines, la bouche fourrée de nourriture, et elle essaya de me dire quelque chose. Je ne compris pas ses paroles, mais voyant un plateau chargé de patates douces grillées à côté d'elle, je devinai ses intentions. Je la remerciai et, après une brève hésitation, je franchis le pas et entrai dans la pièce.
Yukie adorait les patates douces. De mon côté, ce n'était pas mon plat favori, mais comme j'avais faim en permanence, j'étais le genre d'homme capable d'en engloutir dix tranches même après un repas. Pourtant, à cet instant, les patates étaient le cadet de mes soucis. Elle insistait pour que j'en prenne, mais je me contentais de répéter « merci, merci » sans oser tendre la main. J'étais comme en feu, dans un état second, l'esprit enveloppé d'un brouillard tel que je ne savais plus quelle direction prendre ni ce qui allait advenir.
— « Vous êtes bien timide », fit Yukie, ignorant tout de mon tourment, en me tendant le plateau. « Un homme ne devrait pas être aussi réservé. »
Je n'avais plus d'autre choix que d'en prendre une, mais ma main, cette traîtresse, se mit à trembler violemment.
「如何して其様に震えるの?」
と雪江さんが不審そうに面を視る。私は愈狼狽して、又真紅になって、何だか訳の分らぬ事を口の中で言って、周章てて頬張ると、
「あら、皮ごと喰べて……皮は取った方が好いわ。」
「なに、構わんです」、と仕方が無いから、皮ぐるみムシャムシャ喰りながら、「何は……何処へ入らしッたンです?」
「吉田さんへ」、と雪江さんは皮を剥く手を止めて、「私些とも知らなかったけど、今晩が春子さんのお輿入なんですって。そら、媒人でしょう家は? だから、阿父さんも阿母さんも早めに行ってないと不好って、先刻出て行ったのよ。」
これで漸く合点が行ったが、それよりも爰に一寸吹聴して置かなきゃならん事がある。私は是より先春色梅暦という書物を読んだ。一体小説が好きで、国に居る時分から軍記物や仇討物は耽読していたが、まだ人情本という面白い物の有ることを知らなかった。これの知り初めが即ち此春色梅暦で、神田に下宿している友達の処から、松陰伝と一緒に借りて来て始て読んだが、非常に面白かった。此梅暦に拠ると、斯ういう場合に男の言うべき文句がある。何でも貴嬢は浦山敷思わないかとか、何とか、ヒョイと軽く戯談を言って水を向けるのだ。思切って私も一つ言って見ようか知ら……と思ったが、何だか、どうも……ソノ極りが悪い。
春色梅暦 - Shunshoku Umegoyomi : roman de l'époque Edo, célèbre pour ses scènes de séduction
— « Pourquoi tremblez-vous comme ça ? » demanda Yukie en me fixant d'un air intrigué.
Je perdis totalement contenance. Devenu rouge pivoine, je bredouillai quelques mots incompréhensibles et me fourrai précipitamment un morceau dans la bouche.
— « Oh ! Mais vous mangez la peau... Il vaut mieux l'enlever, vous savez. »
— « Ça n'a pas d'importance ! », rétorquai-je en mâchant la peau avec fureur.
« Et... où sont passés les... les autres ? »
— « Chez les Yoshida », répondit-elle en s'arrêtant d'éplucher sa patate.
« Je n'en savais rien, mais c'est ce soir le mariage de Haruko-san. Vous savez, mes parents sont les entremetteurs. Ils ont dû partir tôt pour être là-bas à temps. »
Tout s'éclaircissait enfin, mais il faut ici que je vous confie une chose. J'avais lu peu de temps auparavant un livre intitulé Shunshoku Umegoyomi (L'Almanach des Pruniers). J'ai toujours aimé les romans ; au pays, je dévorais des récits de guerre et des histoires de vengeance, mais j'ignorais qu'il existait des choses aussi exquises que les "livres de sentiments" (ninjôbon). Ma première rencontre avec ce genre fut ce fameux Umegoyomi, que j'avais emprunté à un ami de Kanda en même temps qu'une biographie de Shôin. J'avais trouvé cela passionnant. Selon ce livre, il existe des répliques qu'un homme doit prononcer dans une telle situation : on doit glisser une plaisanterie légère, demander à la demoiselle si elle n'est pas un peu envieuse de la mariée, enfin, tâter le terrain. Je me demandais si je ne devrais pas tenter le coup... mais j'étais bien trop embarrassé.
「大変立派なお支度よ。何でもね、箪笥が四棹行くンですって。それからね、まだ長持だの、挟箱だの……」
ああ、もう駄目だ。長持や挟箱の話になっちゃ大事去った、と後悔しても最う追付かない。雪江さんは、何処が面白いのだか、その長持や挟箱の話に夢中になって了って、其から其と話し続けて、盛返したくも盛返す隙がない。仕方が無いから、今に又機会も有ろうと、雪江さんの話は浮の空に聞いて、只管其機会を待っていると、忽ちガラッと障子が開いて、
「あら、おたのしみ! ……」
吃驚して振反ると、下女の松めが何時戻ったのか、見ともない面を罅裂そうに莞爾つかせて立ってやがる。私は余程飛蒐って横面をグワンと殴曲げてやろうかと思った。腹が立って腹が立って……
— « Le trousseau est magnifique », continuait Yukie. « Elle emporte quatre commodes ! Et puis des coffres de voyage, des boîtes de transport... »
Hélas, c'était fini. Une fois qu'elle avait commencé à parler de coffres et de boîtes, mon moment de gloire s'était envolé. J'avais beau regretter, il était trop tard. Yukie semblait fascinée par ces détails de mobilier et enchaînait les descriptions sans me laisser le moindre espace pour reprendre l'initiative. Faute de mieux, je me disais qu'une autre occasion se présenterait, et j'écoutais ses récits d'une oreille distraite, guettant le moment opportun. C'est alors que la cloison coulissante s'ouvrit brusquement :
— « Oh ! En plein tête-à-tête !... »
Je sursautai et me retournai : cette maudite Matsu, la servante, était revenue je ne sais quand et se tenait là, son visage ingrat fendu par un sourire goguenard. J'eus une envie folle de lui sauter dessus pour lui décrocher la mâchoire. J'étais fou de rage, absolument furieux...
千載一遇の好機会も松に邪魔を入れられて滅茶々々になって了ったが、松が交って二つ三つ話をしている中に、間もなく夕方になった。夕方は用が有るから、三人ばらばらになって、私はランプ配りやら、戸締りやら、一切り立働いて、例の通り部屋で晩飯を済すと、また身体に暇が出来た。雪江さんは一番先に御飯を食べて、部屋へ籠った儘音沙汰がない。唯松ばかり後仕舞で忙しそうで、台所で器物を洗う水の音がボシャボシャと私の部屋へ迄聞える。
私は部屋で独りランプを眺めて徒然としているようで、心は中々忙しかった。婚礼に呼ばれて行ったとすると、主人夫婦の帰るのには未だ間が有る。帰らぬ中に今一度雪江さんと差向いになりたい。差向いになって何をするのだか、それは私にも未だ極らないが、兎に角差向いになりたい、是非なりたい、何か雪江さんの部屋へ行く口実はないか、口実は……と藻掻くけれど、生憎口実が看附からない。うずうずして独りで焦心ていると、ふと椽側にバタリバタリと足音がする。其足音が玄関へ来る。確かに雪江さんだ。部屋の前を通越して台所へ行くか、それとも万一障子が開くかと、成行を待つ間の一分に心の臓を縮めていると、驚破、障子がガタガタと……開きかけて、グッと支えたのを其儘にして、雪江さんが隙間から覗込みながら、
「勉強?」
と一寸首を傾げた。これが何を聞く時でも雪江さんの為る癖で、看慣れては居るけれど、私は常も可愛らしいと思う。不断着だけれど、荒い縞の着物に飛白の羽織を着て、華美な帯を締めて、障子に掴まって斜に立った姿も何となく目に留まる。
Cette occasion en or, unique en mille ans, avait été gâchée par l'intrusion de Matsu. Nous avions échangé quelques mots à trois, puis le soir était tombé. Le crépuscule amenant son lot de corvées, nous nous séparâmes. Je m'activai à distribuer les lampes et à fermer les verrous, puis, après avoir avalé mon dîner dans ma chambre comme d'habitude, je retrouvai un peu de liberté. Yukie, qui avait mangé la première, s'était cloîtrée dans sa chambre et ne donnait plus signe de vie. Seule Matsu semblait occupée par le rangement final ; le bruit de l'eau qu'elle jetait en lavant la vaisselle dans la cuisine parvenait jusqu'à ma chambre.
Seul avec ma lampe, j'avais l'air de tuer le temps, mais mon esprit bouillonnait. Puisque mes hôtes étaient invités à un mariage, ils ne rentreraient pas de sitôt. Je voulais absolument me retrouver une nouvelle fois en tête-à-tête avec Yukie avant leur retour. Pour faire quoi ? Je n'en savais rien moi-même, mais je le voulais, je le voulais par-dessus tout. Je me démenais pour trouver un prétexte, une excuse pour aller dans sa chambre... mais rien ne me venait. Alors que je me consumais d'impatience, j'entendis soudain des pas résonner sur la galerie. Ils se dirigeaient vers l'entrée. C'était sûrement Yukie. Allait-elle passer devant ma chambre pour aller à la cuisine, ou bien, par miracle, la cloison allait-elle s'ouvrir ? Pendant la minute où j'attendais de voir ce qui allait se passer, mon cœur se serra à en mourir. Et soudain... la cloison trembla, commença à coulisser, se coinça un instant, puis resta ainsi. Par l'entrebâillement, Yukie glissa un regard à l'intérieur :
— « Tu étudies ? » demanda-t-elle en penchant légèrement la tête.
C'était une habitude qu'elle avait dès qu'elle posait une question ; j'avais beau y être habitué, je trouvais cela adorable à chaque fois. Bien qu'elle fût en tenue d'intérieur — un kimono à larges rayures sous une veste haori à motifs blancs — et qu'elle portât une ceinture obi très élégante, sa silhouette appuyée de biais contre la cloison me frappa de plein fouet.
ああ求むる者に与えられたのだ。神よ……といいたいような気になって、無論莞爾々々となって、
「いいえ……まあ、お入ンなさい。」
「じゃ、私話して入くわ。奥は一人で淋しいから。」
珍客々々! 之を優待せん法はない。よ、よ、と雪江さんが掛声をして障子を明けようとするけれど、開かないのを、私は飛んで行って力任せにウンと引開けた。何だか領元からぞくぞくする程嬉しい。
生憎と火鉢は私の部屋には無かったけれど、今迄敷いていた赤ゲットを、四ツに畳んだのを中央へ持出して、其でも裏反しにして勧めると、遠慮するのか、それとも小汚いと思ったのか、敷いて呉れないから、私は黙って部屋を飛出した。雪江さんは後で定めて吃驚していたろうが、私は雪江さんの部屋へ座布団を取りに行ったので、是だけは我ながら一生の出来だったと思う。
Ah ! Le ciel exauçait enfin mes vœux. J'avais envie de crier : « Ô Dieu ! ». Affichant un sourire radieux, je répondis :
— « Non, pas du tout... Entrez donc, je vous en prie. »
— « Alors, je viens discuter un peu. Je me sens seule tout au fond de la maison. »
Quelle invitée de marque ! Je devais l'accueillir avec tous les honneurs. Tandis qu'elle faisait un petit effort en s'exclamant « Ho-isse ! » pour faire glisser la porte récalcitrante, je bondis pour l'ouvrir d'un coup sec. Une joie si intense qu'elle me donnait des frissons dans la nuque m'envahit.
Hélas, il n'y avait pas de brasero dans ma chambre. Je pris la couverture rouge sur laquelle j'étais assis, la pliai en quatre et la plaçai au centre de la pièce. Je la lui proposai, bien que je l'eusse mise à l'envers, mais soit par pudeur, soit parce qu'elle la trouvait un peu sale, elle ne s'assit pas dessus. Sans dire un mot, je me précipitai hors de la pièce. Yukie dut être stupéfaite de me voir partir ainsi, mais j'étais allé chercher un coussin dans sa propre chambre ; je considère encore aujourd'hui que ce fut l'un des gestes les plus brillants de ma vie.
席が出来ると、雪江さんが、
「貴方、御飯が食べられて? 私何ぼ何でも喰べられなかったわ、余り先刻詰込んだもんだから。」
と微笑する。何時見ても奇麗な歯並だ。
私も矢張り莞爾して、
「私も食べられませんでした……」
大嘘! 実は平生の通り五杯喰べたので。
雪江さんは国産れでも東京育ちだから、
「……にもお芋があって?」
「有りますとも。」
「じゃ、帰っても不自由はないわねえ。」
と又微笑する。
私も高笑いをした。雪江さんの言草が可笑かったばかりじゃない。実は胸に余る嬉しさやら、何やら角やら取交ぜて高笑いしたのだ。
それから国の話になって、国の女学生は如何な風をしているの、英語は何位の程度だの、洋楽は流行るかのと、雪江さんは其様な事ばかり気にして聞く。私は大事の用を控えているのだ。其処じゃないけれど、仕方がないから相手になっていると、チョッ、また松の畜生が邪魔に来やがった。
Une fois qu'elle fut installée, Yukie sourit :
— « Tu as réussi à dîner ? Moi, impossible d'avaler quoi que ce soit, je me suis tellement empiffrée tout à l'heure. »
Ses dents étaient toujours aussi magnifiquement alignées. Je lui rendis son sourire :
— « Moi non plus, je n'ai rien pu manger... »
Quel énorme mensonge ! En réalité, j'avais englouti mes cinq bols de riz habituels. Yukie, bien que née en province, avait été élevée à Tokyo :
— « On trouve aussi des patates douces chez toi ? »
— « Bien sûr qu'il y en a. »
— « Alors, tu ne seras pas trop malheureux quand tu rentreras au pays. »
Elle sourit de nouveau. J'éclatai d'un grand rire. Ce n'était pas seulement parce que sa remarque était amusante ; c'était un rire où se mêlaient une joie qui débordait de ma poitrine et mille autres émotions.
Nous commençâmes à parler de ma province. Yukie s'enquérait de tout : l'allure des étudiantes là-bas, leur niveau d'anglais, si la musique occidentale y était à la mode... Elle ne s'intéressait qu'à ces choses-là. Moi, j'avais une affaire bien plus importante sur le cœur. Ce n'était pas de cela que je voulais parler, mais faute de mieux, je lui donnais la réplique quand, zut ! cette satanée Matsu revint encore nous déranger.
松が来て私はうんざりして了ったが、雪江さんは反って差向の時よりはずみ出して、果は松の方へ膝を向けて了って、松ばかりを相手に話をする。私は居るか居ないか分らんようになって了った。初は少からず不平に思ったが、しかし雪江さんを観ているのには、反て此方が都合が好い。で、母屋を貸切って、庇で満足して、雪江さんの白いふッくりした面を飽かず眺めて、二人の話を聴いていると、松も能く饒舌るが、雪江さんも中々負ていない。話は詰らん事ばかりで、今度開店した小間物屋は安売だけれど品が悪いの、お湯屋のお神さんのお腹がまた大きくなって来月が臨月だの、八百屋の猫が児を五疋生んで二疋喰べて了ったそうだのと、要するに愚にも附かん話ばかりだが、しかし雪江さんの様子が好い。物を言う時には絶えず首を揺かす、其度にリボンが飄々と一緒に揺く。時々は手真似もする。今朝結った束髪がもう大分乱れて、後毛が頬を撫でるのを蒼蠅そうに掻上げる手附も好い。其様な時には彼は友禅メリンスというものだか、縮緬だか、私には分らないが、何でも赤い模様や黄ろい形が雑然と附いた華美な襦袢の袖口から、少し紅味を帯びた、白い、滑こそうな、柔かそうな腕が、時とすると二の腕まで露われて、も少し持上げたら腋の下が見えそうだと、気を揉んでいる中に、又旧の位置に戻って了う。雪江さんは処女だけれど、乳の処がふッくりと持上っている。大方乳首なんぞは薄赤くなってるばかりで、有るか無いか分るまい……なぞと思いながら、雪江さんの面ばかり見ていると、いつしか私は現実を離れて、恍惚となって、雪江さんが何だか私の……妻でもない、情人でもない……何だか斯う其様なような者に思われて、兎に角私の物のように思われて、今は斯うして松という他人を交ぜて話をしているけれど、今に時刻が来れば、二人一緒に斯う奥まった座敷へ行く。と、もう其処に床が敷ってある。夜具も郡内か何かだ。私が着物を脱ぐと、雪江さんが後からフワリと寝衣を着せて呉れる。今晩は寒いわねえとか雪江さんがいう。む、む、寒いなあとか私も言って、急いで帯をグルグルと巻いて床へ潜り込む。雪江さんが私の脱棄を畳んでいる。其様な事は好加減にして早く来て寝なと私がいう。あいといって雪江さんが私の面を見て微笑する……
L'arrivée de Matsu m'avait d'abord accablé, mais Yukie, au contraire, semblait encore plus animée que lorsque nous étions seuls. Elle finit par tourner ses genoux vers Matsu et ne s'adressa plus qu'à elle. On ne savait plus si j'étais là ou non. Si j'en conçus d'abord un vif dépit, je réalisai vite que cela servait mes desseins : j'avais tout le loisir de l'observer. Me contentant de l'ombre alors qu'elles occupaient toute la lumière, je contemplai sans me lasser le visage blanc et rebondi de Yukie. Tout en écoutant leur conversation, je notai que si Matsu était bavarde, Yukie ne lui cédait en rien. Leurs propos n'étaient que futilités : la boutique de mercerie qui venait d'ouvrir était bon marché mais la qualité était médiocre, la femme des bains publics avait encore le ventre qui s'arrondissait et accoucherait le mois prochain, le chat du primeur avait eu cinq petits et en avait mangé deux... Bref, des inepties sans nom, mais l'attitude de Yukie était exquise.
Chaque fois qu'elle parlait, elle ne cessait d'agiter la tête, et son ruban tressautait avec elle. Par moments, elle joignait le geste à la parole. Son chignon sokuhatsu, fait le matin même, s'était déjà passablement défait ; j'aimais la grâce avec laquelle elle repoussait d'un air agacé les mèches rebelles qui lui caressaient les joues. À ces instants-là, de ses manches de dessous — était-ce de la mousseline de laine Yûzen ou du crêpe de soie ? je n'en savais rien, mais c'était un sous-kimono somptueux aux motifs rouges et jaunes entremêlés —, ses bras blancs, lisses et d'une apparente douceur, se dévoilaient parfois jusqu'à l'épaule. Je retenais mon souffle, fébrile à l'idée qu'un mouvement de plus pût révéler le creux de son aisselle, mais le tissu retombait toujours à sa place initiale. Bien que Yukie fût encore une jeune fille, sa poitrine était déjà joliment formée. Je me perdais dans mes pensées, imaginant que ses mamelons ne devaient être que de légères pointes rosées, à peine perceptibles...
À force de fixer son visage, je finis par quitter la réalité. Plongé dans une sorte d'extase, Yukie me parut devenir ma... ni mon épouse, ni ma maîtresse... mais quelque chose de cet ordre. Elle m'appartenait. Certes, pour l'instant, elle discutait avec cette étrangère qu'était Matsu, mais je savais que l'heure venue, nous nous retirerions ensemble dans la chambre du fond. Là, les lits seraient déjà préparés, les futons seraient en tissu de Gunnai. Alors que je retirerais mon kimono, Yukie me glisserait avec légèreté un vêtement de nuit. « Il fait froid ce soir, n'est-ce pas ? », dirait-elle. « Hum, oui, c'est vrai, il gèle », répondrais-je en enroulant ma ceinture en hâte avant de me glisser sous les draps. Yukie plierait alors mes vêtements laissés à l'abandon. « Laisse donc cela et viens vite te coucher », lui dirais-je. « Bien », répondrait-elle en me regardant avec un sourire...
「ねえ、古屋さん、然うだわねえ?」
と雪江さんが此方を向いたので、私は吃驚して眼の覚めたような心持になった。何でも何か私の同意を求めているのに違いないから、何だか仔細は分らないけれど、
「そうですとも……」
と跋を合わせる。
「そら、御覧な。」
と雪江さんは又松の方を向いて、又話に夢中になる。
私はホッと溜息をする。今の続きを其儘にして了うのは惜しい。もう一度幻想でも何でも構わんから、もう一度、今の続きを考えて見たいと思うけれど、もう気が散って其心持になれない。仕方がないから、黙って話を聴いている中に、又いつしか恍惚と腑が脱けたようになって、雪江さんの面が右を向けば、私の面も右を向く。雪江さんの面が左を向けば、私の面も左を向く。上を向けば、上を向く、下を向けば下を向く……
— « N'est-ce pas, Monsieur Furuya ? »
L'interpellation de Yukie me fit l'effet d'un seau d'eau froide ; je sursautai comme si je m'éveillais d'un rêve. Elle attendait manifestement que j'approuve ses dires. Sans avoir la moindre idée du sujet, je m'empressai de répondre :
— « Oh, tout à fait... »
— « Tu vois ! », lança Yukie à Matsu avant de se replonger avec passion dans leur discussion.
Je poussai un long soupir. Il était regrettable de voir ce songe s'interrompre ainsi. J'aurais voulu, peu m'importait que ce fût une illusion, reprendre le fil de ma rêverie, mais mon esprit était trop dispersé pour y parvenir. Je n'eus d'autre choix que d'écouter leur bavardage en silence, jusqu'à ce que, peu à peu, je retombe dans une sorte de transe béate. Dès que le visage de Yukie tournait à droite, le mien suivait à droite. Quand elle tournait à gauche, je tournais à gauche. Elle regardait en haut, je regardais en haut. Elle regardait en bas, je regardais en bas...
パタリと話が休んだ。雪江さんも黙って了う、松も黙って了う。何処でか遠方で犬の啼声が聞える。所謂天使が通ったのだ。雪江さんは欠びをしながら、序に伸もして、
「もう何時だろう?」
「まだ早いです、まだ……」
と私が狼狽てて無理に早い事にして了う心を松は察しないで、
「もう九時過ぎたでしょうよ。」
「阿父さんも阿母さんも遅いのねえ。何を為てるンだろう?」
と又欠びをして、「ああああ、古屋さんの勉強の邪魔しちゃッた。私もう奥へ行くわ。」
私が些とも邪魔な事はないといって止めたけれど、最う斯うなっては留らない、雪江さんは出て行って了う。松も出て行く。私一人になって了った。詰らない……
ふと雪江さんの座蒲団が眼に入る……之れを見ると、何だか捜していた物が看附ったような気がして、卒然引浚って、急いで起上って雪江さんの跡を追った。
茶の間の先の暗い処で雪江さんに追付いた。
「なあに? ……」
と雪江さんの吃驚したような声がして、大方振向いたのだろう、面の輪廓だけが微白く暗中に見えた。
La conversation s'interrompit brusquement. Yukie se tut, Matsu aussi. On entendit au loin le hurlement d'un chien. C’était ce qu'on appelle le passage d'un ange. Yukie laissa échapper un bâillement, s'étira longuement et demanda :
— « Quelle heure peut-il bien être ? »
— « Il est encore tôt, très tôt... » m'empressai-je de répondre, tentant de nier l'évidence.
Mais Matsu, sans aucune considération pour mon trouble, trancha :
— « Il doit être plus de neuf heures, c'est sûr. »
— « Mon père et ma mère sont bien tardifs. Que peuvent-ils bien fabriquer ? » Elle bâilla de nouveau. « Ah là là, j'ai fini par déranger Monsieur Furuya dans ses études. Je m'en vais regagner ma chambre. »
J'eus beau protester qu'elle ne me dérangeait nullement, rien n'y fit : elle se leva et sortit. Matsu la suivit. Je me retrouvai seul. Quel vide...
Soudain, mon regard tomba sur le coussin de Yukie. En le voyant, j'eus l'impression de trouver un trésor ; je m'en emparai d'un geste brusque, me levai d'un bond et m'élançai sur ses traces.
Je la rattrapai dans l'obscurité du couloir, juste après la pièce commune.
— « Qu'est-ce qu'il y a ?... » fit la voix de Yukie, un peu surprise. Elle avait dû se retourner, car je ne devinais que le contour pâle de son visage dans le noir.
「貴嬢の座布団を持って来たのです。」
「あ、そうだッけ。忘れちゃッた。爰へ頂戴」、と手を出したようだった。
私は狼狽てて座布団を後へ匿して、
「好いです、私が持ってくから。」
「あら、何故?」
「何故でも……好いです……」
「そう……」
と何だか変に思った様子だったが、雪江さんは又暗中を動き出す。暗黒で能くは分らないけれど、其姿が見えるようだ。私も跡から探足で行く。何だか気が焦る。今だ、今だ、と頭の何処かで喚く声がする。如何か為なきゃならんような気がして、むずむずするけれど、何だか可怕くて如何も出来ない。咽喉が乾いて引付きそうで、思わずグビリと堅唾を呑んだ……と、段々明るくなって、雪江さんの姿が瞭然明るみに浮出す。もう雪江さんの部屋の前へ来て、雪江さんの姿は衝と障子の中へ入って了った。
— « J'ai apporté votre coussin. »
— « Ah, c'est vrai ! Je l'avais oublié. Donne-le-moi », dit-elle en tendant la main. Paniqué, je cachai le coussin derrière mon dos.
— « Non, c'est bon, je vais le porter moi-même. »
— « Oh, et pourquoi donc ? »
— « Comme ça... peu importe... »
— « Si tu veux... »
Elle semblait trouver cela étrange, mais elle se remit en marche dans l'obscurité. Bien que je n'y visses goutte, je sentais sa silhouette devant moi. Je la suivais à tâtons, le cœur battant à tout rompre. « C'est maintenant ! C'est maintenant ! », hurlait une voix dans ma tête. Je sentais qu'il me fallait agir, je bouillonnais d'impatience, mais j'étais terrifié, incapable du moindre geste. Ma gorge était si sèche qu'elle semblait se nouer ; j'avalai péniblement ma salive... puis, la lumière revint peu à peu, et la silhouette de Yukie se détacha nettement dans la clarté. Nous étions arrivés devant sa porte, et elle s'engouffra dans sa chambre.
其を見ると、私は萎靡した。惜しいような気のする一方で、何故だか、まず好かったと安心した気味もあった。で、続いて中へ入って、持って来た座布団を机の前に敷いて、其処を退くと、雪江さんは礼を言いながら、入替わって机の前に坐って、
「遊んでらっしゃいな。」
と私の面を瞻上げた。ええとか、何とかいって踟※(「足へん+厨」、第3水準1-92-39)している私の姿を、雪江さんはジロジロ視ていたが、
「まあ、貴方は此地へ来てから、余程大きくなったのねえ。今じゃ私とは屹度一尺から違ってよ。」
「まさか……」
「あら……屹度違うわ。一寸然うしてらッしゃいよ……」
といいながら、衝と起ったから、何を為るのかと思ったら、ツカツカと私の前へ来て直と向合った。前髪が顋に触れそうだ。紛と好い匂が鼻を衝く。
「ね、ほら、一尺は違うでしょう?」と愛度気ない白い面が何気なく下から瞻上げる。
私はわなわなと震い出した。目が見えなくなった。胸の鼓動は脳へまで響く。息が逸んで、足が竦んで、もう凝として居られない。抱付くか、逃出すか、二つ一つだ。で、私は後の方針を執って、物をも言わず卒然雪江さんの部屋を逃出して了った……
À cet instant, je me sentis défaillir. J'éprouvais un immense regret, mais aussi, pour une raison obscure, un soulagement libérateur. J'entrai à sa suite, déposai le coussin devant son bureau et m'apprêtai à ressortir. Yukie me remercia, s'installa à sa place et, levant les yeux vers moi, me dit :
— « Reste donc un peu avec moi. » Je restai là, hésitant, balbutiant quelques sons vagues. Elle m'observait fixement.
— « Dis donc, tu as drôlement grandi depuis que tu es arrivé ici. Tu dois bien faire trente centimètres de plus que moi, maintenant. »
— « Ce n'est pas possible... »
— « Mais si ! J'en suis sûre. Attends, reste comme ça... »
Elle se leva brusquement. Je me demandais ce qu'elle allait faire quand elle s'avança droit sur moi pour se poster juste en face. Sa frange frôlait presque mon menton. Un parfum délicieux me monta au nez.
— « Tu vois ? Il y a bien trente centimètres d'écart, non ? » dit-elle de son visage blanc et innocent, en me regardant d'en bas avec naturel.
Je fus pris de tremblements convulsifs. Ma vue se brouilla. Les battements de mon cœur résonnaient jusque dans mon cerveau. Mon souffle s'accéléra, mes jambes se dérobèrent ; je ne pouvais plus rester immobile. C'était l'un ou l'autre : l'étreindre ou m'enfuir. Je choisis la seconde option. Sans dire un mot, je m'élançai hors de sa chambre et pris la fuite...
何故彼時私は雪江さんの部屋を逃出したのだというと、非常に怕ろしかったからだ。何が怕ろしかったのか分らないが、唯何がなしに非常に怕ろしかったのだ。
生死の間に一線を劃して、人は之を越えるのを畏れる。必ずしも死を忌むからではない。死は止むを得ぬと観念しても、唯此一線が怕ろしくて越えられんのだ。私の逃出したのが矢張それだ。女を知らぬ前と知った後との分界線を俗に皮切りという。私は性慾に駆られて此線の手前迄来て、これさえ越えれば望む所の性慾の満足を得られると思いながら、此線が怕ろしくて越えられなかったのだ。越えたくなくて越えなかったのではなくて、越えたくても越えられなかったのだ。其後幾年か経って再び之を越えんとした時にも矢張怕ろしかったが、其時は酒の力を藉りて、半狂気になって、漸く此怕ろしい線を踏越した。踏越してから酔が醒めると何とも言えぬ厭な心持になったから、又酒の力を藉りて強いて纔に其不愉快を忘れていた。此様な厭な想いをして迄も性慾を満足させたかったのだ。是は相手が正当でなかったから、即ち売女であったからかというに、そうでない。相手は正当の新婦と相知る場合にも、人は大抵皆然うだと云う。殊に婦人が然うだという。何故だろう?
之と縁のある事で今一つ分らぬ事がある。人は皆隠れてエデンの果を食って、人前では是を語ることさえ恥る。私の様に斯うして之を筆にして憚らぬのは余程力むから出来るのだ。何故だろう? 人に言われんような事なら、為んが好いじゃないか? 敢てするなら、誰の前も憚らず言うが好いじゃないか? 敢てしながら恥るとは矛盾でないか? 矛盾だけれど、矛盾と思う者も無いではないか? 如何いう訳だ?
Si j'ai fui la chambre de Yukie à cet instant, c'est parce que j'étais terrifié. Je ne saurais dire ce qui m'effrayait, mais une peur profonde m’envahissait.
Il existe une ligne de démarcation entre la vie et la mort, et l'homme redoute de la franchir. Ce n’est pas nécessairement par aversion de la mort : : même s'il s'est résigné à l'inéluctable, cette simple ligne lui fait horreur et il ne peut se résoudre à faire le pas. Ma fuite n'était rien d'autre. On appelle vulgairement « défloration » la frontière entre l'ignorance et la connaissance des femmes. Poussé par le désir, j'étais arrivé au bord de cette ligne ; je savais qu'en la franchissant, j'obtiendrais la satisfaction que je convoitais, mais j'en étais incapable par pure terreur. Ce n'est pas que je ne voulais pas la franchir, c'est que je ne le pouvais pas. Bien des années plus tard, quand je tentai de nouveau de faire ce pas, j'eus tout aussi peur ; il me fallut alors l'aide de l'alcool et un état de quasi-démence pour enfin piétiner cette ligne effrayante. Une fois l'ivresse dissipée, je fus envahi par un sentiment de dégoût indicible, et je dus boire encore pour oublier, tant bien que mal, ce malaise. Je voulais satisfaire mes pulsions au prix d'une telle abjection. Était-ce parce que ma partenaire n'était pas « légitime » — c'était une prostituée ? Non. On dit que c'est la même chose pour presque tout le monde, même lors de la nuit de noces avec une épouse légitime. On dit que c'est surtout vrai pour les femmes. Pourquoi donc ?
Il y a une autre chose que je ne comprends pas dans tout cela. Tout le monde mange en secret le fruit de l'Éden, mais on a honte d'en parler devant les autres. S'il m'est possible aujourd'hui de l'écrire sans réserve, c'est au prix d'un immense effort de volonté. Pourquoi ? Si c'est une chose dont on ne peut parler, pourquoi la faire ? Et si on ose la faire, pourquoi ne pas oser en parler devant n'importe qui ? N'est-ce pas une contradiction de s'y risquer tout en ayant honte ? C'est contradictoire, et pourtant personne ne semble s'en émouvoir. Quelle en est la raison ?
之を霊肉の衝突というか? しからば、霊肉一致したら、如何なる? 男女相知るのを怕ろしいとも恥かしいとも思わなくなるのか? 畜生と同じ心持になるのか?
トルストイは北方の哲人だと云う。此哲人は如何な事を言っている。クロイツェル、ソナタの跋に、理想の完全に実行し得べきは真の理想でない。完全に実行し得られねばこそ理想だ。不犯は基督教の理想である。故に完全に実行の出来ぬは止むを得ぬ、唯基督教徒は之を理想として終生追求すべきである、と言って、世間の夫婦には成るべく兄妹の如く暮らせと勧めている。
何の事だ? 些とも分らん。完全を求めて得られんなら、悶死すべきでないか? 不犯が理想で、女房を貰って、子を生ませていたら、普通の堕落に輪を掛た堕落だ。加之も一旦貰った女房は去るなと言うでないか? 女房を持つのが堕落なら、何故一念発起して赤の他人になッ了えといわぬ。一生離れるなとは如何いう理由だ? 分らんじゃないか?
今食う米が無くて、ひもじい腹を抱て考え込む私達だ。そんな伊勢屋の隠居が心学に凝り固まったような、そんな暢気な事を言って生きちゃいられん!
Est-ce ce qu'on appelle le conflit entre l'esprit et la chair ? Si l'esprit et la chair ne faisaient qu'un, qu'arriverait-il ? Cesserait-on de trouver la connaissance charnelle effrayante ou honteuse ? En viendrait-on à ressentir la même chose qu'une bête ?
On dit que Tolstoï est le sage du Nord. Que dit ce philosophe ? Dans sa postface à La Sonate à Kreutzer, il affirme qu'un idéal que l'on pourrait réaliser parfaitement n'est pas un véritable idéal. C'est précisément parce qu'il est irréalisable qu'il est un idéal. La chasteté est l'idéal chrétien. Par conséquent, il est inévitable de ne pas y parvenir parfaitement ; le chrétien doit néanmois poursuivre cet idéal toute sa vie. Il va jusqu'à conseiller aux couples mariés de vivre autant que possible comme frère et sœur.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Je n'y comprends rien. Si l'on recherche la perfection sans pouvoir l'atteindre, ne devrait-on pas en mourir d'angoisse ? Si la chasteté est l’idéal, alors prendre femme, engendrer des enfants, n’est-ce pas une déchéance qui surpasse toutes les autres ? Et de surcroît ne dit-il pas qu'une fois la femme prise, il ne faut plus la quitter ? Si avoir une femme est une déchéance, pourquoi ne pas dire : « Repens-toi et redevenez de parfaits étrangers » ? Pour quelle raison devrait-on ne jamais se séparer ? Cela n’a aucun sens, n’est-ce pas ?
Nous sommes ceux qui, le ventre creux faute de riz à manger aujourd’hui, méditons dans l’angoisse. On ne peut pas continuer à vivre en débitant des fadaises pareilles, comme un vieux rentier qui se serait piqué de morale bondieusarde !
其後間もなく雪江さんのお婿さんが極った。お婿さんが極ると、私は何だか雪江さんに欺かれたような心持がして、口惜しくて耐らなかったから、国では大不承知であったけれど、口実を設けて体よく小狐の家を出て下宿して了った。
馬鹿な事には下宿してから、雪江さんが万一鬱いでいぬかと思って、態々様子を見に行った事が二三度ある。が、雪江さんはいつも一向鬱いで居なかった。反ッてお婿さんが極って怡々しているようだった。それで私も愈忌々しくなって、もう余り小狐へも足踏せぬ中に、伯父さんが去る地方の郡長に転じて、家族を引纏めて赴任して了ったので、私も終に雪江さんの事を忘れて了った。これでお終局だ。
余り平凡だ下らない。こんなのは単純な性慾の発動というもので、恋ではない、恋はも少と高尚な精神的の物だと、高尚な精神的の人は言うかも知れん。然うかも知れん。唯私のような平凡な者の恋はいつも斯うだ。先ず無意識或は有意識に性慾が動いて満足を求めるから、理性や趣味性が動いて其相手を定めて、始めて其処に恋が成立する。初から性慾の動かぬ場合に恋はない。異性でも親兄弟に恋をせぬのは其為だ。青年の時分には、性慾が猛烈に動くから、往々理性や趣味性の手を待たんで、自分と盲動して撞着った者を直相手にする。私の雪江さんに於けるが、即ち殆ど其だ。私共の恋の本体はいつも性慾だ。性慾は高尚な物ではない、が、下劣な物とも思えん。中性だ、インヂフェレントの物だ。私共の恋の下劣に見えるのは、下劣な人格が反映するので、本体の性慾が下劣であるのではない。
Peu de temps après, le fiancé de Yukie fut désigné. Dès lors, j’eus l’impression d’avoir été trahi par elle ; cette amertume me fut insupportable. Bien que ma famille y fût totalement opposée, je trouvai un prétexte pour quitter la maison Kokitsune et m'installer en pension.
Par pure bêtise, après avoir déménagé, j'allai deux ou trois fois rôder aux alentours de la maison pour voir si, par hasard, Yukie n'était pas tombée dans la mélancolie. Mais elle n’était nullement abattue ; bien au contraire, elle paraissait rayonnante depuis l’annonce de ses fiançailles. Cela ne fit qu'accroître mon ressentiment. Je finis par ne plus mettre les pieds chez les Kokitsune, jusqu'au jour où mon oncle fut nommé chef de district dans une province lointaine et partit s'y installer avec toute sa famille. C'est ainsi que je finis par oublier Yukie. Voilà qui mettait un terme à cette histoire.
Tout cela paraît bien banal, n'est-ce pas ? Et insignifiant. Les gens aux aspirations spirituelles élevées diront peut-être que ce n'est là qu'une simple manifestation de l'instinct sexuel et non de l'amour ; que l'amour est une chose plus noble, plus spirituelle. Peut-être ont-ils raison. Mais l'amour des gens ordinaires comme moi est toujours ainsi. D'abord, le désir charnel, conscient ou inconscient, se manifeste et cherche satisfaction ; ensuite seulement, la raison et les goûts personnels entrent en jeu pour désigner une partenaire, et c'est là que l'amour prend forme. Il n'y a pas d'amour là où le désir charnel n’est pas d'abord présent. C'est pour cette raison que l'on n'éprouve pas d'amour passionnel pour ses parents ou ses frères et sœurs, bien qu'ils soient du sexe opposé. À l’adolescence, le désir charnel est si impétueux qu’on choisit souvent, sans attendre le jugement de la raison, la première personne qui croise nos élans aveugles. C'est précisément ce qui m'est arrivé avec Yukie. L’essence même de notre amour, c'est toujours le désir charnel [l'instinct sexuel]. Ce désir n’est pas une chose noble, certes, mais je ne le tiens pas non plus pour vil. Il est neutre, indifférent. Si nos amours semblent viles, c'est parce qu'elles reflètent la bassesse de notre propre caractère, et non parce que l'instinct en lui-même serait méprisable.
で、私の性慾は雪江さんに恋せぬ前から動いていた。から、些とも不思議でも何でもないが、雪江さんという相手を失った後も、私の恋は依然として胸に残っていた。唯相手のない恋で、相手を失って彷徨している恋で、其本体は矢張り満足を求めて得ぬ性慾だ。露骨に言って了えば、誠に愛想の尽きた話だが、此猛烈な性慾の満足を求むるのは、其時分の私の生存の目的の――全部とはいわぬが、過半であった。
これは私ばかりでない、私の友人は大抵皆然うであったから、皆此頃からポツポツ所謂「遊び」を始めた。私も若し学資に余裕が有ったら、矢張「遊」んだかも知れん。唯学資に余裕がなかったのと、神経質で思切った乱暴が出来なかったのとで、遊びたくも遊び得なかった。
友人達は盛に「遊」ぶ、乱暴に無分別に「遊」ぶ。其を観ていると、羨ましい。が、弱い性質の癖に極めて負惜しみだったから、私は一向羨ましそうな顔もしなかった。年長の友人が誘っても私が応ぜぬので、調戯に、私は一人で堕落して居るのだろうというような事を言った。恥かしい次第だが、推測通りであったので、私は赫となった。血相を変えて、激論を始めて、果は殴合までして、遂に其友人とは絶交して了った。
斯うして友人と喧嘩迄して見れば、意地としても最う「遊」ばれない。で、不本意ながら謹直家になって、而して何ともえたいの知れぬ、謂れのない煩悶に囚われていた。
Ainsi, mon désir s'était éveillé bien avant que je ne m’attache à Yukie. Il n'y avait donc rien d'étonnant à cela, mais même après avoir perdu Yukie, cet amour demeurait intact dans mon coeur. C'était simplement un amour sans objet, un amour errant ayant perdu sa cible, dont l'essence restait ce désir cherchant une satisfaction impossible à trouver. Pour parler crûment — et j'ai conscience que c'est une vision désenchantée — la quête de satisfaction de ce désir impétueux constituait, à cette époque, la majeure partie, sinon la totalité, de mon but dans la vie.
Je n'étais pas le seul dans ce cas ; la plupart de mes amis étaient ainsi, et c'est vers cette période qu'ils commencèrent tous, l'un après l'autre, à se livrer à ce qu’on appelle des « divertissements ». Si mes finances me l'avaient permis, j'aurais sans doute fait de même. Mais faute d'argent, et parce que mon tempérament nerveux m’interdisait de me livrer à de franches débauches, je ne pus jouir de ces plaisirs, même si j'en crevais d'envie.
Mes amis « s'amusaient » de bon cœur, avec une insouciance sauvage. À les voir, j'étais dévoré d'envie. Mais comme j'étais d'un tempérament faible et extrêmement susceptible, je n'en laissais rien paraître. Un ami plus âgé, voyant que je refusais ses invitations, me lança un jour, sur le ton de la raillerie : « Tu dois te corrompre tout seul, n’est-ce pas ? ». J'en ai honte aujourd'hui, mais comme cette supposition était malheureusement fondée, je devins écarlate. Je changeai de visage, me lançai dans une violente dispute qui dégénéra en bagarre, et je finis par rompre tout lien avec cet ami.
Après en être venu aux mains pour défendre mon honneur, mon orgueil m'interdisait désormais de me livrer à ces « divertissements ». Ainsi, à contre-cœur, je devins un jeune homme sérieux, vertueux en apparence, tout en étant rongé par une angoisse indéfinissable, sans cause apparente.
ああ、今日は又頭がふらふらする。此様な日にゃ碌な物は書けまいが、一日抜くも残念だ。向鉢巻でやッつけろ!
で、私は性慾の満足を求めても得られなかったので、煩悶していた。何となく世の中が悲観されてならん。友人等は「遊」ぶ時には大に「遊」んで、勉強する時には大に勉強して、何の苦もなく、面白そうに、元気よく日を送っている。それを観ていると、私は癪に触って耐らない。私の煩悶して苦むのは何となく友人等の所為のように思われる。で、責めてもの腹慰せに、薄志の弱行のと口を極めて友人等の公然の堕落を罵って、而して私は独り超然として、内々で堕落していた。若し友人等の堕落が陽性なら、私の堕落は陰性だった。友人等の堕落が露骨で、率直で、男らしいなら、私の堕落は……ああ、何と言おう? 人間の言葉で言いようがない。私は畜生だった……
が、こっそり一人で堕落するのは余り没趣味で、どうも夫では趣味性が満足せぬ。どうも矢張異性の相手が欲しい。が、其相手は一寸得られぬので、止むを得ず当分文学で其不足を補っていた。文学ならば人聴も好い。これなら左程銭も入らぬ。私は文学を女の代りにして、文学を以って堕落を潤色していたのだ。
Ah, j'ai encore la tête qui tourne aujourd'hui. On ne peut rien écrire de bon dans cet état, mais il me coûterait trop d'interrompre mon travail une journée entière. Bandeau sur le front, et à l’ouvrage !
Ainsi, ne parvenant pas à assouvir mon désir charnel, je me consumais d’angoisse. Le monde entier m’apparaissait soudain sous un jour désespérément sombre. Mes amis, eux, s'amusaient de bon cœur quand il s'agissait de s'amuser, travaillaient d'arrache-pied quand il s'agissait d'étudier ; ils passaient leurs journées sans peine, avec entrain et gaieté. Les observer m’irritait au plus haut point. Cette souffrance qui me rongeait, je finissais par l’attribuer à leurs agissements. Aussi, pour apaiser ma rancœur, je maudissais avec véhémence la dépravation publique de mes amis, les accusant de manquer de volonté et de fermeté ; et moi, feignant le détachement, je sombrais en secret dans la déchéance. Si la dépravation de mes amis était « positive » [de nature solaire], la mienne était « négative » [nocturne]. Si leur déchéance était franche, ouverte, virile, la mienne… ah, comment le dire ? Il n’existe pas de mot humain pour le dire. J’étais une bête…
Pourtant, se corrompre seul dans son coin manque singulièrement de panache ; mon sens de l'esthétique n'y trouvait pas son compte. Il me fallait, malgré tout, une partenaire du sexe opposé. Faute de pouvoir en trouver une, je n’eus d’autre recours, pour combler ce manque, que de me tourner provisoirement vers la littérature. La littérature, au moins, jouissait d’une bonne réputation. Elle ne coûtait pas excessivement cher non plus. J’avais fait de la littérature le substitut de la femme, et m'en servait pour farder ma propre déchéance.
私の謂う文学は無論美文学の事だ、殊に小説だ。小説は一体如何いうものだか、知らん、唯私の眼に映ずる小説は人間の堕落を潤色するものだ。通人の話に、道楽の初は唯色を漁する、膏肓に入ると、段々贅沢になって、唯色を漁するのでは面白くなくなる、惚れたとか腫れたとか、情合で異性と絡んで、唯の漁色に趣を添えたくなると云う。其処だ、其処が即ち文学の需要の起る所以だ。少くも私は然うであった。で、此目的で、最初は小狐に居た頃喰付いた人情本を引続き耽読してみたが、数を累ねると、段々贅沢になって、もう人情本も鼻に附く。同じ性慾の発展の描写でも、も少し趣味のある描写を味わってみたい。そこで、種々と小説本を渉猟して、終に当代の大家の作に及んで見ると、流石は明治の小説家だ、性慾の発展の描写が巧に人生観などで潤色されてあって、趣味がある、面白い。斯ういう順序で私の想像で堕落する病は益膏肓に入って、終には西洋へ迄手を出して、ヂッケンスだ、サッカレーだ、ゾラだ、ユゴーだ、ツルゲーネフだ、トルストイだ、という人達の手を藉りて、人並にしていれば、中性のインヂフェレントの性慾を無理に不自然な病的の物にして、クラフトエービングやフォレールの著書中に散見するような色情狂に想像で成済まして、而して独り高尚がっていた。
いや、独り高尚がっていたのでない。それには同気相求めて友が幾人も出来た。同県人で予備門から後文科へ入った男が有ったが、私は殊に其感化を受けた。ああ、皆自分が悪かったので、人を怨んでは済まないが、私は今でも此男に逢うと、何とも言えぬ厭な心持になる。儘になるなら刺違えて死で了いたく思う事もある。
Par « littérature », j’entends naturellement les belles-lettres, plus particulièrement le roman. Qu’est donc, au fond, un roman ? Je l’ignore. Ce que je sais, c’est que les romans qui s’offraient à mes yeux n’étaient rien d’autre que des ornements de la déchéance humaine. Comme le disent les connaisseurs : au début, le plaisir consiste simplement à courir les jupons ; mais lorsque cette passion s’enracine profondément, on devient exigeant, et la simple chasse aux plaisirs charnels ne suffit plus. On aspire alors à y mêler des sentiments — à être épris, à souffrir, à tisser des liens amoureux avec l’autre sexe — afin d’ajouter une touche de poésie à cette quête. C’est là, précisément, que naît le besoin de littérature. Du moins en fut-il ainsi pour moi. Dans ce dessein, je me mis d’abord à dévorer avec assiduité les romans sentimentaux que j’avais découverts du temps où je vivais chez le petit renard ; mais à force d’en accumuler, je devins plus exigeant, et même ces romans finirent par me paraître fades. Même dans la description du développement du désir charnel, je souhaitais goûter à des descriptions plus raffinées. Je me mis donc à explorer divers ouvrages romanesques, et finis par aborder les œuvres des grands maîtres contemporains. Force était de reconnaître la maîtrise des romanciers de l’ère Meiji : ils savaient orner avec art la description du désir charnel à l’aide de visions de la vie, conférant ainsi du goût et de l’intérêt à leurs récits. C’est ainsi que ma maladie — cette déchéance imaginaire — s’enracina de plus en plus profondément en moi. J’étendis même mes recherches à l’Occident, m’appuyant sur Dickens, Thackeray, Zola, Hugo, Tourgueniev, Tolstoï… En suivant ces modèles, alors que chez l’homme ordinaire le désir charnel demeure un phénomène neutre et naturel, je le forçais, par artifice, à devenir une pathologie contre nature. Je me transformais en imagination en un maniaque sexuel, tel que décrit çà et là dans les ouvrages de Krafft-Ebing ou d’Auguste Forel, et je me croyais seul au-dessus de tout.
Non, je n’étais pas seul dans cette prétention à la supériorité. Comme les esprits semblables s’attirent, je me liai avec quelques amis partageant les mêmes penchants. Il y avait notamment un compatriote de mon département, entré en faculté de lettres après être passé par l’école préparatoire ; son influence sur moi fut particulièrement marquée. Ah, je le sais bien : la faute m’incombe entièrement ; il ne sert à rien de reprocher autrui. Et pourtant, même aujourd’hui, lorsque je croise cet homme, une sensation désagréable, indicible, m’envahit. Parfois, je me surprends à souhaiter que nous en venions à nous poignarder mutuellement et à mourir ensemble.
私が感化を受けた友というのは私より一つ二つ年上であった。文学が専門だから、文学書は私より余計読でいたという丈で、何でもない事だが、それを私は大層偉いように思っていた。まだファウストを読まぬ時、ファウストの話を聴される。なに、友は愚にも附ん事を言っているのだが、其愚にも附かん事を、人生だ、智慾だ、煩悶だ、肉だ、堕落だ、解脱だ、というような意味の有り気な言葉で勿体を附て話されると、何だか難有くなって来て、之を語る友は偉いと思った。こんな馬鹿気た話はない。友は唯私より少し早くファウストという古本を読だ丈の事だ。読んで分った所で、ファウストが何程の物だ? 技巧の妙を除いたら、果してどれ程の価値がある? 況や友はあやふやな語学の力で分らん処を飛ばし飛ばし読んだのだ。読んで幼稚な頭で面白いと感じた丈だ、それも聞怯して、従頭面白いに極めて掛って、半分は雷同で面白いと感じた丈だ。読んで十分に味わい得た所で、どうせ人間の作った物だ、左程の物でもあるまいに、それを此様な読方をして、難有がって、偶之を読まぬ者を何程劣等の人間かのように見下し、得意になって語る友も友なら、其を聴いて敬服する私も私だ。心ある人から観たら、嘸ぞ苦々しく思われたろう。
Cet ami qui m'influençait avait un ou deux ans de plus que moi. Puisque la littérature était sa spécialité, il en avait lu plus que moi ; ce n'était rien de bien extraordinaire, mais je m'imaginais qu'il était un être d'exception. Avant même d'avoir lu Faust, je l'écoutais m'en parler. En réalité, il débitait des inepties, mais dès qu'il enrobait ses fadaises de mots ronflants comme « la Vie », « la soif de connaissance », « le tourment », « la chair », « la déchéance » ou « la délivrance », je me sentais tout plein de gratitude et je le trouvais admirable. Quelle absurdité ! Cet ami n'avait fait qu'une chose : lire avant moi ce vieux livre qu'est Faust. Et même en supposant qu'il l'ait compris, que vaut réellement un Faust ? Si l'on retire la virtuosité technique, quelle est sa valeur réelle ? D'autant plus que mon ami, fort de ses piètres capacités linguistiques, sautait sans doute les passages qu'il ne comprenait pas. Il le lisait et le trouvait intéressant avec son cerveau d'enfant, ou plutôt, ayant entendu dire que c'était un chef-d'œuvre, il s'était convaincu d'avance que ça l'était, par pur suivisme. Un homme qui tire vanité d'une telle lecture, méprisant comme des êtres inférieurs ceux qui ne l'ont pas faite, est un imbécile ; et moi, qui l'écoutais avec déférence, j'étais tout aussi bête. Pour un observateur sensé, nous aurions été un spectacle répugnant.
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L’ami qui m’a influencé était un peu plus âgé que moi, d’un ou deux ans. Spécialiste de littérature, il ne faisait guère que lire un peu plus de livres littéraires que moi ; il n’y avait là rien de bien remarquable, et pourtant je le trouvais extraordinairement admirable. À l’époque où je n’avais pas encore lu Faust, c’était lui qui m’en racontait l’histoire. Certes, mon ami tenait des propos insensés, mais lorsqu’il exposait ces absurdités avec des termes prétentieux tels que « la vie », « la soif de connaissance », « l’angoisse », « la chair », « la déchéance », « la délivrance », en prenant des airs solennels, tout cela prenait soudain une importance exagérée à mes yeux, et je me disais que celui qui pouvait parler ainsi devait être bien grand. Quel propos ridicule ! Mon ami n’avait fait que lire un peu plus tôt que moi cette vieille édition de Faust. Et même en l’ayant lu, qu’est donc Faust, au fond ? Mis à part la subtilité de sa technique, quelle valeur réelle possède-t-il ? D’ailleurs, mon ami n’avait lu l’ouvrage qu’en sautant les passages incompréhensibles, avec ses maigres compétences linguistiques. Il n’avait éprouvé qu’un intérêt enfantin pour ce qu’il avait lu ; et encore, intimidé par les avis qu’il entendait, il s’était persuadé dès le départ que l’œuvre devait forcément être intéressante, n’en ressentant le charme qu’à moitié par esprit de conformisme. Même en supposant qu’il en eût tiré une compréhension approfondie, ce n’est après tout qu’une œuvre humaine, rien de si extraordinaire. Et pourtant, avec une telle manière de lire, en en faisant un objet de vénération, en méprisant ceux qui, par hasard, ne l’avaient pas lu comme des êtres inférieurs, en se targuant de le commenter avec tant d’aisance… cet ami qui parlait ainsi était bien mon ami, et moi qui l’écoutais avec admiration, j’étais bien moi-même. Quiconque doté de bon sens aurait certainement trouvé cela profondément amer.
此友から私は文学の難有い訳を種々と説き聴かされた。今ではもう大抵忘れて了ったけれど、何でも文学は真理に新しい形を賦して其生命を直接に具体的に再現するものだ、とか聴かされて、感服した。自然の真相は普通人に分らぬ、詩人が其主観を透して描いて示すに及んで、始めて普通人にも朧気に分って人間の宝となる、とか聴かされて、又感服した。恋には人間の真髄が動く、とか聴かされて、又感服した。其他まだ種々聴かされて一々感服したが、此様な事は皆愚言だ、世迷言だ。空想に生命を託して人生を傍観するばかりで、古本と首引して瞑想するばかりで、人生に生命を託して人生と共に浮沈上下せんでも、人生の活機に触れんでも、活眼を以て活勢を機微の間に察し得んでも、如何かして人生が分るものとしても、友のいうような其様な文学は、何処かで誰かが空想した文学で、文学の実際でない。文学の実際は人間の堕落を潤色して、懦弱な人間を更に懦弱にするばかりだ。私の観方は偏しているというか? 唯弊を見て利を見ぬというか? しかし利よりも弊の勝ったのが即ち文学の実際ではないか? 私の観方より文学の実際が既に弊に偏しているではないか?
Cet ami me tint maints discours sur les bienfaits sacrés de la littérature. J'ai presque tout oublié aujourd'hui, mais il me disait, je crois, que la littérature insuffle une forme nouvelle à la vérité pour en recréer la vie de manière directe et concrète, et j'étais subjugué. Il me disait que l'essence de la nature échappe au commun des mortels et qu'elle n'apparaît vaguement à leurs yeux qu'au moment où le poète la dépeint à travers sa propre subjectivité pour en faire un trésor de l'humanité, et j'étais de nouveau subjugué. Il me disait que dans l'amour s'agite la moelle de l'homme, et j'étais encore subjugué. Toutes ces paroles n'étaient que des radotages, des divagations. Observer la vie en spectateur en confiant son existence à des chimères, méditer en tête-à-tête avec de vieux bouquins sans jamais se jeter à l'eau, sans jamais vibrer au rythme de la vie réelle, sans en saisir les nuances par l'observation directe... même si l'on finissait par comprendre ainsi ce qu'est la vie, cette littérature dont parlait mon ami n'est qu'une littérature fantasmée par quelqu'un, quelque part ; ce n'est pas la littérature réelle. Dans la réalité, la littérature ne fait que farder la corruption humaine et rendre les êtres faibles encore plus pusillanimes. Dira-t-on que ma vision est partiale ? Que je ne vois que les inconvénients sans voir les profits ? Mais si les inconvénients l'emportent sur les profits, n'est-ce pas là la réalité de la littérature ? N'est-ce pas la littérature elle-même qui, dans les faits, penche du côté du mal ?
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Cet ami m’exposa maintes fois la prétendue grandeur de la littérature. Aujourd’hui, j’en ai oublié la plupart, mais il m’affirmait par exemple que « la littérature donne une nouvelle forme à la vérité et en reproduit la vie de manière directe et concrète », et je me laissais convaincre. Il disait aussi : « La véritable nature du monde échappe à l’homme ordinaire ; c’est seulement lorsque le poète, à travers sa subjectivité, la décrit et la révèle qu’elle devient vaguement perceptible même pour le commun des mortels, devenant ainsi un trésor de l’humanité », et là encore, j’acquiesçais. Il ajoutait : « Dans l’amour vibre l’essence même de l’homme », et je me laissais impressionner une fois de plus. Et ainsi de suite : chaque assertion suscitait mon admiration. Mais tout cela n’est que sottises, que divagations ! Une littérature qui se contente de confier son existence à des chimères et d’observer la vie de loin, qui se borne à méditer le nez plongé dans de vieux livres, sans jamais s’engager corps et âme dans l’existence, sans en éprouver le souffle vivant, sans posséder un œil perspicace capable de saisir la force vitale dans ses moindres nuances… même si l’on parvenait d’une manière ou d’une autre à comprendre la vie, une telle littérature, telle que mon ami la décrivait, n’est qu’une chimère imaginée quelque part par quelqu’un : ce n’est pas la littérature réelle. La littérature dans sa réalité ne fait que farder la déchéance humaine et ne sert qu’à rendre les êtres faibles encore plus faibles. Dirait-on que ma vision est partiale ? Que je ne vois que les inconvénients sans percevoir les avantages ? Mais n’est-ce pas justement parce que les inconvénients l’emportent sur les avantages que telle est la réalité de la littérature ? N’est-ce pas la littérature elle-même, dans sa réalité, qui penche déjà du côté des défauts, bien davantage que ma manière de la percevoir ?
ああ、しかし、文学を責めるより、友を責めるより、自ら責めた方が当っていよう。私のような斗※(「竹かんむり/肖」、第3水準1-89-66)な者は、例えば聖賢の遺書を読んでも、矢張害を受けるかも知れん。私は自然だ人生だと口には言っていたけれど、唯書物で其様な言葉を覚えただけで、意味が能く分っているのではなかった。意味も分らぬ言葉を弄んで、いや、言葉に弄ばれて、可惜浮世を夢にして渡った。詩人と名が附きゃ、皆普通の人より勝ってるように思っていた。小説、殊に輸入小説には人生の真相が活字の面に浮いているように思っていた。西洋の詩人は皆東洋の詩人に勝るように思っていた。作の新旧を論じて其価値を定めていた。自分は此様な下らん真似をしていながら、他の額に汗して着実の浮世を渡る人達が偶文壇の事情に通ぜぬと、直ぐ俗物と罵り、俗衆と罵って、独り自ら高しとしていた。独り自ら高しとする一方で、想像で姦淫して、一人で堕落していた。
ああ、恥かしくて顔が熱る。何たる苦々しい事であった。私は当時の事を想い出す度に、人通りの多い十字街に土下座して、通る人毎に、踏んで、蹴て、唾を吐懸けて貰い度ような心持になる……
Ah, mais plutôt que d'accuser la littérature ou mon ami, c'est moi-même que je devrais blâmer. Un être aussi insignifiant que moi subirait sans doute les mêmes dommages en lisant les écrits des plus grands sages. Je parlais de « nature » et de « vie », mais je ne faisais que répéter des mots appris dans les livres sans en saisir le sens. Je jouais avec des mots vides — ou plutôt, j'étais le jouet des mots — et j'ai gâché ce monde flottant en le traversant comme dans un rêve. Dès qu'un homme portait le titre de poète, je le croyais supérieur au reste de l'humanité. Je m'imaginais que dans les romans, et surtout dans les romans importés d'Occident, la vérité de la vie affleurait à chaque ligne. Je pensais que tous les poètes occidentaux surpassaient les nôtres. Je jugeais de la valeur des œuvres selon leur nouveauté. Et tandis que je me livrais à ces singeries futiles, je traitais de « philistins » ou de « plèbe », dès qu'ils ignoraient les potins du monde littéraire, ces gens qui gagnaient leur vie honnêtement à la sueur de leur front. Je me croyais au-dessus de tous, mais tout en me drapant dans cette prétendue supériorité, je commettais l'adultère par l'imagination et je m'avilissais seul.
Ah, j'ai le visage brûlant de honte. Quelle amertume ! Chaque fois que je repense à cette époque, j'ai envie de me prosterner au milieu d'un carrefour bondé et de supplier chaque passant de me piétiner, de me rouer de coups et de me cracher au visage…
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Ah, mais plutôt que de blâmer la littérature ou mon ami, ne devrais-je pas plutôt me blâmer moi-même ? Un être aussi médiocre que moi, fût-ce en lisant les écrits des saints et des sages, en subirait sans doute tout de même le préjudice. Je parlais sans cesse de « nature », de « vie », mais je n’avais fait qu’apprendre ces mots dans des livres, sans en saisir véritablement le sens. Jouant avec des termes que je ne comprenais pas — non, plutôt, joué par ces mots —, j’ai traversé ce monde éphémère comme dans un rêve, à mon grand regret. Dès qu’un homme portait le titre de « poète », je le croyais forcément supérieur aux gens ordinaires. Je pensais que les romans, surtout les romans étrangers, faisaient apparaître la vérité de la vie à la surface même des caractères imprimés. Je croyais que tous les poètes occidentaux surpassaient les poètes orientaux. Je jugeais la valeur d’une œuvre selon qu’elle était ancienne ou moderne. Et moi qui me livrais à de si vaines simagrées, dès que je voyais des gens honnêtes, qui traversaient ce monde concret en sueur et en labeur, ignorer par hasard les affaires du monde littéraire, je les injuriais aussitôt en les traitant de « vulgaires » et de « populace », me hissant ainsi, tout seul, sur un piédestal. Et tandis que je me posais ainsi au-dessus des autres, en imagination je commettais l’adultère, je sombrais seul dans la dépravation.
Ah, quelle honte ! J’en ai le visage en feu. Quelle amère souffrance ce fut ! Chaque fois que je me remémore cette époque, je ressens le désir de me prosterner au milieu d’un carrefour animé et de supplier chaque passant de marcher sur moi, de me donner des coups de pied, de me cracher dessus…
文学の毒に中られた者は必ず終に自分も指を文学に染めねば止まぬ。私達が即ち然うであった。先ず友が何か下らぬ物を書いて私に誇示した。すると私も直ぐ卑しい負ぬ気を出して短篇を書いた。どうせ碌な物ではない。筋はもう忘れて了ったが、何でも自分を主人公にして、雪江さんが相手の女主人公で、紛紜した挙句に幾度となく姦淫するのを、あやふやな理想や人生観で紛らかして、高尚めかしてすじり捩った物であったように記憶する。自惚は天性だから、書上げると、先ず自分と自分に満足して、これなら当代の老大家の作に比しても左して遜色は有るまい、友に示せたら必ず驚くと思って、示せたら、友は驚かなかった。好い処もあるが、もう一息だと言う様なことをいう。私は非常に不平だった。が、局量の狭い者に限って、人の美を成すを喜ばぬ。人を褒れば自分の器量が下るとでも思うのか、人の為た事には必ず非難を附けたがる、非難を附けてその非難を附けたのに必ず感服させたがる。友には其癖があったから、私は友の評を一概に其癖の言わせる事にして了って、実に卑劣な奴だと思った。
Quiconque est empoisonné par le poison de la littérature finit inévitablement par ne pouvoir s’empêcher de tremper à son tour les doigts dans l’encre littéraire. C’est exactement ce qui nous arriva. Mon ami commença par me montrer, non sans fierté, une fadaise qu’il avait écrite. Aussitôt, par un vil esprit de compétition, je me mis à écrire une nouvelle. Ce n'était certainement pas brillant. J'en ai oublié l'intrigue, mais je me souviens que je m'étais mis en scène comme protagoniste face à une Yukie transfigurée en héroïne ; nous nous y livrions à des adultères répétés au fil de péripéties confuses, le tout enrobé d'idéaux fumeux et de considérations métaphysiques pour donner un air noble à ce récit tortueux. Comme la vanité est un trait inné je fus d'abord, une fois le texte achevé, pleinement satisfait de moi-même : je me disais que cela n'avait rien à envier aux œuvres des grands maîtres contemporains. Persuadé que mon ami serait stupéfait, je le lui montrai ; il ne sourcilla pas. Il concéda qu'il y avait de bons passages, mais que cela manquait encore de souffle. J'en fus extrêmement dépité. Mais les esprits étroits sont ainsi faits qu'ils ne supportent pas le succès d'autrui. Pensent-ils que louer quelqu'un diminuerait leur propre talent ? Ils ne peuvent s'empêcher de critiquer ce que font les autres, tout en exigeant que l'on admire la pertinence de leurs critiques. Mon ami avait ce travers ; je décrétai donc que son jugement n'était que le fruit de son mauvais caractère et je le jugeai profondément méprisable.
Quiconque est empoisonné par le poison de la littérature finit inévitablement par ne pouvoir s’empêcher de tremper à son tour les doigts dans l’encre littéraire. Tel fut précisément notre cas. D’abord, mon ami rédigea quelque sottise et vint me la montrer avec fierté. Piqué dans mon orgueil mesquin, je me mis aussitôt à écrire une nouvelle. Rien de bien sérieux, certes. J’en ai depuis longtemps oublié l’intrigue, mais il me semble que j’y tenais le rôle du protagoniste, Mademoiselle Yukie incarnant l’héroïne féminine ; après maintes péripéties tumultueuses, les personnages en venaient à commettre l’adultère à maintes reprises, le tout dissimulé derrière des idéaux et une vision de la vie flous, tordant le récit pour lui donner une apparence de noblesse. L’orgueil étant inné en moi, une fois l’œuvre achevée, je fus d’abord pleinement satisfait de moi-même, persuadé qu’elle n’avait rien à envier aux œuvres des vénérables maîtres de l’époque, et que mon ami en serait assurément stupéfait. Or, quand je la lui présentai, il ne manifesta nulle surprise : « Il y a des passages réussis, mais il manque encore un petit quelque chose », me dit-il en substance. J’en conçus une vive rancœur. Or, les esprits étroits, par excellence, ne se réjouissent jamais des succès d’autrui. Craignent-ils que louer autrui ne diminue leur propre valeur ? Ils cherchent toujours à critiquer les œuvres des autres, et une fois leur critique formulée, s’attendent à être admirés pour leur perspicacité. Mon ami ayant cette fâcheuse habitude, je rejetai aussitôt son jugement comme le simple produit de ce travers, le trouvant alors profondément méprisable.
何とかして友に鼻を明させて遣りたい。それには此短篇を何処かの雑誌へ載せるに限ると思った。雑誌へ載せれば、私の名も世に出る、万一したら金も獲られる、一挙両得だというような、愚劣な者の常として、何事も自分に都合の好い様にばかり考えるから、其様な虫の好い事を思って、友には内々で種々と奔走して見たが、如何しても文学の雑誌に手蔓がない。其中に或人が其は既に文壇で名を成した誰かに知己になって、其人の手を経て持込むが好いと教えて呉れたので、成程と思って、早速手蔓を求めて某大家の門を叩いた。
某大家は其頃評判の小説家であったから、立派な邸宅を構えていようとも思わなかったが、定めて瀟洒な家に住って閑雅な生活をしているだろうと思って、根岸の其宅を尋ねて見ると、案外見すぼらしい家で、文壇で有名な大家のこれが住居とは如何しても思われなかった。家も見窄らしかったが、主人も襟垢の附た、近く寄ったら悪臭い匂が紛としそうな、銘仙か何かの衣服で、銀縁眼鏡で、汚い髯の処斑に生えた、土気色をした、一寸見れば病人のような、陰気な、くすんだ人で、ねちねちとした弁で、面を看合せると急いで俯向いて了う癖がある。通されたのは二階の六畳の書斎であったが、庭を瞰下すと、庭には樹から樹へ紐を渡して襁褓が幕のように列べて乾してあって、下座敷で赤児のピイピイ泣く声が手に取るように聞える。
Je brûlais de lui rabattre son caquet. Pour cela, je pensai que la seule solution était de faire publier cette nouvelle dans une revue. Ma renommée éclaterait au grand jour et, avec un peu de chance, je gagnerais même de l'argent — d'une pierre deux coups. Comme tous les sots, je ne voyais les choses que sous l'angle qui m'arrangeait ; fort de cet optimisme béat, je multipliai les démarches en secret, mais je ne possédais aucun contact dans le milieu des revues littéraires. C'est alors que quelqu'un me suggéra de me faire connaître d'un auteur déjà établi et de passer par son entremise. L'idée me parut excellente : je cherchai un intermédiaire et allai frapper à la porte d'un certain "Grand Maître".
Ce dernier était alors un romancier en vogue. Je ne m'attendais certes pas à un palais, mais je l'imaginais vivant dans une demeure élégante, menant une existence raffinée et paisible. Je me rendis à son domicile, à Negishi. Ce fut une déception : la maison était misérable ; je ne pouvais croire qu'un écrivain aussi célèbre pût loger là. Non seulement le logis était pauvre, mais le maître des lieux lui-même me parut sinistre et terne. Il portait un vêtement en soie bon marché, le col encrassé, exhalant une odeur de renfermé qui menaçait de devenir fétide si l'on s'approchait trop. Il portait des lunettes à monture d'argent, une barbe sale poussant par plaques, et son teint terreux lui donnait l'air d'un malade. Sa voix était traînante, poisseuse, et il avait cette manie de baisser les yeux dès que nos regards se croisaient. On m'introduisit à l'étage, dans son bureau de six tatamis. En regardant par la fenêtre, je vis dans le jardin des cordes tendues d'arbre en arbre qui servaient de fils à linge, où séchaient des rangées de langes, tels des rideaux. De la pièce du bas, les pleurs d'un nourrisson montaient jusqu'à moi, d'une clarté exaspérante.
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Je résolus de lui faire ravaler son mépris. Pour cela, il n’y avait qu’un moyen : faire publier cette nouvelle dans quelque revue littéraire. Une fois publiée, mon nom serait connu ; peut-être même toucherais-je quelques honoraires — double avantage, pensais-je, comme le font toujours les esprits médiocres qui ne voient les choses qu’à travers le prisme de leur intérêt personnel. Nourrissant ces illusions égoïstes, je m’employai en secret à démarcher çà et là, mais en vain : je n’avais aucun contact dans le milieu des revues littéraires. Parmi mes démarches, quelqu’un m’apprit qu’il valait mieux se faire connaître d’un écrivain déjà reconnu dans le monde littéraire et lui confier le soin de présenter mon manuscrit. Convaincu par ce conseil, je me mis aussitôt en quête d’un contact et frappai à la porte d’un certain grand maître.
Ce grand maître était alors un romancier en vogue ; je ne m’attendais certes pas à une demeure somptueuse, mais je l’imaginais logé dans une maison élégante, menant une existence raffinée et paisible. Aussi, lorsque je me rendis à son domicile à Negishi, fus-je surpris de découvrir une maison d’une médiocrité déconcertante — impossible d’imaginer que ce fût là le logis d’un maître aussi renommé dans le monde littéraire. La demeure était modeste, mais le maître de maison l’était plus encore : vêtu d’un kimono en meisen ou quelque étoffe semblable, le col maculé de crasse, dégageant une odeur nauséabonde dès qu’on s’approchait, il portait des lunettes à monture d’argent, une barbe sale et clairsemée parsemait son visage au teint terreux ; à première vue, on l’aurait pris pour un malade, tant il avait l’air mélancolique et terne. Il parlait d’une élocution traînante et avait cette fâcheuse habitude, dès qu’on croisait son regard, de baisser aussitôt les yeux. On me conduisit dans son cabinet de travail, une pièce de six tatamis à l'étage. En jetant un coup d’œil sur le jardin en contrebas, j’aperçus des cordes tendues d’arbre en arbre, auxquelles pendaient des langes alignés comme un rideau pour sécher ; tandis que, depuis les pièces du rez-de-chaussée, les cris aigus d’un nourrisson parvenaient distinctement à mes oreilles.
私は甚く軽蔑の念を起した。殊に庭の襁褓が主人の人格を七分方下げるように思ったが、求むる所があって来たのだから、質樸な風をして、誰も言うような世辞を交ぜて、此人の近作を読んで非常に敬服して教えを乞いに来たようにいうと、先生畳を凝と視詰めて、あれは咄嗟の作で、書懸ると親類に不幸が有ったものだから、とかいうような申訳めいた事を言って、言外に、落着いて書いたら、という余意を含める。私は腹の中で下らん奴だと思ったが、感服した顔をして媚びたような事を言うと、先生万更厭な心持もせぬと見えて、稍調子付いて来て、夫から種々文学上の事に就いて話して呉れた。流石は大家と謂われる人程あって、驚くべき博覧で、而も一家の見識を十分に具えていて、ムッツリした人と思いの外、話が面白い。後進の私達は何の点に於ても敬服しなければならん筈であるが、それでも私は尚お軽蔑の念を去る事が出来なかった。で、終局に只ほんの看て貰えば好いように言って、雑誌へ周旋を頼む事は噫にも出さないで、持って行った短篇を置いて、下宿へ帰って来てから、又下らん奴だと思った。
Un profond mépris m'envahit. Ces langes dans le jardin, en particulier, dégradèrent à mes yeux de soixante-dix pour cent la dignité de cet homme. Cependant, comme j'étais venu quémander une faveur, je composai un visage humble. J'usai des flatteries d'usage, affirmant que j'avais lu ses dernières œuvres avec une immense admiration et que je venais solliciter ses conseils. Le "Maître", les yeux rivés sur le tatami, balbutia des excuses, expliquant que son dernier texte avait été écrit à la hâte à cause d'un deuil dans la famille, laissant entendre qu'il aurait fait bien mieux s'il avait eu l'esprit tranquille. Intérieurement, je le traitais de minable, mais je gardai mon masque admiratif et continuai mes flagorneries. Il sembla y prendre goût et, s'animant quelque peu, commença à disserter sur la littérature. Il fallait reconnaître qu'il ne volait pas son titre de maître : son érudition était stupéfiante et il possédait un jugement très sûr. Derrière ses abords taciturnes, il se révéla être un interlocuteur passionnant. En tant que débutant, j'aurais dû me sentir honoré, mais je ne pouvais me défaire de mon mépris. Finalement, je lui laissai mon manuscrit en prétendant vouloir simplement son avis, sans oser formuler ma demande de recommandation auprès d'une revue. De retour à ma pension, je me dis à nouveau : « Quel pauvre type ! »
Un profond mépris m’envahit. Plus encore, la vue de ces langes dans le jardin me fit penser qu’ils rabaissaient aux trois quarts le prestige personnel du maître. Mais ayant besoin de son aide, j’affectai un air modeste, entremêlai mes propos de flatteries convenues, et prétendis être venu, après avoir lu avec une grande admiration son œuvre récente, implorer son enseignement. Le maître fixa intensément les tatamis du regard, puis marmonna quelque chose comme : « Cette œuvre a été rédigée dans la précipitation ; à peine avais-je posé la plume que j’appris le décès d’un proche… » — une explication qui sous-entendait clairement : « Si j’avais eu le temps de me consacrer pleinement à l’écriture… » En mon for intérieur, je pensai : « Quel misérable personnage ! », mais affichant un visage admiratif, je lui adressai des paroles empreintes de flagornerie. Visiblement, le maître n’en éprouva nul déplaisir ; au contraire, il sembla prendre confiance et se mit à m’entretenir abondamment de divers sujets littéraires. Comme il se devait pour un homme qualifié de grand maître, il faisait preuve d’une érudition impressionnante, doublée d’une pensée originale et profonde ; et contrairement à l’image austère que je m’en étais faite, ses propos se révélèrent fort intéressants. Nous, jeunes écrivains que nous étions, aurions dû admirer en lui un modèle en tous points, et pourtant, je ne parvenais toujours pas à chasser ce sentiment de mépris. Aussi, à la fin de l’entretien, me contentai-je de lui demander poliment d’accorder un simple coup d’œil à mon manuscrit, sans même oser évoquer la possibilité qu’il le recommande à quelque revue. Après avoir déposé ma nouvelle, je regagnai ma pension, et chemin faisant, je me répétai une fois encore : « Quel misérable personnage. »
某大家は兎に角大家だ。私は青二才だ。何故私は此人を軽蔑したのか? 襟垢の附いた着物を着ていたとて、庭に襁褓が乾してあったとて、平生名利の外に超然たるを高しとする私の眼中に、貧富の差は無い筈である。が、私は実際先生の貧乏臭いのを看て、軽蔑の念を起したのだ。矛盾だ。矛盾ではあるが、矛盾が私の一生だ。
医者の不養生という。平生思想を性命として、思想に役せられている人に限って、思想が薄弱で正可の時の用に立たない。私の思想が矢張り其だった。
けれど、思想々々と大層らしく言うけれど、私の思想が一体何んだ? 大抵は平生親しむ書巻の中から拾って来た、謂わば古手の思想だ。此蒼褪めた生気のない古手の思想が、意識の表面で凝って髣髴として別天地を拓いている処を見ると、理想だ、人生観だというような種々の観念が美しい空想の色彩を帯びて其中に浮游していて、腹が減いた、銭が欲しいという現実界に比べれば、※(「しんにゅう+向」、第3水準1-92-55)に美しいように見える。浮気な不真面目な私は直ぐ好い処を看附けたという気になって、此別天地へ入り込んで、其処から現実界を眺めて罵しっていたのだ。我存在の中心を古手の思想に託して、夫で自ら高しとしていたのだ。が、私の別天地は譬えば塗盆へ吹懸けた息気のような物だ。現実界に触れて実感を得ると、他愛もなく剥げて了う、剥げて木地が露われる。古手の思想は木地を飾っても、木地を蝕する力に乏しい。木地に食入って吾を磨くのは実感だのに、私は第一現実を軽蔑していたから、その実感を得る場合が少く、偶得た実感も其取扱を誤っていたから、木地の吾を磨く足にならなかった。従って何程古手の思想を積んで見ても、木地の吾は矢張故のふやけた、秩序のない、陋劣な吾であった。
Un maître reste, quoi qu'on en dise, un maître. Quant à moi, je ne suis qu'un blanc-bec. Pourquoi donc ai-je éprouvé du mépris pour cet homme ? Que ses vêtements soient tachés de crasse au col, ou que des couches sèchent dans son jardin, cela ne devrait pas m'importer ; moi qui me targue d'être au-dessus des considérations de renommée ou de profit, je ne devrais faire aucune distinction entre la richesse et la pauvreté. Pourtant, en voyant la misère concrète de ce maître, j'ai bel et bien ressenti du mépris. C’est une contradiction. C’est une contradiction, certes, mais ma vie entière n'est faite que de cela.
On dit que les cordonniers sont les plus mal chaussés. Ce sont précisément ceux qui font de la pensée leur raison de vivre, et qui sont asservis par elle, dont la pensée s'avère si fragile qu'elle ne sert à rien au moment crucial. C’était exactement le cas de la mienne.
Pourtant, je parle de « pensée » avec de grands airs, mais qu’est-ce que ma pensée, au fond ? Ce n'est guère plus qu'un amas d'idées de seconde main, ramassées au fil de mes lectures habituelles. Quand je vois ces idées d'occasion, pâles et sans vie, se figer à la surface de ma conscience pour esquisser un semblant de monde à part, j'y vois flotter divers concepts — l'idéal, la vision de la vie — parés des couleurs de la fantaisie. Comparé au monde réel où l'on a faim et où l'on manque d'argent, ce monde-là semble infiniment plus beau. Inconstant et peu sérieux que je suis, je me suis empressé de croire que j'avais trouvé le bon refuge ; je m'y suis enfermé et, de là, j'ai observé le monde réel pour l'insulter. J'ai confié le centre de mon existence à ces idées d'emprunt, m'estimant supérieur grâce à elles.
Mais mon « monde à part » n'est rien d'autre que de la buée soufflée sur un plateau de laque. Dès qu'il entre en contact avec la réalité et qu'il se heurte aux sensations concrètes, il s'efface sans résistance, révélant le bois brut en dessous. Si les idées d'occasion peuvent décorer le bois, elles sont impuissantes à le transformer en profondeur. Ce qui entame le bois et nous façonne, c'est l'expérience vécue. Mais comme je méprisais la réalité par-dessus tout, j'ai eu peu d'occasions de vivre de telles expériences, et même quand j'en avais, je les traitais si mal qu'elles ne servaient jamais à polir mon être véritable. Par conséquent, j'avais beau accumuler des idées d'occasion, le bois brut de mon âme restait ce qu'il était : mou, désordonné et vil.
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Ce grand maître était, quoi qu’il en soit, un grand maître. Moi, je n’étais qu’un jeune blanc-bec. Pourquoi donc ai-je méprisé cet homme ? Certes, il portait un vêtement souillé de crasse au col, des langes séchaient dans son jardin ; or, selon mes principes affichés — qui faisaient de la transcendance des vanités mondaines une vertu suprême — les différences de condition auraient dû m’être parfaitement indifférentes. Et pourtant, en voyant de mes yeux l’aspect misérable de ce monsieur, un sentiment de mépris s’est levé en moi. Contradiction. Oui, contradiction — mais cette contradiction fut le fil même de mon existence.
Comme dit le proverbe, le médecin est le premier à négliger sa propre santé. De même, ceux qui font quotidiennement de la pensée leur raison d’être, qui se mettent au service des idées, sont précisément ceux dont la pensée se révèle la plus fragile, incapable de servir au moment décisif. Ma propre pensée n’échappait pas à cette loi.
Pourtant, quand je m’enorgueillis avec tant de solennité de « ma pensée », qu’est-elle donc, au fond ? Pour l’essentiel, des bribes glanées dans les livres que je fréquentais — de simples idées de seconde main. Ces idées fanées, dépourvues de souffle vital, se condensent à la surface de ma conscience et, tel un mirage, ouvrent un monde à part. En ce lieu flottent des notions comme « idéal », « vision de la vie », teintées des couleurs séduisantes d’une chimère. Comparé au monde réel, où l’on a faim, où l’on manque d’argent, cet univers apparaît d’une beauté saisissante. Moi, volage et superficiel, je crus aussitôt avoir trouvé le bon chemin : je m’engouffrai dans ce monde à part et, de cette hauteur illusoire, je contemplais le réel avec dédain, le vouant aux gémonies. Je fondais le centre de mon être sur ces idées de seconde main, et c’est par elles que je me croyais supérieur. Or, ce monde à part n’était guère plus consistant que le souffle déposé sur un plateau laqué. Dès que le contact avec le réel m’apportait une expérience authentique, cette pellicule s’effaçait sans résistance, se détachait, révélant le bois brut. Les idées de seconde main peuvent orner le bois brut, mais elles n’ont pas la force de le ronger. C’est l’expérience vécue qui pénètre le bois et affine le moi ; or, moi qui méprisais d’abord la réalité, j’avais peu d’occasions d’en recueillir, et les occasions que je rencontrais par hasard, je les traitais si maladroitement qu’elles ne servaient en rien à polir mon bois brut. Ainsi, aussi nombreuses que fussent les idées de seconde main que j’entassais, le bois brut de mon moi restait inchangé — toujours ce même moi flasque, désordonné, médiocre.
こうして別天地と木地の吾とは別々であったから、別天地に遊んでいる時と、吾に戻った時とは、勢い矛盾する。言行は始終一致しない。某大家に対しても、未だ会わぬ中は多少の敬意を有っていたけれど、一たび其人の土気色した顔が見え、襟垢が見え、襁褓が見えて想像中の人が現実の人となると、木地の吾が、貧乏だから下らんと、別天地では流行せぬ論法で論断して之を軽蔑して了ったのだ。
唯当時私はまだ若かったから、陋劣な吾にしても、私の吾には尚お多少の活気が有って、多少の活機を捉え得た。文壇の大家になると、古手の思想が凝固まって、其人の吾は之に圧倒せられ、纔に残喘を保っているようなのが幾らもある。斯ういう人が、現実に触れると、気の毒な程他愛の無い人になる。某大家が即ち其であった。だから、人生を論じ、自然を説いて、微を拆き、幽を闡く頭はあっても、目前で青二才の私が軽蔑しているのが、先生には終に見えなかったのだ。
Puisque ce monde idéal et mon moi véritable étaient ainsi dissociés, il y avait forcément une contradiction entre les moments où je m'égarais dans l'idéal et ceux où je redevenais moi-même. Mes paroles et mes actes étaient en perpétuel désaccord. En ce qui concerne ce maître, j'avais eu pour lui un certain respect tant que je ne l'avais pas rencontré. Mais dès que son visage terreux est apparu, que j'ai vu la crasse de son col et ses couches de bébé, l'homme de mon imagination est devenu un homme réel. Alors, mon moi véritable — celui du bois brut — a jugé, selon une logique qui n'a pas cours dans le monde des idées, que cet homme était méprisable car il était pauvre.
Seulement, à l'époque, j'étais encore jeune. Si vil que fût mon être, il possédait encore un peu de vitalité, une capacité à saisir quelques parcelles de vie. Chez certains grands maîtres du monde littéraire, les idées d'occasion [de seconde main] se sont tellement figées qu'elles finissent par écraser leur propre moi, lequel ne survit que dans un dernier souffle d'agonie. Quand ces gens-là touchent à la réalité, ils deviennent d'une impuissance pitoyable. Ce maître était ainsi. C'est pourquoi, bien qu'il ait eu l'esprit capable de disserter sur la vie, d'expliquer la nature et de démêler les mystères les plus subtils, il n'a jamais vu que, juste sous ses yeux, le blanc-bec que j'étais le méprisait.
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Dès lors, ce monde à part et le bois brut de mon moi étant séparés, mes attitudes lorsque j’y vagabondais et lorsque je redevenais moi-même entraient fatalement en contradiction. Paroles et actes manquaient constamment de cohérence. À l’égard de ce grand maître, tant que je ne l’avais pas rencontré, je nourrissais quelque respect ; mais dès que j’aperçus son visage terreux, la crasse sur son col, les langes étendus dans le jardin — bref, dès que l’homme imaginé devint chair et réalité —, le bois brut de mon moi le jugea selon un raisonnement banni de ce monde à part : « Pauvre, donc méprisable », et je le méprisai sur-le-champ.
Toutefois, à l’époque, j’étais encore jeune ; mon moi, même médiocre, conservait un reste de vitalité et était capable parfois de saisir une étincelle de vie authentique. Chez bien des grands maîtres du monde littéraire, en revanche, les idées de seconde main se sont à ce point figées qu’elles écrasent le moi propre, le réduisant à un état de survie précaire. Ce genre d’homme, confronté au réel, devient pathétiquement insignifiant. Ce grand maître en était l’exemple même. C’est pourquoi, bien que doté d’un esprit capable de discourir sur la vie, d’expliquer la nature, de disséquer les nuances les plus ténues et d’éclairer les mystères les plus obscurs, le maître ne perçut jamais le mépris que, debout devant lui, le jeune blanc-bec que j’étais éprouvait en silence à son égard.
二三日して行って見ると、先生も友と同じ様に、好い処も有るが、もう一息だというような事を言う。嘘だ。好い処も何も有るのじゃない。不出来だと直言が出来なくて斯う言ったのだ。先生も目が見えん人だが、私も矢張自分の事だと目が見えんから、其を真に受けて、書直して持って行くと、先生が気の毒そうに趣向をも少し変えて見ろと云う。言う通りに趣向をも少し変えて持って行くと、もう先生も仕方がない、不承々々に、是で好いと云う。なに、是で好い事は些も無いのだが、先生は気が弱くて、もう然う然うは突戻し兼たのだ。先生に曰わせると、之を後進に対する同情だという。何の同情の事が有るものか! 少しでも同情が有るなら、頭から叱付けて、文学などに断念させるが好いのだ。是が同情なら、同情は「※(「者/火」、第3水準1-87-52)え切らん」の別名だ。どうせ思想に囚われて活機の分らぬ人の為る事だから、お飾の思想を一枚剥れば、下からいつも此様な愛想の尽きた物が出て来るに不思議はないが、此方も此方だ、其様な事は少しも見えない。本当に是で好い事だと思って、其言葉の尾に縋って、何処かの雑誌へ周旋をと頼んだ。こんなのを盲目の紛れ当りと謂うのだろう。機を制せられて、先生も仕方がなさそうに是も受込む。私達の応対は活きた人には側で聴いていられたものであるまい。
一月程して私の処女作は或雑誌へ出た。初恋が霜げて物にならなかった事を書いたのだからとて、題は初霜だ。雪江さんの記念に雪江と署名した。先生が筆を加えて私の文は行方不明になった処も大分あったが、兎も角も自分の作が活字になったのが嬉しくて嬉しくて耐らない。雑誌社から送って来るのを待ちかねて、近所の雑誌店へ駆付けて、買って来て、何遍か繰返して読んでも読んでも読飽かなかった。真面目な人なら、此処らで自分の愚劣を悟る所だろうが、私は反て自惚れて、此分で行けば行々は日本の文壇を震駭させる事も出来ようかと思った。
Quand j'y retournai deux ou trois jours plus tard, le maître me tint le même discours que mon ami : il y avait du bon, disait-il, mais il manquait encore un petit quelque chose. C'était un mensonge. Il n'y avait rien de bon du tout. S'il parlait ainsi, c'est qu'il n'avait pas la force de me dire en face que mon travail était médiocre. Le maître était un aveugle, mais comme je l'étais tout autant dès qu'il s'agissait de moi-même, je pris ses paroles au pied de la lettre. Je réécrivis le texte et le lui rapportai. Cette fois, d'un air navré, il me suggéra de modifier quelque peu l'intrigue. Je suivis ses conseils et revins encore. À ce stade, le maître ne savait plus que faire ; de mauvaise grâce, il finit par déclarer : « Voilà qui est bien. »
En vérité, ce n'était pas bien du tout, mais le maître était d'un tempérament si faible qu'il ne pouvait plus se résoudre à me renvoyer une fois de plus. À l'en croire, c'était par « sympathie » pour un jeune disciple. Quelle sympathie ! S'il en avait eu la moindre trace, il m'aurait réprimandé vertement pour me pousser à abandonner la littérature. Si c’est cela qu'on appelle de la sympathie, alors la sympathie n'est qu'un autre nom pour la « complaisance lâche ». C'est ainsi que se comportent ceux qui, prisonniers de leurs pensées, ne comprennent rien aux ressorts de la vie : une fois qu'on retire le vernis de leurs idées de façade, il n'est pas surprenant de voir apparaître une telle absence de cœur. Mais de mon côté, je ne voyais rien non plus. Persuadé que mon œuvre était enfin aboutie, je m'accrochai à ses paroles et le suppliai de me recommander auprès d'une revue. C'est ce qu'on appelle sans doute « l'aveugle qui frappe juste par pur hasard ». Acculé, le maître sembla se résigner et accepta de s'en charger. Pour une personne douée de bon sens, nos échanges auraient été proprement insupportables à entendre.
Un mois plus tard, mon premier texte parut dans une revue. Comme j'y racontais comment mon premier amour s'était évanoui sous le givre sans jamais porter de fruits, je l'intitulai Premier Givre. En souvenir de Yukie, je signai du pseudonyme « Yukie ». Bien que la plume du maître ait fait disparaître de larges pans de ma prose, j'étais transporté par une joie indicible à l'idée de voir mes écrits imprimés. N'y tenant plus d'attendre l'exemplaire de l'éditeur, je courus à la librairie du quartier pour l'acheter ; je le lus et le relus sans jamais m'en lasser. Un homme sérieux aurait sans doute compris à ce moment-là sa propre médiocrité, mais je fus au contraire piqué de vanité, allant jusqu'à imaginer qu'à ce rythme, je finirais par faire trembler le monde littéraire japonais.
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Deux ou trois jours plus tard, lorsque j’y retournai, le maître, tout comme mon ami auparavant, me tint à peu près le même discours : « Il y a certes quelques passages réussis, mais il manque encore un petit quelque chose. » Mensonge. Il n’y avait là aucun mérite véritable. Il disait cela parce qu’il ne pouvait se résoudre à déclarer franchement que c’était mauvais. Le maître était certes aveugle ; mais moi aussi, aveuglé par mon propre cas, je pris ses paroles au pied de la lettre. Je réécrivis donc le manuscrit et le lui rapportai. Le maître, l’air presque peiné, me suggéra d’apporter encore quelques modifications à l’intrigue. Je suivis ses conseils, modifiai l’intrigue et revins le voir. Cette fois, n’ayant plus d’échappatoire, il céda de mauvaise grâce en murmurant : « Cela fera l’affaire. » Mais non, cela ne valait absolument rien ! C’était simplement par faiblesse de caractère qu’il ne pouvait plus se résoudre à me le renvoyer. Selon lui, c’était par sympathie envers un jeune écrivain. Quelle sympathie ! S’il avait eu ne serait-ce qu’une once de véritable bienveillance, il m’aurait sévèrement réprimandé et m’aurait conseillé d’abandonner définitivement la littérature ! Si cela s’appelle de la sympathie, alors la sympathie n’est qu’un synonyme de « ne pas se donner la peine de refuser franchement ». Après tout, chez les êtres prisonniers d’idées de seconde main, incapables de saisir le souffle vivant de l’existence, il n’est guère surprenant qu’en grattant la surface de leur idéologie de façade, on découvre invariablement une telle vacuité. Mais moi, de mon côté, j’étais aveugle : je ne discernais absolument rien. Persuadé que ce texte était réellement bon, je m’accrochai aux dernières paroles du maître et le suppliai instamment de bien vouloir le recommander à quelque revue. Cela s’appelle, je suppose, un « coup désespéré frappé dans l’obscurité ». Contraint par les circonstances, le maître, n’ayant plus d’autre issue, accepta finalement cette requête. Pour toute personne véritablement vivante, notre échange aurait été insoutenable à entendre.
Environ un mois plus tard, ma première œuvre vit le jour dans une revue littéraire. L’histoire relatant l’échec de mes premiers amours, flétris par le givre avant même d’avoir pu éclore, je lui avais donné pour titre Premier Givre. En hommage à Mademoiselle Yukie, je signai du pseudonyme « Yukie ». Le maître y avait apporté tant de corrections que mon texte d’origine avait en grande partie disparu ; mais quoi qu’il en soit, voir mon œuvre imprimée en caractères typographiques me comblait d’une joie indicible. Trop impatient d’attendre l’exemplaire que devait m’envoyer la revue, je me précipitai chez le libraire du quartier, achetai le numéro et le relus inlassablement, sans jamais me lasser. Une personne sensée aurait sans doute réalisé à cet instant combien elle était ridicule ; mais moi, au contraire, enflé d’orgueil, je me mis à songer qu’à ce rythme, je pourrais bien un jour ébranler l’ensemble du monde littéraire japonais.
聊かながら稿料も貰えたから、二三の友を招いて、近所の牛肉店で祝宴を開いて、其晩遂に「遊び」に行った。其時案外不愉快であったのは曾て記した通り。皆嬉しさの余りに前後を忘却したので。
これが私の小説を書く病付きで又「遊び」の皮切であったが、それも是も縁の無い事ではない。私の身では思想の皮一枚剥れば、下は文心即淫心だ。だから、些とも不思議はないが、同時に両方に夢中になってる中に、学校を除籍された。なに、月謝の滞りが原因だったから、復籍するに造作はなかったが、私は考えた、「寧その事小説家になって了おう。法律を学んで望み通り政治家になれたって、仕方がない。政治家になって可惜一生を物質的文明に献げて了うより、小説家になって精神的文明に貢献した方が高尚だ。其方が好い……」どうも仕方がない。活眼を開いて人生の活相を観得なかった私が、例の古手の旧式の思想に捕われて、斯う思ったのは仕方がないが、夫にしても、同じ思想に捕われるにしても、も少し捕えられ方が有りそうなものだった。物心一如と其様な印度臭い思想に捕われろではないが、所謂物質的文明は今世紀の人を支配する精神の発動だと、何故思れなかったろう? 物質界と表裏して詩人や哲学者が顧みぬ精神界が別にあると、何故思れなかったろう? 人間の意識の表面に浮だ別天地の精神界と違って、此精神界は着実で、有力で、吾々の生存に大関係があって、政治家は即ち此精神界を相手に仕事をするものだと、何故思われなかったろう? 此道理をも考えて、其上で去就を決したのなら、真面目な決心とも謂えようが……ああ、しかし、何の道思想に捕われては仕方がない。私は思想で、自ら欺いて、其様な浅墓な事を思っていたが、思想に上らぬ実際の私は全く別の事を思っていた。如何な事を思っていたかは、私の言う事では分らない、是から追々為る事で分る。
Ayant reçu une modeste rétribution pour mon texte, j'invitai deux ou trois amis dans un restaurant de viande des environs pour fêter l'événement. Ce soir-là, je me rendis enfin dans une maison de plaisir. J'ai déjà relaté ailleurs à quel point cette expérience fut, contre toute attente, déplaisante. Dans l'excès de notre joie, nous en avions perdu tout sens des réalités.
Ce fut là le début de ma maladie de l'écriture et le prélude à mes « plaisirs », mais tout cela n'était pas sans lien. Chez moi, dès que l'on gratte la fine couche de la pensée, on découvre que l'élan littéraire et l'obsession charnelle ne font qu'un. Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce que, perdu dans ces deux mondes à la fois, je finisse par être renvoyé de l'école. Certes, la cause officielle était un retard de paiement de mes frais de scolarité, et il m'aurait été facile d'être réintégré, mais je me fis cette réflexion : « Autant devenir romancier pour de bon. À quoi bon étudier le droit pour devenir le politicien que l'on attend de moi ? Plutôt que de sacrifier ma vie à la civilisation matérielle, il est bien plus noble de contribuer à la civilisation de l'esprit en écrivant des romans. C’est la meilleure voie… »
C'était plus fort que moi. Incapable d'ouvrir les yeux sur la réalité vivante de l'existence, je restais prisonnier de mes vieilles idées d'un autre âge. Mais même en étant ainsi enchaîné, j'aurais pu l'être avec un peu plus de discernement. Sans aller jusqu'à embrasser des idées aux relents mystiques comme l'unité de la matière et de l'esprit, pourquoi n'ai-je pas compris que la prétendue « civilisation matérielle » n'était que l'émanation de l'esprit dominant les hommes de ce siècle ? Pourquoi n'ai-je pas vu qu'il existait, indissociable du monde matériel, un monde spirituel délaissé par les poètes et les philosophes ? Pourquoi ne pas avoir compris que, contrairement au monde de l'esprit qui flotte à la surface de la conscience, ce monde-là est concret, puissant, et primordial pour notre survie — et que c’est précisément avec ce monde-là que traitent les politiciens ? Si j'avais pesé ces arguments avant de décider de mon sort, ma résolution aurait pu être qualifiée de sérieuse…
Hélas, qu'importe la voie, dès qu'on est l'esclave d'une pensée, tout est vain. Je m'abusais moi-même avec mes raisonnements superficiels, alors qu'au fond de moi, mon être véritable, celui qui n'accède pas à la pensée, aspirait à tout autre chose. Ce que j'espérais vraiment ne saurait être compris par mes simples paroles ; cela se révélera peu à peu par mes actes à venir.
Ayant perçu des droits d’auteur, certes modestes, j’invitai deux ou trois amis pour un banquet de célébration dans un restaurant de bœuf du quartier. Ce soir-là, je me rendis enfin dans une maison de plaisir. Comme je l’ai déjà rapporté, l’expérience fut étonnamment désagréable : nous avions tous, dans notre ivresse de joie, perdu toute retenue.
Ce fut là le début de ma « maladie » d’écrivain de nouvelles, ainsi que le premier pas vers ces « divertissements ». Mais rien dans tout cela n’est le fruit du hasard. En ce qui me concerne, il suffit d’ôter une seule couche d’idéologie pour découvrir, dessous, cette vérité crue : « l’esprit littéraire n’est qu’un esprit lubrique ». Il n’y a donc là rien d’étonnant. Pourtant, tandis que je m’abandonnais avec ferveur à ces deux penchants, je fus radié de l’école. Certes, la cause en était le retard dans le paiement des frais de scolarité, et il aurait été aisé de solliciter ma réintégration ; mais je me dis : « Plutôt que de persévérer dans cette voie, autant devenir romancier. Même si, en étudiant le droit, je parvenais à devenir politicien comme je l’espérais, à quoi bon ? Plutôt que de consacrer ma précieuse existence à la civilisation matérielle en devenant politicien, mieux vaut contribuer à la civilisation spirituelle en devenant romancier. C’est plus noble… C’est préférable… » Hélas, il n’y avait rien à faire. Moi qui n’avais pas su ouvrir un œil perspicace sur le visage vivant de l’existence, j’étais, comme à l’accoutumée, prisonnier de ces idées de seconde main, démodées et stériles. Et pourtant, même en étant prisonnier d’une telle idéologie, n’aurais-je pas pu faire preuve d’un peu plus de discernement ? Certes, je n’étais pas tenu d’adhérer à une pensée « à la manière indienne » telle que l’« unité du matériel et du spirituel », mais pourquoi n’ai-je pas compris que la civilisation matérielle, telle qu’on l’entend aujourd’hui, est précisément l’expression de l’esprit qui domine l’homme de ce siècle ? Pourquoi n’ai-je pas saisi qu’à côté du monde matériel existe un autre domaine spirituel, inséparable de celui-ci, que les poètes et les philosophes ont tendance à négliger ? Contrairement au « monde à part » qui flotte à la surface de la conscience humaine, ce domaine spirituel est concret, puissant, intimement lié à notre existence ; et le politicien, justement, œuvre dans ce domaine spirituel — pourquoi cette évidence ne m’est-elle pas apparue ? Si j’avais médité cette vérité avant de prendre ma décision, on aurait pu parler d’un choix mûrement réfléchi… Ah, mais à quoi bon ! Toute idéologie n’est qu’une prison. Je me suis moi-même trompé à travers l’idéologie, nourrissant ces pensées superficielles ; mais le moi réel, celui qui échappait à l’idéologie, pensait tout autre chose. Ce à quoi je pensais réellement, je ne saurais le dire moi-même ; ce sont mes actes à venir qui le révéleront peu à peu.
私は其時始て文士になろうと決心した、トサ後には人にも話していたけれど、事実でない。私は生来未だ曾て決心をした事の無い男だ。いつも形勢が既に定って動かすべからずなって、其形勢に制せられて始て決心するのだから、学校を除籍せられたばかりでは、未だ決心が出来なかった。唯下宿に臥転んでグズリグズリとして文士に為りそうになっていたのだ。
始めて決心したのは、如何してか不始末が国へ知れて父から驚いた手紙の来た時であった。行懸りで愚図々々はしていられなくなったから、始めて斯うと決心して事実を言って同意を求めてやると、父からは怒った手紙が来る、母からは泣いた手紙が来る。親達が失望して情ながる面は手紙の上に浮いて見えるけれど、こうなると妙に剛情になって、因襲の陋見に囚われている年寄の白髪頭を冷笑していた。親戚の某が用事が有って上京した序に、私を連れて帰ろうとしたが、私は頑として動かなかった。そこで学資の仕送りは絶えた。
こうなるは最初から知れていながら、私は弱った。仕方がないから、例の某大家に縋って書生に置いて貰おうとすると、先生は相変らずグズリグズリと煮切らなかったが、奥さんが飽迄不承知で、先生を差措いて、御自分の口から断然断られた。私は案外だった。頼めば二つ返事で引受けて呉れるとばかり思っていたから、親戚の者が連れて行こうとした時にも、言わでもの広言迄吐いて拒んだのだが、こう断られて見ると、何だか先生夫婦に欺かれたような気がして、腹が立って耐らなかった。世間の人は皆私の為に生きているような気でいたからだ。
J’ai prétendu plus tard, en le racontant à d’autres, que j’avais pris la décision de devenir homme de lettres à ce moment précis ; mais c’est faux. De nature, je n’ai jamais été homme à prendre des décisions de mon propre chef. C’est seulement lorsque la situation est déjà fixée, devenue immuable, et que je me retrouve acculé par les événements que je me résous enfin à décider. Ainsi, le simple fait d’être renvoyé de l’école ne suffit pas à provoquer chez moi une résolution. Je me contentais de traîner, affalé dans ma pension, glissant lentement, presque par inertie, vers la carrière d'écrivain.
Ma véritable décision ne tomba que lorsque mon inconduite fut ébruitée jusqu'au pays, me valant une lettre alarmée de mon père. Comme je ne pouvais plus tergiverser face à la tournure des événements, je me décidai enfin à agir : je déclarai mes intentions et demandai leur accord. Mon père répondit par une lettre de colère, ma mère par une lettre de larmes. Je voyais bien, à travers leurs écrits, leurs visages déçus et affligés, mais cela ne fit qu’attiser en moi une étrange obstination ; je me moquais de ces vieillards aux cheveux blancs, prisonniers de leurs préjugés ancestraux. Lorsqu'un parent profita d'un voyage à la capitale pour tenter de me ramener avec lui, je restai inflexible. C’est alors que les subsides pour mes études furent coupés.
Bien que je ne pusse ignorer que cela finirait ainsi, je me retrouvai fort dépourvu. N'ayant pas d'autre choix, j'allai implorer ce fameux maître de me prendre chez lui comme étudiant-secrétaire. Comme à son habitude, il resta hésitant, incapable de trancher. Mais sa femme, elle, fut absolument catégorique dans son refus ; écartant son mari, elle me signifia une fin de non-recevoir sans appel. J’en fus stupéfait. J’étais persuadé qu’il suffirait de demander pour qu'il accepte d'emblée ; j’avais même poussé l'arrogance jusqu'à rejeter les offres de ma famille avec des paroles méprisantes. Me voir ainsi éconduit me donna l'impression d'avoir été trahi par ce couple, et j'en conçus une rage folle. J’avais alors l'illusion que le monde entier n'existait que pour me servir.
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À ce moment-là, je prétendais avoir enfin décidé de devenir écrivain — et plus tard, je le répétai même à d’autres ; mais ce n’était pas vrai. Je suis un homme qui, par tempérament, n’a jamais véritablement pris de décision. Ma résolution ne surgit que lorsque les circonstances se sont figées, irrévocablement, et que je suis contraint par elles. Ainsi, le simple fait d’avoir été radié de l’école ne suffisait pas encore à forger ma détermination. Je ne faisais que traîner, allongé dans ma pension, tergiversant sans fin, glissant peu à peu vers le métier d’écrivain.
Ma première véritable résolution naquit lorsque, par quelque fâcheux concours de circonstances, mes déboires parvinrent jusqu’à mon village natal et que je reçus de mon père une lettre empreinte de stupeur. Pressé par les convenances, je ne pouvais plus tergiverser indéfiniment ; c’est alors seulement que je pris fermement ma décision, exposai les faits et sollicitai leur consentement. En réponse, mon père m’envoya une lettre furieuse, ma mère une lettre noyée de larmes. À travers ces pages, je voyais clairement flotter le visage de mes parents, déçus et emplis de tristesse ; mais à ce stade, une obstination étrange s’empara de moi, et je me mis à ricaner intérieurement devant la tête blanchie de ces vieillards prisonniers de préjugés conventionnels et étroits. Un parent, venu à Tokyo pour une affaire, profita de l’occasion pour tenter de me ramener au pays ; je refusai avec une obstination farouche. Dès lors, les envois d’argent pour mes études furent interrompus.
Pourtant, bien que j’eusse anticipé cette issue dès le départ, je me sentis désemparé. N’ayant d’autre recours, je me tournai vers ce même grand maître, le suppliant de bien vouloir m’accueillir comme disciple pensionnaire. Le maître, comme à son habitude, tergiversait sans parvenir à se décider ; mais son épouse, catégoriquement opposée, prit les devants et, de sa propre bouche, me refusa net. Je fus pris au dépourvu. J’avais toujours cru qu’une simple demande suffirait à obtenir un accord immédiat ; aussi, lorsque ce parent avait tenté de m’emmener, avais-je refusé avec des paroles hautaines, jurant que je n’en ferais qu’à ma tête. Face à ce refus sans équivoque, je ressentis soudain comme une trahison de la part du couple, et une colère indicible m’envahit. C’est que, dans mon for intérieur, j’avais toujours cru que le monde entier vivait pour moi.
もう斯うなっては、仕方がない、書けても書けんでも、筆で命を繋ぐより外仕方がない。食うと食わぬの境になると、私でも必死になる。必死になって書いて書いて書捲って、その度に、悪感情は抱いていたけれど、仕方がないから、某大家の所へ持って行って、筆を加えて貰った上に、売って迄貰っていた。其が為には都合上門人とも称していた。然うして一二年苦しんでいる中に、どうやら曲りなりにも一本立が出来るようになると、急に此前奥さんに断られた時の無念を想出して、夫からは根岸のお宅へも無沙汰になった。もう先生に余り用はない。先生は或は感情を害したかも知れないが、先生が感情を害したからって、世間が一緒になって感情を害しはすまいし……と思ったのではない、決して左様な軽薄な事は思わなかったが、私の行為を後から見ると、詰り然う思ったと同然になっている。
先生には用が無くなったが、文壇には用が有るから、私は広く交際した。大抵の雑誌には一人や二人の知己が出来た。こうして交際を広くして置くと、私の作が出た時に、其知己が余り酷くは評して呉れぬ。無論感服などする者は一人もない。私などに感服しては見識に関わる。何かしら瑕疵を見付けて、其で自分の見識を示した上で、しかし、まあ、可なりの作だと云う。褒る時には屹度然う云う。私は局量が狭いから、批評家等が誰も許しもせぬのに、作家よりも一段上座に坐り込んで、其処から曖昧な鑑識で軽率に人の苦心の作を評して、此方の鑑定に間違いはない、其通り思うて居れ、と言わぬばかりの高慢の面付が癪に触って耐らなかったが、其を彼此言うと、局量が狭いと言われる。成程其は事実だけれど、そう言われるのが厭だから、始終黙って憤っていた。其癖批評家の言う所で流行の趨く所を察して、勉めて其に後れぬようにと心掛けていた……いや、心掛けていたのではない、其様な不見識な事は私の尤も擯斥する所だったが、後から私の行為を見ると矢張然う心掛けたと同然になっている。
Dès lors, je n'avais plus le choix : que j'aie du talent ou non, il me fallait gagner ma vie à la pointe de ma plume. Quand on se trouve à la frontière entre manger et mourir de faim, on devient prêt à tout. Je me mis à écrire, à écrire sans relâche, frénétiquement. À chaque fois, malgré le ressentiment que je nourrissais, je n'avais d'autre recours que d'apporter mes manuscrits au maître pour qu'il les corrige et les vende. Pour la commodité des affaires, je me présentais même comme son disciple. Au bout d’un an ou deux de ce labeur acharné, alors que je commençais enfin à voler de mes propres ailes, le souvenir de l’affront subi autrefois auprès de sa femme me revint brusquement. Dès lors, je cessai toute visite à sa demeure de Negishi. Je n’avais plus besoin de lui. Le maître en fut peut-être offensé, mais je me disais que ce n'était pas parce qu'il l'était que le reste du monde le serait aussi... Non, je n'avais pas de pensées aussi légères sur le moment, mais avec le recul, ma conduite revient exactement à cela.
Si je n'avais plus besoin du maître, j'avais encore besoin du monde littéraire, et je m'appliquai donc à fréquenter beaucoup de monde. Je finis par compter un ou deux alliés dans la plupart des revues. Grâce à ce réseau étendu, mes œuvres, lorsqu'elles paraissaient, n'étaient jamais critiquées trop sévèrement par mes connaissances. Évidemment, personne n'était réellement admiratif. Admirer quelqu'un comme moi aurait entaché leur propre réputation de connaisseur. Ils commençaient toujours par débusquer quelques défauts pour prouver leur discernement, avant de conclure que, « ma foi, c’est une œuvre plutôt convenable ». C’était leur manière systématique de complimenter.
D’un tempérament étroit, j'étais exaspéré par ces critiques qui, sans l'autorisation de personne, s'installaient sur un piédestal au-dessus des auteurs pour juger avec une expertise douteuse et une désinvolture méprisante le fruit de nos labeurs, affichant une morgue qui semblait dire : « Mon jugement est sans appel, tiens-le toi pour dit ». Mais si j'osais m'en plaindre, on me taxait de mesquinerie. C'était sans doute vrai, mais comme je détestais cette étiquette, je me murais dans un silence colérique. Et pourtant, malgré moi, je restais à l'affût de ce que disaient ces critiques pour deviner les tendances du moment, m'efforçant de ne pas être à la traîne... Non, je ne m'en faisais pas consciemment une règle — ce genre de manque de conviction était ce que je méprisais le plus — mais à considérer mes actes rétrospectivement, c’est exactement comme si je m’y étais efforcé.
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Dès lors, il n’y avait plus d’issue : qu’il m’arrivât d’écrire ou non, je n’avais d’autre choix que de tenter de survivre grâce à ma plume. Lorsqu’on atteint le seuil entre manger et mourir de faim, même moi, je devenais désespéré. Je me mis donc à écrire, écrire, écrire sans relâche ; et chaque fois, bien que rongé par des sentiments amers, je n’avais d’autre solution que de me rendre chez ce grand maître, qui corrigeait mes textes et allait jusqu’à les vendre pour moi. Par pure convenance, je me faisais alors passer pour son disciple. Ainsi, après une ou deux années de labeur pénible, lorsque je parvins, tant bien que mal, à me suffire à moi-même, le souvenir du dépit ressenti lors du refus catégorique de son épouse me revint soudain à l’esprit. Dès lors, je cessai de me rendre à la demeure de Negishi. Je n’avais plus vraiment besoin du maître. Peut-être fut-il froissé ; mais je ne me disais certes pas : « Même si le maître est offensé, le monde entier ne va pas s’en offusquer… » Non, je n’eus jamais des pensées aussi légères. Pourtant, à observer rétrospectivement mes actes, il apparaît clairement que, en substance, c’est exactement ce que j’ai pensé.
Si je n’avais plus besoin du maître, le milieu littéraire, lui, me restait indispensable ; j'élargis donc activement mes relations. Dans la plupart des revues, je me fis une ou deux connaissances. Grâce à ce réseau, lorsque mes œuvres paraissaient, ces connaissances évitaient de les critiquer trop sévèrement. Naturellement, personne n’allait jusqu’à les admirer : s’extasier devant mes écrits eût été porter atteinte à leur discernement. Ils trouvaient toujours quelque défaut à pointer, histoire de faire valoir leur propre sagacité, puis ajoutaient, avec une feinte bienveillance : « Toutefois, c’est une œuvre plutôt réussie. » Lorsqu’ils daignaient me complimenter, c’était invariablement formulé ainsi. Mon esprit étant étroit, je ne pouvais supporter la vue de ces critiques qui, sans que personne ne leur ait accordé la moindre légitimité, s’installaient sans vergogne sur un siège plus élevé que celui des écrivains, et, de cette hauteur, jugeaient avec légèreté, à l’aide d’un prétendu discernement aussi flou que présomptueux, les œuvres péniblement conçues par autrui, arborant une arrogance muette qui semblait dire : « Mon jugement est infaillible ; soumettez-vous-y. » Mais si j’avais osé exprimer cette irritation, on m’aurait aussitôt reproché mon étroitesse d’esprit. Certes, c’était vrai ; mais, détestant entendre ce reproche, je préférais garder le silence et ronger mon frein. Paradoxalement, tout en méprisant ouvertement ces critiques, je guettais attentivement, dans leurs propos, la direction que prenaient les courants littéraires, m’efforçant de ne pas me laisser distancer… Non, je ne m’efforçais pas ainsi ; une telle conduite dénuée de discernement était précisément ce que je réprouvais le plus. Pourtant, à observer mes actes rétrospectivement, il est indéniable que, dans les faits, je procédais exactement de cette manière.
久らく文壇を彷徨している中に、当り作が漸く一つ出来た。批評家等は筆を揃えて皆近年の佳作だと云う。私は書いた時には左程にも思わなかったが、然う言われて見ると、成程佳作だ。或は佳作以上で、傑作かも知れん。私は不断紛々たる世間の批評以外に超然としている面色をしていて、実は非難されると、非常に腹が立って、少しでも褒められると、非常に嬉しかったのだ。
当り作が出てからは、黙っていても、雑誌社から頼みに来る、書肆から頼みに来る。私は引張凧だ……トサ感じたので、なに、二三軒からの申込が一時一寸累なったのに過ぎなかった。
嬉しかったので、調子に乗って又書くと、又評判が好い。斯うなると、世間の注目は私一身に叢まっているような気がして、何だか嬉しくて嬉しくて耐らないが、一方に於ては此評判を墜しては大変という心配も起って来た。で、平生は眼中に置かぬらしく言っていた批判家等に褒られたいが一杯で、愈文学に熱中して、明けても暮れても文学の事ばかり言い暮らし、眼中唯文学あるのみで、文学の外には何物もなかった。人生あっての文学ではなくて、文学あっての人生のような心持で、文学界以外の人生には殆ど何の注意も払わなかった。如何なる国家の大事が有っても、左程胸に響かなかった代り、文壇で鼠がゴトリというと、大地震の如く其を感じて騒ぎ立てた。之を又真摯の態度だとかいって感服する同臭味の人が広い世間には無いでもなかったので、私は老人がお宗旨に凝るように、愈文学に凝固まって、政治が何だ、其日送りの遣繰仕事じゃないか? 文学は人間の永久の仕事だ。吾々は其高尚な永久の仕事に従う天の選民だと、其日を離れて永久が別に有りでもするような事を言って、傲然として一世を睥睨していた。
À force de hanter les cercles littéraires, je finis par produire un véritable succès. Les critiques, unanimes, proclamèrent d'une seule voix que c'était là une des meilleures œuvres de ces dernières années. Je n'en avais pas pensé autant en l'écrivant, mais à force de l'entendre dire, je finis par me convaincre que c'était effectivement une œuvre de qualité — voire plus qu'une simple œuvre de qualité, peut-être un chef-d'œuvre. Je feignais d'ordinaire une indifférence souveraine face aux rumeurs du monde, mais la moindre critique, en vérité, me mettait hors de moi et le plus petit éloge me transportait de joie.
Après ce succès, les sollicitations affluèrent sans que j'aie à lever le petit doigt : les revues me réclamaient, les éditeurs me courtisaient. J'eus l'impression d'être la coqueluche du moment... enfin, ce n'était rien de plus que deux ou trois commandes qui s'étaient malencontreusement chevauchées.
Grisé par ce plaisir, je me remis à écrire avec ardeur, et l'accueil fut de nouveau favorable. J'en vins à croire que les yeux du monde entier étaient rivés sur ma seule personne. J'en ressentais une joie infinie, doublée cependant d'une sourde angoisse : celle de voir cette réputation s'effondrer. Dès lors, obsédé par le désir de plaire à ces mêmes critiques que je prétendais mépriser, je me plongeai corps et âme dans la littérature. J'en parlais du matin au soir ; elle était devenue mon seul horizon, le reste n'existait plus. Ce n'était plus la littérature au service de la vie, mais la vie au service de la littérature. Les grands enjeux nationaux ne m'effleuraient plus ; en revanche, le moindre frémissement dans le milieu littéraire résonnait en moi comme un séisme. Comme il se trouvait toujours quelques esprits partageant mes travers pour admirer ce qu'ils appelaient ma « sincérité », je m'enfermai dans mon art comme un vieillard s'accroche à sa religion. « Qu'est-ce que la politique ? » disais-je. « Un simple expédient pour gérer le quotidien ! La littérature, elle, est l'œuvre éternelle de l'humanité. Nous sommes les élus de Dieu voués à cette tâche noble et impérissable. » Je parlais de l'éternité comme si elle existait en dehors du temps présent, je toisait le siècle avec arrogance.
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Après avoir longtemps erré dans le monde littéraire, j’eus enfin une œuvre qui connut le succès. Les critiques, d’une seule voix, la saluèrent comme l’une des meilleures productions de ces dernières années. Je n’y avais attaché guère d’importance lorsque je l’avais rédigée mais je me dis, à les entendre : « Tiens, en effet, c’est une bonne œuvre. Peut-être même davantage — un chef-d’œuvre, qui sait ? » J’affichais en permanence un air de détachement face aux jugements contradictoires du monde, mais en vérité, la moindre critique me mettait en colère, tandis que le moindre éloge me comblait de joie.
Dès la parution de cette œuvre, sans que j’eusse à solliciter quoi que ce soit, revues et maisons d’édition vinrent me démarcher. « Je suis devenu un cerf-volant que l’on tire par les ficelles », pensai-je un instant… Mais non, ce n’était en réalité qu’une brève accumulation de demandes de deux ou trois éditeurs, légèrement encombrante.
Enchanté, j’écrivis de nouveau, emporté par l’enthousiasme, et cette nouvelle œuvre fut à nouveau bien accueillie. Dès lors, j’eus l’impression que l’attention du monde entier se concentrait sur ma seule personne ; une joie indicible m’envahissait, mais naquit aussi l’angoisse de ternir cette réputation. Ainsi, bien que j’eusse naguère prétendu mépriser les critiques, je brûlais désormais d’obtenir leurs éloges. Je me plongeai de plus en plus dans la littérature, n’en parlant plus que du matin au soir ; mes yeux ne voyaient plus que la littérature, et rien d’autre. Ce n’était plus la littérature issue de la vie, mais la vie subordonnée à la littérature. Je ne prêtai guère attention à l’existence en dehors du milieu littéraire : les plus grandes affaires d’État ne résonnaient guère en moi, tandis que le moindre bruit dans le monde littéraire — fût-ce le grattement d’une souris — me secouait comme un séisme et me jetait dans l’agitation. Et comme il se trouvait, dans ce vaste monde, des esprits partageant mes penchants qui admiraient cette attitude en la qualifiant de « sincère », je m’enfonçai dans la littérature comme un vieillard s’obstine dans sa secte. « Et la politique ? Un simple travail de routine, éphémère ! La littérature, elle, est l’œuvre éternelle de l’humanité. Nous sommes le peuple élu du ciel, voué à cette noble tâche éternelle », disais-je, comme si l’éternité existait en dehors du quotidien, contemplant le monde avec une arrogance souveraine.
文学上では私は写実主義を執っていた。それも研究の結果写実主義を是として写実主義を執たのではなくて、私の性格では勢い写実主義に傾かざるを得なかったのだ。
写実主義については一寸今の自然主義に近い見解を持って、此様な事を言っていた。
写実主義は現実を如実に描写するものではない。如実に描写すれば写真になって了う。現実の(真とは言わなかった)真味を如実に描写するものである。詳しく言えば、作家のサブジェクチウィチー即ち主観に摂取し得た現実の真味を如実に再現するものである。
人生に目的ありや、帰趨ありや? 其様な事は人間に分るものでない。智の力で人生の意義を掴まんとする者は狂せずんば、自殺するに終る。唯人生の味なら、人間に味える。味っても味っても味い尽せぬ。又味わえば味わう程味が出る。旨い。苦中にも至味はある。其至味を味わい得ぬ時、人は自殺する。人生の味いは無限だけれど、之を味わう人の能力には限りがある。
唯人は皆同じ様に人生の味を味わうとは言えぬ。能く料理を味わう者を料理通という。能く人生を味わう者を芸術家という。料理通は料理人でない如く、能く人生を味わう芸術家は能く人生を経理せんでも差支えはない。
道徳は人生を経理するに必要だろうけれど、人生の真味を味わう助にはならぬ。芸術と道徳とは竟に没交渉である。
是が私の見解であった。浅薄はさて置いて、此様な事を言って、始終言葉に転ぜられていたから、私は却て普通人よりも人生を観得なかったのである。
En littérature, je me réclamais du réalisme. Ce n'était pas tant le fruit d'une étude approfondie que la pente naturelle de mon caractère. Concernant le réalisme, j'avais une vision assez proche du naturalisme actuel, et je tenais ce genre de discours :
« Le réalisme n'est pas la description brute de la réalité. Si l'on décrivait tout tel quel, on n'obtiendrait qu'une photographie. Le réalisme consiste à peindre fidèlement la saveur de la réalité (je ne disais pas la "vérité"). Plus précisément, il s'agit de reproduire fidèlement la saveur de la réalité telle qu'elle a été saisie par la subjectivité de l'auteur.
La vie a-t-elle un but, une direction ? L'homme est incapable de le savoir. Celui qui tente de saisir le sens de la vie par la seule force de l'intellect finit soit fou, soit suicidé. Mais la saveur de la vie, elle, peut être goûtée. On a beau la goûter encore et encore, on n'en voit jamais le bout. Plus on la goûte, plus elle gagne en profondeur. C'est exquis. Même dans la souffrance, il y a une saveur suprême. C'est quand on ne parvient plus à la goûter que l'on se donne la mort. Les saveurs de la vie sont infinies, mais la capacité de l'homme à les apprécier est limitée.
Tout le monde ne goûte pas la vie de la même manière. Celui qui sait apprécier la cuisine est un gourmet ; celui qui sait apprécier la vie est un artiste. De même qu'un gourmet n'est pas forcément cuisinier, l'artiste qui goûte la vie n'a pas besoin de savoir la gérer.
La morale est peut-être nécessaire à la gestion de l'existence, mais elle n'aide en rien à en savourer l'essence. L'art et la morale n'ont, au fond, aucun rapport. »
Telle était ma vision. Sans même parler de sa superficialité, à force de me laisser griser par mes propres mots, je finis par comprendre la vie bien moins qu'un homme ordinaire.
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Je défendais à ce sujet une conception proche, à bien des égards, du naturalisme contemporain, et j’exprimais ainsi mes vues :
« Le réalisme ne consiste pas à dépeindre la réalité de manière littérale. Une telle description ne ferait qu’imiter la photographie. Il s’agit de restituer fidèlement la véritable saveur de la réalité (je ne disais pas “vérité”). Plus précisément : reproduire avec justesse la saveur authentique de la réalité telle qu’elle a été assimilée par la subjectivité — c’est-à-dire le regard intérieur — de l’écrivain. »
« La vie a-t-elle un but ? Une destination ultime ? De telles questions dépassent l’entendement humain. Celui qui tente de saisir le sens de l’existence par la seule force de l’intellect finit, s’il n’est pas frappé de folie, par se donner la mort. Seule la saveur de la vie est accessible à l’homme. On peut la savourer sans jamais en épuiser la richesse ; plus on la goûte, plus elle révèle de nuances. Elle est délicieuse. Même dans l’amertume se cache une saveur exquise. C’est lorsqu’on ne parvient plus à goûter cette saveur suprême que l’homme choisit le suicide. La saveur de la vie est infinie, mais la capacité de l’homme à la savourer est limitée. »
« Toutefois, tous les hommes ne savourent pas la vie de la même manière. Celui qui sait apprécier les mets est un gourmet ; celui qui sait goûter la vie est un artiste. De même qu’un connaisseur n’est pas nécessairement un cuisinier, un artiste qui savoure pleinement la vie n’a nul besoin d’être habile à administrer l’existence. »
« La morale est sans doute utile pour administrer la vie, mais elle n’aide en rien à en goûter la véritable saveur. L’art et la morale sont, en définitive, fondamentalement étrangers l’un à l’autre. »
Telle était ma conception. Mettant de côté son caractère superficiel, le fait que, constamment balloté par les mots, je professais de telles idées fit que j’étais en réalité moins capable d’observer la vie que l’homme ordinaire.
私の文学上の意見も大業だが、文学については先あ其様な他愛のない事を思って、浮れる積もなく浮れていた。で、私の意見のようにすると、味わるるものは人生で、味わうものは作家の主観であるから、作家の主観の精粗に由て人生を味わう程度に深浅の別が生ずる。是に於て作家は如何しても其主観を修養しなければならん事になる。
私は行々は大文豪になりたいが一生の願だから、大に人生に触れて主観の修養をしなければならん。が、漠然人生に触れるの主観を修養するのと言ってる中は、意味が能く分っているようでも、愈実行する段になると、一寸まごつく。何から何如手を着けて好いか分らない。政治や実業は人生の一現象でも有ろうけれど、其様な物に大した味はない筈である。といって教育でもないし、文壇は始終触れているし、まあ、社会現象が一番面白そうだ。面白いというのは其処に人生の味が濃かに味わわれる謂である。社会現象の中でも就中男女の関係が最も面白そうだが、其面白味を十分に味わおうとするには、自分で実験しなければならん。それには一寸相手に困る。人の恋をするのを傍観するのは、宛も人が天麩羅を喰ってるのを観て其味を想像するようなものではあるけれど、実験の出来ぬ中は傍観して満足するより外仕方がない。が、新聞の記事では輪廓だけで内容が分らない。内容を知るには、恋する男女の間に割込んで、親しく其恋を観察するに限るが、恋する男女が其処らに落こちても居ない。すると、当分まず恋の可能を持っている若い男女を観察して満足して居なければならん。が、若い男を観察したって詰らない。若い男の心持なら、自分でも大抵分る。恋の可能を持っている若い女の観察が当面の急務だ。と、こう考え詰めて見ると、私の人生研究は詰り若い女の研究に帰着する。
Mes opinions littéraires étaient peut-être grandioses, mais je me laissais porter par ces futilités sans même m'en rendre compte. Si l'on suivait mon raisonnement, l'objet à savourer était la vie, et l'instrument pour la savourer était la subjectivité de l'écrivain. Par conséquent, la profondeur de cette dégustation dépendait de la finesse de l'esprit de l'auteur. Il devenait donc impératif pour un écrivain de cultiver et de raffiner sa propre subjectivité.
Comme mon vœu le plus cher était de devenir un jour un immense auteur, je me devais de me frotter à la vie pour cultiver mon esprit. Mais si ces concepts de « contact avec la vie » ou de « culture de la subjectivité » semblaient clairs en théorie, le passage à la pratique me laissait perplexe. Je ne savais par quel bout commencer. La politique ou les affaires étaient certes des phénomènes de l'existence, mais ils ne devaient pas avoir grand goût. L'éducation ne m'intéressait pas non plus, et je baignais déjà dans le milieu littéraire. Au fond, les phénomènes sociaux me semblaient le terrain le plus prometteur. Par « prometteur », j'entendais : là où la saveur de la vie est la plus intense.
Et parmi tous les phénomènes sociaux, ce sont les relations entre hommes et femmes qui paraissaient les plus savoureuses. Or, pour en goûter pleinement la substance, il fallait expérimenter soi-même. C'est là que le bât blessait : je manquais de partenaire. Observer les amours des autres, c'est comme regarder quelqu'un manger des tempuras et essayer d'en imaginer le goût ; faute de pouvoir expérimenter, il faut bien se contenter du spectacle. Cependant, les articles de journaux n'en donnent que les grandes lignes, sans la substance. Pour connaître le fond des choses, l'idéal serait de s'immiscer entre deux amants et d'observer leur passion de près, mais on ne trouve pas à chaque coin de rue des couples à étudier.
Je devais donc me résoudre, pour un temps, à observer de jeunes gens ayant un « potentiel amoureux ». Mais observer de jeunes hommes n'offrait aucun intérêt : je connaissais déjà trop bien, pour les éprouver moi-même, leurs sentiments. L'urgence absolue était donc l'étude des jeunes femmes. En poussant ce raisonnement jusqu'au bout, mon « étude de la vie » se résumait finalement à une étude des jeunes femmes.
で、帰着点は分ったが、矢張実行が困難だ。若い女を研究するといって、往来に衝立っていて通る女に一々触れもされん。勢い私の手の届く所から研究に着手する外はない。が、私の手の届く所だと、まず下宿屋のお神さんや下女になる。下宿屋のお神さんは大抵年を喰ってる。若いお神さんはうッかり触れると危険だ。剰す所は下女だが、下女ではどうも喰い足りない。忙がしそうにしている所を捉まえて、一つ二つ物を言うと、もう何番さんかでお手が鳴る。ヘーイと尻上りに大きな声で返事をして、跡をも閉めずにドタドタと座敷を駈出して行くのでは、余り没趣味だ。下女が没趣味だとすると、私の身分ではもう売女に触れて研究する外はないが、これも大店は金が掛り過るから、小店で満足しなければならん。が、小店だと、相手が越後の国蒲原郡何村の産の鼻ひしゃげか何かで、私等が国さでと、未だ国訛が取れないのになる。往々にして下女にも劣る。尤も是は少し他に用事も有ったから、其用事を兼ねて私は絶えず触れていたが、どうしても、どう考えて見ても、是では喰い足らん。どうも素人の面白い女に撞着って見たい。今なら直ぐ女学生という所だが、其時分は其様な者に容易に接近されなかったから、私は非常に煩悶していた。
馬鹿なッ! 其様な事を言って、私は女房が欲しくなったのだ。
Le but était fixé, mais l'exécution restait ardue. Étudier les jeunes femmes ne signifie pas que l'on peut aborder n'importe quelle passante dans la rue. J'étais bien obligé de commencer mes recherches là où j'avais mes entrées. Mais dans mon périmètre immédiat, il n'y avait guère que la patronne de ma pension ou la servante. La patronne était généralement d'un âge avancé, et s'approcher d'une patronne plus jeune était un jeu dangereux. Il restait la servante, mais c'était un plat bien frugal. À peine l'attrapait-on entre deux corvées pour échanger quelques mots qu'une sonnette retentissait dans une autre chambre. Elle répondait alors d'une voix de tête tonitruante et s'élançait hors de la pièce dans un fracas de pas lourds, sans même prendre la peine de refermer la porte. Cela manquait totalement de poésie.
Puisque la servante manquait de charme, un homme de ma condition n'avait d'autre choix que de se tourner vers les courtisanes pour ses recherches. Mais les maisons de luxe étaient hors de prix, et je devais me contenter des établissements de second ordre. Là, je tombais sur des filles originaires de quelque village perdu du district de Kambara, avec le nez écrasé et un accent du terroir dont elles ne parvenaient pas à se défaire. Elles étaient souvent moins raffinées que la servante. Certes, j'avais d'autres besoins à satisfaire, alors je les fréquentais assidûment sous couvert de mes recherches, mais j'avais beau retourner la question dans tous les sens, cela ne me suffisait pas. Je brûlais de rencontrer une femme « du monde », une amatrice intéressante. Aujourd'hui, on se tournerait vers les étudiantes, mais à l'époque, il était impossible de les approcher. J'en étais réduit à une terrible angoisse.
Quelle stupidité ! Sous couvert de tous ces grands mots, j'avais simplement une envie folle de me trouver une femme.
人生の研究というような高尚な事でも、私なぞの手に掛ると、詰り若い女に撞着りたいなぞという愚劣な事になって了う。普通の人なら青年の中は愚を意識して随分愚な真似もしようけれど、私は其を意識しなかった。矢張私共でなければ出来ぬ高尚な事のように思って、切に若い女に撞着りたがっている中に、望む所の若い女が遂に向うから来て撞着った。
それは小石川の伝通院脇の下宿に居る時であった。此下宿は体裁は余り好くなかったが、それでも所謂高等下宿で、学生は大学生が一人だったか、二人だったか、居たかと思う。余は皆小官吏や下級の会社員ばかりで、皆朝から弁当を持って出懸けて、午後は四時過でなければ帰って来ぬ連中だから昼の中は家内が寂然とする程静かだった。
私は此家で一番上等にしてある二階の八畳の部屋を占領していた。なに、一番上等といっても、元来下宿屋に建てた家だから、建前は粗末なもので、動もすると障子が乾反って開閉に困難するような安普請ではあったが、形の如く床の間もあって、年中鉄舟先生やら誰やらの半折物が掛けてあって、花活に花の絶えたことがない……というと結構らしいが、其代り真夏にも寒菊が活てあったりする。造花なのだ。これは他の部屋も大同小異だったが、唯た一つ他の部屋にはなくて、此部屋ばかりにある、謂わば此部屋の特色を成す物があった。それは姿見で、唐草模様の浮出した紫檀贋いの縁の、対うと四角な面も長方形になる、勧工場仕込の安物ではあったけれど、兎も角も是が上等室の標象として恭しく床の間に据えてあった。下にもまだ八畳が一間あったが、其処には姿見がなかった。同じような部屋でありながら、間代が其処より此処の方が三割方高かったのは、半分は此姿見の為だったかとも思われる。
Même une entreprise aussi noble que l’étude de la vie humaine se réduisait invariablement, entre des mains telles que les miennes, à une pensée aussi mesquine que le désir de rencontrer une jeune femme. Un homme ordinaire, dans sa jeunesse, aurait sans doute conscience de sa propre bêtise tout en agissant bêtement ; mais moi, je n'en avais pas conscience. Persuadé que je me livrais à une quête élevée dont moi seul étais capable, je brûlais de rencontrer cette jeune femme idéale... quand, finalement, celle que j'espérais vint d'elle-même à ma rencontre.
Cela se passait à l'époque où je logeais dans une pension près du temple Denzuin, à Koishikawa. La maison n'avait pas si fière allure, mais c'était ce qu'on appelait une « pension de haut rang ». Il s'y trouvait, je crois, un ou deux étudiants de l'Université impériale. Les autres locataires n'étaient que des petits fonctionnaires ou des employés de bureau subalternes qui partaient dès le matin avec leur boîte à repas et ne rentraient qu'après seize heures. En pleine journée, la maison était si calme qu'elle semblait déserte.
J'occupais la pièce la plus luxueuse : une chambre de huit nattes au premier étage. Enfin, quand je dis « luxueuse », comme c'était une maison construite dès l'origine pour servir de pension, la structure était rudimentaire. Les boiseries étaient si bon marché que les cloisons coulissantes finissaient par se gondoler, rendant leur ouverture difficile. Il y avait pourtant, pour la forme, une alcôve ornée en permanence d'une calligraphie du maître Tesshu ou de quelque autre célébrité, et le vase n'était jamais dépourvu de fleurs... Cela aurait pu paraître élégant, si ce n'est qu'on y trouvait des chrysanthèmes d'hiver en plein été. C'étaient des fleurs artificielles. Toutes les chambres étaient à peu près logées à la même enseigne, à une exception près. Ma chambre possédait un objet unique qui faisait toute sa distinction : un grand miroir sur pied. Le cadre, en faux bois de rose sculpté de motifs d'arabesques, était de si piètre qualité qu'il transformait un visage carré en un rectangle allongé — une babiole bon marché achetée dans un bazar — mais, quoi qu'il en soit, ce miroir trônait fièrement dans l'alcôve comme le symbole d'une chambre de standing. Il y avait au rez-de-chaussée une autre pièce de huit nattes, mais sans miroir. Si ma chambre coûtait trente pour cent de plus que celle du bas, c'était sans doute à moitié à cause de ce miroir.
部屋は此通り余り好くはなかったが、取得は南向で、冬暖かで夏涼しかった。其に一番尽頭の部屋で階子段にも遠かったから、他の客が通り掛りに横目で部屋の中を睨んで行く憂いはなかった。
も一つ好い事は――部屋の事ではないが、此家は下宿料の取立が寛大だった。亭主は居るか居ないか分らんような人で、お神さん一人で繰廻しているようだったが、快活で、腹の大きい人で、少し居馴染んだ者には、一月二月下宿料が滞っても、宜しゅうございます、御都合の好い時で、といってビリビリしない。収入の不定な私には是が何よりだったから、私は二年越此家に下宿して居た。
或日朝から出て昼過に帰ると、帳場に看慣れぬ女が居る。後向だったから、顔は分らなかったが、根下りの銀杏返しで、黒縮緬だか何だかの小さな紋の附いた羽織を着て、ベタリと坐ってる後姿が何となく好かったが、私がお神さんと物を言ってる間、其女は振向いても見ないで、黙って彼方向いて烟草を喫っていた。
部屋へ来る跡から下女が火を持って来たから、捉まえて聞くと、今朝殆ど私と入違いに尋ねて来たのだそうで、何でもお神さんの身寄だとかで、車で手荷物なぞも持って来たから、地方の人らしいと云う。唯其切で、下女の事だから要領を得ない。
「如何な女だい?」
「あら、今御覧なすったじゃ有りませんか?」
「後向きで分らなかった。」
「別品ですよ」、といって下女は莞爾々々している。
「丸顔かい?」
「いいえ、細面でね……」
「色は如何なだい? 白いかい?」
下女は黙って私の面を見ていたが、
「大層お気が揉めますのね。何なら、もう一遍下へ行って見ていらしッたら……」
誰にでも翻弄されると、途方に暮れる私だから、拠どころなく苦笑として黙って了うと、下女は高笑して出て行って了った。
La chambre n'était pas fameuse, mais elle avait l'avantage d'être exposée au sud, chaude en hiver et fraîche en été. De plus, située tout au bout du couloir et loin de l'escalier, je n'avais pas à craindre les regards indiscrets des autres clients passant devant ma porte.
Un autre point positif — qui ne concernait pas la pièce elle-même — était la souplesse de la maison pour le paiement du loyer. On ne savait jamais si le patron était là ou non ; c'était sa femme qui gérait tout. C'était une femme gaie, au cœur large, qui ne se formalisait pas si les habitués prenaient un mois ou deux de retard. « Ce n'est rien, payez quand cela vous arrangera », disait-elle sans jamais insister lourdement. Pour moi, dont les revenus étaient irréguliers, c'était une bénédiction. Voilà pourquoi je logeais là depuis plus de deux ans.
Un jour, étant sorti le matin, je rentrai peu après midi et aperçus à la réception une femme que je ne connaissais pas. Elle me tournait le dos, je ne pus donc voir son visage, mais avec sa coiffure en chignon ichogaeshi retombant sur la nuque et son manteau haori de crêpe noir orné d'un petit blason familial, et sa silhouette posée, assise avec une tranquille assurance, quelque chose en elle m’attira. Pendant que je parlais à la patronne, cette femme ne se retourna pas une seule fois ; elle fumait sa cigarette en silence, regardant ailleurs.
Une fois dans ma chambre, la servante m'apporta des braises pour mon foyer. Je la retins pour l'interroger. Elle me dit que l'inconnue était arrivée presque au moment de mon départ le matin même. C'était apparemment une parente de la patronne ; elle était venue en pousse-pousse avec des bagages, ce qui laissait supposer qu'elle arrivait de province. C'était tout ce que la servante savait, et ses explications restaient vagues.
— Comment est-elle ? Demandai-je.
— Oh ! Mais vous ne l'avez pas vue, à l'instant ?
— Elle me tournait le dos, je n'ai pas pu voir.
— C'est une beauté, dit la servante avec un large sourire.
— Elle a le visage rond ?
— Non, plutôt ovale…
— Et son teint ? Est-elle blanche de peau ?
La servante me regarda un instant en silence, puis s'exclama :
— Eh bien, vous voilà bien impatient ! Si ça vous tourmente à ce point, pourquoi ne redescendez-vous pas jeter un coup d'œil ?
Étant de ceux qui perdent tous leurs moyens dès qu'on se moque d'eux, je me contentai d'un sourire forcé et me tus. La servante sortit de la pièce en éclatant de rire.
軈て夕飯時になった。部屋々々へ膳を運ぶ忙がしそうな足音が廊下に轟いて、何番さんがお急ぎですよ、なぞと二階から金切声で聒しく喚く中を、バタバタと急足に二人ばかり来る女の足音が私の部屋の前で止ると、
「此方が一番さんで、夫から二番さん三番さんと順になるンですから何卒……」
というのは聞慣れた小女の声で、然う言棄てて例の通り端手なくバタバタと引返して行く。
と、跡に残った一人が障子の外に蹲まった気配で、スルスルと障子が開いたから、見ると、彼女だ、彼女に違いない。私は急いで余所を向いて了ったから、能くは、分らなかったが、何でも下女の話の通り細面で、蒼白い、淋しい面相の、好い女だ……と思った。年頃は二十五六……それとも七か……いや、八か……女の歳は私には薩張分らない。もう羽織はなしで、紬だか銘仙だか、夫とも更と好い物だか、其も薩張分らなかったが、何しても半襟の掛った柔か物で、前垂を締めて居たようだった。障子を明けると、上目でチラと私の面を見て、一寸手を突いて辞儀をしてから、障子の影の膳を取上て、臆した体もなくスルスルと内へ入って来て、「どうもお待せ申しまして」、といいながら、狼狽している私の前へ据えた手先を見ると、華奢な蒼白い手で、薬指に燦と光っていたのは本物のゴールド、リングと見た。正可鍍金じゃ有るまい、飯櫃も運び込んでから、
「お湯はございますか知ら。」
と火鉢の薬鑵を一寸取って見て、
「まだ御座いますようですね。じゃ、お後にしましょう。御緩くりと……」
と会釈して、スッと起った所を見ると、スラリとした後姿だ。ああ、好い風だ、と思っている中に、もう部屋を出て了って、一寸小腰を屈めて、跡を閉めて、バタバタと廊下を行く。
Bientôt vint l’heure du dîner. Des pas pressés martelèrent le couloir, accompagnés du vacarme des plateaux qu’on apportait dans chaque chambre, tandis qu’une voix stridente lançait depuis le haut de l’escalier : « Le client de telle chambre est pressé ! ». Au milieu de ce vacarme, le bruit de pas rapides de deux femmes s'arrêta net devant ma porte.
— C'est ici la chambre numéro un, puis viennent les numéros deux et trois dans l'ordre, alors je vous en prie...
C'était la voix familière de la petite servante qui, sitôt ces mots jetés, s'en retourna d'un pas lourd et brusque selon son habitude.
Celle qui restait s'accroupit derrière la cloison ; j'entendis le glissement fluide du shoji qui s'ouvrait. C'était elle, aucun doute là-dessus. Je détournai précipitamment le regard, si bien que je ne pus l'observer en détail, mais elle correspondait à la description de la servante : un visage ovale, pâle, une physionomie empreinte d'une certaine mélancolie... une belle femme, pensai-je. Elle devait avoir vingt-cinq ou vingt-six ans... ou peut-être vingt-sept... ou vingt-huit ? L'âge des femmes est pour moi un mystère total. Elle ne portait plus son haori, mais une robe en pongée ou en soie meisen — ou peut-être quelque chose de plus fin encore, je l'ignorais — en tout cas, c'était un vêtement souple avec un faux col brodé, et elle portait un tablier. En ouvrant la cloison, leva brièvement les yeux vers moi, s'inclina légèrement les mains au sol, puis saisit le plateau resté dans l'ombre du couloir. Elle entra d'un pas assuré, sans la moindre trace de timidité.
— Je vous ai fait bien attendre, dit-elle.
Tandis qu'elle posait le plateau devant moi, alors que j'étais en plein désarroi, je fixai ses mains : des mains frêles, d'une blancheur d'albâtre. À son annulaire, un éclat vif attira mon regard : une bague en or véritable, à n'en point douter. Ce n'était sûrement pas du vulgaire plaqué. Après avoir apporté le récipient à riz, elle inspecta la bouilloire sur le brasero.
— Y a-t-il encore de l'eau chaude ? demanda-t-elle. On dirait qu'il en reste. Alors je repasserai plus tard. Prenez votre temps...
Elle me salua et se redressa d'un mouvement fluide ; sa silhouette s'élança avec grâce. « Ah, quelle allure ! », pensai-je tandis qu'elle quittait déjà la pièce. Elle s'inclina légèrement pour refermer la cloison, puis ses pas vifs s'éloignèrent dans le couloir.
別段異った事もない。小娘でないから、少しは物慣れた処もあったろうが、其は当然だ。風に一寸垢脱のした処が有ったかも知れぬが、夫とても浮気男の眼を惹く位の価値で大した女ではなかったのに、私は非常に感服して了った。尤も私の不断接している女は、厭にお澄しだったり、厭に馴々しかったりして、一見して如何にも安ッぽい女ばかりだったから、然ういうのを看慣れた眼には少しは異って見えたには違いない。
何物だろうと考えて見たが、分らない。或は黒人上りかとも思ってみたが、下町育ちは山の手の人とは違う。此処のお神さんも下町育ちだと云う。そういえば、何処か様子に似た処もある。或は下町育ちかも知れぬとも思った。
素性は分らないが、兎に角面白そうな女だから、此様なのを味わったら、女の真味が分るかも知れん。今に膳を下げに来たら、今度こそは勇気を振起して物を言って見よう、私のように黙って居ては、何時迄経っても接近は出来ん、なぞと思っていると、隣室で女の笑い声がする。下女の声ではない。今のに違いない。隣の俗物め、もう捉まえて戯言でも言ってると見える。
Rien d'extraordinaire en soi. Ce n’était pas une jeune fille inexpérimentée ; il était donc naturel qu'elle ait une certaine aisance. Peut-être y avait-il dans son maintien une légère touche de raffinement un peu forcée, mais même ainsi, ce n’était pas une femme d’une beauté exceptionnelle, capable tout au plus d’attirer le regard d’un libertin ordinaire. Et pourtant, je fus profondément impressionné. Certes, les femmes que je fréquentais habituellement étaient soit trop guindées, soit trop familières, et toutes semblaient, au premier coup d’œil, d’une vulgarité criante ; à des yeux habitués à de telles créatures, elle ne pouvait manquer d’apparaître quelque peu différente.
Qui pouvait-elle bien être ? Je l’ignorais. Je me dis qu’elle était peut-être une femme issue des quartiers populaires, mais les gens élevés dans les quartiers populaires diffèrent de ceux des quartiers résidentiels huppés. La patronne de la pension, paraît-il, venait également des quartiers populaires. À y réfléchir, il y avait effectivement dans son allure quelque chose qui rappelait la patronne. Peut-être était-elle de la même extraction.
Ses origines m'échappaient, mais c'était assurément une femme intéressante. En la « savourant », je finirais peut-être par comprendre la véritable essence de la féminité. « Quand elle reviendra chercher le plateau, je prendrai mon courage à deux mains pour lui adresser la parole. Si je reste muet comme une carpe, je ne m'en approcherai jamais », me disais-je. C'est alors que j'entendis des éclats de rire féminins dans la chambre voisine. Ce n'était pas la voix de la servante. C'était la sienne, j'en étais sûr. « Ce rustre de voisin ! Il l’a déjà interceptée et lui adresse quelque propos galant », me dis-je intérieurement.
其晩膳を下げに来るかと心待に待っていたら、其には下女が来て、女は顔を見せなかった。翌朝は女が膳を運んで来たが、卒となると何となく気怯れがして、今は忙しそうだから、昼の手隙の時にしよう、という気になる。で、言うべき文句迄拵えて、掻くようにして昼を待っていると、昼が来て、成程手隙だから、他の者は遊んでいて小女が膳を運んで来る。
三四日経った。いつも女の助けるのは朝晩の忙がしい時だけで、昼は顔も出さない。考えて見ると、奉公人でないから其筈だが、私は失望した。顔は度々合せるから漸く分ったが、能く見ると、雀斑が有って、生際に少し難が有る。髪も更少し濃かったらと思われたが、併し何となく締りのあるキリッとした面相で、私は矢張好いと思った。名はお糸といってお神さんの姪だとか云う。皆下女からの復聞だ。
何とかして一日も早く接近したいが、如何も顔を合せると、物が言えなくなる。昼間廊下で行逢った時など、女は小腰を屈めて会釈するような、せんような、曖昧な態度で摺脱けて行く。其様な時に接近したがってる事は色にも出さずに、ヒョイと、軽く、些と話に入らッしゃい、とか何とか言ったら、最終には来るようになるかも知れんとは思うけれど、然う思うばかりで、私の口は重たくて、ヒョイと、軽く、其様な事が言えない。
Ce soir-là, j'attendis avec une impatience fébrile qu'elle revienne pour débarrasser le couvert, mais ce fut la servante qui vint ; la jeune femme ne se montra point. Le lendemain matin, elle m'apporta mon plateau, mais au moment décisif, une sorte de timidité m'envahit : « Elle a l'air occupée, me dis-je, j'attendrai le moment plus calme de midi. » Je préparai mes phrases, les peaufinant avec une hâte anxieuse en attendant midi ; mais quand l'heure vint, la maison était certes calme, mais les autres se reposaient et ce fut la petite bonne qui m'apporta mon repas.
Trois ou quatre jours passèrent ainsi. Elle ne prêtait main-forte que le matin et le soir, lors du coup de feu, et ne se montrait jamais à midi. À bien y réfléchir, c'était tout naturel, puisque ce n'était pas une domestique, mais j'en fus dépité. À force de la croiser, je finis par mieux distinguer ses traits : en y regardant de près, elle avait quelques taches de rousseur, et l'implantation de ses cheveux manquait un peu de régularité. On aurait pu souhaiter une chevelure plus dense, mais sa physionomie dégageait une fermeté, une distinction qui continuait de me séduire. Elle s'appelait O-Ito et était, disait-on, la nièce de la patronne. Tout cela, je le tenais de la servante.
Je brûlais de parvenir, le plus tôt possible, à nouer un contact ; mais dès que nos regards se croisaient, les mots s'étranglaient dans ma gorge. Lorsqu'on se croisait dans le couloir en journée, elle passait avec une attitude indéfinissable — inclinant légèrement les hanches comme pour saluer, ou peut-être pas —, glissant sans s'arrêter. Je me disais que si je parvenais à dissimuler mon désir de l'approcher pour lui lancer d'un ton léger et désinvolte : « Venez donc bavarder un instant », elle finirait peut-être par venir. Mais j'avais beau le penser, ma langue restait lourde ; je restais incapable de cette légèreté.
度々面を合せても物を言わんから、段々何だか妙に隔てが出来て来て、改めて物を言うのが最う変になって来る。此分だと、余程何か変った事が、例えば、火事とか大地震とかがあって、人心の常軌を逸する場合でないと、隔ての関を破って接近されなくなりそうだ。ああ、初て部屋へ来た時、何故私は物を言わなかったろうと、千悔万悔、それこそ臍を噬むけれど、追付かない。然るに、私は接近が出来ないで此様なに煩悶しているのに、隣の俗物は苦もなく日増しに女に親しむ様子で、物を言交す五分間がいつか十分二十分になる。何だか知らんが、睦まじそうに密々話をしているような事もある。一度なんぞ女に脊中を叩かれて俗物が莞爾々々している所を見懸けた。私は気が気でない……
藻掻いていると、確か女が来てから一週間目だったかと思う、朝からのビショビショ降りが昼過ても未だ止まない事があった。鬱陶敷て、気が滅入って、幾ら書いても思う様に書けないから、私はホッとして、頭を抱えて、仰向に倒れて茫然としていたが、
「早く如何かせんと不好!」
と判然と独言をいって起反った。独言は小説に関係した事ではないので、女の事なので。
すると、余り遠くでない、去迚近くでもない何処かで、ポツンポツンと意気な音がする。隣の家で能く琴を浚っているが、三味線を弾いてた事はない。それに隣にしては近過ぎる。家には弾く者は無い筈だが……と耳を澄していると、軈て歌い出す声は如何しても家だ。例のに違いない。
私は起上ってブラリと廊下へ出た。
À force de nous croiser sans échanger un mot, une étrange distance s'installa, rendant toute tentative de conversation presque incongrue. À ce train-là, je sentais qu'il faudrait un événement extraordinaire — un incendie ou un grand séisme capable de bousculer les conventions — pour briser cette barrière et créer une proximité. Ah ! pourquoi n'avais-je pas parlé la première fois qu'elle était entrée dans ma chambre ? Je me perdais en regrets éternels, je m'en mordais les doigts, mais il était trop tard. [Mille regrets, dix mille remords me rongeaient — c'était mordre mon nombril de désespoir, mais il était trop tard]. Et tandis que je me tourmentais ainsi, ce rustre de voisin, lui, semblait s'en rapprocher chaque jour sans le moindre effort ; leurs échanges de cinq minutes passèrent à dix, puis à vingt. Je ne savais ce qu'ils se disaient, mais ils semblaient parfois chuchoter avec une grande complicité. Une fois, je surpris même une scène où elle lui tapotait le dos tandis qu'il rayonnait de bonheur. Je n'en pouvais plus...
J'étais en pleine agonie quand, une semaine environ après son arrivée, une pluie fine qui tombait depuis le matin refusa de s'arrêter et continua sans relâche tout l'après-midi. L'atmosphère était lugubre, mon humeur sombre ; je n'arrivais à écrire quoi que ce fût comme je l'entendais. Désespéré, je me tenais la tête à deux mains, renversé sur le dos, l'esprit vide, avant de me redresser brusquement en lâchant tout haut :
— « Il faut que je fasse quelque chose, et vite ! »
Ce monologue n'avait rien à voir avec mon roman ; il concernait la jeune femme.
C'est alors que, d'un endroit ni trop loin, ni tout à fait proche, s'élevèrent quelques notes de musique élégantes. On entendait souvent la voisine d'à côté s'exercer au koto, mais jamais au shamisen. Et puis, le son semblait trop proche pour venir de la maison voisine. Personne chez nous n'était censé en jouer... Je prêtai l'oreille : la voix qui s'éleva alors ne laissait aucun doute, cela venait de chez nous. C'était elle, à n'en point douter.
Je me levai et sortis d'un pas nonchalant dans le couloir.
廊下へ出て耳を澄して見たが、三味線は聞えても、矢張歌が能く聞えない。が、愈例のに違いないから、私は意を決して裏梯子を降りて、大廻りをして、窃そり台所近くへ来て見ると、誰も居ない。皆其隣の家の者の住居にしてある座敷に塊まっているらしい。好い塩梅だと、私は椽側に佇立んで、庭を眺めている風で、歌に耳を傾けていた。
好い声だ。たッぷりと余裕のある声ではないが、透徹るように清い、何処かに冷たい処のあるような、というと水のようだが、水のように淡くはない、シンミリとした何とも言えぬ旨味のある声だ。力を入れると、凛と響く。脱くと、スウと細く、果は藕の糸のようになって、此世を離れて暗い無限へ消えて行きそうになる時の儚さ便りなさは、聴いている身も一緒に消えて行きそうで、早く何とかして貰いたいような、もうもう耐らぬ心持になると、消えかけた声が又急に盛返して来て、遂にパッと明るみへ出たような気丈夫な声になる。好い声だ。節廻しも巧だが、声を転がす処に何とも言えぬ妙味がある。ズッと張揚げた声を急に落して、一転二転三転と急転して、何かを潜って来たように、パッと又浮上るその面白さは……なぞと生意気をいうけれど、一体新内をやってるのだか、清元をやってるのだか、私は夢中だった。
Je sortis dans le couloir et tendis l'oreille, mais si le son du shamisen m'arrivait bien, je ne distinguais toujours pas les paroles. Pourtant, certain que c'était elle, je pris mon courage à deux mains : je descendis l'escalier de service, fis un grand détour et me glissai furtivement près de la cuisine. Il n'y avait personne. Apparemment, tous s'étaient rassemblés dans la pièce voisine, qui servait de logement aux employés. Profitant de cette chance, je restai planté sur la galerie, feignant de contempler le jardin, alors que chaque fibre de mon être était tendue vers le chant.
Quelle voix magnifique ! Ce n'était pas une voix puissante ou ample, mais elle possédait une clarté limpide, avec une pointe de froideur — un peu comme l'eau, mais sans en avoir la fadeur ; c'était une voix d'une saveur indescriptible, intime et profonde. Lorsqu'elle y mettait de la force, le son résonnait avec une pureté vibrante. Lorsqu'elle relâchait l'effort, la voix s'étirait, devenant fine, ténue, jusqu'à ressembler au fil de lotus qui, sur le point de se rompre, semble s'évanouir hors de ce monde vers une obscurité infinie ; cette fragilité, cette précarité vous saisissaient l'auditeur à un point tel qu'il se sentait lui-même sur le point de se dissoudre avec elle. On en arrivait à un état de tension insupportable, implorant presque un dénouement, quand soudain la voix mourante reprenait de la vigueur pour éclater de nouveau, pleine de bravoure, comme si elle jaillissait en pleine lumière. Quelle voix ! Le phrasé était habile, mais c'était la manière dont elle modulait les sons qui portait une grâce indicible. Cette façon de monter haut la voix puis de la laisser brusquement chuter, de tourner, retourner, pivoter encore, comme pour plonger sous quelque surface avant de resurgir soudain — quel plaisir !… Je me permets ces remarques présomptueuses, alors qu'en vérité j'ignorais si c'était du Shinnai ou du Kiyomoto ; j'étais simplement envoûté.
俗曲は分らない。が、分らなくても、私は大好きだ。新内でも、清元でも、上手の歌うのを聴いていると、何だか斯う国民の精粋とでもいうような物が、髣髴として意気な声や微妙な節廻しの上に顕われて、吾心の底に潜む何かに触れて、何かが想い出されて、何とも言えぬ懐かしい心持になる。私は之を日本国民の二千年来此生を味うて得た所のものが、間接の思想の形式に由らず、直に人の肉声に乗って、無形の儘で人心に来り逼るのだとか言って、分明な事を不分明にして其処に深い意味を認めていたから、今お糸さんの歌うのを聴いても、何だか其様なように思われて、人生の粋な味や意気な味がお糸さんの声に乗って、私の耳から心に染込んで、生命の髄に触れて、全存在を撼がされるような気がする。
お糸さんの顔は椽側からは見えないけれど屹度少しボッと上気して、薄目を開いて、恍惚として我か人かの境を迷いつつ、歌っているに違いない。所謂神来の興が中に動いて、歌に現を脱かしているのは歌う声に魂の入っているので分る。恐らくもう側でお神さんや下女の聴いてることも忘れているだろう。お糸さんは最う人間のお糸さんでない。人間のお糸さんは何処へか行って了って、体に俗曲の精霊が宿っている、而してお糸さんの美音を透して直接に人間と交渉している。お糸さんは今俗曲の巫女である、薩満である。平生のお糸さんは知らず、此瞬間のお糸さんはお糸さん以上である、いや、人間以上で神に近い人である。
Je ne connais rien aux chants populaires. Pourtant, même sans les comprendre, je les adore. Qu'il s'agisse de Shinnai ou de Kiyomoto, lorsque j'écoute un interprète de talent, il me semble que quelque chose comme l'essence même de notre peuple se manifeste dans ces accents fiers et ces mélodies subtiles. Quelque chose au plus profond de mon cœur est touché, des souvenirs s'éveillent, et je suis envahi par une nostalgie indicible. Je me plaisais à dire que c'était là le fruit de deux mille ans d'expérience de la vie du peuple japonais, une essence qui, au lieu de passer par le filtre de la pensée abstraite, s'emparait directement de la voix humaine pour s'imposer à l'âme sous une forme immatérielle. Je trouvais une profonde signification dans cette idée, même si je la formulais de manière obscure ; et en écoutant chanter O-Ito, je ressentais exactement cela. La saveur raffinée et vaillante de la vie portée par sa voix s'infiltrait par mes oreilles jusqu'à mon cœur, touchait la moelle de mon existence et faisait vaciller tout mon être.
Depuis ma place sous l'avant-toit, je ne pouvais voir le visage d'O-Ito, mais je l'imaginais sans peine : les joues légèrement empourprées par l'effort, les yeux mi-clos, chantant dans une extase si profonde qu'elle devait avoir perdu la frontière entre elle-même et le monde extérieur. Je devinais qu'une inspiration divine l'animait, que son âme habitait chaque note de ce chant où elle s'oubliait. Elle avait sans doute déjà oublié la présence de la patronne ou de la servante à ses côtés. O-Ito n'était plus, à cet instant, la simple mortelle qu'elle était d'ordinaire. La femme nommée O-Ito s'était retirée quelque part, et à sa place, l'esprit même du chant populaire habitait son corps, communiquant directement avec les humains à travers la beauté de sa voix. Oito était devenue, en cet instant, une prêtresse, une chamane du chant populaire. La O-Ito de tous les jours, je l'ignorais ; mais cette O-Ito-ci, en cet instant fugace, dépassait la simple humanité — non, elle était plus que humaine, elle touchait au divin.
斯う思うと、時としては斯うして人間を離れて芸術の神境に出入し得るお糸さんは尋常の人間でないように思われる。お糸さんの人と為りは知らないが、歌に於て三味線に於てお糸さんは確に一個の芸術家である、事に寄ると、芸術家と自覚せぬ芸術家である。要するに、俗物でない。
私も不肖ながら芸術家の端くれと信ずる。お糸さんの人となりは知らないでも、芸術家の心は唯芸術家のみ能く之を知る。此下宿に客多しと雖も、能くお糸さんを知る者は私の外にあるまい。私の心を解し得る者も、お糸さんの外には無い筈である……と思うと、まだ碌に物を言た事もないお糸さんだけれど、何だかお糸さんが生れぬ前からの友のように思われて、私は……ああ、私は……
Cette pensée me convainquit qu'O-Ito n'était pas une personne ordinaire, puisqu'elle pouvait ainsi quitter sa condition humaine pour fréquenter le domaine sacré de l'art. Je ne connaissais rien de son caractère, mais par son chant et son jeu de shamisen, elle était assurément une artiste — peut-être même une artiste qui s'ignorait. En somme, tout sauf une vulgaire personne ordinaire.
Moi-même, malgré mon indignité, je me flatte d'être un peu artiste. Et si je ne connais pas la femme, seul un artiste peut comprendre le cœur d'un autre artiste. Bien que cette pension compte de nombreux clients, aucun, j'en suis sûr, ne connaît O-Ito aussi bien que moi. Et personne d'autre qu'elle ne saurait comprendre mon propre cœur... À cette pensée, bien que nous n'ayons pas encore échangé de véritables paroles, O-Ito me parut être une amie de toujours, une âme sœur rencontrée avant même notre naissance, et je... oh, moi…
Moi aussi, bien que de peu de valeur, je me considère comme un humble représentant du monde des artistes. Je puis ne pas connaître la personne qu'est Oito, mais le cœur d'un artiste, seul un artiste peut véritablement le comprendre. Parmi tous les pensionnaires de cette maison, il n'y a sans doute personne, hormis moi, qui puisse réellement comprendre Oito. Et parmi tous les êtres humains, il n'y a sans doute personne, hormis Oito, qui puisse comprendre mon cœur… À cette pensée, bien que je n'eusse encore échangé avec Oito que quelques paroles insignifiantes, il me semblait qu'elle était mon amie depuis avant même ma naissance, et moi… ah, moi…
私の下宿ではいつも朝飯が済んで下宿人が皆出払った跡で、緩くり掃除や雑巾掛をする事になっていた。お糸さんは奉公人でないから雑巾掛には関係しなかったが、掃除だけは手伝っていたので、いつも其時分になると、お掃除致しましょうと言っては私の部屋へ来る。私は内々其を心待にしていて、来ると急いで部屋を出て椽側を彷徨く。彷徨きながら、見ぬ振をして横目でチョイチョイ見ていると、お糸さんが赤い襷に白地の手拭を姉様冠りという甲斐々々しい出立で、私の机や本箱へパタパタと払塵を掛けている。其を此方から見て居ると、お糸さんが何だか斯う私の何かのような気がして、嬉しくなって、斯うした処も悪くないなと思う。
ところが、お糸さんが三味線を弾いた翌朝の事であった。万事が常よりも不手廻りで、掃除にもいつも来るお糸さんが来ないで、小女が代りに来たから、私は不平に思って、如何したのだと詰るようにいうと、今日はお竹どんが病気で寝ているので、受持なんぞの事を言っていられないのだと云う。其なら仕方が無いようなものだけれど、小女のは掃除するのじゃなくて、埃をほだてて行くのだから、私が叱り付けてやったら、小女は何だか沸々言って出て行った。
Dans la pension, il était d'usage de faire le ménage et de passer la serpillière une fois le petit-déjeuner terminé et tous les pensionnaires partis. Comme O-Ito n'était pas une employée, elle ne s'occupait pas de la serpillière, mais elle aidait pour le reste ; aussi, vers cette heure-là, elle venait toujours dans ma chambre en disant : « Je viens faire le ménage ». Secrètement, j'attendais ce moment avec impatience. Dès qu'elle arrivait, je m'empressais de sortir pour faire les cent pas sur la galerie. Tout en déambulant, je feignais l'indifférence mais je l'observais du coin de l'œil : O-Ito, les manches relevées par un cordon rouge et un linge blanc noué sur la tête à la façon des jeunes servantes, époussetait avec entrain mon bureau et mes étagères de livres. La contempler ainsi me donnait l'étrange impression qu'elle était en quelque sorte « à moi », et cela me remplissait de joie. « Après tout, vivre ici n'est pas si mal », pensais-je.
Pourtant, le matin qui suivit sa soirée au shamisen, rien ne se passa comme prévu. Le ménage traînait et ce ne fut pas O-Ito, mais la petite bonne qui vint faire le ménage. Mécontent, je lui demandai sèchement ce qu'il se passait. Elle me répondit qu'O-Take était malade et alitée, et qu'on ne pouvait donc plus se soucier des attributions de chacun. C'était sans doute une raison valable, mais le travail de cette petite bonne ne consistait pas à nettoyer, mais plutôt à soulever la poussière ; je la réprimandai vertement et elle sortit en maugréant je ne sais quoi.
暫くして用を達しに行こうと思って、ヒョイと私が部屋を出ると、何時来たのか、お糸さんがツイ其処で、着物の裾をクルッと捲った下から、華美な長襦袢だか腰巻だかを出し掛けて、倒さになって切々と雑巾掛けをしていた。私の足音に振向いて、お邪魔様といって、身を開いて通して呉れて、お糸さんは何とも思っていぬ様だったが、私は何だか気の毒らしくて、急いで二階を降りて了った。
用を達してから出て来て見ると、手水鉢に水が無い。小女は居ないかと視廻す向うへお糸さんが、もう雑巾掛も済んだのか、バケツを提げてやって来たが、ト見ると、直ぐ気が附いて、
「おや、そうだッけ……只今直ぐ持って参りますよ。」
と駈出して行って、台所から手桶を提げて来て、
「お待遠様。」
とザッと水を覆ける時、何処の部屋から仕掛けたベルだか、帳場で気短に消魂しくチリリリリリンと鳴る。
お神さんが台所から面を出して、
「誰も居ないのかい? 十番さんで先刻からお呼なさるじゃないか。」
「へい、只今……」
とお糸さんが矢張下女並の返事をして、
「お三どん新参で大狼狽……」
と私の面を見て微笑しながら、一寸滑稽た手附をしたが、其儘所体崩して駈出して、表梯子をトントントンと上って行く。
Peu après, alors que je sortais de ma chambre pour aller aux toilettes, je tombai nez à nez avec O-Ito. Elle était déjà là, je ne l'avais pas entendue arriver. Elle avait retroussé le bas de son kimono, laissant apparaître un jupon ou un sous-vêtement de soie coloré, et, penchée en avant, elle frottait vigoureusement le sol à la serpillière. Au bruit de mes pas, elle se retourna et me dit simplement : « Excusez-moi de vous déranger », tout en s'écartant pour me laisser passer. Elle semblait n'y attacher aucune importance, mais moi, je me sentis étrangement confus et je m'empressai de descendre l'escalier.
En revenant, je m'aperçus qu'il n'y avait plus d'eau dans le bac en pierre pour se laver les mains. Je cherchais la petite bonne du regard quand je vis O-Ito arriver, un seau à la main — elle avait sans doute fini les sols. Elle remarqua immédiatement le bac vide.
— Oh, c'est vrai... Je vous en apporte tout de suite ! Elle courut à la cuisine et revint avec un baquet d'eau.
— Désolée de vous avoir fait attendre.
Au moment où elle versait l'eau d'un coup sec, la sonnette d'une des chambres retentit bruyamment au comptoir d'accueil, actionnée par un client impatient. La patronne sortit la tête de la cuisine :
— Il n'y a personne ? Ça fait un moment que le numéro dix appelle !
— Oui, j'y vais ! répondit O-Ito, avec le ton vif d'une domestique.
Elle me regarda alors en souriant et, avec un geste un peu comique, me lança :
— « La nouvelle souillon est en pleine panique ! »
Puis, sans perdre un instant sa dignité malgré sa précipitation, elle partit en courant, ses pas résonnant ton ton ton sur l'escalier extérieur.
私が手を洗って二階へ上って見たら、お糸さんは既う裾を卸したり、襷を外したりして、整然とした常の姿になって、突当りの部屋の前で膝を突いて、何か用を聴いていた。
私は部屋へ帰って来て感服して了った。お糸さんは歌が旨い、三味線も旨い、女ながらも立派な一個の芸術家だ。その芸術家が今日は如何だろう? お竹が病気なら仕方がないようなものの、全で下女同様に追使われている。下女同様に追使われて、慣れぬ雑巾掛までさせられた上に、無理な小言を言われても、格別厭な面もせずに、何とか言ったッけ? 然う然う、お三どん新参で大狼狽といって微笑……偉い! 余程気の練れた者でなければ、如彼は行かぬ。これがお竹ででも有ろうものなら、直ぐ見たくでもない面を膨らして、沸々口小言を言う所だ。それを常談事にして了って、お三どん新参で大狼狽といって微笑……偉い!
Quand je remontai à mon tour au premier étage, O-Ito avait déjà rabaissé son kimono, retiré son cordon rouge et retrouvé son apparence soignée habituelle. Elle était agenouillée devant la chambre du fond, attentive aux ordres du client.
De retour dans ma chambre, je fus saisi d'admiration. O-Ito chantait à merveille, jouait du shamisen avec talent ; c'était, bien que femme, une artiste accomplie. Et pourtant, regardez cette artiste aujourd'hui ! Certes, O-Take était malade, la situation était particulière mais la voilà traitée comme une simple servante. Et bien qu'on l'ait forcée à faire les corvées de sols auxquelles elle n'était pas habituée, et malgré les reproches injustes, elle ne montrait aucun signe d'agacement. Qu'avait-elle dit déjà ? Ah oui, ce sourire en disant : « La nouvelle souillon est en pleine panique ! »... Admirable ! Il faut une maîtrise de soi exceptionnelle pour agir ainsi. À sa place, O-Take aurait aussitôt fait la moue, marmonnant des reproches entre ses dents. Mais elle, transformant l'incident en anecdote anodine avec ce sourire... Admirable !
感服の余り、私は何とかして此自覚せぬ芸術家に敬意を表したいと思ったが、併し奉公人同様に金など包んでは出されない、何でも品物を呈するに限ると、何故だか独りで極めて掛って、惨澹たる苦心の末、雪江一代の智慧を絞り尽して、其翌日の昼過ぎ本郷の一友人を尋ねて、嘘八百を陳べ立て、其細君を誘かして半襟を二掛見立てて買って来て貰った。値段の処も私にしては一寸奮んだ積だった。
早く之をお糸さんに呈して其喜ぶ顔を見たいと、此処らは未来の大文豪も俗物と余り違わぬ心持になって、何だか切りに嬉しがって、莞爾して下宿へ帰ったのは丁度夕飯時分だったが、火を持って来たのは小女、膳を運んで来たのはお竹どんで、お糸さんは笑声が余所の部屋でするけれど、顔も見せない、私は何となく本意なかった。
待侘びて独りで焦れていると、軈て目差すお糸さんが膳を下げに来たから、此処ぞと思って、極りが悪かったが、思切って例の品を呈した。大に喜ぶかと思いの外、お糸さんは左して色を動かさず、軽く礼を言って、一寸包みを戴いて、膳と一緒に持って行って了った。唯其切で、何だか余り飽気なかった。
J'étais tellement impressionné que je voulus par tous les moyens témoigner mon respect à cette artiste inconsciente de son talent. Mais on ne pouvait décemment pas lui offrir de l'argent comme on le ferait pour une simple servante. Je décrétai, dans mon for intérieur, qu'il fallait lui offrir un présent. Déployant tous mes efforts et épuisant toute l'ingéniosité dont un futur grand écrivain est capable, je rendis visite à un ami à Hongô le lendemain après-midi. Là, à grand renfort de mensonges, je convainquis son épouse de m'accompagner pour choisir deux faux cols de kimono. C'était cher, mais j'avais décidé de ne pas regarder à la dépense.
Je brûlais de lui offrir ce cadeau pour voir la joie illuminer son visage ; sur ce point, le futur grand homme de lettres ne différait guère du vulgaire quidam. Je rentrai à la pension tout sourire, le cœur battant, juste à l'heure du dîner. Hélas, ce fut la petite bonne qui m'apporta les braises, et O-Take qui servit mon plateau. J'entendais bien le rire d'O-Ito dans les autres chambres, mais elle ne se montra pas, ce qui me laissa fort dépité.
Alors que je me morfondais dans l'attente, l'objet de mes pensées vint enfin débarrasser le plateau. Je saisis l'occasion et, malgré mon embarras, je lui offris mon présent. Contrairement à mes attentes de gratitude débordante, O-Ito ne sourcilla guère. Elle me remercia sobrement, porta le paquet à son front en signe de gratitude rituelle, et l'emporta avec le plateau. Ce fut tout ; la scène me laissa un goût d'inachevé.
何時間経ったか、久らくすると、部屋の障子がスッと開いた。振向いて見ると、思いがけずお糸さんが入口に蹲まって、両手を突いて、先刻の礼を又言ってお辞儀をする。私は何となく嬉しかった。お床を延べましょうかというから、敷って呉れというと、例の通り戸棚から夜具を出す時、昨夜も今朝も手に掛けて知っている筈の枕皮の汚に始めて気が附いて、明日洗いましょうという。なに、洗濯屋に出すから好いと言っても、此様な物を洗うのは雑作もないといって聴かなかった。私は又嬉しくなって、此様な事なら最と早く敬意を表すれば好かったと思った。
お糸さんは床を敷って了うと、火鉢の側へ膝行り寄って火を直しながら、
「本当に嘸御不自由でございましょうねえ、皆気の附かない者ばかりの寄合なんですから。どうぞ何なりと御遠慮なく仰有って下さいまし。然う申しちゃ何ですけど、他のお客様は随分ツケツケお小言を仰しゃいますけど、一番さん(私の事だ)は御遠慮深くッて何にも仰しゃらないから、ああいうお客様は余計気を附けて上げなきゃ不好。本当にお客様が皆一番さんのようだと、下宿屋も如何様に助かるか知れないッてね、始終下でもお噂を申して居るンでございますよ……」
Quelques heures plus tard, le shoji de ma chambre glissa doucement. Je me retournai et vis avec surprise O-Ito agenouillée à l'entrée. Les mains au sol, elle s'inclina pour me remercier à nouveau de mon geste. J'en ressentis une joie profonde. Elle me proposa de préparer mon lit ; alors qu'elle sortait les futons du placard, elle remarqua pour la première fois que la taie d'oreiller — qu'elle avait pourtant manipulée matin et soir — était tachée. Elle proposa de la laver le lendemain. J'eus beau lui dire que je l'enverrais au blanchisseur, elle ne voulut rien entendre, affirmant que ce n'était rien du tout. Je jubilais à nouveau, me disant que j'aurais dû lui témoigner mon respect bien plus tôt.
Une fois le lit préparé, O-Ito s'approcha du brasero en glissant sur ses genoux. Tout en ravivant le feu, elle murmura :
— « Quel inconfort cela doit être pour vous, vraiment... Nous sommes tous si peu attentionnés ici. Je vous en prie, n'hésitez pas à me demander quoi que ce soit. S'il est permis de dire une telle chose, les autres clients passent leur temps à se plaindre avec arrogance, mais vous, Monsieur le Numéro Un, vous êtes si réservé que vous ne dites jamais rien. C’est pour cela qu’il faut faire encore plus attention à vous. Nous disons souvent entre nous, en bas, que si tous les clients étaient comme vous, la gestion d'une pension serait un vrai plaisir... »
無論半襟二掛の効能とは迂濶の私にも知れた。平生の私の主義から言えば、お糸さんは卑劣だと謂わなければならんのに、何故だか私は左程にも思わないで、唯お糸さんの媚びて呉れるのが嬉しかった。
小女がバタバタと駈けて来て、卒然障子をガラッと開けて、
「あの八番さんで、御用が済んだら、お糸さんに入らッしゃいッて。」
「何だい?」
小女が生意気になけ無しの鼻を指して、
「これ……」
「そう。」
お糸さんは挨拶も城々に私の部屋を出て行ったが、ツイ其処らで立止った様子で、
「今お帰り? 大変御緩りでしたね。」
帰って来たのは隣の俗物らしく、其声で何だか言うと、又お糸さんの声で、
「あら、本当? 本当に買って来て下すったの? まあ、嬉しいこと! だから、貴方は実が有るッていうンだよ……」
してみると、お糸さんに対って敬意を表するのは私ばかりでないと見える。
Même pour un esprit aussi naïf que le mien, l'efficacité des deux faux cols était flagrante. En temps normal, selon mes grands principes, j'aurais dû juger l'attitude d'O-Ito comme vile et intéressée ; pourtant, j'en étais incapable. J'étais simplement transporté par sa flatterie.
Soudain, la petite bonne arriva en courant et ouvrit brusquement la cloison :
— « Le client du numéro huit demande O-Ito dès qu'elle a fini ici ! »
— « Qu'y a-t-il ? » demanda-t-elle.
L'effrontée pointa son petit nez aplati du doigt :
— « C'est pour ça... »
— « Ah, je vois. »
O-Ito quitta ma chambre sans même prendrele temps d'un salut convenable. Je l'entendis s'arrêter juste devant la porte :
— « Oh, vous voilà déjà de retour ? Vous avez pris votre temps ! »
Celui qui rentrait devait être ce rustre de voisin. Il marmonna quelques mots, et la voix d'O-Ito s'éleva à nouveau :
— « Oh, vraiment ? Vous l'avez vraiment acheté pour moi ? Quel bonheur ! Voilà pourquoi je dis que vous avez du cœur... »
À l'évidence, je n'étais pas le seul à vouloir témoigner mon « respect » à O-Ito.
私がお糸さんに接近する目的は人生研究の為で、表面上性慾問題とは関係はなかった。が、お糸さんも活物、私も死んだ思想に捉われていたけれど、矢張活物だ。活物同志が活きた世界で顔を合せれば、直ぐ其処に人生の諸要素が相轢してハズミという物を生ずる。即ち勢だ。此勢を制する人でなければ、人間一疋の通用が出来ぬけれど、私の様な斗※(「竹かんむり/肖」、第3水準1-89-66)輩になると、直ぐ其勢いに制せられて了って、吾は吾の吾ではなくなって、勢の自由になる吾、勢の吾になって了う。困ったものだが、仕方がない。私は人生研究の為お糸さんに接近しようと思ったのだけれど、接近しようとすると、忽ち妙なハメになって、二番さんだの八番さんだのという番号附けになってる俗物共の競争圏内に不覚捲込まれて了った。又捲込まれざるを得ないのは、半襟二掛ばかりの効能じゃ三日と持たない。直消えて又元の木阿弥になる。二掛の半襟は惜しくはないが、もう斯うなると、勢に乗せられた吾が承知せぬ。憤然となって二日二晩も考えた末、又一策を案じ出して、今度は昼のお糸さんの手隙の時に、何とか好加減な口実を設けて酒を命じた。酒を命ずればお糸さんが持って来る、お糸さんが持って来れば、些との間ならお酌もして呉れる、お糸さんのお酌で、酒を飲んで酔えば、私にだって些とは思う事も言えて打解られる。思う事を言って打解けて如何する気だったか、それは不分明だったけれども、兎に角打解たかったので、酒を命じたら、果してお糸さんが来て呉れて、思う通りになった。
Mon intention première en m'approchant d'O-Ito était l'étude de la vie humaine ; cela n'avait rien à voir, en apparence, avec le désir charnel. Cependant, O-Ito est un être de chair, et moi-même, bien que prisonnier d'idées mortes, je suis tout aussi vivant. Lorsque deux êtres de chair se rencontrent dans le monde réel, les divers éléments de l'existence entrent aussitôt en collision et engendrent une certaine tension — une dynamique, une force. Celui qui ne sait pas maîtriser cette force ne peut prétendre être un véritable être humain. Mais un médiocre tel que moi se laisse aussitôt dominer par cette dynamique : je cesse d'être mon propre maître pour devenir l'esclave de cette force. C’est affligeant, mais inévitable. J'avais voulu m'approcher d'O-Ito pour étudier la vie, et voilà que je me retrouvais stupidement aspiré dans la sphère de compétition de ces "vulgaires" numérotés, les "Monsieur Numéro Deux" et "Monsieur Numéro Huit". Et si j'y étais contraint, c'est que l'effet de deux malheureux faux cols ne dure pas trois jours. Une fois l'éclat passé, on revient à la case départ. Ce ne sont pas les faux cols que je regrettais, mais une fois lancé, mon orgueil ne pouvait plus reculer.
Après avoir fulminé et réfléchi durant deux jours et deux nuits, j'échafaudai un nouveau plan. Cette fois, profitant d'un moment où O-Ito était libre l'après-midi, je commandai du saké sous un prétexte quelconque. Commander du saké, c'était forcer O-Ito à me l'apporter ; et si elle me l'apportait, elle resterait bien un instant pour me servir. En buvant sous son service, l'ivresse aidant, je parviendrais enfin à lui dire le fond de ma pensée et à briser la glace. Ce que je comptais faire une fois la glace brisée restait flou, mais je voulais cette intimité à tout prix. Je commandai donc le saké, et comme prévu, O-Ito vint, et tout se passa selon mes vœux.
「じゃ、何ですね」、と未だ一本も明けぬ中から、私は真紅になって、「貴女は一杯喰わされたのだ。」
「大喰わされ!」とお糸さんは烟管を火鉢の角でポンと叩いて、「正可女房子の有る人た思いませんでしたもの。好加減なチャラッポコを真に受けて、仙台くんだり迄引張り出されて、独身でない事が知れた時にゃ、如何様に口惜しかったでしょう。寧そ其時帰ッ了や好かったんですけど、帰って来たって、家が有るンじゃ有りませんしさ、人の厄介になって苦労する位なら、日陰者でもまだ其方が勝かと思ったもんですからね、馬鹿さねえ、貴方、言いなり次第になって半歳も然うして居たんですよ。そうすると、私の事がいつかお神さんに知れて、死ぬの生るのという騒ぎが起ってみると、元々養子の事だから……」
「養子なんですか?」
「ええ、養子なんですとも。養子だから、ほら、私を棄てなきゃ、看す看す何万という身台を棒に振らなきゃならんでしょう? ですから、出るの引くのと揉め返した挙句が、詰る所私はお金で如何にでもなると見括ったんでしょう、人を入て別話を持出したから、私ゃもう踏んだり蹶たりの目に逢わされて、口惜しくッて口惜しくッて、何だかもうカッと逆上せッ了って、本当に一時は井戸川へでも飛込ん了おうかと思いましたよ。」
— « Alors, c'est donc ça ! » m'exclamai-je, le visage déjà rubicond avant même d'avoir vidé la première bouteille. « Vous vous êtes fait rouler ! »
— « Et comment ! » répondit O-Ito en frappant sa pipe contre le bord du brasero avec un bruit sec.
« Je n'aurais jamais imaginé qu'il était marié et père de famille. J'ai cru à ses belles paroles, il m'a traînée jusqu'à Sendai, et quand j'ai découvert qu'il n'était pas célibataire, quelle amertume, je vous assure ! J'aurais dû rentrer sur-le-champ, mais je n'avais plus de foyer où retourner. Je me suis dit qu'il valait mieux être une femme de l'ombre que de vivre au crochet des autres. Quelle sotte j'ai été ! Je suis restée là, soumise à ses quatre volontés pendant six mois. Et puis, la patronne a fini par tout apprendre, et ça a été un drame épouvantable, des menaces de mort, des menaces de suicide... car voyez-vous, il était le gendre adopté de la famille... »
— « Un gendre adopté ? »
— « Oui, un fils adoptif. Et comme tel, s'il ne me quittait pas, il risquait de voir s'envoler une fortune de plusieurs dizaines de milliers de yens. Alors, après bien des déchirements, ils ont fini par juger que je n'étais qu'une femme que l'on pouvait acheter. Ils ont envoyé un intermédiaire pour me proposer un arrangement financier... J'étais humiliée, bafouée, j'en ai eu le sang qui n'a fait qu'un tour. Un instant, j'ai vraiment cru que j'allais me jeter dans le puits. »
「御尤です。」
「ですけど私が死んじまや、幸手屋の血統は絶えるでしょう? それでは御先祖様にも、又ね、死んだ親達にも済まないと思って、無分別は出しませんでしたけど、余まり口惜しかったから、お金も出そうと言ったのを、そんなお金なんぞに目をくれるお糸さんじゃない何か言って、タンカを切ってね、一文も貰わずに、頭の物なんか売飛ばして、其を持って帰って来たは好かったけど、其代り今じゃスッテンテンで、髪結銭も伯母さん済みませんがという始末ですのさ。余程馬鹿ですわねえ。」
「いや。面白い気象だ。」
「ですから、私は、貴方の前ですけど、もうもう男は懲々。そりゃあね、稀には旦那のような優しい親切なお方も有りますけど、どうせ私のような者の相手になる者ですもの、皆其様な薄情な碌でなしばかしですわ。」
「いや、御尤もです。」
「まあ、自分の勝手なお饒舌ばかりしていて、お燗が全然冷め了った。一寸直して参りましょう。」
「御尤もです……」
— « C'est bien compréhensible. »
— « Mais si je mourais, la lignée des Sate-ya s'éteindrait avec moi. J'ai pensé que ce serait une offense envers mes ancêtres et mes parents défunts, alors j'ai gardé la tête froide. Mais j'étais si révoltée que, lorsqu'ils ont voulu me donner de l'argent, j'ai crié que je n'étais pas le genre de femme qui se vend pour quelques pièces. J'ai fait mon grand numéro, je suis partie sans un sou. J'ai dû vendre mes ornements de coiffure pour payer le voyage de retour. Je suis rentrée ici, mais je suis sans un sou ; j'en suis réduite à demander à ma tante de me payer le coiffeur. Je suis une sacrée idiote, n'est-ce pas ? »
— « Pas du tout. C'est un tempérament admirable. »
— « C’est pour cela que — pardonnez ma franchise — je ne veux plus entendre parler des hommes. Oh, bien sûr, il existe de rares exceptions, des hommes doux et prévenants comme vous, Monsieur, mais ceux qui s'intéressent à une femme comme moi ne sont que des vauriens sans cœur. »
— « Hélas, vous avez raison. »
— « Voilà que je ne fais que bavarder et que votre saké a refroidi. Laissez-moi aller le réchauffer. »
— « Vous avez raison... »
お糸さんがお燗を直しに起った隙に、爰で一寸国元の事情を吹聴して置く。甞て私が学校を除籍せられた時、父が学資の仕送りを絶ったのは、斯もしたら或は帰って来るかと思ったからだ。ところが、私が如何にか斯うにか取続いて帰らなかったので、両親は独息子を玉なしにしたように歎いて、父の白髪も其時分僅の間に滅切り殖えたと云う。伯父が見兼ねて、態々上京して、もう小説家になるなとは言わぬ、唯是非一度帰省して両親の心を安めろと懇に諭して呉れた。そう言われて見ると、夫でもとも言兼ねて、私は其時伯父に連れられて久振で帰省したが、父の面を見るより、心配を掛けた詫をする所か、卒然先ず文学の貴い所以を説いて聴かせて、私は堕落したのじゃない、文学に於て向上の一路を看出したのだ、堕落なんぞと思われては心外だと喰って懸ると、気の練れた父は敢て逆わずに、昔者の己には然ういう六かしい事は分らぬから、己はもう何にも言わぬ、お前の思う通りにしろだが、東京へ出てから二年許りの間に遣った金は、地所を抵当に入れて借りた金だ。己は無学で働きがないから、己の手では到底も返せない。何とかしてお前の手で償却の道を立て呉れ。之を償却せん時には、先祖の遺産を人手に渡さねばならぬ。それではどうもお位牌に対しても済まぬから、己は始終其が苦になっての……と眼を瞬かれた時には、私も妙な心持がした。で、何にも当はなかったけれど、其式の負債は直き償却して見せるように広言を吐き、月々なし崩しの金額をも極めて再び出京したが、出京して見ると、物価騰貴に付き下宿料は上る、小遣も余計に入る、負債償却の約束は不知空約束になって了った。
Pendant qu'O-Ito se levait pour aller réchauffer le saké, je vais en profiter pour vous dire quelques mots sur la situation familiale au pays. Autrefois, lorsque j'avais été renvoyé de l'école et que mon père m'avait coupé les vivres, il espérait secrètement que cela me ferait rentrer à la maison. Mais comme je m'étais obstiné à rester coûte que coûte, mes parents s'étaient lamentés comme s'ils avaient perdu leur fils unique; on disait que les cheveux blancs de mon père s'étaient multipliés de façon vertigineuse durant cette courte période. Mon oncle, ne pouvant plus supporter ce spectacle, fit spécialement le voyage à la capitale ; il ne m'interdit pas de devenir écrivain, mais me supplia avec insistance de rentrer une fois au pays pour apaiser l'angoisse de mes parents. Devant une telle requête, je ne pus refuser et je le suivis. Cependant, dès que je vis mon père, loin de m'excuser pour les soucis causés, je me mis soudain à lui faire la leçon sur la grandeur de la littérature : je n'étais pas "déchu", j'avais trouvé la voie de l'élévation, et il était insultant de penser le contraire ! Mon père, homme plein de sagesse, ne me contredit pas. Il me dit simplement : « Moi, vieil ignorant que je suis, je ne comprends rien à tes choses compliquées. Je ne dirai plus rien, fais comme tu l'entends. Seulement, sache que l'argent que je t'ai envoyé ces deux dernières années à Tokyo provient d'un emprunt garanti par nos terres. Moi, je suis ignorant et sans talent, je ne pourrai jamais rembourser cette dette. Trouve un moyen de le faire toi-même. Si nous ne payons pas, l'héritage de nos ancêtres passera entre les mains d'étrangers. Et cela… je ne pourrais jamais me le pardonner devant nos tablettes funéraires… » Quand je le vis battre des paupières avec émotion, je me sentis étrangement troublé. Alors que je n'avais aucune perspective sérieuse, je fanfaronnai en promettant de rembourser ces dettes rapidement. Je fixai même un montant mensuel et repartis pour Tokyo. Mais une fois sur place, avec la hausse des prix, le loyer de la pension qui grimpait et mes menues dépenses qui augmentaient, ma promesse devint une promesse en l'air.
その稍実行の緒に就いたのは当り作が出来てからで、夫からは原稿料の手に入る度に多少の送金はしていたけれど、夫とても残らず負債の方へ入れて了うので、少しも家計の足しにはならなかった。父は疾うに県庁の方も罷められて、其後一寸学校の事務員のような事もしていたが、それも直き又罷められて全く収入の道が絶えたので、父も母も近頃は心細さの余り、遂に内職に観世撚を撚り出したと云う。私は其頃新進作家で多少売出した頃だったから、急に気が大きくなり、それに天性の見栄坊も手伝って、矢張某大家のように、仮令襟垢の附いた物にもせよ、兎に角羽織も着物も対の飛白の銘仙物で、縮緬の兵児帯をグルグル巻にし、左程悪くもない眼に金縁眼鏡を掛け、原稿料を手に入れた時だけ、急に下宿の飯を不味がって、晩飯には近所の西洋料理店へ行き、髭の先に麦酒の泡を着けて、万丈の気※(「陷のつくり+炎」、第3水準1-87-64)を吐いていたのだから、両親が内職に観世撚を撚るという手紙を覧た時には、又一寸妙な心持がした。若し此事が夫の六号活字子の耳に入って、雪江の親達は観世撚を撚ってるそうだ、一寸珍だね、なぞと素破抜かれては余り名誉でないと、名誉心も手伝って、急に始末気を出し、夫からは原稿料が手に入ると、直ぐ多少余分の送金もして、他の物を撚っても、観世撚だけは撚って呉れるなと言って遣った。
Ce n'est qu'après mon premier succès que je commençai enfin à envoyer un peu d'argent à chaque versement de droits d'auteur ; mais comme tout passait dans le remboursement de la dette, cela n'aidait en rien le quotidien de mes parents. Mon père avait quitté son poste à la préfecture, puis un emploi de bureau dans une école dont il fut vite remercié. Ses revenus étaient nuls. Mes parents, sombrant dans l'angoisse, s'étaient mis à fabriquer des cordelettes en papier de soie — du kanzeyori — pour gagner quelques sous. Moi, jeune écrivain en vogue, j'étais devenu imbu de moi-même. Par vanité naturelle, j'imitais le fameux maître : je portais un ensemble assorti en soie meisen à motifs blancs — même si le col était encrassé —, je m'enroulais une large ceinture de crêpe autour de la taille, et je portais des lunettes à monture dorée alors que ma vue n'était pas si mauvaise. Dès que je touchais des droits d'auteur, je dédaignais soudain le repas de la pension pour aller dîner au restaurant occidental du quartier, la moustache couverte de mousse de bière, pérorant avec arrogance. Aussi, quand je lus dans une lettre que mes parents en étaient réduits à fabriquer ces cordelettes, je me sentis à nouveau troublé. Si cela venait aux oreilles de ces journalistes qui écrivent en petits caractères : « On raconte que les parents de Yukie fabriquent des cordelettes de papier, quelle curiosité ! »... ce ne serait guère honorable. Poussé par ce sens de l'honneur, je décidai de devenir économe. J'envoyai un peu plus d'argent en leur demandant de fabriquer n'importe quoi, mais surtout pas du kanzeyori.
で、此時もつい二三日前に聊かばかり原稿料が入った。先月は都合が悪くて送金しなかったから、責て此内十円だけは送ろうと、紙入の奥に別に紙に包んで入れて置いたのが、お糸さんの事や何や角やに取紛れてまだ其儘になっている。それをお糸さんの身上話を聴くと、ふと想い出して、国への送金は此次に延期し、寧そ之をお糸さんに呈して又敬意を表そうかと思った。が、何だか其では聊か相済まぬような気もして何となく躊躇せられる一方で、矢張何だか切に……こう……敬意を表したくて耐らない。で、お糸さんが軈てお燗を直して持って来て、さ、旦那、お熱い所を、と徳利の口を向けた時だった、私は到頭耐らなくなって、しかし何故だか節倹して、十円の半額金五円也を呈して、不覚又敬意を表して了った。
Or, justement, deux ou trois jours plus tôt, j'avais reçu un modeste paiement pour un manuscrit. Comme je n'avais rien envoyé le mois précédent, je m'étais promis de leur faire parvenir au moins dix yens, que j'avais mis de côté dans mon portefeuille, enveloppés dans un papier. Mais avec l'arrivée d'O-Ito et toutes ces émotions, l'argent était resté là. En écoutant le récit de ses malheurs, une idée me traversa l'esprit : et si je remettais cet envoi à plus tard pour offrir cet argent à O-Ito, comme une marque de mon respect ? D'un côté, je me sentais coupable, mais de l'autre, je brûlais d'envie de lui témoigner mon... enfin... mon « respect ». Quand O-Ito revint avec le saké chaud et me tendit la bouteille en disant : « Tenez, Monsieur, c'est bien chaud », je ne pus plus résister. Toutefois, par une sorte d'économie soudaine et inexplicable, je ne lui offris que la moitié : cinq yens. Une fois de plus, malgré moi, je venais de lui témoigner mon « respect ».
お糸さんに敬意を表して見ると、もう半端になったから、国への送金は見合せていると、母から催促の手紙が来た。其中に何だか父の加減が悪くて医者に掛っているとかで、物入が多くて困るとかいうような事も書いてあったが、例の愚痴だと思って、其内に都合して送ると返事を出して置いた。其時は真に其積りで強ち気休めではなかったのだが、彼此取紛れて不覚其儘になっている一方では、五円の金は半襟二掛より効能があって、夫以来お糸さんが非常に優待して呉れるが嬉しい。追々馴染も重なって常談の一つも言うようになる。もう少しで如何にかなりそうに思えるけれど、何時迄経っても如何にもならんので、少し焦れ出して、又欲しそうな物を買って遣ったり、連出して甘い物を食べさせたり、種々してみたが、矢張同じ事で手が出せない。お糸さんという人は滅多に手を出せば、屹度甚い恥を掻かすけれど、一度手に入れたら、命懸けになる女だと、何故だか私は独りで極めていたから、危険で手が出せなかったが、傍から観れば、もう余程妙に見えたと見えて、他の客はワイワイいって騒ぐ。下女迄が私の部屋を覗込んでお糸さんが見えないと、奥様は、なぞといって調戯うようになる。こうなると、お神さんも目に余って、或時何だか厭な事をお糸さんに言ったとかで、お糸さんが憤っていた事もある。私は何だか面白いような焦心たいような妙な心持がする。それで夢中になって金ばかり遣っていたから、一度申訳に聊かばかり送金した限で、不覚国へは無沙汰になっている中に、父の病気が矢張好くないとて母からは又送金を求めて来る。遂に伯父からも注意が来た。其時だけは私も少し気が附いて、急いで、書掛けた小説を書上げて若干かの原稿料を受取ったから、明日は早速送金しようと思っていた晩に、お糸さんが切りに新富座の当り狂言の噂をして観たそうな事を言う。と、私も何だか観せてやり度なって、芝居だって観ように由っては幾何掛るもんかと、不覚口を滑らせると、お糸さんが例になく大層喜んだ。お糸さんは何を貰っても、澄して礼を言って、其場では左程嬉しそうな面もせぬ女だったが、此時ばかりは余程嬉しかったと見えて、大層喜んだ。
Comme j'avais entamé la somme destinée à mes parents pour témoigner mon « respect » à O-Ito, je différai l'envoi d'argent, ce qui me valut une lettre pressante de ma mère. Elle y écrivait que la santé de mon père n'était guère brillante, qu'il devait consulter un médecin et que les dépenses s'accumulaient. Persuadé qu'il s'agissait de ses jérémiades habituelles, je répondis que je ferais le nécessaire dès que possible. À ce moment-là, j'en avais sincèrement l'intention, ce n'était pas de simples paroles en l'air ; mais, emporté par les événements, je finis par oublier ma promesse. D'un autre côté, mes cinq yens eurent bien plus d'effet que les deux faux cols : depuis lors, O-Ito me traitait avec une prévenance qui me ravissait. Notre intimité grandissant, nous en vinmes à plaisanter ensemble. Il me semblait qu'un rien suffirait pour que nous franchissions le pas, mais le temps passait sans que rien ne se produise. Commençant à m'impatienter, j'essayai tout : je lui achetai des objets qui lui faisaient envie, je l'emmenai manger des friandises, je multipliai les attentions, mais rien n'y faisait, je n'osais pas faire le premier geste. Pour une raison obscure, j'étais convaincu qu'Oito était le genre de femme qui, si l'on osait un geste inconsidéré, vous ferait subir une humiliation cuisante — mais qui, une fois conquise, se donnerait corps et âme. Cette conviction me paralysait. Pourtant, pour les observateurs extérieurs, notre manège devenait flagrant. Les autres clients commençaient à s'agiter et à faire du bruit. Même la servante, lorsqu'elle jetait un œil dans ma chambre et n'y voyait pas O-Ito, s'amusait à me taquiner en demandant : « Où est donc Madame ? ». Cela finit par agacer la patronne qui, un jour, fit des remontrances désobligeantes à O-Ito, ce qui mit cette dernière hors d'elle. J'éprouvais alors un mélange étrange de jubilation et d'impatience fébrile.
Perdu dans cette obsession, je ne faisais que jeter mon argent par les fenêtres. À part un modeste envoi pour la forme, j'avais honteusement négligé mes devoirs envers le pays, alors même que ma mère m'écrivait de nouveau pour me dire que l'état de mon père ne s'améliorait pas. Mon oncle finit lui aussi par m'envoyer un avertissement. C’est alors seulement que je repris un peu mes esprits : je terminai en hâte le roman que j'avais sur le métier et touchai un petit cachet. Je m'étais promis d'envoyer l'argent dès le lendemain matin quand, ce soir-là, Oito mentionna avec insistance qu'elle aimerait voir la pièce à succès qui se jouait au théâtre Shintomi. Moi aussi, soudain, je ressentis le désir de l'y emmener. « Après tout, aller au théâtre, cela ne coûte pas si cher », laissai-je échapper sans réfléchir. À ma grande surprise, Oito manifesta une joie inhabituelle — une joie immense. D'ordinaire, quoi qu'on lui offrît, elle remerciait avec dignité, sans jamais montrer une vive émotion sur-le-champ. Mais cette fois, elle semblait véritablement ravie.
もう後悔しても取反しが附かなくなって、止むことを得ず好加減な口実を設けて別々に内を出て、新富座を見物した其夜の事。お糸さんを一足先へ還し、私一人後から漫然と下宿へ帰ったのは、夜の彼此十二時近くであったろう。もう雨戸を引寄せて、入口の大ランプも消してあった。跡仕舞をしているお竹が睡たそうな声でお帰ンなさいと言ったが、お糸さんの姿は見えなかった。
部屋へ来てみると、ランプを細くして既う床も敷ってある。私は桝でお糸さんと膝を列べている時から、妙に気が燥って、今夜こそは日頃の望をと、芝居も碌に身に染みなかった。時々ふと気が変って、此様な女に関係しては結果が面白くあるまいと危ぶむ。其側から直ぐ又今夜こそは是が非でもという気になる。で、今我部屋へ来て床の敷ってあるのを見ると、もう気も坐ろになって、余の事なぞは考えられん。今にも屹度来るに違いない、来たら……と其事ばかりを考えながら、急いで寝衣に着易えて床へ入ろうとして、ふと机の上を見ると、手紙が載せてある。手に取って見ると、国からの手紙だ。心は狂っていても、流石に父の事は気になるから、手早く封を切って読むと、まず驚いた。
Les regrets étaient inutiles, le mal était fait. Prétextant chacun un motif quelconque, nous sortîmes séparément pour nous rejoindre au théâtre Shintomi-za. Ce fut seulement vers minuit, après avoir laissé O-Ito rentrer un peu avant moi, que je regagnai distraitement la pension. Les volets de bois étaient déjà tirés et la grande lampe de l'entrée éteinte. O-Take, qui finissait de ranger, me salua d'une voix ensommeillée, mais O-Ito était invisible.
En entrant dans ma chambre, je vis que la mèche de la lampe était baissée et que mon lit était déjà prêt. Depuis le moment où j'étais assis côte à côte avec O-Ito au théâtre, mon esprit était en ébullition ; je ne pensais qu'à assouvir enfin mon désir cette nuit, au point que la pièce de théâtre ne m'avait fait aucune impression. Par moments, une inquiétude me traversait : une liaison avec une telle femme ne présageait rien de bon. Mais aussitôt, l'obsession reprenait le dessus : il le fallait, coûte que coûte, cette nuit même. En voyant mes futons dépliés, je ne tenais plus en place, incapable de penser à autre chose. Elle allait venir, c'était sûr, et quand elle serait là... Perdu dans ces pensées, j'enfilais à la hâte ma tenue de nuit quand mon regard tomba sur mon bureau. Une lettre y était posée. Je la pris : elle venait du pays. Malgré mon agitation intérieure, le sort de mon père m'inquiétait encore ; je décachetai l'enveloppe fébrilement. Ce que je lus me glaça d'effroi.
此手紙で見ると、大した事ではないと思っていた父の病気は其後甚だ宜しくない。まだ医者が見放したのでは無いけれど、自分は最う到底も直らぬと覚悟して、切りに私に会いたがっているそうだ。此手紙御覧次第直様御帰国待入申候と母の手で狼狽えた文体だ。
私は孝行だの何だのという事を、道学先生の世迷言のように思って、鼻で遇らっていた男だが、不思議な事には、此時此手紙を読んで吃驚すると同時に、今夜こそはと奮り立っていた気が忽ち萎えて、父母が切りに懐かしく、何だか泣きたいような気持になって、儘になるなら直にも発ちたかったが、こうなると当惑するのは、今日の観劇の費用が思ったよりも嵩んで、元より幾何もなかった懐中が甚だ軽くなっている事だ。父が病気に掛ってから、度々送金を迫られても、不覚怠っていたのだから、家の都合も嘸ぞ悪かろう。今度こそは多少の金を持って帰らんでは、如何に親子の間でも、母に対しても面目ない。といって、お糸さんに迷ってから、散々無理を仕尽した今日此頃、もう一文の融通の余地もなく、又余裕もない。明日の朝二番か三番で是非発たなきゃならんがと、当惑の眼を閉じて床の中で凝と考えていると、スウと音を偸んで障子を明ける者が有るから、眼を開いて見ると、先刻迄待憧れて今は忘れているお糸さんだ。窃と覗込んで、小声で、「もうお休みなすったの?」といいながら、中へ入って又窃と跡を閉めたのは、十二時過で遠慮するのだったかも知れぬが、私は一寸妙に思った。
「どうも有難うございました」、とのめるように私の床の側に坐りながら、「好かったわねえ」、と私と顔を看合わせて微笑した。
À la lecture de cette lettre, je compris que la maladie de mon père, que j'avais jugée anodine, s'était considérablement aggravée. Sans que les médecins ne l'aient encore condamné, lui-même était convaincu que sa fin était proche et souhaitait ardemment me voir. « Dès réception de cette lettre, nous vous prions instamment de revenir au plus vite », écrivait ma mère dans un style affolé.
Moi qui avais toujours considéré les discours sur la piété filiale comme des divagations moralisatrices d'érudits compassés, que je traitais par le mépris, je fus pris, à la lecture de cette missive, d'une étrange stupeur. En lisant ces lignes, la détermination qui m'habitait — ce fameux « ce soir ou jamais » — s'étiola instantanément. Une nostalgie profonde pour mes parents m'envahit, j'avais presque envie de pleurer et j'aurais voulu partir à l'instant même. Mais une difficulté de taille surgissait : les frais de notre soirée au théâtre avaient été plus élevés que prévu, et ma bourse, déjà peu garnie, s'était considérablement allégée. Comme j'avais honteusement négligé d'envoyer de l'argent depuis le début de la maladie de mon père, la situation financière au pays devait être désastreuse. Rentrer cette fois-ci sans rapporter une somme conséquente serait une ignominie, tant vis-à-vis de mon père que de ma mère. Pourtant, après mes folles dépenses de ces derniers jours pour plaire à O-Ito, je n'avais plus la moindre ressource, plus aucune marge de manœuvre. « Il me faut absolument partir par le deuxième ou troisième train demain matin », songeais-je, les yeux clos dans mon lit, l'esprit torturé par l'embarras, lorsqu'un bruit furtif se fit entendre : quelqu'un ouvrait doucement le shoji. J'ouvris les yeux : c'était O-Ito, celle-là même que j'avais attendue avec tant d'ardeur et que j'avais fini par oublier. Elle passa la tête par l'entrebâillement et murmura : « Dors-tu déjà ? », avant de se glisser à l'intérieur et de refermer la cloison sans bruit. Cette discrétion était peut-être due à l'heure tardive — minuit était passé — mais j'éprouvai un trouble singulier.
— « Merci infiniment pour cette soirée », dit-elle en venant s'asseoir tout près de mon lit, le corps penché vers moi. « C'était merveilleux, n'est-ce pas ? » ajouta-t-elle en plongeant son regard dans le mien avec un sourire.
今日は風呂日だから、帰ってから湯へ入ったと見えて、目立たぬ程に薄りと化粧っている。寝衣か何か、袷に白地の浴衣を襲ねたのを着て、扱をグルグル巻にし、上に不断の羽織をはおっている秩序ない姿も艶めかしくて、此人には調和が好い。
「一本頂戴よ」、といいながら、枕元の机の上の巻烟草を取ろうとして、袂を啣えて及腰に手を伸ばす時、仰向きに臥ている私の眼の前に、雪を欺く二の腕が近々と見えて、懐かしい女の香が芬とする。
「何だかまだ芝居に居るような気がして相済まないけど」、とお糸さんが煙草を吸付けてフウと烟を吹きながら、「伯母さんの小言が台詞に聞えたり何かして、如何なに可笑しいでしょう」、と微笑した所は、美しいというよりは、仇ッぽくて、男殺しというのは斯ういう人を謂うのかと思われた。
Comme c'était le jour du bain, elle avait dû se laver en rentrant ; elle portait un maquillage si léger qu'il en était presque imperceptible. Elle était vêtue avec un désordre charmant qui lui allait à ravir : une robe de coton blanc sous un kimono de demi-saison, le tout maintenu par une ceinture de fortune enroulée plusieurs fois, avec son manteau habituel jeté sur les épaules.
— « Donne-m'en une », fit-elle en tendant le bras vers les cigarettes posées sur le bureau, près de mon oreiller.
Pour atteindre la boîte, elle dut mordre sa manche et se pencher ; sous mes yeux, alors que j'étais allongé sur le dos, apparut un avant-bras d'une blancheur de neige, tandis qu'un parfum féminin, capiteux et intime, m'effleurait les narines.
— « J'ai encore l'impression d'être au théâtre, c'est impardonnable », dit-elle en allumant sa cigarette et en soufflant une bouffée de fumée. « Les reproches de ma tante me font l'effet de répliques de théâtre, c'est d'un comique ! »
Son sourire à cet instant n'était pas seulement beau, il était provocant, fatal ; je me dis que c'est bien ainsi que l'on devait décrire une « tueuse d'hommes ».
一つ二つ芝居の話をしていると、下のボンボン時計が肝癪を起したようにジリジリボンという。一時だ、一時を打っても、お糸さんは一向平気で咽喉が乾くとかいって、私の湯呑で白湯を飲んだり何かして落着いている所は、何だか私が如何かするのを待ってるようにも思われる。と、母の手紙で一時萎えた気が又振起って、今朝からの今夜こそは即ち今が其時だと思うと、漫心になって、「泊ってかないか?」と私が常談らしくいうと、「そうですねえ。家が遠方だから泊ってきましょうか」と、お糸さんも矢張常談らしく言ったけれど、もう読めた。卒然手を執って引寄せると、お糸さんは引寄られる儘に、私の着ている夜着の上に凭れ懸って、「如何するのさ?」と、私の面を見て笑っている……其時思い掛けず「親が大病だのに……」という事が、鳥影のように私の頭を掠めると、急に何とも言えぬ厭な心持になって、私は胸の痛むように顔を顰めたけれど、影になって居たから分らなかったのだろう、お糸さんは執られた手を窃と離して、「貴方は今夜は余程如何かしてらッしゃるよ」と笑っていたが、私が何時迄経っても眼を瞑っているので、「本当にお眠いのにお邪魔ですわねえ。どれ、もう行って寐ましょう。お休みなさいまし」と、会釈して起上った様子で、「灯火を消してきますよ」という声と共に、ふッと火を吹く息の音がした。と、何物か私の面の上に覆さったようで、暖かな息が微かに頬に触れ、「憎らしいよ!」と笑を含んだ小声が耳元でするより早く、夜着の上に投出していた二の腕を痛か抓られた時、私はクラクラとして前後を忘れ、人間の道義畢竟何物ぞと、嗚呼父は大病で死にかかって居たのに……
Nous échangeâmes quelques mots sur la pièce quand, au rez-de-chaussée, l'horloge sonna un coup sec, comme prise d'un accès de colère. Une heure du matin. Malgré l'heure, O-Ito ne manifestait aucune hâte de partir ; elle se plaignit d'avoir la gorge sèche et but de l'eau chaude dans mon propre bol avec un flegme qui me fit penser qu'elle attendait que je fasse un geste. Alors, l'ardeur que la lettre de ma mère avait éteinte se ralluma brusquement. Ce « ce soir ou jamais » qui m'obsédait depuis le matin, c'était maintenant. Poussé par une impulsion téméraire, je lançai sur le ton de la plaisanterie : « Et si tu restais dormir ici ? ». — « Pourquoi pas ? Puisque ma maison est si loin, je pourrais bien rester », répondit-elle sur le même ton. Mais le jeu était clair. D'un geste brusque, je lui saisis la main et l'attirai vers moi. O-Ito se laissa faire, s'appuyant de tout son poids sur ma couverture de lit. — « Et alors, qu'allons-nous faire ? » demanda-t-elle en me regardant avec un rire moqueur… À cet instant précis, une pensée me traversa l'esprit comme l'ombre d'un oiseau : « Et dire que mon père est mourant... ». Un dégoût indicible s'empara de moi et mon visage se crispa de douleur ; mais comme j'étais dans l'ombre, elle ne s'en aperçut sans doute pas. O-Ito dégagea doucement sa main de la mienne. — « Tu es bien étrange ce soir », dit-elle en riant. Comme je restais les yeux clos, elle ajouta : — « Je te dérange alors que tu tombes de sommeil. Allons, je vais me coucher. Bonne nuit. » Elle fit mine de se lever. « Je vais éteindre la lumière », dit-elle, et j'entendis le souffle qui éteignit la lampe. Aussitôt, comme si quelque chose recouvrait mon visage, un souffle tiède effleura ma joue, tandis qu'une voix murmurée, chargée de rire, chuchotait à mon oreille : « Méchant ! » — et avant même que j'eusse pu réagir, le bras que j'avais laissé reposer sur la couverture fut violemment griffé. Le monde se mit à tourner ; je perdis toute notion du temps et de l'espace. Qu'est donc, au fond, la morale humaine ? Hélas… mon père, gravement malade, était sur le point de mourir…
翌朝は夙く発つ積だったが、発てなくなった。尾籠な事には自ら尾籠な法則が有るから、既に一種の関係が成立った以上は、女に多少の手当をして行かなきゃならん――と、さ、私は思わざるを得なかった。見栄坊だから、金が無くても金の有る風をして、紙入を叩いて遣って了うと、もう汽車賃も残らない。なに、父はまだ危篤というのじゃなし、一時間や二時間発つのが後れたって仔細は無かろうと、自分で勝手な理窟を附けて、女には内々で朝から金策に歩いたが、出来なかった。昼前に一寸下宿へ帰ると、留守に国から電報が着いていた。胸を轟かして、狼狽てて封を切って見ると、「父危篤直戻れ」だ。之を読むと私はわなわなと震え出した。卒然下宿を飛出して、血眼になって奔走して、辛うじて聊かの金を手に入れたから、下宿へも帰らず、其足で直ぐ東京を発って、汽車の幾時間を藻掻き通して、国へ着いたのは其晩八時頃であった。
停車場で車を※(「にんべん+就」、第3水準1-14-40)って家へ急ぐ途中も、何だか気が燥って、何事も落着いて考えられなかったが、片々の思想が頭の中で狂い廻る中でも、唯息のある中に一目父に逢いたい逢いたいと其ばかりを祈っていた。時々ふッと既う駄目だろうと思うと、錐でも刺されたように、急に胸がキリキリと痛む。何とも言えず苦しい。馴染の町々を通っても、何処を如何車が走るのか分らない。唯車上で身を揉んで、無暗に車夫を急立てた。車夫が何だか腹を立てて言ったが、何を言っているのか、分らない。唯無暗に急立てるばかりだ。
J’avais l’intention de partir à l’aube, mais ce fut impossible. Il y a, jusque dans la bassesse, une sorte de loi morale : une fois qu'une certaine relation est établie, on ne peut décemment s'en aller sans laisser à la femme quelque gratification. Du moins, c’est ce que je me crus obligé de penser. Par pure vanité, je fis mine d’être à l’aise alors que je ne l’étais pas ; je vidai mon portefeuille pour elle, au point qu’il ne me resta plus de quoi payer mon billet de train. Je me cherchai des excuses : « Mon père n'est pas encore à l'article de la mort, un retard d'une heure ou deux ne changera rien. » Fort de ce raisonnement fallacieux, je passai ma matinée à courir pour emprunter de l’argent, sans succès. Quand je rentrai à la pension peu avant midi, un télégramme m'attendait. Le cœur battant, je décachetai l'enveloppe avec fébrilité : « Père état critique. Reviens immédiatement ». À ces mots, je fus pris de tremblements convulsifs. Je me ruai hors de la pension et, au prix d’une agitation désespérée, je parvins enfin à réunir une maigre somme. Sans même repasser par ma chambre, je quittai Tokyo sur-le-champ. Après des heures d'une attente angoissante dans le train, j'arrivai au pays vers huit heures du soir.
Dans le pousse-pousse qui me menait de la gare à la maison, mon esprit était trop agité pour se fixer sur une pensée cohérente. Pourtant, au milieu de ce chaos mental, une seule prière m'obsédait : le voir encore en vie, ne fût-ce qu'un instant. Par moments, l'idée que tout était peut-être déjà fini me transperçait le cœur comme une pointe de poinçon. C'était une souffrance indicible. Je traversais les rues familières de la ville sans même savoir où je me trouvais ni comment le véhicule avançait. Je me tordais les mains sur mon siège, pressant le tireur de courir plus vite. Il maugréait quelques mots de colère que je n'entendais pas. Je ne savais que le presser, encore et encore.
漸くの想で家へ着くと、狼狽てて車を飛降りて、車賃も払ったか、払わなかったか、卒然門内へ駆込んで格子戸を引明けると、パッと灯火が射して、其光の中に人影がチラチラと見え、家内は何だか取込んでいて話声が譟然と聞える中で、誰だか作さん――私の名だ――作さんが着いた、作さんが、と喚く。何処からか母が駈出して来たから、私が卒然、「阿父さんは? ……」と如何やら人の声のような皺嗄声で聞くと、母は妙な面をしたが、「到頭不好ったよ……」というより早く泣き出した。私はハッと思うと、気が遠くなって、茫然として母が袖を顔に当て泣くのを視ていたが、ふと何だか胸が一杯になって泣こうとしたら、「まあ、彼方へお出でなさい」、と誰だか袖を引張るから、見ると従弟だ。何処へ何しに行くのだか、分っているような、分っていないような、変な塩梅だったが、私は何だか分ってる積で、従弟の跟に従いて行くと、人が大勢車座になっている明かるい座敷へ来た。と、急に私は何か母に聞きたい事が有るのを忘れていたような気持がして、母は如何したろうと後を振向く途端に、「おお作か」、という声が俄に寂然となった座敷の中に聞えたから、又此方を振向くと、其処に伯父が居るようだ。夫から私は其処へ坐って、何でも漫に其処に居る人達に辞儀をしたようだったが、其中に如何いう訳だったか、伯父の側へ行く事になって、側へ行くと、伯父が「阿父さんも到頭此様になられた」、といいながら、側に臥ている人の面に掛けた白い物を取除けたから、見ると、臥て居る人は父で、何だか目を瞑っている。私は其面を凝と視ていた。すると、何時の間にか母が側へ来ていて、泣声で、「息を引取る迄ね、お前に逢いたがりなすってね……」というのが聞えた。私はふッと目が覚めた、目が覚めたような心持がした。ああ、父は死んでいる……つい其処に死んでいる……骨と皮ばかりの痩果てた其死顔がつい目の前に見える。之を見ると、私は卒然として、「ああ済なかった……」と思った。此刹那に理窟はない、非凡も、平凡も、何もない。文士という肩書の無い白地の尋常の人間に戻り、ああ、済なかった、という一念になり、我を忘れ、世間を忘れて、私は……私は遂に泣いた……
Arrivé enfin devant la maison, je sautai du pousse-pousse. Je ne sais même plus si j'ai payé la course. Je me précipitai dans la cour et ouvris brusquement la porte à glissière. Une lumière vive m'aveugla ; dans l'agitation et le brouhaha des voix qui résonnaient à l'intérieur, quelqu'un cria : « Saku-san est là ! Saku-san est arrivé ! » (Saku est mon nom). Ma mère accourut de je ne sais où. « Et Père ?... » demandai-je d'une voix rauque qui ne semblait plus humaine. Ma mère fit une étrange grimace. « Il est… finalement… » dit-elle avant d'éclater en sanglots. Le choc me laissa hébété. Je restai là, prostré, à regarder ma mère pleurer, le visage caché dans sa manche. Alors que je sentais une boule monter dans ma poitrine et que je m'apprêtais à pleurer à mon tour, quelqu'un me tira par la manche en me disant : « Viens par ici. » C'était mon cousin. Je le suivis machinalement, dans un état second, sans trop savoir où il me menait. Nous entrâmes dans une pièce brillamment éclairée où les gens étaient assis en cercle. Soudain, j'eus l'impression d'avoir oublié de demander quelque chose d'important à ma mère et je me retournai pour la chercher des yeux. C'est alors qu'une voix s'éleva dans le silence soudain de la pièce : « Ah, Saku, te voilà. » C'était mon oncle. Je m'assis et saluai vaguement l'assistance, puis je me retrouvai, je ne sais comment, aux côtés de mon oncle. Celui-ci murmura : « Ton père a fini par nous quitter... », tout en écartant le linge blanc qui recouvrait le visage de la personne allongée. C'était mon père ; il avait les yeux clos. Je fixai ce visage intensément. Ma mère s'était approchée sans que je m'en aperçoive. Sa voix entrecoupée de sanglots me parvint : « Jusqu'à son dernier souffle, il n'a cessé de vouloir te voir... »
À cet instant, je repris mes esprits, ou plutôt j'eus la sensation de m'éveiller. Ah ! Mon père était mort... Il était là, mort, juste devant moi. Ce visage décharné, réduit à la peau sur les os, était là, sous mes yeux. À cette vue, une pensée me foudroya : « Ah, pardonnez-moi... ». En cet instant, il n'y avait plus de raisonnement, plus d'homme « exceptionnel » ou « ordinaire ». Je n'étais plus l'écrivain fier de son titre ; je n'étais qu'un homme simple, dépouillé de tout artifice. Une seule pensée m'habitait : « Ah, pardonnez-moi... ». Oubliant qui j'étais, oubliant le monde entier, je... j'ai fini par pleurer.
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後で段々聞いて見ると、父は殆ど碌な療養もせずに死んだのだ。事情を知らん人は寿命だから仕方がないと言って慰めて呉れたけれど、私には如何しても然う思えなかった。全く私の不心得で、まだ三年や四年は生延びられる所をむざむざ殺して了ったように思われてならなかったから、深く年来の不孝を悔いて、責て跡に残った母だけには最う苦労を掛けたくないと思い、父の葬式を済せてから、母を奉じて上京して、東京で一戸を成した。もう斯う心機が一転しては、彼様な女に関係している気も無くなったから、女とは金で手を切って了った。其時女の素性も始めて知ったが、当人の言う所は皆虚構だった。しかし其様な事を爰で言う必要もない。止めて置く。
で、生来始て稍真面目になって再び筆硯に親しもうとしたが、もう小説も何だか馬鹿らしくて些とも書けない。泰西の名家の作を読んで見ても、矢張馬鹿らしい。此様な心持で碌な物が出来る筈もないから、評判も段々落ちる、生活も困難になって来る。もう私もシュン外れだ。此処らが思切り時だろうと思って、或年意を決して文壇を去って、人の周旋で今の役所へ勤めるようになったが、其後母の希望を容れて、妻を迎え、子を生ませると、間もなく母も父の跡を追って彼世へ逝った。
これが私の今日迄の経歴だ。
En m'informant par la suite, j'appris que mon père était mort sans avoir bénéficié de soins convenables. Ceux qui ignoraient les circonstances tentèrent de me consoler en disant que son heure était venue, mais je ne pouvais me résoudre à le croire. J'avais le sentiment d'avoir, par mon incurie, laissé mourir sans rien faire un homme qui aurait pu vivre encore trois ou quatre années. Je regrettai amèrement mes années d'ingratitude filiale et, résolu à ne plus faire souffrir ma mère, désormais seule au monde, je l'emmenai avec moi à Tokyo après les funérailles et y fondai un foyer. Ce changement radical d'état d'esprit m'ôta toute envie de poursuivre ma liaison avec ce genre de femme ; je rompis avec elle et lui versai une somme d'argent. Ce fut à cette occasion que j'appris enfin sa véritable identité : tout ce qu'elle m'avait raconté n'était que mensonge. Mais il n'est pas nécessaire d'en dire davantage ici. Laissons cela.
Je tentai alors, pour la première fois de ma vie, de me remettre au travail avec sérieux, mais le genre romanesque me paraissait désormais dérisoire et je ne parvenais plus à écrire une ligne. Même la lecture des chefs-d'œuvre de l'Occident me semblait vaine. Dans de telles dispositions, je ne pouvais produire rien de bon ; ma réputation déclina et ma situation matérielle devint précaire. Je n'étais plus dans le coup. J'estimai que le moment était venu de renoncer : une année, je décidai de quitter le monde des lettres et, grâce à des relations, j'obtins ce poste que j'occupe dans l'administration. Plus tard, accédant au vœu de ma mère, je pris femme et eus des enfants. Peu après, ma mère suivit mon père dans l'au-delà.
Tel est le récit de ma vie jusqu'à ce jour.
つくづく考えて見ると、夢のような一生だった。私は元来実感の人で、始終実感で心を苛めていないと空疎になる男だ。実感で試験をせんと自分の性質すら能く分らぬ男だ。それだのに早くから文学に陥って始終空想の中に漬っていたから、人間がふやけて、秩序がなくなって、真面目になれなかったのだ。今稍真面目になれ得たと思うのは、全く父の死んだ時に経験した痛切な実感のお庇で、即ち亡父の賜だと思う。彼実感を経験しなかったら、私は何処迄だらけて行ったか、分らない。
文学は一体如何いう物だか、私には分らない。人の噂で聞くと、どうやら空想を性命とするもののように思われる。文学上の作品に現われる自然や人生は、仮令えば作家が直接に人生に触れ自然に触れて実感し得た所にもせよ、空想で之を再現させるからは、本物でない。写し得て真に逼っても、本物でない。本物の影で、空想の分子を含む。之に接して得る所の感じには何処にか遊びがある、即ち文学上の作品にはどうしても遊戯分子を含む。現実の人生や自然に接したような切実な感じの得られんのは当然だ。私が始終斯ういう感じにばかり漬っていて、実感で心を引締めなかったから、人間がだらけて、ふやけて、やくざが愈どやくざになったのは、或は必然の結果ではなかったか? 然らば高尚な純正な文学でも、こればかりに溺れては人の子も※(「爿+戈」、第4水準2-12-83)われる。況んやだらしのない人間が、だらしのない物を書いているのが古今の文壇のヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽヽ
(終)
二葉亭が申します。此稿本は夜店を冷かして手に入れたものでござりますが、跡は千切れてござりません。一寸お話中に電話が切れた恰好でござりますが、致方がござりません。
À bien y réfléchir, ce fut une existence pareille à un songe. Je suis, par nature, un homme des sensations authentiques ; si mon cœur n'est pas constamment aiguillonné par le réel, je sombre dans le vide. Je suis de ceux qui ne comprennent leur propre caractère qu'en le soumettant à l'épreuve des faits. Pourtant, m'étant égaré très tôt dans la littérature, j'ai passé mon temps immergé dans la fantaisie, ce qui a ramolli mon caractère, détruit mon sens de l'ordre et m'a empêché d'être sérieux. Si je pense être devenu aujourd'hui un peu plus authentique, je le dois entièrement à la sensation cuisante et concrète éprouvée lors de la mort de mon père ; c'est, je crois, l'ultime cadeau de mon défunt père. Sans cette épreuve de réalité, qui sait jusqu'où je me serais laissé dériver ?
Qu'est-ce donc, au fond, que la littérature ? Je ne saurais le dire. D'après ce que j'entends dire, il semble que sa substance même, sa raison d'être soit l'imaginaire. La nature et la vie humaine qui apparaissent dans une œuvre littéraire ont beau être nées du contact direct de l'écrivain avec le réel, dès lors qu'elles sont reproduites par la fiction, elles cessent d'être vraies. Même si l'imitation frise la perfection, ce n'est pas la réalité. Ce n'est que l'ombre du réel, imprégnée d'une part de rêve. Le sentiment que l'on éprouve à son contact conserve toujours un aspect ludique ; en somme, une œuvre littéraire contient inévitablement une part de divertissement. Il est donc naturel qu'on n'y trouve jamais cette sensation poignante que procure le contact avec la vie ou la nature véritables. N'était-ce pas une conséquence fatale : à force de rester plongé dans de tels sentiments sans jamais raffermir mon cœur par la réalité, je suis devenu une loque, un être inconsistant, et mon caractère de vaurien n'a fait que s'empirer ? Si tel est le cas, même la littérature la plus noble et la plus pure peut pervertir l'homme qui s'y abandonne. Que dire alors d'un individu sans aucune tenue qui écrit des choses informes, comme c'est le cas dans le monde littéraire d'hier et d'aujourd'hui...
(Fin)
Post-scriptum de Futabatei : Ce manuscrit est un texte que j'ai déniché en flânant dans un marché de nuit ; la fin en a été arrachée. C'est comme si, au beau milieu d'une conversation téléphonique, la communication avait été brusquement coupée. Mais que faire ? Il n'y a rien à faire.
底本:「平凡・私は懐疑派だ 小説・翻訳・評論集成」講談社文芸文庫、講談社
1997(平成9)年12月10日第1刷発行
底本の親本:「二葉亭四迷全集 第一巻」筑摩書房
1984(昭和59)年11月
※底本には「本書は、『二葉亭四迷全集』第一、二、三、四、七巻(昭和五十九年十一月~平成三年十一月 筑摩書房刊)を底本として使用し、新漢字・新かなづかいにして、若干ふりがなを加えた。本文中に今日から見て不適切と思われる言葉づかいがあるが、作品の時代背景、文学的価値等を考え、著者が故人でもあるため、そのままとした。」との記載がある。
※本作品中には、身体的・精神的資質、職業、地域、階層、民族などに関する不適切な表現が見られます。しかし、作品の時代背景と価値、加えて、作者の抱えた限界を読者自身が認識することの意義を考慮し、底本のままとしました。(青空文庫)
入力:砂場清隆
校正:松永正敏
2003年1月15日作成
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Futabatei Shimei a profondément marqué la littérature japonaise moderne par son usage pionnier du gembun itchi – l’unification de la langue parlée et écrite – et par l’introduction d’un réalisme psychologique.
Son roman Ukigumo (1887‑1889) est considéré comme le premier roman moderne japonais en raison de sa représentation réaliste des conflits intérieurs, de l’ambiguïté morale et du matérialisme social, en rupture avec les styles classiques.
Ses traductions d’auteurs russes comme Ivan Tourgueniev ont introduit au Japon des concepts occidentaux de création artistique, de modernité et de réalisme, qui ont façonné les notions fondatrices du discours littéraire japonais.
Même si son influence directe semble d’abord limitée, Ukigumo est redécouvert par les écrivains naturalistes, ce qui consacre son statut canonique, et ses expérimentations sur les variétés de langue ont contribué à la standardisation et au traitement des dialectes dans la littérature ultérieure.