歌行燈 :: La Chanson de la Lanterne

泉鏡花 :: Izumi-Kyôka

::

歌行燈

La Chanson de la Lanterne

泉鏡花

Izumi Kyôka

:1910:

七分三分.::.

source: https://www.aozora.gr.jp/cards/000050/files/3587_19541.html

歌行燈

宮重大根のふとしく立てし宮柱は、ふろふきの熱田の神のみそなわす、七里のわたし浪ゆたかにして、来往の渡船難なく桑名につきたる悦びのあまり……

と口誦むように独言の、膝栗毛五編の上の読初め、霜月十日あまりの初夜。中空は冴切って、星が水垢離取りそうな月明に、踏切の桟橋を渡る影高く、灯ちらちらと目の下に、遠近の樹立の骨ばかりなのを視めながら、桑名の停車場へ下りた旅客がある。

月の影には相応しい、真黒な外套の、痩せた身体にちと広過ぎるを緩く着て、焦茶色の中折帽、真新しいはさて可いが、馴れない天窓に山を立てて、鍔をしっくりと耳へ被さるばかり深く嵌めた、あまつさえ、風に取られまいための留紐を、ぶらりと皺びた頬へ下げた工合が、時世なれば、道中、笠も載せられず、と断念めた風に見える。年配六十二三の、気ばかり若い弥次郎兵衛。

さまで重荷ではないそうで、唐草模様の天鵝絨の革鞄に信玄袋を引搦めて、こいつを片手。片手に蝙蝠傘を支きながら、

「さて……悦びのあまり名物の焼蛤に酒汲みかわして、……と本文にある処さ、旅籠屋へ着の前に、停車場前の茶店か何かで、一本傾けて参ろうかな。(どうだ、喜多八。)と行きたいが、其許は年上で、ちとそりが合わぬ。だがね、家元の弥次郎兵衛どの事も、伊勢路では、これ、同伴の喜多八にはぐれて、一人旅のとぼとぼと、棚からぶら下った宿屋を尋ねあぐんで、泣きそうになったとあるです。ところで其許は、道中松並木で出来た道づれの格だ。その道づれと、何んと一口遣ろうではないか、ええ、捻平さん。」

"Les colonnes du palais, dressées avec la force des daikon de Miyashige, sont sous le regard des dieux d'Atsuta et de leur marmite de furofuki ; les vagues de la traversée de Shichiri sont si calmes que le ferry, porté par l'allégresse, atteint sans encombre le port de Kuwana..."

C’est ainsi qu’un voyageur, marmonnant pour lui-même comme s’il récitait une litanie, entamait la lecture du cinquième volume du Hizakurige. Nous étions au dixième jour du onzième mois, à la tombée de la nuit. Le ciel était d'une pureté glaciale, baigné d'une clarté lunaire si vive que les étoiles semblaient vouloir y faire leurs ablutions. Silhouettée de haut sur la passerelle du passage à niveau, dominant les lumières vacillantes et les bosquets lointains réduits à l’état de squelettes, une silhouette descendit vers la gare de Kuwana.

L’homme portait un manteau d’un noir profond, assorti aux ombres de la lune, un peu trop large pour son corps sec. Son chapeau mou marron foncé était certes neuf, mais peu habitué à cette tête, il formait une pointe irrégulière au sommet, les bords enfoncés si bas qu'ils lui couvraient presque les oreilles. Pour ne rien arranger, le cordon de maintien, censé empêcher que le vent l'emporte, pendait lamentablement contre sa joue ridée. On aurait dit qu'il s'était résigné à ne plus porter le chapeau de paille traditionnel, temps modernes obligent. C’était un homme de soixante-deux ou soixante-trois ans, un Yajirobe au cœur resté jeune.

Peu chargé, il tenait d’une main un sac en cuir de velours à motifs d’arabesques, entrelacé avec un sac Shingen. De l’autre, il s'appuyait sur un parapluie-chauve-souris.

— Eh bien... comme le dit le texte : "dans l'allégresse, on s'échange des coupes de saké en dégustant les célèbres palourdes grillées"... Et si, avant d'arriver à l'auberge, nous allions vider une bouteille dans un salon de thé devant la gare ? "Qu'en dis-tu, Kitahachi ?", aimerais-je lancer, mais vous êtes plus vieux que moi et nous ne faisons pas tout à fait la paire. Pourtant, même le grand Yajirobe, sur la route d'Ise, s'est retrouvé séparé de son compagnon Kitahachi ; il errait seul, d'un pas traînant, cherchant désespérément une auberge sous les avant-toits, au bord des larmes. Quant à vous, vous avez tout l'air d'un compagnon ramassé sous une allée de pins. Alors, ce compagnon ne veut-il pas boire un coup ? Hé, l'entêté !

「また、言うわ。」

と苦い顔を渋くした、同伴の老人は、まだ、その上を四つ五つで、やがて七十なるべし。臘虎皮の鍔なし古帽子を、白い眉尖深々と被って、鼠の羅紗の道行着た、股引を太く白足袋の雪駄穿。色褪せた鬱金の風呂敷、真中を紐で結えた包を、西行背負に胸で結んで、これも信玄袋を手に一つ。片手に杖は支いたけれども、足腰はしゃんとした、人柄の可いお爺様。

「その捻平は止しにさっしゃい、人聞きが悪うてならん。道づれは可けれども、道中松並木で出来たと言うで、何とやら、その、私が護摩の灰ででもあるように聞えるじゃ。」と杖を一つとんと支くと、後の雁が前になって、改札口を早々と出る。

わざと一足後へ開いて、隠居が意見に急ぐような、連の後姿をじろりと見ながら、

「それ、そこがそれ捻平さね。松並木で出来たと云って、何もごまのはいには限るまい。もっとも若い内は遣ったかも知れんてな。ははは、」

人も無げに笑う手から、引手繰るように切符を取られて、はっと駅夫の顔を見て、きょとんと生真面目。

— Vous recommencez avec vos bêtises, fit le vieil homme qui l'accompagnait, le visage serré par le mécontentement.

Il avait quatre ou cinq ans de plus, frisant les soixante-dix ans. Il portait un vieux bonnet sans bord en peau de loutre, enfoncé sur ses sourcils blancs, un manteau de laine gris souris sur des jambières épaisses et des sandales setta chaussées sur des chaussettes blanches. Un baluchon en tissu furoshiki jaune délavé, noué en son centre, était attaché sur sa poitrine à la manière des poètes errants, et il tenait lui aussi un sac Shingen. Bien qu'appuyé sur un bâton, il avait l'allure droite et la prestance d'un grand-père de bonne famille.

— Cessez de m'appeler "l'entêté", c'est déshonorant pour ceux qui nous écoutent. Que je sois votre compagnon de route, soit, mais dire que je sors d'une allée de pins... on croirait entendre que je suis un de ces bandits de grand chemin !

Il frappa le sol de son bâton et, telle l'oie sauvage qui prend la tête du vol, il franchit le portillon de sortie d'un pas vif.

L'autre, restant volontairement un pas en arrière, observa la silhouette de son compagnon qui s'éloignait avec l'empressement d'un retraité faisant la leçon.

— Voyez-vous ça, c’est bien là son entêtement. Sortir d'une allée de pins ne veut pas forcément dire être un brigand. Quoique, dans sa jeunesse, il en a peut-être fait son métier, qui sait ? Hahaha !

Riant avec une telle désinvolture qu'il semblait seul au monde, il se fit presque arracher son billet par l'employé de gare. Il sursauta, fixa l'homme avec un air de sérieux hébété.

成程、この小父者が改札口を出た殿で、何をふらふら道草したか、汽車はもう遠くの方で、名物焼蛤の白い煙を、夢のように月下に吐いて、真蒼な野路を光って通る。……

「やがてここを立出で辿り行くほどに、旅人の唄うを聞けば、」

と小父者、出た処で、けろりとしてまた口誦んで、

「捻平さん、可い文句だ、これさ。……

時雨蛤みやげにさんせ

宮のおかめが、……ヤレコリャ、よオしよし。」

「旦那、お供はどうで、」

と停車場前の夜の隈に、四五台朦朧と寂しく並んだ車の中から、車夫が一人、腕組みをして、のっそり出る。

これを聞くと弥次郎兵衛、口を捻じて片頬笑み、

「有難え、図星という処へ出て来たぜ。が、同じ事を、これ、(旦那衆戻り馬乗らんせんか、)となぜ言わぬ。」

「へい、」と言ったが、車夫は変哲もない顔色で、そのまま棒立。

De fait, ce "tonton" était le dernier à franchir le portillon. Pendant qu'il flânait ainsi, le train s'était déjà éloigné ; il crachait sa fumée blanche — à l'odeur pareille à celle des célèbres palourdes — sous la lune et brillait comme un rêve à travers la plaine d'un bleu profond.

— "Et tandis qu'il se remettait en route, il entendit le chant des voyageurs", reprit-il, imperturbable, à peine sorti de la gare. "L'entêté, c'est un beau passage, écoutez ça... Ramenez des palourdes marinées en cadeau, la belle de Miyashige... Yare-korya, bon, bon !"

Dans l'obscurité de la place de la gare, où quatre ou cinq pousse-pousse attendaient tristement, un tireur sortit de l'ombre, les bras croisés, d'un pas pesant.

— Monsieur, avez-vous besoin d'une voiture ?

En entendant cela, notre Yajirobe esquissa un sourire en coin :

— Parfait, tu tombes à pic ! Mais dis-moi, quitte à faire les choses bien, pourquoi ne cries-tu pas : "Messieurs les voyageurs, ne voulez-vous pas monter en selle pour le retour ?"

— Plaît-il ? répondit le tireur, le visage de marbre, restant planté là sans comprendre la plaisanterie.

二 -II

小父者は外套の袖をふらふらと、酔ったような風附で、

「遣れよ、さあ、(戻馬乗らんせんか、)と、後生だから一つ気取ってくれ。」

「へい、(戻馬乗らせんか、)と言うでございますかね、戻馬乗らんせんか。」

と早口で車夫は実体。

「はははは、法性寺入道前の関白太政大臣と言ったら腹を立ちやった、法性寺入道前の関白太政大臣様と来ている。」とまたアハハと笑う。

「さあ、もし召して下さい。」

と話は極った筈にして、委細構わず、車夫は取着いて梶棒を差向ける。

小父者、目を据えてわざと見て、

「ヤレコリャ車なんぞ、よオしよし。」

「いや、よしではない。」

とそこに一人つくねんと、添竹に、その枯菊の縋った、霜の翁は、旅のあわれを、月空に知った姿で、

「早く車を雇わっしゃれ。手荷物はあり、勝手知れぬ町の中を、何を当にぶらつこうで。」と口叱言で半ば呟く。

Le vieux monsieur, les manches de son manteau flottant au vent, s’exclama, l’air un peu ivre :

— Allez, fais-le ! Dis-le-moi une fois, pour l’amour du ciel, prends cet air crâneur : "Ne monteriez-vous pas sur le cheval de retour ?"

— Bien, monsieur. "Ne monteriez-vous pas sur le cheval de retour ?" c'est bien ça ? Ne monteriez-vous pas sur le cheval de retour ? répondit le tireur de pousse-pousse d'un ton sérieux et rapide.

— Ha ha ha ha ! Quand j'ai parlé du Grand Ministre du Conseil avant son entrée au temple Hossho-ji, il s’est mis en colère ! C’est bien "Son Excellence le Grand Ministre avant son entrée au temple", qu’il faut dire ! ajouta-t-il en riant de plus belle.

— Allons, montez je vous prie.

Considérant l'affaire comme réglée, le tireur, sans plus de cérémonie, saisit les brancards et les lui présenta. Le vieux, le regard fixe, feignit l’étonnement :

— Holà ! Un carrosse ? Bien, bien…

— Non, ce n'est pas "bien".

Là, un autre homme restait planté, appuyé sur sa canne de bambou comme un vieux chrysanthème flétri. Ce vieillard givré par les ans, dont la silhouette sous la lune disait toute la mélancolie du voyage, murmura à moitié pour lui-même d’un ton réprobateur :

— Louez donc cette voiture sans tarder. Avec vos bagages, à quoi bon errer au hasard dans cette ville que vous ne connaissez pas ?

「いや、まず一つ、(よヲしよし、)と切出さんと、本文に合わぬてさ。処へ喜多八が口を出して、(しょうろく四銭で乗るべいか。)馬士が、(そんなら、ようせよせ。)と言いやす、馬がヒインヒインと嘶う。」

「若いもの、その人に構うまい。車を早く。川口の湊屋と言う旅籠屋へ行くのじゃ。」

「ええ、二台でござりますね。」

「何んでも構わぬ、私は急ぐに……」と後向きに掴まって、乗った雪駄を爪立てながら、蹴込みへ入れた革鞄を跨ぎ、首に掛けた風呂敷包みを外ずしもしないで揺っておく。

「一蓮託生、死なば諸共、捻平待ちやれ。」と、くすくす笑って、小父者も車にしゃんと乗る。……

「湊屋だえ、」

「おいよ。」

で、二台、月に提灯の灯黄色に、広場の端へ駈込むと……石高路をがたがたしながら、板塀の小路、土塀の辻、径路を縫うと見えて、寂しい処幾曲り。やがて二階屋が建続き、町幅が糸のよう、月の光を廂で覆うて、両側の暗い軒に、掛行燈が疎に白く、枯柳に星が乱れて、壁の蒼いのが処々。長い通りの突当りには、火の見の階子が、遠山の霧を破って、半鐘の形活けるがごとし。……火の用心さっさりやしょう、金棒の音に夜更けの景色。霜枯時の事ながら、月は格子にあるものを、桑名の妓達は宵寝と見える、寂しい新地へ差掛った。

— Non, il faut d'abord entamer par un "Bien, bien", sinon on n'est pas fidèle au texte original. C'est là que Kitahachi intervient : "Pour quatre sous, on peut bien monter, non ?" Et le palefrenier de répondre : "Alors, laisse tomber !" et le cheval de hennir : Hinn-hinn !

— Jeune homme, ne faites pas attention à lui. Dépêchez-vous. Nous allons à l'auberge Minatoya, à Kawaguchi.

— Bien, deux voitures alors ?

— Peu importe, je suis pressé…

Le vieil homme grimpa en se tenant à l'arrière, les talons levés dans ses sandales setta. Enjambant son sac de cuir déjà jeté dans la voiture, il ne prit même pas la peine d'ôter le baluchon de tissu noué à son cou, le laissant balloter.

— Dans le même lotus, nous renaîtrons, si nous mourons, ce sera ensemble ! Attends-moi, Nehei ! dit-il dans un gloussement avant de s'installer fermement dans son pousse-pousse.

— C'est bien le Minatoya ?

— Oui !

Et les deux voitures s'élancèrent à l'extrémité de la place, la lueur jaune des lanternes se mêlant à la lune... Cahotant sur les chemins de pierre, se faufilant dans les ruelles aux clôtures de planches et les carrefours aux murs de terre, ils semblaient broder un chemin à travers mille détours déserts. Bientôt, les maisons à étage se succédèrent, la rue devint étroite comme un fil. Les auvents masquaient la lumière de la lune, et sous les avant-toits sombres des deux côtés, les lanternes suspendues brillaient d'un blanc épars. Les étoiles s'emmêlaient dans les saules desséchés, et ici et là, la blancheur bleutée des murs apparaissait. Au bout de la longue rue, l'échelle du guetteur d'incendie perçait la brume des montagnes lointaines, telle la silhouette d'une cloche d'alarme... "Prenez garde au feu !", le tintement des bâtons de fer résonnait dans le paysage de fin de nuit. Malgré la saison des frimas, la lune éclairait les treillis des fenêtres, mais les courtisanes de Kuwana semblaient déjà endormies ; ils pénétraient dans le quartier des plaisirs plongé dans le silence.

輻の下に流るる道は、細き水銀の川のごとく、柱の黒い家の状、あたかも獺が祭礼をして、白張の地口行燈を掛連ねた、鉄橋を渡るようである。

爺様の乗った前の車が、はたと留った。

あれ聞け……寂寞とした一条廓の、棟瓦にも響き転げる、轍の音も留まるばかり、灘の浪を川に寄せて、千里の果も同じ水に、筑前の沖の月影を、白銀の糸で手繰ったように、星に晃めく唄の声。

博多帯しめ、筑前絞、

田舎の人とは思われぬ、

歩行く姿が、柳町、

と博多節を流している。……つい目の前の軒陰に。……白地の手拭、頬被、すらりと痩ぎすな男の姿の、軒のその、うどんと紅で書いた看板の前に、横顔ながら俯向いて、ただ影法師のように彳むのがあった。

捻平はフト車の上から、頸の風呂敷包のまま振向いて、何か背後へ声を掛けた。……と同時に弥次郎兵衛の車も、ちょうどその唄う声を、町の中で引挟んで、がっきと留まった。が、話の意味は通ぜずに、そのまま捻平のがまた曳出す……後の車も続いて駈け出す。と二台がちょっと摺れ摺れになって、すぐ旧の通り前後に、流るるような月夜の車。

Sous les roues, la route qui défilait ressemblait à une rivière de vif-argent. Les maisons aux piliers noirs, avec leurs lanternes de papier alignées, donnaient l'impression de traverser un pont de fer où les loutres auraient célébré un festival.

La voiture de tête, celle du vieillard, s'arrêta net.

Écoutez... Dans ce quartier silencieux, le son même des roues semblait s'être figé sur les tuiles des toits. Portant les vagues du large jusqu'à la rivière, comme si les reflets de la lune sur les eaux de Chikuzen avaient été ramenés par un fil d'argent depuis les confins de l'horizon, une voix s'éleva, scintillante parmi les étoiles.

Ceinture de Hakata, soie de Chikuzen,

On ne croirait point une campagnarde,

Sa démarche, c'est celle du quartier des saules...

C'était un air de Hakata-bushi qui flottait... juste là, dans l'ombre d'un auvent. Un linge blanc noué sous le menton, un homme à la silhouette svelte et élancée se tenait immobile comme une ombre, la tête basse, devant une enseigne où le mot "Udon" était écrit en rouge.

Depuis sa voiture, Nehei, son baluchon toujours autour du cou, se retourna brusquement pour lancer un mot derrière lui. Au même instant, la voiture de Yajirobe s'arrêta brutalement, comme prise au piège par cette voix au milieu de la rue. Mais sans que le sens de l'échange ne soit compris, celle de Nehei repartit... la seconde suivit. Les deux voitures se frôlèrent un instant avant de reprendre en file indienne, glissant comme un courant d'eau dans la nuit de lune.

三 - III

お月様がちょいと出て松の影、

アラ、ドッコイショ、

と沖の浪の月の中へ、颯と、撥を投げたように、霜を切って、唄い棄てた。……饂飩屋の門に博多節を弾いたのは、転進をやや縦に、三味線の手を緩めると、撥を逆手に、その柄で弾くようにして、仄のりと、薄赤い、其屋の板障子をすらりと開けた。

「ご免なさいよ。」

頬被りの中の清しい目が、釜から吹出す湯気の裏へすっきりと、出たのを一目、驚いた顔をしたのは、帳場の端に土間を跨いで、腰掛けながら、うっかり聞惚れていた亭主で、紺の筒袖にめくら縞の前垂がけ、草色の股引で、尻からげの形、にょいと立って、

「出ないぜえ。」

は、ずるいな。……案ずるに我が家の門附を聞徳に、いざ、その段になった処で、件の(出ないぜ。)を極めてこまそ心積りを、唐突に頬被を突込まれて、大分狼狽えたものらしい。もっとも居合わした客はなかった。

門附は、澄まして、背後じめに戸を閉てながら、三味線を斜にずっと入って、

「あい、親方は出ずとも可いのさ。私の方で入るのだから。……ねえ、女房さん、そんなものじゃありませんかね。」

とちと笑声が交って聞えた。

La lune pointe son nez derrière l'ombre du pin,

Ara, dokkoisho !

Comme si l'on avait lancé un plectre dans les vagues sous la lune, la chanson fut jetée au froid de la nuit, puis s'interrompit. L'homme qui jouait du Hakata-bushi à la porte de la boutique de nouilles relâcha la tension de son corps, desserra ses doigts sur le shamisen, et utilisant le manche comme un levier, fit glisser la porte de bois de la boutique, qui laissait filtrer une lueur d'un rouge pâle.

— Je vous demande pardon.

Un regard clair apparut sous le linge noué sur la tête, perçant la vapeur qui s'échappait du chaudron. Le patron, assis à l'extrémité du comptoir, les jambes de part et d'autre du seuil de terre battue, fut saisi d'étonnement, lui qui s'était laissé bercer par la musique. Vêtu d'une veste bleu marine et d'un tablier rayé, ses jambes dans un pantalon vert et sa chemise retroussée, il se leva d'un bond :

— On ne donne rien !

C’était un peu fourbe... Il avait écouté la musique à la porte avec délice, mais dès que le moment de payer arriva, il s’était préparé à ce "On ne donne rien" avec une résolution mesquine. Pris de court par l’irruption de l'homme, il semblait passablement déconcerté. Il faut dire qu'il n'y avait aucun autre client.

Le musicien ambulant, imperturbable, referma la porte derrière lui. Tenant son shamisen en biais, il entra et dit :

— Oh, peu importe que le patron ne donne rien. C’est moi qui entre pour demander... n'est-ce pas, la patronne ? n'est-ce pas ainsi que cela fonctionne ?

On pouvait entendre une pointe de rire dans sa voix.

女房は、これも現下の博多節に、うっかり気を取られて、釜前の湯気に朦として立っていた。……浅葱の襷、白い腕を、部厚な釜の蓋にちょっと載せたが、丸髷をがっくりさした、色の白い、歯を染めた中年増。この途端に颯と瞼を赤うしたが、竈の前を横ッちょに、かたかたと下駄の音で、亭主の膝を斜交いに、帳場の銭箱へがっちりと手を入れる。

「ああ、御心配には及びません。」

と門附は物優しく、

「串戯だ、強請んじゃありません。こっちが客だよ、客なんですよ。」

細長い土間の一方は、薄汚れた縦に六畳ばかりの市松畳、そこへ上れば坐れるのを、釜に近い、床几の上に、ト足を伸ばして、

「どうもね、寒くって堪らないから、一杯御馳走になろうと思って。ええ、親方、決してその御迷惑を掛けるもんじゃありません。」

で、優柔しく頬被りを取った顔を、と見ると迷惑どころかい、目鼻立ちのきりりとした、細面の、瞼に窶は見えるけれども、目の清らかな、眉の濃い、二十八九の人品な兄哥である。

「へへへへ、いや、どうもな、」

と亭主は前へ出て、揉手をしながら、

「しかし、このお天気続きで、まず結構でござりやすよ。」と何もない、煤けた天井を仰ぎ仰ぎ、帳場の上の神棚へ目を外らす。

La patronne, elle aussi, avait été envoûtée par ce Hakata-bushi moderne et restait là, immobile dans la vapeur du chaudron. Un cordon bleu pour relever ses manches, les bras blancs posés sur l'épais couvercle de bois, c'était une femme d'âge mûr, au teint clair, les dents teintes en noir, coiffée d'un chignon marumage. À cet instant, ses paupières s'empourpèrent. Elle traversa la cuisine d'un pas vif, le bruit de ses socques de bois résonnant au sol, et passant devant son mari, elle plongea fermement la main dans la caisse.

— Ah, ne vous inquiétez pas, dit doucement le musicien. C'est une plaisanterie, je ne suis pas un mendiant. Je suis un client, un vrai client.

D'un côté de l'étroite entrée de terre battue se trouvait une pièce de six nattes un peu défraîchie. Il aurait pu y monter pour s'asseoir, mais il préféra s'installer sur un banc près du chaudron, étendant ses jambes.

— Voyez-vous, ce froid est insupportable, j'aimerais qu'on me serve un verre. Et ne craignez rien, patron, je ne compte pas vous causer de désagréments.

Lorsqu'il ôta le linge qui lui couvrait le visage, on vit que loin d'être un désagrément, c'était un bel homme d'environ vingt-huit ou vingt-neuf ans, au visage fin, aux traits réguliers. Bien que ses paupières trahissent une certaine fatigue, ses yeux étaient limpides et ses sourcils bien marqués.

— Heh heh... Eh bien, c'est que... commença le patron en s'avançant tout en se frottant les mains. Enfin, avec ce beau temps qui dure, c'est plutôt une bonne chose, n'est-ce pas ? ajouta-t-il en levant les yeux vers le plafond noirci par la suie, fuyant le regard vers l'autel des dieux au-dessus du comptoir.

「お師匠さん、」

女房前垂をちょっと撫でて、

「お銚子でございますかい。」と莞爾する。

門附は手拭の上へ撥を置いて、腰へ三味線を小取廻し、内端に片膝を上げながら、床几の上に素足の胡坐。

ト裾を一つ掻込んで、

「早速一合、酒は良いのを。」

「ええ、もう飛切りのをおつけ申しますよ。」と女房は土間を横歩行き。左側の畳に据えた火鉢の中を、邪険に火箸で掻い掘って、赫と赤くなった処を、床几の門附へずいと寄せ、

「さあ、まあ、お当りなさりまし。」

「難有え、」

と鉄拐に褄へ引挟んで、ほうと呼吸を一つ長く吐いた。

「世の中にゃ、こんな炭火があると思うと、里心が付いてなお寒い。堪らねえ。女房さん、銚子をどうかね、ヤケという熱燗にしておくんなさい。ちっと飲んで、うんと酔おうという、卑劣な癖が付いてるんだ、お察しものですぜ、ええ、親方。」

「へへへ、お方、それ極熱じゃ。」

女房は染めた前歯を美しく、

「あいあい。」

— Maître…

La patronne lissa son tablier.

— Désirez-vous une fiasque de saké ? demanda-t-elle avec un sourire.

Le musicien posa son plectre sur son essuie-main, cala son shamisen contre sa hanche, et s'installa en tailleur, pieds nus sur le banc, un genou relevé.

Relevant le pan de son vêtement, il dit :

— Une fiasque, sans tarder. Et du bon.

— Oh, je vais vous servir ce que nous avons de meilleur ! répondit la femme en traversant l'entrée.

Elle fouilla vigoureusement avec ses baguettes de fer dans le brasero posé sur le tatamis, et une fois les braises bien rouges, elle l'approcha du musicien.

— Tenez, chauffez-vous donc un peu.

— Merci.

L'homme se pencha vers la chaleur et poussa un long soupir de soulagement.

— Dire qu'il existe un tel feu de charbon dans ce monde... Rien que d'y penser, j'en ai le mal du pays et le froid me reprend. C'est insupportable. Patronne, pour le saké, faites-le bien chaud, que ça me brûle. J'ai pris cette vilaine habitude de vouloir m'enivrer d'un coup pour oublier. Vous comprenez cela, n'est-ce pas, patron ?

— Hé hé, monsieur, je vous le ferai bouillant !

La femme sourit, dévoilant ses belles dents teintes :

— Bien, bien, tout de suite !

四 - IV

「時に何かね、今此家の前を車が二台、旅の人を乗せて駈抜けたっけ、この町を、……」

と干した猪口で門を指して、

「二三町行った処で、左側の、屋根の大きそうな家へ着けたのが、蒼く月明りに見えたがね、……あすこは何かい、旅籠屋ですか。」

「湊屋でございまさ、なあ、」と女房が、釜の前から亭主を見向く。

「湊屋、湊屋、湊屋。この土地じゃ、まああすこ一軒でござりますよ。古い家じゃが名代で。前には大きな女郎屋じゃったのが、旅籠屋になったがな、部屋々々も昔風そのままな家じゃに、奥座敷の欄干の外が、海と一所の、大い揖斐の川口じゃ。白帆の船も通りますわ。鱸は刎ねる、鯔は飛ぶ。とんと類のない趣のある家じゃ。ところが、時々崖裏の石垣から、獺が這込んで、板廊下や厠に点いた燈を消して、悪戯をするげに言います。が、別に可恐い化方はしませぬで。こんな月の良い晩には、庭で鉢叩きをして見せる。……時雨れた夜さりは、天保銭一つ使賃で、豆腐を買いに行くと言う。それも旅の衆の愛嬌じゃ言うて、豪い評判の好い旅籠屋ですがな、……お前様、この土地はまだ何も知りなさらんかい。」

「あい、昨夜初めてこっちへ流込んで来たばかりさ。一向方角も何も分らない。月夜も闇の烏さね。」

と俯向いて、一口。

— Dites-moi, je crois avoir vu deux voitures passer en trombe devant cette maison avec des voyageurs à bord, traversant la ville…

Le visiteur pointa sa coupe de saké vide vers la porte.

— À deux ou trois pâtés de maisons d'ici, j'ai cru voir à la lueur bleutée de la lune qu'elles s'arrêtaient devant une demeure au toit imposant, sur la gauche... Qu'est-ce donc ? Une auberge ?

— C'est le Minato-ya, n'est-ce pas ? répondit l'épouse du patron en se tournant vers son mari depuis ses fourneaux.

— Le Minato-ya, le Minato-ya... Dans le coin, c'est la seule qui vaille. Une vieille bâtisse, mais de grand renom. C'était autrefois une maison de courtisanes célèbre, avant de devenir une auberge. Les chambres ont gardé tout leur cachet d'antan. Depuis la balustrade du salon intérieur, on surplombe l'estuaire de la grande rivière Ibi, qui ne fait qu'un avec la mer. On y voit passer les navires aux voiles blanches. Les bars y bondissent, les mulets y sautent. C'est un endroit d'un charme sans pareil. Cependant, on raconte que parfois, des loutres se faufilent depuis les murs de pierre de la falaise pour éteindre les lanternes des couloirs ou des toilettes, par pure malice. Mais elles ne prennent pas des formes effrayantes. Par les belles nuits de lune comme celle-ci, elles s'amusent à tambouriner sur des bols dans le jardin... Et les soirs de pluie fine, on dit qu'elles vont acheter du tôfu avec une pièce de dix mon en guise de pourboire. Les voyageurs trouvent cela charmant ; c'est une auberge très appréciée... Mais, monsieur, vous ne connaissez donc rien de notre région ?

— Non, je viens tout juste d'échouer ici hier soir. Je n'ai aucune notion des directions. Pour moi, une nuit de pleine lune est aussi obscure qu'un corbeau dans la nuit.

Il baissa la tête et but une gorgée.

「どれ延びない内、底を一つ温めよう、遣ったり! ほっ、」

と言って、目を擦って面を背けた。

「利く、利く。……恐しい利く唐辛子だ。こう、親方の前だがね、ついこないだもこの手を食ったよ、料簡が悪いのさ。何、上方筋の唐辛子だ、鬼灯の皮が精々だろう。利くものか、と高を括って、お銭は要らない薬味なり、どしこと丼へぶちまけて、松坂で飛上った。……また遣ったさ、色気は無えね、涙と涎が一時だ。」と手の甲で引擦る。

女房が銚子のかわり目を、ト掌で燗を当った。

「お師匠さん、あんたは東の方ですなあ。」

「そうさ、生は東だが、身上は北山さね。」と言う時、徳利の底を振って、垂々と猪口へしたむ。

「で、お前様、湊屋へ泊んなさろうと言うのかな。」

それだ、と門口で断らりょう、と亭主はその段含ませたそうな気の可い顔色。

「御串戯もんですぜ、泊りは木賃と極っていまさ。茣蓙と笠と草鞋が留守居。壁の破れた処から、鼠が首を長くして、私の帰るのを待っている。四五日はこの桑名へ御厄介になろうと思う。……上旅籠の湊屋で泊めてくれそうな御人品なら、御当家へ、一夜の御無心申したいね、どんなもんです、女房さん。」

「こんなでよくば、泊めますわ。」

と身軽に銚子を運んで寄る。と亭主驚いた眉を動かし、

「滅相な。」と帳場を背負って、立塞がる体に腰を掛けた。いや、この時まで、紺の鯉口に手首を縮めて、案山子のごとく立ったりける。

— Avant que ça ne refroidisse, réchauffons-nous le fond du gosier. À la tienne ! Oh !

Il s'essuya les yeux et détourna le visage.

— Ça pique, ça pique ! ... Quel piment redoutable. Écoutez, patron, je me suis encore fait avoir. Je manque de discernement. Je m'étais dit : "Le piment des régions de l'Ouest, ça ne doit pas être plus fort que de la peau de lanterne japonaise !" Je ne m'en méfiais pas, et comme le condiment était gratuit, j'en ai versé une tonne dans mon bol... j'ai failli m'envoler à Matsuzaka. Et voilà que je recommence. Je n'ai aucune allure : les larmes et la bave coulent en même temps.

Il s'essuya d'un revers de main. L'épouse du patron vérifia la température du saké du plat de la main.

— Maître, vous venez de l'Est, n'est-ce pas ?

— C'est cela. Je suis né à l'Est, mais mon gagne-pain est à Kitayama, répondit-il en secouant le fond de la bouteille pour verser les dernières gouttes dans sa coupe.

— Alors, monsieur, auriez-vous l'intention de loger au Minato-ya ?

Le mari affichait un air bonhomme, comme s'il s'attendait déjà à une réponse négative dès le seuil de la porte.

— Vous plaisantez ! Ma demeure, c'est l'auberge de bois mort (kichinn-yado). Ma natte, mon chapeau et mes sandales sont mes seuls gardiens. Les rats passent leur tête par les trous du mur en attendant mon retour. Je pense rester quatre ou cinq jours ici à Kuwana... Si j'avais la prestance nécessaire pour être reçu au grand Minato-ya, je vous demanderais bien de m'héberger pour une nuit ici-même. Qu'en dites-vous, madame ?

— Si cet endroit vous convient, je vous héberge volontiers, répondit-elle d'un ton léger en s'approchant avec une nouvelle bouteille de saké.

Le mari, stupéfait, haussa les sourcils.

— Quelle folie ! s'exclama-t-il, se levant comme pour faire rempart devant son comptoir.

Jusque-là, il était resté planté là comme un épouvantail, les mains rentrées dans ses manches bleu marine.

「はははは、お言葉には及びません、饂飩屋さんで泊めるものは、醤油の雨宿りか、鰹節の行者だろう。」

と呵々と一人で笑った。

「お師匠さん、一つお酌さしておくんなさいまし。」と女房は市松の畳の端から、薄く腰を掛込んで、土間を切って、差向いに銚子を取った。

「飛んでもない事、お忙しいに。」

「いえな、内じゃ芸妓屋さんへ出前ばかりが主ですから、ごらんの通りゆっくりじゃえな。ほんにお師匠さん佳いお声ですな。なあ、良人。」と、横顔で亭主を流眄。

「さよじゃ。」

とばかりで、煙草を、ぱっぱっ。

「なあ、今お聞かせやした、あの博多節を聞いたればな、……私ゃ、ほんに、身に染みて、ぶるぶると震えました。」

— Hahaha ! Ce n'est pas la peine d'insister. Les seuls qu'on héberge chez un marchand de nouilles, ce sont les gouttes de pluie dans la sauce soja ou les pèlerins au goût de bonite séchée !

Il éclata de rire, tout seul.

— Maître, laissez-moi au moins vous servir à boire, dit la femme en s'asseyant au bord de la natte de paille à motifs ichimatsu.

Elle se plaça face à lui, séparée par le sol de terre battue, et saisit la bouteille.

— Ce n'est pas raisonnable, vous êtes occupée.

— Pas du tout. Chez nous, on ne fait presque que des livraisons pour les maisons de geishas, alors comme vous voyez, nous sommes tranquilles. Vraiment, Maître, vous avez une voix magnifique. N'est-ce pas, mon homme ? lança-t-elle en jetant un regard de biais à son mari.

— C'est vrai, se contenta-t-il de répondre en tirant de grandes bouffées de sa pipe.

— Vraiment, ce chant de Hakata que vous nous avez fait entendre tout à l'heure... cela m'est allé droit au cœur. J'en ai encore des frissons.

五 - V

「そう讃められちゃお座が醒める、酔も醒めそうで遣瀬がない。たかが大道芸人さ。」

と兄哥は照れた風で腕組みした。

「私がお世辞を言うものですかな、真実ですえ。あの、その、なあ、悚然とするような、恍惚するような、緊めたような、投げたような、緩めたような、まあ、何んと言うて可かろうやら。海の中に柳があったら、お月様の影の中へ、身を投げて死にたいような、……何んとも言いようのない心持になったのですえ。」

と、脊筋を曲って、肩を入れる。

「お方、お方。」

と急込んで、訳もない事に不機嫌な御亭が呼ばわる。

「何じゃいし。」と振向くと、……亭主いつの間にか、神棚の下に、斜と構えて、帳面を引繰って、苦く睨み、

「升屋が懸はまだ寄越さんかい。」

と算盤を、ぱちりぱちり。

「今時どうしたえ、三十日でもありもせんに。……お師匠さん。」

「師匠じゃないわ、升屋が懸じゃい。」

「そないに急に気になるなら、良人、ちゃと行って取って来い。」

と下唇の刎調子。亭主ぎゃふんと参った体で、

「二進が一進、二進が一進、二一天作の五、五一三六七八九。」と、饂飩の帳の伸縮みは、加減だけで済むものを、醤油に水を割算段。

— Si vous me flattez ainsi, l'ambiance va se refroidir, et mon ivresse avec ; c’est insupportable. Je ne suis après tout qu'un modeste artiste de rue, dit l'homme d'un air embarrassé en croisant les bras.

— Croyez-vous que je manie le compliment gratuit ? C'est la vérité pure ! C'était... comment dire ? Quelque chose de saisissant, d'extatique, à la fois tendu et désinvolte, ferme et souple... oui, c’est cela. Si un saule pleurait dans l'océan, au milieu du reflet de la lune, j'aurais eu envie de m'y jeter pour mourir... J'ai ressenti une émotion que les mots ne peuvent décrire.

En disant cela, elle courba l'échine et rentra les épaules, comme frissonnante.

— Femme ! Femme ! s'écria brusquement le mari, d'une voix irritée sans raison apparente.

— Qu'est-ce qu'il y a ? fit-elle en se retournant.

Le mari, qui s'était entre-temps posté sous l'autel des dieux, feuilletait ses registres d'un air sombre et hargneux.

— La créance de chez Masuya, ils ne l'ont toujours pas envoyée ?

Et il faisait claquer les boules de son boulier : pachiri, pachiri.

— Qu'est-ce qui te prend à une heure pareille ? On n'est pas encore à la fin du mois... Maître…

— Ce n'est pas un "Maître", c'est la dette de Masuya !

— Si cela t'inquiète à ce point, mon homme, t'as qu'à y aller toi-même pour l'encaisser ! répliqua-t-elle d'un ton sec.

Le mari, s'avouant vaincu, se remit à marmonner ses calculs :

— Deux fois deux font un, trois fois trois…

Il calculait ses comptes de nouilles, mélangeant ses additions de soja et ses soustractions d'eau comme si sa vie en dépendait.

と釜の湯気の白けた処へ、星の凍てそうな按摩の笛。月天心の冬の町に、あたかもこれ凩を吹込む声す。

門附の兄哥は、ふと痩せた肩を抱いて、

「ああ、霜に響く。」……と言った声が、物語を読むように、朗に冴えて、且つ、鋭く聞えた。

「按摩が通る……女房さん、」

「ええ、笛を吹いてですな。」

「畜生、怪しからず身に染みる、堪らなく寒いものだ。」

と割膝に跪坐って、飲みさしの茶の冷えたのを、茶碗に傾け、ざぶりと土間へ、

「一ツこいつへ注いでおくんな、その方がお前さんも手数が要らない。」

「何んの、私はちっとも構うことないのですえ。」

「いや、御深切は難有いが、薬罐の底へ消炭で、湧くあとから醒める処へ、氷で咽喉を抉られそうな、あのピイピイを聞かされちゃ、身体にひびっ裂がはいりそうだ。……持って来な。」

と手を振るばかりに、一息にぐっと呷った。

C’est alors que, dans la vapeur blanche de la marmite, s'éleva le sifflet d'un masseur aveugle, d'un ton si pur que les étoiles semblaient s'en glacer. Dans cette ville d'hiver sous la lune au zénith, c’était comme si la voix du vent coulis s'engouffrait partout. L'artiste itinérant serra soudain ses épaules maigres.

— Ah... cela résonne jusque dans le givre, dit-il d'une voix claire et limpide, comme s'il récitait un conte.

— Le masseur passe... Madame ?

— Oui, il siffle.

— Quelle horreur, cela me transperce le corps, ce froid est insupportable !

S'asseyant en tailleur, il vida le reste de son thé froid sur le sol de terre battue.

— Versez-moi donc une autre coupe là-dedans, ça vous évitera de la vaisselle.

— Oh, cela ne me dérange pas du tout de vous servir proprement !

— Votre bonté me touche, mais alors que le charbon s'éteint sous la bouilloire et que l'eau tiédit, entendre ce pii-pii qui vous racle la gorge comme de la glace... j'ai l'impression que mon corps va se fendre. Servez-moi donc.

D'un geste brusque, il vida sa coupe d'un trait.

「あれ、お見事。」

と目を※(「目+爭」、第3水準1-88-85)って、

「まあな、だけれどな、無理酒おしいなえ。沢山、あの、心配する方があるのですやろ。」

「お方、八百屋の勘定は。」

と亭主瞬きして頤を出す。女房は面白半分、見返りもしないで、

「取りに来たらお払いやすな。」

「ええ……と三百は三銭かい。」

で、算盤を空に弾く。

「女房さん。」

と呼んだ門附の声が沈んだ。

「何んです。」

「立続けにもう一つ。そして後を直ぐ、合点かね。」

「あい。合点でございますが、あんた、豪い大酒ですな。」

「せめて酒でも参らずば。」

と陽気な声を出しかけたが、つと仰向いて眦を上げた。

— Quel talent ! s'exclama-t-elle, les yeux écarquillés.

— Mais tout de même, ne buvez pas de force ainsi. Vous devez avoir bien des gens qui se font du souci pour vous, n'est-ce pas ?

— Femme, et l'addition du primeur ? demanda le mari en clignant des yeux, le menton pointé vers elle.

L'épouse, s'amusant de la situation, ne daigna même pas le regarder.

— S'ils viennent réclamer, tu n'as qu'à payer.

— Voyons... trois cents, ça fait trois centimes ? bredouilla-t-il en agitant son boulier dans le vide.

— Madame, dit l'artiste d'une voix soudain grave.

— Oui ?

— Encore un dernier pour la route. Et tout de suite après, je m'en vais. On est d'accord ?

— D'accord. Mais dites-moi, vous êtes un sacré buveur.

— S'il ne me restait même pas le saké...

Il esquissa une note joyeuse, mais s'arrêta net, les yeux levés vers le ciel.

「あれ、また来たぜ、按摩の笛が、北の方の辻から聞える。……ヤ、そんなにまだ夜は更けまいのに、屋根越の町一つ、こう……田圃の畔かとも思う処でも吹いていら。」

と身忙しそうに片膝立てて、当所なく※(「目+爭」、第3水準1-88-85)しながら、

「音は同じだが音が違う……女房さん、どれが、どんな顔の按摩だね。」

と聞く。……その時、白眼の座頭の首が、月に蒼ざめて覗きそうに、屋の棟を高く見た……目が鋭い。

「あれ、あんた、鹿の雌雄ではあるまいし、笛の音で按摩の容子は分りませぬもの。」

「まったくだ。」

と寂しく笑った、なみなみ注いだる茶碗の酒を、屹と見ながら、

「杯の月を酌もうよ、座頭殿。」と差俯いて独言した。……が博多節の文句か、知らず、陰々として物寂しい、表の障子も裏透くばかり、霜の月の影冴えて、辻に、町に、按摩の笛、そのあるものは波に響く。

— Tenez, le revoilà. Le sifflet du masseur. On l'entend depuis le carrefour au nord... Pourtant la nuit ne doit pas être si avancée. On dirait qu'il siffle par-delà les toits, comme s'il marchait sur les sentiers des rizières.

Il se redressa sur un genou, l'air agité, scrutant le vide.

— Le son est le même, et pourtant il est différent... Madame, quel genre de visage a ce masseur-là ? demanda-t-il.

À cet instant, on aurait pu croire qu'une tête de masseur aveugle aux yeux révulsés, blême sous la lune, allait surgir par-dessus le faîte du toit... le regard perçant.

— Voyons, Maître, nous ne sommes pas des bêtes de forêt ; on ne peut pas deviner l'allure d'un homme au seul son de son sifflet !

— C'est bien vrai, répondit-il avec un rire triste.

Fixant intensément sa coupe remplie à ras bord, il murmura pour lui-même :

— Buvons donc le reflet de la lune dans ma coupe, Monsieur le Masseur.

Était-ce une réplique du chant de Hakata ? On l'ignorait. L'atmosphère devint sombre et mélancolique. À travers les cloisons de papier qui laissaient filtrer la lumière, l'éclat de la lune givrée était si vif qu'il semblait transpercer la ville et ses carrefours, tandis que le sifflet du masseur résonnait comme le tumulte des vagues.

六 - VI

「や、按摩どのか。何んだ、唐突に驚かせる。……要らんよ。要りませぬ。」

と弥次郎兵衛。湊屋の奥座敷、これが上段の間とも見える、次に六畳の附いた中古の十畳。障子の背後は直ぐに縁、欄干にずらりと硝子戸の外は、水煙渺として、曇らぬ空に雲かと見る、長洲の端に星一つ、水に近く晃らめいた、揖斐川の流れの裾は、潮を籠めた霧白く、月にも苫を伏せ、蓑を乾す、繋船の帆柱がすくすくと垣根に近い。そこに燭台を傍にして、火桶に手を懸け、怪訝な顔して、

「はて、お早いお着きお草臥れ様で、と茶を一ツ持って出て、年増の女中が、唯今引込んだばかりの処。これから膳にもしよう、酒にもしようと思うちょっとの隙間へ、のそりと出した、あの面はえ?……

この方、あの年増めを見送って、入交って来るは若いのか、と前髪の正面でも見ようと思えば、霜げた冬瓜に草鞋を打着けた、という異体な面を、襖の影から斜に出して、

(按摩でやす。)とまた、悪く抜衣紋で、胸を折って、横坐りに、蝋燭火へ紙火屋のかかった灯の向うへ、ぬいと半身で出た工合が、見越入道の御館へ、目見得の雪女郎を連れて出た、化の慶庵と言う体だ。

要らぬと言えば、黙然で、腰から前へ、板廊下の暗い方へ、スーと消えたり……怨敵、退散。」

と苦笑いして、……床の正面に火桶を抱えた、法然天窓の、連の、その爺様を見遣って、

「捻平さん、お互に年は取りたくないてね。ちと三絃でも、とあるべき処を、お膳の前に按摩が出ますよ。……見くびったものではないか。」

— Holà, Monsieur le masseur ! Quelle surprise de surgir ainsi... C'est inutile. Je n'ai besoin de rien.

Ainsi parla Yajirobei. Il se trouvait dans le salon du fond du Minato-ya, une pièce qui semblait être la suite d'honneur : dix nattes d'un style ancien flanquées d'une alcôve de six nattes. Derrière les cloisons de papier, la véranda donnait directement sur l'eau. Au-delà des vitres encadrées par la balustrade, les brumes aquatiques s'étendaient à l'infini. Dans un ciel sans nuages, une étoile unique scintillait au ras de l'eau, tel un nuage solitaire au bout du banc de sable de Nagasu. L'embouchure de la rivière Ibi était noyée dans une brume blanche chargée de sel ; les mâts des bateaux amarrés, dont on devinait les nattes de paille et les manteaux de rotin séchant sous la lune, se dressaient fièrement juste derrière la clôture.

Près du chandelier, les mains tendues vers le brasero, Yajirobei affichait une mine déconcertée.

— Tiens donc, vous arrivez tôt, vous devez être épuisé, avait dit la servante d'un certain âge en apportant le thé avant de se retirer à l'instant même.

C'est dans ce court interstice, alors qu'il s'apprêtait à commander le repas et le saké, qu'un visage s'était glissé furtivement... Croyant voir revenir la servante, ou peut-être une jeune fille dont il espérait admirer le front, il vit surgir de l'ombre de la cloison une face grotesque, semblable à un vieux melon d'hiver gelé sur lequel on aurait plaqué une sandale de paille.

— C'est le masseur... murmura l'intrus d'une voix traînante, le buste cassé, s'asseyant de travers dans la lumière de la bougie protégée par son abat-jour de papier.

Cette silhouette à demi sortie de l'ombre ressemblait à un entremetteur de l'au-delà, un Keian spectral présentant une femme des neiges au palais d'un monstre Mikoshi-nyūdō. Devant le refus, l'être s'évapora silencieusement dans le noir du couloir...

— Ennemi juré, disparais !

Riant jaune, Yajirobei se tourna vers son compagnon, un vieillard au crâne de moine assis face à l'alcôve :

— Mon cher Nejihei, on ne devrait jamais vieillir. On s'attendrait à voir arriver un luth shamisen, et c'est un masseur qui se présente avant même le dîner... Ne nous prend-on pas pour des moins que rien ?

「とかく、その年効いもなく、旅籠屋の式台口から、何んと、事も慇懃に出迎えた、家の隠居らしい切髪の婆様をじろりと見て、

(ヤヤ、難有い、仏壇の中に美婦が見えるわ、簀の子の天井から落ち度い。)などと、膝栗毛の書抜きを遣らっしゃるで魔が魅すのじゃ、屋台は古いわ、造りも広大。」

と丸木の床柱を下から見上げた。

「千年の桑かの。川の底も料られぬ。燈も暗いわ、獺も出ようず。ちと懲りさっしゃるが可い。」

「さん候、これに懲りぬ事なし。」

と奥歯のあたりを膨らまして微笑みながら、両手を懐に、胸を拡く、襖の上なる額を読む。題して曰く、臨風榜可小楼。

「……とある、いかさまな。」

「床に活けたは、白の小菊じゃ、一束にして掴みざし、喝采。」と讃める。

— Avec l'âge, on perd le sens des réalités. Dès l'entrée de l'auberge, tu as jeté un regard oblique à la vieille dame aux cheveux courts, sans doute la douairière de la maison, qui nous accueillait si poliment, et tu t'es exclamé : "Oh ! Quelle merveille, une beauté dans un autel bouddhique ! Je voudrais tomber du plafond pour la rejoindre !" À force de réciter des passages du Hizakurige, tu finis par attirer le mauvais sort. Regarde, la charpente est vieille et les volumes sont immenses !

Nejihei leva les yeux vers le pilier de l'alcôve fait d'un tronc brut.

— Serait-ce du bois de mûrier millénaire ? On ne devine même pas le fond de la rivière. Les lampes sont sombres, les loutres vont finir par sortir. Tu devrais te méfier un peu.

— Certes, je ne demande qu'à être corrigé, répondit Yajirobei avec un sourire en coin.

Les mains dans le buste, il bomba le torse et lut la calligraphie au-dessus des cloisons : Le Petit Pavillon face au Vent.

— ... Voilà qui est éloquent.

— Et ces fleurs dans l'alcôve, des petits chrysanthèmes blancs... c'est piqué là comme une poignée de neige. Bravo ! ajouta-t-il.

「いや、翁寂びた事を言うわ。」

「それそれ、たったいま懲りると言うた口の下から、何んじゃ、それは。やあ、見やれ、其許の袖口から、茶色の手の、もそもそとした奴が、ぶらりと出たわ、揖斐川の獺の。」

「ほい、」

と視めて、

「南無三宝。」と慌しく引込める。

「何んじゃそれは。」

「ははははは、拙者うまれつき粗忽にいたして、よくものを落す処から、内の婆どのが計略で、手袋を、ソレ、ト左右糸で繋いだものさね。袖から胸へ潜らして、ずいと引張って両手へ嵌めるだ。何んと恐しかろう。捻平さん、かくまで身上を思うてくれる婆どのに対しても、無駄な祝儀は出せませんな。ああ、南無阿弥陀仏。」

「狸めが。」

と背を円くして横を向く。

「それ、年増が来る。秘すべし、秘すべし。」

で、手袋をたくし込む。

— Voilà que le vieillard se fait poète...

— Attention ! À peine as-tu parlé de te méfier que... regarde ! Qu'est-ce que c'est que cette chose brune et velue qui sort de ta manche ? On dirait une patte de loutre de la rivière Ibi !

— Oh !

Yajirobei regarda sa manche et s'écria : "Miséricorde !" en la retirant précipitamment.

— Mais qu'est-ce que c'est ?

— Hahaha ! Je suis un étourdi de naissance, je perds toujours tout. Alors ma vieille épouse a inventé ce stratagème : elle a relié mes gants par un fil, vois-tu. Le fil passe par les manches et derrière mon dos. C'est ainsi que je les enfile. C'est effrayant, n'est-ce pas ? Mon cher Nejihei, face à une épouse qui se soucie autant de mes affaires, je ne peux décemment pas gaspiller mon argent en pourboires inutiles. Ah, Gloire à Amida !

— Espèce de vieux renard... grommela Nejihei en se détournant, le dos rond.

— Chut ! Voici la servante. Cachons cela, cachons cela !

Et il s'empressa de rentrer ses gants dans ses manches.

処へ女中が手を支いて、

「御支度をなさりますか。」

「いや、やっと、今草鞋を解いたばかりだ。泊めてもらうから、支度はしません。」と真面目に言う。

色は浅黒いが容子の可い、その年増の女中が、これには妙な顔をして、

「へい、御飯は召あがりますか。」

「まず酒から飲みます。」

「あの、めしあがりますものは?」

「姉さん、ここは約束通り、焼蛤が名物だの。」

La servante s'inclina, les mains au sol :

— Souhaitez-vous que je prépare vos effets ?

— Non, je viens à peine de défaire mes sandales. Puisque vous nous logez, je ne ferai pas de préparatifs, répondit Yajirobei d'un air on ne peut plus sérieux.

La servante, une femme à la peau mate mais aux traits plaisants, fit une moue perplexe :

— Bien... Souhaitez-vous dîner ?

— Commençons d'abord par le saké.

— Et pour accompagner cela ?

— Ma sœur, ici, la règle veut que l'on commande la spécialité : les palourdes grillées !

七 - VII

「そのな、焼蛤は、今も町はずれの葦簀張なんぞでいたします。やっぱり松毬で焼きませぬと美味うござりませんで、当家では蒸したのを差上げます、味淋入れて味美う蒸します。」

「ははあ、栄螺の壺焼といった形、大道店で遣りますな。……松並木を向うに見て、松毬のちょろちょろ火、蛤の煙がこの月夜に立とうなら、とんと竜宮の田楽で、乙姫様が洒落に姉さんかぶりを遊ばそうという処、また一段の趣だろうが、わざとそれがために忍んでも出られまい。……当家の味淋蒸、それが好かろう。」

と小父者納得した顔して頷く。

「では、蛤でめしあがりますか。」

「何?」と、わざとらしく耳を出す。

「あのな、蛤であがりますか。」

「いや、箸で食いやしょう、はははは。」

と独で笑って、懐中から膝栗毛の五編を一冊、ポンと出して、

「難有い。」と額を叩く。

女中も思わず噴飯して、

「あれ、あなたは弥次郎兵衛様でございますな。」

— Écoutez, les palourdes grillées, on en trouve encore dans les échoppes aux claies de roseaux à la sortie de la ville. En effet, si elles ne sont pas grillées au feu de pommes de pin, elles perdent leur saveur ; c’est pourquoi, ici, nous vous servons des palourdes cuites à la vapeur ; nous les cuisons avec du mirin, un vin de riz doux, ce qui les rend délicieuses.

— Ah, je vois ! Un peu comme les escargots de mer sazae que l'on grille dans leur coquille sur les étals de rue... répondit le vieil oncle d'un air entendu. Contempler les rangées de pins au loin, voir le petit feu de pommes de pin pétiller et la fumée des palourdes s'élever sous cette lune... on se croirait au palais sous-marin du Roi-Dragon, avec une déesse déguisée en servante pour nous servir. Ce serait d'un raffinement extrême, mais on ne peut pas exiger cela d'une simple auberge. Va pour vos palourdes au mirin, cela me semble parfait.

— Alors, vous les mangerez avec des palourdes ? demanda la servante.

— Plaît-il ? fit-il, tendant l'oreille d'un air faussement innocent.

— Je vous demande : vous les mangerez avec des palourdes ?

— Non, je les mangerai avec des baguettes ! Hahaha !

Riant tout seul de son bon mot, il sortit brusquement de sa veste le cinquième volume du Hizakurige [Aventures de Yaji et Kita] et se frappa le front :

— Quel bonheur !

La servante ne put s'empêcher de s'esclaffer et faillit recracher son riz :

— Oh ! Vous êtes bien Seigneur Yajirobei !

「その通り。……この度の参宮には、都合あって五二館と云うのへ泊ったが、内宮様へ参る途中、古市の旅籠屋、藤屋の前を通った時は、前度いかい世話になった気で、薄暗いまで奥深いあの店頭に、真鍮の獅噛火鉢がぴかぴかとあるのを見て、略儀ながら、車の上から、帽子を脱いでお辞儀をして来た。が、町が狭いので、向う側の茶店の新姐に、この小兀を見せるのが辛かったよ。」

と燈に向けて、てらりと光らす。

「ほほ、ほほ。」

「あはは。」

で捻平も打笑うと、……この機会に誘われたか、――先刻二人が着いた頃には、三味線太鼓で、トトン、ジャカジャカじゃじゃじゃんと沸返るばかりだった――ちょうど八ツ橋形に歩行板が架って、土間を隔てた隣の座敷に、およそ十四五人の同勢で、女交りに騒いだのが、今しがた按摩が影を見せた時分から、大河の汐に引かれたらしく、ひとしきり人気勢が、遠くへ裾拡がりに茫と退いて、寂とした。ただだだっ広い中を、猿が鳴きながら走廻るように、キャキャとする雛妓の甲走った声が聞えて、重く、ずっしりと、覆かぶさる風に、何を話すともなく多人数の物音のしていたのが、この時、洞穴から風が抜けたように哄と動揺めく。

— Précisément ! Lors de mon pèlerinage à Ise, j'ai logé pour certaines raisons à l'auberge Gojikan. En chemin vers le Grand Sanctuaire, je suis passé devant le Fujiya, l'auberge de Furuichi. Me souvenant de leur accueil passé, j'ai aperçu dans la pénombre de leur boutique l'éclat de leur brasero de laiton en forme de tête de lion. Bien que je fusse en voiture, j'ai ôté mon chapeau pour les saluer. Mais la rue est si étroite que j'ai eu un peu honte de montrer mon crâne chauve à la jeune serveuse du salon de thé d'en face !

Il tourna sa tête vers la lampe, la faisant briller d'un éclat malicieux.

— Hoho !

— Ahaha !

Nejihei éclata de rire lui aussi. Profitant de cette gaieté retrouvée... — car à leur arrivée, le tumulte des shamisens et des tambours remplissait l'air — ils remarquèrent que dans la pièce voisine, séparée par un sol de terre battue et reliée par un pont de bois, une troupe d'une quinzaine de personnes faisait la fête avec des femmes. Mais depuis que l'ombre du masseur était apparue, l'agitation semblait s'être retirée comme la marée descendante d'un grand fleuve, laissant place à un silence soudain. Seules résonnaient les voix aiguës des jeunes apprenties-geishas, courant comme des singes en criant. Puis, comme si un vent s'engouffrait dans une caverne, le brouhaha des conversations jusque-là indistinctes se remit à gronder.

女中も笑い引きに、すっと立つ。

「いや、この方は陰々としている。」

「その方が無事で可いの。」

と捻平は火桶の上へ脊くぐまって、そこへ投出した膝栗毛を差覗き、

「しかし思いつきじゃ、私はどうもこの寝つきが悪いで、今夜は一つ枕許の行燈で読んでみましょう。」

「止しなさい、これを読むと胸が切って、なお目が冴えて寝られなくなります。」

「何を言わっしゃる、当事もない、膝栗毛を見て泣くものがあろうかい。私が事を言わっしゃる、其許がよっぽど捻平じゃ。」

と言う処へ、以前の年増に、小女がついて出て、膳と銚子を揃えて運んだ。

「蛤は直きに出来ます。」

「可、可。」

「何よりも酒の事。」

捻平も、猪口を急ぐ。

「さて汝にも一つ遣ろう。燗の可い処を一杯遣らっし。」と、弥次郎兵衛、酒飲みの癖で、ちとぶるぶるする手に一杯傾けた猪口を、膳の外へ、その膝栗毛の本の傍へ、畳の上にちゃんと置いて、

「姉さん、一つ酌いでやってくれ。」

と真顔で言う。

小女が、きょとんとした顔を見ると、捻平に追っかけの酌をしていた年増が見向いて、

「喜野、お酌ぎ……その旦那はな、弥次郎兵衛様じゃで、喜多八さんにお杯を上げなさるんや。」

と早や心得たものである。

La servante se leva d'un bond, le rire encore aux lèvres.

— Quel calme soudain dans cette pièce, remarqua Yajirobei.

— C'est bien mieux ainsi, répondit Nejihei, courbé au-dessus du brasero, jetant un œil au livre du Hizakurige posé là.

— J'ai du mal à trouver le sommeil ces temps-ci ; cette nuit, je vais essayer de lire cela à la lueur de l'andante.

— Ne faites pas ça ! Lire ce livre vous serrera le cœur, vous aurez les yeux grands ouverts et vous ne dormirez plus.

— Que racontez-vous là ? C'est absurde ! Qui pourrait bien pleurer en lisant le Hizakurige ? C’est vous qui avez l'esprit tordu, mon pauvre Yajirobei !

C'est alors que la première servante revint, accompagnée d'une fillette, portant les plateaux et les flacons de saké.

— Les palourdes seront prêtes dans un instant.

— Très bien, très bien.

— Le saké avant tout ! ajouta Nejihei, pressé de vider sa coupe.

— Tiens, je vais t'en offrir une aussi. Bois-en une bien chaude, dit Yajirobei.

D'une main un peu tremblante — habitude de buveur — il posa délicatement la coupe pleine sur le tatami, juste à côté du livre.

— Ma sœur, servez-lui donc une coupe, dit-il d'un air on ne peut plus sérieux.

Alors que la fillette ouvrait des yeux ronds de surprise, la servante plus âgée, qui servait Nejihei, se tourna vers elle :

— Kino, sers-le... Ce monsieur est Yajirobei en personne, il offre une coupe à son ami Kitahachi !

Elle était entrée dans le jeu avec une rapidité surprenante.

八 - VIII

小父者はなぜか調子を沈めて、

「ああ、よく言った。俺を弥次郎兵衛は難有い。居心は可、酒は可。これで喜多八さえ一所だったら、膝栗毛を正のもので、太平の民となる処を、さて、杯をさしたばかりで、こう酌いだ酒へ、蝋燭の灯のちらちらと映る処は、どうやら餓鬼に手向けたようだ。あのまた馬鹿野郎はどうしている――」と膝に手を支き、畳の杯を凝と見て、陰気な顔する。

捻平も、ふと、この時横を向いて腕組した。

「旦那、その喜多八さんを何んでお連れなさりませんね。」

と愛嬌造って女中は笑う。弥次郎寂しく打笑み、

「むむ、そりゃ何よ、その本の本文にある通り、伊勢の山田ではぐれた奴さ。いい年をして娑婆気な、酒も飲めば巫山戯もするが、世の中は道中同然。暖いにつけ、寒いにつけ、杖柱とも思う同伴の若いものに別れると、六十の迷児になって、もし、この辺に棚からぶら下がったような宿屋はござりませんかと、賑かな町の中を独りとぼとぼと尋ね飽倦んで、もう落胆しやした、と云ってな、どっかり知らぬ家の店頭へ腰を落込んで、一服無心をした処……あすこを読むと串戯ではない。……捻平さん、真からもって涙が出ます。」

と言う、瞼に映って、蝋燭の火がちらちらとする。

L'homme baissa soudain le ton, d'un air grave :

— Ah, bien dit ! Qu'on m'appelle Yajirobei me touche au cœur. Le lieu est plaisant, le saké est bon. Si seulement Kitahachi était avec moi, nous serions les véritables héros du livre, des citoyens heureux en temps de paix... Mais là, cette coupe posée au sol, avec le reflet vacillant de la bougie dans le saké... on dirait une offrande pour un pauvre mort. Que peut bien fabriquer cet imbécile ?

Il posa ses mains sur ses genoux, fixant la coupe avec une expression mélancolique. Nejihei, lui aussi, croisa les bras et détourna le regard.

— Mais dites-moi, Monsieur, pourquoi n'avez-vous pas emmené ce Kitahachi avec vous ? demanda la servante avec un sourire complaisant.

Yajirobei esquissa un rire triste :

— Eh bien, c'est comme dans le texte original : nous nous sommes perdus de vue à Yamada, en province d'Ise. Il a beau avoir l'âge de raison, il court encore après les plaisirs du monde, il boit, il s'amuse... Mais la vie est comme un voyage. Qu'il fasse beau ou froid, quand on perd son compagnon de route, celui sur qui on s'appuyait comme sur un bâton, on devient un enfant perdu de soixante ans. On erre seul dans les rues animées, cherchant désespérément une auberge qui vous accueillerait, jusqu'à l'épuisement... on finit par s'effondrer devant une boutique inconnue pour mendier un peu de répit... Quand on lit ce passage, ce n'est plus une farce. Mon cher Nejihei, j'en ai véritablement les larmes aux yeux.

À ces mots, la lueur de la bougie sembla vaciller dans son regard embué.

「姉や、心を切ったり。」

「はい。」

と女中が向うを向く時、捻平も目をしばたたいたが、

「ヤ、あの騒ぎわい。」

と鼻の下を長くして、土間越の隣室へ傾き、

「豪いぞ、金盥まで持ち出いたわ、人間は皆裾が天井へ宙乗りして、畳を皿小鉢が躍るそうな。おおおお、三味線太鼓が鎬を削って打合う様子じゃ。」

「もし、お騒がしゅうござりましょう、お気の毒でござります。ちょうど霜月でな、今年度の新兵さんが入営なさりますで、その送別会じゃ言うて、あっちこっち、皆、この景気でござります。でもな、お寝ります時分には時間になるで静まりましょう。どうぞ御辛抱なさいまして。」

「いやいや、それには及ばぬ、それには及ばぬ。」

と小父者、二人の女中の顔へ、等分に手を掉って、

「かえって賑かで大きに可い。悪く寂寞して、また唐突に按摩に出られては弱るからな。」

「へい、按摩がな。」と何か知らず、女中も読めぬ顔して聞返す。

— Sœur, mets-y du cœur.

— Oui.

Alors que la servante se détournait, Nejihei cligna lui aussi des yeux, mais il se reprit vite :

— Eh ! Écoutez ce vacarme !

Tendant l'oreille vers la pièce voisine par-delà le sol de terre battue, il s'exclama :

— C’est inouï ! Ils ont même sorti les bassines de métal ! On dirait que tout le monde vole au plafond et que les plats et les bols dansent sur les tatamis. Écoutez ces shamisens et ces tambours, on dirait qu'ils se livrent bataille !

— Oh, je vous demande pardon pour tout ce bruit ! s'excusa la servante. C'est le mois de novembre, l'époque où les nouveaux conscrits entrent au régiment. On organise des fêtes d'adieu partout, c’est la même effervescence dans toute la ville. Mais ne vous inquiétez pas, quand viendra l'heure de dormir, tout sera rentré dans l'ordre. Je vous demande encore un peu de patience.

— Non, non, pas de souci ! répondit Yajirobei en agitant les mains vers les deux femmes. Au contraire, c'est très bien ainsi. J'aime mieux ce tumulte qu'un silence de mort où l'on risquerait de voir surgir un masseur à l'improviste.

— Un masseur ? répéta la servante, perplexe, sans comprendre l'allusion.

捻平この話を、打消すように咳して、

「さ、一献参ろう。どうじゃ、こちらへも酌人をちと頼んで、……ええ、それ何んとか言うの。……桑名の殿様時雨でお茶漬……とか言う、土地の唄でも聞こうではないかの。陽気にな、かっと一つ。旅の恥は掻棄てじゃ。主はソレ叱言のような勧進帳でも遣らっしゃい。

染めようにも髯は無いで、私はこれ、手拭でも畳んで法然天窓へ載せようでの。」と捻平が坐りながら腰を伸して高く居直る。と弥次郎眼を※(「目+爭」、第3水準1-88-85)って、

「や、平家以来の謀叛、其許の発議は珍らしい、二方荒神鞍なしで、真中へ乗りやしょう。」

と夥しく景気を直して、

「姉え、何んでも構わん、四五人木遣で曳いて来い。」

と肩を張って大きに力む。

女中酌の手を差控えて、銚子を、膝に、と真直に立てながら、

「さあ、今あっちの座敷で、もう一人二人言うて、お掛けやしたが、喜野、芸妓さんはあったかな。」

Nejihei intervint pour couper court à cette conversation :

— Allez, buvons encore un coup ! Et si nous demandions à quelqu'un de nous accompagner ? J'aimerais entendre une chanson locale... comment dit-on déjà ? "Le seigneur de Kuwana prend son riz au thé sous la pluie de saison"... oui, ce genre de chant. Soyons gais ! Jetons la honte aux orties ! Et vous, mon ami, récitez-nous donc un passage solennel du théâtre Nô pour nous réprimander ! Quant à moi, n'ayant pas de barbe à teindre, je vais plier mon mouchoir sur mon crâne de moine pour jouer les bouffons !

Nejihei se redressa fièrement. Yajirobei, les yeux pétillants, s'exclama :

— Quelle audace ! C’est une véritable rébellion depuis l'époque des Heike ! Voilà une proposition inhabituelle. Montons en selle sans attendre !

Retrouvant toute son énergie, il ordonna :

— Ma sœur, allez nous chercher quatre ou cinq de ces gaillards qui chantent les refrains des charpentiers !

La servante marqua un temps d'arrêt, tenant son flacon de saké contre son genou.

— Eh bien, dans l'autre salle, ils ont déjà demandé du monde... Kino, y avait-il encore des geishas disponibles ?

小女が猪首で頷き、

「誰も居やはらぬ言うてでやんした。」

「かいな、旦那さん、お気の毒さまでござります。狭い土地に、数のない芸妓やによって、こうして会なんぞ立込みますと、目星い妓たちは、ちゃっとの間に皆出払います。そうか言うて、東京のお客様に、あんまりな人も見せられはしませずな、容色が好いとか、芸がたぎったとかいうのでござりませぬとなあ……」

「いや、こうなっては、宿賃を払わずに、こちとら夜遁をするまでも、三味線を聞かなきゃ納まらない。眇、いぐちでない以上は、古道具屋からでも呼んでくれ。」

「待ちなさりまし。おお、あの島屋の新妓さんならきっと居るやろ。聞いて見や。喜野、ソレお急ぎじゃ、廊下走って、電話へ掛れや。」

La fillette secoua la tête d'un air entendu :

— On m'a dit qu'il n'y avait plus personne.

— C'est bien ce que je craignais, Monsieur. Je suis navrée. Notre ville est petite et nous n'avons que peu de geishas. Quand les réceptions s'accumulent ainsi, les meilleures sont tout de suite prises. Et je ne voudrais pas présenter à des clients de Tokyo des femmes qui ne seraient pas à la hauteur, tant pour la beauté que pour le talent artistique...

— Hors de question ! coupa Yajirobei.

— Je préférerais m'enfuir sans payer ma note plutôt que de ne pas entendre de shamisen ! À moins qu'elles ne soient borgnes ou estropiées, allez m'en chercher même chez un marchand de vieilleries !

— Attendez un peu ! Oh, je suis sûre que la nouvelle geisha de chez Shimaya est disponible. Allez vérifier ! Kino, dépêche-toi, cours dans le couloir et téléphone tout de suite !

九 - IX

「持って来い、さあ、何んだ風車。」

急に勢の可い声を出した、饂飩屋に飲む博多節の兄哥は、霜の上の燗酒で、月あかりに直ぐ醒める、色の白いのもそのままであったが、二三杯、呷切の茶碗酒で、目の縁へ、颯と酔が出た。

「勝手にピイピイ吹いておれ、でんでん太鼓に笙の笛、こっちあ小児だ、なあ、阿媽。……いや、女房さん、それにしても何かね、御当処は、この桑名と云う所は、按摩の多い所かね。」と笛の音に瞳がちらつく。

「あんたもな、按摩の目は蠣や云います。名物は蛤じゃもの、別に何も、多い訳はないけれど、ここは新地なり、旅籠屋のある町やに因って、つい、あの衆が、あちこちから稼ぎに来るわな。」

「そうだ、成程新地だった。」となぜか一人で納得して、気の抜けたような片手を支く。

「お師匠さん、あんた、これからその音声を芸妓屋の門で聞かしてお見やす。ほんに、人死が出来ようも知れぬぜな。」と襟の処で、塗盆をくるりと廻す。

「飛んだ合せかがみだね、人死が出来て堪るものか。第一、芸妓屋の前へは、うっかり立てねえ。」

「なぜえ。」

「悪くすると敵に出会す。」と投首する。

「あれ、芸が身を助けると言う、……お師匠さん、あんた、芸妓ゆえの、お身の上かえ。……ほんにな、仇だすな。」

「違った! 芸者の方で、私が敵さ。」

「あれ、のけのけと、あんな憎いこと言いなさんす。」と言う処へ、月は片明りの向う側。狭い町の、ものの気勢にも暗い軒下を、からころ、からころ、駒下駄の音が、土間に浸込むように響いて来る。……と直ぐその足許を潜るように、按摩の笛が寂しく聞える。

« Amène-le donc ! Qu’est-ce que c’est ? Un moulin à vent ? »

L’artiste itinérant, qui buvait chez le marchand de nouilles, retrouva soudain une voix vigoureuse. Le saké chaud, bu sous le givre, avait tendance à se dissiper vite à la lueur de la lune ; son visage restait pâle, mais après deux ou trois coupes vidées d'un trait, une rougeur soudaine envahit le bord de ses yeux.

« Qu’il siffle à sa guise, ce pii-pii ! Tambours et flûtes, je redeviens un enfant, n'est-ce pas, Madame ? ... Dites-moi, d'ailleurs, dans votre endroit, à Kuwana, y a-t-il beaucoup de masseurs ? »

Ses pupilles vacillaient au rythme des sifflements lointains.

« On dit que les yeux des masseurs sont comme des huîtres. Ici, la spécialité, ce sont les palourdes, alors il n'y a pas de raison qu'ils soient plus nombreux qu'ailleurs. Mais c’est un quartier de plaisir, avec ses auberges ; alors ces gens-là viennent de partout pour gagner leur vie. »

« C'est vrai, un quartier de plaisir... » murmura-t-il pour lui-même, s'appuyant d'une main, l'air décontenancé.

« Maître, vous devriez aller faire entendre votre voix devant la porte des maisons de geishas. Je vous assure, vous seriez capable de faire mourir quelqu’un d’émotion ! » dit-elle en faisant tourner son plateau de laque.

« Quelle idée ! Faire mourir quelqu’un... Et puis, devant une maison de geishas, je n'oserais pas me tenir. »

« Pourquoi donc ? »

« Je risquerais d'y croiser un ennemi juré », répondit-il en penchant la tête.

« Ah ! On dit pourtant que l’art sauve son homme... Maître, seriez-vous dans cette situation à cause d’une geisha ? Quel destin tragique ! »

« Vous n'y êtes pas ! C'est moi qui suis l'ennemi de la geisha ! »

« Oh, quelle impudence de dire des choses aussi détestables ! »

Alors qu’elle parlait, la lune éclairait un côté de la rue étroite. Sous les avant-toits sombres, le bruit de sandales de bois, kara-koro, kara-koro, résonna comme s'il s'imprégnait dans le sol de terre battue. Aussitôt, s'élevant presque sous ses pas, le sifflet d'un masseur se fit entendre, lugubre.

門附は屹と見た。

「噂をすれば、芸妓はんが通りまっせ。あんた、見たいなら障子を開けやす……そのかわり、敵打たりょうと思うてな。」

「ああ、いつでも打たれてやら。ちょッ、可厭に煩く笛を吹くない。」

かたりと門の戸を外から開ける。

「ええ、吃驚すら。」

「今晩は、――饂飩六ツ急いでな。」と草履穿きの半纏着、背中へ白く月を浴びて、赤い鼻をぬいと出す。

「へい。」と筒抜けの高調子で、亭主帳場へ棒に突立ち、

「お方、そりゃ早うせぬかい。」

女房は澄ましたもので、

「美しい跫音やな、どこの?」と聞く。

「こないだ山田の新町から住替えた、こんの島家の新妓じゃ。」と言いながら、鼻赤の若い衆は、覗いた顔を外に曲げる。

と門附は、背後の壁へ胸を反らして、ちょっと伸上るようにして、戸に立つ男の肩越しに、皎とした月の廓の、細い通を見透かした。

駒下駄はちと音低く、まだ、からころと響いたのである。

「沢山出なさるかな。」

「まあ、こんの饂飩のようには行かぬで。」

「その気で、すぐに届けますえ。」

「はい頼んます。」と、男は返る。

亭主帳場から背後向きに、日和下駄を探って下り、がたりびしりと手当り強く、そこへ広蓋を出掛ける。ははあ、夫婦二人のこの店、気の毒千万、御亭が出前持を兼ねると見えたり。

L'artiste itinérant se redressa, le regard fixe.

« En parlant du loup, voilà une geisha qui passe. Si vous voulez la voir, ouvrez la cloison... mais gare à la vengeance ! » dit la femme.

« Qu'on me tue, je m'en moque ! Mais par pitié, qu'il arrête de siffler si bruyamment ! »

On ouvrit la porte de la boutique de l'extérieur.

« Oh, quelle peur vous me faites ! »

« Bonsoir ! Six bols de nouilles, et vite ! »

Un homme en veste courte et sandales de paille apparut, avançant son nez rougi, le dos baigné par la lune blanche.

« Bien ! » cria le patron d'une voix de tête en se redressant derrière son comptoir.

« Femme, dépêche-toi donc ! »

La femme, imperturbable, demanda : « Quel beau bruit de pas... D'où vient-elle ? »

« C’est la nouvelle geisha de chez Konno-Shimaya, celle qui vient de s’installer après avoir quitté Shinmachi à Yamada », répondit le messager au nez rouge en détournant le visage.

L'artiste itinérant, le dos plaqué contre le mur, se dressa sur la pointe des pieds. Par-dessus l'épaule de l'homme à la porte, il scruta l'étroite rue du quartier baignée d'une lune éclatante. Le bruit des sandales s'éloignait, plus sourd, kara-koro.

« Travaille-t-elle beaucoup ? »

« Pas autant que vos nouilles ne se vendent, en tout cas ! »

« Bien, je vous apporte ça tout de suite. »

L'homme repartit. Le patron descendit de son comptoir, cherchant ses sandales à tâtons dans le noir, et s'empara bruyamment d'un grand plateau de livraison. Dans cette boutique tenue par un couple seul, le mari devait manifestement faire office de livreur.

「裏表とも気を注けるじゃ、可いか、可いか。ちょっと道寄りをして来るで、可いか、お方。」

とそこいらじろじろと睨廻して、新地の月に提灯入らず、片手懐にしたなりで、亭主が出前、ヤケにがっと戸を開けた。後を閉めないで、ひょこひょこ出て行く。

釜の湯気が颯と分れて、門附の頬に影がさした。

女房横合から来て、

「いつまで、うっかり見送ってじゃ、そんなに敵が打たれたいの。」

「女房さん、桑名じゃあ……芸者の箱屋は按摩かい。」と悚気としたように肩を細く、この時やっと居直って、女房を見た、色が悪い。

« Surveille bien devant et derrière, d'accord ? Je vais faire un petit détour en chemin », dit le mari en jetant un regard circulaire.

Dans la lumière de la lune, nul besoin de lanterne ; il sortit, une main dans sa veste, ouvrant la porte d'un coup sec avant de s'éloigner d'un pas saccadé, laissant la porte ouverte derrière lui. La vapeur de la marmite se dissipa soudain, jetant une ombre sur le visage de l'artiste.

La femme s'approcha de lui : « Alors, vous restez planté là à regarder ? Vous avez tellement hâte qu’on se venge de vous ? »

« Madame... à Kuwana, est-ce que les porteurs de boîtes des geishas sont des masseurs ? » demanda-t-il, les épaules contractées par un frisson, en fixant la femme d'un air blême.

十 - X

「そうさ、いかに伊勢の浜荻だって、按摩の箱屋というのはなかろう。私もなかろうと思うが、今向う側を何んとか屋の新妓とか云うのが、からんころんと通るのを、何心なく見送ると、あの、一軒おき二軒おきの、軒行燈では浅葱になり、月影では青くなって、薄い紫の座敷着で、褄を蹴出さず、ひっそりと、白い襟を俯向いて、足の運びも進まないように何んとなく悄れて行く。……その後から、鼠色の影法師。女の影なら月に地を這う筈だに、寒い道陸神が、のそのそと四五尺離れた処を、ずっと前方まで附添ったんだ。腰附、肩附、歩行く振、捏っちて附着けたような不恰好な天窓の工合、どう見ても按摩だね、盲人らしい、めんない千鳥よ。……私あ何んだ、だから、按摩が箱屋をすると云っちゃ可笑い、盲目になった箱屋かも知れないぜ。」

「どんな風の、どれな。」

と門へ出そうにする。

« Voyons, même à Ise, on ne verrait pas un masseur porter la boîte d'une geisha. Je ne pense pas que cela existe. Mais tout à l'heure, en regardant passer cette geisha sans y penser... à chaque lanterne, elle devenait bleu pâle, et sous la lune, elle semblait livide. Dans son vêtement d'intérieur violet clair, elle marchait sans bruit, la tête basse, d'un pas si traînant qu'elle semblait accablée de douleur... Et derrière elle, une silhouette grise. Si c'était l'ombre de la femme, elle ramperait au sol sous la lune, mais là, c'était un spectre du froid qui marchait à un mètre d'elle. La cambrure, les épaules, la démarche, et cette tête informe comme si elle avait été mal sculptée... c'était un masseur, un aveugle, j'en suis sûr. »

« De quoi avait-il l'air ? » demanda-t-il en s'approchant de la porte.

「いや、もう見えない。呼ばれた家へ入ったらしい。二人とも、ずっと前方で居なくなった。そうか。ああ、盲目の箱屋は居ねえのか。アまた殖えたぜ……影がさす、笛の音に影がさす、按摩の笛が降るようだ。この寒い月に積ったら、桑名の町は針の山になるだろう、堪らねえ。」

とぐいと呷って、

「ええ、ヤケに飲め、一杯どうだ、女房さん附合いねえ。御亭主は留守だが、明放しよ、……構うものか。それ向う三軒の屋根越に、雪坊主のような山の影が覗いてら。」

と門を振向き、あ、と叫んで、

「来た、来た、来た、来やあがった、来やあがった、按摩々々、按摩。」

と呼吸も吐かず、続けざまに急込んだ、自分の声に、町の中に、ぬい、と立って、杖を脚許へ斜交いに突張りながら、目を白く仰向いて、月に小鼻を照らされた流しの按摩が、呼ばれたものと心得て、そのまま凍附くように立留まったのも、門附はよく分らぬ状で、

「影か、影か、阿媽、ほんとの按摩か、影法師か。」

と激しく聞く。

« Je ne sais pas, on ne les voit plus. Ils ont dû entrer dans la maison qui les a appelés. Ils ont disparu tous les deux. Alors... il n'y a pas de porteur de boîte aveugle ? Ah, ça recommence ! Des ombres... le sifflet projette des ombres. On dirait qu’il pleut des sifflements de masseur. Si cela s’accumule sous cette lune glacée, la ville de Kuwana deviendra une montagne d’aiguilles. C'est insupportable ! »

Il vida sa coupe d'un trait.

« Buvez avec moi, Madame ! Le patron est parti, la porte est grande ouverte... On s'en fiche ! Regardez, par-delà les toits, ces ombres de montagnes comme des spectres de neige ! »

Il se tourna vers la porte et hurla : « Le voilà ! Il arrive ! Il est là ! Le masseur ! Le masseur ! »

À bout de souffle, il criait. Un masseur de rue, entendant l'appel, s'arrêta net au milieu de la ville, s'appuyant sur son bâton, le visage blême tourné vers la lune.

« Est-ce une ombre ? Une ombre, Madame ? Est-ce un vrai masseur ou un fantôme ? » demanda-t-il violemment.

「ほんとなら、どうおしる。貴下、そんなに按摩さんが恋しいかな。」

「恋しいよ! ああ、」

と呼吸を吐いて、見直して、眉を顰めながら、声高に笑った。

「ははははは、按摩にこがれてこの体さ。おお、按摩さん、按摩さん、さあ入ってくんねえ。」

門附は、撥を除けて、床几を叩いて、

「一つ頼もう。女房さん、済まないがちょいと借りるぜ。」

「この畳へ来て横におなりな。按摩さん、お客だす、あとを閉めておくんなさい。」

「へい。」

コトコトと杖の音。

「ええ……とんと早や、影法師も同然なもので。」と掠れ声を白く出して、黒いけんちゅう羊羹色の被布を着た、燈の影は、赤くその皺の中へさし込んだが、日和下駄から消えても失せず、片手を泳ぎ、片手で酒の香を嗅分けるように入った。

「聞えたか。」

とこの門附は、権のあるものいいで、五六本銚子の並んだ、膳をまた傍へずらす。

« Si c'est un vrai, qu'allez-vous faire ? Est-ce que les masseurs vous manquent à ce point ? »

« Oui, ils me manquent ! Ah ! » dit-il en expirant, et, regardant à nouveau, il éclata d'un rire sonore en fronçant les sourcils.

« Hahaha ! Me voilà réduit à languir après un masseur ! Entrez, Monsieur le masseur, entrez donc ! »

L'artiste poussa son plectre de côté et frappa sur le banc : « Je vous confie mon corps. Madame, pardonnez-moi, je vous l'emprunte un instant. »

« Venez vous allonger sur les nattes. Monsieur le masseur, voici un client. Fermez la porte derrière vous. »

« Bien... » répondit l'aveugle.

Le bruit du bâton : koto-koto.

« Voilà... je ne suis guère plus qu'une ombre », dit le masseur d'une voix blanche et éraillée.

Il portait un manteau de la couleur de la pâte de haricots rouges. La lumière de la lampe creusait des ombres rouges dans ses rides. Ses sandales disparurent dans l'ombre de la pièce, mais il avança, une main cherchant son chemin dans l'air, l'autre semblant flairer l'odeur du saké.

« Vous m'avez entendu ? » demanda l'artiste d'un ton autoritaire, en poussant vers lui le plateau où s'alignaient cinq ou six flacons de saké.

「へへへ」とちょっと鼻をすすって、ふん、とけなりそうに香を嗅ぐ。

「待ちこがれたもんだから、戸外を犬が走っても、按摩さんに見えたのさ。こう、悪く言うんじゃないぜ……そこへぬっくりと顕れたろう、酔っている、幻かと思った。」

「ほんに待兼ねていなさったえ。あの、笛の音ばかり気にしなさるので、私もどうやら解めなんだが、やっと分ったわな、何んともお待遠でござんしたの。」

「これは、おかみさま、御繁昌。」

「お客はお一人じゃ、ゆっくり療治してあげておくれ。それなりにお寝ったら、お泊め申そう。」

と言う。

按摩どの、けろりとして、

「ええ、その気で、念入りに一ツ、掴りましょうで。」と我が手を握って、拉ぐように、ぐいと揉んだ。

「へい、旦那。」

「旦那じゃねえ。ものもらいだ。」とまた呷る。

女房が竊と睨んで、

「滅相な、あの、言いなさる。」

« Héhéhé... » Le masseur renifla l'air avec envie.

« Je vous attendais avec une telle impatience que même un chien qui court dehors me semblait être un masseur. Ne le prenez pas mal... Vous avez surgi de nulle part. Je suis ivre, j'ai cru à une vision. »

« C'est vrai qu'il vous attendait, Monsieur. Il ne parlait que de votre sifflet. Je ne comprenais pas pourquoi, mais maintenant je vois. Vous vous êtes fait attendre ! » dit la femme.

« Mes hommages, Madame. Que votre commerce soit prospère. »

« Il n'y a qu'un seul client, alors occupez-vous bien de lui. S'il s'endort ainsi, nous le logerons pour la nuit. »

Le masseur, imperturbable, répondit :

« Bien, je vais m'y mettre de tout cœur. »

Il serra ses mains et les fit craquer avec force.

« À vos ordres, Monsieur le client. »

« Ne m'appelez pas "Monsieur". Je ne suis qu'un mendiant », répondit l'artiste qui buvait encore.

La femme lui jeta un regard noir :

« Quelle horreur de dire des choses pareilles ! »

十一 - XI

「いや、横になるどころじゃない、沢山だ、ここで沢山だよ。……第一背中へ掴まられて、一呼吸でも応えられるかどうだか、実はそれさえ覚束ない。悪くすると、そのまま目を眩して打倒れようも知れんのさ。体よく按摩さんに掴み殺されるといった形だ。」

と真顔で言う。

「飛んだ事をおっしゃりませ、田舎でも、これでも、長年年期を入れました杉山流のものでござります。鳩尾に鍼をお打たせになりましても、決して間違いのあるようなものではござりませぬ。」と呆れたように、按摩の剥く目は蒼かりけり。

「うまい、まずいを言うのじゃない。いつの幾日にも何時にも、洒落にもな、生れてからまだ一度も按摩さんの味を知らないんだよ。」

「まあ、あんなにあんた、こがれなさった癖に。」

「そりゃ、張って張って仕様がないから、目にちらつくほど待ったがね、いざ……となると初産です、灸の皮切も同じ事さ。どうにも勝手が分らない。痛いんだか、痒いんだか、風説に因ると擽ったいとね。多分私も擽ったかろうと思う。……ところがあいにく、母親が操正しく、これでも密夫の児じゃないそうで、その擽ったがりようこの上なし。……あれ、あんなあの、握飯を拵えるような手附をされる、とその手で揉まれるかと思ったばかりで、もう堪らなく擽ったい。どうも、ああ、こりゃ不可え。」

と脇腹へ両肱を、しっかりついて、掻竦むように脊筋を捻る。

« Non, ne vous allongez pas ! Cela suffit, restez là ! J'ignore si je pourrai supporter ne serait-ce qu'une pression sur mon dos. À vrai dire, je crains de perdre connaissance et de m'effondrer. Ce serait une belle fin : mourir étranglé par les mains d'un masseur ! » dit-il d'un air on ne peut plus sérieux.

« Ne dites pas de telles sottises ! Que ce soit à la campagne ou ailleurs, je suis un adepte de l'école Sugiyama, j'ai des années de pratique derrière moi. Même si je devais vous planter une aiguille au creux de l'estomac, il n'y aurait jamais d'erreur ! » répondit le masseur, dont les yeux révulsés semblaient virer au bleu.

« Je ne parle pas de votre talent ! Je dis simplement que de toute ma vie, pas une seule fois, je n'ai goûté aux mains d'un masseur. »

« Pourtant, vous sembliez l'appeler de tous vos vœux tout à l'heure ! »

« C'est vrai, j'étais si tendu que je l'attendais au point d'en avoir des visions... mais au moment fatidique, c'est comme un premier accouchement ou une première brûlure de moxa. Je perds mes moyens. Est-ce que ça fait mal ? Est-ce que ça démange ? On m'a dit que cela chatouillait. Et je crains d'être terriblement chatouilleux. Ma mère était une femme de vertu, je ne suis pas le fils d'un amant caché, et pourtant ma sensibilité est extrême... Rien qu'à voir vos mains bouger comme si vous pétrissiez des boulettes de riz, j'ai déjà des frissons. Ah, non, c'est insupportable ! »

Et il se tortilla, les coudes serrés contre les flancs, la colonne vertébrale parcourue de tressaillements.

「ははははは、これはどうも。」と按摩は手持不沙汰な風。

女房更めて顔を覗いて、

「何んと、まあ、可愛らしい。」

「同じ事を、可哀想だ、と言ってくんねえ。……そうかと言って、こう張っちゃ、身も皮も石になって固りそうな、背が詰って胸は裂ける……揉んでもらわなくては遣切れない。遣れ、構わない。」

と激しい声して、片膝を屹と立て、

「殺す気で蒐れ。こっちは覚悟だ、さあ。ときに女房さん、袖摺り合うのも他生の縁ッさ。旅空掛けてこうしたお世話を受けるのも前の世の何かだろう、何んだか、おなごりが惜いんです。掴殺されりゃそれきりだ、も一つ憚りだがついでおくれ、別れの杯になろうも知れん。」

と雫を切って、ついと出すと、他愛なさもあんまりな、目の色の変りよう、眦も屹となったれば、女房は気を打たれ、黙然でただ目を※(「目+爭」、第3水準1-88-85)る。

« Hahaha, c'est embarrassant... » murmura le masseur, les mains ballantes.

La femme du restaurateur scruta son visage et s'exclama :

« Mon Dieu, comme il est adorable ! »

« Dites plutôt que je fais pitié... Mais je suis si tendu que ma chair se change en pierre, mon dos se contracte et ma poitrine va éclater... Si on ne me masse pas, je ne tiendrai plus. Allez-y, je m'en moque ! »

Il se redressa brusquement sur un genou, la voix vibrante :

« Attaquez-moi comme si vous vouliez me tuer ! Je suis prêt. Madame, puisqu'on dit que même se frôler les manches est le fruit d'un destin antérieur, cet accueil sous le ciel du voyage doit être écrit quelque part. J'éprouve déjà du regret à vous quitter. Si je meurs sous ses doigts, ce sera la fin. Accordez-moi une dernière faveur : versez-moi une coupe, elle sera peut-être celle de l'adieu. »

Ses yeux avaient changé de couleur, son regard était devenu fixe et intense. La femme, frappée par cette métamorphose, resta un instant pétrifiée, les yeux écarquillés.

「さあ按摩さん。」

「ええ、」

「女房さん酌いどくれよ!」

「はあ、」と酌をする手がちと震えた。

この茶碗を、一息に仰ぎ干すと、按摩が手を掛けたのと一緒であった。

がたがたと身震いしたが、面は幸に紅潮して、

「ああ、腸へ沁透る!」

「何かその、何事か存じませぬが、按摩は大丈夫でござります。」と、これもおどつく。

「まず、」

と突張った手をぐたりと緩めて、

「生命に別条は無さそうだ、しかし、しかし応える。」

とがっくり俯向いたのが、ふらふらした。

「月は寒し、炎のようなその指が、火水となって骨に響く。胸は冷い、耳は熱い。肉は燃える、血は冷える。あっ、」と言って、両手を落した。

« Allez, Masseur ! »

« Bien... »

« Madame, servez-moi ! »

« Oui... »

Sa main tremblait légèrement en versant le saké. Il vida la coupe d'un trait, au moment précis où le masseur posait ses mains sur lui. Un frisson violent le parcourut, mais son visage s'empourpra.

« Ah... cela me transperce jusqu'aux entrailles ! »

« J'ignore ce qui vous tourmente, Monsieur, mais mon massage ne présente aucun danger », balbutia le masseur, lui aussi déstabilisé.

« Soit... »

Ses bras tendus se relâchèrent enfin.

« Ma vie ne semble pas en péril, mais... mais quelle secousse ! »

Sa tête retomba en avant, chancelante.

« La lune est glacée, mais vos doigts sont comme des flammes, un mélange de feu et d'eau qui résonne jusque dans mes os. Ma poitrine est froide, mes oreilles brûlent. Ma chair se consume, mon sang se glace. Ah ! »

Ses mains tombèrent inanimées.

吃驚して按摩が手を引く、その嘴や鮹に似たり。

兄哥は、しっかり起直って、

「いや、手をやすめず遣ってくれ、あわれと思って静に……よしんば徐と揉まれた処で、私は五体が砕ける思いだ。

その思いをするのが可厭さに、いろいろに悩んだんだが、避ければ摺着く、過ぎれば引張る、逃げれば追う。形が無ければ声がする……ピイピイ笛は攻太鼓だ。こうひしひしと寄着かれちゃ、弱いものには我慢が出来ない。淵に臨んで、崕の上に瞰下ろして踏留まる胆玉のないものは、いっその思い、真逆に飛込みます。破れかぶれよ、按摩さん、従兄弟再従兄弟か、伯父甥か、親類なら、さあ、敵を取れ。私はね、……お仲間の按摩を一人殺しているんだ。」

Effrayé, le masseur retira ses mains, qui ressemblaient à des becs d'oiseaux ou à des tentacules de pieuvre. L'artiste se redressa fermement :

« Non, ne vous arrêtez pas ! Continuez... ayez pitié, allez-y doucement... Même si vous me massez avec légèreté, j'ai l'impression que mon corps se brise. C'est pour éviter cette sensation que j'ai tant lutté, mais quoi que je fasse, cela me colle à la peau, cela me tire, cela me poursuit. Même sans forme, il y a cette voix... ce sifflet qui sonne comme un tambour d'attaque. Face à un tel assaut, un homme faible comme moi ne peut résister. Celui qui n'a pas le cœur assez solide pour rester au bord de l'abîme finit par s'y jeter la tête la première. Qu'il en soit ainsi ! Masseur, que vous soyez mon cousin, mon oncle ou mon neveu, allez-y, vengez les vôtres ! Car moi... j'ai tué un homme de votre confrérie. »

十二 - XII

「今からちょうど三年前。……その年は、この月から一月後の師走の末に、名古屋へ用があって来た。ついでと言っては悪いけれど、稼の繰廻しがどうにか附いて、参宮が出来るというのも、お伊勢様の思召、冥加のほど難有い。ゆっくり古市に逗留して、それこそついでに、……浅熊山の雲も見よう、鼓ヶ嶽の調も聞こう。二見じゃ初日を拝んで、堺橋から、池の浦、沖の島で空が別れる、上郡から志摩へ入って、日和山を見物する。……海が凪いだら船を出して、伊良子ヶ崎の海鼠で飲もう、何でも五日六日は逗留というつもりで。……山田では尾上町の藤屋へ泊った。驚くべからず――まさかその時は私だって、浴衣に袷じゃ居やしない。

着換えに紋付の一枚も持った、縞で襲衣の若旦那さ。……ま、こう、雲助が傾城買の昔を語る……負惜みを言うのじゃないよ。何も自分の働きでそうした訳じゃないのだから。――聞きねえ、親なり、叔父なり、師匠なり、恩人なりという、……私が稼業じゃ江戸で一番、日本中の家元の大黒柱と云う、少兀の苦い面した阿父がある。

« C'était il y a exactement trois ans. À la fin du mois de décembre, un mois après celui-ci, j'étais venu à Nagoya pour affaires. Je m'étais dit que puisque j'avais réussi à mettre un peu d'argent de côté, ce serait un crime de ne pas faire le pèlerinage à Ise : une bénédiction des dieux qu'il ne fallait pas ignorer. Je comptais séjourner à Furuichi, contempler les nuages du mont Asama, écouter le vent du mont Tsuzumi... Voir le premier soleil à Futami, puis explorer les baies d'Ikenoura et les îles lointaines, entrer dans la province de Shima et admirer le mont Hiyori. Si la mer était calme, je serais sorti en bateau pour boire du saké en mangeant des concombres de mer à Irago. Je prévoyais de rester cinq ou six jours. À Yamada, je logeais au Fujiya d'Onoé-chō. Ne soyez pas surpris : à cette époque, je ne portais pas ce simple coton léger.

J'avais des vêtements de soie armoriés, je ressemblais à un jeune maître élégant. Ce n'est pas de la vantardise de vieux brigand racontant ses conquêtes passées. Si j'avais ce train de vie, ce n'était pas grâce à mes propres mérites. Écoutez bien : mon père — appelons-le ainsi, car il était mon maître et mon bienfaiteur — était le pilier de notre école à Edo, le plus grand maître du Japon, un vieil homme au visage sévère.

いや、その顔色に似合わない、気さくに巫山戯た江戸児でね。行年その時六十歳を、三つと刻んだはおかしいが、数え年のサバを算んで、私が代理に宿帳をつける時は、天地人とか何んとか言って、禅の問答をするように、指を三本、ひょいと出してギロリと睨む……五十七歳とかけと云うのさ。可いかね、その気だもの……旅籠屋の女中が出てお給仕をする前では、阿父さんが大の禁句さ。……与一兵衛じゃあるめえし、汝、定九郎のように呼ぶなえ、と唇を捻曲げて、叔父さんとも言わせねえ、兄さんと呼べ、との御意だね。

この叔父さんのお供だろう。道中の面白さ。酒はよし、景色はよし、日和は続く。どこへ行っても女はふらない。師走の山路に、嫁菜が盛りで、しかも大輪が咲いていた。

とこの桑名、四日市、亀山と、伊勢路へ掛った汽車の中から、おなじ切符のたれかれが――その催について名古屋へ行った、私たちの、まあ……興行か……その興行の風説をする。嘘にもどうやら、私の評判も可さそうな。叔父はもとより。……何事も言うには及ばん。――私が口で饒舌っては、流儀の恥になろうから、まあ、何某と言ったばかりで、世間は承知すると思って、聞きねえ。

ところがね、その私たちの事を言うついでに、この伊勢へ入ってから、きっと一所に出る、人の名がある。可いかい、山田の古市に惣市と云う按摩鍼だ。」

Mais derrière cette mine renfrognée se cachait un véritable enfant d'Edo, blagueur et excentrique. Il avait soixante ans, mais quand je devais remplir le registre de l'auberge pour lui, il jouait au jeu des devinettes zen. Il levait trois doigts et me lançait un regard noir, me signifiant de lui donner cinquante-sept ans. Devant les servantes, le mot "Père" était strictement interdit. "Je ne suis pas Yoichibei, ne m'appelle pas comme Sadakurō !", disait-il en tordant les lèvres. Je ne pouvais même pas l'appeler "Oncle", il exigeait que je l'appelle "Grand Frère".

C'était un voyage merveilleux en sa compagnie. Le saké était bon, les paysages magnifiques, le temps radieux.

Dans le train qui nous menait vers la province d'Ise, en passant par Kuwana, Yokkaichi et Kameyama, les autres passagers parlaient de nous... de notre troupe qui se rendait à Nagoya pour une représentation. Pour une fois, ma réputation semblait presque égaler la sienne. Mais je ne veux pas faire honte à mon école en bavardant trop : disons simplement que tout le monde connaissait mon nom.

Cependant, à chaque fois que l'on parlait de nous, un autre nom revenait systématiquement dès que l'on entrait en terre d'Ise. Écoutez bien : Sōichi, le masseur et acupuncteur de Furuichi à Yamada. »

門附はその名を言う時、うっとりと瞳を据えた。背を抱くように背後に立った按摩にも、床几に近く裾を投げて、向うに腰を掛けた女房にも、目もくれず、凝と天井を仰ぎながら、胸前にかかる湯気を忘れたように手で捌いて、

「按摩だ、がその按摩が、旧はさる大名に仕えた士族の果で、聞きねえ。私等が流儀と、同じその道の芸の上手。江戸の宗家も、本山も、当国古市において、一人で兼ねたり、という勢で、自ら宗山と名告る天狗。高慢も高慢だが、また出来る事も出来る。……東京の本場から、誰も来て怯かされた。某も参って拉がれた。あれで一眼でも有ろうなら、三重県に居る代物ではない。今度名古屋へ来た連中もそうじゃ、贋物ではなかろうから、何も宗山に稽古をしてもらえとは言わぬけれど、鰻の他に、鯛がある、味を知って帰れば可いに。――と才発けた商人風のと、でっぷりした金の入歯の、土地の物持とも思われる奴の話したのが、風説の中でも耳に付いた。

L'artiste fixa le plafond, le regard soudain absent. Sans prêter attention au masseur derrière lui ou à la femme du restaurateur assise en face, il sembla écarter de la main la vapeur qui montait devant lui.

« C'était un masseur, oui, mais on racontait qu'il était le descendant d'un samouraï au service d'un grand daimyo. C'était un génie dans son art, l'égal de notre école. Il s'était autoproclamé "Sōzan", le sommet de la montagne, prétendant égaler à lui seul les grands maîtres d'Edo. Il était d'une arrogance sans bornes, mais son talent était réel. Tous ceux qui venaient de Tokyo repartaient intimidés. Même les plus grands s'étaient cassé les dents sur lui. On disait que s'il n'avait pas été aveugle, il ne serait pas resté dans la préfecture de Mie. Dans le train, un marchand dégourdi et un riche propriétaire aux dents en or discutaient : "Ceux qui viennent de Tokyo ne sont pas des imposteurs, certes, mais au lieu de vouloir rivaliser avec Sōzan, ils feraient mieux de goûter à son art, comme on goûte à la daurade après l'anguille." Leurs paroles m'avaient piqué au vif.

叔父はこくこく坐睡をしていたっけ。私あ若気だ、襟巻で顔を隠して、睨むように二人を見たのよ、ね。

宿の藤屋へ着いてからも、わざと、叔父を一人で湯へ遣り……女中にもちょっと聞く。……挨拶に出た番頭にも、按摩の惣市、宗山と云う、これこれした芸人が居るか、と聞くと、誰の返事も同じ事。思ったよりは高名で、現に、この頃も藤屋に泊った、何某侯の御隠居の御召に因って、上下で座敷を勤た時、(さてもな、鼓ヶ嶽が近いせいか、これほどの松風は、東京でも聞けぬ、)と御賞美。

(的等にも聞かせたい。)と宗山が言われます、とちょろりと饒舌った。私が夥間を――(的等。)と言う。

的等の一人、かく言う私だ……」

Mon oncle somnolait dans son coin. Moi, bouillant de jeunesse, je cachais mon visage dans mon écharpe et je fixais ces deux hommes avec haine.

Une fois arrivés au Fujiya, j'envoyai mon oncle seul au bain et j'interrogeai les servantes, puis le majordome. Tous me firent la même réponse. La renommée de Sōichi, ce Sōzan, était immense. Récemment, un ancien seigneur en séjour au Fujiya l'avait fait mander. Après la séance, le noble s'était exclamé : "Le mont Tsuzumi est proche, mais même à Tokyo, je n'ai jamais entendu un chant de vent dans les pins aussi pur que celui-ci."

Le majordome ajouta : "Sōzan a dit qu'il aimerait bien faire entendre cela à ceux-là." Par "ceux-là", il parlait de nous...

Et l'un de "ceux-là", c'était moi qui vous parle. »

十三 - XIII

「なお聞けば、古市のはずれに、その惣市、小料理屋の店をして、妾の三人もある、大した勢だ、と言うだろう。――何を!……按摩の分際で、宗家の、宗の字、この道の、本山が凄じい。

こう、按摩さん、舞台の差は堪忍してくんな。」

と、竊と痛そうに胸を圧えた。

「後で、よく気がつけば、信州のお百姓は、東京の芝居なんぞ、ほんとの猪はないとて威張る。……な、宮重大根が日本一なら、蕪の千枚漬も皇国無双で、早く言えば、この桑名の、焼蛤も三都無類さ。

その気で居れば可いものを、二十四の前厄なり、若気の一図に苛々して、第一その宗山が気に入らない。(的等。)もぐっと癪に障れば、妾三人で赫とした。

維新以来の世がわりに、……一時私等の稼業がすたれて、夥間が食うに困ったと思え。弓矢取っては一万石、大名株の芸人が、イヤ楊枝を削る、かるめら焼を露店で売る。……蕎麦屋の出前持になるのもあり、現在私がその小父者などは、田舎の役場に小使いをして、濁り酒のかすに酔って、田圃の畝に寝たもんです。……

その妹だね、可いかい、私の阿母が、振袖の年頃を、困る処へ附込んで、小金を溜めた按摩めが、ちとばかりの貸を枷に、妾にしよう、と追い廻わす。――危く駒下駄を踏返して、駕籠でなくっちゃ見なかった隅田川へ落ちようとしたっさ。――その話にでも嫌いな按摩が。

ええ。

« On me disait aussi qu'aux lisières de Furuichi, ce Sōichi tenait un petit restaurant et s'offrait le luxe de trois maîtresses. Quelle morgue ! Un simple masseur qui ose s'approprier le caractère Sō (le "Grand" ou le "Maître") de notre école et se prétendre le sommet de cet art...

Ah, Monsieur le masseur, pardonnez-moi si nos rangs diffèrent ! »

Il pressa sa poitrine comme s'il souffrait d'une vieille blessure.

« Avec le recul, je me dis que les paysans de Shinshū sont bien fiers de dire qu'au théâtre de Tokyo, il n'y a pas de "vrai" sanglier... Si le radis de Miyashige est le premier du Japon, les navets marinés de Kyoto sont sans pareils dans l'Empire, et pour tout dire, les palourdes grillées de Kuwana n'ont pas d'égales dans les trois capitales.

On devrait s'en tenir là, mais j'avais vingt-quatre ans — l'âge de la mauvaise chance — et j'étais dévoré par une impatience juvénile. Ce Sōzan m'insupportait. Ce "ceux-là" qu'il avait lâché me restait en travers de la gorge, et ses trois maîtresses m'exaspéraient.

Depuis les changements de l'ère Meiji, notre profession périclite et beaucoup de nos confrères ont connu la faim. Des artistes de haut rang, qui autrefois valaient dix mille boisseaux de riz, en sont réduits à tailler des cure-dents ou à vendre des sucres filés sur des étals... Certains sont devenus livreurs de nouilles. Mon propre oncle a été garçon de course dans une mairie de campagne, s'enivrant de lie de saké et dormant sur les talus des rizières...

Et sa sœur — ma propre mère —, alors qu'elle était en âge de porter les manches longues des jeunes filles, fut harcelée par un masseur qui avait amassé un petit pécule. Profitant d'une petite dette, il voulait en faire sa maîtresse. Elle a failli perdre pied et se jeter dans la rivière Sumida, elle qui ne l'avait jamais regardée que depuis une barque de luxe. Voilà pourquoi je déteste les masseurs.

待て、見えない両眼で、汝が身の程を明く見るよう、療治を一つしてくりょう。

で、翌日は謹んで、参拝した。

その尊さに、その晩ばかりはちっとの酒で宵寝をした、叔父の夜具の裾を叩いて、枕許へ水を置き、

(女中、そこいらへ見物に、)

と言った心は、穴を圧えて、宗山を退治る料簡。

と出た、風が荒い。荒いがこの風、五十鈴川で劃られて、宇治橋の向うまでは吹くまいが、相の山の長坂を下から哄と吹上げる……これが悪く生温くって、灯の前じゃ砂が黄色い。月は雲の底に淀りしている。神路山の樹は蒼くても、二見の波は白かろう。酷い勢、ぱっと吹くので、たじたじとなる。帽子が飛ぶから、そのまま、藤屋が店へ投返した……と脊筋へ孕んで、坊さんが忍ぶように羽織の袖が飜々する。着換えるのも面倒で、昼間のなりで、神詣での紋付さ。――袖畳みに懐中へ捻込んで、何の洒落にか、手拭で頬被りをしたもんです。

門附になる前兆さ、状を見やがれ。」と片手を袖へ、二の腕深く突込んだ。片手で狙うように茶碗を圧えて、

「ね、古市へ行くと、まだ宵だのに寂然している。……軒が、がたぴしと鳴って、軒行燈がばッばッ揺れる。三味線の音もしたけれど、吹さらわれて大屋根へ猫の姿でけし飛ぶようさ。何の事はない、今夜のこの寂しい新地へ、風を持って来て、打着けたと思えば可い。

Attends un peu, me dis-je alors. Puisque tes deux yeux sont aveugles, je vais t'administrer un traitement qui t'apprendra à voir clair en toi-même.

Le lendemain, je fis mes dévotions au Grand Sanctuaire avec recueillement.

La solennité du lieu me fit rester sobre ce soir-là. Je bordai mon oncle dans ses couvertures, posai de l'eau près de son oreiller et dis à la servante : "Je sors voir les environs". Mais mon intention réelle était de débusquer ce Sōzan pour l'anéantir.

Dehors, le vent soufflait en tempête. Un vent violent, mais qui ne devait pas franchir le pont d'Uji ; il s'engouffrait en hurlant depuis le bas de la longue pente d'Ainomoyama... C'était un vent tiède et malsain qui jaunissait le sable devant les lanternes. La lune restait tapie au fond des nuages. Si les arbres du mont Kamiji étaient sombres, les vagues de Futami devaient être blanches d'écume. La bourrasque était telle que je vacillais. Mon chapeau s'envola ; je le lançai derrière l'étal du Fujiya... Le vent s'engouffra dans mon dos, faisant voleter les manches de mon haori comme celles d'un moine en maraude. Trop paresseux pour me changer, j'étais resté en habit armorié, ma tenue de pèlerin. Je m'étais simplement enveloppé le visage d'un mouchoir, Dieu sait par quelle fantaisie.

C'était le signe avant-coureur de mon destin de musicien des rues : regardez-moi aujourd'hui ! »

Il enfonça son bras profondément dans sa manche et, pressant sa coupe d'un air de défi, reprit :

« Quand j'arrivai à Furuichi, bien que la soirée fût encore jeune, tout était désert. Les avant-toits grinçaient sous les rafales, les lanternes vacillaient. On entendait parfois une note de shamisen, mais elle était aussitôt balayé par le vent, comme un chat s'envolant par-dessus les grands toits. C'était exactement comme si j'avais apporté avec moi le vent de cette nuit solitaire pour le projeter sur ce quartier.

一軒、地のちと窪んだ処に、溝板から直ぐに竹の欄干になって、毛氈の端は刎上り、畳に赤い島が出来て、洋燈は油煙に燻ったが、真白に塗った姉さんが一人居る、空気銃、吹矢の店へ、ひょろりとして引掛ったね。

取着きに、肱を支いて、怪しく正面に眼の光る、悟った顔の達磨様と、女の顔とを、七分三分に狙いながら、

(この辺に宗山ッて按摩は居るかい。)とここで実は様子を聞く気さ。押懸けて行こうたってちっとも勝手が知れないから。

(先生様かね、いらっしゃります。)と何と、(的等。)の一人に、先生を、しかも、様づけに呼ぶだろう。

(実は、その人の何を、一つ、聞きたくって来たんだが、誰が行っても頼まれてくれるだろうか。)と尋ねると、大熨斗を書いた幕の影から、色の蒼い、鬢の乱れた、痩せた中年増が顔を出して、(知己のない、旅の方にはどうか知らぬ、お望なら、内から案内して上げましょうか。)と言う。

茶代を奮発んで、頼むと言った。

(案内して上げなはれ、可い旦那や、気を付けて、)と目配をする、……と雑作はない、その塗ったのが、いきなり、欄干を跨いで出る奴さ。」

Dans un renfoncement, juste au-dessus des planches recouvrant le caniveau, je tombai sur une boutique aux balustrades de bambou. Les tapis de feutre rouge s'envolaient, dessinant des îles pourpres sur les nattes. Les lampes fumaient, encrassées d'huile. Une servante au visage plâtré de blanc tenait une boutique de tir à la carabine et de sarbacane.

Je m'y arrêtai, comme par hasard. M'accoudant au comptoir, je fixai le portrait d'un Bodhidharma au regard perçant et le visage de la femme.

"Y a-t-il dans le coin un masseur nommé Sōzan ?" demandai-je, cherchant à tâter le terrain. Je ne pouvais pas foncer tête baissée sans connaître les lieux.

"Maître Sōzan ? Mais il est chez lui !", répondit-elle. Entendez-vous cela ? Elle donnait du "Maître" et du "Monsieur" à l'un de "ceux-là" !

"En vérité, j'aimerais l'entendre... Accepterait-il de recevoir n'importe quel voyageur ?" Alors, derrière un rideau orné d'un large nœud de félicitations, une femme d'âge mûr, pâle, les cheveux défaits et le corps émacié, sortit la tête : "Pour un étranger de passage, je ne sais pas... mais si vous le désirez, je peux vous conduire chez lui."

Je fus généreux sur le pourboire et lui demandai de m'escorter. "Conduis-le, c'est un bon client, fais attention", dit-elle avec un clin d'œil... Aussitôt dit, aussitôt fait : la femme plâtrée de blanc enjamba la balustrade pour me guider. »

十四 - XIV

「両袖で口を塞いで、風の中を俯向いて行く。……その女の案内で、つい向う路地を入ると、どこも吹附けるから、戸を鎖したが、怪しげな行燈の煽って見える、ごたごたした両側の長屋の中に、溝板の広い、格子戸造りで、この一軒だけ二階屋。

軒に、御手軽御料理としたのが、宗山先生の住居だった。

(お客様。)と云う女の送りで、ずッと入る。直ぐそこの長火鉢を取巻いて、三人ばかり、変な女が、立膝やら、横坐りやら、猫板に頬杖やら、料理の方は隙らしい。……上框の正面が、取着きの狭い階子段です。

(座敷は二階かい、)と突然頬被を取って上ろうとすると、風立つので燈を置かない。真暗だからちょっと待って、と色めいてざわつき出す。とその拍子に風のなぐれで、奴等の上の釣洋燈がぱっと消えた。

そこへ、中仕切の障子が、次の室の燈にほのめいて、二枚見えた。真中へ、ぱっと映ったのが、大坊主の額の出た、唇の大い影法師。む、宗山め、居るな、と思うと、憎い事には……影法師の、その背中に掴まって、坊主を揉んでるのが華奢らしい島田髷で、この影は、濃く映った。

« Elle avançait tête baissée dans le vent, se protégeant la bouche de ses manches. Je la suivis dans une ruelle. Tout était clos à cause de la tempête, mais on devinait l'agitation derrière les lanternes vacillantes. Au milieu des rangées de maisons encombrées, une bâtisse se distinguait : une maison à étage avec une clôture de treillis et de larges planches sur le fossé.

Une enseigne indiquait "Cuisine Simple" : c'était la demeure de Maître Sōzan.

"Un client !", annonça la femme en me faisant entrer. Près du grand brasero, trois femmes étranges étaient installées : l'une à genoux, l'autre assise de travers, la troisième accoudée au rebord de bois. Elles semblaient n'avoir rien à faire en cuisine. Au milieu de la pièce, un escalier étroit menait à l'étage.

"C'est en haut ?" demandai-je en retirant mon mouchoir. Comme le vent soufflait trop fort, il n'y avait pas de lampes allumées. "Attendez un instant", dirent-elles en s'agitant dans le noir. À ce moment, une bourrasque éteignit la lampe à huile suspendue au-dessus d'elles.

C'est alors qu'à travers la cloison de papier, faiblement éclairée par la lumière de la pièce voisine, deux silhouettes apparurent. Au centre se découpait l'ombre d'un grand crâne chauve au front proéminent et aux lèvres épaisses. "Sōzan est là", me dis-je. Mais ce qui m'irrita au plus haut point, c'était l'ombre délicate d'une coiffure shimada qui s'activait derrière lui pour le masser. Cette silhouette-là était d'une netteté frappante.

火燧々々、と女どもが云う内に、

(えへん)と咳を太くして、大な手で、灰吹を持上げたのが見えて、離れて煙管が映る。――もう一倍、その時図体が拡がったのは、袖を開いたらしい。此奴、寝ん寝子の広袖を着ている。

やっと台洋燈を点けて、

(お待遠でした、さあ、)

って二階へ。吹矢の店から送って来た女はと、中段からちょっと見ると、両膝をずしりと、そこに居た奴の背後へ火鉢を離れて、俯向いて坐った。

(あの娘で可いのかな、他にもござりますよって。)

と六畳の表座敷で低声で言うんだ。――ははあ、商売も大略分った、と思うと、其奴が

(お誂は。)

と大な声。

"Le briquet ! Le briquet !", criaient les femmes.

J'entendis un "Hem !" sonore, une toux caverneuse, et je vis l'ombre d'une main massive saisir un pot à cendres, puis celle d'une pipe. Sa stature sembla doubler de volume lorsqu'il ouvrit ses manches. Il portait un large vêtement de nuit matelassé.

On finit par allumer une lampe à poser.

"Veuillez nous excuser pour l'attente, montez donc." Depuis le milieu de l'escalier, je jetai un coup d'œil à la femme qui m'avait conduit. Elle s'était assise en retrait du brasero, la tête basse, derrière les autres.

"Cette jeune fille vous convient-elle ? Nous en avons d'autres", murmura-t-on dans la chambre de six nattes à l'étage. Je compris alors la nature réelle de leur commerce.

"Que désirez-vous ?", tonna une voix massive.

(あっさりしたものでちょっと一口。そこで……)

実は……御主人の按摩さんの、咽喉が一つ聞きたいのだ、と話した。

(咽喉?)……と其奴がね、異に蔑んだ笑い方をしたものです。

(先生様の……でござりますか、早速そう申しましょう。)

で、地獄の手曳め、急に衣紋繕いをして下りる。しばらくして上って来た年紀の少い十六七が、……こりゃどうした、よく言う口だが芥溜に水仙です、鶴です。帯も襟も唐縮緬じゃあるが、もみじのように美しい。結綿のふっくりしたのに、浅葱鹿の子の絞高な手柄を掛けた。やあ、三人あると云う、妾の一人か。おおん神の、お膝許で沙汰の限りな! 宗山坊主の背中を揉んでた島田髷の影らしい。惜しや、五十鈴川の星と澄んだその目許も、鯰の鰭で濁ろう、と可哀に思う。この娘が紫の袱紗に載せて、薄茶を持って来たんです。

いや、御本山の御見識、その咽喉を聞きに来たとなると……客にまず袴を穿かせる仕向をするな、真剣勝負面白い。で、こっちも勢、懐中から羽織を出して着直したんだね。

やがて、また持出した、杯というのが、朱塗に二見ヶ浦を金蒔絵した、杯台に構えたのは凄かろう。

"Quelque chose de léger à grignoter. Et puis..."

J'expliquai que je voulais entendre la "voix" (le talent) du maître masseur de la maison.

"Sa voix ?" L'individu laissa échapper un rire méprisant. "Celle du Maître... bien, je vais l'en informer sur-le-champ."

Ce valet de l'enfer réajusta ses vêtements et descendit. Peu après, une jeune fille de seize ou dix-sept ans monta... C'était un miracle, comme un narcisse ou une grue surgissant d'un tas d'ordures. Bien qu'elle fût vêtue de crêpe de soie commun, elle était belle comme un érable en automne. Sa coiffure était ornée d'un ruban bleu pâle. Était-ce l'une de ses trois maîtresses ? Quelle ignominie, si près du seuil des dieux ! C'était sans doute son ombre, celle de la coiffure shimada, que j'avais vue masser le crâne du vieux moine. Quelle pitié de voir ce regard pur comme les étoiles de la rivière Isuzu se ternir au contact de ce vieux silure. Elle m'apporta du thé léger sur un plateau de soie violette.

C'était là tout le prestige du "Grand Maître" : puisqu'on venait pour entendre sa voix, il exigeait d'abord que le client se mette en tenue d'apparat. Un duel à mort, voilà qui devenait intéressant ! Je sortis donc mon haori de ma veste pour le revêtir.

Bientôt, on apporta un plateau de laque rouge orné d'un paysage de Futamigaura en fils d'or, sur lequel trônait une coupe de saké. C'était une mise en scène impressionnante.

(まず一ツ上って、こっちへ。)

と按摩の方から、この杯の指図をする。その工合が、謹んで聞け、といった、頗る権高なものさ。どかりとそこへ構え込んだ。その容子が膝も腹もずんぐりして、胴中ほど咽喉が太い。耳の傍から眉間へ掛けて、小蛇のように筋が畝くる。眉が薄く、鼻がひしゃげて、ソレその唇の厚い事、おまけに頬骨がギシと出て、歯を噛むとガチガチと鳴りそう。左の一眼べとりと盲い、右が白眼で、ぐるりと飜った、しかも一面、念入の黒痘瘡だ。

が、争われないのは、不具者の相格、肩つきばかりは、みじめらしくしょんぼりして、猪の熊入道もがっくり投首の抜衣紋で居たんだよ。」

"Commencez par boire une coupe, puis venez ici", ordonna le masseur.

Son ton était d'une arrogance absolue, comme s'il s'adressait à un subalterne. Il était assis là, massif, le ventre et les genoux épais, le cou aussi large que le buste. Une veine sinuait comme un petit serpent de son oreille jusqu'à son front. Les sourcils minces, le nez écrasé, les lèvres d'une épaisseur démesurée, et des pommettes saillantes qui semblaient devoir craquer à chaque mouvement de mâchoire. Son œil gauche était scellé, son œil droit n'était qu'une pupille blanche révulsée, le tout marqué par les cicatrices de la petite vérole.

Pourtant, malgré cette laideur, sa carrure et son port d'épaules imposaient le respect. Il se tenait là, tel un monstre-sanglier à forme humaine, la nuque dégagée, prêt à en découdre. »

十五 - XV

「いえな、何も私が意地悪を言うわけではないえ。」

と湊屋の女中、前垂の膝を堅くして――傍に柔かな髪の房りした島田の鬢を重そうに差俯向く……襟足白く冷たそうに、水紅色の羽二重の、無地の長襦袢の肩が辷って、寒げに脊筋の抜けるまで、嫋やかに、打悄れた、残んの嫁菜花の薄紫、浅葱のように目に淡い、藤色縮緬の二枚着で、姿の寂しい、二十ばかりの若い芸者を流盻に掛けつつ、

「このお座敷は貰うて上げるから、なあ和女、もうちゃっと内へお去にや。……島家の、あの三重さんやな、和女、お三重さん、お帰り!」

と屹と言う。

「お前さんがおいでやで、ようお客さんの御機嫌を取ってくれるであろうと、小女ばかり附けておいて、私が勝手へ立違うている中や、……勿体ない、お客たちの、お年寄なが気に入らぬか、近頃山田から来た言うて、こちの私の許を見くびったか、酌をせい、と仰有っても、浮々とした顔はせず……三味線聞こうとおっしゃれば、鼻の頭で笑うたげな。傍に居た喜野が見かねて、私の袖を引きに来た。

« Ce n'est pas que je veuille être méchante, loin de là ! »

La servante du Minato-ya rajusta son tablier sur ses genoux. À ses côtés, une jeune geisha d'environ vingt ans, à la silhouette mélancolique, restait prostrée, la tête basse sous le poids d'un chignon shimada aux boucles soyeuses. Ses épaules, drapées dans un long sous-vêtement de soie habutae rose pâle, semblaient glisser, révélant une nuque blanche et glacée ; elle portait deux épaisseurs de crêpe de couleur glycine, une teinte aussi ténue que les dernières fleurs de l'automne. La servante la dévisagea d'un air sévère :

« Je vais m'occuper de ce salon, alors toi, ma fille, rentre donc chez toi. ... Allez, O-Mie de chez Shimaya, rentre vite ! »

« On t'a fait venir en pensant que tu saurais distraire les clients, mais alors que je n'ai laissé qu'une fillette avec vous pour aller en cuisine... Quelle honte ! Est-ce que nos invités ne sont pas assez bien pour toi ? Est-ce parce que tu arrives de Yamada que tu méprises ma maison ? On te demande de servir à boire, et tu tires une tête d'enterrement... On te demande un air de shamisen, et tu leur ris au nez ! La petite Kino n'a pas supporté de voir ça et est venue me tirer par la manche. »

先刻から、ああ、こうと、口の酸くなるまで、機嫌を取るようにして、私が和女の調子を取って、よしこの一つ上方唄でも、どうぞ三味線の音をさしておくれ。お客様がお寂しげな、座敷が浮かぬ、お見やんせ、蝋燭の灯も白けると、頼むようにして聞かいても、知らぬ、知らぬ、と言通す。三味線は和女、禁物か。下手や言うて、知らぬ云うて、曲なりにもお座つき一つ弾けぬ芸妓がどこにある。

よう、思うてもお見。平の座敷か、そでないか。貴客がたのお人柄を見りゃ分るに、何で和女、勤める気や。私が済まぬ。さ、お立ち。ええ、私が箱を下げてやるから。」

と優しいのがツンと立って、襖際に横にした三味線を邪険に取って、衝と縦様に引立てる。

「ああれ。」

はっと裳を摺らして、取縋るように、女中の膝を竊と抱き、袖を引き、三味線を引留めた。お三重の姿は崩るるごとく、芍薬の花の散るに似て、

「堪忍して下さいまし、堪忍して、堪忍して、」と、呼吸の切れる声が湿んで、

「お客様にも、このお内へも、な、何で私が失礼しましょう。ほんとに、あの、ほんとに三味線は出来ませんもの、姉さん、」

と言が途絶えた。……

« Depuis tout à l'heure, je m'épuise à t'expliquer comment faire, j'essaie de te mettre dans l'ambiance, je te supplie de nous jouer ne serait-ce qu'un air de la région pour faire résonner le shamisen. Les clients s'ennuient, l'atmosphère est morose, regarde donc : même la flamme des bougies semble pâlir ! Et toi, tu persistes à dire que tu ne sais pas, que tu ne sais rien. Est-ce que le shamisen est un tabou pour toi ? Une geisha qui ne sait pas jouer, même maladroitement, un petit morceau pour accompagner la soirée, ça n'existe pas !

Réfléchis un peu. Crois-tu que c'est une taverne ordinaire ? Regarde la distinction de ces messieurs, comment peux-tu n'avoir aucune envie de les servir ? C'est moi qui suis confuse devant eux. Allez, lève-toi. Tiens, c'est moi qui vais porter ta boîte. »

La servante se leva brusquement et saisit sans ménagement le shamisen posé contre la cloison, le redressant d'un coup sec.

« Ah ! Non ! »

Dans un froissement de soie, O-Mie se laissa glisser au sol et s'agrippa aux genoux de la servante, tirant sur sa manche pour retenir l'instrument. Elle semblait s'effondrer comme les pétales d'une pivoine qui se meurt.

« Pardonnez-moi, je vous en supplie, pardonnez-moi ! » criait-elle d'une voix étranglée par les sanglots.

« Comment pourrais-je manquer de respect à ces messieurs ou à cette maison ? C'est la vérité, je vous assure... je ne sais vraiment pas jouer du shamisen, ma sœur ! »

Sa voix se brisa.

「今しがたも、な、他家のお座敷、隅の方に坐っていました。不断ではない、兵隊さんの送別会、大陽気に騒ぐのに、芸のないものは置かん、衣服を脱いで踊るんなら可、可厭なら下げると……私一人帰されて、主人の家へ戻りますと、直ぐに酷いめに逢いました、え。

三味線も弾けず、踊りも出来ぬ、座敷で衣物が脱げないなら、内で脱げ、引剥ぐと、な、帯も何も取られた上、台所で突伏せられて、引窓をわざと開けた、寒いお月様のさす影で、恥かしいなあ、柄杓で水を立続けて乳へも胸へもかけられましたの。

こちらから、あの、お座敷を掛けて下さいますと、どうでしょう、炬燵で温めた襦袢を着せて、東京のお客じゃそうなと、な、取って置きの着物を出して、よう勤めて帰れや言うて、御主人が手で、駒下駄まで出すんです。

勤めるたって、どうしましょう……踊は立って歩行くことも出来ませんし、三味線は、それが姉さん、手を当てれば誰にだって、音のせぬ事はないけれど、弾いて聞かせとおっしゃるもの、どうして私唄えます。……

不具でもないに情ない。調子が自分で出来ません。何をどうして、お座敷へ置いて頂けようと思いますと、気が怯けて気が怯けて、口も満足利けませんから、何が気に入らないで、失礼な顔をすると、お思い遊ばすのも無理はない、なあ。……

« Tout à l'heure encore, j'étais dans un autre salon. C'était une fête pour le départ de soldats, tout le monde s'amusait bruyamment. Ils ont dit qu'ils ne voulaient pas d'une fille sans talent, qu'il fallait soit se déshabiller et danser, soit partir... On m'a renvoyée seule. Quand je suis rentrée chez mon patron, j'ai subi un traitement terrible.

Il m'a dit : "Si tu ne sais ni jouer ni danser, et que tu refuses de te dévêtir au salon, alors déshabille-toi ici !" Il m'a arraché ma ceinture et mes vêtements, m'a jetée dans la cuisine et a ouvert la lucarne tout exprès. Sous la lueur glacée de la lune, quelle honte... il m'a versé des louches d'eau froide l'une après l'autre sur les seins et la poitrine. Puis, quand votre maison a appelé pour un salon, il m'a fait mettre un sous-vêtement chauffé au kotatsu, en disant que les clients venaient de Tokyo. Il a sorti ce kimono de réserve et m'a ordonné de bien les servir, m'apportant même mes sandales de ses propres mains...

Mais comment faire ? Pour la danse, je n'arrive même pas à marcher correctement. Et le shamisen... bien sûr, ma sœur, dès qu'on y pose la main, il rend un son, mais quand on me demande de jouer pour chanter, comment le pourrais-je ? Je ne suis pas infirme, et pourtant c'est lamentable. Je n'arrive pas à trouver le ton toute seule. Quand je pense que je ne mérite pas d'être dans ce salon, je perds tous mes moyens, je n'arrive même plus à parler. Il n'est pas étonnant que vous pensiez que je manque de respect ou que je fais grise mine par caprice... »

このお家へは、お台所で、洗い物のお手伝をいたします。姉さん、え、姉さん。」

と袖を擦って、一生懸命、うるんだ目許を見得もなく、仰向けになって女中の顔。……色が見る見る柔いで、突いて立った三味線の棹も撓みそうになった、と見ると、二人の客へ、向直った、ふっくりとある綾の帯の結目で、なおその女中の袂を圧えて。……

« Laissez-moi rester ici, je vous aiderai à faire la vaisselle en cuisine. Ma sœur... je vous en prie ! »

Elle frotta sa manche contre ses yeux mouillés et leva un regard désespéré, sans aucune coquetterie, vers le visage de la servante. Le regard de cette dernière s'adoucit visiblement, et le manche du shamisen qu'elle tenait sembla s'assouplir dans sa main. O-Mie se tourna alors vers les deux clients, sa ceinture de soie damassée encore pressée contre la robe de la servante.

十六 - XVI

お三重は、そして、更めて二箇の老人に手を支いた。

「芸者でお呼び遊ばした、と思いますと……お役に立たず、極りが悪うございまして、お銚子を持ちますにも手が震えてなりません。下婢をお傍へお置き遊ばしたとお思いなさいまして、お休みになりますまでお使いなすって下さいまし。お背中を敲きましょう、な、どうぞな、お肩を揉まして下さいまし。それなら一生懸命にきっと精を出します。」

と惜気もなく、前髪を畳につくまで平伏した。三指づきの折かがみが、こんな中でも、打上る。

本を開いて、道中の絵をじろじろと黙って見ていた捻平が、重くるしい口を開けて、

「子孫末代よい意見じゃ、旅で芸者を呼ぶなぞは、のう、お互に以後謹もう……」と火箸に手を置く。

所在なさそうに半眼で、正面に臨風榜可小楼を仰ぎながら、程を忘れた巻莨、この時、口許へ火を吸って、慌てて灰へ抛って、弥次郎兵衛は一つ咽せた。

「ええ、いや、女中、……追って祝儀はする。ここでと思うが、その娘が気が詰ろうから、どこか小座敷へ休まして皆で饂飩でも食べてくれ。私が驕る。で、何か面白い話をして遊ばして、やがて可い時分に帰すが可い。」と冷くなった猪口を取って、寂しそうに衝と飲んだ。

O-Mie se tourna alors vers les deux vieillards, les mains posées à plat sur les nattes en signe de respect.

« Si vous m'avez fait venir en tant que geisha... je m'en veux de ne vous être d'aucune utilité. Ma confusion est telle que mes mains ne cessent de trembler, même pour vous servir le saké. Je vous en prie, considérez-moi comme une simple servante à votre disposition et utilisez-moi jusqu'à l'heure de votre repos. Laissez-moi vous tapoter le dos ou vous masser les épaules. Pour cela, je vous assure que je mettrai tout mon cœur à l'ouvrage. »

Sans aucune retenue, elle se prosterna jusqu'à ce que sa frange effleure le tatami. Même dans cette détresse, la grâce de son salut, les trois doigts posés au sol, restait admirable.

Nejihei, qui fixait en silence les illustrations de voyage de son livre, finit par ouvrir une bouche pesante :

« Voilà une leçon qui servira à nos descendants... appeler des geishas en voyage est une folie. Mon ami, soyons plus prudents à l'avenir... » dit-il en posant la main sur les pincettes à feu.

Yajirobei, l'air absent, les yeux mi-clos, contemplait la calligraphie Rinpûhôka Shôrô au mur tout en oubliant qu'il fumait un cigare. À cet instant, la braise lui brûla les lèvres ; il le jeta précipitamment dans les cendres et s'étouffa dans une quinte de toux.

« Hé, non, mademoiselle… je vous donnerai un pourboire plus tard. Je pensais le faire ici, mais la petite se sentirait mal à l'aise. Emmenez-la dans un petit salon quelque part, reposez-vous, et mangez tous ensemble des udon — c'est moi qui régale. Tenez-lui compagnie avec quelques histoires amusantes, puis renvoyez-la quand le moment sera venu, voilà ce qui vaudra mieux. » Ce disant, il saisit sa coupe de saké refroidie et la vida d'un trait, avec une expression de mélancolie solitaire.

女中は、これよりさき、支いて突立ったその三味線を、次の室の暗い方へ密と押遣って、がっくりと筋が萎えた風に、折重なるまで摺寄りながら、黙然りで、燈の影に水のごとく打揺ぐ、お三重の背中を擦っていた。

「島屋の亭が、そんな酷い事をしおるかえ。可いわ、内の御隠居にそう言うて、沙汰をして上げよう。心安う思うておいで、ほんにまあ、よう和女、顔へ疵もつけんの。」

と、かよわい腕を撫下ろす。

「ああ、それも売物じゃいうだけの斟酌に違いないな。……お客様に礼言いや。さ、そして、何かを話しがてら、御隠居の炬燵へおいで。切下髪に頭巾被って、ちょうどな、羊羹切って、茶を食べてや。

けども、」

とお三重の、その清らかな襟許から、優しい鬢毛を差覗くように、右瞻左瞻て、

「和女、因果やな、ほんとに、三味線は弾けぬかい。ペンともシャンとも。」

で、わざと慰めるように吻々と笑った。

Auparavant, la servante avait discrètement repoussé le shamisen vers l'ombre de la pièce voisine. Courbée, les muscles comme affaissés, elle s'était rapprochée d'O-Mie jusqu'à la frôler, frottant doucement son dos qui oscillait comme un reflet sur l'eau dans la lueur de la lampe.

« Le patron de chez Shimaya a vraiment osé te traiter si cruellement ? Très bien, j'en toucherai deux mots à notre vieille maîtresse pour qu'elle règle cette affaire. Ne t'inquiète plus... C'est un miracle qu'il n'ait pas marqué ton beau visage. »

Elle caressa ses bras frêles.

« Ah, j'imagine qu'il a eu la présence d'esprit de ne pas abîmer sa marchandise... Remercie ces messieurs. Allez, viens discuter un peu près du kotatsu de la patronne. Elle porte son bonnet sur ses cheveux courts, tu verras ; mange un peu de pâte de haricots yōkan et bois du thé avec elle. »

Puis, glissant un regard vers la nuque pure d'O-Mie et ses tempes délicates, elle demanda encore, scrutant son visage :

« Mais dis-moi, ma fille... est-ce une fatalité ? Tu ne sais vraiment pas tirer une seule note du shamisen ? Pas même un petit pen ou un shan ? » Et elle rit, bouche fermée, fufu, exprès, pour la réconforter.

人の情に溶けたと見える……氷る涙の玉を散らして、はっと泣いた声の下で、

「はい、願掛けをしましても、塩断ちまでしましたけれど、どうしても分りません、調子が一つ出来ません。性来でござんしょう。」

師走の闇夜に白梅の、面を蝋に照らされる。

「踊もかい。」

「は……い、」

「泣くな、弱虫、さあ一つ飲まんか! 元気をつけて。向後どこへか呼ばれた時は、怯えるなよ。気の持ちようでどうにもなる。ジャカジャカと引鳴らせ、糸瓜の皮で掻廻すだ。琴も胡弓も用はない。銅鑼鐃※(「金+祓のつくり」、第3水準1-93-6)を叩けさ。簫の笛をピイと遣れ、上手下手は誰にも分らぬ。それなら芸なしとは言われまい。踊が出来ずば体操だ。一、」

と左右へ、羽織の紐の断れるばかり大手を拡げ、寛濶な胸を反らすと、

「二よ。」と、庄屋殿が鉄砲二つ、ぬいと前へ突出いて、励ますごとく呵々と弥次郎兵衛、

「これ、その位な事は出来よう。いや、それも度胸だな。見た処、そのように気が弱くては、いかな事も遣つけられまい、可哀相に。」と声が掠れる。

Touchée par cette bonté, O-Mie éclata en sanglots, éparpillant ses larmes comme des perles de glace.

« Oui... j'ai fait des vœux aux dieux, j'ai même pratiqué l'abstinence de sel, mais rien n'y fait : je ne comprends pas, je n'arrive pas à trouver le ton juste. C'est sans doute ma nature qui veut ça. »

Dans l'obscurité de cette nuit de décembre, son visage éclairé par la bougie ressemblait à une fleur de prunier blanc.

« Et la danse non plus ? »

« Non plus... »

« Ne pleure pas, petite poule mouillée ! Allez, bois un coup ! Reprends des forces. À l'avenir, si l'on t'appelle quelque part, ne te laisse pas intimider. Tout est dans la façon dont on aborde les choses. Fais du bruit, n'importe comment ! Gratte les cordes comme si tu les récurais avec une éponge végétale ! Pas besoin de koto ou de luth. Frappe sur des cymbales ou des gongs ! Souffle dans une flûte ! Personne ne verra la différence entre le talent et la maladresse. On ne pourra plus dire que tu n'as pas de talent. Si tu ne sais pas danser, fais de la gymnastique ! Un ! »

Yajirobei écarta les bras si largement que les cordons de son manteau manquèrent de rompre, bombant sa large poitrine.

« Et de deux ! » Tel un notable brandissant deux fusils, il projeta ses bras en avant avec un rire sonore pour l'encourager.

« Voilà, tu pourrais au moins faire ça ! C'est une question de cran. À te voir si timide, tu ne te sortiras jamais de rien, pauvre enfant... » Sa voix se fit plus sourde, presque enrouée.

「あの……私が、自分から、言います事は出来ません、お恥しいのでございますが、舞の真似が少しばかり立てますの、それもただ一ツだけ。」

と云う顔を俯向いて、恥かしそうにまた手を支く。

「舞えるかえ、舞えるのかえ。」

と女中は嬉しそうな声をして、

「おお、踊や言うで明かんのじゃ。舞えるのなら立っておくれ。このお座敷、遠慮は入らん。待ちなはれ、地が要ろう。これ喜野、あすこの広間へ行ってな、内の千がそう言うたて、誰でも弾けるのを借りて来やよ。」

とぽんとしていた小女の喜野が立とうとする、と、名告ったお千が、打傾いて、優しく口許をちょいと曲げて傾いて、

「待って、待って、」

« En vérité... je n'ose pas le dire moi-même, j'en ai trop honte... mais je connais les rudiments d'une danse de style mai. Enfin, d'une seule... » Elle baissa la tête, les mains à nouveau posées au sol avec pudeur.

« Tu sais danser le mai ? Vraiment ? » s'exclama la servante d'une voix réjouie.

« Oh, c'est pour ça que ça ne marchait pas quand on parlait de danse ordinaire ! Si c'est du mai, lève-toi et montre-nous. Ne sois pas gênée dans ce salon. Attends, il nous faut un accompagnement. Hé, Kino ! Va dans la grande salle, dis-leur que c'est O-Sen qui demande, et emprunte n'importe qui capable de jouer un air ! »

Alors que la petite Kino s'apprêtait à bondir, la servante — qu'on venait de nommer O-Sen — pencha la tête, esquissa une moue gracieuse et l'arrêta d'un geste :

« Attends, attends... »

十七 - XVII

「いつもと違う。……一度軍隊へ行きなさると、日曜でのうては出られぬ、……お国のためやで、馴れぬ苦労もしなさんす。新兵さんの送別会や。女衆が大勢居ても、一人抜けてもお座敷が寂しくなるもの。

可いわ、旅の恥は掻棄てを反対なが、一泊りのお客さんの前、私が三味線を掻廻そう。お三重さん、立つのは何? 有るものか、無いものか言うも行過ぎた……有るものとて無いけれど、どうにか間に合わせたいものではある。」

「あら、姉さん。」

と、三味線取りに立とうとした、お千の膝を、袖で圧えて、ちとはなじろんだ、お三重の愛嬌。

「糸に合うなら踊ります。あのな、私のはな、お能の舞の真似なんです。」と、言いも果てず、お千の膝に顔を隠して、小父者と捻平に背向になった初々しさ。包ましやかな姿ながら、身を揉む姿の着崩れして、袖を離れて畳に長い、襦袢の袖は媚かしい。

「何、その舞を舞うのかい。」と弥次郎兵衛は一言云う。

捻平膝の本をばったり伏せて、

「さて、飲もう。手酌でよし。ここで舞なぞは願い下げじゃ。せめてお題目の太鼓にさっしゃい。ふあはははは、」となぜか皺枯れた高笑い、この時ばかり天井に哄と響いた。

「捻平さん、捻さん。」

「おお。」

と不性げにやっと応える。

« Ce soir c'est différent des autres fois… Une fois qu'ils sont à l'armée, ils ne peuvent plus sortir sauf le dimanche. C'est pour le pays, ils endurent des peines auxquelles ils ne sont pas habitués. C'est la fête d'adieu des nouveaux conscrits. Même s'il y a beaucoup de femmes, si une seule manque, le salon devient triste.

Soit ! On dit qu’il faut laisser sa honte au vestiaire quand on voyage, mais je vais faire l'inverse : devant des clients d'un soir, c'est moi qui vais faire vibrer le shamisen. O-Mie, qu'allez-vous danser ? Demander si vous avez du talent ou non était déplacé... On sait bien que vous n'en avez guère, mais nous allons tâcher de faire avec. »

« Oh, ma sœur ! »

L'étincelle de gratitude d'O-Mie brilla alors qu'elle pressait de sa manche le genou d'O-Sen, qui s'apprêtait à se lever pour saisir l'instrument.

« Si je peux suivre le fil de la musique, je danserai. Vous savez... ma danse, c'est une imitation du théâtre Nô. » À peine eut-elle fini sa phrase qu'elle cacha son visage contre le genou d'O-Sen, tournant le dos au vieil oncle et à Nejihei avec une timidité touchante. Malgré sa posture pleine de retenue, son mouvement fit glisser l'étoffe de son vêtement, laissant s'échapper sur le tatami la longue manche d'un sous-vêtement de soie, d'une élégance presque provocante.

« Quoi ? Tu vas danser ce mai ? » demanda Yajirobei.

Nejihei referma brusquement son livre sur ses genoux.

« Allons, buvons ! Je me servirai moi-même. Je me passe bien de danse ici. Contente-toi de battre le tambour pour une prière bouddhique ! Hahaha ! » Son rire rocailleux résonna étrangement sous le plafond.

« Nejihei ! Mon vieux Neji ! »

« Quoi... » répondit l'autre d'un ton bourru.

「何も道中の話の種じゃ、ちょっと見物をしようと思うね。」

「まず、ご免じゃ。」

「さらば、其許は目を瞑るだ。」

「ええ、縁起の悪い事を言わさる。……明日にも江戸へ帰って、可愛い孫娘の顔を見るまでは、死んでもなかなか目は瞑らぬ。」

「さてさて捻るわ、ソレそこが捻平さね。勝手になされ。さあ、あの娘立ったり、この爺様に遠慮は入らぬぞ。それ、何にも芸がないと云うて肩腰をさすろうと卑下をする。どんな真似でも一つ遣れば、立派な芸者の面目が立つ。祝儀取るにも心持が可かろうから、是非見たい。が、しかし心のままにしなよ、決して勤を強いるじゃないぞ。」

「あんなに仰有って下さるもの。さあ、どんな事するのや知らんが、まずうても大事ない、大事ない、それ、支度は入らぬかい。」

「あい、」

とわずかに身を起すと、紫の襟を噛むように――ふっくりしたのが、あわれに窶れた――頤深く、恥かしそうに、内懐を覗いたが、膚身に着けたと思わるる、……胸やや白き衣紋を透かして、濃い紫の細い包、袱紗の縮緬が飜然と飜ると、燭台に照って、颯と輝く、銀の地の、ああ、白魚の指に重そうな、一本の舞扇。

« C’est de la matière pour nos récits de voyage, je veux voir ce spectacle. »

« Très peu pour moi. »

« Dans ce cas, tu n'as qu'à fermer les yeux ! »

« Eh ! Ne dis pas de choses de si mauvais augure... Je refuse de fermer les yeux pour de bon avant d'être rentré à Edo demain et d'avoir vu le visage de ma petite-fille adorée. »

« Quel vieux têtu tu fais ! C'est bien là ton caractère, Nejihei. Fais comme tu veux. Allons, petite, lève-toi, ne te préoccupe pas de ce vieux grincheux. Tout à l'heure, tu te dénigrais en disant que tu n'avais aucun talent, proposant même de nous masser les épaules pour compenser. Mais si tu nous montres ne serait-ce qu'une bribe de ton art, tu retrouveras ta dignité de geisha. Ton pourboire n'en sera que plus mérité. Je veux absolument voir cela, mais attention : fais ce que ton cœur te dicte, je ne t'oblige à rien. »

« Puisqu'il vous le demande si gentiment... Allons, je ne sais pas ce que tu vas nous faire, mais même si c'est maladroit, ce n'est pas grave, pas grave du tout. As-tu besoin de préparatifs ? » demanda O-Sen.

« Oui... »

Elle se redressa légèrement, mordillant son col de soie violette — son visage potelé était devenu tristement émacié. Menton baissé, elle fouilla pudiquement dans l'échancrure de son vêtement. À travers le tissu sombre qui laissait deviner la blancheur de sa poitrine, elle en sortit un petit paquet enveloppé de crêpe violet foncé. Le tissu glissa, et soudain, à la lumière des bougies, brilla un éventail de danse au fond d'argent, qui semblait bien lourd pour ses doigts fins comme des petits poissons blancs.

晃然とあるのを押頂くよう、前髪を掛けて、扇をその、玉簪のごとく額に当てたを、そのまま折目高にきりきりと、月の出汐の波の影、静に照々と開くとともに、顔を隠して、反らした指のみ、両方親骨にちらりと白い。

また川口の汐加減、隣の広間の人動揺めきが颯と退く。

と見れば皎然たる銀の地に、黄金の雲を散らして、紺青の月、ただ一輪を描いたる、扇の影に声澄みて、

「――その時あま人申様、もしこのたまを取得たらば、この御子を世継の御位になしたまえと申しかば、子細あらじと領承したもう、さて我子ゆえに捨ん命、露ほども惜からじと、千尋のなわを腰につけ、もしこの玉をとり得たらば、このなわを動かすべし、その時人々ちからをそえ――」

と調子が緊って、

「……ひきあげたまえと約束し、一の利剣を抜持って、」

と扇をきりりと袖を直す、と手練ぞ見ゆる、自から、衣紋の位に年長けて、瞳を定めたその顔。硝子戸越に月さして、霜の川浪照添う俤。膝立据えた畳にも、燭台の花颯と流るる。

「ああ、待てい。」

と捻平、力の籠った声を掛けた。

Elle porta l'objet brillant à son front dans un geste de profond respect, l'éventail effleurant sa frange tel une épingle de jade. Puis, d'un geste vif et précis, elle l'ouvrit comme l'ombre d'une vague à la marée montante sous la lune. Son visage disparut derrière l'éventail ; on ne voyait plus que la blancheur de ses doigts recourbés sur les montures extérieures.

Le tumulte de la grande salle voisine sembla soudain refluer.

Dans l'ombre de l'éventail d'argent, parsemé de nuages d'or et orné d'une lune unique d'un bleu profond, sa voix s'éleva, d'une clarté cristalline :

« — Alors la plongeuse parla ainsi : si je parviens à rapporter le joyau, faites de cet enfant l'héritier du trône. On lui répondit qu'il en serait ainsi sans aucun doute. Alors, pour son enfant, elle n'eut plus le moindre regret de sacrifier sa vie. Elle attacha une corde de mille brasses à sa taille et dit : si je saisis le joyau, je tirerai sur cette corde, et alors, unissez vos forces... »

Le ton devint plus impérieux.

« ... pour me remonter ! promit-elle. Puis, dégainant une épée tranchante... »

D'un mouvement brusque de l'éventail, elle ajusta sa manche avec une maîtrise soudaine. Son visage, désormais grave et le regard fixe, semblait avoir pris la dignité des années. À travers les vitres, la lune projetait son éclat sur les vagues de la rivière prises par le givre. Sur le tatami où elle se tenait, la flamme des bougies semblait danser en reflets vifs.

« Ah ! Arrête ! »

C'était Nejihei. Sa voix était chargée d'une force inhabituelle.

十八 -XVIII

で、火鉢をずっと傍へ引いて、

「女中、もちっとこれへ火をおくれ。いや、立つに及ばん。その、鉄瓶をはずせば可し。」と捻平がいいつける。

この場合なり、何となく、お千も起居に身体が緊った。

静に炭火を移させながら、捻平は膝をずらすと、革鞄などは次の室へ……それだけ床の間に差置いた……車の上でも頸に掛けた風呂敷包を、重いもののように両手で柔かに取って、膝の上へ据えながら、お千の顔を除けて、火鉢の上へ片手を裏表かざしつつ、

「ああ、これ、お三重さんとか言うの、そのお娘、手を上げられい。さ、手を上げて、」

と言う。……お三重は利剣で立とうとしたのを、慌しく捻平に留められたので、この時まで、差開いたその舞扇が、唇の花に霞むまで、俯向いた顔をひたと額につけて、片手を畳に支いていた。こう捻平に声懸けられて、わずかに顔を振上げながら、きりきりと一まず閉じると、その扇を畳むに連れて、今まで、濶と瞳を張って見据えていた眼を、次第に塞いだ弥次郎兵衛は、ものも言わず、火鉢のふちに、ぶるぶると震う指を、と支えた態の、巻莨から、音もしないで、ほろほろと灰がこぼれる。

Nejihei rapprocha le brasero de lui et ordonna :

« Servante, donne-nous encore un peu de feu. Non, ne te lève pas. Il suffit d'ôter la bouilloire en fer. »

Dans cette atmosphère, même O-Sen sentit ses mouvements se crisper.

Tandis qu'elle transférait calmement les charbons ardents, Nejihei décala ses genoux et poussa son sac de cuir dans la pièce voisine... il ne garda que son paquet enveloppé d'un furoshiki, qu'il avait porté à son cou dans la voiture. Il le prit délicatement à deux mains, comme s'il s'agissait d'un objet sacré, et le posa sur ses genoux. Évitant le regard d'O-Sen, il passa alternativement ses mains au-dessus du brasero pour les réchauffer et dit :

« Dis-moi, toi qu'on appelle O-Mie... relève la tête, mon enfant. Allon, redresse-toi. »

O-Mie, qui s'était figée dans sa posture de "la plongeuse au glaive" après avoir été interrompue par Nejihei, était restée prostrée jusqu'alors, son éventail ouvert effleurant ses lèvres comme une fleur dans la brume, le front incliné vers le tatami. Interpellée, elle releva doucement le visage et referma l'éventail d'un geste sec. À mesure que l'éventail se repliait, Yajirobei, qui l'avait fixée jusque-là les yeux grands ouverts, ferma lentement les paupières. Sans un mot, ses doigts tremblants agrippés au bord du brasero, il laissa la cendre de son cigare tomber en silence, flocon après flocon.

捻平座蒲団を一膝出て、

「いや、更めて、熟と、見せてもらおうじゃが、まずこっちへ寄らしゃれ。ええ、今の謡の、気組みと、その形。教えも教えた、さて、習いも習うたの。

こうまでこれを教うるものは、四国の果にも他にはあるまい。あらかた人は分ったが、それとなく音信も聞きたい。の、其許も黙って聞かっしゃい。」

と弥次が方に、捻平目遣いを一つして、

「まず、どうして、誰から、御身は習うたの。」

「はい、」

と弱々と返事した。お三重はもう、他愛なく娘になって、ほろりとして、

「あの、前刻も申しましたように、不器用も通越した、調子はずれ、その上覚えが悪うござんして、長唄の宵や待ちの三味線のテンもツンも分りません。この間まで居りました、山田の新町の姉さんが、朝と昼と、手隙な時は晩方も、日に三度ずつも、あの噛んで含めて、胸を割って刻込むように教えて下すったんでございますけれど、自分でも悲しい。……暁の、とだけ十日かかって、やっと真似だけ弾けますと、夢になってもう手が違い、心では思いながら、三の手が一へ滑って、とぼけたような音がします。

撥で咽喉を引裂かれ、煙管で胸を打たれたのも、糸を切った数より多い。

それも何も、邪険でするのではないのです。……私が、な、まだその前に、鳥羽の廓に居ました時、……」

「ああ、お前さんは、鳥羽のものかい、志摩だな。」

と弥次郎兵衛がフト聞入れた。

Nejihei avança d'un genou sur son coussin :

« Approche donc, que je te regarde de plus près. Ce souffle dans ton chant, cette posture... on t'a bien enseigné, et tu as bien appris.

Personne d'autre, fût-ce aux confins de Shikoku, ne saurait enseigner cela ainsi. Je commence à deviner qui est derrière tout cela, mais j'aimerais en avoir le cœur net. Et toi, l'ami, écoute sans mot dire », ajouta-t-il en jetant un coup d'œil à Yajirobei.

« Dis-moi, de qui tiens-tu cet enseignement ? »

« C'est... » commença-t-elle d'une voix faible.

O-Mie n'était plus qu'une enfant fragile, les larmes aux yeux.

« Comme je vous l'ai dit, je suis plus que maladroite, je n'ai aucun sens du rythme et ma mémoire est défaillante. Je ne comprends rien au ten ni au tsun du shamisen. La sœur de Shinmachi, à Yamada, chez qui je logeais récemment, a pourtant essayé de m'enseigner trois fois par jour, matin, midi et soir, avec une patience infinie, comme si elle gravait chaque note dans ma poitrine. Mais je me fais pitié... Il me faut dix jours pour apprendre à jouer une simple imitation de l'aube, et dès que je m'endors, mes mains oublient tout. Mon cœur veut bien faire, mais mes doigts glissent et produisent des sons ridicules.

J'ai reçu plus de coups de plectre à la gorge et de coups de pipe sur la poitrine qu'il n'y a de cordes rompues.

Et pourtant, elle ne faisait pas cela par méchanceté... C'était avant cela, quand j'étais dans le quartier de Toba... »

« Ah, tu viens de Toba ? De la province de Shima ? » l'interrompit soudain Yajirobei, captivé.

「いえ、私はな、やっぱりお伊勢なんですけれど、父さんが死くなりましてから、継母に売られて行きましたの。はじめに聞いた奉公とは嘘のように違います。――お客の言うことを聞かぬ言うて、陸で悪くば海で稼げって、崕の下の船着から、夜になると、男衆に捉えられて、小船に積まれて海へ出て、月があっても、島の蔭の暗い処を、危いなあ、ひやひやする、木の葉のように浮いて歩行いて、寂とした海の上で……悲しい唄を唄います。そしてお客の取れぬ時は、船頭衆の胸に響いて、女が恋しゅうなる禁厭じゃ、お茶挽いた罰、と云って、船から海へ、びしゃびしゃと追下ろして、汐の干た巌へ上げて、巌の裂目へ俯向けに口をつけさして、(こいし、こいし。)と呼ばせます。若い衆は舳に待ってて、声が切れると、栄螺の殻をぴしぴしと打着けますの。汐風が濡れて吹く、夏の夜でも寒いもの。……私のそれは、師走から、寒の中で、八百八島あると言う、どの島も皆白い。霜風が凍りついた、巌の角は針のような、あの、その上で、(こいし、こいし。)って、唇の、しびれるばかり泣いている。咽喉は裂け、舌は凍って、潮を浴びた裙から冷え通って、正体がなくなる処を、貝殻で引掻かれて、やっと船で正気が付くのは、灯もない、何の船やら、あの、まあ、鬼の支いた棒見るような帆柱の下から、皮の硬い大な手が出て、引掴んで抱込みます。

空には蒼い星ばかり、海の水は皆黒い。暗の夜の血の池に落ちたようで、ああ、生きているか……千鳥も鳴く、私も泣く。……お恥かしゅうござんす。」

と翳す扇の利剣に添えて、水のような袖をあて、顔を隠したその風情。人は声なくして、ただ、ちりちりと、蝋燭の涙白く散る。

この物語を聞く人々、いかに日和山の頂より、志摩の島々、海の凪、霞の池に鶴の舞う、あの、麗朗なる景色を見たるか。

« Non... je viens d'Ise, mais après la mort de mon père, ma belle-mère m'a vendue. Mon service était en réalité bien loin de ce qu'on m'avait promis. Si tu n'écoutes pas les clients, disaient-ils, ce que tu ne gagnes pas sur terre, tu le gagneras sur mer — et depuis l'embarcadère au pied de la falaise, quand la nuit tombait, des hommes m'attrapaient, me chargeaient dans une petite barque et on prenait le large. Même les nuits de lune, on cherchait l'ombre des îles, les endroits sombres... C'était terrifiant. On flottait comme une feuille morte en dérivant sur la mer silencieuse, et je devais chanter des chants mélancoliques. Si je ne trouvais pas de client, les marins disaient que c'était un sortilège pour attirer le désir des hommes, ou une punition pour n'avoir rien rapporté. Ils me jetaient alors hors du bateau dans l'eau glacée, me hissaient sur les rochers à marée basse et me forçaient à coller ma bouche contre les crevasses de la pierre en criant : "Je t'aime, je t'aime" (koishi, koishi). Les jeunes marins attendaient à la proue et, dès que ma voix faiblissait, ils me frappaient avec des coquilles de conques. Le vent du large soufflait sur mon corps mouillé ; même en été, c'était glacial… Mais pour moi, c'était en plein mois de décembre, au plus fort du froid. On dit qu'il y a huit cent huit îles, et toutes étaient blanches de givre. Le vent gelait les pointes des rochers, acérés comme des aiguilles... et là-dessus, je criais "koishi, koishi" jusqu'à ce que mes lèvres s'engourdissent de pleurs. Ma gorge se déchirait, ma langue gelait, le froid remontait de mes jupes trempées d'eau salée jusqu'à ce que je perde connaissance. Alors, ils m'écorchaient avec des coquillages pour me réveiller, et je reprenais mes esprits sur un bateau sans lumière. Sous le mât qui ressemblait au bâton d'un démon, une main énorme à la peau dure sortait de l'ombre pour m'agripper et me serrer contre elle.

Dans le ciel, il n'y avait que des étoiles blêmes, et l'eau de la mer était toute noire. C'était comme être tombée dans un étang de sang au milieu des ténèbres. Étais-je encore en vie ? Les pluviers criaient, et moi je pleurais avec eux... J'en ai tellement honte. »

Dissimulant son visage derrière sa manche aussi fluide que l'eau, près de son éventail fermé, elle resta dans cette posture pathétique. Nul ne disait mot ; seul le grésillement de la bougie, dont les larmes de cire blanche coulaient, chiri chiri, rompait le silence.

Ceux qui écoutaient ce récit se demandaient comment, du sommet du mont Hiyori, on avait pu voir ces îles de Shima, cette mer calme et ces grues dansant dans la brume avec tant de clarté et de sérénité, alors que de telles horreurs s'y cachaient.

十九 - XIX

「泣いてばかりいますから、気の荒いお船頭が、こんな泣虫を買うほどなら、伊良子崎の海鼠を蒲団で、弥島の烏賊を遊ぶって、どの船からも投出される。

また、あの巌に追上げられて、霜風の間々に、(こいし、こいし。)と泣くのでござんす。

手足は凍って貝になっても、(こいし)と泣くのが本望な。巌の裂目を沖へ通って、海の果まで響いて欲しい。もう船も去ね、潮も来い。……そのままで石になってしまいたいと思うほど、お客様、私は、あの、」

と乱れた襦袢の袖を銜えた、水紅色映る瞼のあたり、ほんのりと薄くして、

「心でばかり長い事、思っておりまする人があって。……芸も容色もないものが、生意気を云うようですが、……たとい殺されても、死んでもと、心願掛けておりました。

ある晩も、やっぱり蒼い灯の船に買われて、その船頭衆の言う事を肯かなかったので、こっちの船へ突返されると、艫の処に行火を跨いで、どぶろくを飲んでいた、私を送りの若い衆がな、玉代だけ損をしやはれ、此方衆の見る前で、この女を、海士にして慰もうと、月の良い晩でした。

« Comme je ne faisais que pleurer, les rudes bateliers se moquaient de moi. "Quitte à acheter une pleurnicheuse pareille, autant prendre un traversin de concombres de mer d'Irago ou s'amuser avec une seiche de Yashima !" disaient-ils avant de me rejeter de chaque barque.

Alors, on me chassait de nouveau vers ces rochers, et dans les rafales du vent de givre, je criais : "Je t'aime, je t'aime" en sanglotant.

Même si mes mains et mes pieds gelaient au point de devenir des coquillages, mon seul vœu était de mourir en criant cet amour. Je voulais que ma voix traverse les failles de la roche, qu'elle résonne vers le large jusqu'aux confins de l'océan. Que les bateaux s'en aillent, que la marée monte... Je souhaitais tant me changer en pierre là, sur place... Car voyez-vous, messieurs... »

Elle mordit la manche de son sous-vêtement de soie froissé. Ses paupières, où se reflétait le rose pâle de son habit, semblaient s'enflammer d'une lueur légère.

« ... il y a quelqu'un à qui je pense, au fond de mon cœur, depuis très longtemps. Une fille sans talent ni beauté comme moi n'a guère le droit d'être si présomptueuse, mais... j'avais fait le vœu de l'aimer, dussé-je être tuée, dussé-je en mourir.

Un soir, j'avais été achetée par une barque à la lanterne blafarde. Comme je refusais de céder aux exigences des marins, ils m'ont renvoyée vers mon bateau. Là, le jeune homme chargé de m'escorter, qui buvait du saké trouble assis près du brasero à la poupe, s'est écrié : "Puisqu'on a perdu le prix de la course, amusons-nous au moins à transformer cette fille en plongeuse sous vos yeux !" C'était une nuit de pleine lune.

胴の間で着物を脱がして、膚の紐へなわを付けて、倒に海の深みへ沈めます。ずんずんずんと沈んでな、もう奈落かと思う時、釣瓶のようにきりきりと、身体を車に引上げて、髪の雫も切らせずに、また海へ突込みました。

この時な、その繋り船に、長崎辺の伯父が一人乗込んでいると云うて、お小遣の無心に来て、泊込んでおりました、二見から鳥羽がよいの馬車に、馭者をします、寒中、襯衣一枚に袴服を穿いた若い人が、私のそんなにされるのが、あんまり可哀相な、とそう云うて、伊勢へ帰って、その話をしましたので、今、あの申しました。……

この間までおりました、古市の新地の姉さんが、随分なお金子を出して、私を連れ出してくれましたの。

それでな、鳥羽の鬼へも面当に、芸をよく覚えて、立派な芸子になれやッて、姉さんが、そうやって、目に涙を一杯ためて、ぴしぴし撥で打ちながら、三味線を教えてくれるんですが、どうした因果か、ちっとも覚えられません。

人さしと、中指と、ちょっとの間を、一日に三度ずつ、一週間も鳴らしますから、近所隣も迷惑して、御飯もまずいと言うのですえ。

また月の良い晩でした。ああ、今の御主人が、親切なだけなお辛い。……何の、身体の切ない、苦しいだけは、生命が絶えればそれで済む。いっそまた鳥羽へ行って、あの巌に掴まって、(こいし、こいし、)と泣こうか知らぬ、膚の紐になわつけて、海へ入れられるが気安いような、と島も海も目に見えて、ふらふらと月の中を、千鳥が、冥土の使いに来て、連れて行かれそうに思いました。……格子前へ流しが来ました。

Au milieu du pont, ils m'ont arraché mes vêtements, ont attaché une corde à la ceinture de ma chemise de peau et m'ont plongée la tête la première dans les profondeurs de la mer. Je m'enfonçais, encore et encore, et au moment où je croyais toucher les enfers, ils me remontaient comme le seau d'un puits, en faisant grincer le treuil. Sans même me laisser le temps d'essorer mes cheveux trempés, ils me rejetaient à l'eau.

Or, ce soir-là, un oncle de Nagasaki se trouvait à bord d'un navire amarré au nôtre. Il était venu réclamer un peu d'argent et passait la nuit là. Un jeune homme qui conduisait la diligence entre Futami et Toba — un garçon vigoureux qui, même au cœur de l'hiver, portait un simple tricot sous son pantalon de cocher — a vu ce qu'on me faisait subir. Il a été pris d'une telle pitié qu'il est retourné à Ise raconter mon histoire. Et c'est ainsi que...

La "grande sœur" du quartier de Furuichi, dont je vous ai parlé, a déboursé une somme considérable pour me racheter et me sortir de là. Elle voulait faire de moi une geisha accomplie, pour faire la nique aux démons de Toba. C'est pour cela qu'elle m'enseigne le shamisen, les yeux souvent pleins de larmes, en me frappant avec son plectre. Mais par quelle fatalité mon esprit refuse-t-il d'apprendre ? Je passe une semaine entière à essayer, trois fois par jour, de placer mon index et mon majeur sur la corde, si bien que les voisins s'en plaignent et disent que le bruit leur gâte le goût de leur riz.

C'était encore une nuit de pleine lune. Ah, la bonté de mon maître actuel m'est plus douloureuse encore que la cruauté... La fatigue du corps, la souffrance... tout cela finit avec la vie. Parfois, je me dis qu'il vaudrait mieux retourner à Toba, m'agripper à ce rocher et pleurer mon amour, ou être jetée à la mer, une corde à la taille : ce serait plus paisible. L'île et la mer dansent devant mes yeux, je chancelle dans la clarté lunaire, et je sens que les pluviers sont les messagers de l'au-delà venus m'emporter... C'est alors qu'un musicien itinérant s'est arrêté devant notre porte à treillis.

新町の月影に、露の垂りそうな、あの、ちらちら光る撥音で、

……博多帯しめ、筑前絞り――

と、何とも言えぬ好い声で。

(へい、不調法、お喧しゅう、)って、そのまま行きそうにしたのです。

(ああ、身震がするほど上手い、あやかるように拝んで来な、それ、お賽銭をあげる気で。)

と滝縞お召の半纏着て、灰に袖のつくほどに、しんみり聞いてやった姉さんが、長火鉢の抽斗からお宝を出して、キイと、あの繻子が鳴る、帯へ挿んだ懐紙に捻って、私に持たせなすったのを、盆に乗せて、戸を開けると、もう一二間行きなさいます。二人の間にある月をな、影で繋いで、ちゃっと行って、

(是喃。)と呼んで、出した盆を、振向いてお取りでした。私や、思わずその手に縋って、涙がひとりでに出ましたえ。男で居ながら、こんなにも上手な方があるものを、切めてその指一本でも、私の身体についたらばと、つい、おろおろと泣いたのです。

頬被をしていなすった。あのその、私の手を取ったまま――黙って、少し脇の方へ退いた処で、(何を泣く、)って優しい声で、その門附が聞いてくれます。もう恥も何も忘れてな、その、あの、どうしても三味線の覚えられぬ事を話しました。」

Dans la lueur de la lune sur le quartier de Shinmachi, d'où semblait perler la rosée, a jailli le son étincelant d'un plectre. Une voix d'une beauté indescriptible s'est mise à chanter :

"... Ceignant sa ceinture de Hakata, parée de soie de Chikuzen..."

"Excusez ma maladresse, pardon pour le dérangement", a-t-il dit en s'apprêtant à passer son chemin.

"Ah ! Il joue si bien que j'en ai des frissons ! Va donc le saluer pour que son talent déteigne sur toi, et donne-lui une pièce comme une offrande", m'a dit ma grande sœur. Elle portait sa veste de soie à rayures et avait écouté avec tant de ferveur que ses manches frôlaient les cendres du foyer. Elle a tiré de l'argent du tiroir du grand brasero, a glissé les pièces dans un papier plié qu'elle portait à sa ceinture de satin, et me l'a confié.

Quand j'ai ouvert la porte, le plateau à la main, il avait déjà fait quelques pas. Nos deux ombres étaient reliées par le chemin de lune entre nous. J'ai couru vers lui. "S'il vous plaît !" l'ai-je appelé en lui tendant le plateau. Il s'est retourné pour prendre l'offrande. Sans réfléchir, je me suis agrippée à sa main et mes larmes ont coulé toutes seules. Je me disais qu'il était incroyable qu'un homme possède un tel génie, et que si seulement un seul de ses doigts pouvait toucher mon corps, je serais sauvée. Je pleurais comme une enfant.

Il portait un mouchoir sur le visage. Il a gardé ma main dans la sienne et m'a entraînée un peu à l'écart, dans l'ombre. "Pourquoi pleures-tu ?" m'a-t-il demandé d'une voix si douce. Alors, j'ai oublié toute honte et je lui ai confié mon désespoir, cette impossibilité d'apprendre le shamisen. »

二十 - XX

「よく聞いて、しばらく熟と顔を見ていなさいました。

(芸事の出来るように、神へ願懸をすると云って、夜の明けぬ内、外へ出ろ。鼓ヶ嶽の裾にある、雑樹林の中へ来い。三日とも思うけれど、主人には、七日と頼んで。すぐ、今夜の明方から。……分ったか。若い女の途中が危い、この入口まで来て待ってやる、化されると思うな、夢ではない。……)

とお言いのなり、三味線を胸に附着けて、フイと暗がりへ附着いて、黒塀を去きなさいます。……

その事は言わぬけれど、明方の三時から、夜の白むまで垢離取って、願懸けすると頼んだら、姉さんは、喜んで、承知してくれました。

殺されたら死ぬ気でな、――大恩のある御主人の、この格子戸も見納めか、と思うようで、軒下へ出て振返って、門を視めて、立っているとな。

« Il m'a écoutée attentivement, puis il a scruté mon visage pendant un long moment.

"Si tu veux que tes vœux soient exaucés et que tu puisses enfin maîtriser ton art, sors de chez toi avant l'aube. Viens dans le fourré au pied du mont Tsuzumi. Je pense qu'il faudra trois jours, mais demande à ton patron la permission de t'absenter pour sept. Dès demain, au petit matin... Compris ? Il est dangereux pour une jeune femme de marcher seule, alors je viendrai t'attendre ici, devant l'entrée. Ne crois pas que je sois un renard malfaisant venu t'ensorceler, ce n'est pas un rêve..."

Dès qu'il eut fini de parler, il plaqua son shamisen contre sa poitrine et s'évanouit dans l'obscurité, longeant les murs noirs...

Je n'ai rien dit de sa proposition, mais j'ai demandé à ma grande sœur la permission de sortir à trois heures du matin, jusqu'à l'aube, pour faire mes ablutions rituelles et prier les dieux. Elle a accepté avec joie.

J'étais prête à mourir s'il le fallait. En sortant sous l'avant-toit, je me suis retournée pour regarder une dernière fois la porte à treillis de mes bienfaiteurs, comme si c'était l'adieu final.

(おいで、)

と云って、突然、背後から手を取りなすった、門附のそのお方。

私はな、よう覚悟はしていたが、天狗様に攫われるかと思いましたえ。

あとは夢やら現やら。明方内へ帰ってからも、その後は二日も三日もただ茫としておりましたの。……鼓ヶ嶽の松風と、五十鈴川の流の音と聞えます、雑木の森の暗い中で、その方に教わりました。……舞も、あの、さす手も、ひく手も、ただ背後から背中を抱いて下さいますと、私の身体が、舞いました。それだけより存じません。

もっとも、私が、あの、鳥羽の海へ投入れられた、その身の上も話しました。その方は不思議な事で、私とは敵のような中だ事も、いろいろ入組んではおりますけれど、鼓ヶ嶽の裾の話は、誰にも言うな、と口留めをされました。何んにも話がなりません。

五日目に、もう可いから、これを舞って座敷をせい。芸なし、とは言うまい、ッて、お記念なり、しるしなりに、この舞扇を下さいました。」

と袖で胸へしっかと抱いて、ぶるぶると肩を震わした、後毛がはらりとなる。

捻平溜息をして頷き、

「いや、よく分った。教え方も、習い方も、話されずとよく分った。時に、山田に居て、どうじゃな、その舞だけでは勤まらなんだか。」

"Viens."

Il a dit cela en me saisissant soudainement la main par-derrière. C'était lui, le musicien ambulant.

J'avais beau m'être préparée, j'ai cru un instant qu'un Tengu m'enlevait.

Le reste ne fut qu'un mélange de rêve et de réalité. Même après être rentrée à l'aube, je suis restée prostrée pendant deux ou trois jours, comme dans un brouillard... C'est là, dans l'ombre des bosquets, au son du vent dans les pins du mont Tsuzumi et du murmure de la rivière Isuzu, qu'il m'a tout appris. Pour la danse, pour chaque geste de la main, il se tenait simplement derrière moi et m'enlaçait le dos... et alors, mon corps se mettait à danser tout seul. Je ne saurais en dire plus.

Je lui ai aussi raconté mon calvaire, quand j'avais été jetée dans la mer de Toba. Par une étrange fatalité, il semblait que lui et moi appartenions à des camps ennemis, les choses sont très compliquées... mais il m'a interdit de répéter à quiconque ce qui s'était passé au pied de la montagne. Je n'ai donc rien pu raconter.

Le cinquième jour, il m'a dit : "C'est assez. Danse ceci dans les salons. On ne dira plus que tu n'as pas de talent." Et en guise de souvenir, de gage, il m'a offert cet éventail de danse. »

Elle pressa l'éventail contre son cœur avec ses manches, les épaules secouées de frissons, tandis que quelques mèches de cheveux s'échappaient sur sa nuque.

Nejihei soupira et opina du chef.

« Oui, je comprends. Ta façon d'apprendre, sa façon d'enseigner... je comprends tout, même sans paroles. Dis-moi, alors que tu étais à Yamada, cette danse seule n'a-t-elle pas suffi pour ton travail ? »

「はい、はじめて謡いました時は、皆が、わっと笑うやら、中には恐い怖いと云う人もござんす。なぜ言うと、五日ばかり、あの私がな、天狗様に誘い出された、と風説したのでござんすから。」

「は、いかにも師匠が魔でなくては、その立方は習われぬわ。むむ、で、何かの、伊勢にも謡うたうものの、五人七人はあろうと思うが、その連中には見せなんだか。」

「ええ、物好に試すって、呼んだ方もありましたが、地をお謡いなさる方が、何じゃやら、ちっとも、ものにならぬと言って、すぐにお留めなさいましたの。」

「ははあ、いや、その足拍子を入れられては、やわな謡は断れて飛ぶじゃよ。ははははは、唸る連中粉灰じゃて。かたがたこの桑名へ、住替えとやらしたのかの。」

「狐狸や、いや、あの、吠えて飛ぶ処は、梟の憑物がしよった、と皆気違にしなさいます。姉さんも、手放すのは可哀相や言って下さいましたけれど、……周囲の人が承知しませず、……この桑名の島屋とは、行かいはせぬ遠い中でも、姉さんの縁続きでござんすから、預けるつもりで寄越されましたの。」

« Hélas... la première fois que j'ai chanté, les uns ont éclaté de rire, tandis que d'autres disaient avoir peur. C'est que le bruit avait couru pendant ces cinq jours que j'avais été enlevée par un Tengu. »

« Ha ! Il est vrai que si le maître n'est pas un démon, on ne saurait apprendre une telle posture. Hum... il doit bien y avoir cinq ou sept amateurs de chant Nô à Ise, ne leur as-tu pas montré ton art ? »

« Si, certains m'ont appelée par curiosité, mais ceux qui devaient assurer le chant d'accompagnement ont dit que cela ne ressemblait à rien, et ils m'ont fait arrêter tout de suite. »

« Hahaha ! Je m'en doute ! Avec le rythme que tu imprimes par tes pas, un chant trop mou s'envolerait en éclats ! Hahaha, ces braillards ont dû être réduits en poussière. Est-ce pour cela que tu as dû déménager ici, à Kuwana ? »

« Entre ceux qui parlaient de renards ou de chiens viverrins, et ceux qui prétendaient que j'étais possédée par un hibou quand je sautais, ils m'ont tous fait passer pour folle. Ma grande sœur était désolée de me laisser partir, mais... les gens autour ne voulaient rien entendre. Comme le patron du Shimaya ici à Kuwana est un de ses parents, elle m'a envoyée chez lui en pensant me mettre à l'abri. »

「おお、そこで、また辛い思をさせられるか。まずまず、それは後でゆっくり聞こう。……そのお娘、私も同一じゃ。天魔でなくて、若い女が、術をするわと、仰天したので、手を留めて済まなんだ。さあ、立直して舞うて下さい。大儀じゃろうが一さし頼む。私も久ぶりで可懐しい、御身の姿で、若師匠の御意を得よう。」

と言の中に、膝で解く、その風呂敷の中を見よ。土佐の名手が画いたような、紅い調は立田川、月の裏皮、表皮。玉の砧を、打つや、うつつに、天人も聞けかしとて、雲井、と銘ある秘蔵の塗胴。老の手捌き美しく、錦に梭を、投ぐるよう、さらさらと緒を緊めて、火鉢の火に高く翳す、と……呼吸をのんで驚いたように見ていたお千は、思わず、はっと両手を支いた。

芸の威厳は争われず、この捻平を誰とかする、七十八歳の翁、辺見秀之進。近頃孫に代を譲って、雪叟とて隠居した、小鼓取って、本朝無双の名人である。

いざや、小父者は能役者、当流第一の老手、恩地源三郎、すなわちこれ。

この二人は、侯爵津の守が、参宮の、仮の館に催された、一調の番組を勤め済まして、あとを膝栗毛で帰る途中であった。

« Oh, et c'est là qu'on te fait subir de nouvelles peines ? Soit, nous écouterons cela plus tard... Mon enfant, je suis comme toi. Si j'ai arrêté ton geste tout à l'heure, c'est que j'ai été pétrifié de voir une si jeune femme pratiquer une telle magie, et non par malveillance. Allons, redresse-toi et danse. Je sais que c'est une grande fatigue, mais je te demande cette faveur. Cela fait si longtemps... à travers ta silhouette, je veux retrouver l'esprit de mon jeune maître. »

Tout en parlant, il dénoua sur ses genoux son furoshiki. Regardez ce qu'il contient ! On dirait une peinture d'un maître de l'école Tosa : des motifs écarlates évoquant la rivière Tatsuta, du cuir à l'intérieur, du cuir à l'extérieur. Un fût de tambour laqué, trésor nommé "Kumoi" (Nuées Célestes), dont le son est tel que les êtres célestes eux-mêmes s'arrêteraient pour l'écouter. Avec une dextérité magnifique, les mains du vieillard serrèrent les cordages comme on lance une navette de soie, puis il présenta l'instrument au-dessus du feu du brasero... O-Sen, qui regardait la scène en retenant son souffle, posa instinctivement les deux mains au sol par respect.

L'autorité de l'art est indiscutable. Ce Nejihei n'est autre que Hemi Hidenoshin, un vieillard de soixante-dix-huit ans. Ayant récemment cédé sa charge à son petit-fils pour prendre le nom de Sessō, il est le maître absolu du petit tambour (kotsuzumi), sans égal dans tout le pays.

Quant à l'oncle, il est acteur de Nô, le plus grand maître de son école : Onchi Genzaburō en personne.

Ces deux hommes venaient d'achever une représentation privée au palais temporaire du Marquis de Tsu, en pèlerinage à Ise, et rentraient chez eux à pied, à la manière des héros du Hizakurige.

二十一 - XXI

さて、饂飩屋では門附の兄哥が語り次ぐ。

「いや、それから、いろいろ勿体つける所作があって、やがて大坊主が謡出した。

聞くと、どうして、思ったより出来ている、按摩鍼の芸ではない。……戸外をどッどと吹く風の中へ、この声を打撒けたら、あのピイピイ笛ぐらいに纏まろうというもんです。成程、随分夥間には、此奴に(的等。)扱いにされようというのが少くない。

が、私に取っちゃ小敵だった。けれども芸は大事です、侮るまい、と気を緊めて、そこで、膝を。」

と坐直ると、肩の按摩が上へ浮いて、門附の衣紋が緊る。

「……この膝を丁と叩いて、黙って二ツ三ツ拍子を取ると、この拍子が尋常んじゃない。……親なり師匠の叔父きの膝に、小児の時から、抱かれて習った相伝だ。対手の節の隙間を切って、伸縮みを緊めつ、緩めつ、声の重味を刎上げて、咽喉の呼吸を突崩す。寸法を知らず、間拍子の分らない、まんざらの素人は、盲目聾で気にはしないが、ちと商売人の端くれで、いささか心得のある対手だと、トンと一つ打たれただけで、もう声が引掛って、節が不状に蹴躓く。三味線の間も同一だ。どうです、意気なお方に釣合わぬ……ン、と一ツ刎ねないと、野暮な矢の字が、とうふにかすがい、糠に釘でぐしゃりとならあね。

Pendant ce temps, à la boutique de nouilles, le musicien itinérant poursuivait son récit :

« Enfin, après bien des simagrées pour se donner de l'importance, le grand moine chauve se mit à chanter. À ma grande surprise, il s'en sortait mieux que je ne l'aurais cru ; ce n'était pas un simple tour de main de masseur-acupuncteur. Si l'on avait jeté cette voix dans les rafales de vent qui hurlaient au dehors, elle aurait eu la tenue de son sifflet de fonction. À vrai dire, il y en a beaucoup dans notre milieu qui auraient pu se laisser traiter de "ceux-là" par un tel individu.

Mais pour moi, ce n'était qu'un petit adversaire. Cependant, l'art est chose sacrée : je me promis de ne pas le mépriser. Je me concentrai et je frappai mon genou. »

Il se rassit brusquement ; le masseur qui s'occupait de ses épaules fut soulevé par le mouvement, et la carrure du musicien sembla se raffermir.

« ... Je frappai mon genou d'un coup sec et marquai deux ou trois temps en silence. Mais ce n'était pas n'importe quelle mesure... C'était le rythme ancestral, celui que j'avais appris dès l'enfance sur les genoux de mon père et de mon maître. Un rythme capable de trancher les silences entre les notes de l'adversaire, de tendre ou de relâcher les modulations, de soulever le poids de sa voix pour briser sa respiration. Un profane qui ne connaît rien aux dimensions de l'art ou au sens de la mesure n'y verrait que du feu, sourd et aveugle qu'il est. Mais pour un adversaire possédant un soupçon de métier, un seul de ces coups de boutoir suffit à entraver sa voix et à faire trébucher ses mélodies de la plus piteuse des manières. C'est la même chose pour le tempo du shamisen. Comment dire... si l'on ne s'accorde pas avec un partenaire raffiné, le rythme devient aussi mou qu'un crampon dans du tofu ou un clou dans du son ; tout s'effondre.

さすがに心得のある奴だけ、商売人にぴたりと一ツ、拍子で声を押伏せられると、張った調子が直ぐにたるんだ。思えば余計な若気の過失、こっちは畜生の浅猿しさだが、対手は素人の悲しさだ。

あわれや宗山。見る内に、額にたらたらと衝と汗を流し、死声を振絞ると、頤から胸へ膏を絞った……あのその大きな唇が海鼠を干したように乾いて来て、舌が硬って呼吸が発奮む。わなわなと震える手で、畳を掴むように、うたいながら猪口を拾おうとする処、ものの本をまだ一枚とうたわぬ前、ピシリとそこへ高拍子を打込んだのが、下腹へ響いて、ドン底から節が抜けたものらしい。

はっと火のような呼吸を吐く、トタンに真俯向けに突伏す時、長々と舌を吐いて、犬のように畳を嘗めた。

(先生、御病気か。)

って私あ莞爾したんだ。

(是非聞きたい、平にどうか。宗山、この上に聾になっても、貴下のを一番、聞かずには死なれぬ。)

と拳を握って、せいせい言ってる。

(按摩さん。)

と私は呼んで、

(尾上町の藤屋まで、どのくらい離れている。)

(何んで、)

と聞く。

Puisqu'il s'y connaissait, il comprit tout de suite. Dès que sa voix fut écrasée par mon rythme de professionnel, son assurance s'effondra. Avec le recul, c'était une erreur de jeunesse, une cruauté de ma part, mais pour lui, c'était la tragédie de l'amateur.

Pauvre Sōzan ! Je le vis soudain couvert d'une sueur qui perlait sur son front ; il forçait sa voix moribonde, exsudant une angoisse qui coulait de son menton à sa poitrine... Ses lèvres massives devinrent sèches comme un concombre de mer desséché, sa langue s'engourdit et son souffle se fit court. D'une main tremblante, comme s'il agrippait les nattes du sol, il tenta tout en chantant de saisir sa coupe de saké. Mais avant même qu'il n'ait fini la première page du livret, je lui assénai un coup de rythme si violent qu'il résonna jusque dans son bas-ventre, brisant net sa mélodie depuis ses fondements.

Il expira un souffle brûlant et s'effondra brusquement face contre terre, la langue pendante, léchant les nattes comme un chien.

"Maître, seriez-vous malade ?" lui demandai-je avec un sourire en coin.

Il serrait les poings, respirant avec difficulté : "Je veux absolument vous entendre... je vous en supplie. Sōzan mourrait volontiers, dût-il devenir sourd après cela, pourvu qu'il vous entende une fois."

"Masseur," l'appelai-je.

"Oui ?"

"À quelle distance se trouve l'auberge Fujiya, à Onoe-chō ?"

"Pourquoi cette question ?"

(間によっては声が響く。内証で来たんだ。……藤屋には私の声が聞かしたくない、叔父が一人寝てござるんだ。勇士は霜の気勢を知るとさ――たださえ目敏い老人が、この風だから寝苦しがって、フト起きてでもいるとならない、祝儀は置いた。帰るぜ。)

ト宗山が、凝と塞いだ目を、ぐるぐると動かして、

(暫く、今の拍子を打ちなされ……古市から尾上町まで声が聞えようか、と言いなされる、御大言、年のお少さ。まだ一度も声は聞かず、顔はもとより見た事もなけれども……当流の大師匠、恩地源三郎どの養子と聞く……同じ喜多八氏の外にはあるまい。さようでござろう、恩地、)

と私の名をちゃんと言う。

ああ、酔った、」

と杯をばたりと落した。

「饒舌って悪い私の名じゃない。叔父に済まない。二人とも、誰にも言うな。……」

と鷹揚で、按摩と女房に目をあしらい。

「私は羽織の裾を払って、

(違ったような、当ったようだ、が、何しろ、東京の的等の一人だ。宗家の宗、本山の山、宗山か。若布の附焼でも土産に持って、東海道を這い上れ。恩地の台所から音信れたら、叔父には内証で、居候の腕白が、独楽を廻す片手間に、この浦船でも教えてやろう。)

とずっと立つ。

"Ma voix pourrait résonner jusque-là. Je suis venu ici en secret... Je ne veux pas que mon oncle m'entende. On dit que le brave guerrier pressent le givre qui vient — ce vieillard a déjà l'oreille fine, et avec ce vent qui l'empêche de dormir, il pourrait bien se réveiller. J'ai laissé ton pourboire. Je m'en vais."

Sōzan fit rouler ses yeux aveugles et s'écria :

"Attendez ! Jouez-moi encore ce rythme... Vous prétendez que votre voix porterait de Furuichi jusqu'à Onoe-chō ? Quelle arrogance, malgré votre jeune âge ! Je ne vous ai jamais entendu chanter et je n'ai jamais vu votre visage, mais... j'ai entendu parler du fils adoptif du grand maître Onchi Genzaburō... Vous ne pouvez être que Kitahachi en personne. C'est bien cela, n'est-ce pas, Onchi ?"

Il venait de prononcer mon nom sans erreur. Ah, je suis ivre... »

Le musicien laissa tomber sa coupe.

« J'ai eu tort de trop parler, d'avoir révélé mon nom. C'est un manque de respect envers mon oncle. Vous deux, ne le répétez à personne... »

Il jeta un regard altier au masseur et à la femme du restaurateur.

« Je secouai alors les pans de mon haori et lui dis : "Tu as peut-être tort, ou peut-être as-tu raison. Quoi qu'il en soit, je suis l'un de 'ceux-là', ceux de Tokyo. Maître Sō de l'école, Maître Zan du temple, te voilà donc Sōzan ? Prends donc quelques algues grillées en souvenir et rampe jusqu'à la route du Tōkaidō. Si jamais tu viens frapper à la cuisine des Onchi, je ne le dirai pas à mon oncle ; entre deux parties de toupie, moi, le parasite turbulent de la maison, je t'apprendrai peut-être comment on chante sur les bateaux de cette baie." Et je me levai d'un bond. »

二十二 - XXII

「痘瘡の中に白眼を剥いて、よたよたと立上って、憤った声ながら、

(可懐いわ、若旦那、盲人の悲しさ顔は見えぬ。触らせて下され、つかまらせて下され、一撫で、撫でさせて下され。)

と言う。

いや、撫られて堪りますか。

摺抜けようとするんだがね、六畳の狭い座敷、盲目でも自分の家だ。

素早く、階子段の降口を塞いで、むずと、大手を拡げたろう。……影が天井へ懸って、充満の黒坊主が、汗膏を流して撫じょうとする。

いや、その嫉妬執着の、険な不思議の形相が、今もって忘れられない。

(可厭だ、可厭だ、可厭だ。)と、こっちは夢中に出ようとする、よける、留める、行違うで、やわな、かぐら堂の二階中みしみしと鳴る。風は轟々と当る。ただ黒雲に捲かれたようで、可恐しくなった、凄さは凄し。

衝と、引潜って、ドンと飛び摺りに、どどどと駈け下りると、ね。

(袖や、止めませい。)

と宗山が二階で喚いた。皺枯声が、風でぱっと耳に当ると、三四人立騒ぐ女の中から、すっと美しく姿を抜いて、格子を開けた門口で、しっかり掴まる。吹きつけて揉む風で、颯と紅い褄が搦むように、私に縋ったのが、結綿の、その娘です。

背中を揉んでた、薄茶を出した、あの影法師の妾だろう。

ものを言う清い、張のある目を上から見込んで、構うものか、行きがけだ。

« Ses yeux blancs révulsés au milieu de ses cicatrices de petite vérole, il se leva en chancelant. D'une voix vibrante d'une fureur contenue, il s'écria :

"Comme c'est émouvant, jeune maître ! Ma cécité m'empêche de voir votre visage. Laissez-moi vous toucher, laissez-moi vous saisir, laissez-moi poser ma main sur vous, ne serait-ce qu'une fois !"

M'enfin, vous imaginez-vous être palpé par un tel être ?

Je tentai d'esquiver, mais le salon de six tatamis était étroit, et il était certes aveugle mais il était chez lui.

Il barra promptement la sortie de l'escalier en écartant ses bras massifs. Son ombre se projetait jusqu'au plafond ; ce colosse noir et dégoulinant de sueur s'avançait pour me palper.

Je n'oublierai jamais cette expression effroyable, mélange de jalousie, d'obsession et d'une malveillance surnaturelle.

"Non ! Laisse-moi ! Hors de question !" criais-je, cherchant désespérément la sortie. On s'esquivait, on se heurtait, on luttait, faisant craquer tout l'étage de cette frêle maison de passe. Le vent hurlait contre les murs. J'avais l'impression d'être enveloppé dans un nuage noir ; j'étais terrifié, saisi d'une peur absolue.

Soudain, je plongeai sous son bras et, d'un bond prodigieux, je dévalai l'escalier quatre à quatre.

"Sode ! Arrête-le !" hurla Sōzan d'en haut.

Sa voix enrouée fut balayée par le vent jusqu'à mes oreilles. Alors que trois ou quatre femmes s'agitaient, une silhouette d'une grande beauté se détacha du groupe et me saisit fermement au seuil de la porte. Sous les rafales de sable, ses pans de robe rouges s'enroulèrent autour de mes jambes ; c'était elle, la jeune fille à la coiffure yuiwata qui s'était agrippée à moi.

C'était celle qui lui massait le dos, celle qui m'avait servi le thé... l'ombre que je prenais pour sa maîtresse.

Je plongeai mon regard dans ses yeux clairs et fiers. Qu'importait ! Je devais partir.

(可愛い人だな、おい、殺されても死んでも、人の玩弄物にされるな。)

と言捨てに突放す。

(あれ。)と云う声がうしろへ、ぱっと吹飛ばされる風に向って、砂塵の中へ、や、躍込むようにして一散に駈けて返った。

後に知った、が、妾じゃない。お袖と云うその可愛いのは、宗山の娘だったね。それを娘と知っていたら、いや、その時だって気が付いたら、按摩が親の仇敵でも、私あ退治るんじゃなかったんだ。」

と不意にがッくりと胸を折って俯向くと、按摩の手が、肩を辷って、ぬいと越す。……その袖の陰で、取るともなく、落した杯を探りながら、

「もしか、按摩が尋ねて来たら、堅く居らん、と言え、と宿のものへ吩附けた。叔父のすやすやは、上首尾で、並べて取った床の中へ、すっぽり入って、引被って、可心持に寝たんだが。

ああ、寝心の好い思いをしたのは、その晩きりさ。

なぜッて、宗山がその夜の中に、私に辱められたのを口惜しがって、傲慢な奴だけに、ぴしりと、もろい折方、憤死してしまったんだ。七代まで流儀に祟る、と手探りでにじり書した遺書を残してな。死んだのは鼓ヶ嶽の裾だった。あの広場の雑樹へ下って、夜が明けて、やッと小止になった風に、ふらふらとまだ動いていたとさ。

"Tu es une charmante enfant, lui dis-je en la repoussant. Écoute-moi bien : dût-on te tuer, ne te laisse jamais devenir le jouet de personne !" Je l'abandonnai sur ces mots.

Son cri fut emporté derrière moi par la tempête alors que je m'élançais à corps perdu dans la poussière pour rentrer à l'auberge.

Je l'appris plus tard... ce n'était pas sa maîtresse. Cette ravissante enfant nommée O-Sode était la propre fille de Sōzan. Si j'avais su qu'il était son père — ou si seulement j'en avais eu l'intuition à cet instant — je n'aurais jamais cherché à terrasser ce masseur, fût-il le pire ennemi de ma famille. »

Le musicien s'effondra soudain, le buste plié, la tête basse. La main du masseur qui s'occupait de lui glissa sur son épaule. Dans l'ombre de sa manche, il chercha machinalement la coupe qu'il avait laissée tomber.

« J'avais ordonné aux gens de l'auberge de dire que je n'étais pas là si un masseur venait me chercher. Mon oncle dormait paisiblement. Je me glissai dans ma couche à ses côtés, remontai la couverture sur ma tête et m'endormis avec un sentiment de triomphe.

Hélas... ce fut la dernière nuit où je connus un sommeil paisible.

Car cette nuit-là, Sōzan, dévasté par l'humiliation que je lui avais infligée, succomba à sa propre rage. C'était un homme d'un orgueil démesuré ; il se brisa net, comme un objet trop rigide. Il mourut de dépit, laissant une lettre d'adieu griffonnée à tâtons, jurant que son école maudirait la nôtre jusqu'à la septième génération. Il s'était éteint au pied du mont Tsuzumi. On dit qu'à l'aube, alors que le vent se calmait enfin, son corps oscillait encore, abandonné parmi les bosquets de la plaine.

こっちは何にも知らなかろう、風は凪ぐ、天気は可。叔父は一段の上機嫌。……古市を立って二見へ行った。朝の中、朝日館と云うのへ入って、いずれ泊る、……先へ鳥羽へ行って、ゆっくりしようと、直ぐに車で、上の山から、日の出の下、二見の浦の上を通って、日和山を桟敷に、山の上に、海を青畳にして二人で半日。やがて朝日館へ帰る、……とどうだ。

旅籠の表は黒山の人だかりで、内の廊下もごった返す。大袈裟な事を言うんじゃない。伊勢から私たちに逢いに来たのだ。按摩の変事と遺書とで、その日の内に国中へ知れ渡った。別にその事について文句は申さぬ。芸事で宗山の留を刺したほどの豪い方々、是非に一日、山田で謡が聞かして欲しい、と羽織袴、フロックで押寄せたろう。

いや、叔父が怒るまいか。日本一の不所存もの、恩地源三郎が申渡す、向後一切、謡を口にすること罷成らん。立処に勘当だ。さて宗山とか云う盲人、己が不束なを知って屈死した心、かくのごときは芸の上の鬼神なれば、自分は、葬式の送迎、墓に謡を手向きょう、と人々と約束して、私はその場から追出された。

あとの事は何も知らず、その時から、津々浦々をさすらい歩行く、門附の果敢い身の上。」

J'ignorais tout de cela. Le vent était tombé, le temps était magnifique. Mon oncle était d'une humeur radieuse. Nous quittâmes Furuichi pour Futami. Nous descendîmes à l'auberge Asahikan. Comme nous comptions y passer la nuit, nous décidâmes d'aller d'abord à Toba pour nous détendre. Nous prîmes une voiture à l'aube, passâmes au-dessus de la baie de Futami sous le soleil levant, et restâmes la moitié de la journée sur le mont Hiyori, contemplant la mer bleue comme un immense tatami. Mais quand nous revînmes à l'Asahikan... quel spectacle !

Le devant de l'auberge était noir de monde, et les couloirs grouillaient de gens. Je n'exagère rien. Tout Ise était venu à notre rencontre. La mort tragique du masseur et sa lettre d'adieu avaient fait le tour de la province en quelques heures. Personne ne me reprochait son geste. Au contraire, des notables en habit armorié ou en redingote s'étaient massés là, suppliant ces "maîtres capables de terrasser Sōzan par leur seul art" de leur faire entendre leur chant à Yamada le temps d'une journée.

Imaginez la fureur de mon oncle. "Tu es le plus indigne héritier du Japon", me déclara Onchi Genzaburō. "Je t'interdis à jamais de pratiquer notre art. Tu es déshérité sur-le-champ." Quant au nommé Sōzan, l'oncle décréta que cet aveugle, mort de n'avoir pu supporter sa propre médiocrité, était devenu un esprit protecteur de l'art. Il promit d'assister à ses funérailles et d'offrir un chant devant sa tombe. Et moi, je fus chassé sur l'heure. Depuis, j'ignore ce qu'il est advenu. Je ne suis plus qu'un musicien itinérant, une âme errante voyageant de port en port, de ville en ville. »

二十三 - XXIII

「名古屋の大須の観音の裏町で、これも浮世に別れたらしい、三味線一挺、古道具屋の店にあったを工面したのがはじまりで、一銭二銭、三銭じゃ木賃で泊めぬ夜も多し、日数をつもると野宿も半分、京大阪と経めぐって、西は博多まで行ったっけ。

何んだか伊勢が気になって、妙に急いで、逆戻りにまた来た。……

私が言ったただ一言、(人のおもちゃになるな。)と言ったを、生命がけで守っている。……可愛い娘に逢ったのが一生の思出だ。

どうなるものでもないんだから、早く影をくらましたが、四日市で煩って、女房さん。」

と呼びかけた。

「お前さんじゃないけれど、深切な人があった。やっと足腰が立ったと思いねえ。上方筋は何でもない、間違って謡を聞いても、お百姓が、(風呂が沸いた)で竹法螺吹くも同然だが、東へ上って、箱根の山のどてっぱらへ手が掛ると、もう、な、江戸の鼓が響くから、どう我慢がなるものか! うっかり謡をうたいそうで危くってならないからね、今切は越せません。これから大泉原、員弁、阿下岐をかけて、大垣街道。岐阜へ出たら飛騨越で、北国筋へも廻ろうかしら、と富田近所を三日稼いで、桑名へ来たのが昨日だった。

« Tout a commencé derrière le temple d'Ōsu à Nagoya. J'y ai déniché, dans une boutique de brocante, un vieux shamisen qui semblait lui aussi avoir fait ses adieux au monde. J'allais de ville en ville, gagnant un ou deux sous ; bien des nuits, je n'avais même pas de quoi payer un lit de planches. À force, j'ai passé la moitié de mon temps à dormir à la belle étoile. J'ai erré de Kyoto à Osaka, et je suis descendu vers l'ouest jusqu'à Hakata.

Puis, je ne sais pourquoi, l'idée d'Ise m'a hanté. Pris d'une hâte soudaine, j'ai fait demi-tour pour revenir ici.

Cette seule parole que j'avais dite : "Ne sois jamais le jouet de personne", elle l'a protégée au péril de sa vie... Avoir rencontré cette enfant adorable restera le souvenir de toute mon existence. Mais comme rien de bon ne pouvait en sortir, j'ai voulu m'effacer rapidement. Je suis tombé malade à Yokkaichi, et là... la patronne. »

Il s'adressa à la femme du restaurant :

« Ce n'était pas vous, mais c'était une personne tout aussi généreuse. J'ai enfin pu me remettre sur pied. Dans la région de l'ouest, tout va bien : même si par mégarde l'on m'entend chanter, c'est pour les paysans comme le son d'une conque annonçant que le bain est chaud. Mais dès que je monte vers l'est et que je touche au flanc du mont Hakone, alors... le son des tambours d'Edo résonne en moi, et comment résister ! J'ai une peur bleue de me mettre à chanter sans y prendre garde, c'est un danger permanent. Je ne peux pas franchir la barrière d'Imagire. Je vais donc passer par Ōizumihara, Inabe et Ageki, pour rejoindre la route d'Ōgaki. Une fois à Gifu, je franchirai peut-être les montagnes de Hida vers les provinces du Nord... C'est après avoir mendié trois jours près de Tomida que je suis arrivé hier à Kuwana.

その今夜はどうだ。不思議な人を二人見て、遣切れなくなってこの家へ飛込んだ。が、流の笛が身体に刺る。いつもよりはなお激しい。そこへまた影を見た。美しい影も見れば、可恐しい影も見た。ここで按摩が殺す気だろう。構うもんか、勝手にしろ、似たものを引つけて、とそう覚悟して按摩さん、背中へ掴ってもらったんだ。

が、筋を抜かれる、身を※(「てへん+劣」、第3水準1-84-77)られる、私が五体は裂けるようだ。」

とまた差俯向く肩を越して、按摩の手が、それも物に震えながら、はたはたと戦きながら、背中に獅噛んだ面の附着く……門附の袷の褪せた色は、膚薄な胸を透かして、動悸が筋に映るよう、あわれ、博多の柳の姿に、土蜘蛛一つ搦みついたように凄く見える。

「誰や!」

と、不意に吃驚したような女房の声、うしろ見られる神棚の灯も暗くなる端に、べろべろと紙が濡れて、門の腰障子に穴があいた。それを見咎めて一つ喚く、とがたがたと、跫音高く、駈け退いたのは御亭どの。

いや、困った親仁が、一人でない、薪雑棒、棒千切れで、二人ばかり、若いものを連れていた。

Et cette nuit, regardez ! J'ai vu deux personnes extraordinaires, et, le cœur serré, je me suis précipité dans cette maison. Mais le son de cette flûte errante me transperce le corps. C'est plus violent que jamais. Et là encore, j'ai vu des ombres. J'ai vu une ombre magnifique, et j'en ai vu une terrifiante. J'ai pensé : "C'est ici que le masseur va me tuer". Qu'importe ! J'ai accepté mon sort, je me suis dit : "Attire ceux qui te ressemblent", et c'est ainsi que je vous ai demandé, Monsieur le masseur, de me pétrir le dos.

Mais vous me videz de ma force, vous me broyez les chairs, j'ai l'impression que mon corps se déchire ! »

Il baissa de nouveau les épaules. Par-dessus lui, la main du masseur, agitée de tressaillements et de tremblements convulsifs, semblait se cramponner à son dos comme un masque grimaçant. À travers le tissu usé de la veste du musicien, on devinait sa poitrine frêle où les battements du cœur se répercutaient dans ses muscles. C'était une vision sinistre : comme si, sur la silhouette d'un saule de Hakata, une araignée géante s'était agrippée.

« Qui est là ! »

C'était la voix de la patronne, soudain effrayée. Près de l'autel des dieux dont la flamme vacillait, le papier de la porte coulissante, détrempé, s'était percé. Elle cria un reproche, et l'on entendit le bruit lourd de pas qui dévalaient en hâte : c'était le mari de la maison.

Ce fâcheux n'était pas seul ; il était revenu avec deux jeunes gens armés de bâtons et de rondins.

「御老体、」

雪叟が小鼓を緊めたのを見て……こう言って、恩地源三郎が儼然として顧みて、

「破格のお附合い、恐多いな。」

と膝に扇を取って会釈をする。

「相変らず未熟でござる。」

と雪叟が礼を返して、そのまま座を下へおりんとした。

「平に、それは。」

「いや、蒲団の上では、お流儀に失礼じゃ。」

「は、その娘の舞が、甥の奴の俤ゆえに、遠慮した、では私も、」

と言った時、左右へ、敷物を斉しく刎ねた。

「嫁女、嫁女、」

と源三郎、二声呼んで、

「お三重さんか、私は嫁と思うぞ。喜多八の叔父源三郎じゃ、更めて一さし舞え。」

二人の名家が屹と居直る。

« Maître... »

Voyant que Sessō avait fini de tendre les cordes de son petit tambour, Onchi Genzaburō se tourna vers lui avec une dignité solennelle.

« Je suis confus d'une telle faveur de votre part. »

Posant son éventail sur ses genoux, il le salua.

« Je suis toujours aussi peu doué », répondit Sessō en s'apprêtant à descendre de son coussin.

« Je vous en prie, restez... »

« Non, rester sur un coussin serait manquer de respect à votre école. »

« Puisque la danse de cette enfant m'a rappelé le souvenir de mon neveu et que j'ai d'abord hésité... alors moi aussi... »

Sur ces mots, tous deux écartèrent d'un même geste les tapis de sol.

« Ma bru, ma bru ! » appela Genzaburō par deux fois.

« O-Mie, je te considère comme ma belle-fille. Je suis Genzaburō, l'oncle de Kitahachi. Danse encore une fois pour moi ! »

Les deux illustres maîtres se redressèrent, l'air grave.

瞳の動かぬ気高い顔して、恍惚と見詰めながら、よろよろと引退る、と黒髪うつる藤紫、肩も腕も嬌娜ながら、袖に構えた扇の利剣、霜夜に声も凜々と、

「……引上げたまえと約束し、一つの利剣を抜持って……」

肩に綾なす鼓の手影、雲井の胴に光さし、艶が添って、名誉が籠めた心の花に、調の緒の色、颯と燃え、ヤオ、と一つ声が懸る。

「あっ、」

とばかり、屹と見据えた――能楽界の鶴なりしを、雲隠れつ、と惜まれた――恩地喜多八、饂飩屋の床几から、衝と片足を土間に落して、

「雪叟が鼓を打つ! 鼓を打つ!」と身を揉んだ、胸を切めて、慌しく取って蔽うた、手拭に、かっと血を吐いたが、かなぐり棄てると、右手を掴んで、按摩の手をしっかと取った。

「祟らば、祟れ、さあ、按摩。湊屋の門まで来い。もう一度、若旦那が聞かしてやろう。」

と、引立てて、ずいと出た。

Le visage noble, le regard fixe, elle recula en chancelant, comme en extase. Sa chevelure noire se détachait sur son vêtement violet ; malgré la grâce fragile de ses épaules et de ses bras, elle maniait l'éventail-glaive avec une autorité redoutable. Dans la nuit de givre, sa voix résonna, souveraine :

« ... Promettant de me remonter, je dégainai un glaive tranchant... »

L'ombre des mains sur le tambour dessinait des arabesques sur ses épaules. La lumière jouait sur le fût du tambour "Kumoi", ajoutant à sa splendeur. Dans cette fleur du cœur où s'était logé tout leur prestige, la couleur des cordages sembla s'enflammer. Un cri rituel, "Yao !", déchira l'air.

« Ah ! »

Celui qui fixait la scène — Onchi Kitahachi, que l'on pleurait dans le monde du Nô comme une grue disparue dans les nuages — se leva brusquement de son banc dans la boutique de nouilles, laissant tomber un pied sur le sol battu.

« Sessō joue du tambour ! Il joue du tambour ! » s'écria-t-il, le corps secoué de spasmes. Pris d'une oppression soudaine, il porta son mouchoir à sa bouche et cracha un sang vermillon. Il le jeta de côté, puis saisit la main droite du masseur et la serra de toutes ses forces.

« Si tu dois me maudire, maudis-moi ! Viens, masseur ! Allons jusqu'à la porte du Minato-ya. Ton "Jeune Maître" va te faire entendre sa voix une dernière fois ! »

Il l'entraîna et sortit d'un bond.

「(源三郎)……かくて竜宮に至りて宮中を見れば、その高さ三十丈の玉塔に、かの玉をこめ置、香花を備え、守護神は八竜並居たり、その外悪魚鰐の口、遁れがたしや我命、さすが恩愛の故郷のかたぞ恋しき、あの浪のあなたにぞ……」

その時、漲る心の張に、島田の元結ふッつと切れ、肩に崩るる緑の黒髪。水に乱れて、灯に揺めき、畳の海は裳に澄んで、塵も留めぬ舞振かな。

「(源三郎)……我子は有らん、父大臣もおわすらむ……」

と声が幽んで、源三郎の地謡う節が、フト途絶えようとした時であった。

この湊屋の門口で、爽に調子を合わした。……その声、白き虹のごとく、衝と来て、お三重の姿に射した。

「(喜多八)……さるにてもこのままに別れ果なんかなしさよと、涙ぐみて立ちしが……」

「やあ、大事な処、倒れるな。」

と源三郎すっと座を立ち、よろめく三重の背を支えた、老の腕に女浪の袖、この後見の大磐石に、みるの緑の黒髪かけて、颯と翳すや舞扇は、銀地に、その、雲も恋人の影も立添う、光を放って、灯を白めて舞うのである。

« (Genzaburō) ... Parvenue ainsi au Palais du Dragon, elle vit une tour de joyaux haute de trente toises où le trésor était enfermé. Des fleurs parfumées y étaient offertes, et les huit dragons gardiens se tenaient là. Autour, les gueules des poissons malfaisants et des crocodiles rendaient toute fuite impossible. Sa vie était perdue... et pourtant, le souvenir de sa terre natale et de ses amours lui manquait, là-bas, par-delà les vagues... »

À cet instant, sous la tension de son émotion débordante, le lien de soie de sa coiffure shimada se rompit brusquement. Ses cheveux d'un noir de jais s'écoulèrent en cascade sur ses épaules. Mêlée au flot de ses mouvements, oscillant sous la lampe, cette chevelure semblait transformer le tatami en une mer où son vêtement flottait, pure et sans la moindre poussière.

« (Genzaburō) ... Mon enfant sera là, mon père le ministre sera là aussi... »

Sa voix faiblit. Le chant d'accompagnement de Genzaburō était sur le point de s'interrompre quand, au seuil du Minato-ya, une voix s'éleva pour s'accorder parfaitement à la sienne. Cette voix, tel un arc-en-ciel blanc, vint frapper de plein fouet la silhouette d'O-Mie.

« (Kitahachi) ... Pourtant, la tristesse de devoir se quitter ainsi l'envahit, et elle resta là, les larmes aux yeux... »

« Holà ! Ne t'effondre pas au moment crucial ! »

Genzaburō se leva d'un bond et soutint le dos de la jeune femme chancelante. Sur le bras du vieillard, la manche aux motifs de vagues vint se poser ; appuyée contre ce roc protecteur, sa chevelure noire de jais retombant sur lui, elle brandit son éventail d'argent. Les reflets de la lune et l'ombre de son amant semblaient s'y rejoindre, et l'éventail irradiait une lumière qui faisait pâlir les lampes de la pièce.

舞いも舞うた、謡いも謡う。はた雪叟が自得の秘曲に、桑名の海も、トトと大鼓の拍子を添え、川浪近くタタと鳴って、太鼓の響に汀を打てば、多度山の霜の頂、月の御在所ヶ嶽の影、鎌ヶ嶽、冠ヶ嶽も冠着て、客座に並ぶ気勢あり。

小夜更けぬ。町凍てぬ。どことしもなく虚空に笛の聞えた時、恩地喜多八はただ一人、湊屋の軒の蔭に、姿蒼く、影を濃く立って謡うと、月が棟高く廂を照らして、渠の面に、扇のような光を投げた。舞の扇と、うら表に、そこでぴたりと合うのである。

「(喜多八)……また思切って手を合せ、南無や志渡寺の観音薩※(「土へん+垂」、第3水準1-15-51)の力をあわせてたびたまえとて、大悲の利剣を額にあて、竜宮に飛び入れば、左右へはっとぞ退いたりける、」

と謡い澄ましつつ、

「背を貸せ、宗山。」と言うとともに、恩地喜多八は疲れた状して、先刻からその裾に、大きく何やら踞まった、形のない、ものの影を、腰掛くるよう、取って引敷くがごとくにした。

路一筋白くして、掛行燈の更けたかなたこなた、杖を支いた按摩も交って、ちらちらと人立ちする。

明治四十三(一九一〇)年一月

Ils dansèrent comme jamais, ils chantèrent comme jamais. Le rythme secret de Sessō semblait commander à la mer de Kuwana, dont les vagues venaient battre le rivage en cadence. On aurait dit que les sommets givrés du mont Tado, l'ombre du mont Gozaisho sous la lune, les monts Kama et Kanmuri s'étaient parés de leurs coiffes de cérémonie pour venir s'asseoir parmi les invités.

La nuit s'approfondit. La ville gela. Quand un son de flûte monta de nulle part dans le vide du ciel, Onchi Kitahachi se tenait seul sous l'auvent du Minato-ya, silhouette blême à l'ombre épaisse. La lune, haute au-dessus du toit, éclairait le porche et projetait sur son visage une lueur en forme d'éventail. Elle s'accordait parfaitement, comme l'avers et le revers, avec l'éventail de la danseuse à l'intérieur.

« (Kitahachi) ... Prenant son parti, elle joignit les mains et pria : Ô Kannon du temple Shido, accordez-moi votre force ! Elle porta le glaive sacré de la grande compassion à son front et plongea dans le Palais du Dragon ; alors, de chaque côté, les gardiens s'écartèrent avec effroi ! »

Le chant s'acheva dans une pureté totale.

« Prête-moi ton dos, Sōzan », dit Kitahachi. D'un air épuisé, il s'assit sur l'ombre informe et sans visage qui, depuis un moment, se tenait tapie comme un monstre à ses pieds.

Le chemin s'étirait, d'un blanc immaculé. Sous les lanternes de la nuit avancée, on voyait çà et là quelques silhouettes de passants, parmi lesquelles se mêlaient des masseurs appuyés sur leurs bâtons.

Janvier, 43e année de Meiji (1910)

***

底本:「泉鏡花集成6」ちくま文庫、筑摩書房

1996(平成8)年3月21日第1刷発行

底本の親本:「鏡花全集」岩波書店

1942(昭和17)年7月刊行開始

※底本で句点が抜けている箇所は親本を参照して補いました。

※誤植を疑った箇所はちくま日本文学全集を参照しました。

入力:門田裕志

校正:砂場清隆

2002年1月9日公開

2005年9月25日修正

青空文庫作成ファイル:

このファイルは、インターネットの図書館、青空文庫(http://www.aozora.gr.jp/)で作られました。入力、校正、制作にあたったのは、ボランティアの皆さんです。

●表記について

このファイルは W3C 勧告 XHTML1.1 にそった形式で作成されています。

[#…]は、入力者による注を表す記号です。

「くの字点」をのぞくJIS X 0213にある文字は、画像化して埋め込みました。