道 :: la Route

石川啄木 :: Ishikawa Takuboku

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la Route

石川啄木

Ishikawa Takuboku

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source: https://www.aozora.gr.jp/cards/000153/files/48367_33294.htm

初出:「新小説 第十五巻第四号」

1910(明治43)年4月1日発行

§ 道

○○郡教育会東部会の第四回実地授業批評会は、十月八日の土曜日にT――村の第二尋常小学校で開かれる事になつた。選択科目は尋常科修身の一学年から四学年までの合級授業で、謄写版に刷つた其の教案は一週間前に近村の各学校へ教師の数だけ配布された。

隣村のS――村からも、本校分校合せて五人の教師が揃つて出懸ける事になつた。其の中には赴任して一月と経たぬ女教師の矢沢松子もゐた。『貴方もお出でになつては何うです?』斯う校長に言はれた時、松子は無論行くべきものと思つてゐたやうに、『参ります。』と答へた。山路三里、往復で六里あると聞いても、左程驚きもしなければ、躊躇する態もなかつた。

机を向ひ合してゐる准訓導の今井多吉は、それを見ながら前の女教師を思出した。独身にしては老け過ぎる程の齢をしてゐた其の女の、甲高い声で生徒を叱り飛ばした後で人前も憚らず不興気な顔をしてゐる事があつたり、「女」といふを看板に事々に労を惜んで、楽な方へ楽な方へと廻つてばかりゐたのに比べて、齢の若いとは言ひながら、松子の何の不安も無気に穏しく自分の新しい境遇に処して行かうとする明い心は、彼の単調な生活に取つて此頃一つの興味であつた。前の女教師の片意地な基督教信者であつた事や、費用をはぶいて郵便貯金をしてゐる事は、それを思出す多吉の心に何がなしに失望を伴つた。それだけ松子の思慮の浅く見える物言ひや、子供らしく口を開いて笑つたりする挙動が、彼には埃だらけな日蔭のやうに沈んでゐる職員室の空気を明くしてゐるやうに思はれた。

La quatrième réunion d’observation pratique de l’enseignement, organisée par l’Association éducative de la partie Est du district de ○○, devait se tenir le samedi 8 octobre à la deuxième école primaire du village T—. La matière choisie était une leçon combinée de — morale pour les quatre premières années du cursus élémentaire, et le plan de cours polycopié avait été distribué une semaine à l’avance, selon le nombre d’enseignants, à toutes les écoles des villages voisins.

Depuis le village S— voisin, cinq enseignants, du site principal et de sa succursale réunis, s’étaient également préparés à s’y rendre. Parmi eux se trouvait Yazawa Matsuko, jeune enseignante en poste depuis moins d’un mois. « Vous viendriez aussi, n’est-ce pas ? », lui dit le directeur. Matsuko, semblant n’avoir jamais douté qu’elle devait y aller, répondit simplement : « J’y serai. » Même quand on lui dit qu’il y avait trois lieues de montagne à parcourir (six aller-retour), cela ne parut ni la surprendre ni l’inquiéter le moins du monde.

Imamé Takichi, le sous-instituteur assis en face d’elle, repensa à la précédente enseignante en observant Matsuko. Cette femme, célibataire mais dont l’âge dépassait celui attendu d’une telle situation, s’énervait après les élèves d’une voix aiguë et, même devant les autres, affichait son mécontentement. Sous prétexte d’être une — femme, elle évitait sans cesse la peine et ne cherchait que la facilité. Au contraire, malgré sa jeunesse, l’attitude calme et lumineuse de Matsuko, qui faisait face sans inquiétude ni raideur à sa nouvelle situation, apportait, ces derniers temps, un intérêt nouveau à la vie monotone de Takichi. Le souvenir que l’ancienne enseignante était une chrétienne butée ou économisait sur tout pour ses économies à la poste, lui laissait une impression de déception. Et peut-être à cause de cela, le discours un peu naïf de Matsuko et ses rires francs, enfantins, semblaient dissiper, comme un rayon de soleil, la poussière et l’atmosphère assombrie de la salle des professeurs.

『今井さんは何うです?』と、校長は人の好ささうな顔に笑ひを浮べて言つた。

『煎餅を喰ひにですか。』と若い准訓導は高く笑つた。『行きますとも。』

校長も笑つた。髯の赤い、もう五十面の首席訓導も笑つた。此前の会が此の学校に開かれた時、茶受に出した麦煎餅を客の手を出さぬうちに今井が一人で喰つて了つた。それが時々此の職員室で思出されては、其の都度新らしい笑ひを繰返してゐたのである。話に聞いてゐる松子も、声を出して一緒に笑つた。

それは二三日前の事であつた。

其の日が来た。秋の半ば過の朝霧が家並の茅葺屋根の上半分を一様に消して了ふ程重く濃く降りた朝であつた。S――村では、霧の中で鶏が鳴き、赤児が泣き、馬が嘶いた。山を負うた小学校の門の前をば、村端れの水汲場に水汲みに行く大きい桶を担いだ農家の女が幾人も幾人も、霧の中から現れて来て霧の中へ隠れて行つた。日の出る時刻が過ぎても霧はまだ消えなかつた。

« Et vous, Imai-san, qu’en dites-vous ? », demanda alors le directeur en souriant d’un air bienveillant.

— « C’est pour manger les crackers ? », répondit en riant le jeune sous-instituteur. « Bien sûr que je viens ! »

Le directeur rit aussi. Le sous-directeur, homme d’une cinquantaine d’années au poil roux, se mit également à rire. Lors d’une réunion précédente dans cette école, Imai avait mangé tous les crackers servis en collation avant que les invités n’aient pu y toucher. Depuis, à chaque fois que l’anecdote ressurgissait dans la salle des professeurs, cela ravivait à chaque fois le rire. Même Matsuko, qui n’en connaissait l’histoire que par ouï-dire, rit franchement avec les autres.

C’était il y a deux ou trois jours.

Le jour arriva. C’était un matin de la mi-automne, avec un brouillard si lourd et dense qu’on ne distinguait plus la moitié supérieure des toits de chaume alignés du village. Dans le village S—, les coqs chantaient dans la brume, les bébés pleuraient, les chevaux hennissaient. Devant la petite école adossée à la montagne, de nombreuses paysannes transportant d’énormes seaux allaient et venaient de la fontaine du village, apparaissant et disparaissant dans le brouillard. Bien après l’heure prévue du lever du soleil, la brume ne s’était toujours pas dissipée.

宿直室に起臥してゐる校長が漸々起きて顔を洗つたばかりのところへ、二里の余も離れた処にある分校の目賀田といふ老教師が先づ来た。草鞋を解き、腰を延ばし、端折つた裾を下して職員室に入ると、挨拶よりも先に『何といふ霧でしたらう、まあ。』と言つて、呆れて了つたといふやうな顔をして立つた。

取敢へず、着て来た色の褪めた木綿の紋付を脱いで、小使が火を入れたばかりの火鉢の上に翳した。羽織は細雨に遭つたやうにしつとりと濡れてゐて、白い水蒸気が渦巻くやうに立つた。『慣れた路ですけれども、足許しか見えないもんだから何だか知らない路に迷つてゐるやうでしてなあ。いや、五里霧中とは昔の人はよく言つたものだと思ひました哩。……蝙蝠傘を翳してるのに、拭いても拭いても顔から雫が滴るのですものなあ。』こんな事を言ひながら頻りと洟水を啜つた。もう六十からの老人であるが、資格はただの准訓導であつた。履歴を訊せば、藩の学問所の学頭をした人の嗣で、県政の布かれてからは長らく漢学の私塾を開いてゐたとかいふ事である。

Le directeur, qui dormait dans la chambre de garde, venait tout juste de se lever pour se laver le visage quand Mekada, un vieux maître d’école venu de la succursale distante de plus de deux lieues, arriva le premier. Il ôta ses sandales de paille, s’étira, abaissa le pan relevé de son vêtement et entra dans la salle des professeurs. Avant même de saluer, il s’exclama :

— « Quel brouillard ! Vraiment, quel brouillard ! », se montrant manifestement frappé d’étonnement.

Sans plus attendre, il retira son kimono délavé et le tendit au-dessus du brasero que le concierge venait d’allumer. Son haori, tout moite, semblait avoir traversé la pluie fine ; la vapeur blanche montait en tourbillons.

— « Je connais bien le chemin, mais on ne voyait vraiment rien à ses pieds, on aurait cru s’être perdu quelque part. “Dans un brouillard de cinq lieues”, vraiment les anciens le disaient bien… J’avais beau tenir mon parapluie, je n’arrêtais pas d’avoir des gouttes qui me coulaient du visage… », disait-il tout en se mouchant bruyamment. Ce vieillard avait déjà plus de soixante ans mais n’avait que le titre de sous-instituteur. On disait, si l’on s’en enquiert, qu’il était l’héritier de l’ancien directeur de l’académie sous le clan, et qu’après l’établissement du gouvernement préfectoral, il avait longtemps dirigé une école privée de sinologie.

羽織が大概乾いた頃に女教師が来た。其の扮装を見上げ見下して、目賀田は眼を円くした。

『貴方は下駄ですかい?』

『え。』

又見上げ見下して、『真箇に下駄で行くのですかい?』

『そんなに悪い路で御座いませうか?』

『下駄では少し辛いでせうよ、矢沢さん。』と校長が宿直室から声を懸けた。

『さうでせうか。』と言つて、松子は苦もなく笑つた。『大丈夫歩いてお目にかけますわ。慣れてるんですもの。』

『坂がありますよ。』

『大丈夫、先生。』

『そんな事を言はないで、今のうちに草鞋を買はせなさい。老人は悪い事は言はない。三里と言つても随分上つたり下つたりの山路ですぞ。』

Lorsque son haori fut à peu près sec, la jeune enseignante arriva. Mekada la regarda de haut en bas et ouvrit de grands yeux :

— « Vous êtes en geta (sabot japonais) ? »

— « Oui.

À nouveau, il la toisa : « Vous y allez vraiment en geta ? »

— « Le chemin est-il donc si mauvais ? »

— « Ce sera un peu dur, en geta, Yazawa-san... », dit le directeur de la pièce voisine.

— « Vraiment ?, répondit Matsuko en souriant sans la moindre gêne, « Ne vous inquiétez pas, je marcherai très bien. J’en ai l’habitude. »

— « Il y a des montées, hein. »

— « Ne vous inquiétez pas, Monsieur. »

— « Quand même, il faudrait mieux lui acheter des sandales de paille. Je ne dis pas ça pour rien, moi… Trois lieues, ça grimpe, ça descend, c’est un vrai chemin de montagne. »

さう言つて目賀田は、目の前に嶮しい坂が幾つも幾つも見えるやうな目付をした。松子は又笑つた。心では自分が草鞋を穿いて此の人達と一緒に歩いたら、どんな格好に見えるだらうと想像して見た。そして、何もそんなにしてまで行かなくても可いのだと思つてゐた。

さうしてるところへ、玄関に下駄の音がして多吉が入つて来た。

『貴方もか、今井さん?』と目賀田が突然問ひかけた。

『何です?』

『貴方も下駄で行くのですかい?』

『ええ。何うしてです?』

『何うしてもないが、貴方方が二人――貴方は男だからまあ可いが、矢沢さんが途中で歩けなくなつたら、皆で山の中へ捨てて来ますぞ。』

言葉は笑つても、心は憎悪であつた。

多吉は、『それあ面白いですね。誰でも先に歩けなくなつた人は捨てて来る事にしませう。』声を高くして、『ねえ、先生。』

障子の彼方にはがちやりと膳部の音がした。校長が、『私は可いが、目賀田さんがそれぢやあ却つてお困りでせう。』

Ainsi, Mekada prit un air comme s’il voyait devant lui une succession de pentes abruptes. Mais Matsuko se contenta de sourire encore, en pensant intérieurement combien elle aurait l’air étrange si elle marchait avec eux chaussée de sandales de paille. Après tout, se disait-elle, elle n’était pas obligée d’aller jusqu’à ce point.

C’est alors que le bruit de geta résonna dans l’entrée, et Takichi arriva.

— « Vous aussi, Imai-san ? », demanda soudain Mekada.

— « Quoi donc ? »

— « Vous venez en geta, vous aussi ? »

— « Oui, pourquoi donc ? »

— « Rien, mais si vous deux — enfin, vous êtes un homme, donc ça va — mais si Yazawa-san ne peut plus avancer en chemin, on la laissera dans la montagne. »

Les paroles étaient accompagnées de sourire, mais le cœur en voulait autrement.

Takichi rit d’une voix haute :

— « Ça alors, c’est amusant ! Faisons un pacte : on laissera derrière nous celui qui n’arrivera plus à marcher, d’accord, Monsieur ? »

De l’autre côté de la cloison, on entendit tinter la vaisselle. Le directeur répondit :

— « Ça m’est égal, mais dans ce cas-là c’est Mekada-san qui risque d’être embêté ... »

『老人は別物さ。』と目賀田も言ふ。

多吉は子供らしく笑つた。

『然し、靴なんかよりは下駄の方が余程歩きいいんですよ。――それあ草鞋は一番ですがね。貴方は矢張草鞋ですか?』

『俺かな? 俺は草鞋さ。』

さう言つて老人は横を向いて了つた。「可愛気のない人達だ。」と眼が言つた。

やがて髯の赤い首席の雀部が遅れた分疏をしながら入つて来た時、校長ももう朝飯が済んだ。埃と白墨の粉の染みた詰襟の洋服に着替へ、黒い鈕を懸けながら職員室に出て来ると、目賀田は、補布だらけな莫大小の股引の脛を火鉢に焙りながら、緩りとした調子で雀部と今朝の霧の話を始めてゐた。其の容子は、これから又隣村まで行かねばならぬ事をすつかり忘れてゐるもののやうにも見えた。故意に出発の時刻を遅くしようとしてゐるのかとも見えた。

『蝙蝠傘を翳してるのになあ、貴方、それだのに此の禿頭から始終雫が落ちてくるのですものなあ。』

— « Les vieux forment une catégorie à part », prit sur lui de répondre Mekada.

Takichi rit, comme un enfant.

— « Mais je vous le dis, marcher en geta, c’est bien meilleur qu’avec des chaussures… Enfin, les sandales, c’est encore le mieux. Vous aussi, c’est les sandales, n’est-ce pas ? »

— « Moi ? Oui, je marche en sandales. »

Sur quoi le vieillard détourna la tête, signifiant par son regard combien il les trouvait peu aimables.

Peu après, alors que le chef d’école Sakabe, à la barbe rousse, entrait en s'excusant pour son retard, le directeur avait déjà fini son petit déjeuner. Ayant enfilé son costume à col droit couvert de taches de craie et de poussière, attaché ses boutons noirs, il entra dans la salle des professeurs. Mekada, séchant au-dessus du brasero ses mollets gainés d’un caleçon de laine rapiécée, engagea sur un ton nonchalant la conversation avec Sakabe sur le brouillard, comme s’il avait complètement oublié qu’il devait partir pour le village voisin, ou comme s’il cherchait volontairement à retarder le départ.

— « J’avais beau tenir mon parapluie, savez-vous, mais les gouttes n’arrêtaient pas de tomber de cette vieille tête dénudée... »

こんな事を言つて、後頭にだけ少し髪の残つてゐる滑かな頭をつるりと撫でて見せた。皆は笑つた。笑ひながら多吉は、此の老人にもう其の話を結末にせねばならぬ暗示を与へる事を気の毒に思つた。それと同時に、何がなしに此の老人が、頭の二つや三つ擲つてやつても可い程卑しい人間のやうに思はれて来た。

校長にも同じやうな心があつた。老人の後に立つてゐて、お付合のやうに笑ひながら窓側の柱に懸つてゐる時計を眺め、更に大形の懐中時計を衣嚢から出して見た。

雀部は漸く笑ひ止んで、揶揄ふやうな口を利いた。

『あの帽子は何うしたのです? 冠つて来なかつたのですか?』

『あれですか? あれはな、』目賀田は何の為ともなく女教師の顔を盗むやうに見た。『はははは、遺失して了ひました哩。』

『ほう。惜い事をしたなあ。却々好い帽子だつたが……。もう三十年近く冠つたでせうな?』

『さあ、何年から。……自分から言つては可笑しいが、買つた時は――新しい時は見事でしたよ。汽船で死んだ伜が横浜から土産に買つて来て呉れたのでな。羅紗は良し――それ、島内といふ郡長がありましたな。あの郡長が巡回に来て、大雨で一晩泊つて行つた時、手に取つてひつくら返しひつくら返し見て褒めて行つた事がありました哩。――外の事は何にも褒めずにあの帽子だけをな。』

Tout disnat ces mots, il caressa d’un geste sa tête lisse sur laquelle il ne restait que quelques cheveux à l’arrière. Tout le monde éclata de rire. En riant, Takichi se sentit un peu désolé d’avoir à donner à cet ancien le signal de mettre fin à son récit. Mais en même temps, pour une raison indéfinissable, le vieil homme lui parut soudain devenir un être si mesquin qu’on aurait voulu secouer sa tête — ou deux ou trois têtes — pour s’en débarrasser.

Le directeur partageait ce sentiment. Debout derrière le vieil homme, il riait pour la forme tout en jetant un regard à l’horloge accrochée au pilier près de la fenêtre, puis il consulta sa grosse montre qu’il sortit de sa poche.

Sakabe, pour sa part, cessa enfin de rire et lança d’un ton moqueur :

— « Qu’est devenue votre casquette, vous ne l’avez pas portée aujourd’hui ? »

— « Ah, celle-là… », répondit Mekada, jetant un regard furtif vers la jeune enseignante, sans raison apparente. « Hahaha, je l’ai perdue. »

— « Tiens donc. Dommage ! Elle était plutôt belle… Ça fait presque trente ans que vous la portiez, non ? »

— « Allons voir... Depuis quand… Enfin, je ne veux pas me vanter, mais quand je l’ai achetée — quand elle était neuve, elle était superbe. C’était mon fils, qui est mort en mer, qui me l’avait rapportée de Yokohama comme souvenir. Le drap était vraiment bien... Vous vous souvenez, ce chef de district qui s’appelait Shimauchi ? Un jour, lors d’une tournée, il a dû passer la nuit ici à cause d'une grosse pluie, eh bien, il a pris ma casquette dans sa main, il l'a retourné dans tous les sens et il ne tarissait pas d’éloges sur elle. — Et c’est bien le seul objet qu’il ait jamais complimenté chez moi. »

『何うして遺失したんです?』と多吉は真面目な顔をして訊いた。

『それがさ。』老人は急に悄気た顔付をして若い教師を見た。それから其の眼を雀部の髯面に移した。

『先月、それ、郡視学が巡つて来ましたな?』

『はあ、来ました。』

『あの時さ。』と目賀田は少し調子づいた。『考へて見れば好い面の皮さな。老妻を虐めて㷤を殺さしたり、罎詰の正宗を買はしたり、剰にうんと油を絞られて、お帰りは停車場まで一里の路をお送りだ。――それも為方がありませんさ。――ところで汽車が発つと何うにも胸が収まらない。例よりは少し小つ酷く譴られたのでな。――俺のやうな耄碌を捕まへてからに、ヘルバロトが何うの、ペスタ何とかが何うの、何段教授法だ児童心理学だと言つたところで何うなるつてな。いろはのいは何う教へたつていろはのいさ。さうでせう、雀部さん? 一二が二は昔から一二が二だもの。………』

女教師は慌て首を縮めて、手巾で口を抑へた。

— « Et comment l’avez-vous perdue ? » demanda Takichi d’un ton sérieux.

— « Eh bien…, fit le vieux en prenant tout à coup un air penaud en direction du jeune enseignant, avant de tourner son regard vers la barbiche de Sakabe.

— « Le mois dernier, vous vous rappelez, l’inspecteur du district est venu ? »

— « Oui, il est venu. »

— « C’est à ce moment-là…, dit Mekada d’un ton plus enjoué. « En y repensant, c’était vraiment humiliant. Ma pauvre vieille femme se l’est fait maltraiter, on lui a fait tuer la pauvre bête (volaille), on a dû acheter du saké bien emballé en bouteille, et en plus il nous a bien pressurés… et quand il est reparti, il a fallu l’accompagner jusqu'à la gare qui se trouve à une lieue d’ici. — Enfin, on n’y peut rien… Mais après le départ du train, impossible de retrouver mon calme. J’avais été un peu plus rudement réprimandé que d’habitude… Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse, à mon âge rabougri, de ces histoires de Herbart ou de Pesta…-quelque chose, ou de méthodes d’enseignement, de psychologie de l’enfant… peu importe comment on enseigne le ‘i’ de l’alphabet, ça reste le ‘i’ de l’alphabet. N’est-ce pas, Sakabe ? Un et un font deux, ça a toujours été deux… »

La jeune enseignante, surprise, se contracta et porta précipitamment son mouchoir à sa bouche pour ne pas rire.

『まあさ、さう笑ふものではない。老人の愚痴は老人の愚痴として聞くものですぞ。――いや、先生方の前でこんな事を言つちや済まないが、――まま、そ言つたやうな訳でね、停車場から出ると突然お芳茶屋へ飛込んだものさ。ははは。』

『解つた、解つた。そして酔つて了つて、誰かに持つて行かれたかな?』と雀部は煙草入を衣嚢に蔵ひながら笑つた。

『いやいや。』目賀田は骨ばつた手を挙げて周章へて打消した。『誰が貴方、犬ででもなけれあ、あんな古帽子を持つて行くもんですかい。冠つて出るには確に冠つて出ましたよ。それ、あのお芳茶屋の娘の何とかいふ子な、去年か一昨年まで此方の生徒だつた。――あれが貴方、むつちりした手つ手で、「はい、先生様。」と言つて渡して呉れたのを、俺はちやんと知つてる。それからそれを受取つて冠つたのも知つてますものな。――ところがさ、家へ帰ると突然老妻の奴が、「まあ、そんなに酔つ払つて、……帽子は何うしたのです?」と言ふんでな。はてな、と思つて、斯うやつて見ると、それ。――』

手を頭へやつて、ぴたりと叩いて見せた。『はははは。』多吉はそれを機に椅子を離れた。

— « Enfin, ne riez pas comme ça. Les jérémiades d’un vieux, il faut les écouter comme des jérémiades de vieux. — Non, je regrette de dire ça devant vous, messieurs, mais voilà, c’est comme ça… En sortant de la gare, subitement, je suis allé me réfugier dans le salon de thé d’Oyoshi. Hahaha. »

— « Compris, compris. Et puis, vous avez trop bu et quelqu’un vous l’a prise ? », fit Sakabe en rangeant son étui à tabac dans sa poche en riant.

— « Non, non, non. », protestait vigoureusement Mekada en levant sa main osseuse. « Qui, dites-moi, aurait pris un vieux chapeau aussi usé, s’il n’était pas un chien, hein ? J’étais bien sûr parti avec quand je suis sorti. C’est la fille du salon de thé d’Oyoshi, qui était ici élève jusqu’à l’an dernier, je crois… C’est elle, avec ses petites mains potelées, qui m’a remis le chapeau en disant ‘voilà, monsieur’. Je me le rappelle très bien. Et je sais aussi que je l’ai bien remis sur ma tête… Mais en rentrant chez moi, tout à coup, ma vieille femme me lance ‘Dis donc, tu t’es encore soûlé… mais, ton chapeau, où est-il passé ?’ Je me demande alors... et en faisant comme ceci…, il porta alors sa main sur sa tête et mima l’action d’y chercher la casquette. « Hahaha... »

Profitant du moment, Takichi se leva de sa chaise.

『浮気だものな、此のお老人は。』さう言つて雀部ももう此の話の尻を結んだ積りであつた。

『莫迦な。』目賀田はそれを追駆けるやうに又手を挙げた。『貴方ぢやあるまいし。……若しや袂に入れたかと思つて袂を探したが、袂にもない。――』

『出懸けませうか、徐々。』

手持無沙汰に立つてゐた校長がさう言つた。『さうですね。』と雀部も立つ。

『もう時間でせうな。』後を振向いてさう言つた目賀田の顔は、愈々諦めねばならぬ時が来たと言つてるやうに多吉には見えた。老人はこそこそと遁げるやうに火鉢の傍から離れて、隅の方へ行つた。

校長は蔵つた懐中時計をまた出して見て、『恰度七時半です。――恰度可いでせう。授業は十一時からですから。』

『目賀田さんは御苦労ですなあ。』両手を衣嚢に入れてがつしりした肩を怒らせながら、雀部は同情のある口を利いた。

『年は老るまいものさな。………何有………然し五里や十里は………まだまだ………』

断々に言ひながら、体を揺り上げるやうにして裾を端折つてゐる。

そして今度は羽織に袖を通しかけて、

『時にな、校長さん。』と言ひ出して。『俺の処の六角時計ですな、あれが何うも時々針が止つて為様がないのですが、役場に持つて来たら直して貰へるでせうな?』

— « Quel vieux coquin, ce bonhomme… », conclut Sakabe, pensant clore l'anecdote.

— « Bêtises ! », lança aussitôt Mekada en levant de nouveau la main, poursuivant. « Je ne suis pas vous, tout de même… J’ai même fouillé mes manches au cas où je l’y aurais glissée, mais non… »

— « On y va, tout doucement ? »

Le directeur, qui s’était tenu debout sans rien faire, suggéra ainsi le départ.

— « Oui, partons », acquiesça Sakabe.

— « Il doit être l’heure », dit Mekada en se retournant, le visage signifiant à Takichi qu’il savait qu’il fallait enfin se résigner. Le vieil homme, un peu furtivement, s’écarta du brasero vers un coin de la pièce.

Le directeur ressortit sa montre de gousset et déclara :

— « Il est exactement sept heures et demie… C’est parfait. Le cours commence à onze heures. »

— « C’est vraiment courageux d’aller jusque-là, Mekada-san… », fit Sakabe à la large carrure, les mains dans les poches, d’un ton de compassion.

— « On n’est pas vieux au point de ne plus pouvoir faire ça… cinq ou dix lieues encore…, dit Mekada pour lui-même, tout en rabattant son bas de pantalon d’un geste oscillant.

Puis, enfilant son haori, il lança :

— « Dites donc, directeur, ma vieille horloge hexagonale, elle s’arrête tout le temps... Si je l’apporte à la mairie, vous croyez qu’ils pourraient la réparer ? »

話の続きは玄関で取交された。

臨時の休みに校庭はひつそりとして広く見えた。隅の方に四五人集つて何かしてゐた近処の子供等は、驚いたやうに頭を下げて、五人の教師の後姿を見送つた。教師達の出て行つた後からは、毛色の悪い一群の㷤が餌をあさりながら校庭へ入つて行つて。

霧はもう名残もなく霽れて、澄みに澄んだ秋の山村の空には、物を温めるやうな朝日影が斜めに流れ渡つてゐた。村は朝とも昼ともつかぬやうに唯物静かであつた。

水銀のやうな空気が歩みに随つて顔や手に当り、涼気が水薬のやうに体中に染みた。「頭脳が透き通るやうだ。」と多吉は思つた。暫らくは誰も口を利かなかつた。

村端れへ出ると、殿になつて歩いて来た校長は、

『今井さん。今日は不思議な日ですな。』と呼びかけた。

『何うしてです?』

『靴を穿いた人が二人に靴でない人が三人、髭のある人が二人に髭のない人が三人、皆二と三の関係です。』

La suite de la conversation se poursuivit dans l’entrée.

Dans la cour, rendue silencieuse et immense par cette pause matinale, quatre ou cinq enfants rassemblés dans un coin firent une profonde révérence, surpris, pour regarder s’éloigner les cinq enseignants. À leur sortie, un groupe hétéroclite de poules vint fouiller la cour à la recherche de nourriture.

Il ne restait plus trace du brouillard ; dans le ciel limpide du village de montagne, la lumière diagonale du soleil d’automne réchauffait doucement les choses. Le village lui-même semblait paisible, à la frontière du matin et du midi.

L’air, argenté comme le mercure, frappait le visage et les mains au rythme de la marche, et une fraîcheur vivifiante s’infiltrait comme une potion dans tout le corps. « On dirait que mon cerveau est devenu transparent », pensa Takichi. Un moment, personne ne dit mot.

En sortant aux abords du village, le directeur, qui fermait la marche, interpella :

— « Imai-san, c’est un jour étrange, aujourd’hui, n’est-ce pas ? »

— « Pourquoi donc ? »

— « Il y a deux personnes chaussées, trois sans chaussures, deux avec moustache, trois sans moustache ; tout est lié au deux et au trois. »

『さうですね。』多吉は物を捜すやうに皆を見廻した。そして何か見付けたやうに、俄かに高く笑ひ出した。

『さう言へばさうですな。』と背の高い雀部も振回つた。『和服が三人に洋服が二人、飲酒家が二人に飲まずが三人。ははは。』

『飲酒家の二人は誰と誰ですい?』目賀田は不服さうな口を利いた。

『貴方と私さ。』

『俺もかな?――』

後の言葉は待つても出なかつた。

— « C’est vrai… », dit Takichi en regardant tout le monde comme pour vérifier, puis, trouvant apparemment la chose très drôle, éclata soudain de rire.

— « C’est bien vrai…, renchérit Sakabe, le grand, en riant à son tour. « Trois en kimono, deux en costume occidental, deux buveurs et trois abstinents. Ha ha ha. »

— « Et les deux buveurs, c’est qui ? » demanda Mekada d’un air mécontent.

— « Vous et moi. »

— « Moi aussi, vraiment ? — »

Les mots suivants ne vinrent jamais.

雀部は元気な笑ひ方をした。が、其の笑ひを中途で罷めて、遺失物でもしたやうに体を屈めた。見ると衣嚢から反古紙を出して、朝日に融けかけた路傍の草の葉の霜に濡れた靴の先を拭いてゐた。

拭きながら、『ははは。』と笑ひの続きを笑つた。『目賀田さんは飲酒家でない積りと見える。』

多吉は吹出したくなつた。月給十三日分で買つた靴だと何日か雀部の誇つた顔を思出したのである。雀部の月給は十四円であつた。多吉は心の中で、「靴を大事にする人が一人………」と数へた。

『蝙蝠傘も目賀田さんと矢沢さんの二人でせう。皆二と三の関係です。』校長はまた言つた。

『それからまだ有りますよ。』多吉は穏しく言つた。

『老人が三人で若い者が二人。』

『私も三人のうちですか?』

『可けませんか?』

多吉は揶揄ふやうな眼付をした。三十五六の、齢の割に頬の削けて血色の悪い顔、口の周匝を囲むやうに下向きになつた薄い髭、濁つた力の無い眼光――「戯談ぢやない。これでも若い気か知ら。」さういふ思ひは真面目であつた。

『貴方は髭が有るから為方がないですよ。』

松子は吹出して了つた。

Shakube se mit à rire de bon cœur, mais s’arrêta en chemin et se pencha vers le sol comme s’il venait de perdre quelque chose. Je le vis sortir un morceau de papier froissé de sa poche et essuyer le bout de ses chaussures, mouillées par le givre des herbes du bord du chemin, qui fondait au soleil du matin.

Tout en essuyant, il se remit à rire : — Ha ha ha. Il me semble que Megata-san se prend pas pour un buveur.

Taki eut envie de rire. Il se rappela le visage fier de Shakube lorsqu’il avait vanté, plusieurs jours durant, ses chaussures qui lui avaient coûté treize jours de salaire. Shakube gagnait quatorze yens par mois. Taki pensa en lui-même : — Voilà quelqu’un qui prend soin de ses chaussures…

— Et pour les parapluies, seuls Megata-san et Yazawa-san en ont, n’est-ce pas ? Toujours par deux ou par trois, tout cela, ajouta le principal.

— Et il y a encore autre chose., dit Taki calmement.

— Trois personnes âgées et deux jeunes.

— Je fais partie des trois vieux ?

— Pourquoi pas ?

Taki lui jeta un regard presque moqueur. À trente-cinq ou trente-six ans, son visage aux pommettes creusées et au teint pâle pour son âge, sa fine moustache tombante encadrant sa bouche, son regard trouble et sans force — — C’est sérieux ? Il croit vraiment être jeune… pensa-t-il sérieusement.

— Vous avez une moustache, c’est sans remède.

Matsuko éclata de rire.

『校長さん、校長さん。』雀部は靴を拭いて了つて歩き出した。『矢沢さんは一人で、あとは皆男ですよ。これは何うします?』

『さうですな。』

『………………………………………………………………………………………』

『これだけは別問題です。さうして置きませう。』

雀部は燥ぎ出した。『私が女に生れて、矢沢さんと手を取つて歩けば可かつたなあ。ねえ、矢沢さん。さうしたら――』

『貴方が女だつたら、…………………………』四五間先にゐた目賀田が振回つた。『……飲酒家の背高の赤髯へ、…………………………』

言ひ方が如何にも憎さ気であつたので、校長は腹を抱へて了つた。松子もしまひには赧くなる程笑つた。

程なく土の黒い里道が往還を離れて山の裾に添うた。右側の田はやがて畑になり、それが段々幅狭くなつて行くと、岸の高い渓川に朽ちかかつた橋が架つてゐた。

橋を渡ると山であつた。

— Monsieur le principal, monsieur le principal ! Shakube, ayant fini d’essuyer ses chaussures, se remit en marche. — Yazawa-san est la seule femme, les autres sont tous des hommes. Que faire alors ?

— C’est vrai…

— ……………………………………

— Cela mérite un traitement à part. Laissons cela de côté.

Shakube s’agita : — Si j’étais né femme, j’aurais pu marcher main dans la main avec Yazawa-san. Hein, Yazawa-san ? Si je l’avais fait…

— Si tu étais une femme, ……………… cria Megata, qui se trouvait à quatre ou cinq mètres devant. — …une grande rousse à barbe, portée sur la bouteille…

Le ton était si caustique que le principal se tint le ventre de rire. À la fin, même Matsuko riait au point d’en devenir toute rouge.

Bientôt, le chemin de terre noire quitta la route principale pour suivre le bas de la montagne. Les rizières sur la droite devinrent des champs, de plus en plus étroits, puis un vieux pont vermoulu enjamba une rivière encaissée.

Une fois le pont traversé, c’était la montagne.

高くもない雑木山芝山が、逶り逶つた路に縫はれてゐた。然し松子の足を困らせる程には峻しくもなかつた。足音に驚いて、幾羽の雉子が時々藪蔭から飛び立つた。けたたましい羽音は其の度何の反響もなく頭の上に消えた。

雑木の葉は皆触れば折れさうに剛つて、濃く淡く色づいてゐた。風の無い日であつた。

芝地の草の色ももう黄であつた。処々に脊を出してゐる黒い岩の辺などには、誰も名を知らぬ白い小い花が草の中に見え隠れしてゐた。霜に襲はれた山の気がほかほかする日光の底に冷たく感じられた。校長は、何と思つたか、態々それ等の花を摘み取つて、帽子の縁に插して歩いた。

目賀田は色の褪せた繻子の蝙蝠傘を杖にして、始終皆の先に立つた。物言へば疲れるとでも思つてゐるやうに言葉は少かつた。校長と雀部が前になり後になりして其の背後に跟いた。二人の話題は、何日も授業批評会の時に最も多く口を利く××といふ教師の噂であつた。雀部は其の教師を常から名を言はずに「あの眇目さん」と呼んでゐた。意地悪な眇目の教師と飲酒家の雀部とは、少い時からの競争者で、今でも仲が好くなかつた。

Le sentier serpentait le long des collines basses couvertes de broussailles et d’herbes. Il n’était pas assez raide pour gêner Matsuko. Effrayés par leur pas, des faisans s’envolaient des buissons. À chaque fois, le bruit précipité de leurs ailes retombait sans écho au-dessus de leurs têtes.

Les feuilles des arbres, déjà sèches et fragiles au toucher, avaient pris des teintes variées, tantôt foncées, tantôt claires. C’était un jour sans vent.

L’herbe des prés avait déjà viré au jaune. Çà et là, parmi les rochers noirs émergeant du sol, de petites fleurs blanches inconnues apparaissaient et disparaissaient entre les herbes. L’air frais de la montagne, encore marqué par le gel, contrastait avec la chaleur du soleil. Pour une raison quelconque, le principal se mit à cueillir des fleurs et à les piquer dans le bord de son chapeau en marchant.

Megata, utilisant son vieux parapluie de satin comme une canne, restait constamment en tête. Il parlait peu, comme s’il craignait que parler le fatigue. Le principal et Shakube le suivaient, l'un derrière l'autre, en bavardant. Leur conversation portait surtout sur un certain professeur ××, souvent critiqué lors des réunions pédagogiques. Suzumebachi l’appelait toujours — le strabique sans jamais citer son nom. Ce professeur qui louchait et Shakube, buveur invétéré, étaient des rivaux de longue date et n'avaient toujours pas réussi à s'entendre.

多吉と松子は殿になつた。

とある芝山の頂に来た時、多吉は路傍に立留つた。そして、

『少し先に歩いて下さい。』と言つた。

『何故です?』

『何故でも。』

其の意味を解しかねたやうに、松子はそれでも歩かなかつた。

すると多吉は突然今来た方へ四五間下つて行つた。そして横に逸れて大きい岩の蔭に体を隠した。岩の上から帽子だけ見えた。松子は初めて気が付いて、一人で可笑くなつた。

間もなく多吉は其処から引き返して来て、松子の立つてゐるのを見ると、笑ひながら近づいた。

『何うも済みません。』

『私はまた、何うなすつたのかと思つて。』

二人は笑ひながら歩き出した。と、多吉は後を向いて、

『斯うして二人歩いてる方が可いぢやありませんか?』

そして返事も待たずに、

『少し遅く歩かうぢやありませんか。………何うです、あの格好は?』

多吉は坂下の方を指した。

Taki et Matsuko fermaient la marche.

Arrivés au sommet d’une colline, Taki s’arrêta sur le bord du chemin.

— Avancez un peu devant, s’il vous plaît. dit-il.

— Pourquoi ?

— Juste parce que…

Ne comprenant guère ce qu’il voulait dire, Matsuko ne bougea pas. Alors Taki redescendit soudain de quatre ou cinq mètres vers l’arrière, s’écarta du chemin et alla se cacher derrière un gros rocher. On ne voyait que son chapeau dépasser. Matsuko réalisa enfin et ne put s’empêcher de rire toute seule.

Peu après, Taki revint et, voyant Matsuko immobile, s’approcha en riant.

— Désolé pour ça.

— Je me demandais ce que vous faisiez.

Ils repartirent en riant. Puis Taki, se retournant :

— N’est-ce pas mieux de marcher à deux ainsi ?

Et, sans attendre de réponse :

— Marchons un peu plus lentement, voulez-vous… Que pensez-vous de leur allure là-bas ?

Taki désigna le bas de la pente.

『ええ。』松子は安心したやうな眼付をした。『目賀田先生はああして先になつてますけれども、帰途には屹度一番後になりますよ。』

『其の時は二人で手を引いてやりますか?』

『厭ですよ、私は。』

『止せば可いのに下駄なんか穿いて、なんて言はれないやうだと可いですがね。』

『あら、私は大丈夫よ。屹度歩いてお目にかけますわ。』

『尤も、老人が先にまゐつて了ふのは順序ですね。御覧なさい。ああして年の順でてくてく坂を下りて行きますよ。ははは。面白いぢや有りませんか?』

『ええ。先生は随分お口が悪いのね。』

『だつて、面白いぢやありませんか? あつ、躓いた。御覧なさい、あの目賀田爺さんの格好。』

『ほほほほ。………ですけれど、私達だつて矢張坂を下りるぢやありませんか?』

『貴方もお婆さんになるつて意味ですか?』

『まあ厭。』

『厭でも応でもさうぢやありませんか?』

『そんなら、貴方だつて同じぢやありませんか?』

『僕は厭だ。』

『厭でも応でも。ほほほほ。』

— Oui, répondit Matsuko, l’air rassuré. — Megata-sensei est en tête, mais au retour il sera sûrement le dernier.

— On l’aidera à marcher, tous les deux, alors ?

— Ah non, sûrement pas.

— J’espère qu’il ne dira pas que c’est à cause de ses geta…

— Oh, moi, aucun problème ! Je vous montrerai que je serai capable de marcher tout le long.

— En même temps, c’est normal que les plus âgés prennent les devants. Regardez-les descendre la pente, un à un, par ordre d’âge. Haha, c’est amusant, non ?

— Oui… Mais, vous avez une façon de parler, vous…

— Mais c’est amusant, non ? Oups, il a trébuché ! Regardez Megata-le-grand-père, là-bas !

— Oh oh oh… Mais au fond, nous aussi on descend la pente, non ?

— Vous voulez dire que vous allez devenir une vieille dame ?

— Quelle horreur !

— C’est inévitable, que vous le vouliez ou non !

— Alors, il en va de même pour vous, non ?

— Moi, je refuse.

— Que vous le vouliez ou non. Oh oh oh !

『人が悪いなあ。――然し考へて御覧なさい。僕なんかお爺さんになる前に、まだ何か成らなければならんものがありますよ。――ああ、此方を見てる。』俄かに大きい声を出して、『先生。少し待つて下さい。』

半町ばかり下に三人が立留つて、一様に上を見上げた。

『何うです、あの帽子に花を插した態は?』多吉は少し足を早めながら言ひ出した。『脚の折れた歪んだピアノが好い音を出すのを、死にかかつたお婆さんが恋の歌を歌ふやうだと何かに書いてあつたが、少々似てるぢやありませんか? 貴方が僕の小便するのを待つてゐたよりは余程滑稽ですね。』

『随分ね。私は何をなさるのかと思つてゐただけぢやありませんか?』

『いや失敬。戯談ですよ。貴方と校長と比べるのは酷でした。』

『もうお止しなさいよ。校長が聞いたら怒るでせうね?』

『あの人は一体ああいふ真似が好きなんですよ。それ、此間も感情教育が何うだとか斯うだとか言つてゐたでせう?』

『ええ。あの時は私可笑くなつて――』

『真個ですよ。――優美な感情は好かつた。――あんな事をいふつてのは一種の生理的なんですね。』

— Vous êtes cruelle… mais réfléchissez : avant de devenir un vieil homme, il y a encore quelque chose que je dois devenir, moi… Ah, ils nous regardent ! dit-il brusquement à haute voix, — Sensei ! Attendez-nous un peu !

Les trois autres, une cinquantaine de mètres plus bas, s’arrêtèrent et levèrent les yeux vers eux.

— Alors, comment trouvez-vous ces fleurs piquées dans mon chapeau ? lança Taki, accélérant un peu le pas. — On a écrit quelque part qu’un piano désaccordé produit de beaux sons, comme une vieille femme mourante chantant une chanson d’amour. Ne trouvez-vous pas que cela ressemble un peu à ça ? C’est bien plus ridicule que de m’attendre pendant que je fais pipi.

— Vraiment ? Je me demandais simplement ce que vous fabriquiez.

— Oh, pardon. Je plaisantais. Vous comparer à notre principal, c’est un peu rude.

— Arrêtez, je vous prie. Le directeur se fâcherait s’il entendait, non ?

— Il doit aimer ce genre de mise en scène, à mon avis. Rappelez-vous, l’autre jour, il parlait d’éducation émotionnelle, non ?

— Oui. J’avais tellement envie de rire…

— Il est sincère, croyez-moi. Il aime les émotions raffinées… Ce genre de discours, c’est son tempérament…

『え?』

『貴方はまだ校長の細君に逢つた事はありませんでしたね?』

『ええ。』

『大将細君には頭が上らないんですよ。――聟ですからね。それに余り子供が多過るもんですからね。』

『………』

『実際ですよ。土芋みたいにのつぺりした、真黒な細君で、眼ばかり光らしてゐますがね。ヒステリイ性でせう。それでもう五人子供があるんです。』

『五人ですか?』

『ええ。こんだ六人目でせう。またそれで実家へ帰つてるんださうですから。』

『もうお止しなさい。聞えますよ。』

『大丈夫です。』

さう言つたが、多吉は矢張りそれなり口を噤んだ。間隔は七八間しかなかつた。

— Hein ?

— Vous n’avez donc pas encore rencontré l’épouse du directeur ?

— Non, jamais.

— Le "Général" ne peut pas broncher devant elle... C’est qu’il est son gendre, voyez-vous. Et puis, ils ont beaucoup trop d’enfants. — ………

— Je vous assure ! C’est une femme toute noire, lisse comme une taro, avec seulement les yeux qui brillent. Sûrement une hystérique. Ils ont déjà cinq enfants.

— Cinq ?

— Oui, et le sixième est en route, à ce qu’on dit. C’est pour ça qu’elle est retournée dans sa famille.

— Arrêtez donc, ils vont vous entendre.

— Ne craignez rien.

Takichi dit cela, mais il finit tout de même par se taire. Il n'y avait qu'une dizaine de mètres entre eux et les autres.

雀部は下から揶揄つた。『…………………………今井さん、矢沢さん。』

校長も嗄れた声を出して呼んだ。『少し早く歩いて下さい。』

『急ぎませう。急ぎませう。』と松子は後から迫き立てた。

追着くと多吉は、

『貴方方は仲々早いですね。』

『早いも遅いもないもんだ。何をそんなに――話してゐたのですか?』雀部は両手を上衣の衣嚢に突込んで、高い体を少し前へ屈めるやうにしながら、眼で笑つて言ふ。『目賀田さんは、若い者は放つて置く方が可いつて言ふ説だけれども、私は少し――ねえ、校長さん。』

『全く。ふふふふ。』

『済みませんでした。下駄党の敗北ですね。――だが、今私達が何をまあ話しながら来たと思ひます?』

『…………………………?』

と目賀田が言つた。すると校長も、

『何だか知らないが、遠くからは何うも………』

『困りましたなあ。そんな事よりもつと面白い事なんですよ。――貴方方の批評をしながら来たんですよ。』

『私達の?』

『何ういふ批評です?』

雀部と校長が同時に言つた。

Sasabe les interpella d'en bas d'un ton moqueur :

— .............................. Monsieur Imai ! Monsieur Yazawa !

Le directeur appela aussi d’une voix enrouée : — Marchez un peu plus vite, je vous prie !

— Pressons-nous, pressons-nous ! les talonnait Matsuko par-derrière.

Lorsqu’ils les rattrapèrent, Takichi lança : — Vous allez bien vite, vous autres.

— Vite ou pas, peu importe. De quoi... parliez-vous donc ainsi ? demanda Sasabe.

Les mains enfoncées dans les poches de sa veste, inclinant son grand corps vers l’avant, il souriait de ses seuls yeux.

— Megata-san prétend qu’il vaut mieux laisser les jeunes tranquilles, mais moi je trouve que... n'est-ce pas, Monsieur le Directeur ?

— Absolument. He-he-he.

— Je vous demande pardon. C’est la défaite du parti des sandales... Mais, à votre avis, de quoi parlions-nous en chemin ?

— .............................. ? fit Megata.

Le directeur ajouta : — Je n'en sais rien, mais de loin, ça semblait...

— C’est bien ennuyeux. C’était pourtant bien plus intéressant que cela : nous étions en train de faire votre critique !

— La nôtre ?

— Et quelle critique ? dirent Sasabe et le directeur à l'unisson.

『えゝ、さうなんです。上から見ると、てくてく歩いてるのが面白いですもの。』

『それだけですか?』

『怒つちや可けませんよ。――貴方方が齢の順で歩いてゐたんでせう? だから屹度あの順で死ぬんだらうつて言つたんです。はははは。上から見ると一歩一歩お墓の中へ下りて行くやうでしたよ。』

『これは驚いた。』校長はさう言つて、態とでもない様に眼を円くした。そして、もう一度、『これは驚いた。』

「何を驚くのだらう。」と、多吉は可笑く思つた。が、彼の予期したやうな笑ひは誰の口からも出なかつた。

稍あつて雀部は、破れた話を繕ふやうに、

『すると何ですね。私は二番目に死ぬんですね。厭だなあ。あははは。』

『今井さんも今井さんだ。』と、目賀田は不味い顔をして言ひ出した。『俺のやうな老人は死ぬ話は真平だ。』

青二才の無礼を憤る心は充分あつた。

— Eh bien, c’est ainsi. De là-haut, c’était amusant de vous voir marcher d’un pas si saccadé.

— C’est tout ?

— Ne vous fâchez pas... Vous marchiez par ordre d'âge, n'est-ce pas ? Alors je me suis dit que vous mourriez sûrement dans cet ordre-là. Ha-ha-ha ! De là-haut, on aurait dit que vous descendiez pas à pas dans la tombe.

— C’est stupéfiant ! s'exclama le directeur en écarquillant les yeux avec une exagération manifeste.

Puis, il répéta : — C’est stupéfiant !

Pourquoi est-il si surpris ? pensa Takichi, amusé. Mais le rire qu’il attendait ne sortit de la bouche de personne.

Après un court silence, Sasabe, tentant de recoudre les morceaux de la conversation, dit :

— Alors, quoi ? Je serais le deuxième à mourir ? Quelle horreur ! Ah-ha-ha !

— Imai est incorrigible, commença Megata avec une mine dégoûtée.

— Un vieillard comme moi n'a aucune envie d'entendre parler de la mort.

Il était visiblement offensé par l'insolence de ce blanc-bec.

『さう一概に言ふものぢやない、目賀田さん。』雀部は皆の顔を見廻してから言つた。『私は今井さんのやうな人は大好きだ。竹を割つたやうな気性で、何のこだはりが無い。言ひたければ言ふし、食ひたければ食ふし………今時の若い者は斯うでなくては可けない。実に面白い気性だ。』

『そ、そ、さういふ訳ぢやないのさ。雀部さん、貴方のやうに言ふと角が立つ。俺も好きさ。今井さんの気性には俺も惚れてゐる。………たゞ、俺の嫌ひな話が出たから、それで嫌ひだと言つたまでですよ。なあ今井さん、さうですよなあ。』

『全く。』校長が引取つた。『何ももう、何もないのですよ。』

『困つた事になりましたねえ。』

さう言ふ多吉の言葉を雀部は奪ふやうにして、

『何も困る事はない。………それぢや私の取越苦労でしたなあ。ははは。これこそ墓穴の近くなつた証拠だ。』

『いや、今も雀部さんのお話だつたが、食ひたければ食ひ、言ひたければ言ふといふ事は、これで却々出来ない事でしてねえ。』

校長は此処から話を新らしくしようとした。

『また麦煎餅の一件ですか?』

斯う言つて多吉は無邪気な笑ひを洩した。それにつれて皆笑つた。危く破れんとした平和は何うやら以前に還つた。

— Il ne faut pas être si catégorique, Megata-san, dit Sasabe en regardant tout le monde.

— J'aime beaucoup les gens comme Imai. Il a un caractère franc, comme un bambou fendu, sans aucune rancœur. S'il veut dire quelque chose, il le dit ; s'il veut manger, il mange... Les jeunes d'aujourd'hui devraient tous être comme ça. C’est un tempérament vraiment intéressant.

— Ce... ce n'est pas ce que je voulais dire. Sasabe-san, vous dites cela de façon bien abrupte. Moi aussi je l'apprécie. Je suis séduit par le caractère d'Imai... C'est simplement que le sujet de la mort me déplaît, alors j'ai dit que cela me déplaisait. Pas vrai, Imai ? C'est bien cela ?

— Tout à fait, reprit le directeur.

— Il n'y a plus de problème, vraiment.

— Je vous ai mis dans l'embarras, semble-t-il, dit Takichi.

Sasabe l'interrompit aussitôt :

— Pas d'embarras qui tienne ! ... C’était donc une inquiétude inutile de ma part. Ha-ha ! C’est bien la preuve que je me rapproche de la fosse.

— Non, comme le disait Sasabe-san, manger quand on veut et dire ce que l'on veut, c'est finalement quelque chose d'assez difficile à faire.

Le directeur tenta de lancer la conversation sur un nouveau sujet.

— Encore une histoire de biscuits d'orge ?

À ces mots, Takichi laissa échapper un rire innocent. Tous l'imitèrent. La paix, qui avait failli se briser, semblait être revenue.

老人も若い者も、次の話題の出るのを心に待ちながら歩いた。

すると、目賀田は後を振向いた。

『今井さん。今日は俺も煎餅組にして貰ひませうか。飲むと帰途が帰途だから歩けなくなるかも知れない。』

「勝利は此方にあつた。」と多吉は思つた。そして口に出して、『今日は帽子が無いから可いぢやありませんか?』

『今日は然し麦煎餅ぢやありませんよ。』

雀部は言葉を差し込んだ。

『何でせう?』

『栗ですよ。栗に違ひない。』

『それはまた何故ね?』と目賀田は穏しく聞いた。

『田宮の吝嗇家だもの、一銭だつて余計に金のかかる事をするもんですか。屹度昨日あたり、裏の山から生徒に栗を拾はして置いたんでせうさ。まあ御覧なさい、屹度当るから。』

『成程、雀部さんの言ふ通りかも知れませんね。』

二三度首を傾げて見てから、校長も同意した。

Vieux et jeunes marchèrent en attendant que surgisse le prochain sujet de discussion.

Soudain, Megata se retourna.

— Imai-san. Aujourd'hui, je me joindrai bien au "clan des biscuits". Si je bois, avec le chemin qu'il reste à faire, je ne pourrai peut-être plus marcher.

La victoire est de notre côté, pensa Takichi.

Il dit tout haut : — Puisque vous n'avez pas de chapeau aujourd'hui, pourquoi pas ?

— Mais ce ne sera pas des biscuits d'orge aujourd'hui, intervint Sasabe.

— Qu’est-ce que ce sera, alors ?

— Des châtaignes. C'est forcément des châtaignes.

— Et pourquoi donc ? demanda calmement Megata.

— Tamiya est un tel avare, il ne dépenserait pas un sou de trop. Il a sûrement fait ramasser les châtaignes dans la montagne derrière par les élèves hier. Vous verrez, j'ai raison.

— En effet, c'est bien possible, acquiesça le directeur après avoir hoché la tête plusieurs fois.

坂を下り尽すとまた渓川があつた。川の縁には若樹の漆が五六本立つてゐて、目も覚める程に熟しきつた色の葉の影が、黄金の牛でも沈んでゐるやうに水底に映つてゐた。川上の落葉を載せた清く浅い水が、飴色の川床の上を幽かな歌を歌つて流れて行つた。S――村は其処に尽きて、橋を渡ると五人の足はもうT――村の土を踏んだ。

路はそれから少し幅広くなつた。出つ入りつする山と山の間の、土質の悪い畑地の中を緩やかに逶つて東に向つてゐた。日はもう高く上つて、路傍の草の葉も乾いた。畑の中には一軒二軒と圧しつぶされたやうな低い古い茅葺の農家が、其処此処に散らばつてゐた。狼のやうな顔をした雑種らしい犬が、それ等の家から出て来て、遠くから臆病らしく吠え立てた。

多吉にも松子にも何となく旅に出たやうな感じがあつた。出逢つた男や女も、多くはただ不思議さうに見迎へ見送るばかりであつた。偶に礼をする者があつても、行違ふ時はこそこそと擦抜けるやうにして行つた。

居村の路を歩く時に比べて、親みの代りに好奇心があつた。

『田が少いですね。』

多吉は四辺を見渡しながら、そんな事を言つて見た。山も、木も、家も、出逢ふ人も、皆それぞれに特有な気分の中に落着いてゐるやうに見えた。そして其の気分と不時の訪問者の自分等とは、何がなしに昔からの他人同志のやうに思はれた。読んだ事のない本の名を聞いた時に起す心持は、やがて此の時の多吉の心持であつた。

Une fois la pente descendue, il y avait de nouveau un torrent de montagne. Sur la rive se trouvaient cinq ou six jeunes laquiers ; l'ombre de leurs feuilles, d'une couleur si mûre qu'elle en éblouissait le regard, se reflétait au fond de l'eau comme si un bœuf d'or y était immergé. L'eau claire et peu profonde, portant les feuilles mortes de l'amont, s'écoulait sur le lit de la rivière couleur d'ambre en chantant une mélodie indistincte. Le village de S— s'arrêtait là, et sitôt le pont franchi, les pieds des cinq voyageurs foulaient déjà la terre du village de T—.

Le chemin s'élargit ensuite un peu. Il serpentait lentement vers l'est au milieu de champs à la terre ingrate, entre les montagnes qui avançaient et reculaient. Le soleil était déjà haut, et l'herbe sur le bord de la route avait séché. Çà et là, éparpillées dans les champs, se trouvaient une ou deux fermes au toit de chaume, basses et vieilles, comme écrasées par le temps. Des chiens bâtards au visage de loup sortaient de ces maisons et aboyaient de loin, d'un air craintif.

Takichi comme Matsuko éprouvaient le sentiment d'être véritablement en voyage. Les hommes et les femmes qu'ils croisaient se contentaient pour la plupart de les regarder passer d'un air intrigué. Même si certains les saluaient parfois, ils s'esquivaient furtivement au moment de se croiser.

Comparé à la marche sur les routes de leur propre village, la familiarité faisait place à la curiosité.

« Il y a peu de rizières, n'est-ce pas ? »

Takichi risqua cette remarque en observant les alentours. La montagne, les arbres, les maisons, les gens rencontrés : tout semblait ancré dans une atmosphère qui leur était propre. Et Takichi avait le sentiment que lui et ses compagnons, visiteurs impromptus, étaient pour cette atmosphère des étrangers de toujours. Le sentiment qu'on éprouve en entendant le titre d'un livre qu'on n'a jamais lu : c'était précisément ce que Takichi ressentait alors.

『粟と稗と蕎麦ばかり食つてるから、此の村の人のする糞は石のやうに堅くて真黒だ。』雀部はそんな事を言つて多吉と松子を笑はせた。さういふ批評と観察の間にも、此の中老の人の言葉には、自分の生れ、且つ住んでゐる村を誇るやうな響きがあつた。

『此の村の女達の半分は、今でもまだ汽車を見た事がないさうです。』といふ風に校長も言つて聞かせた。

それ等の言葉は必ずしも多吉の今日初めて聞いたものではなかつた。然し彼は、汽車に近い村と汽車に遠い村との文化の相違を、今漸く知つたやうな心持であつた。地図の上では細い筆の軸にも隠れて了ふ程の二つの村にもさうした相違のあるといふ事は、若い准訓導の心に、何か知ら大きい責任のやうな重みを加へた。

それから彼此一里の余も歩くと、山と山とが少し離れた。其処は七八町歩の不規則な形をした田になつてゐて、刈り取つた早稲の仕末をしてゐる農夫の姿が、機関仕掛の案山子のやうに彼方此方に動いてゐた。田の奥は山が又迫つて、二三十の屋根が重り合つて見えた。

馬の足跡の多い畝路を歩き尽して、其の部落に足を踏み入れた時、多吉も松子もそれと聞かずにもう学校の程近い事を知つた。物言はぬ人のみ住んでゐるかとばかり森閑としてゐる秋の真昼の山村の空気を揺がして、其処には音とも声ともつかぬ、遠いとも近いとも判り難い、一種の底深い騒擾の響が、忘れてゐた自分の心の声のやうな親みを以て、学校教師の耳に聞えて来た。

« Comme ils ne mangent que du millet, du panic et du sarrasin, les excréments des gens de ce village sont noirs et durs comme de la pierre. » Suzue fit rire Takichi et Matsuko avec cette remarque. Pourtant, malgré la critique et l'observation, la voix de cet homme d'âge mûr résonnait d'une certaine fierté pour son village natal où il résidait toujours.

« Il paraît que la moitié des femmes de ce village n'ont encore jamais vu de train de leur vie », raconta également le directeur.

Ce n'était pas la première fois que Takichi entendait de tels propos. Pourtant, il ressentait maintenant, pour la première fois peut-être, l'écart culturel entre un village proche du chemin de fer et un village qui en était éloigné. Le fait qu'une telle différence existe entre deux villages qui, sur une carte, disparaîtraient sous la pointe d'un pinceau fin, ajouta au cœur du jeune professeur adjoint un poids semblable à une grande responsabilité.

Après avoir marché encore un peu plus de quatre kilomètres, les montagnes s'écartèrent légèrement. Là s'étendaient des rizières aux formes irrégulières ; les silhouettes des fermiers s'occupant de la récolte du riz précoce s'y agitaient çà et là, tels des épouvantails mécaniques. Au fond des rizières, les montagnes se rapprochaient de nouveau, et l'on apercevait une trentaine de toits.

Lorsqu'ils eurent fini de parcourir le sentier de crête marqué par de nombreuses empreintes de sabots de chevaux et qu'ils pénétrèrent dans le hameau, Takichi et Matsuko surent, sans même qu'on le leur dise, que l'école était proche. Agitant l'air d'automne de ce village de montagne, si silencieux qu'on aurait pu croire que seuls des muets y vivaient, un tumulte profond — dont on ne savait s'il s'agissait de bruits ou de voix, s'il venait de loin ou de près — parvint aux oreilles des enseignants avec la familiarité d'une voix intérieure qu'ils auraient oubliée.

何となく改まつたやうな心持があつた。草に埋れた溝と、梅や桃を植ゑた農家の垣根の間の少し上りになつた凸凹路を、まだ二十歩とは歩かぬうちに、行手には二三人の生徒らしい男の児の姿が見えた。其の一人は突然大きい声を出して、『来た。来た。』と叫んだ。年長の一人はそれを制するらしく見えた。そして一緒に、敵を見付けた斥候のやうに駈けて行つて了つた。目賀田は立止つて端折つた裾を下し、校長と雀部をやり過して、其の後に跟いた。

雨風に朽ちて形ばかりに立つてゐる校門が見えた。農家を造り直して見すぼらしい茅葺の校舎も見えた。門の前には両側に並んでゐる二三十人の生徒があつた。大人のやうに背のひよろ高いのもあれば、海老茶色の毛糸の長い羽織の紐を総角のやうに胸に結んでゐるのもあつた。一目見て上級の生徒である事が知れた。

『甘くやつてる哩。』と多吉は先づ可笑く思つた。それは此処の学校の教師の周到な用意に対してであつた。

一行が前を通る時に、其の生徒共は待構へてゐたやうに我遅れじと頭を下げた。「ふむ。」と校長も心に点頭くところがあつた。気が付くと、其の時はもう先に聞えてゐた騒擾の声が鎮まつてゐて、校庭の其処からも此処からもぞろぞろと子供等が駈けて来て交る交る礼をした。水槽の水に先を争うて首を突き出す牧場の仔馬のやうでもあつた。

Il régnait une atmosphère de solennité. Ils n'avaient pas fait vingt pas sur le chemin accidenté qui montait légèrement entre les fossés envahis par l'herbe et les haies des fermes plantées de pruniers et de pêchers, qu'ils virent au loin deux ou trois silhouettes de garçons qui semblaient être des élèves. L'un d'eux s'écria soudain d'une voix forte : « Ils sont là ! Ils sont là ! ». Un plus âgé parut vouloir le tempérer. Puis, ensemble, ils s'élancèrent comme des éclaireurs ayant repéré l'ennemi. Megata s'arrêta pour rabaisser le bas de son vêtement qu'il avait relevé, laissa passer le directeur et Suzue, puis leur emboîta le pas.

On aperçut le portail de l'école, qui ne tenait plus que par la forme, pourri par la pluie et le vent. On vit aussi le bâtiment scolaire, une humble structure au toit de chaume aménagée à partir d'une ancienne ferme. Devant le portail, une vingtaine ou trentaine d'élèves étaient alignés de chaque côté. Certains étaient aussi grands et fluets que des adultes ; d'autres portaient de longs cordons de laine pourpre noués sur la poitrine comme des coiffures d'enfants de jadis. On devinait au premier coup d'œil qu'il s'agissait des élèves des classes supérieures.

« Ils font les choses en grand », pensa d'abord Takichi avec amusement. Il songeait à la préparation minutieuse des enseignants de cette école.

Au passage du groupe, les élèves s'inclinèrent tous ensemble, comme s'ils s'étaient tenus prêts, chacun craignant d'être le dernier. « Hmm », fit le directeur, intérieurement satisfait. Il remarqua alors que le brouhaha entendu plus tôt s'était apaisé ; de partout dans la cour, les enfants accouraient en groupes et venaient les saluer tour à tour. On aurait dit des poulains dans un pâturage se bousculant pour plonger le museau dans l'abreuvoir.

『さあさあ、何卒。』ひどく訛のある大きい声が皆の眼を玄関に注がせた。其処には背の低い四十五六の男が立つて、揉手をしながら愛相笑ひをしてゐた。色の黒い、痘痕だらけの、蟹の甲羅のやうな道化た顔をして、白墨の粉の着いた黒木綿の紋付に裾短い袴を穿いた――それが真面目な、教授法の熟練な教師として近郷に名の知れてゐる、二十年の余も同じ山中の単級学校を守つて来た此処の校長の田宮であつた。

『もう皆さんはお揃ひですか。』

『さうであす。先刻から貴方方のお出をお待ち申してゐたところで御あした。』

『お天気で何よりでしたなあ。』

『真個にお陰さまであした。――さあ、ままあ何卒。』

『□□の先生はもう来ましたか。』と雀部は路すがら話した眇目の教師の事を聞いた。

『××さんは今日の第一着であした。さ、さ、まあ――』

『何卒お先に。』と目賀田は校長を顧る。

『私は一寸、便所に。』

さう言つて校長は校舎の裏手に廻つて行つた。雀部は靴を脱いで上り、目賀田は危つかしい手つきをして草鞋の紐を解きかけた。下駄を穿いた二人はまだ外に立つてゐた。生徒共は遠巻に巻いて此の様を物珍らし気に眺めてゐた。

『生徒が門のところで礼をしましたね。』

女教師が多吉に囁いた。

『ええ。今日は授業批評会ですからね。』と多吉も小声で言ふ。

« Entrez, entrez, je vous en prie ! » Une voix forte, marquée par un accent prononcé, attira tous les regards vers l'entrée. Un homme de petite taille, âgé d'environ quarante-cinq ans, s'y tenait en se frottant les mains avec un sourire affable. Le teint sombre, le visage grêlé et buriné comme une carapace de crabe, vêtu d'un kimono de coton noir portant ses armoiries et taché de poussière de craie, avec un hakama trop court — c'était Tamiya, le directeur des lieux. Malgré son apparence un peu bouffonne, il était connu dans les environs comme un enseignant sérieux et expert en pédagogie, gardien de cette école à classe unique au cœur de la montagne depuis plus de vingt ans.

— Vous êtes tous là ?

— Oui, nous sommes là. Nous attendions votre venue depuis un moment déjà.

— Quel beau temps, c'est une chance.

— C'est vraiment grâce au ciel. Allons, je vous en prie, entrez.

— Le professeur de [M.] est-il déjà arrivé ? demanda Suzue, s'enquérant du collègue borgne dont ils avaient parlé en chemin.

— M. [X] a été le premier arrivé aujourd'hui. Allons, je vous en prie…

— Passez devant, je vous en prie, dit Megata en se tournant vers le directeur.

— Je vais un instant aux cabinets.

Sur ces mots, le directeur contourna le bâtiment. Suzue retira ses chaussures pour monter, tandis que Megata commençait à dénouer d'un geste hésitant les lacets de ses sandales de paille. Les deux hommes en sabots de bois restaient encore dehors. Les élèves, formant un cercle à distance, observaient la scène avec curiosité.

« Les élèves nous ont salués au portail, n'est-ce pas ? » chuchota l'institutrice à Takichi.

« Oui. C'est qu'aujourd'hui, c'est la réunion d'évaluation pédagogique », répondit Takichi à voix basse.

『それぢや臨時でせうか。』

『臨時でなかつたら馬鹿気てゐるぢやありませんか。――批評会は臨時ですからね。』

『ええ。』

『生徒は単純ですよ。為ろと言へは為るし、為るなと言へば為ないし、………学校にゐるうちだけはね。』

其処へ校長が時計を出して見ながら、便所から帰つて来た。

『恰度十時半です。』

『さうですか。』

『恰度三時間かかりました。一里一時間で、一分も違はずに。』

さう言つた顔は如何にもそれに満足したやうに見えた。

多吉は何がなしに笑ひ出したくなつた。そして松子の方を向いて、

『貴方がゐないと、もつと早く来られたんですね。』

『恰度に来たから可いでせう。』靴を脱ぎながら校長が言つた。

「何が恰度だらう。」と、多吉はまた心の中に可笑くなつた。「誰も何とも定めはしないのに。」

『そんなら私、帰途には早く歩いてお目にかけますわ。』

松子は鼻の先に皺を寄せて、甘へるやうに言つた。

— Alors, c'est une mesure exceptionnelle ?

— Si ce n'était pas exceptionnel, ce serait ridicule, vous ne trouvez pas ? Les séances d'évaluation sont toujours spéciales.

— C'est vrai.

— Les élèves sont simples, vous savez. Si on leur dit de faire, ils font ; si on leur dit de ne pas faire, ils ne font pas... du moins, tant qu'ils sont à l'école.

Le directeur revint alors des toilettes, consultant sa montre.

« Il est exactement dix heures et demie.

— Ah, vraiment ?

— Nous avons mis précisément trois heures. Quatre kilomètres à l'heure, sans une minute de décalage. »

Il affichait un visage on ne peut plus satisfait de cette précision. Takichi eut soudain une envie folle de rire. Se tournant vers Matsuko, il lança :

« Si vous n'aviez pas été là, nous serions arrivés bien plus tôt.

— Nous sommes arrivés juste à l'heure, c'est donc parfait », trancha le directeur en retirant ses chaussures.

« Qu'est-ce qui est parfait ? » pensa Takichi, s'amusant intérieurement.

« Alors que personne n'avait fixé d'horaire précis. »

« Dans ce cas, au retour, je vous montrerai que je peux marcher vite », répondit Matsuko en fronçant le nez d'un air malicieux et enfantin.

それから半時間ばかり経つと、始業の鐘が嗄れたやうな音を立てて一しきり騒がしく鳴り響いた。多くは裸足の儘で各がじし校庭に遊び戯れてゐた百近い生徒は、その足を拭きも洗ひもせず、吸ひ込まれるやうに暗い屋根の下へ入つて行つた。がたがたと机や腰掛の鳴る音。それが鎮まると教師が児童出席簿を読上げる声。――『淵沢長之助、木下勘次、木下佐五郎、四戸佐太、佐々木申松………。』

『はい、はい………』と生徒のそれに答へる声。

愈々批評科目の授業が始つた。『これ前の修身の時間には、皆さんは何を習ひましたか。何といふ人の何をしたお話を聞きましたか。誰か知つてゐる人は有りましえんか。あん? お梅さん? さうであした。お梅さんといふ人の親孝行のお話であした。誰か二年生の中で、今其のお話の出来る人が有りましえんか。』――斯ういふ風に聞き苦しい田舎教師の言葉が門の外までも聞えて来た。門に向いた教室の格子窓には、窓を脊にして立つてゐる参観の教師達の姿が見えた。

がたがたと再び机や腰掛の鳴る音の暗い家の中から聞えた時は、もう五十分の授業の済んだ時であつた。生徒は我も我もと先を争うて明い処へ飛び出して来た。が、其の儘家へ帰るでもなく、年長の子供等は其処此処に立つて何かひそひそ話し合つてゐた。門の外まで出て来て、『お力い、お力い。』と体を屈めねばならぬ程の高い声を出して友達を呼んでゐる女の子もあつた。

Une demi-heure plus tard, la cloche de la rentrée résonna bruyamment, d'un timbre enroué. La centaine d'élèves qui s'amusaient dans la cour, la plupart pieds nus, s'engouffrèrent sous le toit sombre comme s'ils étaient aspirés, sans même s'essuyer ni se laver les pieds. On entendit le vacarme des pupitres et des bancs qu'on bouscule. Une fois le calme revenu, la voix de l'instituteur s'éleva pour l'appel : « Chônosuke Fuchizawa, Kanji Kinoshita, Sagorô Kinoshita, Sata Shinohe, Shinmatsu Sasaki... »

« Présent ! Présent ! » répondaient les voix des enfants.

Le cours sujet à évaluation commença enfin. « Voyons, qu'avez-vous appris lors de la précédente leçon de morale ? L'histoire de quelle personne avez-vous écoutée ? Quelqu'un s'en souvient-il ? Hein ? O-Ume ? C'est cela. C'était l'histoire de la piété filiale d'une certaine O-Ume. Est-ce qu'un élève de deuxième année pourrait nous raconter cette histoire maintenant ? » — ces tournures de langage paysannes, un peu rudes à l'oreille, parvenaient jusqu'au-delà du portail. À travers les fenêtres à treillis de la classe faisant face à l'entrée, on apercevait les silhouettes des professeurs visiteurs, debout, le dos tourné vers la fenêtre.

Lorsque le fracas des pupitres se fit de nouveau entendre depuis l'obscurité du bâtiment, les cinquante minutes de cours étaient écoulées. Les élèves se précipitèrent à l'air libre, chacun luttant pour sortir le premier. Mais au lieu de rentrer chez eux, les plus grands restèrent groupés ici et là, discutant à voix basse. Une fillette s'avança jusqu'au portail et appela une amie d'une voix si aiguë qu'elle en courbait le corps : « O-Riki ! O-Riki ! »

教師達は五人も六人も玄関から出て来て、交る交る裏手の便所へ通つた。其の中には雀部もゐた、多吉もゐた。多吉は大きい欠呻をしながら出て来て、笑ひながら其処辺にゐる生徒共を見廻した。多くは手織の麻か盲目地の無尻に同じ股引を穿いたそれ等の服装は、彼の教へてゐるS村の子供とさしたる違ひはなかつた。それでも「汽車に遠い村の子供」といふ感じは何処となく現れてゐた。生徒の方でも目引き袖引きして此の名も知らぬ若い教師を眺めた。

『おいおい。』さう言ひながら多吉は子供等の群に近づいて行つた。『お前達は善い先生を持つて幸福だね。』

子供等は互ひに目を見合つて返事を譲つた。前の方にゐたのは逃げるやうに皆の後へ廻つた。

『お前達は何を一番見たいと思つてる?』多吉はまた言つた。

それにも返事はなかつた。

『何か見たいと思つてる物があるだらう?………誰も返事をしないのか? はははは。T――村の生徒は石地蔵みたいな奴ばかりだと言はれても可いか?』

子供等は笑つた。

Les professeurs sortirent du vestibule par groupes de cinq ou six pour se rendre tour à tour aux latrines à l'arrière. Suzue était parmi eux, tout comme Takichi. Ce dernier sortit en bâillant largement et parcourut du regard les élèves alentour en souriant. Leurs vêtements, pour la plupart en chanvre tissé à la main ou en cotonnade sombre, ne différaient guère de ceux des enfants de son village de S—. Pourtant, on sentait chez eux ce parfum propre aux « enfants des villages éloignés du train ». Les élèves, de leur côté, s'observaient du coin de l'œil ou se poussaient du coude en dévisageant ce jeune professeur inconnu.

« Hé, les enfants ! » lança Takichi en s'approchant du groupe. « Vous avez de la chance d'avoir un si bon maître. »

Les enfants se regardèrent les uns les autres, chacun laissant au voisin le soin de répondre. Ceux qui étaient devant reculèrent pour se cacher derrière les autres.

« Qu'est-ce que vous aimeriez voir le plus au monde ? » reprit Takichi.

Pas de réponse non plus.

« Il y a bien quelque chose que vous voulez voir, non ? Personne ne répond ? Hahaha ! Voulez-vous qu'on dise que les élèves du village de T— ne sont que des statues de pierre ? »

Les enfants éclatèrent de rire.

『物を言はれたら直ぐ返事をするもんだ、お前達の先生はさう教へないか? 此方から何か言つて返事をしなかつたら、殴つても可い。先方で殴つて来たら此方からも殴れ。もつとはきはきしなけあ可かん。』

『己あ軍艦見たい、先生。』

道化た顔をしたのが後の方から言つた。

『軍艦? それから?』

『己あ蓄音機だなあ。』と他の一人が言ふ。

『ようし。軍艦に蓄音機か。それでは今度は直ぐ返事をするんだぞ。可いか?』

『はい。』と皆一度に言つた。

『お前達は汽車を見た事があるか?』

『有る。』『無い。』と子供等は口々に答へた。

『見た事があるけれども、乗つた事あ無い。』

脊の高いのが皆の後から言つた。

『さあさあ皆帰れ帰れ。』といふ大きな声が其の時多吉の後から聞えた。皆は玄関の方を見た。其処には此処の校長が両手を展げて敷居の上に立つてゐた。

『今井先生、さあ何卒。』また声を大きくして、『今日は学校にお客様があるのだから、お前達がゐて騒がしくてはならん。』

多吉は笑ひながら踵を返して、休みの日にS――村へ遊びに来たら、汽車を見に連れてつてやると子供等に言つた。そして中へ入つて行つた。

« Quand on vous parle, on répond tout de suite. Votre maître ne vous apprend pas cela ? Si je vous dis quelque chose et que vous ne répondez pas, j'ai le droit de vous frapper. Et si l'autre vous frappe, frappez aussi. Il faut être plus vifs que ça ! »

« Moi, j'veux voir un navire de guerre, m'sieur ! » lança un garçon au visage comique depuis le fond.

« Un navire de guerre ? Et quoi d'autre ? »

« Moi, un phonographe ! » dit un autre.

« Très bien ! Un navire de guerre et un phonographe. Mais la prochaine fois, vous répondrez tout de suite, compris ? »

« OUI ! » crièrent-ils tous en chœur.

« Avez-vous déjà vu un train ? »

« Oui ! », « Non ! », répondirent-ils en désordre.

« Je l'ai déjà vu, mais j'suis jamais monté dedans », dit un grand garçon derrière les autres.

« Allez, allez, rentrez tous chez vous ! » tonna soudain une voix forte derrière Takichi. Tous regardèrent vers le vestibule. Le directeur de l'école s'y tenait, les bras grands ouverts sur le seuil.

« Monsieur Imai, je vous en prie, entrez. » Puis, haussant encore la voix : « Nous avons des invités aujourd'hui, vous ne devez pas faire de bruit autour d'eux ! »

Takichi fit demi-tour en souriant et lança aux enfants que s'ils venaient au village de S— un jour de congé, il les emmènerait voir le train. Puis il entra.

校庭のひつそりした頃に、腰の曲つた小使が草箒を持つて出て来て、玄関から掃除に取りかかつた。草鞋、靴、下駄、方々から集つた教師達の履物は丁寧に並べられた。皆で十七八足あつた。其の中に二足の女下駄の、一つは葡萄茶、一つは橄欖色の緒の色が引き立つてゐた。

Une fois la cour redevenue silencieuse, un vieux domestique au dos voûté sortit avec un balai de paille et commença à nettoyer le vestibule. Les sandales de paille, les chaussures et les getas des professeurs venus de partout furent soigneusement alignés. Il y en avait environ dix-sept ou dix-huit paires. Parmi elles, deux paires de socques de femmes se détachaient par la couleur de leurs lanières : l'une lie-de-vin, l'autre vert olive.

*   *   *   *

*   *   *   *

『此処でまた待つて居ますか?』

多吉は後に跟いて来る松子を振回つて言つた。

『ええ。少し寒くなつて来たやうですね。』

多吉は無雑作に路傍の石に腰を掛けた。松子は少し離れて納戸色の傘を杖に蹲んだ。

其処はもうS――村に近い最後の坂の頂であつた。二人は幾度か斯うして休んでは、寄路をして遅れた老人達を待つた。待つても待つても来なかつた。さうして又歩くともなく歩き出して、遂々此処まで来てしまつた。

日はもう午後五時に近かつた。光の海のやうに明るい雲なき西の空には、燃え落る火の玉のやうな晩秋の太陽が、中央山脈の上に低く沈みかけてゐた。顫へるやうな弱い光線が斜めに二人の横顔を照した。そして、周匝の木々の葉裏にはもう夕暮の陰影が宿つて見えた。

行く時のそれは先方にゐるうちに大方癒つてゐたので、二人はさほど疲れてゐなかつた。が、流石に斯うして休んでみると、多吉にも膝から下の充血してゐる事が感じられた。そして頭の中には話すべき何物もなくなつてゐるやうに軽かつた。

授業の済んだ後、栗が出た、酒が出た、栗飯が出た。そして批評が始つた。然し其の批評は一向にはずまなかつた。それは一つは、思掛けない出来事の起つた為であつた。

『それでは徐々皆さんの御意見を伺ひたいものであす。』さう主人役の校長が言出した時、いつもよく口を利く例になつてゐる頭の禿げた眇目の教師が、俄かに居ずまひを直して、八畳の一間にぎつしりと座り込んでゐる教師達を見廻した。

— On attend encore ici ?

Takichi se retourna vers Matsuko qui le suivait.

— Oui. Il commence à faire un peu froid, semble-t-il.

Takichi s'assit sans cérémonie sur une pierre au bord de la route. Matsuko s'accroupit un peu plus loin, s'appuyant sur son ombrelle de couleur bleu sombre comme sur une canne.

Ils étaient au sommet de la dernière colline avant le village de S—. Ils s'étaient arrêtés ainsi plusieurs fois pour attendre les plus âgés qui traînaient en chemin. Ils avaient attendu, attendu, mais personne ne venait. Alors, ils s'étaient remis en marche machinalement, jusqu'à arriver ici.

Il était presque cinq heures de l'après-midi. Dans le ciel de l'ouest, clair comme une mer de lumière et dépourvu de nuages, le soleil de la fin de l'automne, semblable à une boule de feu qui s'éteint, commençait à descendre sur la chaîne de montagnes centrale. Des rayons faibles et tremblants éclairaient de biais leurs profils. Déjà, l'ombre du crépuscule semblait s'être logée au revers des feuilles des arbres environnants.

Leur lassitude du matin s'était dissipée durant leur séjour là-bas, aussi n'étaient-ils pas particulièrement fatigués. Pourtant, en se reposant ainsi, Takichi sentait le sang battre dans ses jambes. Son esprit était léger, vidé de tout sujet de conversation.

Après les cours, on avait servi des châtaignes, du saké, et du riz aux châtaignes. Puis l'évaluation avait commencé. Mais la critique n'avait pas du tout pris d'ampleur. C'était dû, en partie, à un événement inattendu.

— Eh bien, j'aimerais maintenant entendre vos avis à tous », avait commencé le directeur de l'école hôte.

À ce moment, l'instituteur borgne à la tête chauve, qui avait l'habitude de prendre la parole, s'était soudain redressé sur son siège, balayant du regard les professeurs entassés dans la pièce de huit tatamis.

『批評の始る前に――と言つては今日の会を踏みつけるやうで誠に済まない訳ですが――実は一つ、私から折入つて皆さんの御意見を伺つて見たい事があるのですが………自分一個の事ですから何ですけれども、然し何うも私としては黙つてゐられないやうな事なので。』

一同何を言ひ出すのかと片唾をのんだ。常から笑ふ事の少い眇目の教師の顔は、此の日殊更苦々しく見えた。そして語り出したのは次のやうな事であつた。――先月の末に郡役所から呼出されたので、何の用かと思つて行つて見ると、郡視学に別室へ連れ込まれて意外な事を言はれた。それは外でもない。自分が近頃………………………………………………といふ噂があるとかで、それを詰責されたのだ。――

『実に驚くではありませんか? 噂だけにしろ、何しろ私が先づ第一に、独身で斯うしてゐなさる山屋さんに済みません。それに私にしたところで、教育界に身を置いて彼是三十年の間、自分の耳の聾だつたのかも知れないが、今迄つひぞ悪い噂一つ立てられた事がない積りです。自賛に過ぎぬかも知れないが、それは皆さんもお認め下さる事と思ひます。……実に不思議です。私は学校へ帰つて来てから、口惜しくつて口惜しくつて、男泣きに泣きました。』

………………………………………………………………………………………。

— Avant de commencer l'évaluation — et je m'excuse, car j'ai l'impression de piétiner notre séance d'aujourd'hui — j'aimerais en vérité solliciter votre avis sur un point qui me tient à cœur... C'est une affaire personnelle, certes, mais je ne peux me résoudre à garder le silence.

L'assemblée retint son souffle, se demandant ce qu'il allait annoncer. Le visage du professeur borgne, qui riait rarement d'ordinaire, paraissait ce jour-là d'une amertume particulière. Voici ce qu'il raconta : à la fin du mois dernier, il avait été convoqué au bureau de l'arrondissement. Demandant l'objet de cette convocation, il fut conduit dans une pièce à part par l'inspecteur scolaire qui lui tint des propos stupéfiants. Il s'agissait de rien de moins que ceci : une rumeur courait selon laquelle il aurait récemment... [entretenu une liaison inappropriée], et on lui en demandait compte.

— N'est-ce pas proprement hallucinant ? Même s'il ne s'agit que d'une rumeur, je suis d'abord navré pour Mme Yamaya, qui vit ici seule et célibataire. Quant à moi, j'œuvre dans l'éducation depuis près de trente ans et, à moins d'avoir été sourd à mon propre sujet, je pensais n'avoir jamais fait l'objet du moindre onglon de médisance. Ce n'est peut-être que de l'autosatisfaction, mais je crois que vous le reconnaîtrez tous... C'est un mystère total. En rentrant à l'école, j'étais si mortifié, si dépité, que j'ai pleuré comme un enfant.

『………口にするも恥づるやうなそんな噂を立てられるところを見ると、つまり私の教育家としての信任の無いのでせう。さう諦めるより外仕方がありません。然し何うも諦められません。――一体私には、何処かさういふ噂でも立てられるやうな落度があつたのでせうか?』

一同顔を見合すばかりであつた。と、多吉はふいと立つて外へ出た。そして便所の中で体を揺つて一人で笑つた。苦り切つた××の眇目な顔と其の話した事柄との不思議な取合せは、何うにも斯うにも可笑しくつて耐らなかつたのだ。「あの老人が男泣きに泣いたのか。」と思ふと、又しても新らしい笑ひが口に上つた。

多吉の立つた後、一同また不思議さうに目を見合つた。すると誰よりも先に口を開いたのは雀部であつた。

『何うも驚きました。――然し何うも、郡視学も郡視学ではありませんか? ××さんにそんな莫迦な事のあらう筈のない事は、苟くも瘋癲か白痴でない限り、何人の目も一致するところです。たとへそんな噂があつたにしろ、それを取上げて態々呼び出すとは………』

『いや今日私のお伺ひしたいのは、そんな事ではありません。視学は視学です。………それよりも一体何うしてこんな噂が立つたのでせう?』と、語気が少し強かつた。

— ... Quand je vois qu'on fait courir sur moi des bruits si honteux qu'on ose à peine les prononcer, j'en conclus que je n'ai plus la confiance nécessaire à un éducateur. Il n'y a plus qu'à s'y résigner. Pourtant, je n'y arrive pas. — Au fond, ai-je commis une faute quelconque qui ait pu donner prise à de tels ragots ?

Les assistants ne purent que s'échanger des regards interdits. Takichi se leva brusquement et sortit. Une fois dans les latrines, il fut secoué d'un rire solitaire. Le contraste absurde entre le visage austère et grêlé de [X], figé dans son amertume, et la nature de son récit lui était insupportable de drôlerie. « Ce vieux s'est donc mis à pleurer comme un gosse ! » À cette pensée, une nouvelle salve de rire lui monta aux lèvres.

Après le départ de Takichi, l'assemblée continua de se regarder avec perplexité. Ce fut Suzue qui rompit le silence le premier :

— C'est tout bonnement incroyable. Mais enfin, l'inspecteur ne manque-t-il pas de discernement ? Que de telles inepties ne puissent concerner M. [X], n'importe qui, à moins d'être fou ou idiot, peut s'en accorder. Même si une telle rumeur existait, prendre la peine de le convoquer officiellement pour cela..

— Non, ce n'est pas ce que je vous demande aujourd'hui. L'inspecteur est ce qu'il est... Ce que je veux savoir, c'est comment une telle rumeur a bien pu naître ?

Sa voix s'était faite plus pressante.

『誰か生徒の父兄の中にでも、何かの行違ひで貴方を恨んでる――といふやうなお心当りもありませんのですか?』

仔細らしい顔をした一人の教師が、山羊のやうな顋の髯を撫でながらさう言つた。

『断じてありません。色々思出したり調べたりして見ましたけれども。』と強く頭を振つて××は言つた。「此の一座の中になくて何処にあらう?」といふやうな怒りが眼の中に光つた。或者は潜かに雀部の顔を見た。

それも然し何うやら斯うやら収りがついた。が、眇目の教師はそれなり余り口を利かなかつた。従つて肝腎の授業の批評は一向栄えなかつた。シとス、チとツなどの教師の発音の訛りを指摘したのや、授業中一学年の生徒を閑却した傾きがあつたといふ説が出たぐらゐで、座は何となく白けた。さうしてる処へ其の村の村長が来た。盃が俄かに動いて、話は全くの世間話に移つて行つた。

三時になつて一同引上げる事になつた。門を出た時、半分以上は顔を赧くしてゐた。中にも足元の確かでない程に酔つたのは目賀田であつた。

路の岐れる毎に人数が減つた。とある路傍の屋根の新しい大きい農家の前に来た時、其処まで一緒に来た村長は、皆を誘つて其の家に入つて行つた。其処には村の誇りにしてある高価な村有種馬が飼はれてあつた。

— N'y aurait-il pas, parmi les parents d'élèves, quelqu'un qui vous garderait rancune suite à un malentendu ?

Un professeur à l'air grave posa la question tout en caressant sa barbe de bouc.

— Absolument pas. J'ai fouillé mes souvenirs, j'ai cherché, rien, répondit [X] en secouant fermement la tête.

Une colère brillait dans ses yeux, comme s'il se demandait : « Si le coupable n'est pas dans cette pièce, où est-il ? ». Certains jetèrent un regard furtif vers Suzue.

L'affaire finit tant bien que mal par s'apaiser. Mais le professeur borgne ne desserra plus guère les dents. En conséquence, l'évaluation pédagogique, qui était pourtant le cœur de la journée, ne décolla jamais. On se contenta de relever quelques fautes de prononciation chez l'enseignant (la confusion entre les sons shi et su, ou chi et tsu) ou de noter qu'il avait eu tendance à délaisser les élèves de première année pendant le cours ; l'ambiance restait morose. C'est alors que le maire du village fit son entrée. Les coupes de saké circulèrent soudain plus vite, et la conversation dériva vers les banalités du monde.

À trois heures, tout le monde prit congé. En franchissant le portail, plus de la moitié des enseignants avaient le visage rouge. Parmi eux, Megata était si ivre qu'il ne tenait plus sur ses jambes.

À chaque embranchement, le groupe s'amincissait. Arrivés devant une grande ferme au toit neuf, le maire, qui les accompagnait jusque-là, les invita tous à entrer. On y élevait un étalon de race appartenant à la commune, dont le village était très fier et qui avait coûté fort cher.

家の主人は喜んで迎へた。そして皆が厩舎を出て裏庭に廻つた時は、座敷の縁側に薄縁を布いて酒が持ち出された。それを断るは此処等の村の礼儀ではなかつた。

多吉と松子は、稍あつてから一足先に其の家を出て来たのであつた。

二人は暫くの間坂の頂に推黙つてゐた。

『屹度酔つてらつしやるのでせうね?』

『ええ、さうでせう。真個に為様がない。』

と言つて、多吉は巻煙草に火を点けた。

然し二人は、日の暮れかかる事に少しも心を急がせられなかつた。待つても待つても来ない老人達を何時までも待つてゐたいやうな心持であつた。

稍あつて多吉は、

『僕も年老つて飲酒家になつたら、ああでせうか? 実に意地が汚ない。目賀田さんなんか盃より先に口の方を持つて行きますよ。』

Le maître de maison les accueillit avec joie. Lorsque le groupe quitta l'écurie pour gagner le jardin de derrière, des nattes de paille avaient été installées sur la véranda et le saké fut de nouveau sorti. Refuser une telle offre aurait été une entorse à la politesse de ces villages.

Takichi et Matsuko quittèrent la maison un peu avant les autres. Ils restèrent un moment silencieux au sommet de la colline.

— Ils doivent être complètement ivres, n'est-ce pas ?

— Oui, sans doute. C'est vraiment désolant.

Sur ces mots, Takichi alluma une cigarette. Pourtant, ni l'un ni l'autre ne semblaient pressés par la chute du jour. Ils avaient le sentiment de vouloir attendre indéfiniment ces aînés qui ne venaient jamais.

Après un silence, Takichi reprit :

— Est-ce que je serai comme ça, moi aussi, quand je serai vieux et porté sur la bouteille ? C'est d'une telle vulgarité. Ce M. Megata, il tend la bouche vers la coupe avant même qu'on ne la lui serve !

『ええ。そんなに美味いものでせうか?』

『さあ。………僕も一度うんと飲んだ事がありますがね。何だか変な味がするもんですよ。』

『何時お上りになつたんです?』

『兄貴の婚礼の時。皆が飲めつて言ふから、何糞と思つてがぶがぶやつたんですよ。さうすると体が段々重くなつて来ましてねえ。莫迦に動悸が高くなるんです。これあ変だと思つて横になつてると、目の前で話してる人の言葉がずつと遠方からのやうに聞えましたよ。………それから終に、綺麗な衣服を着た兄貴のお嫁さんが、何だか僕のお嫁さんのやうに思はれて来ましてねえ。僕はまだ嫁なんか貰ふ筈ぢやなかつたがと思つてるうちに、何時の間にか眠つちやつたんです。』

『面白いのね。お幾歳の時です?』

『十七の時。』

多吉は腰掛けた石の冷気を感じて立ち上つた。そして今来た方を見渡したが、それらしい人影も見えなかつた。

『何うしたんでせう?』

『真個にねえ。………斯うしてると川の音が聞えますね。』

『川の音?』

二人は耳を澄ました。

— Oui. Est-ce vraiment si bon ?

— Je ne sais pas... Je me suis enivré sérieusement une fois, pourtant. Ça avait un goût assez étrange.

— Quand était-ce ?

— Pour le mariage de mon frère. Tout le monde me poussait à boire, alors je me suis dit "tant pis !" et j'ai enchaîné les verres. Mon corps est devenu de plus en plus lourd. Mon cœur s'est mis à battre follement. Je me suis dit que c'était bizarre et je me suis allongé ; les voix des gens qui parlaient devant moi me semblaient venir de très loin... Et puis, j'ai fini par croire que la mariée, si belle dans ses habits de fête, était ma propre épouse. Je me disais : "Tiens, je ne pensais pas encore me marier", et je me suis endormi sans m'en rendre compte.

— C'est amusant. Quel âge aviez-vous ?

— Dix-sept ans.

Takichi se leva, sentant le froid de la pierre sur laquelle il était assis. Il scruta le chemin qu'ils venaient de parcourir, mais aucune silhouette n'apparaissait.

— Que font-ils donc ?

— C'est vrai, c'est long... Dites, on entend le bruit de la rivière d'ici.

— Le bruit de la rivière ?

Ils tendirent l'oreille.

『聞えるでせう?』

『聞えませんよ。』

『聞えますよ。此の下に川があつたぢやありませんか?」

『さう言へば少し聞えるやうですね。………うむ、聞える。彼処まで行つて待つてることにしませうか?』

『さうですね。』

『実に詰らない役だ。』

『真個にね。私がゐなかつたら先へいらつしやるのでせう?』

『はは。』と多吉は高く笑つた。

二人は坂を下つた。

渓川の水は暮近い空を映して明かつた。二人は其の上の橋の、危なげに丸太を結つた欄干に背を靠せて列んだ。其処からはもう学校まで十一二町しかなかつた。

— Vous l'entendez, n'est-ce pas ?

— Non, je n'entends rien.

— Mais si ! Il y avait une rivière juste en bas, non ?

— Maintenant que vous le dites, on dirait qu'on entend quelque chose... Oui, je l'entends. Et si nous allions attendre là-bas ?

— Bonne idée.

— Quelle corvée insupportable.

— C'est vrai. Si je n'étais pas là, vous seriez déjà rentré, n'est-ce pas ?

— Haha ! Takichi éclata d'un rire sonore.

Ils descendirent la pente.

L'eau du torrent de montagne brillait, reflétant le ciel de la fin du jour. Ils s'alignèrent sur le pont, le dos appuyé contre la rambarde faite de rondins de bois à l'aspect fragile. De là, il ne restait plus qu'un peu plus d'un kilomètre avant d'atteindre l'école.

『此処で待つて来なかつたら何うします?』

『私は何うでも可くつてよ。』

『それぢや先に帰る事にしますか?』

『帰つても可いけれども、何だか可笑いぢやありませんか?』

『そんなら何時まででも待ちますか?』

『待つても可いけれど………』

『日が暮れても?』

『私何うでも可いわ。先生の可いやうに。』

『若しか待つてるうちに日が暮れて了つて、真暗になつたところへ、山賊でも出て来たら何うします?』

『厭ですわ、嚇かして。』

『其処等の藪ががさがさ鳴つて、豆絞りの手拭か何か頬冠りにした奴が、にゆつと出て来たら?』

『出たつて可いわ。先生がいらつしやるから。』

『僕は先に逃げて了まひますよ。』

『私も逃げるわ。』

— Et si on attend ici et qu'ils ne viennent pas, que ferez-vous ?

— Oh, peu m'importe.

— Dans ce cas, on rentre d'abord ?

— On pourrait, mais ne serait-ce pas un peu ridicule ?

— Alors on attend, quel que soit le temps que cela prenne ?

— On peut attendre, mais…

— Même si la nuit tombe ?

— Tout me va. Comme vous voudrez, Monsieur.

— Et si, pendant qu'on attend, l'obscurité devient totale et qu'un brigand surgit, que ferez-vous ?

— Oh, ne m'effrayez pas comme ça !

— Imaginez... les fourrés là-bas qui crissent, et un type avec un vieux mouchoir noué sur la tête qui surgit brusquement ?

— Qu'il surgisse ! Vous serez là avec moi.

— Moi ? Je m'enfuirai le premier !

— Alors je m'enfuirai aussi.

『逃げたつて敵ひませんよ。後から襟首をぐつと捉へて、生命欲しいか金欲しいかと言つたら何うします?』

『お金を遣るわ。一円ばかししか持つてないから。』

『それだけぢや足らないつて言つたら?』

『そしたら………そしたら、先に逃げた先生がどつさり持つてるから、あの方へ行つてお取りなさいつて言つてやるわ。ほほほ。』

『失敗つた。此の話はもつと暗くなつてからするんだつけ。』

『随分ね。………もう驚かないから可いわ。』

『真個ですか?』

『真個。驚くもんですか。』

『それぢや若し………若しね、』

『何が出ても大丈夫よ。』

『若しね、………』

『ええ。』

『罷めた。』

『あら、何故?』

『何故でも罷めましたよ。』

多吉は真面目な顔になつた。

— Vous n'aurez aucune chance. S'il vous attrape par le collet et vous demande : "La bourse ou la vie ?", que ferez-vous ?

— Je lui donnerai mon argent. Je n'ai guère plus d'un yen sur moi.

— Et s'il dit que ce n'est pas assez ?

— Alors... alors, je lui dirai : "Le monsieur qui s'est enfui tout à l'heure en a plein les poches, allez donc le rattraper et servez-vous !" Ho ho ho !

— Raté. J'aurais dû attendre qu'il fasse plus noir pour vous raconter ça.

— C'est malin... De toute façon, je n'ai plus peur, maintenant.

— C'est vrai ?

— C'est vrai. Je ne me laisserai pas surprendre.

— Et si jamais... si jamais, voyez-vous…

— Quoi qu'il arrive, je ne craindrai rien.

— Si jamais…

— Oui ?

— ... J'abandonne.

— Oh, et pourquoi donc ?

— Pour rien, j'arrête, c'est tout.

Takichi avait soudain pris un air sérieux.

『あら、聞かして頂戴よう。ねえ、先生。』

「…………………………………………。」と多吉は思つた。そして、『罷めましたよ。貴方が喫驚するから。』

『大丈夫よ。何んな事でも。』

『真個ですか?』

多吉は駄目を推すやうに言つた。

『ええ。』

『少し寒くなりましたね。』

松子は男の顔を見た。もう日が何時しか沈んだと見えて、周匝がぼうつとして来た。渓川の水にも色が無かつた。

松子は、と、くつくつと一人で笑ひ出した。笑つても笑つても罷めなかつた。終には多吉も為方なしに一緒になつて笑つた。

『何がそんなに可笑いんです?』

『何でもないこと。』

『厭ですよ。僕が莫迦にされてるやうぢやありませんか?』

『あら、さうぢやないのよ。』

松子は漸々笑ひを引込ませた。

— Oh, je vous en prie, dites-le moi. Allez, Monsieur ! »

« ................................................. », pensa Takichi. Puis il dit : « J'ai arrêté parce que vous auriez un choc. »

— Je vous assure que non. Quoi que ce soit.

— Vous en êtes sûre ? insista-t-il, comme pour sceller une promesse.

— Oui.

— Il commence à faire froid, n'est-ce pas ?

Matsuko regarda le visage de l'homme. Le soleil avait disparu sans qu'ils s'en aperçoivent et les alentours devenaient flous. L'eau du torrent n'avait plus de couleur. Soudain, Matsuko éclata d'un petit rire étouffé, toute seule. Elle riait encore et encore, sans pouvoir s'arrêter. Finalement, Takichi ne put s'empêcher de rire avec elle.

— Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ?

— Oh, rien du tout.

— C'est agaçant. J'ai l'impression que vous vous moquez de moi.

— Mais non, ce n'est pas ça du tout !

Matsuko calma peu à peu son fou rire.

「女には皆――の性質があるといふが、真個か知ら。」と不図多吉は思つた。そして言つた。『女にも色々ありますね。先のお婆さんは却々笑はない人でしたよ。』

『先のお婆さんとは?』

『貴方の前の女先生ですよ。』

『まあ、可哀相に。まだ二十五だつたつてぢやありませんか?』

『独身の二十五ならお婆さんぢやありませんか?』

『独身だつて………。そんなら女は皆結婚しなければならないものでせうか?』

『二十五でお婆さんと言はれたくなければね。』

『随分ね、先生は。』

『さうぢやありませんか?』

『先の方とは、先生はお親しくなすつたでせうね?』

『始終怒られてゐたんですよ。』

『嘘ばつかし。大層真面目な方だつたさうですね?』

『ええ。時々僕が飛んでもない事を言つたり、子供らしい真似をして見せるもんだから、其の度怒られましたよ。それが又面白いもんですからね。』

『………飛んでもない事つて何んな事を仰しやつたんです?』

『女は皆――の性質を持つてるつて真個ですかつと言つたら、貴方とはこれから口を利かないつて言はれましたよ。』

« On dit que toutes les femmes ont ce caractère-là... je me demande si c'est vrai », songea soudain Takichi.

Puis il dit : — Il y a toutes sortes de femmes. La précédente était une vraie vieille dame qui ne riait jamais.

— La précédente ?

— Votre prédécesseure à l'école.

— Oh, la pauvre. On m'a dit qu'elle n'avait que vingt-cinq ans ?

— À vingt-cinq ans et célibataire, n'est-ce pas déjà être une vieille dame ?

— Même célibataire... Alors, vous pensez que toutes les femmes doivent absolument se marier ?

— Si elles ne veulent pas être traitées de vieilles dames à vingt-cinq ans, oui.

— Vous êtes bien dur, Monsieur.

— Ce n'est pas vrai ?

— J'imagine que vous étiez très proche d'elle ?

— Elle passait son temps à me gronder.

— Quel menteur ! On m'a dit que c'était une personne très sérieuse.

— Oui. Comme je disais parfois des énormités ou que je faisais des pitreries d'enfant, elle se fâchait à chaque fois. Et comme je trouvais cela amusant…

— ... Et quelles "énormités" pouviez-vous bien lui dire ?

— Un jour, je lui ai demandé : "Est-ce vrai que toutes les femmes ont ce caractère-là ?" Elle m'a répondu qu'elle ne m'adresserait plus jamais la parole.

『まあ、随分酷いわ。………誰だつて怒るぢやありませんか、そんな事を言はれたら。』

『さうですかね。』

『怒るぢやありませんか? 私だつて怒るわ。』

すると今度は多吉の方が可笑しくなつた。笑ひを耐へて、

『今怒つて御覧なさい。』

『知りません。』

『あははは。』多吉は遂に吹出した。そしてすつかり敵を侮つて了つたやうな心持になつた。

『矢沢さん。先刻僕が何を言ひかけて罷めたか知つてますか?』

『仰しやらなかつたから解らないぢやありませんか?』

『僕が貴方を――――ようとしたら、何うしますつて、言ふ積りだつたんです。あははは。』

『可いわ、そんな事言つて。………真個は私も多分さうだらうと思つたの。だから可笑しかつたわ。』

其の笑ひ声を聞くと多吉は何か的が脱れたやうに思つた。そして女を見た。

— Eh bien, c'est méchant ! N'importe qui se fâcherait si on lui disait une chose pareille.

— Vous croyez ?

— Bien sûr ! Moi aussi je me fâcherais.

Cette fois, ce fut au tour de Takichi de trouver cela drôle. Retenant son rire, il provoqua :

— Allez-y, fâchez-vous pour voir.

— Je ne vous parle plus.

— Ahahahaha !

Takichi finit par exploser de rire. Il avait l'impression d'avoir totalement pris le dessus sur son "adversaire".

— Mademoiselle Yazawa. Savez-vous ce que j'allais vous dire tout à l'heure avant de m'interrompre ?

— Puisque vous ne l'avez pas dit, comment pourrais-je le savoir ?

— J'allais vous demander : "Si j'essayais de vous [embrasser/séduire/enlacer]*, que feriez-vous ?" Ahahahaha ! »

— C'est facile de dire ça maintenant... En réalité, je me doutais bien que c'était quelque chose comme ça. C'est pour cela que je riais.

En entendant ce rire, Takichi eut l'impression d'avoir manqué sa cible. Il regarda la jeune femme.

周匝はもう薄暗かつた。

『まあ、何うしませう、先生? こんなに暗くなつちやつた。』と、暫らくあつて松子は俄かに気が急き出したやうに言つた。

多吉には、然し、そんな事は何うでもよかつた。――――ものが、急に解らないものになつたやうな心持であつた。

『可いぢやありませんか? これから真個に嚇して、貴方に本音を吐かして見せる。』

『厭私、嚇すのは。』

『厭なら一人お帰りなさい。』

『ねえ、何うしませう? あれ、あんなにお星様が見えるやうになつたぢやありませんか。』

『そんなに狼狽へなくても可いぢやありませんか、急に?』

『ええ。………ですけれども、何だか変ぢやありませんか?………………………………………………………………………。』

『ははは。………あれあ滑稽でしたね。』………………………………………………………………………。

L'obscurité s'était installée.

— Mon Dieu, que va-t-on faire, Monsieur ? Il fait déjà si noir ! dit Matsuko après un silence, soudain prise d'une hâte fébrile.

Pourtant, pour Takichi, cela n'avait aucune importance. Ce qui [lui semblait clair] était soudain redevenu indéchiffrable.

— Ce n'est pas grave, non ? Je vais maintenant vous faire peur pour de bon, pour vous forcer à montrer votre vrai visage.

— Oh non, je déteste avoir peur.

— Si cela vous déplaît, rentrez donc seule.

— Mais enfin, qu'allons-nous faire ? Regardez, les étoiles sont déjà bien visibles.

— Inutile de paniquer aussi soudainement, non ?

— Oui... mais n'est-ce pas un peu étrange ? ....… ....… ..............… ....… ......… .............… ...… ......… .......

— Hahaha... C'était quand même comique. »

『あの老人が…………………………………………と思ふと、僕は耐らなくなつたから便所へ逃げたんですよ。』

『ええ。先生がお立ちになつたら、皆変な顔をしましたわ。』

『だつて可笑いぢやありませんか。あの女の人も一緒になつて憤慨するんだと、まだ面白かつた。』

『可哀相よ、あの方は。………………………………………………………………………………………。………真個に私あのお話を聞いてゐて、恐くなつたことよ。』

『何が?』

『だつてさうぢやありませんか?……………………………………………………………………………………。あの方のは噂だけかも知れないけれども、噂を立てられるだけでも厭ぢやありませんか?』

『僕は唯可笑かつた。口惜しくつて男泣きに泣いたなんか振つてるぢやありませんか?』

『一体あれは真個でせうか? 誰か中傷したんでせうか?』

『さあ。貴方は何と思ひます?』

『解らないわ。………。』

『我田引水ですね。』

『ぢやないのよ。ですけれども、何だかそんな気がするわ。』

『男の方では…………………………………?』

『ええ。まあそんな………。そしてあの山屋さんて方、屹度私、意志の弱い方だと思ふわ。』

『さうかも知れませんね。………』

— Quand je repense à ce vieil homme qui [pleurait comme un enfant], je n'ai pas pu tenir, c'est pour cela que je me suis sauvé aux toilettes.

— C'est vrai. Quand vous vous êtes levé, tout le monde a pris un air bizarre.

— Mais enfin, c'était ridicule ! Si au moins cette dame avait partagé son indignation, cela aurait été encore plus drôle.

— Elle est à plaindre, pourtant.

— Peur de quoi ?

— Mais enfin ! .........… ...........… ....................… ........… ........… .......… ......… ......… .......… ...… ........… ....... Pour lui, ce n'est peut-être qu'une rumeur, mais n'est-ce pas horrible, ne serait-ce que d'être l'objet de tels bruits ?

— Moi, ça m'a juste fait rire. Cette façon de dire qu'il en a "pleuré de dépit comme un homme", n'est-ce pas un peu trop ?

— Pensez-vous que ce soit vrai ? Que quelqu'un l'ait calomnié ?

— Qui sait. Et vous, qu'en pensez-vous ?

— Je ne sais pas…

— Vous prêchez pour votre paroisse, on dirait.

— Ce n'est pas ça. Mais j'en ai un peu le pressentiment.

— Du côté de cet homme, [il y aurait quelque chose]... ?

— Oui, peut-être... Et cette Mme Yamaya, je suis sûre que c'est une personne de volonté faible.

— C'est possible...

『ですけれど、誰でせう、視学に密告したのは?』

『それあ解つてますよ。――老人達があんな子供らしい悪戯をするなんて、可笑いぢやありませんか?』

『真個だわ。………私達の知つてる人でせうか?』

『知れてるぢやありませんか?』

『雀部先生ね。屹度さうだわ。――大きい声では言はれないけれども。』

『あ、お待ちなさい。』

と言つて多吉は聞耳を立てた。

渓川の水がさらさらと鳴つた。

『声がしたんですか?』

『黙つて。』

二人は坂を見上げた。空は僅かに夕照の名残をとどめてゐるだけで、光の淡い星影が三つ四つ数へられた。

『あら、変だわ。声のするのは彼方ぢやありませんか?』と、稍あつて松子は川下の方を指した。

『さうですね。……変ですね。』

— Mais enfin, qui a bien pu dénoncer cela à l'inspecteur ?

— Oh, on le sait bien. N'est-ce pas ridicule de voir ces vieux se livrer à des malfaisances aussi puériles ?

— C'est vrai... Est-ce quelqu'un que nous connaissons ?

— Cela ne fait aucun doute, n'est-ce pas ?

— Monsieur Suzue... C'est sûrement lui. Bien qu'on ne puisse pas le dire trop haut.

— Ah, attendez !

Sur ces mots, Takichi prêta l'oreille. L'eau du torrent de montagne murmurait doucement.

— Vous avez entendu une voix ?

— Chut !

Tous deux levèrent les yeux vers la pente. Le ciel ne gardait qu'un infime vestige du crépuscule ; on pouvait compter trois ou quatre étoiles au faible éclat.

— Tiens, c'est étrange. Le son ne vient-il pas de là-bas ? dit Matsuko après un moment en désignant l'aval de la rivière.

— En effet... C'est bizarre.

『若しか外の人だつたら、私達が此処に斯うしてるのが可笑いぢやありませんか?』

『ああ、あれは雀部さんの声だ。さうでせう? さうですよ。』

『ええ、さうですね。何うして彼方から……』

多吉は両手で口の周囲を包むやうにして呼んだ。『先生い。何処を歩いてるんでせう?』

『おう。』と間をおいて返事が聞えた。確かに川下の方からであつた。

間もなく夕暗の川縁に三人の姿が朧気に浮び出した。

『何うしてそんな方から来たんです?』

『今井さん一人ですか?』

『矢沢さんもゐます。余り遅いから今もう先に帰つて了はうかと思つてゐたところでした。』

『いや、済みませんでした。』

『何うしてそんな方から来たんです? 其方には路がなかつたぢやありませんか?』

『いや、失敗失敗。』

それは雀部が言つた。

— Si c'est quelqu'un d'autre, nous allons avoir l'air fin de rester plantés là ainsi.

— Ah, c'est la voix de Monsieur Suzue. Vous ne trouvez pas ? Si, c'est lui !

— Oui, c'est bien lui. Mais pourquoi vient-il de cette direction ?

Takichi fit un porte-voix de ses mains et appela : « Monsieur ! Par où marchez-vous donc ? »

— Ohé ! répondit une voix après un court silence. Cela venait bien de l'aval. Bientôt, trois silhouettes se dessinèrent vaguement sur la rive dans l'obscurité naissante.

— Pourquoi arrivez-vous par là ?

— Monsieur Imai, vous êtes seul ?

— Mademoiselle Yazawa est là aussi. Comme vous tardiez trop, nous étions sur le point de rentrer sans vous attendre.

— Ah, navré, vraiment navré.

— Mais pourquoi venir de là-bas ? Il n'y avait pas de chemin, n'est-ce pas ?

— Eh bien, quel échec, quel échec ! s'exclama Suzue.

『狐にでも魅まれたんですか?』

『今井さん、穏しく貴方と一緒に先に来れば可かつた。』へとへとに疲れたやうな目賀田の声がした。

『いやもう、狐なら可いが、雀部さんに魅まれてさ。』

『それはもう言ひつこなし。降参だ、降参だ。』と雀部がいふ。

其の内に三人とも橋の上に来た。

『ああ疲れた。』校長は欄干に片足を載せて腰かけた。『矢沢さん、どうも済みませんでした。』

『いいえ。何うなすつたのかと思つて。』

『真個に済みませんでしたなあ。』と雀部は言つた。『多分もう学校へ帰つてオルガンでも弾いてらつしやるかと思つた。』

『今井さん、まあ聞いて下さい。』目賀田老人は腰を延ばしながら訴へるやうな声を出した。『………彼処で、止せば可いのに可加減飲んでね。雀部さん達はまだ俺より若いから可いが、俺はこれ此の通りさ。そしたら雀部さんが、近路があるから其方を行つて、貴方方に追付かうぢやないかと言ふんだものな。賛成したのは俺も悪いが、それはそれは酷い坂でね。剰に辛と此の川下へ出たら、何うだえ貴方、此間の洪水に流れたと見えて橋が無いといふ騒ぎぢやないか。それからまた半里も斯うして上つて来た。いやもう、これからもう雀部さんと一緒には歩かない。』

『ははは。』と多吉は笑つた。

— Vous êtes-vous laissé ensorceler par un renard ?

— Monsieur Imai, j'aurais mieux fait de rester tranquillement avec vous et de partir devant, fit la voix de Megata, qui semblait épuisé jusqu'à la moelle.

— Oh, si ce n'était qu'un renard, passe encore, mais c'est par Monsieur Suzue que j'ai été ensorcelé !

— Allons, n'en parlons plus. Je me rends, je me rends ! lança Suzue. Sur ce, tous trois atteignirent le pont.

— Ah, quelle fatigue !

Le directeur s'assit sur la rambarde, une jambe relevée.

— Mademoiselle Yazawa, je vous présente toutes mes excuses.

— Ce n'est rien. Nous nous demandions simplement ce qui vous était arrivé.

— Vraiment navré, reprit Suzue. Je pensais que vous seriez déjà rentrés à l'école et que vous seriez en train de jouer de l'orgue.

— Monsieur Imai, écoutez-moi un peu ! dit le vieux Megata d'une voix plaintive tout en s'étirant. Là-bas, alors qu'on aurait dû s'arrêter, on a bu plus que de raison. Monsieur Suzue et les autres sont plus jeunes que moi, alors ça va, mais regardez dans quel état je suis. Et voilà que Monsieur Suzue nous sort qu'il y a un raccourci et qu'on devrait le prendre pour vous rattraper. J'ai eu le tort d'accepter, mais quelle pente terrible c'était ! Et quand nous sommes enfin arrivés avec peine en bas de la rivière, quelle affaire : le pont avait disparu, emporté semble-t-il par la dernière inondation. Il a fallu remonter le courant sur deux kilomètres. Ah, c'est fini, je ne marcherai plus jamais avec Monsieur Suzue !

— Hahaha ! Takichi éclata de rire.

『然しまあ可かつた。彼処に橋が有つたら、危くお二人を此処に置去りにするところでしたよ。』

『私はもう黙つてる。何うも四方八方へ私が済まない事になつた。』と雀部は笑ひながら頭を掻いた。

『ところで、何方か紙を持つてませんかな? 俺は今まで耐へて来たが………一寸皆さんに待つて貰つて。』

紙は松子の袂から出た。

『少し臭いかも知れないから、も少し先へ行つて休んでて下さい。今井さん、これ頼みます。』

さう言つて目賀田は蝙蝠傘を多吉に渡し、痛い物でも踏むやうな腰付をして、二三間離れた橋の袂の藪陰に蹲つた。禿げた頭だけが薄すりと見えた。

『置去りにしますよ、目賀田さん。』

さう雀部は揶揄つた。然し返事はなかつた。

四人は橋を渡つた。そして五六間来ると其処等の山から切出す花崗石の石材が路傍に五つ六つ転してあつた。四人はそれぞれ其上に腰掛けた。

『ああ疲れた。』

校長はまた言つた。

『真個に疲れましたなあ。』と雀部も言つた。

— Enfin, tout est bien qui finit bien. Si le pont avait été là, nous aurions risqué de vous abandonner ici tous les deux.

— Je ne dis plus rien. J'ai fini par être impoli envers tout le monde, dit Suzue en se grattant la tête avec un rire gêné.

— À ce propos, quelqu'un aurait-il du papier ? J'ai tenu bon jusqu'ici, mais... si vous pouviez m'attendre un instant.

Le papier sortit de la manche de Matsuko.

— Comme cela risque de ne pas sentir très bon, allez m'attendre un peu plus loin. Monsieur Imai, je vous confie ceci.

Sur ces mots, Megata tendit son parapluie à Takichi et, d'une démarche hésitante comme s'il marchait sur des braises, s'accroupit dans l'ombre des fourrés au pied du pont, à quelques mètres de là. On ne distinguait plus que le sommet de son crâne chauve.

— On vous abandonne, Monsieur Megata ! le taquina Suzue. Mais aucune réponse ne vint. Les quatre autres franchirent le pont. Après une dizaine de mètres, ils trouvèrent cinq ou six blocs de granit extraits des montagnes environnantes qui gisaient au bord de la route. Ils s'assirent chacun sur l'un d'eux.

— Ah, je n'en peux plus, répéta le directeur.

— Je suis exténué, moi aussi, renchérit Suzue.

『斯う疲れると、もう何も彼も要らない。………彼処の家でも皆で二升位飲んだでせうね?』

『一升五合位なもんでせう。皆下地のあつたところへ酒が悪かつたから、一層利いたのですよ。』

『此処へもう、寝て了ひたくなつた。』

校長は薄暗い中で体をふらふらさしてゐた。

『目賀田さんは随分弱つたやうですね。』と多吉が言つた。

『いや真個に気の毒でした。彼処の橋のない処へ来たら、子供みたいにぶつぶつ言つて歩かないんだもの。』

『あの態ぢや何うせ学校へ泊るんでせうね?』

『兎ても帰れとは言はれません。』校長が言つた。『一体お老人は、今日のやうな遠方の会へは出なくても可ささうなもんですがねえ。』

『校長さん、さうは言ひなさるな。誰が貴方、好き好んで出て来るもんですか? 高い声では言はれないが、目賀田さんは私あ可哀相だ。――老朽の准訓導でさ。何時罷めさせられるかも知れない身になつたら………』

『それはさうです。全くさうです。』

— Quand on est fatigué à ce point, plus rien ne compte... Dans cette maison, nous avons dû boire près de quatre litres à nous tous, non ?

— Plutôt trois litres, je dirais. Comme nous avions déjà commencé avant et que le saké était mauvais, l'effet a été encore plus violent.

— J'ai juste envie de m'endormir ici.

Dans la pénombre, le directeur vacillait.

— Monsieur Megata semble vraiment affaibli, fit remarquer Takichi.

— Ah, c'était une peine sincère. Quand nous sommes arrivés devant ce pont qui n'existait plus, il s'est mis à bougonner comme un enfant et refusait d'avancer.

— Dans cet état, il passera sûrement la nuit à l'école ?

— On ne peut décemment pas lui demander de rentrer chez lui, répondit le directeur. Au fond, un vieil homme comme lui ne devrait pas être obligé d'assister à des réunions aussi lointaines.

— Monsieur le directeur, ne dites pas cela. Qui donc viendrait ici par plaisir ? Je ne peux pas le dire trop fort, mais j'ai de la peine pour Monsieur Megata. C'est un vieux maître adjoint. Quand on arrive à un âge où l'on peut être licencié à tout moment…

— C'est vrai. Vous avez tout à fait raison.

『それを今の郡視学の奴は、あれあ莫迦ですよ。何処の世に、父親のやうな老人を捉へてからに何だの彼だの――あれあ余程莫迦な奴ですよ。莫迦でなけれあ人非人だ。』

酒気の名残があつた。

『解りました。』と、舌たるい声で校長が言つた。

話が切れた。

待つても待つても目賀田は来なかつた。遂々雀部は大きな呻をした。

『ああ眠くなつた。目賀田さんは何うしたらうなあ。まさかあの儘寝て了つたのぢやないだらうか。』

『今来るでせう。ああ、小使が風炉を沸かしておけば可いがなあ。』

さう言ふ校長の声も半分は呻であつた。

水の音だけがさらさらと聞えた。

「己はまだ二十二だ。――さうだ、たつた二十二なのだ。」多吉は何の事ともつかずに、さう心の中に思つて見た。

そして巻煙草に火を点けて、濃くなりまさる暗の中にぽかりぽかりと光らし初めた。

松子はそれを、隣りの石から凝と目を据ゑて見つめてゐた。

〔「新小説」明治四十三年四月号〕

— Et ce maudit inspecteur d'arrondissement... quel imbécile ! Où a-t-on déjà vu ça, s'en prendre à un vieillard qui pourrait être son père pour lui reprocher ceci ou cela ? C'est un parfait crétin. S'il n'est pas idiot, c'est qu'il n'a pas de cœur.

Il restait encore des traces d'ébriété dans ses paroles.

— J'ai compris, répondit le directeur d'une voix pâteuse.

La conversation s'interrompit. On attendit Megata longtemps, très longtemps, mais il ne venait pas. Finalement, Suzue poussa un long bâillement.

— Ah, le sommeil me gagne. Qu'est-ce que peut bien fabriquer Megata ? Il ne se serait tout de même pas endormi là-bas ?

— Il va arriver. Ah, j'espère que le domestique aura fait chauffer le bain…

La voix du directeur se perdit elle aussi dans un demi-bâillement.

Seul le murmure de l'eau se faisait entendre.

« J'ai encore vingt-deux ans. C'est vrai, j'ai tout juste vingt-deux ans. »

Takichi laissa flotter cette pensée dans son esprit sans trop savoir pourquoi. Puis il alluma une cigarette dont l'éclat commença à briller par intermittence dans l'obscurité qui s'épaississait.

Depuis la pierre voisine, Matsuko fixait cette lueur, le regard immobile.

〔Publié dans la revue "Shin Shôsetsu", avril de la 43e année de l'ère Meiji (1910)〕

§ ***

底本:「石川啄木全集 第三巻 小説」筑摩書房

1978(昭和53)年10月25日初版第1刷発行

1986(昭和61)年12月15日初版第6刷発行

底本の親本:「新小説 第十五巻第四号」

1910(明治43)年4月1日発行

初出:「新小説 第十五巻第四号」

1910(明治43)年4月1日発行

入力:林 幸雄

校正:川山隆

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2008年10月21日作成

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