旅の旅の旅 = tabi-no-tabi-no-tabi

正岡子規 = Masaoka-Shiki

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旅の旅の旅

tabi-no-tabi-no-tabi

正岡子規

Masaoka-Shiki

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source: https://www.aozora.gr.jp/cards/000305/files/49584_38159.html

汽笛一声京城を後にして五十三亭一日に見尽すとも水村山郭の絶風光は雲煙過眼よりも脆く写真屋の看板に名所古跡を見るよりもなおはかなく一瞥の後また跡かたを留めず。誰かはこれを指して旅という。かかる旅は夢と異なるなきなり。出ずるに車あり食うに肉あり。手を敲けば盃酒忽焉として前に出で財布を敲けば美人嫣然として後に現る。誰かはこれを指して客舎という。かかる客舎は公共の別荘めきていとうるさし。幾里の登り阪を草鞋のあら緒にくわれて見知らぬ順礼の介抱に他生の縁を感じ馬子に叱られ駕籠舁に嘲られながらぶらりぶらりと急がぬ旅路に白雲を踏み草花を摘む。実にやもののあわれはこれよりぞ知るべき。

はた十銭のはたごに六部道者と合い宿の寝言は熟眠を驚かし、小石に似たる飯、馬の尿に似たる渋茶にひもじ腹をこやして一枚の木の葉蒲団に終夜の寒さを忍ぶ。いずれか風流の極意ならざる。われ浮世の旅の首途してよりここに二十五年、南海の故郷をさまよい出でしよりここに十年、東都の仮住居を見すてしよりここに十日、身は今旅の旅に在りながら風雲の念いなお已み難く頻りに道祖神にさわがされて霖雨の晴間をうかがい草鞋よ脚半よと身をつくろいつつ一個の袱包を浮世のかたみに担うて飄然と大磯の客舎を出でたる後は天下は股の下杖一本が命なり。

雲煙過眼, 雲烟過眼 [うんえんかがん] (yoji) not being obsessed with something very long (just as clouds and haze pass swiftly before one's eyes)

駕籠 [かご] palanquin

Le sifflet du train retentit et déjà la capitale est derrière nous. On aurait beau voir défiler les cinquante-trois stations en une seule journée, les paysages sublimes des villages d'eau et des hameaux de montagne sont plus éphémères que les nuées qui glissent devant les yeux ; ils sont plus fugitifs encore que les sites célèbres et les vestiges historiques que l’on contemple dans les devantures des photographes, disparaissant sans laisser de trace après un simple coup d’œil. Qui oserait appeler cela un "voyage" ? Un tel voyage ne diffère en rien d’un rêve. On trouve une voiture pour partir, de la viande à manger, il suffit de frapper dans ses mains pour qu’un verre de saké apparaisse aussitôt devant soi, de tapoter sa bourse pour qu’une beauté souriante surgisse à l’arrière-plan. Qui oserait appeler cela une auberge ? Une telle auberge ressemble à un pavillon public et n’est guère plaisante. Mais gravir des côtes sur des sandales de paille dont les lanières vous mordent les pieds, recevoir les soins d’un pèlerin inconnu et y sentir un lien d’une vie antérieure, se faire gronder par le palefrenier, railler par le porteur de palanquin, cheminer sans hâte, cueillir des fleurs et fouler les nuages blancs sur la route, voilà où l’on apprend la véritable mélancolie des choses (mono no aware).

Partager, pour dix sen, l’auberge d’un village avec un pèlerin, dont les murmures nocturnes troublent votre sommeil, apaiser une faim tenace avec du riz dur comme de la pierre et du thé âpre comme de l’urine de cheval, endurer toute la nuit le froid sous une unique feuille de futon : n’est-ce pas là le secret du raffinement (fūryū) ? Depuis que j’ai pris la route du monde flottant, voilà vingt-cinq ans ; depuis que j’ai quitté materre natale des mers du Sud, dix ans ; depuis que j’ai laissé mon domicile provisoire de la capitale de l’Est, dix jours : et me voici, encore en voyage dans le voyage, l’esprit agité par les vents et les nuages, sans pouvoir m’apaiser, souvent interpellé par les dieux du chemin, guettant une éclaircie dans la pluie persistante, ajustant sandales et jambières, portant sur l’épaule un baluchon comme seul souvenir du monde, quittant soudain l’auberge de Ōiso, désormais mon destin ne tient plus qu’à un bâton de marche.

旅の旅その又旅の秋の風

Voyage dans le voyage, et encore voyage, sous le vent d’automne.

国府津小田原は一生懸命にかけぬけてはや箱根路へかかれば何となく行脚の心の中うれしく秋の短き日は全く暮れながら谷川の音、耳を洗うて煙霧模糊の間に白露光あり。

白露の中にほつかり夜の山

湯元に辿り着けば一人のおのこ袖をひかえていざ給え善き宿まいらせんという。引かるるままに行けばいとむさくろしき家なり。前日来の病もまだ全くは癒えぬにこの旅亭に一夜の寒気を受けんこと気遣わしくやや落胆したるがままよこれこそ風流のまじめ行脚の真面目なれ。

だまされてわるい宿とる夜寒かな

つぐの日まだき起き出でつ。板屋根の上の滴るばかりに沾いたるは昨夜の雲のやどりにやあらん。よもすがら雨と聞きしも筧の音、谷川の響なりしものをとはや山深き心地ぞすなる。

きょうは一天晴れ渡りて滝の水朝日にきらつくに鶺鴒の小岩づたいに飛ありくは逃ぐるにやあらん。はたこなたへとしるべするにやあらんと草鞋のはこび自ら軽らかに箱根街道のぼり行けば鵯の声左右にかしましく

鶺鴒 [せきれい] (uk) any bird of family Motacillidae (excluding the pipits); wagtail; longclaw

鵯 [ひよどり] (uk) brown-eared bulbul

Kōzu, Odawara, je les traverse à toute allure, et déjà la route de Hakone commence : une joie inexprimable emplit le cœur du pèlerin, tandis que le court jour d’automne décline entièrement, le bruit du torrent lave l’oreille, et dans la brume et la fumée, la lumière de la rosée blanche apparaît.

Après avoir traversé Kōzu et Odawara à toute allure, nous voici déjà engagés sur le chemin de Hakone. Un sentiment de joie propre au pèlerinage m’envahit le cœur. Alors que la courte journée d'automne touche à sa fin, le murmure du torrent vient me laver les oreilles, et dans la brume et la fumée, une lueur blanche et pure apparaît.

白露の中にほつかり夜の山

Perdue dans la rosée blanche, la montagne nocturne surgit soudain.

En arrivant à Yumoto [aux sources thermales], un jeune homme me tire par la manche : « Venez, je vais vous conduire à une bonne auberge. » Je le suis, et c’est une maison bien misérable. Ma maladie de la veille n’est pas encore tout à fait guérie, et je m’inquiète à l’idée de passer une nuit froide dans cette auberge ; un peu découragé, je me dis : tant pis, voilà le vrai visage du raffinement, le sérieux du pèlerinage.

だまされてわるい宿とる夜寒かな

Avoir été trompé et prendre un mauvais gîte — ô, ce froid nocturne.

Le lendemain, je me lève à l'aube. Le toit de planches ruisselle encore, vestige sans doute des nuages de la nuit passée. J’avais cru entendre la pluie toute la nuit, mais ce n’était que le bruit de la gouttière, le murmure du torrent — signe que je suis bien au cœur de la montagne.

Aujourd’hui, le ciel est parfaitement dégagé, l'eau de la cascade scintille au soleil du matin, un bergeronnette s’élance de rocher en rocher.Fuit-elle devant moi, ou cherche-t-elle au contraire à me guider ? Mes sandales de paille se font d'elles-mêmes plus légères. Alors que je gravis le chemin de Hakone, les chants des bulbuls résonnent bruyamment de chaque côté du sentier.

我なりを見かけて鵯の鳴くらしき

色鳥の声をそろへて渡るげな

秋の雲滝をはなれて山の上

病みつかれたる身の一足のぼりては一息ほっとつき一坂のぼりては巌端に尻をやすむ。駕籠舁の頻りに駕籠をすすむるを耳にもかけず「山路の菊野菊ともまた違ひけり」と吟じつつ行けば

どつさりと山駕籠おろす野菊かな

石原に痩せて倒るゝ野菊かな

などおのずから口に浮みてはや二子山鼻先に近し。谷に臨めるかたばかりの茶屋に腰掛くれば秋に枯れたる婆様の挨拶何となくものさびて面白く覚ゆ。見あぐれば千仞の谷間より木を負うて下り来る樵夫二人三人のそりのそりとものも得言わで汗を滴らすさまいと哀れなり。

樵夫二人だまつて霧をあらはるゝ

樵夫も馬子も皆足を茶屋にやすむればそれぞれにいたわる婆様のなさけ一椀の渋茶よりもなお濃し。

犬蓼の花くふ馬や茶の煙

店さきの柿の実つゝく烏かな

名物ありやと問えば力餅というものなりとて大きなる餅の焼きたるを二ッ三ッ盆に盛り来る。

山姥の力餅売る薄かな

など戯れつつ力餅の力を仮りて上ること一里余杉樅の大木道を夾み元箱根の一村目の下に見えて秋さびたるけしき仙源に入りたるが如し。

紅葉する木立もなしに山深し

我なりを見かけて鵯の鳴くらしき

Est-ce moi qu’ont aperçu les bulbuls pour se mettre à chanter ainsi ?

色鳥の声をそろへて渡るげな

Les oiseaux aux couleurs vives traversent la vallée en chœur.

秋の雲滝をはなれて山の上

Les nuages d’automne quittent la cascade pour s’élever vers la montagne.

Mon corps, épuisé par la maladie, m'oblige à marquer une pause à chaque pas pour reprendre mon souffle, et à chaque pente franchie, je repose mes hanches sur le rebord d'un rocher. Ignorant les porteurs de litière qui me pressent de monter dans leur kago, je poursuis mon chemin en déclamant : Le corps encore fatigué par la maladie, je grimpe pas à pas, poussant un soupir à chaque montée, m’asseyant au bord du rocher à chaque côte. Les porteurs de palanquin me pressent d’avancer, mais je n’y prête pas attention, récitant en marchant : « Les chrysanthèmes des sentiers de montagne sont bien différents des chrysanthèmes des champs. »

どつさりと山駕籠おろす野菊かな

Les porteurs déposent brusquement le palanquin — chrysanthèmes des champs

石原に痩せて倒るゝ野菊かな

Maigres, couchés sur la plaine de pierres — chrysanthèmes des champs

Tandis que ces vers montent naturellement à mes lèvres, le mont Futago se dresse déjà devant mon nez. Je m'assois dans une petite maison de thé surplombant la vallée ; l'accueil d'une vieille femme, aussi desséchée que l'automne, m'inspire une mélancolie pleine de charme. En levant les yeux, j'aperçois deux ou trois bûcherons descendant de la vallée vertigineuse, chargés de bois. Ils s'avancent d'un pas lourd et lent, sans un mot, la sueur coulant sur leurs visages : un spectacle d'une infinie tristesse.

樵夫二人だまつて霧をあらはるゝ

Deux bûcherons émergent de la brume en silence.

Bûcherons et palefreniers se reposent tous à la maison de thé ; la sollicitude de la vieille femme envers chacun d'eux semble plus dense encore que l'amertume de son bol de thé grossier.

犬蓼の花くふ馬や茶の煙

Le cheval broute les fleurs de renouée — fumée du thé.

店さきの柿の実つゝく烏かな

Devant l’échoppe, un corbeau picore un kaki.

Je demande s’il y a une spécialité locale : on m’apporte des chikara-mochi (« mochi de force »), grands gâteaux de riz grillés, deux ou trois sur un plateau.

山姥の力餅売る薄かな

Une sorcière des montagnes vend des gâteaux de force — herbes flottantes.

Tout en plaisantant ainsi, j'emprunte la vigueur de ces "gâteaux de force" pour gravir plus d'une lieue. Des cèdres et des sapins géants bordent la route de chaque côté. Soudain, le village de Moto-Hakone apparaît en contrebas ; ce paysage empreint de la solitude de l'automne me donne l'impression d'être entré dans le royaume des ermites.

紅葉する木立もなしに山深し

Il n’y a pas d’arbres aux feuilles rouges, mais la montagne est profonde.

千里の山嶺を攀じ幾片の白雲を踏み砕きて上り着きたる山の頂に鏡を磨ぎ出だせる芦の湖を見そめし時の心ひろさよ。あまりの絶景に恍惚として立ちも得さらず木のくいぜに坐してつくづくと見れば山更にしんしんとして風吹かねども冷気冬の如く足もとよりのぼりて脳巓にしみ渡るここちなり。波の上に飛びかう鶺鴒は忽ち来り忽ち去る。秋風に吹きなやまされて力なく水にすれつあがりつ胡蝶のひらひらと舞い出でたる箱根のいただきとも知らずてやいと心づよし。遥かの空に白雲とのみ見つるが上に兀然として現われ出でたる富士ここからもなお三千仞はあるべしと思うに更にその影を幾許の深さに沈めてささ波にちぢめよせられたるまたなくおかし。箱根駅にて午餉したたむるに皿の上に尺にも近かるべき魚一尾あり。主人誇りがにこは湖水の産にしてここの名物なりという。名を問えば赤腹となん答えける。面白き秋の名なりけり。これより山を下るに見渡す限り皆薄なり。箱根の関はいずちなりけんと思うものから問うに人なく探るに跡なし。これらや歌人の歌枕なるべきとて

関守のまねくやそれと来て見れば

尾花が末に風わたるなり

薄の句を得たり。

大方はすゝきなりけり秋の山

伊豆相模境もわかず花すゝき

Après avoir gravi les crêtes sur un millier de lis et foulé aux pieds quelques lambeaux de nuages blancs, quelle sensation d'immensité lorsque, parvenu au sommet, j’aperçois le lac Ashi, poli comme un miroir ! Éperdu devant tant de beauté, incapable de rester debout, je m'assied sur une souche pour contempler la scène. La montagne est d’un calme profond, et même sans vent, une fraîcheur hivernale monte de mes pieds jusqu’au sommet du crâne. Sur les vagues, des bergeronnettes vont et viennent en un éclair. Un papillon, malmené par le vent d'automne, vole sans force en frôlant l'eau avant de remonter : quelle ténacité de sa part, ignorant sans doute qu'il se trouvait sur les hauteurs de Hakone ! Tout en haut, là où je ne croyais voir que des nuages blancs dans le lointain, le mont Fuji apparait soudain, majestueux. À songer qu'il s'élève encore de trois mille toises au-dessus d'ici, et de voir son reflet plonger à une profondeur insondable, vacillant au gré des rides de l'eau, le spectacle est d'un charme incomparable. À l'étape de Hakone, pour le déjeuner, on me sert un poisson de près d'un pied de long ; l'aubergiste, non sans fierté, m'explique qu'il s'agit d'un produit du lac, une spécialité locale. Je demande son nom : « Akahara » (Ventre-Rouge), répond-il. Un nom parfait pour l’automne. En descendant la montagne, partout où porte le regard, il n’y a que des herbes argentées (¤susuki). Je cherche la fameuse barrière de Hakone, mais il n’y en aucune trace, ni personne pour me renseigner. Pensant que c'était là le genre de lieu célébré par les poètes, je compose ceci sur l'herbe des montagnes :

関守の まねくやそれと 来て見れば

Ce n’est que le vent passant sur la cime des herbes plumes.

尾花が末に風わたるなり

Pensant voir le gardien de la barrière m’appeler —

J'obtins ainsi plusieurs vers sur ces herbes :

大方は すゝきなりけり 秋の山

伊豆相模 境もわかず 花すゝき

À perte de vue, ce ne sont que des herbes Susuki — montagne d'automne.

Sans plus distinguer les frontières d'Izu et de Sagami — herbes Susuki en fleurs.

二十余年前までは金紋さき箱の行列整々として鳥毛片鎌など威勢よく振り立て振り立て行きかいし街道の繁昌もあわれものの本にのみ残りて草刈るわらべの小道一筋を除きて外は草の生い出でぬ処もなく僅かに行列のおもかげを薄の穂にとどめたり。

槍立てゝ通る人なし花芒

三島の町に入れば小川に菜を洗う女のさまもややなまめきて見ゆ。

面白やどの橋からも秋の不二

三島神社に詣でて昔し千句の連歌ありしことなど思い出だせば有り難さ身に入みて神殿の前に跪きしばし祈念をぞこらしける。

ぬかづけばひよ鳥なくやどこでやら

三島の旅舎に入りて一夜の宿りを請えば草鞋のお客様とて町に向きたるむさくろしき二階の隅にぞ押しこめられける。笑うてかなたの障子を開けば大空に突っ立ちあがりし万仞の不尽、夕日に紅葉なす雲になぶられて見る見る万象と共に暮れかかるけしき到る処風雅の種なり。

Il y a à peine vingt ans, les processions seigneuriales aux blasons d'or défilaient ici en un ordre parfait ; on agitait avec vigueur les lances ornées de plumes d'oiseau ou de lames en croissant, et la route débordait de prospérité. Hélas, cette animation ne subsiste plus que dans les livres anciens. À part un sentier tracé par les jeunes faucheurs, il n'est pas un endroit où l'herbe n'ait repris ses droits. L'ombre de ces grands cortèges ne semble plus s'accrocher qu'aux plumeaux des susuki.

槍立てゝ通る人なし花芒

Nul porteur de lance ne prend plus le chemin — fleurs de susuki.

En entrant dans la ville de Mishima, les femmes lavant des légumes dans la rivière offrent un spectacle plein de grâce.

面白やどの橋からも秋の不二

Quel plaisir : de chaque pont, on aperçoit le Fuji d’automne.

Je me rends au sanctuaire de Mishima-Taisha, me souvenant des mille poèmes de renga composés autrefois : pénétré de gratitude, je m’agenouille devant le sanctuaire et me recueille un long moment en prière.

ぬかづけば – ひよ鳥なくや -- どこでやら

Front contre terre, le chant d'un oiseau — mais d'où vient-il ?

À l’auberge de Mishima, je demande le gîte pour la nuit. Parce que je suis un voyageur en sandales, on me loge dans un coin miteux à l'étage donnant sur la ville. En riant, j’ouvre le shōji d’en face : le mont Fuji, dressé vers le ciel, baigne dans des nuages aux couleurs d'érable sous le soleil couchant. Sous mes yeux, alors que tout s'enfonce dans le crépuscule, chaque détail devient une source de poésie.

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はしなく浮世の用事思いいだされければ朝とくより乗合馬車の片隅にうずくまりて行くてを急ぎたる我が行脚の掟には外れたれども「御身はいずくにか行き給う、なに修禅寺とや、湯治ならずばあきないにや出で給える」など膝つき合わす老女にいたわられたる旅の有り難さ。修禅寺に詣でて蒲の冠者の墓地死所聞きなどす。村はずれの小道を畑づたいにやや山手の方へのぼり行けば四坪ばかり地を囲うて中に範頼の霊を祭りたる小祠とその側に立てたる石碑とのみ空しく秋にあれて中々にとうとし。うやうやしく祠前に手をつきて拝めば数百年の昔、目の前に現れて覚えずほろほろと落つる涙の玉はらいもあえず一もとの草花を手向にもがなと見まわせども苔蒸したる石燈籠の外は何もなし。思いたえてふり向く途端、手にさわる一蓋の菅笠、おおこれよこれよとその笠手にささげてほこらに納め行脚の行末をまもり給えとしばし祈りて山を下るに兄弟急難とのみつぶやかれて

鶺鴒やこの笠たゝくことなかれ

ここより足をかえしてけさ馬車にて駆けり来りし道を辿るにおぼろげにそれかと見し山々川々もつくづくと杖のさきにながめられて素読のあとに講義を聞くが如し。橋あり長さ数十間その尽くる処嶄岩屹立し玉筍地を劈きて出ずるの勢あり。橋守に問えば水晶巌なりと答う。

水晶のいはほに蔦の錦かな

Kaba no Kanja (蒲の冠者) : autre nom de Minamoto no Noriyori, demi-frère de Minamoto no Yoritomo, shogun, et de Minamoto no Yoshitsune

Soudain rappelé à mes obligations du monde flottant, je me retrouve, dès l’aube, recroquevillé dans le coin d’une diligence, pressé de reprendre la route — ce qui va à l’encontre de mes principes de pélerin à pied. « Où allez-vous donc ? À Shūzenji ? Pour une cure ou pour le commerce ? » me demande une vieille dame, genoux contre genoux : quelle gentillesse, ce réconfort du voyage. Je visite Shūzenji, m’informe sur la tombe de Kaba no Kanja, puis, quittant le village, je monte un sentier de campagne vers la montagne. Là, une petite enceinte de quatre tsubo abrite un autel dédié à l’âme de Noriyori, avec une simple stèle, abandonnée à l’automne, mais d’autant plus précieuse. Je m’incline devant l’autel : soudain, le passé de plusieurs siècles surgit devant mes yeux, et, sans m’en rendre compte, les larmes coulent. Je cherche du regard une fleur à offrir en hommage, mais je ne vois rien d'autre que des lanternes de pierre couvertes de mousse. Alors que je vais renoncer et faire demi-tour, ma main frôle un chapeau de bambou (sugagasa). « Oh, voilà ce qu'il me faut ! » Déposant le chapeau dans le sanctuaire, je prie le défunt de protéger la suite de mon voyage. En redescendant la montagne, les mots « frères en péril » murmurent en moi :

鶺鴒やこの笠たゝくことなかれ

Bergeronnette, ne frappe pas ce chapeau de jonc.

De là, je reprends la route parcourue ce matin en diligence : montagnes et rivières, vaguement entrevues, se dévoilent à la pointe de mon bâton, comme un cours entendu après une lecture. Un pont long de plusieurs dizaines de ken mène à des rochers dressés comme des bambous de jade surgissant du sol. Je demande au gardien du pont : « Ce sont les rochers de cristal », répond-il.

Je fais demi-tour pour reprendre à pied la route que j'avais parcourue le matin en voiture. Les montagnes et les rivières que je n'avais fait qu'entrevoir se révélent maintenant à la pointe de mon bâton ; c'est comme entendre une vraie leçon après une simple lecture à haute voix. J'arrive à un pont long de plusieurs dizaines de ken ; à son extrémité, des rochers escarpés se dressent avec la force de pousses de bambou perçant la terre. Le gardien du pont me dit qu'il s'agit des Rochers de Cristal (suishō-gan).

水晶のいはほに蔦の錦かな

Sur le roc de cristal, le lierre tisse un brocart d'automne.

南条より横にはいれば村社の祭礼なりとて家ごとに行燈を掛け発句地口など様々に書き散らす。若人はたすきりりしくあやどりて踊り屋台を引けば上にはまだうら若き里のおとめの舞いつ踊りつ扇などひらめかす手の黒きは日頃田草を取り稲を刈るわざの名残にやといとおしく覚ゆ。

刈稲もふじも一つに日暮れけり

韮山をかなたとばかり晩靄の間に眺めて村々の小道小道に人と馬と打ちまじりて帰り行く頃次の駅までは何里ありやと尋ぬれば軽井沢とてなお、三、四里はありぬべしという。疲れたる膝栗毛に鞭打ちてひた急ぎにいそぐに烏羽玉の闇は一寸さきの馬糞も見えず。足引きずる山路にかかりて後は人にも逢わず家もなし。ふりかえれば遥かの山本に里の灯二ッ三ッ消えつ明りつ。折々颯と吹く風につれて犬の吠ゆる声谷川の響にまじりて聞こゆるさえようようにうしろにはなりぬ。

枯れ柴にくひ入る秋の蛍かな

闇の雁手のひら渡る峠かな

烏羽玉の闇 :

En passant par Nanjo, j’arrive à un village en fête : chaque maison arbore des lanternes sur lesquelles sont écrits haïkus et calembours. Des jeunes gens, aux manches fièrement retroussées par des cordons tasuki, tirent le char de danse, tandis que, sur la plateforme, de jeunes villageoises dansent, agitant leurs éventails ; leurs mains brunies témoignent du travail des champs, ce qui me touche profondément.

刈稲もふじも一つに日暮れけり

Moissons et Fuji — unis dans le crépuscule.

Au loin, à travers la brume du soir, j’aperçois Nirayama, tandis que, sur les chemins des villages, hommes et chevaux rentrent ensemble. Je demande combien de ri jusqu’à la prochaine étape : « Karuizawa, il reste trois ou quatre ri. » Éreinté, je presse le pas, mais la nuit est tellement noire qu'on ne voit même pas le crottin de cheval devant soi. Sur le sentier de montagne, je ne croise ni âme ni maison. En me retournant, je vois, loin sur la montagne, deux ou trois lumières du village qui s’allument et s’éteignent. Parfois, portés par une rafale de vent, les aboiements d'un chien se mêlent au grondement du torrent avant de s'évanouir peu à peu derrière moi.

枯れ柴にくひ入る秋の蛍かな

Dans les broussailles sèches une luciole d'automne s'enfonce.

闇の雁手のひら渡る峠かな

Le vol des oies sauvages semble raser la paume de ma main — obscurité du col.

二更過ぐる頃軽井沢に辿り着きてさるべき旅亭もやと尋ぬれども家数、十軒ばかりの山あいの小村それと思しきも見えず。水を汲む女に聞けば旅亭三軒ありといわるるに喜びて一つの旅亭をおとずれて一夜の宿を乞うにこよいはお宿叶わずという。次の旅亭に行けば旅人多くして今一人をだに入るる余地なしという。力なくなく次の旅店に至れば行燈に木賃と書きたる筆の跡さえ肉痩せて頼み少きに戸を開けば三、四畳の間はむくつけくあやしきおのこ五、六人に塞がれたり。はたと困じ果ててまたはじめの旅亭に還り戸を叩きながら知らぬ旅路に行きくれたる一人旅の悲しさこれより熱海までなお三里ありといえばこよいは得行かじあわれ軒の下なりとも一夜の情を垂れ給えといえども答なし。半ばおろしたる蔀の上より覗けば四、五人の男女炉を囲みて余念なく玉蜀黍の実をもぎいしが夫婦と思しき二人互にささやきあいたる後こなたに向いて旅の人はいり給え一夜のお宿はかし申すべけれども参らすべきものとてはなしという。そは覚期の前なり。喰い残りの麦飯なりとも一椀を恵み給わばうれしかるべしとて肩の荷物を卸せば十二、三の小娘来りて洗足を参らすべきまでもなし。この風呂に入り給えと勧められてそのまま湯あみすれば小娘はかいがいしく玉蜀黍の殻を抱え来りて風呂にくべなどするさまひなびたるものから中々におかし。

唐きびのからでたく湯や山の宿

二更 : ni-kō, mesure de temps ancienne, entre 21h et 23h environ

麦飯 : mugimeshi, riz à l'orge, aliment de base des paysans, considéré comme moins raffiné que le riz blanc pur.

Il est plus de dix heures du soir (Ni-kō) quand j'atteins enfin Karuizawa. Je cherche une auberge convenable, mais ce petit village de montagne ne compte qu'une dizaine de maisons et aucune ne semble accueillir de voyageurs. Interrogeant une femme qui puise de l'eau, j'apprend avec joie qu'il existe trois gîtes. Je me présente au premier pour demander l'asile, mais on me répond : « Ce soir, nous ne pouvons vous loger. » À la deuxième auberge, on me dit : « Les voyageurs sont trop nombreux, il ne reste plus de place, même pour une seule personne. » Découragé, je me rends à la troisième enseigne ; sur la lanterne, le mot « Kichin » (hébergement bon marché) est calligraphié d'un trait si maigre qu'il n'inspire guère confiance. Ouvrant la porte, je vois une pièce de trois ou quatre tatamis encombrée par cinq ou six hommes à l'allure rude et suspecte. Totalement désemparé, je retourne à la première auberge. Frappant à la porte, j'expose la tristesse du voyageur solitaire égaré sur une route inconnue : « Atami est encore à trois lieues d'ici, je ne pourrai jamais y arriver ce soir. Par pitié, accordez-moi votre compassion pour une nuit, ne serait-ce que sous l'auvent. » On ne me répond d'abord pas. En regardant par-dessus les volets à demi abaissés, j'aperçois quatre ou cinq personnes entourant le foyer, occupées à égrener du maïs. Après avoir chuchoté entre eux, l'homme et la femme — les maîtres des lieux, sans doute — se tournent vers moi : « Entrez donc, voyageur. Nous vous prêtons le gîte pour la nuit, mais n'ayez aucune attente, car nous n'avons rien à vous offrir. » C'était bien plus que je n'espérais. « Un simple bol des restes de votre riz à l'orge me comblerait de joie », dis-je en posant mon bagage. Une fillette de douze ou treize ans vient alors me dire : « Ne vous contentez pas de vous laver les pieds. Je vous en prie, prenez un bain. » Tandis que je me baigne, la petite fille apporte avec zèle des brassées de tiges de maïs sèches pour alimenter le feu de la chaudière. Cette scène, bien que rustique, a un charme infini.

唐きびの からでたく湯や 山の宿

Un bain chauffé aux tiges de maïs — auberge de montagne.

奥の一間に請ぜられすすびたる行燈の陰に餉したため終れば板のごとき蒲団を敷きたり。労れたるままに臥しまろびて足をひねりなどするに身動きにつれてぎしぎしと床のゆるぎたる心もとなき心地す。店の方には男の声にて兄さんは寐たりやと問う。この家に若き男もあらざれば兄さんとはわれの事なるべし。小娘の声にて阿唯といらえしたる後は何の話もなくただ玉蜀黍をむく音のみはらはらと響きたり。

鼻たれの兄と呼ばるゝ夜寒かな

ふと眼を開けば夜はいつしか障子の破れに明けて渋柿の一つ二つ残りたる梢に白雲の往き来する様など見え渡りて夜着の透間に冬も来にけんと思わる。起き出でて簀子の端に馬と顔突き合わせながら口そそぎ手あらいす。

肌寒や馬のいなゝく屋根の上

かろうじて一足の草鞋求め心いさましく軽井沢峠にかかりて

朝霧や馬いばひあふつゞら折

馬は新道を行き我は近道を登る。小鳥に踏み落されて阪道にこぼれたる団栗のふつふつと蹄に砕かれ杖にころがされなどするいと心うくや思いけん端なく草鞋の間にはさまりて踏みつくる足をいためたるも面白し。道は之の字巴の字に曲りたる電信の柱ばかりはついついと真直に上り行けばあの柱までと心ばかりは急げども足疲れ路傍の石に尻を掛け越し方を見下せば富士は大空にぶら下るが如くきのう過ぎにし山も村も皆竹杖のさきにかすかなり。

沓の代はたられて百舌鳥の声悲し

馬の尾をたばねてくゝる薄かな

菅笠のそろふて動く芒かな

On m'invite dans une pièce au fond de la maison. Après avoir pris mon repas à la lueur d'une lanterne de papier encrassée par la suie, on me prépare un futon aussi dur qu'une planche. Je m'y écroule, épuisé, massant mes jambes endolories ; à chaque mouvement, le plancher gémit et vacille, me laissant un sentiment d'insécurité. Du côté de la boutique, j'entends la voix d'un homme demander : « Est-ce que le grand frère dort ? » Comme il n'y a pas d'autre jeune homme dans la maison, ce « grand frère » doit être moi. La petite fille répond d'un « Oui » limpide, puis le silence retombe, troublé seulement par le bruit sec des grains de maïs que l'on égrene.

鼻たれの兄と呼ばるゝ夜寒かな

Me faire appeler "grand frère" par une petite morveuse — ô, ce froid nocturne.

Soudain, j'ouvre les yeux : l'aube pointe déjà à travers les déchirures des paravents de papier. J'aperçois la cime d'un arbre où restent un ou deux kakis amers, tandis que des nuages blancs vont et viennent dans le ciel. À travers les interstices de ma robe de nuit, je crois sentir que l'hiver est déjà arrivé. Je me lève et, sur le bord de la terrasse de bambou, je me rince la bouche et les mains, face à un cheval qui se trouve juste là.

肌寒や馬のいなゝく屋根の上

Frisson matinal — un cheval hennit juste au-dessus du toit.

Après avoir réussi à me procurer une paire de sandales de paille, j'attaque d'un cœur vaillant le col de Karuizawa.

朝霧や馬いばひあふつゞら折

Brume matinale — les chevaux s'ébrouent dans les lacets du chemin.

Le cheval suit la nouvelle route tandis que je grimpe par le raccourci. Des glands, tombés sous le poids de petits oiseaux, jonchent le sentier escarpé ; certains sont broyés par les sabots des bêtes, d'autres roulent sous mon bâton. Est-ce par rancune d'être ainsi malmenés ? L'un d'eux vient se loger dans ma sandale, me pinçant le pied — une mésaventure qui ne manque pas de piquant.

Le chemin serpente en zigzags tortueux, tandis que les poteaux télégraphiques s'élançent tout droit vers le sommet. « Jusqu'au prochain poteau », me dis-je pour m'encourager, mais mes jambes sont lasses. Je m'assied sur une pierre au bord du chemin pour contempler le chemin parcouru : le mont Fuji semble comme suspendu dans l'immensité du ciel, et les montagnes ainsi que les villages traversés la veille ne sont plus que de vagues silhouettes à la pointe de mon bâton de bambou.

沓の代はたられて百舌鳥の声悲し

Le prix des sandales est payé — le cri de la pie-grièche sonne si tristement.

馬の尾をたばねてくゝる薄かな

On rassemble la queue du cheval pour la lier — herbes de la pampa.

菅笠のそろふて動く芒かな

Les chapeaux de bambou bougent à l'unisson — parmi les herbes plumes.

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駄句積もるほどに峠までは来りたり。前面忽ち見る海水盆の如く大島初島皆手の届くばかりに近く朝霧の晴間より一握りほどの小岩さえありありと見られにけり。

秋の海名も無き島のあらはるゝ

これより一目散に熱海をさして走り下りるとて草鞋の緒ふッつと切れたり。

草鞋の緒きれてよりこむ薄かな

末枯や覚束なくも女郎花

熱海に着きたる頃はいたく疲れて飢に逼りけれども層楼高閣の俗境はわが腹を肥やすべきの処にあらざればここをも走り過ぎて江の浦へと志し行く。道皆海に沿うたる断崖の上にありて眺望いわん方なし。

浪ぎはへ蔦はひ下りる十余丈

根府川近辺は蜜柑の名所なり。

皮剥けば青けむり立つ蜜柑かな

石橋山の麓を過ぐ頼朝の隠れし処もかなたの山にありと人のいえど日已に傾むきかかれば得行かず。ただ

木のうろに隠れうせけりけらつゝき

など戯る。小田原を過ぐればこの頃の天気の癖とて雨はらはらと降りいでたり。笠は奉納せり。車は禁物なり。いかがはせんと並松の下に立ちよれども頼む木蔭も雨の漏りけり。ままよと濡れながら行けばさきへ行く一人の大男身にぼろを纏い肩にはケットの捲き円めたるを担ぎしが手拭もて顔をつつみたり。うれしやかかる雨具もあるものをとわれも見まねに頬冠りをなんしける。秋雨蕭々として虫の音草の底に聞こえ両側の並松一つに暮れて破駅既に近し。羇旅佳興に入るの時汽車人を載せて大磯に帰る。

ケット : ketto, dérivé de blankett

À force d'accumuler les vers médiocres, j'atteins enfin le col. Devant moi, soudain, la mer apparaît, s'étendant comme une immense vasque ; les îles d'Oshima et de Hatsushima semblent si proches qu'on peut presque les toucher. À travers les trouées de la brume matinale, j'apercois distinctement jusqu'au plus petit rocher.

秋の海名も無き島のあらはるゝ

Mer d'automne — des îles sans nom apparaissent.

Je m'élançe alors à toute allure vers Atami, mais dans la descente, le lacet de ma sandale de paille se rompt brusquement.

草鞋の緒きれてよりこむ薄かな

Le lacet rompu, je le répare avec une herbe — parmi les herbes Susuki.

末枯や覚束なくも女郎花

Herbes flétries — l'air incertain, la valériane d'automne.

À mon arrivée à Atami, je suis perclus de fatigue et tenaillé par la faim. Cependant, ce lieu mondain aux édifices luxueux n'est pas fait pour nourrir mon esprit ; je passe donc mon chemin sans m'arrêter, mettant le cap sur Enoura. La route longe les falaises surplombant la mer, offrant un panorama indescriptible.

浪ぎはへ蔦はひ下りる十余丈

Vers le rivage, le lierre descend en rampant — sur des dizaines de toises.

Les environs de Nebukawa sont célèbres pour leurs mandarines.

皮剥けば青けむり立つ蜜柑かな

En l'épluchant, une brume bleue s'élève — ô, la mandarine.

Je passai au pied du Mont Ishibashi. On me dit que l'endroit où Yoritomo se cacha autrefois se trouvait là-bas, dans la montagne, mais le soleil déclinait déjà et je ne pus m'y rendre. Je me contentai de plaisanter :

木のうろに隠れうせけりけらつゝき

Dans le trou d'un arbre, il a disparu — le pic-vert.

Après avoir dépassé Odawara, la pluie se met brusquement à tomber, comme c'est la coutume par ce temps-là. J'ai fait don de mon chapeau de bambou au sanctuaire et je m'interdis l'usage des voitures. Ne sachant que faire, je m'abrite sous les pins de la route, mais même cette ombre tant espérée laisse filtrer la pluie. « Tant pis ! » me dis-je, et je reprend ma marche sous l'averse.

Devant moi marche un colosse vêtu de haillons, portant une couverture roulée sur l'épaule, le visage enveloppé dans un linge (tenugui). « Quelle joie ! Voilà un vêtement de pluie fort pratique ! » me dis-je. À son imitation, je m'enveloppe la tête avec mon propre linge.

La pluie d'automne tombe avec mélancolie, le chant des insectes monte du creux des herbes, et les rangées de pins de chaque côté de la route se fondent dans l'obscurité. La gare approche. C'est au moment où le plaisir du voyage atteint son apogée que le train m'emporte pour me ramener à Oiso.

底本:「山の旅 明治・大正篇」岩波文庫、岩波書店

2003(平成15)年9月17日第1刷発行

2004(平成16)年2月14日第3刷発行

底本の親本:「日本」

1892(明治25)年10月31日から四回

初出:「日本」

1892(明治25)年10月31日から四回

入力:川山隆

校正:門田裕志

2010年2月3日作成

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