播州平野
la Plaine de Banshû - 1-10
宮本百合子
Miyamoto Yuriko
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宮本百合子全集 第六巻
あらすじ
敗戦の報を受け、東北の小さな田舎町で疎開生活を送っていたひろ子は、獄中にいる夫・重吉への手紙を書き始めます。戦争中、夫の消息を案じながら懸命に生きてきたひろ子ですが、重吉がいつ帰れるのか、これからの生活はどうなるのか、不安が募ります。一方、町では、敗戦による混乱が少しずつ表面化し、物資を求める人々の動きが活発になっていきます。ひろ子は、そんな中で、再び重吉のもとへ向かう決意を固めます。
Après avoir reçu la nouvelle de la défaite, Hiroko, qui menait une vie d’évacuation dans une petite ville rurale du Tōhoku, commence à écrire une lettre à son mari, Shigeyoshi, emprisonné. Durant la guerre, elle avait vécu avec acharnement, inquiète de son sort, sans jamais avoir de ses nouvelles. À présent, l’incertitude grandit en elle : quand Shigeji pourra-t-il rentrer ? Que deviendra leur vie désormais ? Pendant ce temps, la confusion liée à la défaite commence peu à peu à se manifester dans la ville. De plus en plus de gens cherchent désespérément à se procurer des vivres et des ressources. Face à cette agitation, Hiroko prend une décision : elle ira retrouver Shigeyoshi, coûte que coûte.
一九四五年八月十五日の日暮れ、妻の小枝が、古びた柱時計の懸っている茶の間の台の上に、大家内の夕飯の皿をならべながら、
「父さん、どうしましょう」ときいた。
「電気、今夜はもういいんじゃないかしら、明るくしても――」
茶の間のその縁側からは、南に遠く安達太郎連山が見えていた。その日は午後じゅうだまって煙草をふかしながら山ばかり眺めていた行雄が、
「さあ……」
持ち前の決して急がない動作でふり向いた。そして、やや暫く、小枝の顔をじっと見ていたが、
「もうすこしこのまんまにして置いた方が安全じゃないか」
と云った。
「――そうかもしれないわね」
小枝は従順に、そのまま皿を並べつづけた。
従順 [じゅうじゅん] obedient; submissive; docile; meek; pliant
柱時計 [はしらどけい] wall clock; grandfather clock
Le soir du 15 août 1945, alors que Kozue, sa femme, disposait les plats du dîner familial sur la table, elle demanda :
Au soir du 15 août 1945, dans la salle de séjour où était accrochée une vieille horloge murale, Kozue, l'épouse, demanda, tout en disposant les plats du dîner familial sur la table :
« Dis-moi, qu'allons-nous faire ? »
« Devons-nous laisser la lumière éteinte ce soir ? Même si nous l'allumons... »
Depuis l'avant-toit de la salle de séjour, on apercevait au loin, au sud, les montagnes d’Adatara. Ce jour-là, Ikuo, qui était resté silencieux tout l'après-midi, fumant cigarette sur cigarette et regardant fixement les montagnes, se tourna vers elle avec son calme habituel. Puis, après avoir longuement observé le visage de Kozue, il dit :
« Ne serait-il pas plus sûr de laisser les choses en l'état encore un peu ? »
« ... C'est peut-être vrai », répondit Kozue docilement, et elle continua à disposer les plats.
台の端に四つになる甥の健吉を坐らせ、早めの御飯をたべさせていたひろ子は、この半分息をひそめたような、驚愕から恢復しきれずにいる弟夫婦の問答を、自分の気持にも通じるところのあるものとしてきいた。
東北のその地方は、数日来最後の炎暑が続いていて、ひどく暑かった。粘土質の庭土は白く乾きあがって深い亀裂が入った。そして毎朝五時すぎというと紺碧の燦く空から逆落しのうなりを立てて、大編隊の空襲があった。
前夜も、その前の晩もそうであったように、八月十四日の夜は、十一時すぎると空襲警報が鳴り、午前四時すぎ迄、B29数百機が、幾つもの編隊となって風のない夏の夜空をすきまもなく通過した。おぼつかないラジオの報道は、目標は秋田なるが如しと放送していたが、それを信じて安心しているものは一人もなかった。富井の一家が疎開してきて住んでいる町の軍事施設や停車場が猛烈な空爆をうけたとき、空襲警報のサイレンは、第一回爆撃を蒙って数分してから、やっと鳴った始末であった。
甥 [おい] nephew
驚愕 [きょうがく] astonishment; amazement; surprise; fright; shock
回復 [かいふく] restoration; recovery; rehabilitation; return
炎暑 [えんしょ] heat wave; intense heat
亀裂 [きれつ] crack; crevice; fissure; chap; rift
編隊 [へんたい] formation (e.g. of aircraft)
空襲 [くうしゅう] air-raid
空襲警報 [くうしゅうけいほう] air-raid alarm
覚束ない [おぼつかない, かくそくない] (uk) uncertain; doubtful
Hiroko, qui avait fait asseoir son neveu Kenkichi, âgé de quatre ans, au bout de la table pour le faire manger plus tôt, écoutait la conversation de son frère et de sa belle-sœur, qui s'exprimaient à demi-voix, encore sous le choc et incapables de se remettre entièrement de leur stupeur. Ce qu’ils ressentaient résonnait aussi en elle.
Dans cette région du Tôhoku (Nord-Est), la dernière vague de chaleur de l'été persistait depuis plusieurs jours, et il faisait très chaud. Le sol argileux du jardin était devenu blanc et sec, avec de profondes fissures. Et tous les matins, peu après cinq heures, une grande formation de bombardiers arrivait du ciel bleu azur, dans un rugissement assourdissant.
La terre argileuse du jardin était devenue blanchâtre, complètement asséchée et crevassée par de profondes fissures. Et chaque matin, peu après cinq heures, un rugissement en piqué déchirait le ciel d’un bleu profond et éclatant, annonçant l’arrivée en formation massive des bombardiers ennemis.
Comme la nuit précédente et celle d'avant, le 14 août, après 23 heures, l'alerte au raid aérien retentit et jusqu'à 4 heures du matin, des centaines de B29 en plusieurs formations traversèrent le ciel nocturne d'été sans vent, sans laisser aucun espace. Les informations diffusées par la radio, peu fiables, indiquaient que la cible était Akita, mais personne ne le croyait et ne se sentait rassuré. Lorsque les installations militaires et la gare de la ville où la famille Tomii s'était réfugiée furent violemment bombardées, la sirène d'alerte au raid aérien ne retentit pas avant plusieurs minutes après le premier bombardement.
十四日の夜は、行雄とひろ子とがまんじりともしないで番をした。壕に近い側の雨戸は、すっかりくり開け、だまって姉弟が腰かけている縁側のむこうには、おそく出た月の光で、ゆるやかに起伏する耕地がぼんやり見えた。米軍機の通過する合間を見ては、町の警防団が情勢を連呼していた。そのなかに、一つ女の声が交って聞えた。細いとおる喉をいっぱいに張って、ひとこと、ひとこと、「てーきは」と引きのばして連呼する声を聴いていると、ひろ子は悲しさがいっぱいになった。低く靄がこめている藷畑の上をわたって、大きい池のあっちから、その女の声はとぎれとぎれにきこえた。責任感でかすかにふるえているかと思うその中年の女の声は、ひろ子に田舎町のはずれに在る侘しいトタン屋根の棲居を思いやらせた。古びた蚊帳の中で汗をかきかき前後不覚に眠ってしまった何人かの子供らの入り乱れた寝相と、一人の婆さまの寝顔とが思いやられた。その家には、たしかに男手が無いのだ。
起伏 [きふく] undulation
警防団 [けいぼうだん] civil defense unit (Japan, 1939-1947)
藷 [いも] tuber; taro; potato
塗炭 [とたん] misery; distress
蚊帳 [かや] mosquito net
La nuit du 14, Ikuo et Hiroko montèrent la garde sans fermer l'œil. Du côté proche de l’abri, les volets coulissants étaient entièrement ouverts, et au-delà du porche où le frère et la sœur étaient assis en silence, les champs doucement vallonnés apparaissaient vaguement sous la lumière tardive de la lune. Dans les intervalles entre les passages des avions américains, la brigade de défense civile de la ville scandait sans relâche les informations sur la situation. Parmi ces voix, une voix de femme se mêlait aux annonces. En tendant toute sa gorge fine et claire, elle répétait lentement, syllabe par syllabe : « Tééé-ki wa » (l'ennemi). En écoutant cette voix, Hiroko sentit une immense tristesse l’envahir. Elle parvenait, entrecoupée, de l’autre côté du grand étang, traversant le champ de patates douces voilé d’une brume basse. Cette voix de femme, légèrement tremblante sous le poids de la responsabilité, fit naître en Hiroko l’image d’une demeure misérable à la périphérie d’une petite ville, sous un toit de tôle solitaire. Elle imagina plusieurs enfants endormis pêle-mêle sous une vieille moustiquaire, transpirant dans leur sommeil agité, ainsi que le visage endormi d’une vieille grand-mère. Dans cette maison, il n’y avait certainement aucun homme.
三人の子供をつれて小枝が横になっている蚊帳をのぞくと、どんなに足音を忍ばせて近づいても必ず小枝は、
「どう? 御苦労さまね」と、おとなしく、心配にみちた声をかけた。
「父さんもいるの? 今夜は、なんてどっさり来るんでしょう」
いざというとき子供たちを抱え出す足許をやっと照すだけの明りが、用心深くかこわれて、小枝の枕頭に置いてある。蚊帳の青味と隈の濃いその灯かげの陰翳とで、美しい小枝の小鼻は、白い枕被いの上で嶮しくそげて見えるのであった。
険しい , 嶮しい [けわしい] inaccessible; impregnable; steep
Quand on alait jeter un coup d'œil sous la moustiquaire où Kozue était allongée avec ses trois enfants, on avait beau s'approcher à pas feutrés, elle ne manquait jamais de dire :
« Alors ? Merci pour ton effort »
d'une voix douce, empreinte d'inquiétude
« Papa est là aussi ? Ce soir, il y en a une quantité incroyable…»
Pour faciliter l'évacuation des enfants en cas de besoin, une lumière soigneusement dissimulée était placée à la tête du futon de Kozue, juste assez vive pour éclairer faiblement par terre. Sous la teinte bleutée de la moustiquaire et l'ombre profonde projetée par cette lumière tamisée, le petit nez délicat de Kozue paraissait saillant et amaigri sur la blancheur de la taie d'oreiller.
最後の編隊が、耕地の表面の土をめくり上げるような轟音をたてて通過した。そのあとは、いくら耳をすましても、もう空は森としていて、ひろ子は急に体じゅうの力がぬけてゆくのを感じた。
「――すんだらしいわね」
もんぺ姿の小枝が蚊帳からにじり出て来て、さもうるさそうに頭をふり、頸のまわりから防空頭巾の紐をといた。行雄は、靴ばきで踏石の上に立ったまま、煙草に火をつけた。行雄は最初の一服を深く、深く、両方の頬ぺたをへこますほど長い息に吸いこんだ。
防空頭巾 [ぼうくうずきん] air-raid hood
踏み石, 踏石 [ふみいし] stepping stone
La dernière formation d’avions passa avec un fracas assourdissant, semblant soulever la terre à la surface des champs. Ensuite, elle avait beau tendre l’oreille, le ciel était silencieux, vaste, immobile. Hiroko sentit soudain toutes ses forces l’abandonner.
« … On dirait que c’est fini. »
Koeda, vêtue de son monpé, se glissa hors de la moustiquaire en hochant la tête d’un air las, puis dénoua les cordons de la coiffe anti-aérienne autour de son cou. Ikuo, encore chaussé, debout sur la pierre du seuil, alluma une cigarette. Il tira longuement sur la première bouffée, si profondément que ses joues se creusèrent.
十五日は、おそめの御飯が終るか終らないうちにサイレンが鳴った。
「小型機だよ! 小型機だよ!」
十二歳の伸一が亢奮した眼色になって、駈けだしながら小さい健吉の頭に頭巾をのせ、壕へつれて入った。三日ばかり前この附近の飛行場と軍事施設とが終日空爆をうけたときも、来たのは小型機の大編隊であった。
「母さん、早くってば! 今のうち、今のうち!」
小枝が病弱な上の女の児を抱いて一番奥に坐り、一家がぎっしりよりかたまっている手掘りの壕の上には夏草が繁っていた。健吉が飽きて泣きたい顔になると、ひろ子はその夏草の小さい花を採って丸い手に持たせ、即席のおはなしをきかせるのであった。この日は、三時間あまりで十一時半になると、急にぴたりと静かになった。
Le 15, la sirène retentit alors que le dîner, pris en retard, était à peine terminé.
« Petits avions ! Petits avions ! » Shin’ichi, 12 ans, les yeux brillants d’excitation, se précipita, posa un casque sur la tête du petit Kenkichi et l'entraîna dans l'abri. Trois jours auparavant, lorsque l'aérodrome voisin et les installations militaires avaient été bombardés toute la journée, c'était aussi une grande formation de petits avions qui avait attaqué.
« Maman, dépêche-toi ! Maintenant, maintenant ! » Kozue, tenant dans ses bras sa fille aînée, à la santé fragile, s'assit au fond de l'abri creusé à la main où la famille était entassée. Au dessus de l'abri, les herbes d'été étaient abondantes. Lorsque Kenkichi s'ennuyait ou menaçait de pleurer, Hiroko cueillait de petites fleurs de ces herbes d'été, les mettait dans sa main ronde et lui racontait des histoires qu’elle improvisait. Ce jour-là, vers 11h30, après plus de trois heures, le calme revint soudainement.
「変だねえ。ほんとにもういないよ」
望遠鏡をもって、壕のてっぺんからあっちこっちの空を眺めながら、伸一がけげんそうに大声を出した。きのうまでは小型機が来たとなったらいつも西日が傾くまで、くりかえし、くりかえし襲撃されていたのであった。
「珍しいこともあるものねえ」
「昼飯でもたべにかえったんだろう。どうせ又来るさ」
そんなことを云いながら、それでも軽いこころもちになって、ぞろぞろ壕を出た。そして、みんな茶の間へ戻って来た。
「御飯、どうなさる? 放送をきいてからにしましょうか」
きょう、正午に重大放送があるから必ず聴くように、と予告されていたのであった。
「それでいいだろう、けさおそかったから。――姉さん、平気かい?」
「わたしは大丈夫だわ」
« C'est étrange. Ils sont vraiment partis », dit Shin’ichi d'une voix forte et dubitative, qui regardait le ciel de tous les côtés avec des jumelles depuis le haut de l'abri. Jusqu'à hier, lorsque les petits avions arrivaient, ils attaquaient sans cesse, jusqu'à ce que le soleil couchant disparaisse.
« C'est bizarre, ça .»
« Ils sont sûrement rentrés déjeuner. Ils vont sûrement revenir. »
Tout en disant cela, ils se sentaient un peu plus légers et sortirent de l'abri les uns après les autres. Puis, ils revinrent tous dans la salle de séjour.
« Que faisons-nous pour le repas ? Attendons-nous la fin de la diffusion ? »
On avait annoncé qu'il y aurait une diffusion importante à midi aujourd'hui, et qu'il fallait absolument l'écouter.
« C'est une bonne idée, on a déjeuné tard ce matin. — Ça va, grande sœur ? »
« Oui, ça va. »
伸一が、柱時計を見てラジオのスイッチ係りになった。やがて録音された天皇の声が伝えられて来た。電圧が下っていて、気力に乏しい、文句の難かしいその音声は、いかにも聴きとりにくかった。伸一は、天皇というものの声が珍しくて、よく聴こうとしきりに調節した。一番調子のいいところで、やっと文句がわかる程度である。健吉も、小枝の膝に腰かけておとなしく瞬きしている。段々進んで「ポツダム宣言を受諾せざるを得ず」という意味の文句がかすかに聞えた。ひろ子は思わず、縁側よりに居た場所から、ラジオのそばまで、にじりよって行った。耳を圧しつけるようにして聴いた。まわりくどい、すぐに分らないような形式を選んで表現されているが、これは無条件降伏の宣言である。天皇の声が絶えるとすぐ、ひろ子は、
「わかった?」と、弟夫婦を顧みた。
「無条件降伏よ」
無条件降伏 [むじょうけんこうふく] unconditional surrender
Shin’ichi regarda la pendule et se chargea d’allumer la radio. Bientôt, la voix enregistrée de l’Empereur fut difusée. À cause d’une tension électrique trop basse, le son était faible, hésitant, et les paroles, exprimées dans un langage difficile, étaient particulièrement difficiles à comprendre. Intrigué par le simple fait d’entendre la voix de l’Empereur, Shin’ichi s’efforça d’affiner le réglage pour mieux écouter. Même avec le meilleur réglage possible, il n’arrivait qu’à saisir quelques bribes de phrases. Kenkichi, assis sagement sur les genoux de Kozue, clignait des yeux en silence. Puis, peu à peu, une phrase se dégagea faiblement du brouhaha : « Nous n’avons d’autre choix que d’accepter la Déclaration de Potsdam. » À ces mots, Hiroko, qui se trouvait près du porche, se glissa instinctivement jusqu’à la radio. Elle colla presque son oreille contre l’appareil pour mieux entendre. Les paroles étaient alambiquées, formulées de manière détournée, comme pour en masquer le sens immédiat. Mais il n’y avait aucun doute : c’était une déclaration de capitulation sans conditions. Dès que la voix de l’Empereur s’éteignit, Hiroko se tourna vers son frère et sa belle-sœur et leur demanda :
« Vous avez compris ? »
Puis, d’un ton clair, elle ajouta :
« C’est une capitulation sans conditions. »
続けて、内閣告諭というのが放送された。そして、それも終った。一人としてものを云うものがない。ややあって一言、行雄があきれはてたように呻いた。
「――おそれいったもんだ」
そのときになってひろ子は、周囲の寂寞におどろいた。大気は八月の真昼の炎暑に燃え、耕地も山も無限の熱気につつまれている。が、村じゅうは、物音一つしなかった。寂として声なし。全身に、ひろ子はそれを感じた。八月十五日の正午から午後一時まで、日本じゅうが、森閑として声をのんでいる間に、歴史はその巨大な頁を音なくめくったのであった。東北の小さい田舎町までも、暑さとともに凝固させた深い沈黙は、これ迄ひろ子個人の生活にも苦しかったひどい歴史の悶絶の瞬間でなくて、何であったろう。ひろ子は、身内が顫えるようになって来るのを制しかねた。
告諭 [こくゆ] official notice
あきれ果てる [あきれはてる] to be flabbergasted, dumbfounded
恐れ入る [おそれいる] to be sorry; to feel small
寂寞 [せきばく] lonely; desolate; deserted; forlorn
森閑, 深閑 [しんかん] silent; still; quiet; hushed
凝固 [ぎょうこ] coagulation; freezing; solidification
悶絶 [もんぜつ] fainting in agony
顫 / 震える [ふるえる] to shiver / shake / quake / tremble ...
Ensuite, une proclamation du cabinet impérial fut diffusée. Puis, cela aussi se termina. Personne ne disait rien. Après un moment, Ikuo laissa échapper un gémissement, comme abasourdi :
« — C’est renversant. »
Ce n’est qu’alors que Hiroko prit pleinement conscience du silence qui l’entourait. L'atmosphère brûlait de la chaleur d'août en plein midi, qui enveloppait les champs et les montagnes. Et pourtant, dans tout le village, pas un seul bruit. Pas un murmure. Hiroko le ressentait dans tout son corps. Entre midi à 13 heures en ce 15 août, le Japon entier avait retenu son souffle dans un mutisme profond, tandis que l’Histoire tournait silencieusement l’une de ses pages les plus monumentales. Même cette petite ville rurale du Tōhoku, figée sous l’écrasante chaleur estivale, n’échappait pas à cette immobilité solennelle. Et ce moment d’étouffement historique, cette agonie silencieuse du passé, n’était-il pas aussi le reflet du long supplice qu’avait été la propre existence de Hiroko jusqu’à ce jour ? Hiroko ne pouvait retenir le tremblement qui commençait à l'envahir.
健吉を抱いたまま小枝が縁側に出て、そっと涙を拭いた。云いつくせない安堵と気落ちとが、夜の間も脱ぐことのなかった、主婦らしいそのもんぺのうしろ姿にあらわれている。
伸一が、日やけした頬をいくらか総毛立たせた顔つきで、父親の方からひろ子へと視線をうつした。
「おばちゃん、戦争がすんだの?」
「すんだよ」
「日本が敗けたの?」
「ああ。敗けた」
「無条件降伏? ほんと?」
Kozue sortit sur le engawa [corridor extérieur)], Kenkichi dans les bras, et essuya discrètement ses larmes. Un mélange indescriptible de soulagement et d’abattement se lisait dans son dos, dans sa posture marquée par la fatigue, toujours vêtue de son monpé qu’elle n’avait pas quitté même durant la nuit.
Shin’ichi, avec un visage où ses joues bronzées avaient les poils légèrement hérissés, tourna le regard de son père vers Hiroko.
— Tante, la guerre est finie ?
— Oui, elle est finie.
— Le Japon a perdu ?
— Oui, il a perdu.
— Une capitulation sans conditions ? Vraiment ?
少年の清潔なおもてに、そのことは我が身にもかかわる屈辱と感じる表情がみなぎっているのを見ると、ひろ子はいじらしさと同時に、漠然としたおそれを感じた。伸一は正直に信じていたのだ、日本が勝つものだと。――しばらく考えていてひろ子は甥にゆっくりと云った。
「伸ちゃん、今日までね、学校でもどこでも、日本は勝つとばかりおそわったろう? おばちゃんは、随分話したいときがあったけれど、伸ちゃんは小さいから、学校できかされることと、うちできくことと、余り反対だと、どっちが本当かと思って困るだろうと思ったのさ。だから黙っていたのよ」
屈辱 [くつじょく] disgrace; humiliation
漠然 [ばくぜん] vague; obscure; indistinct; hazy; ambiguous
Sur le visage juvénile et pur du garçon, Hiroko vit se refléter la douleur d’une humiliation personnelle. En même temps qu’elle éprouvait une tendresse infinie pour lui, un vague sentiment de crainte la saisit. Shin’ichi avait cru, honnêtement et sans réserve, que le Japon allait gagner. Après un moment de réflexion, Hiroko lui répondit lentement :
“Shin’ichi, jusqu’à aujourd’hui, que ce soit à l’école ou ailleurs, on t’a toujours appris que le Japon allait gagner, n’est-ce pas ? Moi aussi, il y a eu bien des fois où j’ai voulu t’en parler. Mais tu es encore jeune. Si à l’école on te dit une chose et qu’à la maison tu entends le contraire, tu ne saurais plus quoi croire, tu serais perdu. C’est pour cela que je me suis tue.”
戦争の十四年間、行雄の一家は、初から終りまで、惨禍のふちをそーっと廻って、最小限の打撃でさけとおして来ていた。主人の行雄が、本人にとっては何の不自由もない些細な身体上の欠点から兵役免除になっていた。それが、そういう生活のやれた決定的な理由であった。所謂平和建設の建築技師である行雄は経済封鎖にあっていた。手元も詰りながら、一般のインフレーションの余波で何とか融通がついて、一年半ほど前から祖父が晩年を送ったその田舎の家へ一家で疎開暮しをはじめたのだった。
惨禍 [さんか] calamity; disaster; catastrophe
打撃 [だげき] blow; shock; strike; damage
所謂 [いわゆる] what they call; so-called
経済封鎖 [けいざいふうさ] economic blockade; embargo
融通 [ゆうずう] lending (money, commodities, etc.); finance; loan
疎開 [そかい] evacuation
Pendant les quatorze années de guerre, du début à la fin, la famille de Ikuo avait prudemment contourné les abîmes de la catastrophe, évitant le plus possible les dommages. Ikuo,chef de famille, avait été exempté du service militaire en raison d'un défaut physique mineur qui ne le gênait en rien. Ce fut la principale raison qui permit à sa famille de mener cette vie. Ingénieur en construction pour ce qu'on appelait la construction de la paix, Ikuo avait été touché par le blocus économique. Bien que ses finances soient serrées, il réussit à s'en sortir grâce aux retombées de l'inflation générale, et environ un an et demi auparavant, il avait commencé une vie de réfugié avec sa famille dans la maison de campagne où son grand-père avait passé ses dernières années.
戦争中、新聞の報道や大本営発表に、ひろ子が、疑問を感じる折はよくあったし、野蛮だと思ったり、悲惨に耐えがたく思ったりすることがあった。ひろ子の気質で、そのままを口に出した。行雄は、それもそうだねえと煙草をふかしている場合もあったし、時には、姉さんは何でも物を深刻にみすぎるよ。僕たちみたいのものは、結局どうする力もないんだから、聞かされるとおり黙って聞いていりゃいいんだ。そう云って、眼のうちに暗い険しい色をうかべる時もあった。戦争が進むにつれて、行雄の気分はその面がつよくなった。行雄のそういう気持からすれば、息子がきかされる話についても神経の配られるのを感じて、ひろ子はたくさんの云いたいことを黙って暮して来たのであった。
野蛮 [やばん] savage; barbarous; uncivilised
Pendant toute la guerre, Hiroko avait souvent eu des doutes sur les nouvelles relayées par les journaux et les communiqués du Quartier Général, et il lui arrivait de les trouver barbares ou insupportables de tristesse. Son tempérament la poussait à exprimer directement ce qu'elle pensait. Ikuo se contentait parfois de fumer sa cigarette en disant : “Oui, tu n’as pas tort… “, ou parfois, laissant transparaître une expression sombre et sévère dans ses yeux, il disait : “Grande sœur, tu prends tout trop au sérieux. De toute façon, des gens comme nous n'ont aucun pouvoir. Alors, autant écouter en silence ce qu'on nous dit.” Au fur et à mesure que la guerre avançait, l'humeur de Ikuo se renforçait dans ce sens. Sentant que Ikuo faisait attention à ce que son fils pouvait entendre, Hiroko avait gardé le silence sur beaucoup de choses qu'elle voulait dire.
十五日は、そのままひるから夕方になり、やがて夜になっても、村じゅうの麻痺した静けさは変らなかった。
翌日、ひろ子は余り久しぶりで、却って身に添いかねる平和な明るさの中でもんぺをぬぎ、網走の刑務所にやられている良人の重吉へ、たよりを書きはじめた。ひろ子が小娘で、まだ祖母が生きていた時分、祖父の遺愛の机として、赤銅の水滴だの支那焼の硯屏だのが、きちんと飾られていたその机の上には、今ここで生活している若い親子たちの賑やかでとりまとまりのない日々を反映して、伸一の空襲休暇中の学習予定の下手なプリントや、健吉が忘れて行ってしまった玉蜀黍の噛りかけなどがころがっている。
麻痺 [まひ] (med) paralysis; palsy; stupor
水滴 [すいてき] vessel for inkstone water
玉蜀黍 とうもろこし maize
Le 15 août, jusqu’au soir et même pendant la nuit, le village resta paralysé.
Le lendemain, sous une lumière matinale trop paisible, trop sereine pour son cœur encore accablé, Hiroko retira enfin son monpé. Puis, dans cet étrange calme revenu, elle se décida à écrire à son mari, Shigeyoshi, toujours détenu à la prison d’Abashiri. Elle s’installa à son bureau, qu’elle avait hérité de son grand-père, un meuble qui, jadis, était soigneusement orné d’un encrier en bronze rouge et d’un écran de lettré en porcelaine chinoise. Aujourd’hui, ce même bureau reflétait le chaos de la vie quotidienne : un calendrier scolaire griffonné de travers, destiné aux études de Shin’ichi durant les interruptions causées par les bombardements, et un épi de maïs à moitié rongé, oublié là par Kenkichi.
ひろ子は、少し書いては手を止めて、考えこんだ。網走の高い小さい窓の中で、重吉は、きっともう戦争の終ったことを知っているだろう。十二年の間、獄中に暮しつづけて来た重吉。六月に、東京からそちらへゆく前、面会所の切り窓から「まあ半年か、長くて十ヵ月の疎開だね」と云って笑った重吉。その重吉こそ、どんな心で、このニュースをきいたであろう。ひろ子は、こみ上げて来る声なきかちどきで息苦しいばかりだった。
込み上げる [こみあげる] to well up (of tears, anger, joy, etc.)
Hiroko, après avoir écrit quelques lignes, s'arrêta et se plongea dans ses réflexions. À travers la lucarne de sa cellule d'Abashiri, Shigeyoshi avait sûrement appris que la guerre était finie. Shigeyoshi qui avait passé douze ans en prison. Avant de venir ici depuis Tokyo, en juin, Shigeyoshi avait souri à travers la petite fenêtre de la salle de visite, disant : "Eh bien, ce sera un refuge de six mois, dix mois au plus." Comment Shigeyoshi avait-il accueilli cette nouvelle ? Hiroko se mit à suffoquer, submergée par l’émotion.
この歳月の間に、ひろ子は検閲のある手紙ばかり千通あまりも書いて来た。いつか変通自在な表現と、お互のわかりあいが出来て、自然の様々な景観の物語などのうちにも、夫と妻との微妙なゆきかいがこめられるようになっているのだった。手紙をかき出して、ひろ子は、いつか習得させられた自分の気の毒なその技術を、邪魔なばかりに感じた。ひろ子は、はっきり、それこそその手紙の眼目としてききたいことがあった。たった一行それだけ書けばいいということがあった。しかし、まだ、それは書けまい。いつお帰りになるでしょう。書きたい言葉はその一行である。ほんとに、重吉はいつ帰れるだろうか。
検閲 [けんえつ] censorship
変通自在 [へんつうじざい] freely adaptable, very flexible
Pendant ces années, Hiroko avait écrit plus d'un millier de lettres qui passaient par la censure. Avec le temps, ils avaient acquis une expression fluide et une compréhension mutuelle, et, même dans ses récits à propos de divers paysages, les subtiles interactions entre mari et femme s’étaient exprimées. Alors qu'elle commençait à écrire sa lettre, Hiroko sentit que cette habileté qu'elle avait acquise avec tant de peine était devenue un fardeau. Hiroko avait une question précise qu'elle voulait poser, et qui était l’objet même de cette lettre. Il y avait une seule ligne qu'elle voulait écrire. Mais elle ne pouvait pas encore l'écrire. Quand rentrerez-vous ? Cette ligne, c’était les mots qu'elle voulait écrire. En vérité, quand Shigeyoshi pourrait-il rentrer ?
この十四年ほどの間に、日本の治安維持法は、ナチスの予防拘禁所のシステムまで輸入して、息つくすきも与えないものとなって来た。狭い日本に張りつめたこの重石は、先頃発表されたポツダム会議の決定によれば、直ちにとりのぞかれ、粉砕されるべきものとして示されている。支配者たちは、自分たちのこんな敗北さえも、野良や工場に働く人々には、すぐのみこめないような云いまわしであらわした。そこには、何処かで、出来る丈握っている繩の端を手離すまいと腐心している陰険さがうかがわれるのであった。治安維持法を、どういうやりかたで、どんな範囲で、彼等は処理しようとするのだろうか。
治安維持法 [ちあんいじほう] (law) Peace Preservation Act
予防拘禁 [よぼうこうきん] preventive custody
Pendant ces quatorze années, la loi japonaise de préservation de la paix avait importé le système nazi des camps de détention préventive, ne laissant aucun répit. Ce fardeau qui pesait sur le Japon, ce pays si exigu, devait, selon les décisions annoncées récemment lors de la conférence de Potsdam, être immédiatement supprimé. Même leur propre défaite, les dirigeants l’ont exprimée par des formules telles que les gens ordinaires, ceux qui travaillent dans les champs et dans les usines, ne pouvaient pas immédiatement comprendre. On pouvait y déceler le caractère sournois de personnes qui essayent de ne pas lâcher le bout de corde qu'ils tiennent encore. Comment les autorités comptent-elles s’y prendre pour gérer cette loi sur la préservation de la paix ?
ひろ子の書く手を止めるのは、この点について、経験した者でなくては想像しにくい程の苦しい不安と警戒とであった。一言、うれしい、という率直な表現をもつことさえも、重吉への手紙の中では安心できなかった。妻であるひろ子の、打ちひろげすぎた感情が、生きるために最小限の条件を確保するためにさえ、根づよく闘わなければならない重吉の体に、見えないところでてきめんな意地わるい仕打ちとして返されて行くようなことがあってはならない。こうして綴る一行一行のうちには、身もだえのように、脈搏つ心のうねりがある。いがぐり頭になって、煉瓦色の獄衣を着て、それでも歴史の前途はいとど明るし、という眼色でいる重吉は、このうねる熱さを彼の掌のなかにうけとった時、自分たち二人が時間と距離とにへだてられつつ、結ばれて生きて来た年月を何と顧るだろう。にわかに急な斜面が展けたような今日の感動を、重吉もぐっと、その胸でこたえている。それが、まざまざと感じとられるのであった。
Ce qui arrêtait la main de Hiroko, c'était une anxiété et une vigilance si douloureuses qu'il était difficile pour quiconque n'ayant pas vécu cela de l'imaginer. Même avoir une expression franche de joie était impossible dans une lettre à Jūkichi. Il ne fallait pas que les émotions débordantes de Hiroko, sa femme, soient retournées contre Shigeyoshi, qui devait lutter avec ténacité pour assurer les conditions minimales de sa survie, sous forme de mauvais traitements invisibles et immédiats. Chaque ligne qu'elle écrivait contenait un tourbillon de cœur palpitant, comme un spasme. Shigeyoshi, avec sa coupe en brosse et son uniforme de prison en brique, mais avec un regard disant que l'avenir de l'histoire était toujours brillant, quand il recevrait cette chaleur tourbillonnante dans sa paume, comment se souviendrait-il des années qu'ils avaient vécues ensemble, séparés par le temps et la distance ? Shigeyoshi aussi ressentait profondément l'émotion d'aujourd'hui, comme si une pente raide s'était soudainement ouverte. Cela se ressentait vivement.
ひろ子が机に向っている障子の外は、つい一昨晩まで、夜じゅう恐怖のうちに開け放されていた縁側である。いくつもの風呂敷包。リュックサック。食糧を入れた石油カン。そういうものが、まだほっぽり出されたまんま、そこにあった。雨戸が一二枚ひき残されていて、その節穴から一筋矢のように暑い日光が薄暗がりに射し込んでいる。亀の子に細引をかけた小型の行李が、丁度その光の矢を浴びている。
自分も重吉のいる網走へ行って暮そう。文筆上の自由職業をもっているひろ子が、そう決心したのは七月下旬のことだった。何も知らずに、巣鴨宛に書いた重吉への手紙が、網走へ本人を送致したからという役所の附箋つきで戻されて来た。粗末な紙片に、にじむインクで書かれた網走という文字を見たとき、ひろ子は、自分の生きて来た張合が、すーと、遠くへ引き離された感じがした。網走というところは、名前ばかりで知っている。そこへやられた重吉と自分との間には、狭い日本の中ながら幾山河が在る。空襲が益々苛烈になり、上陸戦の噂もあったその頃の事情で、この幾山河は、場合によっては、二人の間が何年間か全く遮断されるかもしれないという心配をもたらした。
À l'extérieur des portes coulissantes où Hiroko est assise à son bureau, se trouve la véranda qui, jusqu'à l'avant-veille, était ouverte toute la nuit dans la terreur. Plusieurs paquets enveloppés dans des furoshiki. Un sac à dos. Un bidon de pétrole contenant de la nourriture. Ces choses étaient là, toujours éparpillées. Un ou deux volets pour la pluie avaient été laissés, et un rayon de soleil, brûlant comme une flèche, pénétrait dans la pénombre à travers les nœuds. Un petit coffre à bagages, avec une corde attachée à sa carapace de tortue, était juste baigné par ces rayons de lumière.
Hiroko, qui avait une certaine liberté du fait de son activité littéraire, avait décidé à la fin du mois de juillet d'aller vivre à Abashiri, auprès de Shigeyoshi. Une lettre qu'elle avait écrite à Shigeyoshi, adressée, faute de renseignement précis, à Sugamo, lui avait été renvoyée avec une note du bureau indiquant que Shigeyoshi avait été transféré à Abashiri. Quand elle avait vu le mot "Abashiri", écrit à l'encre qui bavait sur le morceau de papier rugueux, Hiroko avait eu l'impression que toute la trame de sa vie s’éloignait doucement, comme arrachée loin d’elle. Abashiri, elle n'en connaissait que le nom. Entre Shigeyoshi, qui avait été envoyé là-bas, et elle-même s’étendaient, malgré la petitesse du Japon, de nombreuses montagnes et rivières. Avec les raids aériens qui devenaient de plus en plus violents et les rumeurs d'un débarquement imminent, ces montagnes et rivières lui faisaient craindre qu'ils pourraient rester complètement séparés pendant plusieurs années.
ひろ子は、そこで暮していた東京の弟の留守宅の始末を全速力で片づけて、ともかく東北のこの町へ来た。そして、小一里ある停車場や交通公社へ行って津軽海峡を渡る切符が買えるのを待ちながら、旅の仕度をした。
ひろ子のいるところでさえ八月になれば、山々の色が変化した。網走には、もう秋の霧が来ているだろう。オホーツク海からの吹雪が道を塞ぐ前に、せめて北海道まで渡りたい。ひろ子は寒いところでの暮しに役立ちそうな物を選んでは、夏の西日の下で小さい行李につめた。知り合いというようなものもいないそこで、どんな生活が出来るのか見当もつかなかった。保護観察所の役人は、くりかえし、ひろ子が行った先で人と交際することを禁じた。もうその頃、海を渡る旅行は体一つでさえ困難になっていた。道具めいた何一つも持っては行けない。それでも、棲むところは網走ひとつに思いきめて、ひろ子は青森が空襲をうける度に、あら、またよ、と歎息した。青森市は焼かれ、連絡船の大半が駄目になったのであった。
Hiroko s'était dépêchée de régler les affaires de la maison de son frère cadet à Tokyo, où elle vivait pendant son absence, et était venue dans cette ville du Tōhoku. Là, tout en préparant son voyage, elle attendait de pouvoir acheter au bureau des transports ou à la gare, située à une petite lieue de là, un billet lui permettant de traverser le détroit de Tsugaru.
Même là où se trouvait Hiroko, les montagnes changeaient déjà de couleur à l’approche du mois d’août. Les brouillards d'automne devaient déjà être arrivés à Abashiri. Elle voulait au moins traverser jusqu'à Hokkaido avant que le blizzard de la mer d'Okhotsk ne bloque les routes. Sous le soleil couchant de l'été, Hiroko avait choisi des choses qui seraient utiles pour vivre dans un endroit froid et les avait mises dans une malle d'osier. Elle n'avait aucune idée du genre de vie qu'elle pourrait mener là-bas, où elle ne connaissait personne. Un fonctionnaire du bureau de probation lui avait répété que là où elle allait elle devait s’abstenir de tout contact avec des personnes. À cette époque, il était déjà difficile, même seul, de voyager en mer. Il était interdit d'emporter quoi que ce soit qui ressemblât à un outil. Pourtant, elle avait décidé qu'elle ne pourrait vivre qu'à Abashiri, et Hiroko soupirait à chaque fois qu'Aomori était bombardé : "Oh, encore ..." La ville d'Aomori avait été incendiée et la plupart des ferries avaient été détruits.
切符が手に入れば、明日にもそちらへ行くと書いた手紙を封筒に入れながら、ひろ子は、ほんとに、この行李が海をこえるのかしらと思った。東京の親切な知人が、つてのない網走へゆくときめたひろ子を思いやって、すこし離れた都会にいる或る人に、紹介をたのんでくれた。待ちかねるほどたって返事が来た。ハガキにせわしい字で、当地も昨今は空襲を蒙るようになった。知人も疎開したり死亡したりしていて御希望に添うような便宜は得にくい、御主人によくお話になり、御渡道はお見合わせになるが然るべく、という意味が書かれていた。
「御主人によくお話になり」――云いつけで、ひろ子が遠いところへ行きでもするように。――懇篤な紳士と云われる人が、身に迫った戦禍に脅えて、浅く迅く視線を動かして身辺を視ている落付かないさまが、ハガキの面に溢れていた。またそこには、一人の女としてひろ子が体にからめて運んでいる面倒な事情も、おのずから影響していると思えた。
Tout en glissant dans une enveloppe la lettre où elle écrivait qu’elle partirait dès le lendemain si elle parvenait à obtenir un billet, Hiroko se demandait : « Ce petit bagage parviendra-t-il vraiment à traverser la mer ? ». Une connaissance bienveillante de Tokyo, émue de la voir déterminée à partir pour Abashiri où elle n’avait aucun lien, avait intercédé pour elle auprès d’une personne vivant dans une ville un peu plus grande, non loin de là. La réponse, longtemps attendue, finit par arriver. Sur une carte postale écrite d’une main pressée, on lisait : "la région subit désormais elle aussi des bombardements. Nos connaissances, ont été évacuées ou sont mortes ; il nous est donc très difficile de vous offrir les facilités que vous espérez. Il serait préférable de bien en parler à votre mari et de renoncer pour le moment à votre projet de traverser vers Hokkaidō".
« Bien en parler bien à votre mari » — comme s’il s’agissait pour elle d’un départ lointain et dangereux. Ce message, écrit par un homme réputé pour sa bienveillance, révélait une agitation profonde : le danger immédiat de la guerre le faisait trembler, et son regard fuyant, rapide, scrutait nerveusement autour de lui. Et Hiroko comprit que cette réponse était aussi empreinte, de manière implicite, de la gêne qu’un homme pouvait ressentir à l’endroit de sa situation — cette complexité qu’elle portait en tant que femme
実の弟の家へ逗留しているというだけなのに、町の特高は、同じ頃そこへ用向で訪ねて来た客たちの関係までを、訊きただした。駐在は親切で、お客があるときも、その名と年とを書き出してくれさえすれば、すぐ応急米を渡すから、と小枝に云った。小枝はよろこんでそのとおりにした。特高が来て、どうして知っているかと思うようなつまらない名をいうとき、それはみんな、米とつながる姓名なのであった。どうでしょう! 小枝は、眉をもち上げて首をすくめた。
それらのあれこれに拘らず、ひろ子は網走へゆこうとしているのだった。
Bien qu’elle ne fît que séjourner dans la maison de son propre frère, la police spéciale du district (Tokkō) interrogea jusqu'aux relations des visiteurs qui s'y rendaient pour leurs propres affaires. L’agent de quartier se montra plus serviable : il dit à Kozue que, lorsqu’elle recevait des invités, si elle lui écrivait simplement leurs noms et âges, il lui remettrait immédiatement du riz d'urgence. Kozue le fit avec plaisir. Mais lorsqu’un officier de la Tokkō vint et prononça, on ne sait pourquoi, des noms sans importance qui lui étaient pourtant familiers, Kozue comprit : tous ces noms étaient ceux qu’on avait notés pour obtenir le riz. « Vous voyez ! » — dit-elle, en haussant les sourcils et en haussant les épaules d’un air désabusé.
Malgré tout cela, Hiroko, sans se laisser détourner, se préparait toujours à partir pour Abashiri.
封筒につかう糊をとりに立ってゆくと、茶の間に、きき馴れない男の声がした。もう大分酔いのまわった高声で、
「はア、どうも、こういう超非常時ででもねえと、思い切ってこちらさアは来にくくてね」
行雄が、それに対して、おだやかに応答している。
「何しろ、もうこうなっちゃあ、酒でも飲むほッか、手はねえです。馬鹿馬鹿しいちゃ、話にもなんねえ。いかがです一杯――わしらの酒でも、はあ満更馬鹿にしたもんじゃない、純綿でやすって――ね、旦那、一杯。つき合いちゅうもんだ」
ひろ子は、下駄をはいて、杏の樹の陰から台所へまわった。小枝が、一方に柴木を積み上げた土間に跼んで、茶の間のやりとりに耳を傾けながら馬鈴薯の皮をむいていた。
「お客?」
こっくりして、小枝が困ったという表情をした。
「だれ?」
「与田の音さん」
町の、統制会社へ出ている男であった。
Alors qu’elle se levait pour aller chercher de la colle afin de fermer l’enveloppe, une voix d’homme, inconnue, retentit dans la salle à manger. C'était une voix forte, déjà passablement enivrée, qui disait :
« Ah, vraiment, ce n’est qu’en ces temps de crise extrême que j’ai pu me décider à venir ici, autrement ça aurait été difficile… »
Yukio lui répondit avec calme.
« Dans une telle situation, il n'y a rien d'autre à faire que de boire un verre. C’est absurde, vraiment, inutile d’en parler davantage. Un petit verre ? — Ce n’est pas du mauvais saké, voyez-vous : pur coton — Tenez, monsieur, un verre. C'est ça la camaraderie. »
Hiroko mit ses geta et contourna l’abricotier pour se diriger vers la cuisine. Koeda était accroupie sur le sol en terre battue, où une pile de bois de chauffage était empilée, et épluchait des pommes de terre tout en écoutant l'échange dans le salon.
— Un visiteur ?
Koeda hocha la tête, affichant une expression de gêne.
— Qui est-ce ?
— Oto-san de Yoda.
C’était un homme de la ville qui travaillait pour la compagnie de contrôle.
ひろ子は、小さい健吉をつれて、往還の角にある郵便局へ手紙を出しに行った。いかにも明治になっての開墾村から町に変った土地らしく、だだっぴろい街道に、きのうまでは軍用トラックとオートバイが疾走しつづけていた。きょうは、そういうものはもう一つも通らない。街道は白っぽく、埃りをため、森閑として人気なく、おしつぶされたように低い家と家との間にある胡瓜畑や南瓜畑の彼方に遠く、三春の山が眺められた。
草道をかえって来ると、茂った杉の木かげの門から、音さんの腕に肩をからまれながら出てゆく行雄のワイシャツ姿が見えた。
Hiroko, accompagnée du petit Kenkichi, alla poster sa lettre au bureau de poste situé à l’angle de la grand-route. Le lieu, autrefois un village de colons sous l’ère Meiji, devenu depuis une petite ville, conservait son caractère originel : une large chaussée, où, jusqu’à hier encore, camions militaires et motos filaient à toute allure. Aujourd’hui, il n’en passait plus un seul. La route s’étendait, blanchâtre, poussiéreuse, silencieuse et déserte ; entre les maisons basses et tassées, on distinguait au loin les montagnes de Miharu, au-delà les champs de concombres et de courges.
En revenant par le sentier herbeux, Hiroko vit, sous le portail à l’ombre dense des cèdres, Yukio sortir, en chemise et le bras passé sur l’épaule de M. Oto.
十五日から、ラジオは全国の娯楽放送を中止した。武装解除について、陸海軍人に対する告諭、予科練、各地在郷軍人に与うる訓諭、そういう放送が夜昼くりかえされた。その間に、広島と長崎とを犠牲にした原子爆弾の災害の烈しさと、そのおそろしい威力とについての解説がきこえた。銀行のとりつけを防ぐため、経済は安定であると告げる放送。食糧事情について安心せよという農林大臣の放送。これからは平和日本、文化国日本を再建せよと命じる文部大臣。ラジオが途切れる間の沈黙にも耐えないという風で、次から次へ、諭告は、ひろ子達のいる田舎の町に鳴りつづけた。どの家でも熱心に、ラジオをかけっぱなしにして聴いていた。が、聴いているそれらの顔に滲んでいるのは、云いあらわすに術のない一種の深いあてどなさと疑惑であった。今日までこれ程の思いをさせて、勝つ勝つとひっぱって来た繩を、ぷっつり切って、力の反動でうしろへひっくり返るということさえもないかのように、別な紐をつき出してさあこんどはこれを握れと云われても、人々はどういう心持がするだろう。
À partir du 15 août, la radio interrompit tous ses programmes nationaux de divertissement. Des édits destinés aux militaires de l'Arméede Terre et de la Marine sur le désarmement, des instructions aux cadets des écoles préparatoires de la Marine, et des avis aux militaires démobilisés dans les différentes régions se succédèrent jour et nuit. Au fil de ces annonces, on entendit des explications sur l’atrocité des ravages causés à Hiroshima et Nagasaki par la bombe atomique, et sur la redoutable puissance de cette arme. Pour prévenir une ruée sur les banques, la radio proclamait la stabilité de l’économie. Le ministre de l'Agriculture et des Forêts assurait que la situation alimentaire était sous contrôle. Le ministre de l’Éducation enjoignait maintenant au peuple de rebâtir un Japon pacifique, un pays de culture. Comme si le silence entre les émissions était intolérable, les avis et les instructions se succédaient sans cesse, résonnant jusque dans le bourg de campagne où se trouvaient Hiroko et les siens. Dans chaque foyer, on écoutait la radio avec assiduité, sans discontinuer. Mais ce qui transparaissait sur les visages de ceux qui écoutaient était une sorte de profond égarement et de doute, impossible à exprimer. On leur avait fait endurer tant de choses jusqu’à aujourd’hui, on avait sans cesse resserré la corde en promettant la victoire, et maintenant, voilà que la corde rompait soudain, sans même qu’ils basculent en arrière sous l’effet du contrecoup ; on leur tendait déjà une autre corde, en disant : tenez, saisissez-la désormais. Qu’est-ce que les gens pouvaient ressentir dans ces circonstances ?
半年ぶりで富井の家の電燈も煌々とついて、昔ながらのすすけた太い柱や板の間をくまなく輝かせるようになった。台所の天井に届く板戸棚の前に、大きくて丸い漬物石がいつの間にか転がっていたのが、ひょっこり目について皆を笑わせたりした。馴れない明るさは、テニス・シャツをブラウス代りに着ているひろ子に、自分の体の輪郭までをくっきり際立って感じさせた。井戸端の電燈がついたので、いつ廊下を通っても閉った雨戸のガラスから、荒れた花壇のある深夜の庭が、はっきり見えた。久しぶりの明るさは、わが家の在り古した隅々を目新しく生き返らせたが、同時に、その明るさは、幾百万の家々で、もう決して還って来ることのない一員が在ることを、どんなにくっきりと、炉ばたの座に照らし出したことだろう。強い光がパッと板の間を走ったとき、ひろ子はよろこびとともにそのことを思いやって鋭い悲哀を感じた。
夜の明るさが、政府放送のたよりなさと拙劣さとを、ひとしおしみじみと感じさせるような雰囲気のうちに鈴木貫太郎内閣が退陣した。そして東久邇の内閣が代った。
Pour la première fois depuis six mois, la lumière électrique brillait à profusion dans la maison des Tomii, illuminant jusqu’aux vieilles poutres noircies et chaque recoin du plancher de bois. Devant le grand placard à vaisselle, dont les portes montaient jusqu’au plafond de la cuisine, une lourde pierre à saumure, ronde et massive, avait ressurgi sans qu’on sache comment ; ce détail, soudain remarqué, fit sourire tout le monde. Cette clarté inhabituelle faisait que Hiroko, vêtue d’un tee-shirt de tennis en guise de chemisier, prenait conscience du contour précis de son propre corps. La lumière au bord du puits étant allumée, elle voyait distinctement à travers les vitres des volets coulissants, chaque fois qu’elle passait dans le couloir, le jardin nocturne avec ses parterres de fleurs en friche. La lumière, revenue pour la première fois depuis longtemps, semblait redonner vie à chaque recoin usé de la maison ; mais cette même clarté soulignait aussi avec une cruelle netteté l’absence désormais définitive d’un membre de la famille autour du foyer, comme dans tant de millions d'autres foyers. Quand un rayon plus intense éclaira brusquement le plancher, Hiroko, pensant à cela, ressentit, mêlée à une joie vive, une tristesse aiguë.
Cette clarté nocturne, par contraste, rendait encore plus sensible la faiblesse et la maladresse des annonces du gouvernement à la radio. C’est dans cette atmosphère que le cabinet Suzuki Kantaro démissionna, remplacé par celui de Higashikuni.
杏の樹の下枝へ結びつけた荒繩の輪と納屋の軒下とにかけて、竿がわたしてある。ゆすぎ出した浴衣を、ひろ子は、その竿にかけている。
納屋では小枝が、馬鈴薯の腐ったのをよりわけていた。その年は、丁度わるい時季に雨が続いて、その地方では、麦も馬鈴薯もひどく傷められた。殺虫剤を入れた噴霧器を裸の背中に背負った五兵衛が、納屋の格子へ立ちよって馬鈴薯の処理を教えていた。
納屋の話題はいつの間にか変ったと見えて、小枝が、
「まあ、そうお! たまげたわねえ」
土地の言葉と東京弁をまぜこぜにして、独特に愛嬌のある云いかたで感歓しているのがきこえた。
ひろ子が、二枚めの洗濯ものを腕にかけて来て干しはじめると、
「おばちゃん」
小枝が呼びとめた。
Sur une perche d'étendage passée dans une boucle sous une branche basse de l’abricotier et accrochée à l'autre bout sous l’auvent de la remise, Hiroko étendait des yukatas qu’elle vennait de rincer.
Dans la remise, Kozue triait les pommes de terre pour en retirer celles qui avaient pourri. Cette année-là, une pluie persistante était tombée au plus mauvais moment, et le blé comme les pommes de terre avaient été gravement abîmés. Gohei, torse nu, portant sur son dos le pulvérisateur chargé d’insecticide, donnait à travers les barreaux de la remise des instructions sur la manière de traiter les tubercules.
La conversation, à l’intérieur, semblait avoir changé sans qu’on s’en rende compte. Kozue s’exclama :
— Oh là là ! Mais c’est épatant !
On l’entendait s’exprimer d’une façon pleine de charme, mêlant le parler local au Tokyo-ben.
Lorsque Hiroko revint avec un deuxième lot de linge et qu’elle commença à l'étendre, Kozue l’interpella :
— Tante !
「連隊じゃね、何でもかんでも、持てるだけ持っていけって、わけているんですって。自動車にドラムカンのガソリンまでつけて、もらって行った人があるんですって。――凄いわねえ」
富井の家の一郭は、開墾村の南よりの端れに近かった。連隊は、北の端にあった。五兵衛の家は、北の町角にあって、連隊には近かった。兵隊たちは、ひもじかったり、茶が飲みたかったりする時には、村じゅうどこと選りごのみなしに南の端の富井の台所の上り框にまで入って来て、腰をかけた。そして、茶を所望したりした。しかし八月十五日以来は兵隊たちの歩く道が、きまった。連隊から、小一里はなれた市中の停車場へ通じる堤下の一本道だけを、続々と兵隊たちが通った。背中の重い荷物で体を二つに折り曲げ、気ぬけした表情の老若の兵士が、重荷で首をうしろへつられる関係上、誰も彼も上眼づかいで、のろのろと、遠くの山並は美しい旧街道を、停車場さして歩いて行った。その街道は五兵衛のところの裏からはじまっている。五兵衛一家やそのあたりのものが、おのずから敏い農民の眼で戦争の間から今日まで、どっさりのことを目撃して来たのは当然のことであった。
« Au régiment, il paraît qu'ils distribuent tout en disant de prendre tout ce qu'on peut emporter. Certains sont même partis avec leur voiture avec un fût plein d’essence ! C'est incroyable ! »
La maison des Tomii se trouvait presque tout au bout, du côté sud du village de colonisation. Le régiment, lui, était installé à l’extrémité nord. La maison de Gohei se trouvait près du carrefour nord, non loin des baraquements militaires. Quand les soldats avaient faim ou voulaient boire du thé, ils entraient sans façon dans les maisons du village, sans distinction, jusqu’à venir s’asseoir sur le seuil de la cuisine des Tomii, tout au sud. Là, ils demandaient qu’on leur serve du thé. Mais depuis le 15 août, un seul chemin s’était imposé pour le passage des soldats : la digue qui reliait le camp du régiment à la gare de la ville, à un peu moins d’une lieue. On les voyait défiler sans fin sur ce sentier étroit : jeunes ou vieux, le dos fléchi sous le poids de leur lourd barda, le visage vidé d’expression. Leurs charges, tirant la tête en arrière, leur donnaient tous ce même regard levé vers le haut, tandis qu’ils suivaient la vieille route bordée de montagnes, d’une beauté paisible. Cette route commençait derrière la maison de Gohei. Il était donc naturel que la famille Gohei et les gens du voisinage, avec leurs regards aigus de paysans, aient été témoins d’innombrables scènes, depuis le début la guerre jusqu’à ce jour.
「牛肉や豚肉みたいなものまで、とり放題だったんですって」
主婦らしい羨望が小枝の声に響いた。その頃、一般の家庭ではどこでも、肉類などを買うことが出来ずにいた。
五兵衛は、小枝の報告ぶりをわきに立ってきいていたが、
「はア、たまげたね。まあ、無えつうもんはまず無えな。毛布だれ、軍靴だれ、石油、石鹸、純綿類から、全くよくもああ集めたったもんだ。民間に何一つ無えのは、あたり前だね、あれを見れば」
それを自分の眼で見て来た驚きを、披瀝した。
「話のほかよ。奴等、背負えるったけ背負って帰れ、って云わっちゃもんだから、はあ、わが体さ四十五貫くくりつけて、営門を這って出た豪傑があります」
「まあ」
小枝もひろ子も笑い出した。
「そりゃそうさね、営門さえ背負って出れば、そいだけは呉れてやるつうんだもん、一生に一遍這う位、何のこたなかッぺ」
それにつれて五兵衛は、何か自分にもかかわりのあった滑稽なことを思い出したらしく、ハハハと、一人でひどく笑った。
« Même des choses comme du bœuf ou du porc, il paraît qu’ils pouvaient en prendre autant qu’ils voulaient ! »
Une nuance d’envie, propre aux femmes au foyer, vibrait dans la voix de Koeda. À cette époque, dans les foyers ordinaires, on ne pouvait plus acheter de viande nulle part.
Gohei, debout à côté, écoutait le récit de Koeda et s’exclama :
« Eh bien, ça alors ! On peut dire qu’il ne manquait de rien, eux. Des couvertures, des godillots militaires, du pétrole, du savon, du coton pur – ils avaient réussi à tout rassembler. Quand on voit ça, c’est bien normal qu’il ne reste plus rien pour les civils ! »
Il laissait éclater la surprise qu’il avait ressentie en voyant la scène de ses propres yeux.
« C’est inimaginable, continua-t-il. Il paraît qu’on leur disait : “Charge-toi de tout ce que tu peux porter et rentre chez toi !” Alors il y en a qui sont sortis du camp en rampant, avec quarante-cinq kan (plus de cent soixante kilos) attachés sur leur dos ! De vrais costauds ! »
« Eh bien ! » fit Koeda, et Hiroko éclata de rire avec elle.
« Forcément ! Du moment que tu parvenais à franchir la porte du camp, tout ce que tu portais t’appartenait. Ramper comme ça une fois dans ta vie, c’est pas grand-chose ! »
Sur ces mots, Gohei, se rappelant sans doute quelque scène cocasse, éclata d’un grand rire tonitruant, tout seul.
「さ、畑さ行がねえば。ばっぱさに又ぼやかれるかんな」
五兵衛が去ったあと、小枝とひろ子とは何とはなしに暫く話のつぎほを失った。
生活は、かわりはじめていた。
東久邇内閣は、毎日毎日、くりかえして、武器、軍需品、兵器物資を自分勝手に処分してはならない。秩序を守って、上部からの命令に従えと全国に向って放送しつづけていた。しかし、その警告が現実には却って、早いもの勝ち、今のうちにと、手あたりばったりな掠奪の刺戟となっているように見えた。
八月十五日から二三日、全く麻痺したようになっていた小さな町が正気をとり戻したときは、もう、誰それが何をどの位せしめたそうだ、という風な噂で活況を呈した。
ひろ子が風呂を貰いに行く農家の勘助のところでは、隠居所のようにして、二間の家を富井の門わきにもっていた。十五日の夜行ったとき、根っ子が低く燃えている夏の炉を囲んで勘助父子は褌一本、女房のおとめは腰巻一つの湯上り姿で、ぐったり首を垂れていた。けれどもこの頃では、三人の様子が変った。何とはなしに絶えず気を配り、敏捷に動き、夜になってから、重いリアカーを父子づれで杉の木の闇へ曳きこんだりすることが多くなった。それにいくらかふれるように、
「ゆうべはおそくまで御精が出たのね」
流しのところで小枝が、そう云っても、
「はあ。なんだかしんねえが、はア……」
« Bon, faut qu’j’aille au champ, sinon la vieille va encore râler. »
Après le départ de Gohei, Koeda et Hiroko restèrent un moment sans trop savoir quoi se dire.
La vie commençait à changer.
Le cabinet Higashikuni ne cessait, jour après jour, de diffuser à travers tout le pays des messages répétitifs : « Ne vous permettez surtout pas de disposer à votre guise des armes, du matériel militaire et des approvisionnements destinés à l’armée. Respectez l’ordre établi et obéissez strictement aux ordres venant d’en haut. » Pourtant, ces avertissements semblaient, dans les faits, avoir l’effet inverse : ils stimulaient davantage encore le pillage au petit bonheur la chance, chacun se ruant à qui mieux mieux, dans l’urgence du « tant qu’il en reste encore ».
Dans les deux ou trois jours suivant le 15 août, la petite bourgade, qui avait semblé totalement paralysée, avait retrouvé ses esprits — mais c’était désormais pour s’animer de rumeurs du genre : « Untel aurait raflé tant de telle chose », ou « Untel s’est emparé d’autant de matériel ».
Chez Kansuke, le paysan chez qui Hiroko allait chercher de l’eau pour le bain, on possédait, tout près de la porte de la famille Tomii, une petite maison de deux pièces qu’ils utilisaient comme résidence de retraite. Le soir du 15 août, lorsqu’Hiroko s’y était rendue, Kansuke et son fils étaient assis, ne portant qu’un simple fundoshi, autour du foyer d’été où brûlait faiblement un feu de racines ; leur femme et mère, Otome, n’avait qu’un simple tissu autour des hanches, fraîchement sortie du bain, la tête lourde et affaissée, épuisée. Mais, ces derniers temps, leur attitude avait changé. Sans raison précise, ils semblaient constamment aux aguets, d’une agilité nouvelle, et souvent, la nuit venue, père et fils tiraient ensemble une lourde remorque qu’ils faisaient disparaître dans l’obscurité des bois de cryptomères.
À demi‑mots, Koeda y fit allusion :
« Vous êtes rentrés bien tard, hier soir, on dirait que vous avez beaucoup travaillé. »
De l’autre côté de l’évier, Kansuke répondit simplement :
« Ouais… j’sais pas trop, mais enfin… ouais… »
おとめはあいまいに受け流したまま、いそいで井戸ばたの方へ去った。
これらの、小さいけれども意味深い一つ一つの徴候が、ひろ子の心に感銘を与えつつ重ねられて行った。
富井の一家のいる村は、市に併合されて町になってから、まだ間のない開墾村であった。明治政府が、大久保利通時代の開発事業の一つとして、何百町歩かの草地を開墾し、遠くの湖水から灌漑用の疏水を引いた。その事業に賛成して、町の資産家たちは「社」を組織して、資金を出した。開墾が出来たとき、「社」の連中は出資額に応じて、田地を分割した。農民は維新で疲弊した東北地方のあちらこちらから移住して来て、初めからこれらの農民の生活は小作として出発された。時代が移っても、小作が多くて、田地もちの少い村であることに変りはなくて、今日まで来たのである。
恐ろしい戦争がすんだ。村じゅう、気がぬけたようになった。さてそのあと、ここの農民たちの心に、真先に浮んで来る考えは何だろうか。ひろ子は、関心を抑えることが出来なかった。
Otome, éludant vaguement la remarque, se hâta aussitôt vers le puits.
Tous ces signes, petits mais lourds de sens, s’accumulaient peu à peu dans le cœur de Hiroko, y laissant une profonde impression.
Le village où vivait la famille Tomii était une ancienne colonie agricole récemment intégrée à la ville et transformée en bourgade. À l’époque du gouvernement de Meiji, dans le cadre d’un vaste programme de développement lancé sous l’ère de Ôkubo Toshimichi, plusieurs centaines de chô de terres incultes avaient été défrichées, et un canal d’irrigation avait été creusé depuis un lac lointain pour alimenter en eau ces nouvelles terres. Les notables de la ville qui soutenaient ce projet avaient alors fondé une « société » et y avaient investi des capitaux. Une fois les terres défrichées, les membres de cette « société » s’étaient réparti les parcelles en fonction de leurs apports financiers. Quant aux paysans, ils étaient venus s’installer ici depuis diverses régions du Tôhoku épuisées par les bouleversements de la Restauration de Meiji, et leur existence avait commencé dès le départ sous le régime du métayage. Le temps avait passé mais la situation n’avait guère changé : ce village demeurait jusqu’à ce jour peuplé surtout de métayers, avec très peu de propriétaires terriens.
La guerre atroce était enfin terminée. Tout le village semblait soudain vidé de son énergie. À présent, quelle pensée allait surgir la première dans le cœur de ces paysans ? Hiroko ne pouvait s’empêcher d’y prêter une attention inquiète.
八月九日、夕方のラジオで、ソヴェト同盟が日本に宣戦布告した公表があった。そのとき、五兵衛は畑がえりで富井のうちの縁側に休んでいた。迅速に占領された北朝鮮や満州などの戦略地点が報道されると、五兵衛は、野良もんぺを穿いただけの裸の体を、ぺったりとうつ伏せて縁側ごしに畳の上へ汗で黒く光る顔をおとした。
「日本も、はあ、こんで、仕舞った!」
ニュースがすんでから、ひろ子が、自分に向って納得のため、というように云った。
「しかし、此は案外な事なのかもしれないよ。浦塩から日本まで爆撃機で三時間位でしょう。本当に潰す気なら、どうして、そっちをしないで、朝鮮や満州を抑えているのさ、ね? 始りにキッカケがいる、終るにもキッカケがいる、そんなこともあるんじゃないかしら」
「――なるほどね」
五兵衛は頬骨の高い顔をもち上げて、渋色になった手拭で顔の汗をふいた。
「なるほどね、当っているかも知んねえ」
Le 9 août au soir, la radio avait annoncé que l’Union soviétique avait déclaré la guerre au Japon. À ce moment-là, Gohei, de retour des champs, se reposait sur la véranda de la maison des Tomii. Lorsque fut rapportée l'occupation rapide de points stratégiques en Corée du Nord et en Mandchourie, Gohei, le torse nu, ne portant que son pantalon de travail, s’étala à plat ventre et posa sur le tatami, en travers de la véranda, son visage noirci par la sueur.
« Le Japon, c’est foutu, maintenant… »
Quand le bulletin fut terminé, Hiroko, comme pour se convaincre elle-même, dit à voix basse :
« Mais peut-être que c’est une bonne chose, au fond. De Urashio (Vladivostok) au Japon, un bombardier met à peine trois heures, non ? Si vraiment ils voulaient nous anéantir, pourquoi ne pas bombarder directement le Japon, plutôt que de s’emparer de la Corée ou du Mandchoukouo ? Il faut bien un début à tout, et une fin aussi. Peut-être que c’est ça, le début de la fin. »
« — Tu n’as pas tort… »
Gohei leva son visage aux pommettes saillantes, et essuya la sueur avec un torchon défraîchi.
« Tu n’as pas tort… C’est peut-être bien ça. »
その五兵衛にしろ、ポツダム宣言というものにつれて、変え得られるものとしての、自分の生活を考えていなかった。五兵衛は富井の土地をかりている。だがその土地について考えていない。
勘助のうちでは、占領軍が、すべての農作物を徴発してしまうのではないかと、やたらに心配した。ひろ子に、くりかえし、その心配を訴えた。勘助の心配はそこに止った。勘助もよその土地を耕していた。そしてその土地について考えているようでもないのであった。
人民の歴史が飛躍する大きいテーマの一つと感じられた題目の一つは、少くともこの界隈の農民の欲求として、その時期には把握されていなかった。そのまま種板はもう別の一枚にとりかわって、目先の物資の奪い合いに、焦点がずれて行っているのであった。
土間で代用食の玉蜀黍の皮をむきながら、小枝はしみじみと述懐した。
「ほんとうに、この頃はどこの奥さんたちも大したものねえ。かなわないわ……」
小枝の生れつきは、そういう意味での敏腕ではなかった。主人の行雄と云えば、戦争中、利益にありつく動きかたをする気がなかった通り、事情が急変したからと云って、急にどうという賢こげな動きかたもしなかった。富井のうちのぐるり一帯には噂話ばかり横行していて、しかも小枝たちの日常生活には、子供のゴム長靴一足現れるではなかった。律気な小枝は、子供たちのおやつの桃を買うために、夜明から自転車にのって、遠い村まで出かけていた。
Gohei, lui non plus, n’avait pas envisagé que sa propre vie pourrait se transformer à la suite de la proclamation de Potsdam. Il cultivait les terres des Tominai, mais il ne se représentait même pas ces champs comme les siens.
Chez Kansuke, on s’inquiétait sans cesse, de façon presque irrationnelle, à l’idée que les forces d’occupation allaient réquisitionner toutes les récoltes. Il en avait parlé maintes fois à Hiroko, exprimant cette angoisse avec insistance. Pourtant, ses inquiétudes s’arrêtaient là : Kansuke, lui aussi, cultivait des terres appartenant à d’autres, et il ne semblait nullement réfléchir à ce que cela impliquait.
L’un des grands thèmes historiques — celui-là même qui, pour le peuple, devait marquer un véritable bond en avant — n’était pas encore perçu, à cette époque, comme exprimant les aspirations mêmes des paysans de la région. Déjà, la plaque originelle semblait avoir été remplacée par une autre, et toute l’attention se concentrait désormais sur la lutte immédiate pour s’approprier les maigres ressources disponibles.
Tout en épluchant dans la pièce au sol de terre des épis de maïs destinés à servir de nourriture de substitution, Koeda soupira avec nostalgie :
« Vraiment, en ce moment, toutes les femmes des environs sont incroyablement débrouillardes… On ne fait pas le poids, c’est certain… »
Or, Koeda n’était pas naturellement douée pour ce genre de rouerie pratique. Son mari, Yukio, n’avait jamais cherché, durant la guerre, à profiter des situations, et maintenant que les circonstances avaient brusquement changé, il ne se mettait pas non plus à agir avec habileté et ruse. Autour de la maison des Tomii, les rumeurs circulaient à profusion, mais dans le quotidien de Koeda, pas même une paire de bottes en caoutchouc pour les enfants ne se manifestait. Fidèle à elle-même, Koeda partait à vélo à l'aube pour aller jusqu’au village lointain afin d’acheter des pêches, une friandise pour les enfants.
五兵衛たちの話しぶりは一種独特なものになって来た。豚肉が何貫目とか手に入ったという話。食用油を一カンずつ分配したという話。そういう事がみんな、何日か前にすんでしまったとき、さもなければ、もう申込を締切ったというような時になっていつも小枝の耳に入った。
「まあ。そんなことがあったの!」
日やけした小枝の頬は、そうきいたとき、ほんの短い間、さっと赧らんだ。その赧らみはすぐ消えた。消えたとき、小枝はもう二度とその話には戻ってゆかなかった。
そういう小枝を見るのがひろ子には切なかった。日頃、小枝は、近所となりや村じゅうから好意をもってつき合われていた。彼女の勤勉と、人柄のよさが、生活の細々したところで、主婦としての彼女のしのぎよさになっていた。それはそうなのだけれど、そして、今でもそれにちがいないのだけれども、違いないなかに、はっきりちがいが生じて来ている。
Les conversations de Gobei et des autres avaient pris une tournure particulière. Ils disaient des choses comme : « J’ai pu mettre la main sur tant de kan de porc », ou encore : « On a réparti l’huile alimentaire, un kan par personne. » Ces histoires-là ne parvenaient aux oreilles de Koeda que lorsque tout était déjà réglé depuis plusieurs jours — ou bien lorsqu’il était déjà trop tard, les inscriptions venant tout juste d’être closes.
« Ah bon ? Il s’est passé une chose pareille ? »
À ces mots, les joues de Koeda, hâlées par le soleil, rougissaient, mais ce léger rouge disparaissait aussitôt. Et dès qu’il s’effaçait, Koeda ne revenait plus sur le sujet.
Voir Koeda ainsi attristait Hiroko. Koeda jouissait habituellement de l’affection de tous ses voisins et de tout le village. Sa diligence et sa bonté de caractère se manifestaient dans les moindres détails de la vie quotidienne, faisant d’elle une épouse admirable par son habileté à faire face aux difficultés. C’était indéniablement vrai, et cela l’était sans doute encore aujourd’hui. Pourtant, au cœur même de cette constance, une nette différence commençait à apparaître.
物資にからんでその中心地となっている連隊から、富井の家が遠いからばかりではない。五兵衛たちのぬけ目のない日暮しの才覚が縦横に走っている村人の生活の流れの筋は、富井の屋敷のぐるりを四角く囲んで、白いどくだみの花を咲かせている浅い溝まで来て、ぴたりと止っている。ひろ子は切実に、それを感じた。村の人々の生活の流れはそこまで来て一応とまった。また折れ曲って、次のどこかへ流れ込むにしろ、決して富井の内庭までびたびたと入って来ることはないのである。
これは、小枝のせいでも、行雄のせいでもなかった。富井という家がこの土地でもって来た家としての性質が、今、はっきりと証明されている意味であった。富井の一家は、村の農民仲間ではない。中学校の教師でもなかった。その人々から見れば、富井のものが自分たちと全く一つ利害に立って暮しているとは考えられていない。そういう立場の反映であった。
ひろ子は、いよいよ重吉のいる網走へ行きたく思った。そこで、ひろ子はたった一人むき出しの生活をしなければならない。思想犯の妻という、狭い暮しであるかもしれない。しかし、そこではひろ子はひろ子なりに、愛されても憎まれても、それはみんな自分に直接かかわることとして生きて行けるだろう。日本は変る。変る波の一つ一つを、ひろ子は重吉の妻としての我が身の立場にはっきり立って、犇々とうけて、生きてみたかった。
Ce n’était pas seulement parce que la maison des Tomii se trouvait éloignée de la caserne, désormais centre névralgique de la distribution des biens de première nécessité. Le courant de la vie des villageois, où s’exerçait avec une habileté sans faille l’instinct pratique de Gobei et des autres, dessinait comme un cercle autour de la demeure des Tomii, arrivant jusqu’au fossé peu profond, bordé de fleurs blanches de l’herbe dokudami puis s’arrêtant là, nettement, sans jamais franchir cette limite. Hiroko en avait une conscience aiguë. Le flux de la vie des habitants du village s’interrompait là, momentanément du moins. Même s’il devait ensuite bifurquer pour se diriger ailleurs, il ne franchirait jamais cette enceinte intérieure des Tomii, ne viendrait jamais s’y engouffrer bruyamment.
Ce n’était pas la faute de Koeda, ni celle de Yukio. C’était plutôt la nature même de la maison « Tomii », telle qu’elle s’était constituée sur ces terres, qui se trouvait désormais clairement mise en évidence. La famille Tomii ne faisait pas partie du milieu des paysans du village. Ils n’étaient pas non plus de simples professeurs de collège. Aux yeux des autres, les Tomii n’étaient pas des gens partageant les mêmes intérêts matériels qu’eux. C’était le reflet de cette position particulière.
Hiroko ressentit plus que jamais le désir d’aller rejoindre Shigeyoshi à Abashiri. Là-bas, elle devrait vivre seule, exposée sans protection aucune, peut-être dans la condition étroite d’« épouse de détenu politique ». Mais justement, dans cette solitude, qu’on l’aime ou qu’on la haïsse, chaque chose la toucherait directement, authentiquement. Le Japon était en train de changer. Hiroko voulait vivre pleinement ce bouleversement : se tenir fermement à sa place d’épouse de Shigeyoshi et affronter, une à une, les vagues de cette transformation en marche.
空爆で途絶していた青函連絡船は、今度は復員で一般の人をのせなくなってしまった。
網走へもって行く筈の行李につめてあった秋の単衣をまたとり出して、ひろ子は駅までの行き来に着た。地図で見れば、小指の幅ほどの海、小さい陸地の裂けめ。眺め、眺めて、とうとうひろ子は、その陸地の裂けめの突端に立って、向う岸を見ていようという気になった。そこで待っていて、いざと乗れる船をつかまえよう。そういう気になった。焼けた青森の地に、バラックを立てて住みはじめたという親しい友達に、ひろ子は自分の計画を相談する手紙を出した。
Le ferry reliant Aomori à Hakodate, dont la circulation avait été interrompue par les bombardements aériens, ne transportait plus les civils car il était réservé au rapatriement des militaires.
Hiroko sortit de nouveau du bagage qu’elle comptait emporter à Abashiri ses vêtements légers d’automne et les porta pour ses allers-retours jusqu’à la gare. Sur la carte, la mer n’était guère plus large qu’un petit doigt, une simple fente séparant deux étroites bandes de terre. À force de la regarder, Hiroko en vint à se dire qu’elle irait se poster tout au bout de cette fente terrestre, pour contempler la rive d’en face. Là-bas, elle patienterait jusqu’au moment propice pour attraper un bateau qui puisse l’embarquer. Elle écrivit aussitôt une lettre à une amie proche pour lui expliquer ce projet; cette amie lui avait raconté qu'elle s'était installée dans un baraquement sur les terres brûlées d’Aomori.
東京港に碇泊中のミゾリー号の甲板で、無条件降伏の調印がされた。
ラジオできいていると、その日のミゾリー号の甲板に、ペルリ提督がもって来た星条旗が飾られていたという情景も目に見えるようだった。秋らしい陽の光のとける田舎の風景に、ラジオの声は遠くまで響いた。
村なかの街道は、どちらへ向いて歩いて行っても山並が見えた。耕地を越して公会堂の円屋根の遙か彼方に連っている山々。農家の馬小屋の間から思いもかけずに展がる目路に高い西の山々。どの山も、秋の山襞を美しく浮き立たせ、冬の近づく人間の暮しを思わせた。ひろ子は、ひとしお網走を恋うた。
そういうある午後、富井の門の内に男の子たちが集まって大さわぎをやっていた。伸一を先頭に金鎚、薪割、棒きれを握った少年たちが、声を限りに大活動をやっている中心には、光る銀灰色に塗られた流線型の小型ボートめいた物がころがっていた。
La cérémonie de signature de la reddition inconditionnelle eut lieu sur le pont du cuirassé Missouri ancré dans la baie de Tokyo.
En écoutant la radio, Hiroko avait l’impression de voir la scènede ses propres yeux : le drapeau étoilé apporté par l’amiral Perry, exposé ce jour-là sur le pont du Missouri. La voix de la radio résonnait au loin, se mêlant au paisible paysage rural baigné d’une douce lumière automnale.
Dans le village, quelle que fût la direction empruntée sur la grand-rue, on apercevait toujours les chaînes de montagnes. Au-delà des champs cultivés, elles s’étiraient à l’infini, bien au-delà du dôme circulaire de la salle communale. Entre les écuries et les abris à chevaux des fermes, s’ouvrait soudain, de façon inattendue, une vue dégagée sur les hautes montagnes à l'Ouest. Chaque montagne faisait ressortir avec grâce les plis de ses versants automnaux, évoquant silencieusement l’approche de l’hiver et la vie des hommes qui s’y préparaient. Hiroko sentit alors plus que jamais le désir d’aller à Abashiri.
C’est précisément un après-midi de ce genre que des garçons s’étaient rassemblés dans l’enceinte du portail des Tomii et causaient un vacarme assourdissant. À leur tête, Shin’ichi, brandissant un marteau, suivi d’autres adolescents armés de coins à fendre le bois, de bûches et de bâtons, tous poussant des cris à pleins poumons. Au centre de cette agitation frénétique gisait un objet étrange : une petite embarcation au profil aérodynamique, peinte d’un gris argenté luisant.
パーンと、反響を大きくそれを打つ音がした。
「アレ! 俺らの手、ズーンちったよ」
「駄目だてば! 吉川、ここだったら、ホレ!」
三四人が懸声を合せて、流線型をひっくりかえした。そのはずみに、自分も裸足になって大いに参加していた四つの健吉が、ころんところがされた。
「健ちゃんがころげたぞ!」
「なアに、つええなア、もう一つ、ホーラ。でっくり返すべ!」
稚なごえをはり上げて、「健タン、健タン」と叫びながら起き上った健吉が、またもや勇ましく流線型にとりついて行った。
それは、飛行機につけるガソリン・タンクであった。こしらえたばかりで戦争が終って、村へ燃料として分配された。銀灰色の塗料から、きつい揮発性の匂いが立った。今は街道じゅうどの家の背戸からもこの匂いがしているのであった。
縁側に立ってその光景を見物していて、ひろ子は幾度か腹から笑った。小人間たちの嬉しそうなこと! 全く遊戯にうちこんでいる。ガソリン・タンクというものを目の前に見るだけでも一大事件である上に、それをころがし、叩き、のっかってもいい。おまけに、大人は壊してくれと頼んでいるのだ。ワッセッセ! ワッセッセ!
Pan ! Un bruit sec retentit, amplifié par l’écho.
« Hé ! Nos mains, elles sont toutes engourdies maintenant ! »
« C’est pas bon, ça ! Hé, Yoshikawa, ici — tiens, là ! »
Trois ou quatre garçons, vociférant en chœur, finirent par retourner l’objet fuselé. Dans l’élan, Kenkichi, qui était aussi pieds nus et qui participait déjà avec enthousiasme, fut projeté à terre.
« Ken-chan est tombé ! »
« Quoi ? T’es costaud, toi ! Allez, encore un coup, ho-hisse ! Retourne-le complètement ! »
Kenkichi se releva en criant de sa voix aiguë d’enfant : « Ken-tan ! Ken-tan ! », puis, sans hésiter, se jeta de nouveau avec bravoure sur l’engin fuselé.
C’était en réalité un réservoir d’essence destiné aux avions. Fabriqué tout récemment, ces réservoirs n’avaientt jamais servi, la guerre s’étant terminée juste après leur fabrication. Ils avaient ensuite été distribués au village comme réserves de carburant. Une odeur piquante, caractéristique des solvants volatils, s’en dégageait, provenant de sa peinture gris argenté. À présent, cette même odeur flottait dans l’air partout dans le village, s’échappant des cours arrière de chaque maison longeant la route.
Hiroko, debout sur la véranda, observait la scène et éclata de rire à plusieurs reprises, du fond du ventre. Quelle joie chez ces petits bonshommes ! Ils étaient complètement absorbés par leur jeu. Pour eux, la simple vue d’un réservoir d’essence était déjà un événement considérable — et voilà qu’ils pouvaient non seulement le toucher, mais aussi le faire rouler, le frapper, s’asseoir dessus ! Mieux encore, les adultes les encourageaient même à le casser ! « Wa-sse-ssé ! Wa-sse-ssé ! »
ほんとうにこの懸声で、少年たちは三つのタンクをリアカーにつんで、分配所であった国民学校の庭から運びこんで来たのであった。
戦争が終ってからの、子供たちの遊びぶりがすっかり変った。警報が鳴り出すと、どんな親友でも、又どんなに面白いことをしている最中でも、子供らは一散に家へ駈け帰ってしまった。伸一は、それを悲しがって泣き出したことがあった。
少年たちが、心も体もとろかして、集ったり散らばったり、穴をきり開いたタンクの胴に入って大海洋上の船を想像したりしてさわいでいる光景は、ひろ子を感動させた。平和とは、人間の生活にとって何であるか。それを深く感じさせた。
そのとき、門柱のところからすーと、片脚を自転車からおろして、郵便配達夫が、内庭へのり入れて来た。
「おばちゃーん! ハンコだって」
寸刻をおしむような声で、伸一が叫んだ。
「どちらの? 富井の? それとも石田?」
「石田さんのハンコ」
Vraiment, c’est au son de cette cloche que les garçons avaient traîné, à l’aide d’une remorque, trois cuves depuis la cour de l’école primaire, qui servait de centre de distribution, jusqu’ici.
Depuis la fin de la guerre, les jeux des enfants avaient complètement changé. Dès que l’alarme retentissait, quels que soient leurs camarades ou l’intérêt de ce qu’ils faisaient, les enfants couraient tous se précipiter chez eux. Shin’ichi en avait même été si triste qu’il s’était mis à pleurer.
Hiroko était profondément émue par la scène où les garçons, l’esprit et le corps détendus, s’agglutinaient ou se dispersaient, s’enfilaient dans les réservoirs ouverts et imaginaient naviguer sur les vastes océans. Ce spectacle lui fit ressentir intensément ce qu’était véritablement la paix pour la vie humaine.
À ce moment précis, le facteur arriva dans la cour intérieure, glissant doucement entre les piliers de la porte en posant un pied à terre depuis sa bicyclette.
« Hé, tante ! Le sceau ! » cria Shin’ichi d’une voix pressante.
« Lequel ? Celui de Tomii ou celui de Ishida ?
— Le sceau de M. Ishida ! »
来たのは書留速達であった。石田の母から来ている。立ったまま、ひろ子は封を切った。母は型どおりの時候の挨拶をのべ、秋めきましたが、とひろ子の安否をたずねている。
読んで行って、ひろ子は、思わず一二歩体を動かした。誰かに訴えようとするように、少し口をあいて顔をもたげた。広島で重吉の弟の直次が生死不明となっているのであった。
直次は、三度目の応召で広島に入隊した。それは、七月中旬のことであった。只今となれば、いずれ内地勤務のことと存じ、という母の手紙を、ひろ子も同じかすかな安堵でよろこんで読んだ。八月四日に直次は休暇で帰って来た。そして、五日の夕刻、いそいで隊へ戻った、六日の朝、丁度朝食の時間に、広島の未曾有の爆撃があった。
営内のトラックに三日後までいるのを見たという者があるが、詳しくは何一つ分らない。絶望としか思えませんが、せめては死に場所なりと知りたくて。――
汗ばんでいたひろ子の体が、小刻みに顫えた。二番目の弟の進三はもう四年南方に出征したままである。四つと二つの男の児をもつ直次の妻の、つや子の卵形の若々しい顔と古風な眼ざしが迫って来て、ひろ子はますます息苦しくなった。
C’était un recommandé express. Il venait de la mère d’Ishida. Debout, Hiroko ouvrit l’enveloppe. Sa mère commençait par les politesses habituelles sur la saison : "L’automne s’installe doucement…", puis s’inquiétait de la santé de Hiroko.
Tout en lisant, Hiroko fit involontairement un ou deux pas. Comme si elle voulait crier vers quelqu’un, elle entrouvrit la bouche et leva la tête. À Hiroshima, le jeune frère de Shigeyoshi, Naotsugu, était porté disparu.
Naotsugu avait été appelé pour la troisième fois et avait rejoint une unité à Hiroshima. C’était à la mi-juillet. À ce moment-là, sa mère avait écrit : "On pense qu’il restera en service dans l’intérieur du pays", et Hiroko aussi avait ressenti un léger soulagement en lisant ces mots. Le 4 août, Naotsugu était revenu en permission. Puis, le soir du 5, il était reparti en hâte rejoindre son unité. Le 6, à l’heure du petit-déjeuner, Hiroshima subissait le bombardement sans précédent.
Quelqu’un affirme l’avoir vu dans un camion de la caserne trois jours plus tard, mais on n’en sait pas davantage. "Je ne peux que désespérer… mais j’aimerais au moins savoir où il est mort."
Le corps de Hiroko, moite de sueur, se mit à tressaillir. Le deuxième frère, Shinzō, était parti pour le Sud il y avait déjà quatre ans et n'était jamais revenu. Le visage ovale et jeune de Tetsuko, l’épouse de Naotsugu — mère de deux petits garçons de quatre et deux ans —, avec ses yeux d’un autre temps, surgissait devant elle, et Hiroko avait de plus en plus de mal à respirer.
小枝は、さっきから人参を貰いに出かけて留守である。少年たちの歓声は、午後の中に愈々高まり愈々燃え生きて育ってゆくものの生命の力に溢れている。ひろ子は嗚咽した。
母のこれからの暮し、つや子と子供らの生涯、ひろ子にとって、それらは、みんな自分の生活のなかのことであった。母はどれだけかの辛棒で、重吉たちのこれまでの生活からうける打撃を持ちこたえて来た。直次が居り進三が居る。それだからこそ、重吉もひろ子も云いつくせない安心があった。
母のこころのうちを思うと、ひろ子は、その手を頂いて額に当てたい気がした。
籐椅子のおいてあるところ迄来て、ひろ子はそこに腰かけた。同じ籐の小さい円卓の上に母の手紙をひろげたままおいた。
重吉は、このことについて何と考えるだろう。母は、おそらくひろ子に書いたと前後して、重吉にも手紙を出したにちがいない。
Koéda était partie depuis un moment pour aller chercher des carottes. Les cris joyeux des garçons, de plus en plus forts dans l’après-midi, débordaient de cette force vitale qui enfle, brûle et grandit. Hiroko étouffa un sanglot.
La vie future de sa mère, l’existence de Tetsuko et des enfants — tout cela, pour Hiroko, faisait partie de sa propre vie. Sa mère, avec une patience infinie, avait jusqu’ici supporté les coups portés à l’existence de Shigeyoshi et des siens. Naotsugu était là, Shinzō aussi. Grâce à cela, Shigeyoshi et Hiroko avaient pu conserver, sans jamais le dire, une tranquillité à la fois profonde et fragile.
En pensant à ce que devait ressentir sa mère, Hiroko eut envie de prendre cette main et de la poser contre son front.
Elle arriva jusqu’au fauteuil en rotin et s’y laissa tomber. Sur la petite table ronde, également en rotin, elle laissa la lettre de sa mère ouverte.
Que penserait Shigeyoshi de tout cela ? Sa mère, sans doute, lui avait écrit en même temps qu’à elle — peut-être même juste avant ou juste après.
重吉が、母の見舞にゆくようにとひろ子に云っていたのは、久しい前からのことであった。母の住んでいる所が最近特別な軍事都市になって、バスの中にさえ憲兵と書いた腕章の兵士がきっと一人はのっていた。その空気を思うと、ひろ子は行き渋っていた。この手紙を受けとってからも、猶ひろ子が網走行きに執着しているのと、そちらはやめて、母のところへ行くのと、どちらが重吉にとって、気がすむことだろう。
しばらくして、帰って来た小枝が健吉を呼んでいる声がした。まだ土間に立ったままでいる小枝のところへ行って、ひろ子は母の手紙をわたした。
「ちょいと、読んで」
「何かあったの?」
眼を走らせて、小枝は蒼くなった顔でひろ子を見上げた。
「おばちゃん。――どうなさる?」
「行かなけりゃ。重吉さんは、きっと私がそうすると思うだろうと思うわ」
「でも――何てことでしょう!」
行雄も、やがて自転車で戻った。
Cela faisait longtemps que Shigeyoshi répétait à Hiroko d’aller rendre visite à sa mère malade. L’endroit où elle habitait venait d’être déclaré « ville militaire spéciale » : dans les autobus, on voyait toujours au moins un soldat portant un brassard marqué « Kempei » (police militaire). Rien que d’imaginer cette atmosphère, Hiroko hésitait. Même après avoir reçu cette lettre, elle restait partagée : rester obstinément attachée à son projet de partir pour Abashiri, ou renoncer et aller voir sa mère — laquelle de ces deux décisions permettrait à Shigeyoshi de se sentir vraiment soulagé ?
Peu après, elle entendit Koéda, de retour avec des carottes, appeler Kenkichi. Hiroko, encore debout dans l'entrée de terre battue, lui tendit la lettre de sa mère.
« Dis, lis ça. »
« Il est arrivé quelque chose? »
Après avoir parcouru la lettre des yeux, Koeda leva vers Hiroko un visage devenu livide.
« Tante… qu’allez-vous faire ? »
« Il faut que j’y aille. Shigeyoshi, je crois, s’attend à ce que je parte. »
« Mais… quelle horreur ! »
Peu après, Yukio rentra lui aussi à vélo.
「じゃ、切符は僕が何とか手配しましょう。姉さん、すぐ荷づくりなさいよ」
話をきくと、行雄がそう云った。
「姉さんが歩いて行っちゃひと仕事だが、僕は自転車だから何でもないよ」
こういう調子で、行雄がひろ子の行動にのり出してくれるのは日頃ないことであった。
「でも大丈夫かなあ? 一人で……何しろ凄いよ、今の汽車は……」
「私もそれが心配なのよ」
「仕方がないわ」
ここの田舎へ来るうちにも、そのひどさは十分身にしみている。ひろ子は、弁当だけもって行くつもりであった。
「ここでいくら苦心したって、又どうせ東京で乗換えなけりゃならないんだもの」
「夜行でない方が安全だよ、同じことにしても……」
東側の縁側へ行って、ひろ子は例の行李を開いた。広島のことをラジオできいたとき、ひろ子はすぐ安否をきいてやった。きょうの速達は十八日に田舎の局のスタンプがおされている。ひろ子の手紙とはゆきちがった。そして、これは二十日目についた。
« Bon, je vais m’arranger pour les billets. Grande sœur, prépare vite tes affaires », dit Yukio quand il eut entendu la conversation, Yukio dit cela.
« Si c’est toi qui vas à pied, c’est tout un travail, mais moi, à vélo, ce n’est rien du tout. »
Il était rare que Yukio s’investisse ainsi dans les démarches de Hiroko.
« Mais est‑ce que ça ira ? Toute seule… les trains, en ce moment, c’est terrible… »
« C’est bien ce qui m’inquiète aussi. »
« On n’y peut rien. »
Depuis qu’elle venait dans ce village, Hiroko avait bien ressenti la rudesse des conditions ; elle comptait n’emporter qu’un simple bentô (repas préparé).
« À quoi bon se tracasser ici, puisque de toute façon je devrai changer de train à Tokyo ? »
« Ce sera plus sûr si tu ne prends pas le train de nuit, même si ça ne change pas grand‑chose… »
Hiroko se rendit sur la véranda du côté est et ouvrit la malle en rotin. Dès qu’elle avait appris par la radio ce qui s’était passé à Hiroshima, elle s’était empressée d’écrire pour demander des nouvelles. Le courrier express qu’elle avait reçu ce jour‑là portait le cachet du bureau de campagne daté du dix‑huit. Sa lettre à elle avait croisé celle de sa mère. Et celle-ci n’était arrivée que le 20.
母やつや子が、直次のことを知ったのは、既に十一二日ごろのことであった。偶然、直次と同じ班の友達が、ふらりと、
「直次君、戻ってでありますか」と店先へ訪ねて来た。
「いえ、戻って居りませんが……どうでありますか」
話はそのようにして初めて耳に入ったのであった。
ひろ子は、行李の中のものをすっかり出して、大風呂敷へうつした。仕事の用意をすこしと、そして底の方へ喪服を入れた。
直次が、除隊後第一回の応召のとき、母はひろ子をつれて、わざわざ讃岐の琴平へ詣った。雨が降り出した。下の土産屋で、番傘と下駄とをかり、下界から吹き上げる風に重い傘を煽られまいとして、数百段の石段を本堂まで登りつめたとき、ひろ子は脚がふるえて動けないようだった。雨にうたれながら、母はお守りを貰ったり、祈祷をさせたりした。母ばかりでなく、何十人もの男女がそのあたりを右往左往しているのであった。なかには裸足で髪の上から油紙をかぶりお百度をふんでいる若い女もあった。杉の大木の梢すれすれに寄進された幾本もの祝出征の幟旗が立ち並んでいた。武運長久を願ってのことだが、五月雨に濡れそぼり、染色を流したそれらののぼり旗は暗い木下蔭で、幽霊じみて見えた。
La mère et Tsuyako avaient appris ce qui était arrivé à Naoji vers le 11 ou le 12. Un camarade de son unité, passant par hasard devant la boutique, s’était arrêté et avait demandé :
« Le camarade Naoji est‑il revenu ? »
« Non, il n’est pas encore revenu… pourquoi donc ? »
C’est ainsi que la nouvelle leur était parvenue pour la première fois.
Hiroko vida entièrement le contenu de sa malle pour le transférer dans un grand furoshiki. Elle y mit quelques affaires pour le travail et, tout au fond, le costume de deuil.
Lors du premier rappel de Naoji après sa démobilisation, la mère s’était rendue exprès, accompagnée de Hiroko, au sanctuaire de Kotohira, dans la province de Sanuki. Il s’était mis à pleuvoir. Elles avaient emprunté un parapluie de papier huilé et des géta dans une boutique de souvenirs, pour résister au vent qui soufflait du bas de la vallée, et gravirent les centaines de marches de pierre jusqu’au sanctuaire principal. Arrivées là-haut, les jambes de Hiroko tremblaient tellement qu’elle ne pouvait plus avancer. Sous la pluie battante, la mère acheta des o-mamori et fit dire des prières. Et elles n’étaient pas seules : des dizaines d’hommes et de femmes allaient et venaient dans ce même tourbillon. Parmi eux, une jeune femme, pieds nus et coiffée d’une feuille de papier huilé, accomplissait la ronde des cent prosternations. Tout près des cimes des grands cèdres s’alignaient des bannières de dévotion offertes pour souhaiter une heureuse expédition militaire. Trempées par la pluie de saison, déteintes, ces banderoles, sous l’ombre sombre des arbres, ressemblaient à des spectres.
「直次の出征のときの旗をもって来ようかと思ったが、却ってもって来なんでよかった、のう、あんた」
ひろ子の耳へ顔を近づけて母がそうささやいた。その母の一心に上気に上気した顔にかかるおくれ毛や眉毛に、雨のしずくが光った。
荷物をつめかえているひろ子は、家族的な追憶にみたされた。それは厳粛で、きびしい戦争をとおして営まれる日本の庶民のつましい生活の網目にみちているのであった。
網走へ、と思ってこの行李をつめるとき、ひろ子の胸には一筋のうたの思いがあった。選んで入れる一つ一つの布について、そのうたはひろ子の胸に鳴った。そのうたの思いは、このような形で現実の内容をもって来た。
労苦に備える勇気のこもった気持で、翌日ひろ子は街道をあちこち歩いて、移動の手続きをしたり、旅行外食券に代えたりした。
« J’avais pensé apporter la bannière qu’on avait faite pour le départ de Naotsugu, mais finalement j’ai bien fait de ne pas la prendre, tu ne crois pas ? »
La mère murmura cela à l’oreille de Hiroko, le visage tout près du sien. Des gouttes de pluie scintillaient sur les mèches collées à ses joues en feu et sur ses sourcils.
Tandis qu’elle refaisait ses bagages, Hiroko se sentit envahie par ces souvenirs de famille. Ces souvenirs portaient la gravité et la rigueur du temps de guerre, tissés dans la trame humble de la vie quotidienne du peuple japonais.
Quand elle avait entrepris de remplir cette malle pour Abashiri, une sorte de chant, mince et clair, s’était levé en elle. À chaque morceau d’étoffe qu’elle choisissait, ce chant résonnait dans sa poitrine. Et ce sentiment chanté prit maintenant une forme réelle et concrète.
Le lendemain, animée d’un courage résolu face à la peine qui l’attendait, Hiroko parcourut la route d’un endroit à l’autre pour accomplir les formalités de départ et échanger ses bons de repas pour le voyage.
運よく、その列車の中でひろ子は座席がとれた。
その代り、坐ったと思ったらもう動けなくて、送って来た小枝に声さえかけられなかった。
駅を出るとじき、通路にまで立っている旅客をかきわけて、
「検札をいたします」
中年の大柄な車掌が、巻ゲートルで入って来た。
「これは二等車ですから、乗車駅から三倍の賃銀を払って頂きます」
そういう声につれて、後部で押し問答がはじまった。押し問答の尾をひいたまま、ひろ子のところへ来た。切符を出して見せた。鉛筆で切符のうらにしるしをつけて、先へ行くかと思ったら骨っぽい指をのばして、
「それは御使用ずみか?」
と、ひろ子が手にもっていた裂地づくりの紙入れをさした。その意味がすぐのみこめなくて、ひろ子は、見せた切符を挾んでおいた黄色い内側を開けたまま、
「どれかしら」
「これは御使用ずみですか」
Par chance, dans ce train‑là, Hiroko parvint à obtenir une place assise.
Mais, en contrepartie, une fois assise, elle fut incapable de bouger et ne put même pas adresser un mot à Koeda, venue l’accompagner.
À peine le train avait‑il quitté la gare qu’un grand contrôleur, un homme d’âge mûr, les bandes molletières serrées autour des jambes, entra, écartant les voyageurs debout dans le couloir,
« Contrôle des billets. »
« C’est une voiture de deuxième classe, vous devrez donc payer le triple du prix à partir de votre gare de départ. »
À ces mots, une dispute houleuse éclata à l’arrière du wagon. Traînant encore derrière lui le remous de cette altercation, il arriva à la hauteur de Hiroko. Elle sortit son billet et le lui montra. Il marqua le dos du billet au crayon et, alors qu’elle pensait qu’il allait continuer, il tendit ses doigts noueux et dit :
« Celui‑là a déjà servi ? »
Il désignait le porte‑documents en tissu rapiécé que Hiroko tenait à la main. Ne comprenant pas tout de suite ce qu’il voulait dire, Hiroko ouvrit le rabat jaune à l’intérieur duquel elle avait glissé le billet qu’elle venait de montrer, et le laissa ainsi entrouvert, en disant :
« Lequel donc ? »
« Est‑ce que celui‑ci a déjà été utilisé ? »
同じ切符入に挾んであった山の手線のまだ使ってない切符をぬきとった。そして、ぼんやりしたひろ子が、一言も云わないうちに、
「頂いておきます」そして、次の番へ移った。
その頃、地方新聞は不正乗車の激増を大きく扱っていた。ひろ子の乗った駅から小一時間先の大きな駅では、毎日二百人以上の不正乗客があって、それは益々増加しつつあると書かれていた。この列車は、その都会が始発である。車掌は気を立てている。いかにも過労らしい、肉のつくゆとりのない肩のあたりで制服は色あせている。この車掌が、山の手線の切符に対してまで責任を負う必要があるのかないのか分らなかったが、ひろ子はむしろ車掌の癇癪に同情した。鉄道従業員たちは、機銃の恐怖の中であれだけの努力をしとおした。復員、進駐と、その後寸暇も与えられていないのであった。
ひろ子の斜隣りで、二十歳をすこし出たばかりの海軍士官の外套を着た神経質な顔つきの男が、まだ少年の丸い顔をした部下らしい青年をつれて大荷物をもちこんでいた。それが、紙片を出して問答している。
車掌は紙片をとり上げて、前進した。この間に、さっき後部で開始された悶着の相手が車掌に追いついて来た。
「おい、車掌さん。そんなへちがてえことを云ったって、一文だってお前の得になる訳じゃあるめえし、いいだろう? たのむぜ」
国防服の前ボタンをすっかりあけはだけて、シャツの胸を見せている巻ゲートルは、狎れ狎れしい大声を出した。
同じ切符入に挾んであった山の手線のまだ使ってない切符をぬきとった。
Il sortit du même porte‑billets un ticket de la ligne Yamanote qui n’avait pas encore servi. Et, avant même que Hiroko, encore abasourdie, n’ait pu prononcer un mot,
« Je le garde », dit‑il simplement, puis il passa au passager suivant.
À cette époque, les journaux régionaux faisaient grand bruit de la recrudescence des voyages sans billet. Ils rapportaient que, dans la grande gare située à environ une heure de là où Hiroko avait pris le train, plus de deux cents fraudeurs étaient arrêtés chaque jour, et que leur nombre continuait d’augmenter. Le train où se trouvait Hiroko partait justement de cette ville : le contrôleur était donc sur les nerfs. Son uniforme, délavé au niveau de ses épaules maigres, trahissait une fatigue extrême et un corps épuisé. Hiroko ne savait pas si ce contrôleur devait réellement répondre d’un ticket de la ligne Yamanote, mais elle éprouva plutôt de la compassion pour sa brusquerie et sa nervosité. Les employés du rail avaient travaillé sous la menace des mitrailleuses, puis, entre les démobilisations et l’occupation, n’avaient pas connu un seul instant de répit.
À côté de Hiroko, en diagonale, un jeune homme nerveux, à peine âgé de plus de vingt ans, portant un manteau d’officier de marine, était monté avec un garçon à la figure encore enfantine, sans doute un subordonné, qui portait un lourd bagage. Ils tenaient à la main un papier et discutaient avec le contrôleur.
Celui‑ci prit le papier et poursuivit sa tournée vers l’avant du wagon. Entre‑temps, l’homme avec qui il s’était querellé un peu plus tôt au fond du train le rejoignit.
« Hé, monsieur le contrôleur ! Ça ne te rapportera pas un sou de chipoter comme ça, alors sois réglo, d’accord ? Allez, je te le demande gentiment. »
Celui qui parlait, vêtu d’un uniforme militaire déboutonné jusqu’à laisser voir sa chemise, les jambes entourées de bandes molletières, lançait ces mots d’une voix à la fois familière et trop forte.
「おい、車掌」
車掌は、背中に平手うちでもくらったように素早く振り向いた。
「車掌、とは何です! はじめっから私の損得で云っているんじゃありません。鉄道省の規則がそうだから、その規則通りにしなければならないんです」
「いいじゃねえか。どうせこんな滅茶苦茶な世の中になっちまって、今更二等も、へったくれもあるもんか」
「こんな世の中になったから、なお更キチンとしなけりゃならないんです。勅語は何のために出たんです!」
ひろ子は、乗り合わせたこの列車が、ただの列車でなかったことを知った。これは明らかに一種の潰走列車である。
斜隣りの海軍士官がどこかへ立って行って帰って暫くすると、再び車掌が入って来た。荷物をまたぎまたぎ来て、その若い士官の横に立った。
「じゃ二百八十三円頂きます」
大股をひらいて座席にかけたままむっとした面持で、蒼い顔の若い士官は大きい紙幣入れをひらき、新しい十円札をつかみ出すようにして車掌に渡した。その代りとして紙片がかえされた。
« Hé, contrôleur ! »
Le contrôleur se retourna vivement, comme s’il venait de recevoir une claque dans le dos.
« Qu’est-ce que c’est que ce “contrôleur” ! Depuis le début, ce n’est pas une question d’intérêt personnel. Il y a un règlement du ministère des Chemins de fer, et je dois m’y conformer. »
« Bah, qu’importe ! Dans un monde devenu aussi chaotique, deuxième classe ou pas, ça ne veut plus rien dire. »
« C’est justement parce que le monde est devenu comme ça qu’il faut être encore plus rigoureux. Pourquoi croyez-vous qu’un Rescrit impérial a été promulgué ? »
Hiroko comprit alors que le train dans lequel elle avait pris place n’était pas un train ordinaire. C’était manifestement une sorte de train de débâcle.
L’officier de marine assis en diagonale se leva pour aller quelque part, puis, après un moment, revint. Peu après, le contrôleur entra de nouveau. Enjambant les bagages, il s’approcha et se posta à côté du jeune officier.
« Alors, cela fera 283 yens. »
Assis les jambes largement écartées, le visage fermé, le jeune officier au teint livide ouvrit son grand porte-billets, en sortit brusquement un nouveau billet de dix yens et le tendit au contrôleur. En échange, on lui remit un morceau de papier.
「これで事務が片づきましたから申しますが、さっきの雑言は、あれは、どういうわけです」
ぎごちなく神経のこわばった若い士官は、こんな情況になることとは予想もしなかったらしく、剣相な上眼づかいで、低く何か答えた。
「生意気だ、気にくわんとおっしゃるが、私のどこに生意気な挙動がありました。不正乗車をしているのは貴方です。私は車掌として事務をとっただけじゃないですか。ひとこと罵倒でもしましたか。じき手続をして上げますと云っただけじゃありませんか」
言葉にもつまるという激昂で、車掌は青年士官を睨まえた。士官の方も、もう一ヵ月前ならばと文字に読まれる形相で睨み上げている。その面上につばきするように車掌が云い捨てた。
「あなたのようなのが軍人だから、日本は潰れたんだ!」
ひろ子は、どちらの顔も見ていられなかった。
その若い士官の前には、襟章をもいだ制服の陸軍将校がかけていた。となりには、東北のどこかの大きい軍需会社が解散して、東京へ還る途中らしい国防服だが、重役風の男がいる。ひろ子の真前にいるのも陸軍の古参将校で、制服の襟章がはぎとられている。
« Maintenant que les formalités sont réglées, permettez-moi de vous demander : tout à l’heure, ces propos injurieux… qu’est-ce que cela signifiait ? »
Le jeune officier, raide et nerveux, semblait ne pas avoir prévu une telle tournure des choses. Le regard dur, il répondit à voix basse quelque chose d’à peine audible.
« Vous dites que j’ai été insolent, que je vous déplais, mais en quoi ai-je eu une attitude insolente ? Celui qui voyage irrégulièrement, c’est vous. C’est vous qui voyagez sans titre valable. Moi, je n’ai fait qu’exécuter mon devoir de contrôleur. Ai-je proféré la moindre injure ? Je me suis contenté de vous dire que j’allais procéder immédiatement aux formalités, n’est-ce pas ? »
Hors de lui, le contrôleur lança un regard noir à l’officier. Celui-ci, à son tour, le toisa d’un air farouche — un regard qui, un mois plus tôt encore, aurait inspiré la crainte. Le contrôleur cracha presque les mots au visage de son interlocuteur :
« C’est à cause de militaires comme vous que le Japon s’est effondré ! »
Hiroko ne pouvait supporter de regarder ni l’un ni l’autre.
Devant le jeune officier était assis un ancien officier de l’armée de terre, en uniforme, mais dont les insignes de col avaient été arrachés. À côté de lui, un homme portant un uniforme de défense nationale — visiblement un dirigeant d’une grande entreprise d’armement du nord du pays, sur le chemin du retour vers Tokyo après sa dissolution. Juste en face d’Hiroko se trouvait aussi un ancien officier de l’armée, vêtu du même uniforme mutilé, au col sans insigne.
騒動がしずまって見渡した車室は、網棚から通路から座席の間まで詰めに詰めた大荷物で、乗っているのは男ばかりであった。何かの角度で、軍と関係があったと見える風体の男ばかりであった。女と云えば、ひろ子のほかには子供づれの細君が一人乗り合わしているきりである。
東北の自然の間を、列車は東京に向って進行した。時々、迷彩代りに、車体へ泥をぬたくったままの列車とすれ違った。復員兵と解除になった徴用工とを満載した有蓋貨車、無蓋貨車とすれ違いながら那須の荒野にかかった。
線路のすぐそばから灌木の茂みが乱暴にきり開かれて、木の色の生新しいバラック風の大建物が、幾棟も、幾棟も、林の方へ連っている。それらはいま無意味そのもののように、愚劣そのもののように、がらんとして九月の西日に照らされている。
「これだけだって、ちっとやそっとの無駄じゃない」
ひろ子の向い側の中老人が呟いた。
「うけ負った奴は、さぞふんだくったんだろうなあ……」
並んでかけている将校の視線も、その尨大な濫費物の上に止っていた。しかしその視線は空虚である。中老人は、黙りこんだ。列車は、単調に動揺し車輪の音をたてていよいよ東京へ近く進行する。
車室にはぎっしり人間が乗っていた。けれども、互を貫くたった一つの共通な気分も興味も示されていなかった。みんながてんでんばらばらであった。めいめいが自分自分にかかずらい、急に変化した自分の利害と見とおしとにかかずらっている。
Quand le tumulte se fut apaisé et qu’elle jeta à nouveau un regard autour d’elle, Hiroko vit que le compartiment était encombré de lourds bagages entassés partout : sur les porte-bagages, dans l’allée, entre les sièges. Il n’y avait presque que des hommes à bord. Tous, d’une manière ou d’une autre, semblaient avoir eu un rapport avec l’armée. Quant aux femmes, en dehors de Hiroko, il n’y avait qu’une jeune épouse accompagnée d’un enfant.
Le train traversait les paysages du Tôhoku et se dirigeait vers Tokyo. Il croisait de temps à autre des convois couverts de boue, barbouillés à la hâte pour servir de camouflage. Dans des wagons à marchandises ouverts ou fermés étaient entassés des soldats démobilisés et des ouvriers réquisitionnés, désormais libérés, qui retournaient vers le sud, tandis que le train de Hiroko traversait les landes désolées de Nasu.
Tout près de la voie, les taillis avaient été grossièrement défrichés, et l’on voyait, alignés en enfilade dans la forêt, de vastes baraquements de bois brut, leur couleur crue éclatant sous le soleil déclinant de septembre. Ces bâtiments paraissaient désormais vides de sens, manifestement absurdes, illuminés en silence par la lueur oblique de l’après-midi.
« Rien que ça, c’est déjà un beau gaspillage », murmura un homme d’âge moyen assis en face de Hiroko.
« Ceux qui ont eu le contrat, ils ont dû s’en mettre plein les poches… »
L’officier assis à côté regardait aussi, ses yeux fixés sur ce spectacle de dépenses inutiles. Mais son regard était vide. Le quadragénaire se tut. Le train, dans son balancement monotone et le bruit régulier des roues, poursuivait sa route vers Tokyo.
Le compartiment était bondé d’hommes mais on n’y sentait pas la moindre communauté d'esprit, pas le moindre intérêt partagé pour quoi que ce soit. Chacun restait enfermé dans son isolement. Chacun, plongé dans ses propres préoccupations, ne voyait que ses affaires personnelles, ses pertes et profits soudains, ses perspectives bouleversées.
海軍士官のとなりの重役風の人物は、事業で損をしなかった人物の円滑さで、向い側の陸軍軍人に、折々四方山ばなしをしかけた。
「神田辺はのこったそうですな。これで、少しはいい本も出るもんでしょうか」
軍人は上眼づかいで、
「さあ……」
それぎりてんでとり合わない。話はそのまま消えてしまった。ずっと先に、白い毛糸の長靴下、しゃれた白い毛織の短ズボン、白の上衣、臙脂色のネクタイをつけ、一目して相当な地位の「南方関係」の男がいた。瀟洒としたその服装と丸顔の上にある不機嫌さは冷酷できたないものの中へ自分が落ちこんだという眼つきで車内の混乱を傍観している。
ひろ子は、七月の下旬、上野から乗って東北に向った夜行列車の光景を思い出した。混雑は名状出来ず、女は本当に悲鳴をあげた。ひろ子は、人波に圧されて押し込まれ、通路の他人の荷物の上で一夜を明した。しかし、その騒ぎは、同じ空爆を蒙る恐怖に貫かれ、事なかれと願う単純で正直なすべての旅客の希望で一致していた。
L’homme à l’allure de dirigeant, assis à côté de l’officier de marine, avait cette aisance propre à ceux dont les affaires n’avaient pas trop souffert de la guerre. Il engageait parfois avec légèreté des conversations sans importance avec l’officier de l’armée assis en face de lui.
« Il paraît que le quartier de Kanda a été épargné, n’est-ce pas ? Peut-être verra-t-on enfin de bons livres paraître à nouveau. »
L’officier leva les yeux vers lui, répondit d’un ton sec :
« Qui sait… »
Et la conversation s’éteignit aussitôt Plus loin, un homme d’apparence élégante, manifestement quelqu’un de haut placé ayant servi dans les territoires du Sud, attirait le regard. Il portait de longues chaussettes de laine blanches, un short de drap blanc assorti, une veste blanche, et une cravate couleur bordeaux. Sous ses vêtements raffinés et son visage rond, son expression renfrognée trahissait le regard de quelqu’un qui réalisait qu'il était tombé au milieu de la brutalité et de la saleté. De ses yeux froids, il observait le désordre du compartiment.
Hiroko se souvint alors de la nuit de la fin juillet, lorsqu’elle avait pris le train de nuit à Ueno pour se rendre vers le nord. La cohue y était indescriptible, et les femmes poussaient de véritables cris. Repoussée par la foule, elle avait fini par passer la nuit sur les bagages que quelqu'un avait posés dans le couloir. Pourtant, au cœur de ce tumulte, tous les voyageurs étaient unis par un même espoir simple et sincère : celui de traverser sans encombre les bombardements aériens.
「いい月夜になったねえ。お月見にはもって来いだが、ちいと薄気味がよくないねえ」
「小山まで無事に行ったらね」
「ナニ、案ずるより生むがやすいってね」
流行唄を謡うものがあったりした。ひろ子のわきで、若い女と膝組みにもまれこまれた父親の好色めいた冗談を、その娘が
「いや、父さんたら。黙ってなさいってば!」
しきりに小声でたしなめていた。煎り大豆を、わけて食べたりしてひろ子も運ばれて行った。
今の列車では、万端が全然ちがう。ひろ子の座席の背中に肱をかけて立っている二人連の襟章なしの男たちが、聞かせたそうに、さり気なく大声に喋っていた。
「おい、山田に会ったか」
「彼奴はのこるんだろう」
「そんな筈はねえんだが――奴、要領つかいやがったな」
何と何とで、と、ひろ子にききとれない軍用語で数えた。
「俺あ、八千円とちいとばかり貰った」
「そうなるか……フム、まあ悪かねえなア」
東京の外郭にある駅へ来たとき、ひろ子は窓からやっと下りた。その拍子に力をかりたカーキ服の男の腕に目がとまった。その男の白い腕章には英語でミリタリ・ポリスと書かれていた。
« Quelle belle nuit de lune… Parfaite pour admirer la lune, mais il y a là-dedans quelque chose d’un peu inquiétant, tu ne trouves pas ? »
« Si seulement on arrive sans encombre jusqu’à Oyama. »
« Bah, comme on dit, il est plus facile d’agir que de s’inquiéter. »
Certains se mettaient à fredonner des chansons à la mode. À côté de Hiroko, une jeune fille admonestait doucement son père, serrés tous deux sous la cohue, tandis que celui-ci lançait des plaisanteries d’un ton un peu grivois :
« Oh, père, taisez-vous donc ! »
Ils croquaient ensemble des fèves grillées qu’ils partageaient, et Hiroko, emportée dans cette foule paisible, se laissait aller.
Mais dans le train d’aujourd’hui, tout était différent. Derrière son siège, deux hommes debout, sans insigne sur leurs cols, parlaient à haute voix, ostensiblement, comme s’ils voulaient être entendus.
« Hé, t’as vu Yamada ? »
« Il paraît qu’il reste, lui. »
« Impossible… il a encore su se débrouiller, ce type. »
Puis ils énumérèrent quelque chose en jargon militaire que Hiroko ne put saisir.
« Moi, j’ai reçu un peu plus de huit mille yens. »
« Ah oui ? Pas si mal, ma foi… »
Lorsque le train arriva dans une gare de la périphérie de Tokyo, Hirokoparvint enfin à descendre par la fenêtre. En prenant appui sur le bras d’un homme en uniforme kaki, elle remarqua sur celui-ci un brassard blanc où l’on pouvait lire, en anglais, les mots : Military Police.
好感をこめて、ひろ子は幾度も鮎沢の茶の間の電燈の笠を見あげた。
網走へゆくときめて、ひろ子が焼けた東京を出発した時分は、もう東北の田舎へ向ってでも荷物の運送が出来ない状態になっていた。しかし、夜具と本だけはどうしても欲しかった。距離にすれば僅かだが、他県に属するその町に住むようになっていた篤子夫妻が、一方ならず斡旋して、ひろ子に力を添えてくれた。
網走へは行けず、まるで方角の反対な重吉の田舎へ行かなければならなくなった。それらを知らせたいからばかりでなく、幾家族もが留守に入っている弟の家へ、悲しみにある疲れた体で急行券を買ったりするためわり込んで泊る元気がなかったのであった。
荷物のことで、泊めて貰ったりした夜に、よく警報が鳴った。往来に近い鮎沢の家では、注意ぶかく、ガンドウのような深い遮光笠を茶の間の電燈につけていた。その息苦しい光の輪の下で食事をしたり、話したりした。
今度来てみると、その笠に、さっぱりと器用な切り抜き模様がついて、ガンドウの裾も工夫よくつめられている。すっかり明るくなるように工夫されて、ともっている。鮎沢の夫妻は、どっちがどうと云えないほど、こういう思いつきはうまかった。手狭な家を、二人のちょっとした工夫で住心地よくして、篤子はもう何年も或る経済関係の研究所に、雄治は専門の西洋史の勉強の傍ら或る出版社に通っていた。
Avec un sentiment de bienveillance, Hiroko leva plusieurs fois les yeux vers l’abat-jour du salon des Aizawa.
Quand, ayant décidé de gagner Abashiri, elle était partie de Tokyo en ruines,la situation était déjà telle qu’il était devenu impossible d’expédier des bagages, même vers la campagne au Tôhoku. Pourtant, elle voulait à tout prix emporter ses couvertures et ses livres. Atsuko et son mari, qui s’étaient installés dans une petite ville d’un département voisin, s’étaient donné bien du mal pour arranger les choses et lui prêter main-forte.
Finalement, elle n’avait pas pu se rendre à Abashiri : il lui avait fallu partir dans la direction exactement opposée, vers le village natal de Jûkichi. Ce n’était pas seulement pour annoncer ce changement qu’elle était venue ici, mais aussi parce qu’elle n’avait pas le courage, dans son état de chagrin et de fatigue, de se frayer un chemin parmi la foule pour acheter un billet express et passer la nuit dans la maison de son jeune frère, déjà occupée par plusieurs familles réfugiées.
Durant les nuits où elle avait été hébergée chez les Aizawa à cause de ses bagages, les sirènes d’alerte retentissaient souvent. Leur maison se trouvait près de la rue, et ils avaient recouvert soigneusement la lampe du salon d’un abat-jour profond, semblable à une lanterne de papier, pour masquer toute lumière. Sous ce cercle de clarté étouffé, on prenait le repas en parlant à voix basse.
Cette fois, en revenant, Hiroko remarqua que l’abat-jour portait désormais de jolis motifs découpés avec soin, et que sa bordure avait été ajustée avec adresse. On voyait bien qu’ils avaient trouvé le moyen de laisser passer davantage de lumière. Les Aizawa avaient un talent particulier, difficile à attribuer à l’un ou à l’autre, pour ce genre d’ingéniosité. Grâce à leurs petites trouvailles, ils rendaient leur maison étroite étonnamment confortable. Atsuko travaillait depuis plusieurs années dans un institut de recherche économique, tandis que Yûji, tout en poursuivant ses études d’histoire de l’Occident, se rendait régulièrement dans une maison d’édition.
電燈を明るくしてよいとなったとき、ひろ子が暮していた弟のうちでは、主人公の行雄が、おもむろに戸棚から必要な数だけ白い瀬戸の笠を出して来た。小枝がそれを拭いて、また行雄がそれをうけとってつけ代えた。遮光笠の方は、物置部屋の背負籠のわきに半ば放りこまれた。それきりであった。
鮎沢の茶の間の笠は、そういう風には扱われてはいなかった。光をさえぎるようにこしらえられていたその笠を、夫婦で作り更えて、明るいための笠に直して使っている。
些細なことであるけれども、最近一ヵ月余り、周囲のあらゆる事々が、外からの力で機械的に、さもなければ無意識に、ただ変えられてゆくばかりなのを見て暮していたひろ子には、鮎沢夫妻が、こう変えて行くのだ、と自分たちの方針をきめて笠一つも独創しているのが快よかった。
八月十五日前後の東京には、田舎町にいたひろ子の知らない種々の現象が起伏し、その話もきいた。
「あの二三日で、東京中にしたらどれほどの書類をやいたんでしょう。あの風景だけは、ひろ子さんに見せておきたかったわ」
それらの激動の日に、いたるところの歩道へ、焼け焦げた紙片が散乱した。もんぺをやめた洋装の若い女が、高い靴の踵でその紙屑の山を踏みしだいて通った。
Lorsque l’on fut enfin autorisé à rallumer les lampes, dans la maison du frère où vivait Hiroko, Yukio, étant le maître de la masion, sortit tranquillement du buffet le nombre nécessaire d’abat-jour en porcelaine blanche. Koeda les essuya, puis Yukio les reprit pour les mettre à la place des abat-jour d’occultation. Ceux-ci furent simplement laissés dans un coin de la remise à côté de la hotte de portage, et ce fut tout.
Chez les Ayuzawa, l'abat-jour du séjour ne fut pas traité de cette manière. L'objet qu'ils avaient conçu eux mêmes pour occulter la lumière, ils le remirent en forme pour en faire un abat-jour clair et lumineux.
Ce n’était sans doute qu’un détail mais pour Hiroko, qui depuis plus d’un mois vivait en voyant tout autour d’elle se transformer sous l’effet de forces extérieures — mécaniquement, par simple automatisme — il était réconfortant de voir comment les Ayuzawa, eux, décidaient eux-mêmes de la conduite à avoir et allaient jusqu’à réinventer un simple abat-jour.
À Tokyo, aux alentours du 15 août, il s’était produit toutes sortes de phénomènes dont Hiroko, qui se trouvait alors dans cette petite ville de province, n’avait pas eu connaissance, et elle en entendait à présent les récits.
— « En ces deux ou trois jours, combien de papiers, à votre avis, ont-ils bien pu brûler dans tout Tokyo ? Ah, ce spectacle-là, j’aurais tant voulu que vous puissiez le voir, Hiroko-san ! »
Durant ces journées bouleversées, partout sur les trottoirs s’éparpillaient des fragments de papier brûlé.
Des jeunes femmes, qui avaient abandonné leurs pantalons "monpe" pour des tenues occidentales, traversaient ces amoncellements de cendres en écrasant les lambeaux calcinés de leurs chaussures à talons hauts.
「でも、どうなるでしょうね」
「大局的にはポツダム宣言の方向さ」
雄治が、確信のある語調で篤子に向って云った。
「そりゃそうでしょう。うちの研究所でもね、今までがあの有様だったから、すっかり計画を立て直して、大はりきりよ。これから皆が、本当にテーマをきめてやるんですって」
話題は重吉の弟の不幸を中心とし、やがて、又、鮎沢夫妻やひろ子自身の仕事について流れ進んだ。
夕飯後には、近所に住んでいる二三人の友達も集って来た。
ひろ子は、深い興味をもって友達の一人にきいた。
「山内さん、あなたのところでは、今でもやっぱり、あんなに畑をやっていらっしゃるの?」
食糧の不足が一番の原因にはちがいなかったが、ひろ子の友人たちの中には、この数年の間に郊外や近県に移って、畑仕事を相当うちこんでやって来た人々があった。その人々の働きぶりを眺めると、集注出来るだけの仕事をうばわれている者の、人間らしい活動慾が、そこに放散されているという印象を与えられた。八月十五日の意味を、全面から理解出来るこれらの人々が、これから後も、ああいう風に畑をやっていられるものだろうか。もっと、さし迫った活動の予想や計画が、畑からこの人々を別な場所へひきよせ、集め、議論させているのではないだろうか。
— Mais, qu’est-ce qui va se passer maintenant ?
— Dans les grandes lignes, on va aller dans le sens de la Déclaration de Potsdam, répondit Yūji à Atsuko d'un ton assuré.
— C’est certain. Même dans mon institut de recherche, comme les choses en étaient arrivées à un tel point, on est en train de revoir totalement les plans ; tout le monde est plein d'ardeur. On dit que désormais, chacun va enfin pouvoir définir ses propres thèmes de recherche et s'y consacrer vraiment.
La conversation tourna autour du malheur ayant frappé le frère cadet de Jūkichi puis dériva vers les travaux des époux Ayuzawa et celui de Hiroko elle-même.
Après le dîner, deux ou trois amis du voisinage les rejoignirent. Hiroko, avec un vif intérêt, demanda à l’un d’eux :
— Yamauchi-san, chez vous, vous continuez à travailler aux champs avec autant d’ardeur ?
Ces dernières années, certains des amis de Hiroko s’étaient installés en banlieue ou dans les préfectures voisines pour s'investir corps et âme dans les travaux de la terre. La pénurie de nourriture était sans doute la cause principale de ces mouvements, mais, en observant leur acharnement au travail, on avait l’impression que leur besoin vital d’activité — ce désir proprement humain de ceux qui avaient été privés du travail auquel ils auraient dû se consacrer — trouvait là un exutoire. Ces gens, capables de saisir toute la portée du 15 août, pourraient-ils continuer à l'avenir à cultiver leurs champs ? Ou bien des projets, des perspectives d’action plus urgentes allaient-ils les rassembler, les faire débattre, et les attirer ailleurs vers d’autres formes d’engagement ?
「僕のところなんか、もうおしまいですよ。とても、そんなひまはなくなって来た」
「そうだろう? どこでもそうなんだ。うちの畑は、八月十五日をもって一段落だね」
「しかし僕は絶対にイモだけは確保するんだ」
河本が、すこしずつずる眼鏡を指で鼻の上に押しあげながら、苗が何本、その収穫予想はいくら。盗まれる分を三割として、実収は凡そ六十貫。それだけは確保すると力説した。
「大したもんじゃないか」
「大したものさ!」
河本は、それだけ甘薯を確保するについては、更にそれより意味のある計画のため、と匂わせて、それを云うのであった。
篤子が諧謔めかして笑った。
「まあ、わたしたちのところじゃトマトをたっぷり食べられただけいいと思いましょうよ」
人々の活溌な話しぶりの裡に、気がねをやめた多勢の声が揃う笑いの裡に、磁石の尖端がぴたりと方向を指す迄の震えのような、微妙な模索がうずいていた。ひろ子は、敏感になっている心につよくそれを感じた。誰も彼も、半月前迄自分たちに強いられていた生活は終ったことを確認している。同時に、誰もかれもの心に、まだいきなり早足に歩き出せない気もちと、計画の条件にまだ欠けたものがあることとが感じられている。ひろ子はそう思った。
— Pour ma part, c’est fini, vous savez. Je n’ai vraiment plus le temps pour ça.
— Bien sûr, répondit quelqu’un. C’est pareil partout. Chez nous, le potager en a eu pour son compte — le quinzie août a marqué la fin d’une étape.
— N'empêche, déclara Kawamoto, je m’assurerai d’avoir au moins mes patates, ça, c’est sûr !
Tout en relevant de l’index ses lunettes qui glissaient sans cesse sur son nez, il énumérait le nombre de plants, la récolte prévue, la perte estimée à trente pour cent à cause des vols — et, calcul fait, un rendement net d’environ soixante kan. Cela, il en était résolu, il le préserverait coûte que coûte.
— Pas mal, tout de même !
— Et comment ! répondit Kawamoto avec fierté.
Mais, ce faisant, il laissait entendre que l’assurance de cette récolte de patates douces cachait en réalité un dessein plus vaste, un projet plus significatif encore.
Atsuko rit, d’un ton moitié ironique, moitié léger :
— Eh bien, chez nous, nous pouvons déjà nous estimer heureux d’avoir pu manger des tomates à satiété !
Dans leur conversation animée, dans ce rire collectif où chacun s'exprimait enfin sans contrainte frémissait quelque chose d’indéfinissable : une vibration subtile, comme le tremblement de l'aiguille d'une boussole avant qu'elle ne se fixe précisément sur le Nord. Hiroko, dont la sensibilité était à vif, sentit cela profondément. Tous, sans exception, prenaient conscience de ce que la vie qu’ils avaient été forcés de mener jusqu’à la mi-août était désormais terminée. Mais, en même temps, elle sentait dans le cœur de chacun une forme d'hésitation, l’impossibilité encore de se remettre soudain à marcher d’un pas vif, et la sensation qu’il manquait quelque chose aux conditions nécessaires pour bâtir de nouveaux projets. C’est ce que pensait Hiroko.
「間違いのない方向はあるんだから、それで着々やって行けばいいわけなんだ――それにしてもいつ頃帰って来られるだろうな、みんなは……」
「治安維持法をいつ撤廃するか、それが問題だ」
「おそくても、今年のうちには、やらざるを得まい」
「一日も早く帰したいわ、ねえ、ひろ子さん」
きいているひろ子は、熱い大波に体ごとさらわれるようなこころもちがした。
「あんまり云わないで……」
ひろ子は弱々しく篤子に囁いた。十二年の生活の間に、ひろ子は、きびしく自分をしつけて来た。重吉と自分とのことで、世間並にうれしいこと、そうありたいこと、そうなったらばどんなに嬉しかろうと思える予想には、最大の用心で、うかつにうれしがらないように抵抗した。
拘禁生活の七年目に、重吉が腸結核を患って、危篤に陥った。拘置所の医者が、ひろ子に「時間の問題です」と告げた。医者は検事局へ、入院手当させる最後の機会であることを通告した。そのことも、ひろ子は知っていた。ひろ子は、どんなに療養所を調べ、医者に相談し、費用を調達して、待っただろう。
— Il existe une voie juste, incontestable. Il suffit d’avancer pas à pas dans cette direction… Mais tout de même, je me demande bien quand ils pourront revenir, tous ces gens…
— La question est de savoir quand la Loi de Préservation de la Paix sera abrogée. Voilà le vrai point.
— Même au plus tard, il faudra bien que ce soit fait avant la fin de l’année.
— J’aimerais tant qu’ils puissent rentrer le plus tôt possible… n’est-ce pas, Hiroko-san ?
En écoutant ces mots, Hiroko eut la sensation qu’une grande vague brûlante l’entraînait tout entière.
— Ne dis pas ça trop fort… murmura-t-elle faiblement à Atsuko.
Au cours de ces douze dernières années, Hiroko s'était imposé une discipline rigoureuse. Pour tout ce qui concernait Shigeyoshi et elle-même, elle résistait avec la plus grande prudence à toute joie ordinaire, à tout souhait ou à toute perspective de bonheur qui pût sembler réjouissant et elle s'interdisait de céder à l'espoir à la légère.
La septième année de détention, Shigeyoshi avait contracté une tuberculose intestinale qui l'avait amené à un état critique. Le médecin de la maison d’arrêt avait dit à Hiroko : « Ce n’est plus qu’une question de temps. » Ce même médecin avait fait savoir au parquet qu’il s’agissait là de l'ultime occasion de le faire hospitaliser pour qu'il reçoive des soins. Hiroko le savait aussi. Elle savait combien de sanatoriums elle avait cherchés, combien de médecins elle avait consultés, combien de ressources elle avait dû réunir et combien de jours elle avait attendu. Combien de recherches n'avait-elle pas faites pour trouver un sanatorium, combien de médecins n'avait-elle pas consultés, combien de ressources elle avait dû réunir et combien de jours elle avait attendu ?
Loi de Préservation de la Paix (Chian Iji Hō) : C'est l'outil juridique principal qui a permis l'emprisonnement massif des communistes, socialistes et libéraux au Japon. Son abrogation (qui n'aura lieu qu'en octobre 1945 sous l'impulsion du commandement allié) est la condition sine qua non pour la libération des prisonniers comme Jūkichi.
検事局は、拘置所の医者の注意を拒絶した。重吉が思想の立場を変えないからというのが却下の理由であった。そして、ひろ子が弁護士と一緒に検事に面会して、療養許可を求めたとき、その検事は笑って、
「どうせ石田君は、はじめっから命なんかすててかかっているんだろうから、今更あなたが心配されるにも当らんじゃないですか」と云った。
明治時代から巣鴨の監獄と云われていた赤煉瓦の建物は、数年前にとりはらわれ、そのあとが広い草原になっていた。監獄のころには、なかに茶畑などまであったらしく、数株の茶の木がまだ残ったりしている原っぱの中のふみつけ道を辿ってゆくと、旧敷地の四分の一ぐらいのところへ退いて拘置所のコンクリート塀が四角くそびえ立っていた。新開の歩道から草原ごしにその高塀を眺めると、塀の上から白っぽい建物の棟々が見えたりして、余り異様な感じは与えない。しかし、一歩ずつその塀の根もとへ近づけば近づくほどその高さが普通でないこと、その高塀があたりまえのものでないことがわかった。高塀には人の目の高さのところに、一つ小さな切窓があけられていた。面会願の手続きがすんで、番が来るとその切窓のわきのベルを押した。すると、重い扉がのろのろと内側から開けられる。その扉の大さは人の身丈の何倍もあったし、切窓に向って佇んで待っているとき、ひろ子の体はまるで、その高塀の根に生えている雑草と同じに低く、無力なものに感じられるのであった。高塀はその高さで異常なばかりでなく、その扉が内側から開けられなければ、よしんばひろ子がその扉にもたれて失神したとしても、外からのひろ子の力では一寸たりとも開けられない性質をもって、突立っているのであった。
Le parquet rejeta les recommandations du médecin du centre de détention. Le motif du refus était que Jūkichi n’avait pas renié ses positions idéologiques. Et lorsque Hiroko, accompagnée de son avocat, rencontra le procureur pour solliciter une autorisation d’un séjour en sanatorium, celui-ci ricana :
« Après tout, ce monsieur Ishida a fait dès le début le sacrifice de sa vie, n’est-ce pas ? Il n’est donc guère utile que vous vous en inquiétiez davantage aujourd’hui. »
Les bâtiments de briques rouges, connus depuis l'ère Meiji sous le nom de prison de Sugamo, avaient été démolis quelques années auparavant, laissant place à une vaste étendue d'herbes folles. Il paraissait que, du temps de la prison, on y cultivait même un petit champ de thé ; quelques arbustes, perdus au milieu de l’herbe, en témoignaient encore. En suivant un sentier de terre battue à travers ce terrain vague, on arrivait à l'enceinte de béton du nouveau centre de détention, qui occupait environ un quart de l'ancien domaine.
Lorsqu'on contemplait ces hautes murailles par-delà la prairie depuis le trottoir de la rue récemment tracée, on apercevait la cime des bâtiments blanchâtres dépassant des murs, et l'impression n'était pas particulièrement insolite. Mais à mesure que l'on s'approchait de la base de l'enceinte, on mesurait combien sa hauteur était inhabituelle et combien ce mur n'avait rien d'ordinaire. Une petite lucarne avait été percée à hauteur d'homme dans la muraille. Une fois les formalités de demande de visite accomplies, on attendait son tour puis on sonnait à la cloche située à côté de la lucarne. Alors, une lourde porte s'entrouvrait lentement de l'intérieur. Cette porte était haute de plusieurs fois la taille d’un homme ; alors qu'elle attendait debout face à la lucarne, Hiroko se sentait aussi minuscule et impuissante que les herbes folles poussant au pied de ces grands murs. L'enceinte n'était pas seulement d'une hauteur anormale ; elle se dressait là avec une telle inflexibilité que, même si Hiroko s'était effondrée de détresse contre elle, sa propre force n'aurait jamais pu l'ébranler d'un pouce sans qu'on ne l'ouvrît de l'intérieur.
Prison de Sugamo : Ancienne prison pour opposants politiques, devenue après la guerre le lieu d'incarcération des criminels de guerre de classe A.
重吉の腸結核がわるかった間、ひろ子は一度ならず、大扉をぴたりとしめたまま、切窓から眼とチョビ髭だけをのぞかせている看守に告げられた。
「きょうは、気分がわるいから会えないそうだぜ」
「――どんな風にわるいんでしょう」
ひろ子は、衷心から、
「困った」
と云った。
「なーに、大丈夫だよ。まだ当分死にそうでもないや。ハハハハハ」
それなり、むこう側から切窓はしめられた。
ひろ子は、高壁の下から自分の体をもぎ離すのが容易でなかった。翌朝、またそこへ行ってその壁の下に立つとき、ひろ子は、ざらざらしたその壁に、きのうの自分の切ない影がまだのこっているのを見出すような思いだった。
重吉は死ななかった。不思議に死ななかった。もう一いきの恢復という時期、ようよう壮年に入った重吉のこころに体に、癒りたい望みの充満している時期、その顔をやっと面会所の窓で見られるようになった頃、今度は裁判長が弁護士を通して、思わせぶりな提案をした。重吉は、どっさりの条件と保留と仮定とをつけ足して、万ガ一、外で療養でも出来るようになったらばと面会に来たひろ子に云った。
Pendant la période où la tuberculose intestinale de Jūkichi s’aggravait, Hiroko s'entendit dire plus d’une fois, par un gardien qui laissait la grande porte close pour ne laisser entrevoir que ses yeux et sa petite moustache par la lucarne :
« Il paraît qu’il ne se sent pas bien aujourd’hui, il ne peut pas vous voir. »
« — Mal à quel point ? »
Hiroko murmura, du plus profond de son cœur : « C’est terrible... »
« — Mais non, ça va aller ! Il n’a pas l’air de vouloir mourir de sitôt. Ha ha ha ! »
Et sur ces mots, la lucarne se refermait de l’intérieur.
Il était alors difficile pour Hiroko d’arracher son propre corps au pied de cette haute muraille. Le lendemain matin, lorsqu'elle revenait pour se tenir de nouveau sous ces murs, elle avait l’impression de retrouver, gravée sur la surface rugueuse du béton, l’ombre douloureuse qu’elle y avait laissée la veille.
Jūkichi ne mourut pas. Miraculeusement, il ne mourut pas. Alors qu’il était sur la voie d'un rétablissement encore fragile, à cette période où son esprit et son corps — parvenus à la pleine maturité — étaient habités par une immense volonté de guérir, et au moment où l'on pouvait enfin apercevoir son visage au guichet du parloir, le juge fit une proposition insidieuse par l'intermédiaire de l'avocat. Jūkichi, ajoutant une montagne de conditions, de réserves et d'hypothèses, confia à Hiroko venue le voir :
« Si jamais [par un hasard d’un sur dix mille] il devenait possible de recevoir des soins à l'extérieur... »
「いろいろ、買いものなんかもして置くがいいよ」
どんなに重吉が、慎重をきわめた保留をつけて語ったにしろ、この一言は、ひろ子を幾晩も眠らせなかった。ひろ子には、簡単らしくそう云ったときの重吉の上体が、面会窓からぐっとはみ出して、大きく大きくなったように映った。そして、その感銘はひろ子にとって殆ど肉体的な訴えであった。
ひろ子の期待と緊張とが支えにくいほどになったとき、重吉は、あっさり、話が不調に終ったことを告げた。
「どうも変だと思ったんだ」
そう云って笑った。
「これまでのやりかたから見て、わかりがよすぎるようなところがあったからね。――ひろ子は心配しないでいい」
今度も、理由は前と同じであった。重吉の思想の立場が変らないから、と。
— Tu devrais commencer à faire quelques achats, pour te préparer.
Même si Jūkichi avait prononcé ces mots avec mille précautions, les entourant de réserves, cette simple phrase empêcha Hiroko de dormir des nuits entières. Pour elle, au moment où il avait dit cela avec une apparente simplicité, le buste de Jūkichi lui parut soudain déborder du guichet du parloir, comme s'il grandissait démesurément devant ses yeux. Cette impression fut pour elle d'une intensité presque physique.
Alors que l'attente et la tension de Hiroko devenaient presque insupportables, Jūkichi lui annonça, avec détachement, que les discussions avaient échoué.
— Je m’en doutais, dit-il en souriant.
— À la manière dont tout cela s’était présenté, c’était trop facile, trop clair. Cela ne pouvait pas être vrai… Hiroko, ne t’en fais pas.
Cette fois encore, le motif était le même : Jūkichi refusait de renier ses convictions politiques.
入院させないと云った時よりも、重吉に対するこの二度目のむごたらしさを、ひろ子は性根にしみて受けとった。重吉のおかれている条件の中で、自然の生活力とそれを保つ心の均衡で死ぬる病から恢復したとき、その恢復期の五月という季節に、七年の間重吉の青春を閉じこめて来た牢獄の窓が、さも開きそうに、さも、もうちょいとのことで開きそうに、身ぶりして見せるとは、何たる卑劣だろう。一方に、思想の立場云々をかざしながら、片手はその扉にかけて、あける気があるふりをして見せるとは。ひろ子は、自分の涙さえ、これについては流すまいと決心した。それほど憤りに燃えた。
この時分から重吉の、しん底からの人間らしさが、やっと本当にひろ子の身と心にしみ入った。二人で暮した期間が余り短かかったのと、重吉の活動に直接加わっていなかったのとで、別れて暮すようになってからひろ子は重吉に対して、いくらか具体性のとぼしい、そのくせ子供めいた敬意をもちつづけて来た。けれども、重吉が、買いものなんかして置くがいいよ、と、おだやかに、ひろ子を惑乱させないようにと心をくばりながらつたえたとき、重吉の体は、あんなに大きくなって面会窓から溢れ出すように見えた。ひろ子の目にだけ、そう見えたのだと決して思えなかった。そこには、重吉の思いも横溢していたのであった。だのに、それがむごたらしくはぐらかされたとき、重吉はあれほど自然だった大きい横溢を収拾して、新しい事情に立った。ひろ子の心情をも支えて立った。その体温が自分の皮膚にもつたわる良人としての重吉を、この時ほどひろ子が瑞々しく、そしてひしと感じたことはなかった。妻たる自分のこの手の指、この足が重吉につながっている。互の間にひとしおの理解と献身の泉が掘りぬかれた。第二の新婚が経験された。それは、未熟なひろ子にもたらされた一つの豊かな変革であった。
Hiroko ressentit cette nouvelle cruauté envers Jūkichi plus profondément encore que le refus initial de l'hospitaliser. Alors que Jūkichi, par sa seule force vitale et l'équilibre d'un esprit luttant pour sa survie, venait de triompher d'une maladie mortelle, quelle abjection de voir la fenêtre de cette prison — qui avait séquestré sa jeunesse pendant sept ans — faire mine de s'entrouvrir en ce mois de mai, en pleine convalescence ! Faire mine de s'ouvrir, là, tout près, pour un rien... Quelle infamie de brandir d'un côté l'argument de sa position idéologique, tout en feignant de l'autre, la main sur la porte, d'être prêt à l'ouvrir. Hiroko décida que, pour cela, elle ne verserait même pas une larme. Sa colère était trop ardente pour les pleurs.
C'est à partir de ce moment que l'humanité profonde de Jūkichi imprégna véritablement le corps et l'âme de Hiroko. Parce qu'ils n'avaient vécu ensemble que peu de temps et qu'elle n'avait pas pris directement part à ses activités politiques, elle avait conservé pour lui, depuis leur séparation, un respect un peu abstrait, presque enfantin. Pourtant, lorsque Jūkichi lui avait dit calmement : « Tu devrais commencer à faire quelques achats », en veillant avec soin à ne pas la bouleverser, son être lui était apparu si grand qu'il semblait déborder du guichet de visite. Elle ne pouvait croire que cette vision n'était due qu'à ses propres yeux ; c'était la volonté de Jūkichi qui, elle aussi, débordait de toute part.
Et quand cet espoir fut cruellement déçu, Jūkichi sut recueillir cet immense débordement si naturel pour faire face à la nouvelle situation. Il resta debout, soutenant au passage le cœur de Hiroko. Jamais elle n'avait ressenti Jūkichi avec autant de fraîcheur et d'intensité en tant qu'époux, comme si sa chaleur corporelle traversait sa propre peau. Ses doigts de femme, ses pieds, tout son être était désormais lié à lui. Entre eux, une source de compréhension mutuelle et de dévouement absolu venait d'être forée. Ce fut l'expérience de leurs secondes noces. Pour la Hiroko encore immature d'alors, ce fut une métamorphose d'une immense richesse.
Prplx
Hiroko ressentit au plus profond d’elle-même cette seconde cruauté infligée à Shigeichi, plus encore que la première fois, lorsque le parquet avait refusé son hospitalisation. Dans les conditions où Shigeichi se trouvait, il avait réussi, par la seule force naturelle de la vie et l’équilibre de son esprit, à se rétablir d’une maladie mortelle. Et voilà que, durant cette période de convalescence, au mois de mai — saison de renouveau —, la fenêtre de la prison, qui avait enfermé la jeunesse de Shigeichi durant sept années, semblait sur le point de s’ouvrir, oui, presque prête à s’entrebâiller… pour se refermer aussitôt. Quelle bassesse ! D’un côté, ils brandissaient le prétexte de la « position idéologique » ; de l’autre, la main posée sur la porte, ils feignaient d’avoir l’intention de l’ouvrir. Hiroko décida qu’elle ne pleurerait pas. Pas pour cela. Sa colère brûlait avec trop de pureté pour laisser place aux larmes.
C’est à partir de ce moment-là que l’humanité profonde de Shigeichi pénétra réellement la chair et l’âme d’Hiroko. Ils avaient vécu ensemble trop peu de temps, et Hiroko n’avait jamais directement pris part à son activité militante ; depuis leur séparation, elle avait gardé pour lui une admiration vague, presque enfantine, plus sentimentale que concrète. Mais lorsque Shigeichi lui avait dit doucement : « Tu devrais faire quelques achats, en prévision… » en veillant à ne pas la troubler, son corps lui avait semblé s’élargir, jaillir à travers la lucarne du parloir, au point d’en déborder. Et Hiroko ne put croire que cette vision n’avait été qu’une illusion de son regard : il y avait, dans cette grandeur perçue, le débordement même de l’âme de Shigeichi.
Pourtant, lorsqu’on lui arracha cette promesse avec tant de cruauté, Shigeichi rassembla sans effort ce flot d’émotion et, calme, se tint debout face à la nouvelle situation, soutenant du même coup l’esprit d’Hiroko. Jamais encore Hiroko n’avait senti, avec une telle fraîcheur, avec une telle force, la présence de Shigeichi comme époux, jusque dans la tiédeur de sa propre peau. Ses doigts, ses pieds, tout son corps lui semblaient liés intimement à lui. Entre eux deux, une source nouvelle de compréhension et de dévouement venait de jaillir. Ils vécurent une seconde lune de miel — un renouveau profond, qui marqua pour la jeune Hiroko une transformation riche et féconde.
ひろ子は、十二年の歳月のうちにこういう思いを経て来ている。重吉が帰る。――もしも、もしも何かの事情でそれが実現しなかったら。もう少しというところで、何事かが重吉の身の上、或は重吉のもっている条件の上に起ったら。
ひろ子は、生きていなければならなかった。それがいつになろうとも、重吉と暮せるときが来るまで、頑固に生きて行かなければならなかった。その失望が、自分を生きにくくするかもしれない、と思うほどの待望を、今、ひろ子は却って自分から押しのけようとするのであった。
友人たちの話との間に、宵宮の祭りにあたったその町の夜の往来をカラコロ、カラコロと通ってゆく下駄の音が冴えて聞える。リーンとすんだ自転車のベルが駛けぬけてゆく。久しぶりに聴く都会の夏の夜らしい物音に、ひろ子は懐しく耳を傾けた。本棚にもたれ、団扇を膝においているひろ子の心に、重吉への思い、一家の柱である息子を失った田舎の母たちの生活への思いが、絡み合って浮び、消えた。
Hiroko avait connu de tels sentiments plus d’une fois tout au long de ces douze années. Shigeichi allait rentrer. — Mais si, pour quelque raison, cela ne se réalisait pas ? Si, au moment même où tout semblait enfin possible, quelque chose survenait — à lui ou aux conditions de sa libération ?
Hiroko se devait de vivre. Peu importe quand cela arriverait, elle devait s’obstiner à vivre jusqu’au jour où elle pourrait de nouveau partager la vie de Shigeichi. Cette attente, pourtant, était si forte qu’elle sentait bien qu’une nouvelle déception la rendrait presque incapable de continuer à vivre ; c’est pourquoi, désormais, elle s’efforçait de refouler d’elle-même cette espérance trop ardente.
À travers les conversations de ses amis, on entendait, dans la soirée du yoi-miya, la fête de la veille du grand jour, le cliquetis clair des geta résonner dans la rue : kara-koro, kara-koro. Une sonnette de bicyclette tinta soudain, brillante, limpide, riin…, puis s’éloigna en glissant. Ces bruits d’un soir d’été en ville, qu’elle n’avait pas entendus depuis longtemps, éveillaient en Hiroko une tendresse nostalgique. Appuyée contre la bibliothèque, l'éventail posé sur les genoux, ses pensées pour Jūkichi et celles pour la vie de ces mères à la campagne qui avaient perdu leur fils — unique pilier du foyer — s'entremêlaient dans son esprit, émergeaient, puis s'évanouissaient.
汽車はいま、どの辺を走っているのだろう。ハンカチーフでうたたねから醒めた顔をふきながら、遠くまでゆく旅行者らしい視線で、ひろ子は窓外を見た。が、そこにある眺めには、地方色もなければ、生活らしい生活の動きもなかった。列車は丁度かなり大きい駅の出はずれを走っていて、左右とも市街の廃墟ばかりであった。平ったく、ただ一面残暑の日光にさらされている廃墟は、云いようもなく単調で、どんなに決定的な破壊の力がここに働いたかということを印象づけるのであった。列車はじきその風景をつきぬけ、こんどは、まるで無傷な自然と云う風な九月の東海道の、濃い緑の中に突入してゆくのである。
一日に一本出る下関行下り急行が東京駅の鉄骨だけがやっとのこっている円屋根の下を出発してから、見て来た沿線の景色は、それを景色だと云えただろうか。京浜はもとより、急行列車が停るほどの市街地は、熱海をのぞいてほとんど一つあまさず廃墟であった。田舎らしい緑の耕地、山野、鉄橋の架った大きい河、それらの間を走って、旅めいた心持になる間もなく、次から次と廃墟がつづいてあらわれた。
Où le train pouvait-il bien se trouver à présent ? En essuyant avec son mouchoir son visage ensommeillé, Hiroko leva les yeux vers la fenêtre, avec ce regard lointain des voyageurs partis pour un long trajet. Mais la vue qui s'offrait à elle ne présentait aucune couleur locale, aucun mouvement de vie digne de ce nom. Le train venait justement de quitter une gare assez importante, et il n'y avait de chaque côté que les ruines urbaines. Ces décombres, aplatis, exposés sous toutes leurs faces au soleil d'une chaleur de fin d'été, étaient d'une monotonie indicible et marquaient l'esprit de la force de destruction absolue qui s'était exercée ici. Le train traversait d'un trait ce paysage pour s'engouffrer aussitôt dans la verdure profonde du Tōkaidō de septembre, une nature qui semblait, elle, totalement indemne.
Depuis que l'unique train express quotidien pour Shimonoseki avait quitté la gare de Tokyo — sous son dôme dont il ne restait plus que la carcasse de fer — que restait-il à voir le long de la voie ? Pouvait-on encore appeler cela un paysage ? En dehors d'Atami, presque toutes les zones urbaines assez vastes pour qu'un train express s'y arrête, à commencer par la zone Keihin, n'étaient plus sans exception qu'un amas de ruines. À peine le train traversait-il des terres cultivées d'un vert bucolique, des monts, des plaines ou de larges fleuves enjambés par des ponts de fer, que les décombres réapparaissaient les uns après les autres, ne laissant pas même à l'esprit le loisir de se sentir en voyage.
はじめのうち、乗客たちは、
「いや、これはひどい。東京ばかりのように思っていたが、どうして、どうして」
のび上って眺めたりしていた。半日近くも同じような廃墟の間を走りつづけて来た今、旅客はこの反覆される光景に馴れ冷淡になってしまった。
くたびれが出て、大変長い間眠ったような気分で目がさめたひろ子は、いくらかきまりわるい表情で、前や横で、人々が弁当をひろげはじめているのを見た。ひろ子は時計をもっていなかった。時刻の見当もつかない上、どこまで来ても窓からみる景物のくりかえしは同じだものだから一向東京から出切っていないような、ちぐはぐな目ざめ心地である。
白絹のシャツに巻ゲートルといういでたちの岩畳な骨格の男が、ひろ子の向い側にいた。力仕事で五十過まで稼いで来たという手つきで、竹籠の中から薬ビンを出し、小さいコップに液体をついだ。そして、それを隣りの軍人にすすめている。
Au début, les passagers s'exclamaient en se dressant pour regarder :
« Quel désastre ! Je pensais qu'il n'y avait que Tokyo, mais non, pas du tout ! »
Cependant, après avoir roulé pendant près d'une demi-journée à travers des ruines identiques, les voyageurs, désormais habitués à la répétition de ce paysage, y étaient devenus indifférents.
La fatigue l'ayant gagnée, Hiroko s'éveilla avec l'impression d'avoir dormi une éternité. Elle observa, d'un air un peu gêné, les gens autour d'elle qui commençaient à ouvrir leurs bentô. Hiroko n'avait pas de montre. En plus de ne pas avoir la moindre idée de l'heure, la répétition des paysages par la fenêtre était telle qu'elle se sentait désorientée, comme si, malgré la distance, elle n'avait jamais vraiment quitté Tokyo.
Un homme à la carrure robuste, vêtu d'une chemise de soie blanche et portant des bandes molletières, était assis en face d'elle. Avec les mains d'un travailleur de force qui aut gagné sa vie ainsi jusqu'à la cinquantaine, il sortit un flacon de médicament d'un panier en bambou et versa un liquide dans un gobelet. Puis, il le proposa au militaire assis à côté de lui.
「ひとくち――いかがですか、メチールでないことだけは保証いたします」
上着はぬいで、白シャツだけになっている将官は、
「いや、これはどうも。折角ですがやりませんから……」と、丁寧に辞退した。
「じゃあ――失礼いたします」
うまそうに、その杯をのみほし、更にもう一杯のんで、食事にかかった。細々といろいろの食べものを、いくつかの包みにわけてその竹籠に入れて来ているらしいのだけれども、その反歯で日やけした、眼つきの明るく柔和な男は、決してその包みを竹籠から出して、ひけらかすような食べかたをしない。遠慮がちに、しずかにたのしんでいる。一見して土木請負業と思える万端と、少しかわって特色のある眼つきとそのとりなしとは、ひろ子の興味をひいた。軍人も、弁当をひろげた。それは竹の皮につつんだ三個の握り飯と佃煮と梅干である。若い従卒が、通路の荷物の上にもたれるようにかけていた。その従卒が水筒から茶をついだ茶碗をわたした。白い厚焼の、どこの役所でも使うものであるが、そこに二つの字が入っている、「教・総」と。陸軍で、教・総と云えば、教育総監関係しかないだろう。この軍人は、では、そういう部署の、そういう茶碗を人前でも使う位置にあるものなのだろう。今はぬがれている軍服の上着に肩章も襟章も、もがれてついていなかったことが思い出された。上着には略章のいろいろな色だけがつけられていた。剣も吊っていない。丸腰で入って来た。先着して座席をとっていた若い丸顔の従卒は、挙手の礼はしないで、ただ起立して、その席をゆずった。それらの光景を、ひろ子は東京駅の混雑の裡に思い出すことが出来るのであった。
— Un petit verre… ? Je vous assure, ce n’est pas du méthanol, cela au moins, je vous le garantis.
Le gradé, , qui avait retiré sa vareuse et ne portait plus que sa chemise blanche, déclina poliment :
— Ah, je vous remercie, mais permettez-moi de décliner votre offre… je ne bois pas.
— Dans ce cas... avec votre permission, dit l’homme.
Il vida sa coupe avec délectation, en servit une seconde qu'il but tout aussi sec, puis entama son repas. Dans son panier de bambou, soigneusement rangés dans de petits paquets, il semblait avoir préparé toutes sortes de mets simples mais variés. Sa mâchoire saillante, sa peau hâlée, son regard vif et doux donnaient à ce visage un charme franc. Et jamais il ne sortait ses paquets à la vue de tous, il ne s’étalait pas : il mangeait avec retenue, d’un air tranquille et satisfait. Cette allure, cette manière posée et ces yeux à la fois pleins de franchise et de personnalité éveillèrent l’intérêt d’Hiroko : à le regarder, on songeait immédiatement à un entrepreneur de travaux publics. Le militaire, lui aussi, se mit à manger. Son bentō se composait de trois boulettes de riz enveloppées de feuilles de bambou, d’un peu de tsukudani et de prunes salées. Son jeune attaché d'ordonnance, assis dans le couloir, appuyé contre des bagages, versa du thé d’un bidon dans une tasse blanche épaisse, de celles qu’on trouve dans n’importe quel bureau. Mais deux caractères y étaient inscrits : "Enseign. Gén.". Dans l’armée, ces caractères ne pouvaient signifier qu’une chose : l’Inspection générale de l’instruction militaire. Ainsi, pensa Hiroko, cet officier devait appartenir à ce service — et occuper un poste assez élevé pour oser utiliser devant les autres une tasse portant cet emblème. Elle se souvint alors avoir remarqué, à la gare de Tokyo, que sa veste d’uniforme n’avait ni galons d’épaule ni insignes au col ; seulement des rubans de décoration colorés sur la poitrine. Il n’avait pas de sabre non plus : il était entré désarmé. Le jeune ordonnance au visage rond, arrivé avant lui, s’était levé pour lui céder la place sans même faire le salut militaire. Tous ces détails, observés dans le tumulte de la gare de Tokyo, Hiroko pouvait encore se les remémorer.
三個の六分搗の握り飯は、誰の目にも質素な弁当である。湯呑茶わんについている「教・総」という二つの字、それから推察されるその軍人の地位、それらは質素な弁当を当然に思わせた。
ひろ子は三日前、東北のある町から東京まで戻った。途中若い海軍士官とのり合わせ、彼が車掌と論判し、互に辱しめ合う苦しい情景を目撃した。苦悩が剣相さとなってあらわれている蒼い顔で、その若い士官は論判の後弁当をひろげ、部下にも食えと云ってさし出した。それは、びっくりするほどぜいたくな、世間ばなれのした料理であった。ぜいたくな食いものは、周囲の乗客の注意をひき、一層その若者に反撥させた。若い士官は明らかにそれを自覚していた。が、それが何でわるい、という肩つきで、まずそうに乱暴にそれを平げて行った。
下関近くの、重吉の故郷へ向ってこの列車にのりこんでいるひろ子は、東北から上野へ向って来たとき同様、旅客の中にほんの僅な女の一人旅であった。
東北の中央の町から上野まで、僅か七八時間の短距離を走る列車は、混みようもひどかったし、気分もひどかった。潰走列車としか云いようがなかった。軍関係者、復員軍人、それらの大群集が、それっとばかり、矢庭に担げるだけのものをかつぎ、奪えるだけのものをかきさらって、我がちに乗りこんで来た。互に、あたり憚らず、どたんばでの利得についてしゃべり合っていた。
Ces trois boulettes de riz à base de riz poli à soixante pour cent constituaient, aux yeux de n'importe qui, un repas des plus frugaux. L'inscription « Enseign. Gén. » sur son bol à thé et le rang de ce militaire que l'on pouvait en déduire rendaient cette simplicité parfaitement cohérente.
Trois jours auparavant, Hiroko était revenue à Tokyo depuis une ville du Tohoku. En route, elle s'était retrouvée avec un jeune officier de marine et avait assisté à une scène pénible où celui-ci se querellait avec le contrôleur, chacun cherchant à humilier l'autre. Le visage blême, marqué par une détresse qui lui donnait un air menaçant, le jeune officier avait ouvert son bentô après la dispute et l'avait tendu à ses subordonnés en leur ordonnant de manger. C’étaient des mets d’un luxe stupéfiant, totalement déconnectés de la réalité du monde ordinaire. Cette nourriture somptueuse avait attiré l'attention des voyageurs et n'avait fait qu'accroître leur hostilité envers le jeune homme. L’officier en avait manifestement conscience, mais avec un haussement d'épaules qui semblait dire « et alors ? », il avait brutalement englouti ce repas dont il ne semblait même plus goûter la saveur.
À présent, à bord de ce train qui l'emmenait vers la ville natale de Jūkichi, près de Shimonoseki, Hiroko était, tout comme lors de son trajet du Tohoku vers la gare d'Ueno, l'une des très rares femmes à voyager seule parmi les passagers.
Le train qui reliait le centre du Tohoku à Ueno, un court trajet de sept ou huit heures seulement, était d'une promiscuité atroce et l'ambiance y était détestable. On ne pouvait le qualifier autrement que de « train de la débâcle » [déroute]. Une foule immense de militaires et de soldats démobilisés s'y était engouffrée, chacun pour soi, emportant tout ce qu'il pouvait porter et raflant tout ce qu'il pouvait voler. Sans gêne, à voix haute, ils parlaient des avantages qu’ils avaient arrachés dans le chaos du moment, se vantant de leurs gains impromptus.
三日のちがいだが、東京という首都を通過して東海道を下るこの列車は、潰走列車ではなかった。八月十五日以来の第二段の後始末のために、動いている人々、そういう感じの旅客たちであった。かきさらえるものをさらってその場を見すてようとしている人々ではなくて、この旅の行きつく果に、それぞれ日本の新しい情勢によってひきおこされた課題をもっている人たち。そういう空気であった。
ひろ子の隣りに白い病衣をつけた傷痍軍人がのり合わせた。左脚が、太腿から切断されていた。下賜の義足が入っているという大きな木箱を、日傭人足のような男がかついで乗りこんだ。離ればなれに、病衣の人が三四人のりこんだが、看護婦も看護卒もついて来ていなかった。まだ自分の不自由さに馴れないそのひとは、自分が一つよろける毎に、や、すみません、と口に出した。この人は干パンを弁当として食べている。
この傷痍軍人と「教・総」とは真向いであった。京大の農学部を卒業して、九州の鉱山統制会社に勤めているという壮年の片脚を失った人は、パンをかじりながら、快活に北支で負傷した当時のことや、陸軍病院一ヵ年半の生活、終戦以後の滅茶滅茶ぶりを話した。
「看護兵なんか、何も知っちゃいないんです。だから自分たちは、オイ、ヨーチン、ヨーチンてってからかったもんです」
そう云って笑いながら、ワールド・カーレント・ニュースという英字雑誌の巻いたので丈夫な方の腿をたたいた。
Alors que ces deux voyages n'étaient séparés que de trois jours, ce train qui descendait la ligne du Tōkaidō après avoir traversé Tokyo n'était pas un « train de la débâcle ». Les passagers donnaient plutôt l’impression d’être des gens déjà engagés dans la seconde phase des démarches et des réorganisations consécutives au 15 août. Ce n’étaient plus ceux qui, arrachant ce qu’ils pouvaient emporter, fuyaient les lieux du désastre, mais des personnes qui, chacune à leur manière, se rendaient vers un but imposé par la nouvelle situation du Japon. Telle était l'atmosphère qui régnait.
À côté de Hiroko s'installa un mutilé de guerre en tenue d'hôpital blanche. Sa jambe gauche avait été amputée à partir de la cuisse. Un homme aux allures de journalier monta à bord en portant une grande caisse en bois contenant, disait-on, la prothèse offerte par l'Empereur. Trois ou quatre autres blessés en tenue d'hôpital étaient montés séparément, sans être accompagnés ni d'infirmières ni d'infirmiers. L'homme assis près d'elle ne s'était pas encore habitué à son infirmité : à chaque déséquilibre, il murmurait "Ah, pardon…" Pour tout repas, il mangeait des biscuits de ration (kanpan).
Ce mutilé faisait face à l'officier de l'«Inspection Générale». C'était un homme d'âge mûr, diplômé de la faculté d'agronomie de l'Université de Kyoto et employé dans une compagnie de contrôle minier à Kyushu. Il racontait avec entrain, tout en grignotant ses biscuits, ses blessures en Chine du Nord, ses dix-huit mois passés dans les hôpitaux militaires et le chaos total depuis la fin de la guerre.
« Les infirmiers n'y connaissaient absolument rien. Alors on les charriait en les appelant "Hé, l'iode ! Hé, la teinture d'iode !" »
Tout en riant, il tapotait sa cuisse valide avec un exemplaire roulé du World Current News, un magazine en anglais.
「いや、どうか自信をもって生きて下さい。脚の片方ぐらいなくたって、人間は幸福になれるんだという信念で、明るく生きて下さい。決して卑下するんじゃありません。わたしもこの年までいろいろな経験をして来たが、これだけはお願いしておきます」
そう、白絹のシャツが改って云った。
「奥さんに対してなおってもね、ひがむことは禁物です。あなたがそれに負けはじめたら、万事休しますよ。奥さんにはもちこたえられなくなります。これも経験ですが」
それを云うのは、「教・総」ではなくて、荒削の相貌だが眼のなかには精神の動きが見えている白絹である。
ひろ子は、こまかい紺絣のもんぺ姿で、昔の女学生用編上靴をはいている。ひろ子が、のり巻の握飯をたべ終るころ、白絹と「教・総」とはくつろいで話しあっていた。
「満州では、何の御事業でした? 軍関係ですか」
「そうです。が、なあにほんのちょいとしたことでして――」
— Non, surtout, ayez confiance en vous, dit l’homme à la chemise de soie blanche, reprenant un ton plus solennel. Même avec une jambe en moins, il faut croire que l’on peut encore être heureux. Vivez avec cette conviction, dans la clarté et la dignité. Ne vous rabaissez jamais. J’ai vécu, moi aussi, bien des expériences jusqu’à mon âge, mais ceci, je vous le demande du fond du cœur : gardez cette confiance.
— Même avec votre femme, continua-t-il, il ne faut pas céder à l’amertume. Le jour où vous commencerez à vous laisser aller à ce sentiment, tout sera perdu. Votre femme ne pourra plus tenir. Croyez-en mon expérience.
Celui qui parlait ainsi n’était pas l’officier de l' "Inspection générale" mais l'homme à la chemise de soie aux traits rugueux, mais dont le regard trahissait une vive activité intellectuelle.
Hiroko, vêtue d'un monpe de coton bleu marine à fins motifs kasuri, portait de vieilles bottines à lacets comme en utilisaient autrefois les étudiantes. Alors qu'elle finissait ses boulettes de riz enveloppées d'algues nori, l'homme à la chemise de soie et l'officier discutaient désormais sur un ton plus décontracté.
— En Mandchourie, interrogeait le militaire, quelle était donc votre activité ? Étiez-vous rattaché à l'armée ?
— Oh, rien de bien important… répondit l’homme à la chemise blanche, avec modestie.
しかし共通な知り合いの軍人の噂が出ると、
「ふーむ。あれをお知りですか、そうでしたか」
おのずから、自分が満州でもっていた環境を「教・総」にさとらせてゆく。白絹はそういう会話のこつを心得ていた。
「教・総」は、やがて日本皇太子史論という小冊子をとりあげた。が、実際に読んでいる間はごく短かった。視線はじき頁から離れ、上向き加減にもたげられた二分刈頭、閉じられた瞼。その卵型茶色の小心律気な老年に近い顔には、能面のように凝固した表情があらわれた。唇は、その能面の上におかれた一本の短い色のさめた糸のきれはしのようになった。内心に一つの渦があって、外界の刺戟がゆるむと、忽ち全存在がその渦巻の中心へと吸いよせられる。そういう気配が感じられた。そしてその能面の表情には、微塵も明日の閃きが感じられなかった。
名古屋を過ると、通路まで汗と塵にまみれた復員者とその荷物で溢れて来た。
はじめ元気に冗談も云っていた片脚の傷痍軍人は、列車が次第に目的地へ近づくにつれて何となし沈みがちに落付きを失って来た。京都に妻子が疎開していた。二年ぶりで帰る体を先ずそこに休めようという計画なのであった。
Mais, dès qu’ils en vinrent à parler d’un officier qu’ils connaissaient tous deux,
— Ah… vous le connaissez ? Vraiment ?
Alors, presque sans en avoir l’air, l’homme à la chemise de soie blanche laissait deviner à l’officier de l'« Inspection Générale » le milieu qu’il avait fréquenté en Mandchourie. Il savait y faire.
Bientôt, l'officier se saisit d'une brochure intitulée Essai historique sur le prince héritier du Japon. Mais il ne lut en réalité que très peu de temps. Son regard se détacha vite des pages ; sa tête aux cheveux tondus de près se releva légèrement, les paupières closes. Sur ce visage ovale et brun, marqué par la vieillesse et une rigidité scrupuleuse, apparut une expression figée, semblable à celle d'un masque de Nô. Ses lèvres ne semblaient plus qu'un court morceau de fil décoloré posé sur ce masque. On aurait dit qu’un tourbillon intérieur l’absorbait tout entier : dès que cessait la stimulation extérieure, toute son existence semblait aspirée vers le centre de ce vortex muet. Dans cette expression de masque de Nô, on ne percevait pas la moindre étincelle d'avenir.
Une fois Nagoya passée, le couloir du train se remplit jusqu’à saturation de soldats démobilisés, couverts de sueur et de poussière, et de leurs bagages entassés.
Le mutilé à une jambe qui, au début, plaisantait de bon cœur, perdit peu à peu son calme et s'assombrit à mesure que le train approchait de sa destination. Sa femme et ses enfants avaient été évacués à Kyôto. C’était là qu’il comptait, pour la première fois depuis deux ans, se reposer et reprendre haleine avant de rentrer chez lui.
「電報がうまくついていればいいんだが――」
ひろ子をかえりみて、
「この節の電報は二日じゃあぶないでしょう」ときいた。
「よっぽど工合がよくないとね」
東北の町から、鮎沢のうちへ打った電報は、ひろ子が到着して、次の日まで逗留している間にさえ配達されなかった。
「弱ったな。荷物さえなけりゃ何とかなるんだが」
網棚の上の大きい義足の木箱を見上げた。
「お降りになるとき位、みんながお手つだいしますよ。駅のひとだって放っておかないんだし。――荷物は一時あずけにして、あとからとりに来ておもらいになれば」
「どうもすみません。じゃ、そうでもするか」
頭へ一寸手をやって、神経質に笑った。
「何しろ、はじめて社会へ出たもんで――これで病院にいた間は、同じような野郎ばっかりですから、何の脚一本ぐらいっていうわけで、物凄い景気なんですが……どうも」
すこし落付きをとり戻したように、煙草に火をつけた。
「段々案外の不自由が出て来るもんでしてね。私には五つになる坊主があるんですが、片脚ちょんぎられた体では、もうその坊主を立って抱いてやるということが出来ないんです」
— Pourvu que le télégramme soit bien arrivé…
Se tournant vers Hiroko, il demanda :
— En ce moment, les télégrammes, il leur faut bien deux jours pour arriver, non ?
— Il faudrait vraiment que tout fonctionne à merveille, répondit-elle.
Hiroko repensa au télégramme qu'elle avait elle-même envoyé d'une ville du Tohoku chez les Ayuzawa : il n'avait pas été livré, même après son arrivée et une nuit passée sur place.
— C’est bien ma veine. Si seulement je n’avais pas ces bagages, je pourrais encore m’en sortir ...
Il leva les yeux vers le grand coffre de bois contenant la jambe artificielle, posé sur le filet à bagages.
— Tout le monde vous aidera au moment de descendre, le rassura Hiroko. Le personnel de la gare ne vous laissera pas ainsi. Vous n'aurez qu'à laisser vos bagages à la consigne, et quelqu'un pourra venir les récupérer plus tard.
— Merci beaucoup… je crois que je vais faire ça, dit-il en portant nerveusement la main à sa tête, esquissant un sourire forcé.
— C'est que... c'est la première fois que je me retrouve en société. À l'hôpital, on n'était qu'entre types dans le même état, alors on faisait les fiers : « Qu'est-ce qu'une jambe de moins, après tout ? ». On affichait un moral d'acier, mais là... enfin...
Il sembla retrouver un peu de calme et alluma une cigarette.
— On réalise peu à peu que les obstacles sont bien plus nombreux qu'on ne le pensait. J'ai un petit garçon de cinq ans, mais avec cette jambe coupée, je ne peux même plus rester debout pour le prendre dans mes bras.
小さい息子に対して、自分のやりたい方法で可愛さが表現出来ないことを悲しんでいるこの片脚の人の言葉のかげに、ひろ子は、一層微妙に、妻への様々の思いが湧いていることを察した。ひろ子は、心からのはげましをこめて云った。
「お子さんは、坐ったまんまだって、高い高い、でもして上げれば、それこそ有頂天よ。お母さんでは、もう五つの坊やは、高い高い、出来ないんですもの」
すこし間をおいて、重ねて、
「ほんとに、御心配なさらないことです」
と云った。
「愛情は変通自在なんですもの、本当にどうにだってなるんですもの」
愛するということにきまった形しかないものなら、重吉とひろ子とは、どうやって十二年の間、夫婦のゆきかいを保って来られただろう。ひろ子はこの不幸な人の弱気を、うしろから押すようなこころもちでそう思った。二人の幼い息子をのこして義弟の直次に戦死された若いつや子は、形の上で断絶された愛を、これからどうやってもち越していったらいいのだろう。戦争にひき出され不具にまでされた上、愛する確信さえ失うとしたら、人の一生として、きりこまざかれかたがひどすぎる。剛毅を。剛毅を。ひろ子は、それが湧き出ずる清水ならば手にすくって、その人の口から注ぎこみたいように感じた。
Dans les paroles de cet homme estropié, qui souffrait de ne pouvoir exprimer comme il le voudrait sa tendresse envers son jeune fils, Hiroko devina, de façon plus subtile encore, tout un flot de sentiments mêlés à l’égard de son épouse. Elle lui dit alors, avec une chaleureuse bienveillance :
— Même si vous restez assis, vous savez, si vous le faites “voler haut, très haut” sur vos genoux, votre petit sera fou de joie ! Une mère ne peut plus porter ainsi un petit garçon de cinq ans.
Puis, après un léger silence, elle ajouta :
— Vraiment, ne vous en faites pas. L’amour, voyez-vous, se transforme à l’infini. Il trouve toujours un chemin, d’une manière ou d’une autre.
Si l'aimour n'avait pu prendre qu'une seule forme immuable, comment Shigeichi et elle auraient-ils pu, pendant douze années, préserver et nourrir leur lien conjugal malgré la séparation et la distance ? En pensant ainsi, Hiroko sentit en elle la volonté ferme de soutenir discrètement le courage de cet homme découragé. Et sa pensée alla vers Tsuyako, la jeune femme de son beau-frère Naoji, mort au front, laissant derrière lui deux enfants en bas âge : comment allait-elle, elle aussi, porter désormais cet amour brisé ? Être entraîné dans la guerre, en revenir mutilé, et devoir en plus perdre la certitude d'aimer... ce serait une façon trop cruelle de voir une vie humaine ainsi mise en pièces.
De la résolution… oui, de la force intérieure ! pensa Hiroko. Si cette énergie pouvait jaillir comme une eau claire, elle aurait voulu la recueillir dans ses mains et la verser doucement entre les lèvres de cet homme.
もう小一時間で京都に着くというとき、片脚の人は、ふと改った口調になって、向い側の「教・総」に云った。
「自分は、京都で下車いたしますが、一つ何か、記念になるお言葉を頂きたいと思います」
腕組みをしていた「教・総」はそう云われた途端、ほんのりとその顔を赧らめた。それは、能面になっているときの顔とはまるでちがって、好人物らしい、はにかんだ表情があった。
「自重して暮して下さい」
考えながらおだやかに、そう云った。
「そして、勉強する。む、勉強する。何より勉強が大切だ」
「ありがとうございます」
列車はその時小さい丘の裾をめぐって走っていた。列車のまきおこす突風で、野草がゆられ、萩の花がなびくのが見えた。
やがて又、片脚の人が言をついだ。
「どういうもんでしょう。こういう情勢になりましたから国体論というような本は、みんな、かくしておかなけりゃいけないもんでしょうか」
ひろ子は、駭きをもって、その質問をきいた。
Alors qu’ils n’étaient plus qu’à une petite heure de Kyoto, l’homme à la jambe coupée prit soudain un ton solennel pour s'adresser à l’officier de l’« Inspection Générale » en face de lui :
— Je vais descendre à Kyoto, mais j’aimerais que vous me dites quelque chose, une sorte de précepte que je garderai en mémoire.
Entendant cela, l’officier, qui se tenait les bras croisés, rougit légèrement. Son expression était alors tout autre que celle de son « masque de Nô » ; il affichait désormais le visage timide d’un brave homme.
— Vivez avec dignité en prenant soin de vous, dit-il calmement après avoir réfléchi. Et puis, étudiez. Oui, étudiez. Rien n’est plus important que l’étude.
— Je vous remercie infiniment.
À ce moment-là, le train contournait le pied d’une petite colline. Sous la bourrasque soulevée par le convoi, on voyait les herbes folles s’agiter et les fleurs de lespédice onduler au vent. Bientôt, l’homme à la jambe coupée reprit la parole :
— Dites-moi, avec la tournure que prennent les événements, ces livres traitant de l’essence de la nation [kokutai-ron] ... faut-il tous les cacher désormais ?
Hiroko fut très étonnée par cette question.
あのときはああいう本をかくし、今は又こういう本をかくす、という風にすぐ気がまわるほど日本人を卑屈にしたのは、何ものであるのだろう。
質問は「教・総」にとっても思いがけなかったらしく、意外そうな顔をもたげたが、暫くして武骨に答えた。
「われわれは飽くまで国体護持に終始する」
片脚の人は、「は」というような言葉で挨拶して、それなり黙りこんでしまった。それは片脚の人にとってほしい答えでなかったことは明かであった。そうかと云って、信念として、しかも「われわれ」の信念としてそう云われた言葉を、片脚の人は、どう押し返すことが出来たろう。同じ歴史の頁の上に顔を見合わせながら、互に扶けるどんな力もなくなったものとして、二人の間にはそれぎり言葉が途絶えた。
全く黙りこんでしまった片脚の人は、いよいよ家族に遭う時が迫れば迫るほど、不安が胸にこみあげて来た風で、うなだれたままになってしまった。そして京都駅に列車が止ったとき、心配そうにいそがしく出迎の人をプラットフォームの上に求めながら、松葉杖を鳴らして降りて行った。大阪駅へついた。ここで、「教・総」とその若い従卒とが降りた。白絹は、わざわざ車窓から首を出して、焼けのこってはいるが、薄暗いプラットフォームを見ていた。やがてその首をひっこめて座席へ腰をおろしながら、
「大勢迎えに来ていますよ、なかなか大したものらしい。将官級ですナ」
Quelle puissance avait bien pu rendre les Japonais si serviles pour que leur esprit en vienne immédiatement à cette conclusion : cacher ces livres-là autrefois, et cacher ceux-ci à présent ?
La question sembla prendre l'officier de l'« Inspection Générale » au dépourvu. Il leva un visage surpris, puis, après un instant, répondit d'un ton brusque :
— Nous resterons fidèles, jusqu’au bout, à la préservation du Kokutai.
L’homme unijambiste se contenta d’un « Ah... » évasif en guise de salut, puis s'enferma dans le silence. Il était manifeste que ce n'était pas la réponse qu'il espérait. Et pourtant, comment aurait-il pu contester des paroles prononcées avec une conviction profonde — et, qui plus est, la conviction d'un « nous » collectif ? Face à cet effondrement du dialogue — ces deux hommes, côte à côte sur une même page de l’Histoire, mais déjà incapables de se tendre la main —, le silence tomba entre eux, définitif.
Plongé dans un mutisme total, le mutilé semblait de plus en plus envahi par l'anxiété à mesure que le moment de retrouver sa famille approchait ; il resta la tête basse. Lorsque le train s’arrêta en gare de Kyoto, il descendit dans le vacarme de ses béquilles, cherchant sur le quai, d'un regard inquiet et fébrile, ceux qui venaient l'accueillir.
Le train atteignit ensuite la gare d'Osaka. C'est là que l'officier et son ordonnance descendirent. L’homme à la chemise de soie passa la tête par la fenêtre pour observer le quai sombre et à moitié calciné.. Il finit par se rasseoir et déclara :
— Il y a un monde fou pour l'accueillir. Ce doit être un personnage d'importance. Sans doute un grade de général, n’est-ce pas ?
そして声をおとし、
「大部責任の重い地位らしくて、自決の決意を洩して居られました」
白絹が、その軍人に対して万事ひかえめに応対していたこころもちの原因が、わかった。
「さて、ここまではいいとして、これからがことですよ、山陽線は実にひどうござんすからね、先ずおくれずに行くことはないんだから」
ズボンのポケットから時計を出し、ゆっくり見てから、どこやら解放されたという表情で、大きく、のびのびと伸びをした。
ひろ子の乗っている車室は電燈の故障で、大阪駅を出てからは、真暗闇のまま疾走した。
折々通過する小駅の灯かげが暗い車内にサッとさしこむとき、混雑した荷物のでこぼこや人影が黒く浮き上った。わきの窓はこわれていてガラスがなかった。
Puis, baissant la voix :
« Il semble qu'il occupait un poste de haute responsabilité ; on m’a même dit qu’il avait laissé entendre son intention de se donner la mort.»
Hiroko comprit alors ce qui justifiait la retenue dont avait fait preuve l’homme à la chemise de soie blanche dans ses rapports avec ce militaire.
« Enfin, jusque-là, tout va bien. C’est maintenant que les choses se corsent : la ligne Sanyō est dans un état déplorable, vous savez. Pas un train qui n’ait du retard ! »
Il sortit une montre de la poche de son pantalon, la consulta lentement, puis, affichant un air de soudaine délivrance, il s’étira de tout son long, avec lenteur.
Le compartiment où se trouvait Hiroko, privé d'éclairage à cause d'une panne, filait à toute allure dans l’obscurité totale depuis le départ de la gare d'Osaka.
Par moments, la lueur d'une petite gare qu'il traversait s’engouffrait brusquement dans le wagon sombre, faisant ressortir en ombres chinoises le relief des bagages entassés et les silhouettes humaines. La fenêtre d'à côté était brisée ; il n’y avait plus de vitre.
重吉の母の登代が暮している町は、瀬戸内海に沿って、もとは山陽線本線がずっと迂回して通っていた場所にあった。現在の本線は、その北を直線に徳山市へのびている。
東京駅の案内所でしらべたとき、下関行急行は朝の四時すぎ岩国へつく筈であった。そこで、支線にのりかえるのが順序と教えられた。
これまで幾度かその田舎の町へ来たとき、ひろ子は、広島でのりかえるのが習慣であった。待合所の食堂でたべた牡蠣の香ばしさも、名産レモンの黄色いすがすがしさも忘れていない。しかも、直次の三十四歳の生涯は広島で終らせられた。せまい町筋に大通りが多い広島市街の光景と、海に注ぎ入る河に架っている橋々も目にのこっている。
窓ガラスも電燈もない真暗な汽車の中で、眠ったりさめたりしているうちに、ひろ子は広島でのりかえて見たい気になった。
La petite ville où vivait Toyo, la mère de Jūkichi, se trouvait sur la mer intérieure de Seto, à un endroit où la ligne principale Sanyō faisait autrefois un long détour. Aujourd'hui, la ligne principale s'étire en ligne droite plus au nord, vers la ville de Tokuyama.
D’après les renseignements pris au guichet de la gare de Tokyo, l’express pour Shimonoseki devait arriver à Iwakuni un peu après quatre heures du matin. On lui avait indiqué que c’était là qu’il fallait normalement prendre la correspondance pour la ligne secondaire.
Pourtant, lors de ses précédents voyages vers cette petite ville de province, Hiroko avait l’habitude de changer de train à Hiroshima. Elle n’avait oublié ni le fumet des huîtres dégustées au restaurant de la salle d'attente, ni la fraîcheur jaune et vive des citrons, la spécialité locale. Et surtout, c’était à Hiroshima que la vie de Naotsugu avait été fauchée, à l’âge de trente-quatre ans. Elle gardait encore en mémoire le paysage urbain de Hiroshima, ses rues étroites bordées de larges avenues, et ses ponts enjambant les rivières qui vont se jeter dans la mer.
Dans l’obscurité totale du train sans vitres ni lumière, entre sommeil et éveil, Hiroko se prit peu à peu d’un désir obstiné : celui de descendre à Hiroshima et d’y changer de train une fois encore.
白絹も、広島でのりつぐのであった。
「どうです、あなたも降りられるんなら、そろそろ出ていましょうか」
通路に寝ひろがっている人々をまたぎ、膝をついてやっと大荷物の上を越し、リュックを背につけたひろ子は出入口のドアのところまで辿りついた。洗面所の中にも、接続板の上にも、ステップにさえ外向きに腰かけて、荷物と人が、女まじりに立ったり、しゃがんだりしてうとうとしているのであった。
夜が白みかけていた。雨降りで、濡れた灰色の外光の中に、つい近くを松林や草堤がぼんやり眠たげにすぎてゆく。
雨は長降りになりそうな降り工合である。
いくらか上り勾配にかかった様子で列車の速力が落ちた。そのうちスーと停ってしまった。
「妙なところで止るじゃないか」
白絹が不安そうに顔を動かして云った。
L’homme à la chemise de soie blanche devait lui aussi prendre sa correspondance à Hiroshima.
« Qu’en dites-vous ? Puisque vous descendez là vous aussi, si nous commencions à nous avancer ? »
Enjambant les passagers affalés tout au long du couloir, se hissant à genoux pour franchir tant bien que mal d’énormes tas de bagages, Hiroko, son sac sur le dos, parvint enfin jusqu'à la porte de sortie. Là, jusque dans le cabinet de toilette, sur les plaques de liaison entre les wagons et même sur les marchepieds où ils s'étaient assis face à l'extérieur, des gens — des femmes parmi eux — et des paquets s'entassaient, debout ou accroupis, somnolant.
L'aube commençait à poindre. Sous une pluie fine, dans la lumière grise et mouilléeée du dehors, des bois de pins et des talus herbeux tout proches défilaient avec une lenteur léthargique.
À voir l'allure de l'averse, la pluie semblait partie pour durer longtemps.
Le train ralentit, comme s'il abordait une légère pente. Puis, dans un glissement, il finit par s'immobiliser tout à fait.
« Il s’arrête dans un endroit bien curieux, tout de même », dit l’homme à la chemise de soie blanche en tournant la tête d'un air inquiet.
「広島まで、もう何分ぐらいですかな」
「まだよっぽどだアな。三本松にかかったばかりだから――一時間の余あらあ」
「早く出て来すぎたかな、こりゃあ」
がくん、と汽車は動き出した。徐行して、そろそろ普通の速力を出すかと思う時分、つよい排気の音をたてて又ズルズルそのまま止ってしまった。
「どうしたんだ、故障か。いい加減にしろよ」
白縮のシャツの上から腹巻をした、三十がらみの男が戦闘帽を後へずらしてかぶった頭をつき出して、線路の前方を眺めた。
「三本松じゃ、汽罐車がうしろへもう一台つくんだ。いつもそうだよ」
列車は、松の生えた低い堤の前にとまっていた。土堤の下草が繁っている。しめっぽい小雨の中へ、二三人男がとび下りて行って小便をした。
列車は、いつになっても動き出す様子がない。ひろ子は肩からリュックをおろして、窮屈な足もとにおいた。白絹も荷物をおろした。
そして時計を出して見た。
「これじゃ仕様がない、もう二時間もおくれちまった」
— Encore combien de temps jusqu’à Hiroshima, à votre avis ?
— On en est encore loin ! On vient juste d’attaquer Sanbonmatsu... Il y en a pour plus d’une heure.
— On est peut-être sortis (du wagon) un peu trop tôt, alors.
Dans un grand cahot, le train s’ébranla. Mais alors qu’il avançait au ralenti et qu’on pensait qu'il allait enfin prendre sa vitesse de croisière, il émit un puissant bruit d’échappement et finit par s’immobiliser de nouveau dans un glissement poussif.
— Qu’est-ce qui se passe ? Une panne ? C’est pas bientôt fini, ces bêtises ? Un homme d’une trentaine d’années, portant une chemise de coton blanc et une ceinture de flanelle haramaki, la casquette de combat repoussée en arrière, passa la tête dehors pour scruter la voie devant eux.
— À Sanbonmatsu, on ajoute toujours une autre locomotive à l’arrière. C’est comme ça à chaque fois.
Le train était à l'arrêt devant un talus peu élevé où poussaient des pins. Les herbes folles foisonnaient au pied de la digue. Dans la petite pluie moite, deux ou trois hommes sautèrent sur le ballast pour aller uriner.
Toujours aucun signe de départ. Hiroko enleva son sac à dos et le posa à ses pieds, dans l'espace exigu. L’homme à la chemise de soie fit de même avec ses bagages. Puis, consultant sa montre, il dit d’un ton résigné :
— Il n'y a rien à faire, on a déjà plus de deux heures de retard.
それに答えるものがなかった。ひろ子に半分、自分の荷物に半分、もたれかかるようにして、こわい真直な髪を真中からわけた朝鮮の若者が立ったまま眠っている。そのうしろに丸まって、腕に顔を伏せている若者も朝鮮人であった。次の車室からそこまで溢れ出している旅客は殆どみんな朝鮮の人たちである。
となりの車室も、電燈がついていず、外界が、ぼんやり白みかけて来ているので一層車内にこもる夜の暗さが濃く深く思える。しかし、その暑苦しい暗闇の中はひどく賑やかであった。
愉快そうに入りまじった男や女の高声がしていて、どの声も喉音や吃音のまじった朝鮮の言葉でしゃべっている。一切の世帯道具をもって、今や独立しようとしている故郷の朝鮮へ引あげてゆく人たちの群である。
こっちの車室は、一様にくたびれ、眠たく朦朧の中に陰気にしずまりかえっている。二輌の車のつぎめに立っているひろ子に、そのちがいは、いかにもきわだって、体の両側から感じられた。朝鮮までの旅と云えば、まだまだ先が長い。気をせくことはいらない。そうにちがいないけれども、その暗闇のうちに充満している陽気さには、何とも云えないのびのび充実した生活の気分があった。この人々は、絶えず何かを食べ、絶えずしゃべり、夜なかじゅうそうして旅行して来ている横溢が感じられるのであった。つよくこころをひきつけられて、ひろ子は精力的な、乱雑ながやがやに耳を傾けた。
Personne ne répondit à sa remarque. À moitié appuyé sur ses bagages et à moitié sur ceux de Hiroko, un jeune Coréen, aux cheveux raides et drus séparés par une raie au milieu, dormait debout. Derrière lui, un autre jeune homme, lui aussi coréen, s'était recroquevillé, le visage enfoui dans ses bras. Presque tous les passagers qui refluaient depuis le compartiment voisin jusqu'à cet endroit étaient des Coréens.
Dans ce compartiment adjacent non plus, il n’y avait pas de lumière ; et comme le monde extérieur commençait vaguement à blanchir, l'obscurité nocturne qui stagnait à l'intérieur du wagon semblait n'en être que plus dense et plus profonde. Il régnait pourtant, dans ces ténèbres étouffantes, une animation extraordinaire.
Des voix fortes d'hommes et de femmes s'y mêlaient joyeusement, et toutes s'exprimaient en coréen, avec ces sonorités gutturales et saccadées propres à leur langue. C’était une foule de gens qui, emportant avec eux tous leurs effets domestiques, s'en retournaient vers leur patrie, cette Corée désormais sur le point de devenir indépendante.
Le compartiment de Hiroko, au contraire, était uniformément accablé de fatigue, plongé dans un silence morne et une somnolence hébétée. Debout à la jonction des deux wagons, Hiroko ressentait ce contraste de manière saisissante, le percevant de chaque côté de son propre corps. Certes, si l'on songeait au voyage jusqu'en Corée, le chemin était encore bien long. Rien ne servait de se presser. C’était sans doute vrai, et pourtant, dans la gaieté qui emplissait cette obscurité, flottait un sentiment de vie indescriptible, à la fois libre et plein. On sentait chez ces gens une vitalité débordante : ils n'avaient cessé de manger, n'avaient cessé de parler, voyageant ainsi durant toute la nuit. Profondément fascinée, Hiroko écoutait avec attention ce brouhaha énergique et désordonné.
薄くらがりでじっと動かないひろ子を居睡りしているものと思って、白絹が声をかけた。
「あぶないですよ、眠られると――」
「ありがとう。――大丈夫です」
白絹が行こうとしている村は芸備沿線にあった。そこに弟の家族が住んでいた。娘のようにしている姪も二人いるのであった。
「私もまあ、運がいい方と見えてこれでどうやら無事に一段落だから、一つ弟んところへ行って少し金でもわけてやろうかと思ったりしましてね」
「本当にね、戦さで儲かったお金には、人の命がかかっているんですものね」
ひろ子も率直なもの云いをした。
「全く、ばかみたいなもんでしたなあ、私なんか、ちょいとした工場をやっていただけなんですが、それで一年も経たないうちに、小三十万儲けたんだから。――ばかみたいなもんでした」
白絹はちっとも皮肉でなくそうくりかえした。
Voyant Hiroko immobile dans la pénombre, "Soie blanche" crut qu’elle s’était assoupie et l’interpella :
« C’est dangereux, vous savez, de s’endormir... »
« Merci. Je ne dors pas, tout va bien. »
Le village où il se rendait se situait sur la ligne de chemin de fer Geibi. C’est là que vivait la famille de son frère cadet, avec deux nièces qu’il chérissait comme ses propres filles.
« On dirait bien que la chance est de mon côté ; maintenant que les choses se sont enfin un peu stabilisées, je me suis dit que j’allais faire un saut chez mon frère pour lui donner un peu d’argent. »
« Vous avez raison, l’argent gagné grâce à la guerre, après tout, il est payé de la vie des gens. », répondit Hiroko avec franchise.
« C’était tout bonnement absurde, vous savez. Quelqu’un comme moi, qui ne tenait qu’une modeste usine... et pourtant, en moins d’un an, j'ai empoché près de trois cent mille yens. C’était vraiment insensé » dit-il sans la moindre trace d’ironie.
ひろ子の前にいた、これも朝鮮の男が、そのときこわばった胸をひらくように反らして、外を見上げ、ひょいと線路わきの砂利の上へおりた。
途端にガタンとひどい揺れかたをして汽車がすこし動き出した。幾つもの声があわてて、早く乗れ、という意味だろう、朝鮮語でわめいた。とびついて、その男がのりこむと一緒に、汽車は又ゆすぶれて止って、もう動かなくなった。まわりのものが笑った。
そのとき、隣の車室の薄ぐらい陽気な混雑の中から、少女の澄みとおった一つの声が、突然アリランの歌をうたい出した。
アリラーン
アリラーン
アリラーン 越えてゆく…………
メロディーをゆったりと、そのメロディーにつれて体のゆれているのも目に浮ぶような我を忘れてうちこんだ声の調子でうたい出した。それにかかわりなく男女の話声は沸騰していて、間に年よりらしい咳や笑声が交る。
Un Coréen, assis en face de Hiroko, se redressa alors, comme pour libérer une poitrine contractée, leva les yeux vers l’extérieur, puis sauta d’un bond sur le ballast au bord de la voie.
Au même instant, le train eut un violent soubresaut et se remit à avancer un peu. Plusieurs voix paniquées hurlèrent en coréen ce qui devait signifier : « Vite, remonte ! » L'homme bondit à l'intérieur et, au moment même où il s'engouffrait, le train fut à nouveau secoué avant de s'immobiliser tout à fait. Les passagers autour de lui éclatèrent de rire.
C'est alors que, du tumulte sombre et joyeux du compartiment voisin, s'éleva soudain la voix limpide d'une jeune fille entonnant le chant d'Arirang.
Arirang, Arirang, Arirang... franchissant le col...
Elle chantait la mélodie sur un rhytme lent, avec une ferveur telle que l'on pouvait presque imaginer son corps se balançant au rythme de l'air, oublieuse de tout le reste. Indifférent à ce chant, le brouhaha des conversations d'hommes et de femmes continuait de bouillonner, entrecoupé de rires et de toux de vieillards.
うたでしかあらわされない気持のいい、よろこびの心が、暗くて臭い車内から舞い立っているように少女はアリラーンをうたっている。ひろ子は、しんを傾けてその歌をきいた。ひろ子の見ひらかれた瞳に、まだ動かない列車沿いの堤に生えている松が映った。雨の暁方の鈍い鉛色の外気の中で、松の葉が、漸く黒くほそく見わけられた。
雨の中を、ひろ子は小走りに地下道へ馳けこんだ。広島駅でいくらか元の形をとどめてのこっているのは、その地下道だけであった。一望の焦土というのは形容ではなかった。もうそこは、ひろ子が知っていた広島市でもなければ広島駅でもなかった。駅長事務室が、引込線の貨車の中に出来ていた。なまなましい傷の上に、生活が再建されようとしているのである。駅の見当さえつかなくなって、リュックを背負ったひろ子は地下道の右側の段に突立っている少年駅手にきいた。
「これから岩国へ行く汽車は何時に出るんでしょう」
「六時四十分!」
「六時四十分?」
ひろ子は間誤ついてききかえした。三本松で三時間も不時停車した列車は、ついたときに、七時すぎてしまっている。もう出てしまった列車を教えられるという意地わるさが想像されなかったので、ひろ子は、いぶかしそうに、
Une joie profonde, que seul le chant permet d'exprimer, semblait s’envoler de l’intérieur obscur et malodorant du wagon tandis que la jeune fille chantait Arirang. Hiroko écoutait, tout entière tendue vers ce chant. Dans ses yeux grands ouverts se reflétaient les pins qui bordaient le talus le long du train toujours immobile. Dans la grisaille plombée de l’aube pluvieuse, on commençait enfin à distinguer le dessin sombre et fin des aiguilles de pins.
Sous la pluie, Hiroko se dirigea au pas de course vers le passage souterrain. De la gare d’Hiroshima, c’était bien la seule partie qui, en un sens, conservât encore sa forme d’autrefois. Parler d' « un champ de cendres à perte de vue » n’avait rien d’une exagération. Ce lieu n'était plus la ville ni la gare de Hiroshima que Hiroko avait connues. Le bureau du chef de gare avait été improvisé dans un wagon de marchandises sur une voie de garage. Sur des plaies encore vives, la vie tentait de se reconstruire. Ne parvenant même plus à s'orienter dans la gare, Hiroko, son sac à dos sur les épaules, demanda au jeune cheminot qui se tenait debout sur les marches à droite du passage souterrain :
— À quelle heure part le prochain train pour Iwakuni ?
— Six heures quarante !
— Six heures quarante ?
Hiroko, déconcertée, lui fit répéter. Le train qui était resté bloqué pendant trois heures à Sanbonmatsu n’était arrivé qu’après sept heures. Il lui paraissait inconcevable qu’on puisse, par pure méchanceté, lui indiquer un train déjà parti, aussi le regarda‑t‑elle avec un air dubitatif ...
「六時四十分て――午前?」ときいた。
「六時って云えば、午前だぐらい、ばかでもわかるだろう!」
たった十四五のその少年駅手は左腕がなかった。青服の子供らしく短い片袖が尖った肩から垂直にたれている。片腕のない少年駅手は両脚をはだけて段の上に突立ち、何もかも無くなっている駅で戸惑いながら、ひろ子のように間のぬけた質問をする旅客の一人一人に、復讐的な鋭い悪意の輝いた嘲弄で応酬しているのであった。
壊滅しつくしている市街と駅。そして小さい鬼のような少年駅手。ひろ子は、次の汽車までそこに居たたまれない気がした。また雨の中を馳けて、まだ停っている急行へよじのぼった。
「なあんだ、又のるのかね」
「ええ、岩国まで。――お願いします」
岩国駅で下りて、ひろ子は山裾の方を眺めた。幾条もの線路越しの彼方に遠く生木でこしらえた小屋が一つ見え、そのあたりに駅員の姿がまばらに動いている。ふりかえって、ひろ子は海岸を眺めた。きらめく瀬戸内海の碧さに向って巨大に建て連っていたもとの人絹工場、後の飛行機工場の白い建物や、陸軍燃料廠の棟々は、どこにも見えなかった。地面に大小無数の凸凹穴と、ねじ曲りへし曲げられた鉄骨屑の乱雑な堆積がそこにあった。でこぼこ穴には不潔なたまり水が腐っている。
— Six heures quarante... du matin ? Demanda-t-elle.
— Quand on dit six heures, même un idiot comprendrait que c'est le matin !
Ce jeune cheminot d'à peine quatorze ou quinze ans n'avait plus de bras gauche. La manche courte de son uniforme bleu pendait, verticale, depuis son épaule saillante. Privé d’un bras, il se tenait debout, jambes bien campées, en haut des marches, dans cette gare où tout avait disparu, et répondait aux voyageurs désemparés — comme Hiroko avec sa question naïve — par une ironie tranchante, où brillait une malveillance rancunière, comme une vengeance personnelle.
La ville et la gare totalement anéanties. Et ce jeune cheminot, pareil à un petit démon. Hiroko sentit qu'elle ne pourrait supporter de rester là jusqu'au prochain train. Elle s'élança de nouveau sous la pluie et grimpa à bord de l'express qui n'était pas encore reparti.
— Tiens, vous remontez déjà ?
— Oui, jusqu'à Iwakuni. Je compte sur vous », répondit‑elle.
Lorsqu'elle descendit à la gare d'Iwakuni, Hiroko tourna d’abord les yeux vers le pied de la montagne. Au-delà des multiples rangées de rails, on apercevait au loin une cabane rudimentaire faite de bois vert, autour de laquelle s'agitaient quelques rares employés. Hiroko se retourna pour regarder vers la côte. Les imposants bâtiments blancs de l'ancienne usine de rayonne — devenue plus tard usine aéronautique — et les hangars du dépôt de carburant de l'armée, qui s'alignaient jadis face à l'éclat bleu de la mer intérieure de Seto, avaient totalement disparu. À leur place, le sol n'était plus qu'une succession de cratères de toutes tailles et un amoncellement chaotique de structures métalliques tordues et broyées. Dans les cavités croupissait une eau stagnante et souillée.
給水所附近にあるような脚高の板棧道にひろ子のほか数人の旅客が、次の下りを待っていた。目の前に幾台も汽罐車がひっくりかえっていた。車輪を空へ向けてすっかり腹を見せているのや、なぎ倒されたまま顛覆しているのや、焼け爛れてとけた鉄骨だけのこった貨車、客車が散乱していた。一台の自動車がふっとばされて来て、妙なごたごたの間に逆立ちして突こんだまま、そこで焦げ、エナメルがむけて錆びはじめている。
雨は小やみとなった。濡れるとも云えない軽い雨脚が、リュックにかかった。その板棧道には列車が停る側にきちんと一定の間隔をおいて、何ヵ所にも人糞が落ちていた。掃除もされず、そのまま雨に半ばとけかかっている。
西へ、西へと来て一夜あけたとき、ひろ子の周囲にあらわれた光景のすべては仮借ないものであった。
Sur une passerelle de planches surélevée, semblable à celles que l'on trouve près des points de ravitaillement en eau, Hiroko et quelques autres voyageurs attendaient le prochain train pour le sud. Sous leurs yeux, plusieurs locomotives gisaient renversées. Certaines avaient les roues tournées vers le ciel, exposant totalement leur ventre ; d'autres restaient couchées là où elles avaient été terrassées ; plus loin, des wagons de marchandises et des voitures de voyageurs n'étaient plus que des carcasses de fer fondu et calciné. Une automobile, projetée là par le souffle, s'était encastrée tête la première au milieu d'un étrange chaos ; elle y restait, calcinée, son émail pelant déjà sous la rouille.
La pluie s'était calmée. Un voile léger, qu'on ne pouvait même plus appeler averse, se déposait sur son sac à dos. Sur cette passerelle de bois, du côté où le train devait s'arrêter, des excréments humains étaient éparpillés à intervalles réguliers. Personne n'avait nettoyé ; ils commençaient à se dissoudre, à moitié délayés par la pluie.
Alors qu'elle fuyait vers l'ouest, toujours plus loin vers l'ouest, ce premier lever de soleil révélait à Hiroko un paysage où tout, sans exception, était d'une cruauté implacable.
篠笹の藪と、すこしはなれた高くない山並の間の小駅で降りて、ひろ子は、駅前のひろ場へ出た。
右手に見なれた貨物置場がある。ダラダラと下ったところに往還が通っていて、向う角の消防ポンプ置場も、つき当りの呉服屋も、もとのままある。ひろ子は、安堵と一緒に哀愁を感じた。この前、ひろ子がこの小さい村の町に来たのは、直次に二度目の召集が来たときであった。ひろ子が駅から歩いてゆくと、ポンプ置場の前に一台、ベルの吊られた赤塗手押ポンプがひき出されていて、屈強な若い男たちがそのまわりにかたまっていた。その中に直次がいた。ひろ子を見つけて黙って笑いながらよって来た。今、そのポンプ置場のあたりも森閑として、人影もない。
ひろ子は、人通りのない狭い往還を北に向って歩み出した。半分ガラス戸のしまった理髪店。雑貨屋。精米所。商売をしていない菓子店。旅人宿。そういう店々が両側に一並び軒を連ねている。ひろ子は人通りこそ一人もないが、見えないどこかからか、往還を歩いてゆく自分の紺絣のもんぺ、さきの丸まっちい女学生靴、リュックに目じるしの赤ビロードの布はしが結びつけてあるのまで、すっかり見られていることを感じながら歩いて行った。
Hiroko descendit dans une petite gare nichée entre des fourrés de bambous nains et une chaîne de collines peu élevées, puis déboucha sur la place de la gare.
Sur la droite se trouvait le hangar à marchandises qu’elle connaissait bien. En contrebas d'une pente douce passait la route principale ; au coin opposé, le local de la pompe à incendie et, au bout de la rue, le magasin de tissus étaient toujours là, inchangés. Hiroko ressentit de la mélancolie mêlée de soulagement. La dernière fois qu’elle était venue dans ce petit bourg, c’était lors de la seconde mobilisation de Naotsuji. Elle remontait de la gare, une pompe à bras peinte en rouge et munie d’une cloche avait été sortie devant le local, et un groupe de jeunes hommes vigoureux se pressait autour. Naotsuji était parmi eux. Apercevant Hiroko, il s'était approché d'elle en souriant silencieusement. Aujourd'hui, les abords du local étaient plongés dans un calme de mort ; il n'y avait plus une ombre humaine.
Hiroko se mit à marcher vers le nord sur la route étroite et déserte. Un salon de coiffure aux portes vitrées à demi closes. Une épicerie-bazar. Un mouli à riz. Une confiserie qui ne vendait plus rien. Une auberge de voyageurs. Ces boutiques s'alignaient les unes après les autres de chaque côté de la rue. Bien qu'il n'y eût pas un seul passant, Hiroko marchait avec la sensation d'être épiée depuis quelque part : on scrutait son monpe en coton bleu à motifs, ses chaussures de lycéenne aux bouts arrondis, et jusqu'à la pièce de velours rouge nouée à son sac à dos en guise de repère.
ほんの三四丁で、この往還は出はずれる。そのすこし手前に、重吉の家の土蔵が見えはじめた。土蔵の白壁がすこしはげ落ちている。
ひろ子は、胸がつまって来た。この土蔵の前から往還へ人々と旗とがあふれて、直次の第一回の出征が見送られた。その弟の進三が、母の登代と並んで実直な若者らしい体を正面に向けて入営記念写真をとられたのもこの道の上であった。
タバコ店を出してある方のガラスが閉めきられて、よごれた幕がひいてある。出入口のガラス戸が一枚あいているだけで、その鴨居には、「名誉の家」と木札が出されていた。
「こんにちは――いらっしゃる?」
声をかけながら、ひろ子はそっと店の土間に入って行った。せん来たときは、石炭、豆カス、麦、炭と、俵が積みあげられていた左手の板じきは、奥までがらんと空いている。よごれた柱が幾本も見えて、大きいカンカン量りが、隅っこにおかれている。左官材料のおいてあった反対側の土間もあいていて、脚のもげかかった籐椅子が一脚そこにある。
余り使われている様子もない事務机の端に子供帽子がのっかっている、その店の間も人気なかった。いかにも生活の湧き立つ波はひいたところという寂しさが全身に感じられた。
Quelques centaines de mètres à peine, et la route quittait le bourg. Un peu avant la sortie, le cellier de la maison de Jūkichi commença à apparaître. Le crépi blanc de ses murs de terre s'écaillait par endroits.
Hiroko sentit sa gorge se serrer. C'était devant ce cellier que s’étaient rassemblés, débordant sur la route, les gens et les drapeaux pour saluer le premier départ de Naotsuji au front. C’était aussi sur ce chemin que son autre frère, Shinzō, s’était tenu aux côtés de leur mère Toyo, le corps bien droit comme il sied à un jeune homme intègre, pour la photographie commémorative de son incorporation.
La vitre du comptoir de tabac était close, masquée par un rideau sale. Seule une porte vitrée restait ouverte à l'entrée ; sur son linteau, une plaque de bois portait l’inscription : « Maison de l’Honneur ».
— Bonjour... Y a-t-il quelqu'un ?
Tout en appelant, Hiroko pénétra discrètement dans le vestibule de terre battue. Lors de sa dernière visite, à gauche, sur le plancher où s’empilaient des sacs de charbon, de tourteaux de soja, d’orge et de charbon de bois, tout était plein jusqu’au fond. À présent, tout cet espace était vide. On voyait plusieurs piliers encrassés et, dans un coin, une grande bascule abandonnée. De l’autre côté, là où se trouvaient les matériaux de construction, le sol était également dégagé, occupé seulement par une vieille chaise en rotin au pied cassé.
Une casquette d'enfant était posée sur le coin d'un bureau de commerce qui semblait peu utilisé ; la boutique était déserte. Hiroko ressentit de tout son être la désolation de ce lieu, d'où le flux vital semblait s'être retiré comme à la marée descendante.
ひろ子は細長い土間を仕切っている立てつけのわるい障子をあけた。そこは台所であった。土間も流しもとも片づいて、やっぱり人気がない。直次たちがよく床几にかけて賑やかに忙しく朝飯や昼飯をたべていた板張にもんぺの膝を押しつけてひろ子は奥へ声をかけた。
「みなさん、お留守なの?」
一層声を大きく、
「こんちは」
と呼んだ。
「まア!」
ひょこんと、まるでついそこにいたようにつや子が、前会ったときと大して変ってもいない顔を出した。
「いたの? きこえなかって?」
それには答えず、
「まア! ように!」
つや子は、紺ぽいスカートをひるがえして奥へかけこんだ。
「おばあちゃん! おばあちゃん! 東京から見えてですよ」
すぐ、
「まあ、まあ」
と、心からの声をあげながら登代が出て来た。
Hiroko fit coulisser la cloison de papier mal ajustée qui fermait l'étroit vestibule. C'était la cuisine. Le sol en terre battue comme l'évier étaient parfaitement rangés, mais là aussi, tout semblait désert. Hiroko appuya les genoux de son monpe contre le rebord du plancher où Naotsuji et les autres avaient l'habitude, assis sur des tabourets, de prendre leurs repas dans un joyeux brouhaha ; elle appela vers le fond de la maison :
— N’y a-t-il personne ?
Puis, haussant encore la voix :
— Bonjour !
— Oh !
Surgissant soudain, comme si elle avait été là tout près, Tsuyako apparut, le visage presque inchangé depuis leur dernière rencontre.
— Tu étais là ? Tu ne m'as pas entendue ?
Sans répondre, Tsuyako s'exclama :
— Oh ! Quel plaisir de vous voir !
Elle fit volte-face, faisant tourbillonnant sa jupe bleu foncé, et s'élança vers l'intérieur de la maison.
— Grand-mère ! Grand-mère ! C’est une visite de Tokyo !
Presque aussitôt, Toyo apparut à son tour, s'exclamant d'une voix pleine d’émotion :
— Oh, mon Dieu ! Quel bonheur !
「今ついて?」
「三時間もおくれてしまったもんで……」
「えらいのに、ほんにまア。さあさあ、お上りませ」
ひろ子の一瞥には、母のやつれの方が著しく映った。活気横溢という日頃の表情は母の顔立ちから消えて、絣の着物の肩がすぼけて見えた。
「直次が。のうあんた、ほんにまア、何と云っていいやら」
「電報ついたでしょうか。わたし速達を頂いた翌日立って来たんだけれど……」
「まだ来ん、のう、つや子はん」
「来ちゃ居りません」
つや子の語調はいやにきっぱりしていて、何か、そういう電報は土台うたれもしないものだと云う風にきこえた。
ひろ子は、母やつや子と話しているうちに悲しみよりも深い寂しさを感じて来た。直次の災難が知らされてから、一ヵ月余も経ち、しかも行方も不明、生死も不明というままに、今日では母も妻であるつや子も、直次を生きていない者としてあきらめて来ている。
— Vous arrivez à l'instant ?
— Le train a eu plus de trois heures de retard…
— Quelle épreuve, vraiment... Allez, entrez, je vous en prie.
Au premier regard, Hiroko fut frappée par l'état d'épuisement de la mère. Cette expression d'énergie débordante qui l'habitait d'ordinaire avait déserté ses traits, et ses épaules semblaient s'être affaissées sous son kimono en coton filé.
— Naotsuji... Ah, ma pauvre enfant, je ne sais vraiment plus quoi dire.
— Mon télégramme vous est-il parvenu ? Je suis partie le lendemain du jour où j'ai reçu votre lettre express…
— Non, rien n'est arrivé. N'est-ce pas, Tsuyako ?
— Nous n'avons rien reçu.
Le ton de Tsuyako était d'une netteté étrangement tranchant ; on aurait dit qu'au fond d'elle-même, elle était convaincue qu'un tel télégramme n'avait jamais été envoyé.
À mesure qu'elle parlait avec la mère et Tsuyako, Hiroko fut envahie par une solitude plus profonde encore que la tristesse. Plus d'un mois s'était écoulé depuis l'annonce du drame de Naotsuji ; pourtant, face à sa disparition et à l'incertitude sur son sort, sa mère comme son épouse Tsuyako s'étaient aujourd'hui résignées à le considérer comme mort.
驚愕し、混乱しとりとめなく心当りに問い合わせ、さめざめと悲歎する場面も与えられないまま、直次のいない干潟のようになった生活の日々がこの家にのこされた。母とつや子が小さい二人の息子対手に、商売もなく、人気もなくなった家のなかに暮していて、東京から来たひろ子を見たとき、思わずとりすがって愁歎するそういう気持の激しいはずみさえなくしている。
若いつや子が、涙を一杯ためながらも声の調子を変えず、直次をたずね歩いた時の様子を話すのをききながら、毛穴から汗のにじみ出して来るような苦しさを覚えた。ひろ子はこの状態において、あらわれた助力者という感じでうけとられていない自分を痛切に感じたのであった。
母も、つや子も、くりかえし、くりかえし直次がよく才覚し、よく稼ぎ、よく人に振舞い、よく儲けた手柄を話した。
「ほんに、あの位やわう(柔い)に出来た人間は、たんとないと思いませ」
Sans même avoir eu le droit à l'effroi, au chaos des recherches désespérées ou aux larmes d'un deuil manifeste, cette maison n'avait gardé de l'absence de Naotsuji qu'une existence semblable à une étendue de sable à marée basse. La mère et Tsuyako vivaient là, seules avec les deux petits garçons, dans cette demeure désertée, sans commerce et sans vie ; et lorsqu'elles virent Hiroko arriver de Tokyo, elles n'eurent même pas ce sursaut d'émotion qui les aurait poussées à se jeter à son cou pour s'épancher.
En écoutant la jeune Tsuyako raconter, les yeux pleins de larmes mais la voix monocorde, comment elle était partie à la recherche de Naotsuji, Hiroko ressentit une souffrance telle qu'une sueur glacée lui sembmlait perler par tous ses pores. Elle comprit avec amertume qu'en de telles circonstances, elle n'était pas perçue comme l'alliée providentielle qu'elle aurait voulu être.
La mère et Tsuyako ne cessaient de répéter, encore et encore, combien Naotsuji avait été habile en affaires, combien il avait travaillé dur, s'était montré généreux envers les autres et avait su amasser une belle fortune.
— Vraiment, disait la mère, on ne trouve pas beaucoup d'hommes doués d'une telle bonté.
そして、登代は、
「直次がよう稼いでくれよったから、こういうことになっても、つましゅうすれば何とか子供らを大きくするだけは心配のうやれます」
と云った。しばらくして、登代はいかにも、遠く手たらんものを思い出している風で、
「もうそろそろ重吉はんも、手紙みてじゃありましょう、のう」
と云った。
「そりゃ見てでしょう。どんなにびっくりしていなさるか。早く手紙でもよこせるといいけれど。困るわねえ、ああいうところは。――意地わるい規則があったりして――」
重吉は、治安維持法によって無期を云いわたされた。網走に移されたのはその年の六月であった。母には、巣鴨の拘置所もぐるりがすっかり焼けたので、漠然疎開のように説明してあるのであった。石田の長男である重吉のこころもちとして、父親が中風で床についたきりであった七年の間、それから直次や進三の入営、除隊、父の葬式、応召、婚礼、又出征、初孫の誕生という時々、ひろ子は出来るだけのことはして人々を満足させて来た。東京が焼け原になってしまって何一つ無くなった、ということも、殷賑だった東京と、その店々の印象を大切にもっている母には事実を疑わないまでも実感から遠いことであろう。
Puis Toyo ajouta :
— Naotsugu gagnait bien sa vie ; même si les choses en sont arrivées là, en vivant frugalement, on pourra malgré tout élever les enfants sans trop d'inquiétude.
Après un moment, Toyo ajouta, avec l’air de songer à une main tendue au loin qu'elle ne parvenait pas à saisir :
— Jūkichi aussi devrait bientôt avoir lu ma lettre, n'est-ce pas ?
— Oui, sans doute qu’il l’a déjà lue. Comme il a dû être bouleversé ! Ce serait bien qu’il puisse nous répondre au plus vite. Mais c’est si compliqué, là-bas... avec tous leurs règlements mesquins ...
Jūkichi avait été condamné à la prison à perpétuité en vertu de la Loi de Préservation de la Paix. Il avait été transféré à la prison d'Abashiri au mois de juin de cette même année. On avait vaguement expliqué à sa mère qu'il s'agissait d'une sorte d'évacuation, les alentours de la prison de Sugamo ayant été totalement incendiés.
En tant qu'épouse de Jūkichi, fils aîné des Ishida, Hiroko s'était efforcée de faire tout son possible pour satisfaire la famille durant les sept années où le père était resté cloué au lit par une attaque, puis au fil des événements successifs : l'incorporation de Naotsuji et Shinzō, leur démobilisation, les funérailles du père, leurs mobilisations, les mariages, les nouveaux départs au front et la naissance du premier petit-fils. Que Tokyo ne soit plus qu'un champ de ruines où tout avait disparu était une chose que la mère ne mettait pas en doute, sans pour autant parvenir à en saisir la réalité concrète, et ellle gardait précieusement en elle les images d'une capitale florissante et de ses innombrables boutiques.
ひろ子が、作家として、もう五年の間、小説さえ発表させられない境遇にいるという現実も、ここのひとたちに、もとのように頼りになる者としてでないひろ子を感じさせるであろう。
四歳と二つの男の子たちが、紙風船と、色の塗ってない積木を畳の上にちらかして遊びはじめた。その素木の積木が、その年の九月初め日本橋の三越の玩具部に売っていた唯一の子供たちの遊び道具であった。子供たちに積木してやっているわきの座布団の上に、裾まわし分だけの紺秩父の布地と、ひろ子が母の丸帯を切って来た綾織の布地が、出しっぱなしてあった。ひろ子が東北の田舎からリュックに入れて背負って来た土産のしるしは、こんなものであった。
五時頃、この家から国民学校に通勤している従妹のしげのが帰って来た。しげのが、白い木綿のブラウスに西日をうけながら、裏の新道を小走りにかけ下り台所口へ入って来て、ただいまと云い終るか終らないに、土間にいたつや子が、挨拶にこたえず、
「しげのさん、お風呂の加減みにゃ」
と云いつけた。子供らと遊びながらひろ子は、それをきくと何となしびっくりした。障子のかげで、しげのの姿は見えない。けれども、そういうのが毎日のことになっているらしく、しげのは黙って向う座と呼ばれる小部屋へ荷物をおいてから、また裏へまわって行った。
Le fait que Hiroko, qui vit de sa plume, se trouve depuis déjà cinq ans dans une situation où elle n'a même plus le droit de publier ses romans, devait aussi contribuer à ce que les gens d'ici ne la perçoivent plus comme une personne sur qui on peut compter.
Les deux petits garçons, âgés de quatre et deux ans, se mirent à jouer, éparpillant sur le tatami un ballon de papier et des cubes de bois brut. Ces cubes en bois naturel étaient les seuls jouets que l'on trouvait encore au rayon enfant du grand magasin Mitsukoshi de Nihonbashi, au début du mois de septembre de cette année-là. Sur le coussin à côté de Hiroko, qui aidait les enfants à empiler leurs cubes, restaient étalés un coupon de tissu bleu de Chichibu — juste de quoi faire une doublure de kimono — et une étoffe de serge que Hiroko avait découpée dans l'une des ceintures maru-obi de sa mère. Voilà à quoi se résumaient les cadeaux que Hiroko avait appportés dans son sac à dos depuis la campagne du Tōhoku.
Vers cinq heures, sa cousine Shigeno, qui travaillait à l'école primaire du village, rentra à la maison. Sa blouse de coton blanc accrochant les rayons du soleil couchant, elle descendit à pas rapides la ruelle neuve derrière la maison et entra par la cuisine. Elle n'avait pas fini de dire « Je suis rentrée » que Tsuyako, qui se trouvait dans le vestibule de terre battue, lui lança sans même répondre à son salut :
— Shigeno, va donc vérifier la température de l'eau du bain !
Entendant cela, Hiroko, qui jouait avec les enfants, eut une sorte de sursaut. Elle ne voyait pas Shigeno, qui était cachée par la cloison de papier. Mais la jeune fille semblait avoir l'habitude de ce genre de scène : sans dire un mot, elle déposa ses affaires dans la petite pièce qu'on appelait la « chambre du fond » puis ressortit par l'arrière de la maison.
裏山の茂った杉の梢に、溶けるような美しい斜光がさしていた。ほど近い駅の構内で、転轍した貨車がリズミカルな響を立ててぶつかり合いながら接続されている音が、海に近い西国の小さい町の澄んだ大空をわたってきこえて来る。台所から燃木のもえる煙が匂っている。何年もの間ここへ来たとき見馴れ、ききなれているそれらの地方色にかかわらず、自分たち石田のうちのものの生活は変ってしまった。
東京を立つ前、ひろ子は土産ものをさがして銀座の三越へ入った。がらん洞に焼けた地階のほんの一部分だけを、ベニヤ板や間に合わせのショウ・ケースで区切って、当座の売場にしてあった。紙につつんだ丈の口紅や、紙袋入りの白粉が並べられたりしている。一方の隅に、アメリカのどんな避暑地にある日本土産品店よりも貧弱な日本品陳列場が出来ていた。白樺のへぎに、粗悪な絵具で京舞妓や富士山を描いた壁飾。けばけばしい色どりで胡魔化した大扇。ショウ・ケースに納められているのは、焼けのこったどこからか集めて来た観光客向の縮緬紙に印刷された広重の画や三つ目小僧がつづらから首を出している舌切雀のお伽草子類である。こんなものが商品と云えるのだろうかと怪しまれるような妙な金属の加工品、紐、網、安全カミソリが並べられている。光線の不充分な薄暗いベニヤ板の匂いのする売場の中に、どれ一つとしてまともでない物品のゴタゴタある店内の光景は、大都会の河岸に漂いよった生活のごみという感じを与えた。
Sur les cimes des cèdres qui couvraient la colline derrière la maison se posait en oblique une belle lumière fondante. Venant de l'enceinte de la gare toute proche, le bruit rythmé des wagons de marchandises que l'on aiguillait et qui s'entrechoquaient en s'accrochant les uns aux autres parvenait jusqu'ià la maison, traversant le ciel limpide de cette petite bourgade de l'Ouest proche de la mer. Une odeur de feu de bois se dégageait de la cuisine. Malgré toutes ces touches de couleurs familières que Hiroko avait appris à connaître et à aimer au fil des années, elle sentit que la vie des siens, ici, chez les Ishida, avait irrémédiablement changé.
Avant de quitter la capitale, Hiroko s'était rendue au grand magasin Mitsukoshi de Ginza pour chercher quelques cadeaux. Dans le sous-sol, carcasse calcinée et vide, seule une infime partie avait été délimitée par des planches de contreplaqué et des vitrines de fortune pour servir de comptoir provisoire. On y présentait des bâtons de rouge à lèvres enveloppés de papier ou de la poudre de riz en sachets. Dans un coin, on avait aménagé un étalage d'articles japonais plus pauvre que celui de n'importe quelle boutique de souvenirs nippons dans une station balnéaire américaine. Il y avait des décorations murales en écorce de bouleau où des apprenties geishas et le mont Fuji étaient peints avec des pigments de mauvaise qualité ; de grands éventails aux couleurs criardes tentaient de faire illusion. Exposés dans les vitrines, on trouvait des reproductions de Hiroshige imprimées sur du papier crépon pour touristes, rescapées d'on ne sait quel incendie, ou des contes illustrés comme celui du Moineau à la langue coupée, où l'on voyait le monstre à trois yeux jaillir d'un coffre. S'y entassaient aussi d'étranges objets métalliques dont on doutait qu'ils puissent être qualifiés de marchandises, des cordes, des filets, des rasoirs de sûreté. Dans cet espace mal éclairé, imprégné de l'odeur du contreplaqué, ce fouillis d'articles dont aucun ne semblait normal donnait l'impression d'être les déchets de la vie quotidienne, charriés jusqu’ici comme des détritus flottant le long des berges d’une grande métropole.
東京に進駐してまだ三四日しかたっていなかったアメリカ兵が、あとからあとからと、その暗い洞のような、何を売っているのか分らない店の一方の入口から、入って来ては、もう一つの口から出て行った。
ひろ子が、一つのショウ・ケースのわきに立って眺めていると、二人づれの若いアメリカの将校が入って来た。みんなと同じに、簡単な好奇心だけであちこち見まわしているうちに、その一人が並べられている品ものを、段々仔細に注視しはじめた。何の部分品か分らない金具をとりあげてしばらく指の間でひねくりまわして調べてから頭をふって下へおいた。そこをはなれて、ひろ子が立っていた横を通りすぎながら、真摯なおどろきをあらわした低い声で、ひとこと、ひとこと明瞭につぶやいた。
「日本人は破産している」と。
偶然きいた外国人のその短い言葉は、ひろ子の耳の底へとおった。そして、心に止った。
一生懸命に体を平べったくし、翼をぱたぱたやってその水たまりで行水を使おうと骨折っている一羽の雀のもがきのようなものが、ここの家へついてからのひろ子の感情に生じた。直次という生活の中心を喪った不幸は、ここの家の女ばかりの暮しから、その悲しみをたっぷり溢れさす気の張りをさえ失わせてしまっている。不幸とはそういうものだ。ひろ子は思った。ここで感情は破産させられている、と。
Des soldats américains, arrivés pour l'Occupation de Tokyo depuis à peine trois ou quatre jours, ne cessaient de défiler : ils entraient par une porte de ce magasin sombre comme une caverne — où l'on ne savait même plus ce qui s'y vendait — pour ressortir aussitôt par l'autre.
Alors que Hiroko se tenait près d'une vitrine et observait la scène, deux jeunes officiers américains entrèrent. Comme tous les autres, ils regardaient autour d'eux avec une simple curiosité distraite, quand l'un d'eux se mit à examiner les articles de plus près. Il saisit une pièce métallique dont on ne devinait pas l'usage, la fit tourter un moment entre ses doigts pour l'étudier, puis reposa l'objet en secouant la tête. S'éloignant de là, il passa juste à côté de Hiroko et murmura d'une voix basse où perçait une sincère stupéfaction, en détachant distinctement chaque mot :
— Les Japonais sont en faillite.
Ces quelques mots d'un étranger, entendus par hasard, résonnèrent jusqu'au fond des oreilles de Hiroko. Et ils restèrent gravés dans son cœur.
Depuis son arrivée dans cette maison, Hiroko sentait naître en elle une émotion semblable à celle d'un moineau qui s'épuise, aplatissant son corps et battant frénétiquement des ailes pour tenter de faire sa toilette dans une simple flaque d'eau. Le malheur d'avoir perdu Naotsuji, pivot de leur existence, avait privé ces femmes, vivant désormais seules, du ressort nécessaire pour laisser déborder leur chagrin. C'est cela, le malheur, pensa Hiroko. Ici, ce sont les sentiments eux-mêmes qui ont fait faillite.
ひろ子が、初めてこの西国の村町に来たのは十二年前の一月初旬であった。正月の三ガ[#「ガ」は小書き]日がすぎるのを待ちかねて、ひろ子は東京を立った。その暮の二十日すぎ、重吉が検挙された。ひろ子が幾度足を運んでも、その警察の特高は重吉のための衣類の差入れをさせなかった。一九三三年の二月には小説家の小林多喜二が別の警察でではあるが拷問で殺された。その前後には、ひろ子がその名前だけをきき知っているような人々で、検挙とともに命をおとした人が幾人かあったのである。
寒中だのに、重吉のために着物さえもさし入れさせない。その一つのことは、なかで重吉がどんな扱いをうけているかを物語っている。ひろ子は、つき返された包みをかかえて、薄暗く凍って曲りくねった警察署のコンクリート階段をゆっくり下りて来ながら、重吉が生きているかどうかさえ、不安であった。母親に対してならば、いかな警視庁も重吉が生きているかどうかということだけは、明らかにする責任を感じるだろう。そこで、ひろ子は、急に東京駅を出発したのであった。
La toute première fois que Hiroko était venue dans ce bourg de l'Ouest, c’était douze ans plus tôt, au début du mois de janvier. Elle avait quitté Tokyo sans même attendre la fin des trois jours de célébration du Nouvel An. Jūkichi avait été arrêté le 20 décembre précédent. Malgré ses multiples démarches, la police spéciale de ce commissariat — la Tokkō — avait systématiquement refusé qu'elle lui remette des vêtements de rechange. En février 1933, l'écrivain Kobayashi Takiji avait été assassiné sous la torture (dans un autre commissariat, certes), et à cette même période, plusieurs personnes que Hiroko ne connaissait parfois que de nom avaient perdu la vie sitôt après leur arrestation.
Alors qu'on était en plein cœur de l’hiver, on ne la laissait même pas lui transmettre un vêtement. Ce seul fait en disait long sur le traitement que Jūkichi subissait à l’intérieur. Redescendant lentement l'escalier de béton du commissariat, sombre, gelé et sinueux, serrant contre elle le paquet refusé, Hiroko en venait à douter que Jūkichi soit encore en vie. Face à sa propre mère, pensait-elle, même la police métropolitaine se sentirait obligée de confirmer s'il était vivant ou non. C’est pour cette raison que Hiroko avait brusquement pris le train à la gare centrale.
京都から西を知らなかったひろ子にとって、柳井線沿線の景物は、目新しく映った。内海の色、波のないその海面にさかさに投影しているおだやかな山の緑。港の船の檣の林立と、帆が、布幅をたてに縫い合わされていて、絵にある支那の船の帆のようなのも、すべてが物珍しく映った。石がちの土質の白っぽさも、東北とは全く異って櫛比した町々の屋根、前に見える細い街路も面白かった。二人で来ることのなかった重吉の故郷の景色として、沿線の眺めはひろ子のこころに迫った。
石田の家のある駅にスーツ・ケース一つ下げて降りたとき、町には正月の粉雪がふっていた。ひろ子の髪や茶色の襟巻に白い雪の片がとまった。駅の名だけを重吉の親たちの手紙から覚えていたひろ子は、来て見れば、きくまでもないそこへの道を駅員にたずねた。そして、訪ねて行ったのであった。その頃重吉の家では、まだにぎやかに商売をしていた。米穀、油類、セメント、左官材料、薪、木炭、タバコ、塩。ほかに直次と進三がトラック運送に働いていて、仲仕が雇われていた。中風にかかっている父親もいくらか体の自由がきいていた。突然東京からひろ子が訪ねて来て、
「ひろ子でございます」
と挨拶したとき、重吉の親たちは、にわかにお父さん、お母さんと呼ばれる自分たちにおどろいたし、ひろ子は、母の若さにおどろいた。重吉はひろ子を妻にしてから、故郷へかえる暇なしに非合法の生活に入ったのであった。
Pour Hiroko, qui ne connaissait rien à l'Ouest au-delà de Kyoto, les paysages le long de la ligne de Yanai furent une révélation. La couleur de la Mer Intérieure, le vert paisible des montagnes se reflétant tête-bêche sur sa surface sans ride, les forêts de mâts dans les ports et ces voiles dont les lés étaient cousus verticalement, semblables à celles des jonques chinoises que l'on voit sur les peintures : tout lui paraissait singulier. La blancheur de cette terre rocailleuse, si différente de celle du Nord-Est, ainsi que les toits serrés des bourgades et l'étroitesse des ruelles qu'elle apercevait l'intéressaient vivement. Ce panorama qui défilait touchait Hiroko au cœur, car c'était là le pays natal de Jūkichi, où ils n'avaient jamais pu venir ensemble.
Lorsqu'elle descendit, une valise à la main, à la gare qui desservait la maison des Ishida, une fine neige de janvier tombait sur le bourg. Des flocons se posèrent sur ses cheveux et sur son écharpe brune. Hiroko, qui ne connaissait le nom de la gare que par les lettres des parents de Jūkichi, demanda son chemin à un employé, bien que la route semblât évidente une fois sur place. C'est ainsi qu'elle se rendit chez eux. À cette époque, la maison des Ishida bourdonnait encore d'une activité commerciale prospère. On y vendait céréales, huiles, ciment, matériaux de construction, bois de chauffage, charbon, tabac et sel. En plus de cela, Naotsuji et Shinzō travaillaient au transport par camion et employaient des manutentionnaires. Le père, bien que frappé d'hémiplégie, conservait encore une certaine mobilité.
Quand Hiroko apparut soudainement de Tokyo et se présenta :
« Je suis Hiroko »,
les parents de Jūkichi furent déconcertés de s'entendre brusquement appeler « Père » et « Mère ». Hiroko, quant à elle, fut surprise par la jeunesse de la mère. Après qu’il l’avait épousée, Jūkichi était entré dans la clandestinité sans avoir jamais eu le temps de retourner dans son village natal.
他人にきいてひろ子が歩いて来た往還には、時々バスが通っていた。狭い一本道路を、田舎のバスらしい権威で驀進するから、重吉の家の店のガラス戸も、前の沢田という家の四枚のガラスも、泥はねだらけであった。低いトタンの軒すれすれに日に何度かバスは往来した。
やがて直次が入営し、現役からかえり、更に召集されて北支にやられた。日本中で、千人針が縫われ、駅々街々で紙の小旗がふられていた。その留守に重吉の父は歿した。大正九年経済恐慌のとき破産した重吉の一家は、その頃ようよう負債整理がついて自分たちの家だけとり戻したのであった。
進三の入営の番が来た。兄の重吉と弟の進三のいない家へ、三年目に直次が還って来て、母の見つけた嫁のつや子と婚礼をした。
中国や満州に侵略していた日本の戦争は、その時分ますます拡大し、生活は著しく変化しはじめた。統制によって、商売は非常にむずかしくなった。大きい川に沿って、低い峠や林、田圃などを間にはさみながらとびとびにつらなって上、下にわけて呼ばれているその町と、さらに二里ほど行って海岸に面した田原とが、合併されて市になった。それはこれまでのように地方の発展によって膨脹して町から市になって来た市ではなく、全く軍事的な目的のために、田圃と畑が一躍市につくられた。徳山市からその新造の市まで五里の間、一本の軍用道路が貫通されることになった。その道路は軍用トラック専用のものであり、断乎たるものであり、軍人が地図の上に引いた一本の線のとおりに必ずつくられなければならないものであった。
Sur la route par laquelle Hiroko était venue, des autobus passaient de temps à autre. Ils fonçaient sur cette voie unique et étroite avec toute l'autorité propre aux bus de campagne, si bien que les portes vitrées de la boutique des Ishida, tout comme les quatre vitres de la maison Sawada en face, étaient couvertes d'éclaboussures boueuses. Plusieurs fois par jour, les bus allaient et venaient, frôlant les avant-toits de tôle.
Bientôt, Naotsuji fut incorporé ; il revint du service actif, puis fut mobilisé de nouveau et envoyé dans le nord de la Chine. Partout au Japon, on cousait des senninbari (ceintures aux mille points) et, dans chaque gare, dans chaque rue, on agitait de petits drapeaux en papier. C’est durant cette absence que le père de Jūkichi s’éteignit. La famille de Jūkichi, qui avait fait faillite lors de la crise économique de 1920, venait tout juste de terminer d'épurer ses dettes et de récupérer la propriété de sa maison.
Vint ensuite le tour de Shinzō d'être incorporé. En l'absence de son frère aîné Jūkichi et de son cadet Shinzō, Naotsuji revint trois ans plus tard pour épouser Tsuyako, la jeune femme que sa mère lui avait choisie.
La guerre d'agression que le Japon menait en Chine et en Mandchourie ne cessait alors de s'étendre, et la vie quotidienne commença à changer radicalement. Sous l'effet des rationnements et du contrôle d'État, le commerce devint extrêmement difficile. Ce bourg, divisé en deux parties — la Haute et la Basse — qui s'étiraient le long d'un grand fleuve au milieu des cols bas, des bois et des rizières, fut fusionné avec le village de Tahara, situé à huit kilomètres de là face à la mer, pour devenir une ville. Ce n'était pas une de ces cités nées de l'expansion naturelle d'une région, mais une ville créée d'un seul bond à partir de champs et de rizières dans un but exclusivement militaire. Sur les vingt kilomètres séparant la ville de Tokuyama de cette ville nouvellement créée, on décida de percer une route militaire. Cette route, réservée aux camions de l'armée, était une décision irrévocable : elle devait impérativement suivre le tracé rectiligne qu'un militaire avait tracé d'un trait sur une carte.
senninbari
ひろ子が、四年前一番終りに重吉の家を訪ねたとき、母は、その新道のことを苦にしていた。
「ほん、困りじゃのう、あんた。何でも、ここの軒ぐらいの高いところへ出来るというちょる」
新道のうっとうしさと直次の三番目の召集の不安とが、からみあって語られた。二度目に召集されて入隊し、明朝乗船という前夜、直次は急性盲腸炎にかかって、とりのこされた。
そのとき集められた予備の一隊は、どこか南方へやられた。
せまい往還を荒っぽく日夜突進するバス、トラック、ダットサンの交通は、根太のゆるんだ粗末な重吉の家を朝から夜中まで震動させた。二階から見える線路の上に、兵隊を満載した列車が長い間とまって、町の婦人会の女たちはその兵隊たちに茶や握り飯の接待をした。新しく出来た軍事市は、巨大な工廠を中心としていて、近隣の農村の若い男女、少年たちを総動員した。朝と夕方きまった時刻に、重吉の家の前の往来は、そういう村々からの自転車のりで一杯になった。どのバスにも赤字で憲兵と書いた腕章をつけ長サーベルに長靴の男がのっていた。どこへ行って、どこへ帰る必要があるのか。知っている者はなかったが、いつも憲兵が一人ぐらいは乗っていた。その冬、アメリカとの戦争がはじめられたのであった。
Quatre ans plus tôt, lors de sa toute dernière visite chez les Ishida, Hiroko avait trouvé sa belle-mère tourmentée par le projet de cette nouvelle route.
— C’est un vrai malheur, vous savez. On raconte qu’elle va passer au niveau de nos avant-toits.
L'oppression causée par cette route et l'angoisse de la troisième mobilisation de Naotsuji s'entremêlaient dans ses paroles. Lors de sa deuxième convocation, la veille du jour où il devait s'embarquer, Naotsuji avait souffert d'une appendicite aiguë et n'avait pu partir. L'unité de réservistes avec laquelle il devait être envoyé fut expédiée quelque part vers le Sud.
Le passage brutal, jour et nuit, des bus, des camions et des Datsun sur l'étroite chaussée faisait vibrer, du matin au soir, la modeste maison des Ishida, dont les solives étaient déjà branlantes. Sur la voie ferrée visible depuis l'étage, des trains bondés de soldats s'immobilisaient durant de longues heures ; les femmes de l'Association patriotique locale s'affairaient alors à leur servir du thé et des boulettes de riz. La cité militaire nouvellement créée gravitait autour d'un arsenal colossal, mobilisant massivement les jeunes gens, hommes et femmes, ainsi que les adolescents des villages voisins. À heures fixes, matin et soir, la route devant la maison des Ishida se couvrait de nuées de cyclistes venant de ces villages. Dans chaque bus, on trouvait un homme botté, sabre au côté, portant le brassard rouge de la Kenpeitai (la gendarmerie militaire). Pour aller où ? Pour quel motif ? Nul ne le savait, mais il y avait toujours au moins un gendarme à bord. Cet hiver-là, la guerre contre l'Amérique commença.
こんど来たひろ子が、二階の東窓をあけてみると、母が苦にした軍用道路は、裏の無花果の梢に手のとどくぐらいの高さで完成されていた。溝川一つへだてて、辛うじて重吉の家はそのままのこされたが、麦畑はつぶされ、その先の田圃も埋立てられ、その畑をつくっていた一軒の家は、在ったところをずっと山際よりに引こんだ。新道は、軍人が地図の上に引いた一本の線どおり、必ず真直に、断乎として作られなければならなかった。そしてそれは、作られた。直次は必ず応召しなければならなかった。そして、それはそのとおりにされた。
バスは、もう狭いもとの往還の上を走っていなかった。バスは、裏の新道の上も走ってはいなかった。あわただしく作られた軍用市は機能を喪失し、川に沿った上、下の町は、機械的に一本の道路で貫かれているだけで、麻痺に陥った。この五十戸あまりがかたまっている部落に今は新しい名がつけられている。
「後家町」
「後家町」の裏の新道を、工廠の方向から時々トラックが走った。ドラム罐をつんでいるのもあるし、材木を積んでいるのもあり、時には山の方へ疎開させた家財道具が逆もどりして来るトラックもあった。しかし、そのどれもが、直接「後家町」に縁はなかった。何故なら、最後のドサクサの間にうまいことをしてドラム罐をどこかへうつしていたり、工廠用の木材を流用する役得をせしめたりしたのは、みんな、工廠関係の男たちであったから。そういう男たちがいる限り町の名は、「後家町」と呼ばれたりはしないのであるから。
Cette fois-ci, quand Hiroko ouvrit la fenêtre Est du premier étage, elle vit que la route militaire qui inquiétait tant sa belle-mère était achevée ; elle passait si haut qu'elle semblait effleurer la cime des figuiers, derrière la maison. Séparée seulement par un petit fossé, la demeure des Ishida avait été épargnée de justesse, mais les champs d'orge avaient été anéantis, les rizières plus loin remblayées, et l'une des fermes qui exploitait ces terres avait dû être déplacée jusque contre le flanc de la montagne. La nouvelle route devait être construite avec cette rectitude absolue et cette détermination impitoyable, exactement comme le trait qu'un militaire avait tiré sur une carte. Et elle le fut. Naotsuji devait inévitablement répondre à l'appel — et il l'avait fait.
Les bus ne circulaient plus sur l'ancienne route étroite. Ils ne circulaient pas davantage sur la nouvelle voie militaire derrière la maison. La ville militaire bâtie à la hâte avait perdu sa raison d'être, et les deux bourgs, le Haut et le Bas, qui s'étiraient le long de la rivière, se retrouvaient paralysés, simplement transpercés par ce ruban de bitume mécanique. Ce hameau d'une cinquantaine de foyers portait désormais un nouveau nom :
« Le Quartier des Veuves ».
Sur la nouvelle route, derrière le « Quartier des Veuves », passaient de temps à autre des camions venant de l'arsenal. Certains transportaient des fûts métalliques, d'autres du bois d'œuvre ; parfois, c'étaient des meubles et des effets personnels, évacués vers la montagne, qui faisaient le chemin inverse. Mais rien de tout cela n'avait de lien direct avec le « Quartier des Veuves ». Car ceux qui, dans le chaos final, s'étaient montrés assez habiles pour détourner des fûts ou s'octroyer le privilège de piller le bois de l'arsenal, étaient tous des hommes liés à l'administration militaire. Tant que de tels hommes existaient, la ville ne pouvait être appelée « le quartier des veuves ».
母とつや子とが直次をいたむ口調のうちには、直次さえいたならば、時勢の激変でこぼれ出した利得を、この門口から素通りさせてはおかないものを、という思いがはっきり汲みとれた。
石田の家は、息子三人に父親、働くものも男ばかりという生計であった。その中心に、登代が永年の借金暮しを辛棒し破産をもりかえす才覚で人々におどろかれるような勤勉な明暮れを送って来た。母の才覚、深い計量は、重吉こそ欠けていたが、いつでもそれを実現してゆく男たちの素朴な力のつよい腕や背中をもっていた。直次が亡くなり、進三は現役からひきつづいて濠北からかえされず、さりとて登代の寸法で男たちを集めて働かせる商売そのものが無くなっている現在、登代の活動を愛する生れつきは、在って甲斐ないもののようになった。
少年時代重吉が机をおいて暮していた二階の東窓の下に、ひろ子はくたびれの出た体をよこにしていた。別棟で更に東につき出ている台所で、いきなり四歳の昭夫が、
「いらん! いらん! いらんいうたら、いらん!」
と癇声をふりたててどなっているのがきこえた。同時に、はいている大人下駄で地団太ふむ音がした。
Dans le ton que Tsuyako et sa mère employaient pour pleurer Naotsuji, on percevait clairement cette pensée : si seulement il avait été là, il n'aurait jamais laissé passer sous son nez les profits nés du chaos de l'époque, il en aurait capté une part pour la maison.
Le foyer des Ishida avait toujours reposé sur le travail des hommes : le père et ses trois fils. Au centre du foyer, Toyo avait mené, pendant de longues années, une vie de labeur infatigable, supportant l’endettement chronique et redressant la faillite avec une habileté qui avait suscité l’admiration de tous. Jūkichi était dépourvu de ce sens des affaires, mais le talent de la mère, sa profonde capacité de calcul, avaient toujours trouvé pour se réaliser la force simple des bras et des dos des hommes qui l’entouraient. Aujourd'hui, Naotsuji n'était plus, Shinzō, maintenu sous les drapeaux, n'était toujours pas rentré du Nord de la Chine, et le commerce même — qui permettait à Toyo de diriger ses hommes selon sa propre mesure — avait disparu. Sa nature ardente, faite pour l'action, semblait désormais devenue une force inutile.
Hiroko allongea son corps épuisé sous la fenêtre orientale du premier étage, là même où Jūkichi passait ses journées devant son bureau lorsqu'il était adolescent. Venant de la cuisine, qui formait un pavillon séparé s'avançant vers l'est, elle entendit soudain le petit Akio, quatre ans, hurler d'une voix stridente :
— J’en veux pas ! J’en veux pas ! Puisque je te dis que j’en veux pas !
En même temps, on entendit le bruit sourd de ses pieds trépignant sur le sol avec les hautes geta d'adulte qu'il portait.
「なにいうてるのよ、昭ちゃん。かたい云うから柔わうにしたんじゃないの、じら云わんとたべんさい」
小麦と米を挽き合わせた「はったい粉」をねって、二人の子供らは時をかまわずたべていた。そのねりかたがかたい、軟かすぎると、ひろ子がついて間もなくから昭夫はあたけた。
「いらん!」
ガチャッと何かがころがる音がした。
「昭ちゃん!」
思わず怒ったつや子の声になった。
「どうして、お前、そう云うことをきかんの?」
お父ちゃんに云いつけますよ、とおきまりに結んで来たとしか思えない言葉じりを、つや子はそのまま途切れさせた。溜息でもついている風であった。やがて、気力も張りもない、すてたような調子で、
「母さんはもうしらん」
つまらなそうに歩いてどこかへゆく跫音がした。そのまま台所はひっそりした。あとには昭夫が一人で、すきなだけ板じきをちらかして、はったい粉をたべているのだろう。
上目づかいの癖がある小さい昭夫は、食事のときも、
「くわん」
そう云ったきり、一旦とりあげた箸を粗暴に食卓の上に投げ出した。
— Qu’est-ce que tu racontes, Akio ? Tu disais que c’était trop dur, alors je l’ai ramolli, non ? Arrête de faire des caprices et mange !
On pétrissait de la hattai-ko, une farine obtenue en broyant ensemble du blé et du riz, et les deux enfants en mangeaient à toute heure. À peine Hiroko était-elle arrivée qu'Akio avait commencé à s'emporter, se plaignant tantôt que la pâte était trop dure, tantôt trop molle.
— J’en veux pas !
On entendit le fracas de quelque chose qui roulait par terre.
— Akio !
La voix de Tsuyako s’était faite involontairement dure, irritée.
— Pourquoi est-ce que tu n’écoutes jamais ce qu’on te dit ?
Elle s'apprêtait sans doute à conclure par le traditionnel « je vais le dire à ton père », mais elle laissa sa phrase en suspens. On aurait dit qu’elle poussait un soupir. Puis, d'un ton désabusé, comme si elle renonçait à toute autorité, elle lâcha :
— Moi, je n’en sais plus rien.
On entendit le bruit de ses pas s'éloigner avec lassitude. Le silence retomba sur la cuisine. Il ne restait plus qu’Akio, sans doute, qui éparpillait à sa guise sa nourriture sur le plancher tout en mangeant son hattaiko.
Le petit Akio, qui avait l’habitude de lever les yeux de biais, même à table, se contenta de dire :
— J’mange pas.
Puis, après avoir un instant pris ses baguettes, il les jeta sur la table avec violence.
「どうで! 昼もようたべんと」
登代が気づかって、顔色のよくない、きょときょとした昭夫を見た。
「治郎ちゃんを見い。ようたべちょる。さあ兄ちゃんじゃけ、昭夫もお行儀ようにせにゃ、東京のおばちゃんが、もうお土産もって来てやらんといの」
昭夫は、ひろ子を見あげて、にやっと笑った。
「さあ、お汁かけて。ほん、美味そうなじゃあろが」
昭夫は、自分の前に豆腐の澄汁をかけた、茶碗がすえられきるまでじっと見ていて、又、
「くわん!」
とくりかえした。
「いもがええ」
それ助かった、という風に祖母と母親とが、
「何で、そんなら早うそう云わんのじゃろ」
と蠅入らずから、ふかした薯の皿をその前へ出してやるのであった。
— Qu'est-ce qu'il te prend ? Tu n'as déjà presque rien mangé à midi.
Toyo, inquiète, observait Akio qui, le teint pâle, regardait tout autour de lui d'un air hébété.
— Regarde donc Jirō. Lui, il mange bien. Allez, tu es le grand frère, Akio, tu dois te tenir correctement, sinon ta tante de Tokyo ne t'apportera plus de cadeaux.
Akio leva les yeux vers Hiroko et esquissa un large sourire narquois.
— Allez, verse un peu de bouillon. Regarde comme il a l'air délicieux.
Akio fixa intensément son bol de riz, dans lequel on avait versé un bouillon clair au tofu, attendant qu'il soit bien posé devant lui pour répéter :
— J’mange pas !
Puis :
— Je veux de la patate.
Comme si elles étaient sauvées par cette demande, la grand-mère et la mère s'exclamèrent :
— Mais pourquoi n'as-tu pas dit ça plus tôt ?
Et elles s'empressèrent de sortir du garde-manger un plat de patates douces à la vapeur pour le poser devant lui.
ひろ子が最後に来たとき、昭夫は生れて百日たったばかりの赤子だった。亡くなったお祖父ちゃんに似た色黒い面白い赤坊で、ちょこなんと抱いてとった写真を重吉のところへも送った。自分に子のないひろ子は、甥姪たちに特別な情愛を動かされ、注意をひかれるのであった。台所の蠅入らずの上に、陰膳をそなえていたときのまま直次の写真が飾られている。その写真で直次は浴衣がけで、あぐらをくんでいる。ゆったりと大きいあぐらのなかに、今よりずっと稚い頃の昭夫がまるっこく抱かれて、赤子のぽちゃぽちゃした顔に、可愛く眼、鼻、口をつけて、こっちを見ている。直次は、若い父親らしい表情で、口元をゆるめてとられているのであった。
しんみりとその写真をみせ、父さんについて語り、昭夫の気分を落付かせてやろうと努力する根気もつや子にはないらしかった。日頃体のよわいつや子は、直次のいたときから、何かにつけ、どうせ長う生きられんのだから、と口に出した。
Lors de la dernière visite de Hiroko, Akio n’était qu’un nourrisson d’à peine cent jours. C’était un bébé amusant, au teint mat, qui ressemblait à son défunt grand-père ; elle l’avait pris dans ses bras pour une photo qu'elle avait ensuite envoyée à Jūkichi. N'ayant pas d'enfant elle-même, Hiroko éprouvait pour ses neveux et nièces une affection particulière et se sentait irrésistiblement attirée par eux.
Sur le garde-manger de la cuisine, la photo de Naotsuji était restée exposée, telle qu'elle l'avait été à l'époque où l'on y déposait encore le « plateau de l'ombre » (kagezen) pour son salut. Sur ce cliché, Naotsuji posait en yukata, assis en tailleur. Dans l’espace large et serein de ses jambes croisées, il tenait Akio, alors bien plus petit et tout rond ; le bébé tournait vers l'objectif son visage potelé aux traits mignons, tandis que Naotsuji, avec une expression de jeune père, laissait filtrer un sourire de contentement.
Kagezen - le plateau de l'ombr) : coutume où l'on sert un repas symbolique à un absent (soldat ou voyageur) pour maintenir son lien avec le foyer.
Tsuyako ne semblait plus avoir la force de montrer longuement à Akio cette photographie avec gravité, ni de lui parler de son père pour tenter de l'apaiser. De santé fragile, Tsuyako avait pris l'habitude, du vivant même de Naotsuji, de répéter à tout propos que, de toute façon, elle ne vivrait pas très longtemps.
「間食させすぎると、きまったとき御飯たべなくなることよ。顔色のわるいのもそのせいかも知れないよ、十時と三時にきめたら?」
この辺は、食糧が乏しくはなって来ていても、まだ食事とお八つとを規則だてられる位はたっぷりしていた。つや子は、しかし深くききしめる様子もなく、
「はア」
と答え、
「ほんに、じらばかりいうて……」
寧ろひろ子への云いわけらしくつぶやいた。癇のきつい昭夫は、その癇を無意識のうちに鎮めてくれる男らしい人間的な圧力や生活の規律が女ばかりの暮しに欠けていることから、とめどなく荒っぽくなっているのであった。母と嫁とは、ほかに男のいない生活で左右から直次をとりかこんで暮して来た。そのように、今は癇のきつい昭夫のまわりを祖母と母とが左右からはさんで近づいては遠のき、一応口先で叱りつけては、あとで一層機嫌をとって暮している。
— Si tu le laisses trop grignoter, il ne mangera plus rien aux repas. Son mauvais teint vient peut-être de là ; pourquoi ne pas fixer des heures précises, à dix heures et à quinze heures ?
Dans cette région, bien que les vivres commençaient à manquer, il restait encore assez de nourriture pour pouvoir organiser les repas et les goûters de manière régulière. Pourtant, Tsuyako ne parut pas prendre ses paroles à cœur.
— C'est vrai..., se contenta-t-elle de répondre.
— Il ne fait vraiment que des caprices..., murmura-t-elle, comme pour s'excuser auprès de Hiroko.
Si Akio était si nerveux, c'était parce qu'il manquait à cette vie de femmes une discipline et une présence masculine capable d'apaiser inconsciemment ses emportements ; en l'absence de ce cadre, son caractère devenait de plus en plus sauvage. Autrefois, la mère et l'épouse vivaient en gravitant autour de Naotsuji, l'unique homme de la maison. De la même manière, la grand-mère et la mère entouraient désormais le petit Akio, s'approchant puis s'éloignant de lui selon ses humeurs, le réprimandant du bout des lèvres pour mieux chercher, l'instant d'après, à regagner ses faveurs.
横になりながらひろ子は台所の騒ぎをきいていて、中心になる男が奪われた一つの家庭の不幸と生活の破綻というものの複雑なあらわれををしみじみと感じた。戦争の災禍は、この「後家町」で石田の一家の生活の根太を洗った。じかな、むき出しな災禍の作用を現わしている。家財を焼かれた人々の損傷の深さを、ひろ子は東海道、山陽とのった汽車が西へ来るにつれて思いやった。けれども、戦争の真の恨みは、どういう人々のところにこそあるだろう。国体論はかくした方がいいでしょうかと不安げに訊いた片脚の白衣の人の瞳の底にあった。そして、「後家町」の、ここにある。日本じゅう、幾十万ヵ所かに出来た「後家町」の、無言の日々の破綻のうちにある。
ひろ子のこめかみをすべってつめたく苦い、渋い涙が、籐製の小枕におちた。戦争犯罪人という字句をポツダム宣言の文書のうちによんだとき、ひろ子は、その表現が自分の胸にこれだけの実感をたたえて、うけとられるとは知らなかった。ひろ子は、世界の正義がこの犯罪を真にきびしく、真にゆるすことなく糺弾することを欲した。
白衣の人 : les soldats blessés portaient des vêtements blancs à leur retour
Tout en restant allongée, Hiroko écoutait le vacarme de la cuisine ; elle ressentait avec une amère lucidité la complexité du malheur et de la décomposition qui frappent une famille dont l'homme, le pilier central, a été arraché. Les désastres de la guerre avaient affouillé les fondations mêmes de la famille Ishida dans ce « Quartier des Veuves ». Ils y manifestaient leur action de manière directe, à nu. Tout au long du trajet en train vers l'ouest, sur les lignes Tōkaidō puis Sanyō, Hiroko avait songé à la profondeur des blessures de ceux qui avaient vu leurs biens réduits en cendres. Pourtant, où se nichait la véritable rancœur de la guerre ? Elle résidait au fond des prunelles de cet homme en blanc, unijambiste, qui lui avait demandé avec inquiétude s'il valait mieux cacher ses écrits sur l'Essence de l'État [kokutai-ron]. Et elle se trouvait ici, dans ce « Quartier des Veuves ». Elle était là, dans la décomposition silencieuse du quotidien de ces centaines de milliers de « Quartiers des Veuves » apparus à travers tout le Japon.
Une larme froide, amère et acide, glissa sur la tempe de Hiroko pour s'écraser sur son petit oreiller de rotin. Lorsqu'elle avait lu l'expression « criminels de guerre » dans le texte de la Déclaration de Potsdam, elle ne savait pas encore que ces mots résonneraient en elle avec une telle force de réalité. Hiroko désirait désormais que la justice mondiale condamne ce crime avec une sévérité absolue, sans la moindre indulgence.
「おばあちゃん、おばあちゃん」
そう呼んでつや子が、母に何か云っている。おばあちゃんというようなよびかたは元来、ふっくりした優しいよびかけであるはずだのに、つや子のそのよび声には、呼ばれたもののこころを誘い出す暖いはずみよりも、押しつけるかたさが響いている。
今度来て、ひろ子はそのことに気づいた。これまでもつや子は、おばあちゃん、又、おばあちゃんと、一日じゅう細かになかなかよく母を動かした。ひろ子は、冗談めかして、つやちゃんは甘ったれてよく働かせるのね、と云ったことがあった。まだ若いから、何いうてもたよりないのでありましょう。登代は気をよく説明していた。その頃の呼びかたは、同じおばあちゃんにしても、ちゃんというところに小猫のからむような甘みがあり、母の気質にとっては、そういう絡まりも快よいのであろうと思ってきいた。
おばあちゃんという、軟い名をこわく呼んでいるいまのつや子も、呼ばれる母の身も、ひろ子にとっては気の毒にたえなかった。
昔、ひろ子が駒沢の方に住んでいたとき、低い竹の四つ目垣越しに隣家の菜園があって、その奥に住居の縁側が見えた。一人のおじいさんがそこに住んでいた。嫁に当るひとが、おじいちゃん何々ですよ。おじいちゃん、こうですよと、日に幾度となく呼んだ。その声は、明るい午後ひろ子が机に向っている反対側の室まで手にとるようにきこえて来た。その時分ひろ子は石榴の樹と、子供の土俵あとのある庭に向って小説を書いていた。そして、折々その声にじっと耳を傾け、あの声に愛があると云えるだろうかと思った。一日に呼ぶ度数が多ければ多いだけ、それは単調な生活の倦怠の中に抑えられた女心の苛だたしさをひろ子の心につたえたのであった。
— Grand-mère ! Grand-mère ! [Obaa-chan]
C’était ainsi que Tsuyako appelait sa belle-mère quand elle avait quelque chose à lui dire. L’appellation «Obaa-chan» avait en principe une résonance douce et pleine ; pourtant, dans la voix de Tsuyako, on n’entendait pas l'élan chaleureux qui invite à l’échange mais plutôt une dureté péremptoire.
Hiroko l'avait remarqué dès son arrivée. Déjà par le passé, Tsuyako ne cessait d'appeler « Grand-mère » à tout bout de champ pour solliciter la mère dans les moindres détails. Hiroko lui avait dit un jour sur le ton de la plaisanterie : « Tsuyako, tu fais bien marcher ta belle-mère sous tes airs de gamine gâtée ! » Et Toyo expliquait alors d'un air satisfait : « C'est parce qu'elle est encore jeune, elle doit se sentir un peu perdue, sans doute. » À cette époque, la manière dont elle disait « Grand-mère », et surtout le petit suffixe «-chan», avait la douceur d'un chaton qui vient se frotter contre vous ; Hiroko s'était dit que pour le tempérament de la mère, cette façon de s'agripper à elle ne devait pas être déplaisante.
Mais aujourd'hui, voir Tsuyako prononcer ce nom si tendre, « Grand-mère », avec une telle rudesse, et voir la mère ainsi sollicitée, étaient, pour Hiroko, douloureuses à supporter.
Autrefois, quand Hiroko habitait du côté de Komazawa, elle apercevait par-delà une clôture basse de bambous le potager du voisin, et au fond, la véranda [engawa] de la maison. Un vieil homme vivait là. Sa belle-fille l'appelait d'innombrables fois par jour : « Grand-père, voyez ceci », « Grand-père, faites cela ». Par les après-midis clairs, alors que Hiroko était à sa table de travail, ces appels lui parvenaient distinctement jusque dans son bureau. En ce temps-là, elle écrivait ses romans face au jardin où se trouvaient un grenadier et les vestiges d'un terrain de lutte [dohyō] pour enfants. Parfois, elle s'arrêtait pour prêter l'oreille à cette voix, se demandant si l'on pouvait vraiment y déceler de l'amour. Plus les appels étaient fréquents, plus ils lui transmettaient l'irritation d'un cœur de femme contenu dans l'ennui d'une vie monotone.
つや子の嫁入りの晩、ひろ子はその田舎町の料亭の座敷で、母のとなりに坐った。高島田に結び、角かくしをし、六月初旬に冬ものの黒い裾模様を長くひいて、仲人に片手をひかれた花嫁が立ちあらわれたとき、ひろ子は何とも云えない恐縮な思いがして、単衣の紋付の下に汗をかいた。角かくしの重い首をうなだれて入って来た花嫁に先立って、いくつもの箱を重ねた島台が恭々しく運ばれた。それは、花嫁からの土産であった。精一杯身を飾り、土産の品までもさし出して、見知らない石田の家の嫁になって来た若い一人の女の運命に対して、ひろ子は習慣の力のつよさというものに威怖を覚えた。
となりの室におかれた古いレコードが高砂やを謡っている間に盃がとりかわされ、記念写真が、同じ部屋で撮された。北支から帰還して二十日ほどたったばかりだった直次は、これも冬ものの黒羽二重の紋付に仙台平の袴で、汗にまびれながらも美しい若者ぶりであった。写真をとるというとき、足が痺れて立ち上ったまま動けなくなった。ひろ子は、いそいでそこにあった椅子にかけさせた。写すときは、その椅子に花嫁がかけて、仲人であって同時に写真師でもある人がその裾の工合を直したりした。直次の婚礼の次第には生真面目さとともに田舎の町らしい一種のユーモアがあった。
Le soir du mariage de Tsuyako, Hiroko était assise aux côtés de la mère dans la grande salle d'une auberge de ce bourg de campagne. Lorsque la mariée parut, les cheveux relevés en un haut chignon takashimada sous sa coiffe tsunokakushi, traînant derrière elle la longue traîne d'un kimono de cérémonie noir d'hiver — bien que l'on fût au début du mois de juin — et guidée par la main du parrain, Hiroko ressentit une gêne indescriptible et se sentit transpirer sous son propre kimono léger. Devant la mariée qui entrait, la tête courbée sous le poids de sa coiffe, on apporta avec de grands égards un plateau de bois shimadai sur lequel étaient empilées plusieurs boîtes. C'étaient les cadeaux de la mariée. Devant le destin de cette jeune femme qui s'était parée de tout son éclat et offrait jusqu'à ses présents pour entrer dans la famille inconnue des Ishida, Hiroko éprouva une sorte de crainte mêlée de respect devant la force des traditions.
Tandis qu'un vieux disque diffusait le chant rituel Takasago dans la pièce voisine, on échangea les coupes de saké, puis on prit la photo souvenir dans cette même salle. Naotsuji, rentré de Chine du Nord depuis à peine vingt jours, portait lui aussi un kimono de soie noire et un hakama de Sendai ; bien que trempé de sueur, il avait fière allure. Au moment de prendre la photo, il eut les jambes si engourdies qu'il ne put plus bouger après s'être levé. Hiroko s'empressa de lui apporter une chaise. Pour la pose, ce fut finalement la mariée qui s'y assit, tandis que le parrain, qui se trouvait être aussi le photographe, ajustait avec soin les plis de sa traîne. Il y avait dans le déroulement des noces de Naotsuji une forme de solennité mêlée de cet humour propre aux petites villes de campagne.
一年後、直次に二度目の召集が来た。
その見送りにひろ子が来たとき、もう昭夫が生れていて、つや子のおかあはんが、おばあちゃんにかわっていた。話のはずみにふとつや子が、婚礼の記念写真のとき直次が動けなかったので、どうやら足が悪うなっているのではないかと思いよりました、と云って笑った。
「それどころか立派な脚があったでしょう」
ひろ子も笑ったが、つのかくしのかげに伏ったままのようにあったつや子の睫毛の下から、ほんの一刹那のそのことが見のがされていなかったのにおどろいた。花嫁の神経の働き工合が察しられた。
ひろ子のこころもちでみると、重吉の母は、下駄のうしろを引きずって歩くつや子に、こわばった調子でおばあちゃん、おばあちゃんと呼び立てられ、二人の孫をからませられるにふさわしい人ではなかった。ものわかりのよい姑であろうとする登代の忍耐と努力。二人の子もちだというところから出る体の弱いつや子の落つきかた。
重吉は、どう話されたら、このような生活の細部の感情までを理解するだろうか。
Un an plus tard, Naotsuji reçut sa seconde convocation.
Lorsque Hiroko vint pour son départ, Akio était déjà né, et le « maman » de Tsuyako s'était transformé en « grand-mère ». Au détour de la conversation, Tsuyako raconta en riant que, voyant Naotsuji incapable de bouger lors de la photo de mariage, elle s'était un instant demandé s'il n'avait pas un problème aux jambes.
— Bien au contraire, il avait de très belles jambes, n'est-ce pas ?
Hiroko rit aussi, mais elle fut frappée de voir que ce détail si fugitif n'avait pas échappé à Tsuyako, alors qu'elle semblait pourtant garder les yeux baissés sous sa coiffe de mariée. Cela lui permit de deviner la vivacité et la tension nerveuse de la jeune femme à cet instant précis.
Aux yeux de Hiroko, la mère de Jūkichi n'était pas faite pour subir les appels constants et rigides d'une Tsuyako qui traînait les talons de ses sandales, ni pour se voir ainsi imposer la charge de deux petits-enfants. Elle voyait toute la patience et les efforts que Toyo déployait pour rester une belle-mère compréhensive, ainsi que l'assurance, née de son statut de mère de deux enfants, avec laquelle Tsuyako s'était installée dans sa propre fragilité physique.
Si elle lui en parlait, comment Jūkichi s'y prendrait-il pour comprendre la complexité de ces sentiments nichés dans les moindres détails de la vie quotidienne ?
窓から見ていると、治郎を紐でおんぶした母が、堤をのぼって新道へ出て行った。永年子供をおぶったりしたことのない小肥りな母の背中におんぶの形はちっともなじまず、それを見るひろ子の目を悲しませた。このこころもちを、重吉は、どう話されたら分るだろう。重吉はすべてを知らなければならない。ひろ子はそう思った。母とつや子と二人の幼い息子たちの生活のネジをまき直し、幸福をとり戻すために、重吉は必要なすべてのことを理解しなければならない。何故なら、母やつや子にいるものは、その一声によって自分たちの感情の整理までをして来た男の言葉、男のさしずである。しかし、その男がなくなったとき、女はどうしたらいいのだろう。女たちは習慣をかえなければならない。女だけでやってゆけることを学ばなければならない。しかもこの際、母とつや子が、その新しい必要を理解するために必要なさしず、言葉は重吉からしか期待されなくなっているのであるから。
濡れているうちは、余り薄くて色らしい色も見えないインクで網走への手紙をかきながら、これから帰るのは重吉であろうか、それとも七年の歳月を前線で経ている進三であろうか、とひろ子は考えた。新聞やラジオは、八月十五日から一ヵ月たったその頃、南方の島々で、ちりぢりばらばらに武装解除をしている日本の部隊名をつたえていた。進三の部隊長が、どうか普通の分別をもった男であるように。ひろ子は切にそれを祈った。敗北の噂をきいて、食物もない山中の獣の穴へ部下を追いこむ愚かものでないように。進三は重吉とまたちがったやりかたで人によろこびを与える若者なのであった。
En regardant par la fenêtre, Hiroko vit la mère, Jirō attaché dans son dos par une sangle, gravir le talus pour rejoindre la route nouvelle. Sur cette silhouette un peu ronde, qui n'avait plus porté d'enfant depuis des années, la bosse du nourrisson ne semblait pas trouver sa place ; ce spectacle emplit les yeux de Hiroko d'une profonde tristesse. Comment faire comprendre cela à Jūkichi ? Il devait tout savoir. Hiroko en était convaincue : pour remonter le mécanisme de la vie de la mère, de Tsuyako et des deux jeunes fils, et pour reconquérir leur bonheur, Jūkichi devait en saisir chaque nuance. Car ce dont la mère et Tsuyako avaient besoin, c'était de cette parole d'homme, de ces directives masculines qui, d'une seule injonction, suffisaient autrefois à mettre de l'ordre jusqu'à dans leurs propres sentiments. Mais quand cet homme n'est plus, que reste-t-il aux femmes ? Elles doivent changer leurs habitudes. Elles doivent apprendre à s'en sortir seules. Pourtant, pour comprendre cette nécessité nouvelle, elles n'attendaient désormais de directives et de paroles que de Jūkichi.
Tout en écrivant à l'encre — si pâle qu'on en distinguait à peine la couleur tant qu'elle était humide — une lettre pour la prison d'Abashiri, Hiroko se demandait qui, de Jūkichi ou de Shinzō, rentrerait le premier. Shinzō avait passé sept ans sur le front. En ce mois de septembre, un mois après le 15 août, les journaux et la radio énuméraient les noms des unités japonaises qui déposaient les armes, éparpillées sur les îles du Sud. Hiroko priait ardemment pour que le commandant de Shinzō soit un homme doté d'un bon sens ordinaire. Qu'il ne soit pas l'un de ces insensés qui, au premier bruit de la défaite, acculent leurs subordonnés dans des tanières de bêtes sauvages au fond des montagnes, sans aucune nourriture. Shinzō était un jeune homme qui, d'une manière différente de Jūkichi, savait apporter de la joie aux autres.
母が、いつにもないそっとした様子で梯子をあがって来た。机に向っているひろ子を見て、
「おや、あんた、昼寝してじゃないの」
と云った。
「いいえ。おやすみになる? 枕出しましょうか」
「ええ、ええ」
言葉をきって、
「縫子はんが来ておってでありますよ」
低い声で何となしひろ子の顔色を見るように告げた。ひろ子は、奇妙な気がした。従妹の縫子は、ひろ子の東京の小さい世帯に一年半も一緒に暮したし、互に気があっていて、ひろ子がここへ来て縫子が訪ねて来るのは全くあたり前と思えるのであった。
「まあよく来たこと!」
思わずそう云って立ち上ったとき、ひろ子は、不思議な感じを与えられた小声のしらせのことは忘れた。
La mère monta l'escalier d'un pas inhabituellement feutré. En voyant Hiroko installée à son bureau, elle dit :
— Tiens, tu ne faisais pas la sieste ?
— Non. Vous voulez vous reposer ? Je vous sors un oreiller ?
— Oui, oui...
Elle marqua une pause avant d'ajouter :
— C'est Nuiko-san qui est là.
Elle prononça ces mots à voix basse, comme pour observer la réaction sur le visage de Hiroko. Celle-ci en éprouva une sensation étrange. Sa cousine Nuiko avait pourtant vécu un an et demi avec elle dans son petit appartement de Tokyo ; elles s'entendaient à merveille et il était tout à fait naturel qu'elle vienne la voir ici.
— Oh, quelle bonne idée elle a eue !
En s'exclamant ainsi tout en se levant, Hiroko oublia l'étrange impression que lui avait laissée l'annonce faite à voix basse.
母のあとについて茶の間へ降りてみると、ガラス障子のところで、縫子が一人坐っている。もうよっぽど前から、そこにそうやっていたように、ぼんやりした所在なさをあらわした姿で坐っている。ひろ子は、また奇妙な気がした。
「どうしたの縫ちゃん。いつ頃から来ていたの」
いぶかしそうに立ったままいきなり訊くひろ子を下から見上げるようにしながら、縫子はもち前の落付いた口調で、
「さア、小一時間も前に来たかしら」
そして、懐しそうににっこりした。
「知らせがいったの?」
「いいえ。わたしお姉さんが来ておられることなんか、ちっとも知らなんだの。昨夜、直次さんの夢を見て、気にかかってせんないから、一寸しらせに来たら、来ておられるって……」
縫子は、一里半歩いて、来ているのであった。
夢で、直次がミヨシというところにいる、という話をしているのをきいた。さめたあとまで、あんまりミヨシという土地の名がはっきり聞えていて忘られないので、近所で旅行案内をかりて地図をみたら、
「不思議でありますねえ」
縫子はしんから偶然の符合をおどろくように濃い眉を傾けてひろ子を見た。
En descendant à la suite de sa belle-mère vers la salle de séjour, Hiroko aperçut Nuiko assise seule près de la porte vitrée. Elle se tenait là, l'air absent et désœuvré, comme si elle était dans cette position depuis déjà fort longtemps. Une fois de plus, Hiroko éprouva une sensation étrange.
— Qu'est-ce qu'il t'arrive, Nuiko ? Depuis quand es-tu là ?
Hiroko, restée debout, posa la question de but en blanc d'un ton soupçonneux. Nuiko leva les yeux vers elle et répondit de sa voix calme et habituelle :
— Oh, je suis arrivée il y a peut-être une petite heure.
Puis elle lui adressa un sourire plein d'affection.
— On t'avait prévenue de mon arrivée ?
— Non. Je ne savais pas du tout que tu étais là, grande sœur. C'est juste que la nuit dernière, j'ai rêvé de Naotsuji ; j'étais si inquiète que je n'y tenais plus. Je suis venue pour donner des nouvelles, et c'est là qu'on m'a dit que tu étais là...
Nuiko venait de parcourir six kilomètres à pied pour arriver jusqu'ici.
Dans son rêve, elle avait entendu Naotsuji dire qu'il se trouvait dans un endroit appelé Miyoshi. Au réveil, ce nom de lieu résonnait encore si distinctement dans son esprit qu'elle n'avait pu l'oublier ; elle avait alors emprunté un guide de voyage dans le voisinage pour consulter une carte et elle l'y avait trouvé.
— C'est incroyable, n'est-ce pas ?
Nuiko regarda Hiroko en fronçant ses sourcils fournis, comme sincèrement frappée par cette coïncidence fortuite.
「ほんにミヨシというところがありました。三次とかくの。芸備線で二時間ほど広島から行ったところに」
「ふーん。そんなことってあるものなのかしら。――そいで、どういうところなの、その三次って……」
「病院はありますって」
「陸軍病院?」
「そうじゃないらしいけど……。もしかしたら、わたしつや子はんとつろうて行って見て来ようかと思って」
黙って熱心にきいていた登代が、
「その三次は、つや子はんがしらべに行きよった豊田村とはまるで別の方角のところじゃろ、のう」
「あれは万部線でありましょう」
「の、つや子はん、つや子はん、ちょいときてみさいの」
ねむりかかった治郎をあぶなっかしくおんぶして、つや子が土間から上って来た。
「のう、あんたが、先度ゆきよったのは豊田村じゃのう」
「はあ」
「そのとき、本部で、三次たらいうところのこと云わなんだか」
「さあ……」
「縫子はんが夢を見たといの、つろうて、さがしに行こうかと云うてじゃよ」
つや子は、薄すり凹んだ瞼をあげるようにして、縫子からひろ子、母へと視線をうつした。
— Il existe bien un endroit nommé Miyoshi. Cela s'écrit avec les caractères « Trois » et « Prospérité ». C’est sur la ligne Geibi, à environ deux heures de Hiroshima.
— Vraiment ? Est-ce possible qu'une telle coïncidence arrive ? Et alors, c’est quel genre d’endroit, ce Miyoshi ?
— On dit qu'il s'y trouve des hôpitaux.
— Des hôpitaux militaires ?
— Ça n'en a pas l'air, mais... Je me disais que je pourrais peut-être y aller avec Tsuyako-san pour voir.
Toyo, qui écoutait avec une attention silencieuse, intervint :
— Ce Miyoshi-là, c’est dans une direction totalement opposée au village de Toyota où Tsuyako-san allait faire ses recherches, n’est-ce pas ?
— Pour Toyota, c'est la ligne Manbe, je crois.
— Dis, Tsuyako-san ! Tsuyako-san ! Viens voir un peu par ici !
Portant sur son dos dans un équilibre précaire le petit Jirō qui commençait à s’endormir, Tsuyako monta de la terre battue dans la pièce.
— Dis-moi, l'endroit où tu es allée l'autre jour, c'était bien le village de Toyota ?
— Oui.
— À ce moment-là, au quartier général, ils ne t'ont pas parlé d'un lieu appelé Miyoshi ?
— Je ne sais pas...
— C'est que Nuiko-san a fait un rêve, vois-tu. Elle propose que vous alliez faire des recherches ensemble là-bas.
Tsuyako leva ses paupières légèrement creusées et déplaça son regard de Nuiko vers Hiroko, puis vers la mère.
「本部でも、云うてでありました。鳥取県の三朝あたりまで分散治療に送ってあるよって、個人でさがしたら、一年かかってもよう分るまいて……」
豊田村から又二里近い山下の国民学校に移った本部の残務整理責任者は、つや子に向って、石田直次軽傷と記入されている一冊の帳簿を開いて見せた。又別のもう一冊を出してみせたら、それには、石田直次の項に、行方不明と記載されていたのであった。
ひろ子は、雲を掴むような話をきくにつけ、自分で一度豊田に行って来ようと決心していた。きのう着いて、つや子と母との話すのをきいているうちその心がきまった。
「じゃ、いっそのこと、こうしましょうか。私は、ともかく一遍どうしても豊田村へ行って調べたいから、明日、縫ちゃん行かない? そして、三次のこともよくきいて、もし手がかりがありそうなら、まわって来てしまうわ、いかが?」
「――えらい難儀じゃのう」
母が気づかわしそうにゆっくり呟いた。
— Au quartier général aussi, ils me l'ont dit : comme les blessés ont été dispersés pour leur convalescence jusque vers Misasa, dans la préfecture de Tottori, si on cherche par ses propres moyens, on pourrait y passer un an sans jamais rien trouver...
Le responsable de la liquidation des affaires courantes du quartier général, qui avait été transféré du village de Toyota vers l'école primaire de Yamashita, à près de huit kilomètres de là, avait ouvert devant Tsuyako un registre où il était inscrit : « Ishida Naotsuji, blessé léger ». Mais lorsqu’il en avait sorti un autre, il était cette fois indiqué, à la rubrique concernant Naotsuji : « Porté disparu ».
À mesure qu'elle écoutait ces récits aussi vagues que si l'on cherchait à saisir des nuages, Hiroko s'était décidée à se rendre elle-même à Toyota. Sa résolution s'était confirmée hier, en écoutant les échanges entre Tsuyako et sa mère.
— Alors, et si nous faisions plutôt ceci ? De toute façon, je veux absolument aller vérifier par moi-même au village de Toyota ; Nuiko, tu ne voudrais pas m'accompagner demain ? Nous nous renseignerons bien sur ce lieu, Miyoshi, et s'il semble y avoir la moindre piste, nous pousserons jusque-là, qu'en penses-tu ?
— ... Ce sera une bien lourde peine pour vous, murmura lentement la mère d'un air inquiet.
「行ってもろうたら、それにこしたことはないけれど……ほん、東京であんな目えみて、ここへ来て、ほん……」
たよりないつや子と母との話だけを又伝えにして、直次さんについてはもう諦めていられますと、重吉に書く勇気はひろ子にないのであった。
それとも、つや子が自身で縫子の夢にきこえた三次というところを訪ねて行きたいこころもちだろうか。
「どうする? つや子さん。自分で行かなくても気がすむこと?」
「さア……」
「つや子さんの気がすむ方にしましょうよ、ね」
「……………」
「こんどは、御苦労でも、ひろ子はんに行んで貰おう、いくらかしゃんとした話もせまあじゃ、のう、つや子はん」
「はア、それがよろしうあります」
相談がきまった。登代が、ねそびれて泣く治郎をおんぶして、駅へ切符の工面に出かけた。
その母が帰り途にかかったと思われる頃、雨が落ちて来た。
「降って来たね、あした雨かしら、困ったこと」
縫子も立って来て、小さいパンツの干してある低い軒先から雨脚をみていたが、
「降りよりますで――これは……」
と、土地ものらしい確信で云った。
— Si on pouvait y aller pour moi, ce serait l'idéal, mais... vraiment, après avoir vécu de telles épreuves à Tokyo et revenir ici, je...
Hiroko ne se sentait pas le courage d'écrire à Jūkichi qu'elle abandonnait tout espoir concernant Naotsuji, en se basant uniquement sur les récits évasifs de sa mère et de Tsuyako. Mais après tout, peut-être Tsuyako avait-elle elle-même le désir de se rendre à cet endroit nommé Miyoshi dont Nuiko avait rêvé ?
— Qu'en dis-tu, Tsuyako ? Pourras-tu avoir l'esprit en paix si tu n'y vas pas toi-même ?
— Eh bien…
— Faisons ce qui te soulagera le plus, n'est-ce pas ?
— ......…
— Cette fois, même si c'est une lourde tâche, laissons Hiroko-san s'en charger. Elle obtiendra sûrement des réponses un peu plus précises, tu ne crois pas, Tsuyako ?
— Oui, ce sera bien mieux ainsi.
L'affaire fut entendue. Toyo prit sur son dos le petit Jirō qui, n'ayant pu s'endormir, s'était mis à pleurer, et elle sortit en direction de la gare pour essayer de se procurer des billets. Alors que la mère devait être sur le chemin du retour, la pluie commença à tomber.
— Voilà qu'il pleut... Pourvu qu'il ne pleuve pas demain, ce serait fâcheux.
Nuiko s'était levée elle aussi ; elle observait les traînées de pluie depuis le bord de l'avant-toit où séchaient de petites culottes d'enfant.
— Elle tombe pour de bon, celle-là..., dit-elle avec l'assurance de ceux qui connaissent bien la région.
「お母はんに、傘もっていて上げなきゃ」
「そうだわ」
ひろ子が土間をさがしたが雨傘らしいものは見当らなかった。
「つや子さん、雨傘どこかしら」
姿の見えないつや子をさがして呼んでいるひまに、
「その辺に、何ぞありましょう」
縫子が、大きい膳棚の横から古い番傘を一本とり出し、それをもって迎えに出て行った。
— Il faut apporter un parapluie à Maman ! — Tu as raison.
Hiroko chercha dans la pièce de terre battue, mais ne vit rien qui ressemble à un parapluie.
— Tsuyako, où sont les parapluies ?
Tandis qu’elle appelait Tsuyako, qui restait invisible, Nuiko intervint :
— Il doit bien y avoir quelque chose par ici.
Elle dénicha un vieux parapluie de papier huilé sur le côté d'un grand buffet à vaisselle et sortit avec pour aller à sa rencontre.
灰色の雨雲が強い風に吹きたてられて、むら立ちながら山の峯々を南から北へ走っている。
雲脚が迅く濃くなるたびに、トタン屋根に白いしぶきを立てて沛然と豪雨が降りそそいだ。大ぶりの最中は、つい近くの山鼻さえ雨に煙った。どっちの道にも朝から人通りが絶えている。
残暑にあぶられてギラついている東京の焼跡から来たひろ子に、夏の終りのこの大雨は、むしろ快よかった。いかにも、山のすぐあっちには広い海のある場所らしく、たっぷり、惜しげない、雨のふり工合がいい心持であった。
けさ、四時すぎの汽車にのるはずであったひろ子と縫子は、一旦その時刻におきて、どうする? と相談した。電燈のついている台所の雨樋をむせぶように鳴らして、もうそのときから大降りであった。
「どうなろういの、この雨で……」
治郎をだいて茶の間にねている母が声をかけた。
「日よりみてからのことにすることでありますよ」
つや子も髪をかきあげながら出て来た。
「駅から二里も歩かんならんのに、この雨では、ほん、せんのうありますわ」
Des nuages gris chargés de pluie, chassés par un vent fort, s’amoncelaient par à-coups et filaient des sommets montagneux du sud vers le nord.
Chaque fois que leur bordure s’assombrissait et s’épaississait, une pluie torrentielle se déversait avec abondance, soulevant des gerbes blanches sur les toits de tôle. Pendant les plus grosses averses, même le flanc proche de la montagne disparaissait derrière le rideau de pluie. Depuis le matin, aucun passant ne se montrait sur aucune des routes.
Hiroko, venue des ruines calcinées de Tokyo où la chaleur résiduelle faisait vibrer l’air, trouvait fort agréables ces averses de fin d’été. L’endroit semblait vraiment proche de la mer, qui s’étendait quelque part juste derrière la montagne : la pluie tombait généreusement, sans aucune retenue, et cette abondance donnait une impression de bien-être.
Hiroko et Nui, qui devaient normalement prendre le train à quatre heures du matin, s’étaient réveillées pour cette heure-là et s’étaient consultées : « Qu’est-ce qu’on fait ? »
Il pleuvait déjà à verse à ce moment-là, au point que la gouttière sous l’auvent de la cuisine, illuminée par la lumière électrique, semblait suffoquer sous le déluge.
« Qu’allons-nous devenir, avec une pluie pareille… ? » lança leur mère depuis le salon, où elle était allongée en tenant Jirô dans ses bras.
« Il vaut mieux attendre de voir comment évolue la situation », répondit Tsuyako en sortant à son tour, tout en se recoiffant.
« Il faut marcher deux ri jusqu’à la gare… avec ce temps, c’est vraiment impossible ! »
おそい汽車に、と思っているうちに、十時になり正午になり、午後になって雨は一層ひどくなった。
縫子は、ひろ子のもんぺのほころびを縫ったり、二人の子供らの腹がけをこしらえたりしてやりながらも、気にして折々雨にかすむ外を見た。
「わたし、かえってまた出直そうかと思うけれど」
「どうしてさ。汽車にものれないのにこの雨を帰れるものか、歩くの?」
「……いて、いいかしら」
「誰にわるいのさ」
「…………」
「そうあれこれ考えないものよ」
「…………」
Pendant qu’elles pensaient encore au train du matin, déjà dix heures sonnaient, puis midi, et l’après-midi arrivait — la pluie ne faisait qu’empirer.
Nui, tout en raccommodant une déchirure sur le pantalon de travail de Hiroko ou en confectionnant de petits gilets pour les deux enfants, jetait de temps en temps un regard inquiet vers l’extérieur, où tout se fondait dans la pluie.
« Tu sais, je me dis que ce serait peut-être mieux de repartir plus tard, après être revenue une première fois...
— Comment ça, “revenir” ? Tu ne peux même pas prendre le train, et avec cette pluie, tu crois vraiment pouvoir rentrer à pied ?
— … Est-ce que ce serait mal ?
— Mal pour qui ?
— ………
— Tu ferais mieux d’arrêter de te tourmenter ainsi.
— ……… »
小声でそんな短い言葉が交されるとき、母もつや子もそのあたりにはいないのであった。石田へゆくと、挨拶を終る間もなくきっとつや子が、何時の汽車でおかえりますの? ときくんだものと親戚の若い女たちは歎いた。つや子は体が弱いせいか、その体のよわいということに気負けして暮しているせいか、直次のいるときから客ずきでなかった。人の出入りもない今、食事ごしらえも感興なく、その場のしのぎという風にされていた。
Ces brefs échanges à voix basse avaient lieu uniquement lorsqu’elles étaient seules, sans leur mère ni Tsuyako dans les parages. Les jeunes femmes de la famille, lorsqu’elles parlaient d’aller chez les Ishida, s’inquiétaient aussitôt : « À peine aurons-nous fini nos salutations qu’aussitôt Tsuyako nous demandera : “À quelle heure part votre train pour rentrer ?” » Tsuyako, sans doute affaiblie par sa santé fragile — ou peut-être justement parce qu’elle se laissait intimider par cette fragilité même —, n’avait jamais été très à l’aise avec les visites, même du temps où Naotsugu vivait encore. À présent qu’il n’y avait plus aucune visite, elle préparait les repas sans enthousiasme, comme à contrecœur, sans autre but que de passer le moment présent. La pluie redoublait d’intensité.
大降りの勢はちっともゆるまず、段々夕方が迫って来た。
「どうで! ほんほん、よう降りよる! つや子はん、また停電なとせんうちに、御飯しまうことで……」
睡眠の奥にまで雨脚がとおっているような一夜が明けた。
きのうは大雨の裡に生々していた自然の眺めもちらばっている家々も、きょうは連日の重い雨に濡れふやけて、力なく、ぼんやり色が流れて見える。
ひろ子が二階で、雨のふりこまない西側の窓から線路の方を見ていると、母があがって来た。ひろ子と並んで線路、その先の竹藪、山裾へと視線をやった。真面目に気づかわしげにその方角をみた。その竹藪のかげに水無瀬川の、大きい河床がかくされているのであった。
六七年前の梅雨時分、ひろ子が来ていたとき、やはり雨がつづいた。刈りのこされた麦が、みんな黒穂にくさって、この窓から見わたすと、河床からあふれて麦畑を浸した大水が幾日も鈍く光った。黒いくさった麦の穂先だけが、その鉛色に光る水の上にそよいでいた。
L’averse ne faiblissait nullement, et peu à peu le soir approchait.
« Eh bien, voilà ! Vraiment, vraiment, ça n’arrête pas de pleuvoir ! Tsuyako-san, il vaudrait mieux finir de dîner avant qu’on ait une autre panne de courant… »
Le jour se leva, après une nuit où le martèlement de la pluie semblait avoir pénétré jusqu’au plus profond du sommeil.
La nature, qui la veille encore paraissait vibrante et vivante sous l’averse, tout comme les maisons dispersées alentour, semblait aujourd’hui s’être amollie et fanée sous ces pluies continues, lourdes, sans fin. Les couleurs s’étaient diluées, ternies, comme délavées par l’eau. Hiroko, à l’étage, contemplait la voie ferrée depuis la fenêtre ouest, celle où la pluie n'entrait pas. Sa mère monta la rejoindre. Toutes deux regardèrent ensemble la ligne de chemin de fer, puis au-delà, le bois de bambous, et enfin le pied de la montagne. La mère regardait dans cette direction avec gravité, l’air sincèrement soucieux. C’est là, derrière cette bambouseraie, que se cachait le large lit de la rivière Minase.
Six ou sept ans plus tôt, lors d’un séjour de Hiroko à la même saison des pluies, il avait plu ainsi sans discontinuer. Le blé, fauché mais abandonné sur place, avait entièrement pourri et s'était couvert de moisissures noires. Depuis cette même fenêtre, on voyait la rivière sortir de son lit et inonder les champs de blé qui luisaient tristement, d’un éclat terne, jour après jour. Seules les pointes noircies des épis pourris ondoyaient encore à la surface de cette nappe d’un gris de plomb.
「ほん、大難儀いのう。山の方で、みんな樹を伐らせよって、おまけに、根っこまで掘りおこしたから、水のとめどがないようになりよった」
「こんどは、いいあんばいにまだ、あっちの畑まで水が出ておりませんね」
「それで結構でありますよ」
石田の家は、街道に沿って埋立てたせまい三角地の上に窮屈に建て増し、建て増しされた家であった。廊下の中に庇合わいなどがあった。こんなに降ると、仏壇のおいてある戸棚の中が大もりになって、バシャバシャしぶいた。家じゅうそこここに、盥、バケツがもち出された。昭夫と治郎とは、その盥をめぐり、バケツのまわりをかけまわっている。子供の叫び声と吹きつけられる大雨のザッ、ザザッという天地いっぱいの音をきいていると、ひろ子は子供時代を思い出した。大雨のときうちの中はいつもうす暗かった。すこしずつすかした雨戸の間から雨がふりこんで古い廊下がぬれていた。ひろ子と二人の弟たちとは、小さい三つの顔を一つずつ雨戸のすき間から覗けて、誰が一番長く雨に顔をたたかれて平気でいられるか、競争をした。それから、濡れている廊下を片足ですべった。昼間の薄ぐらさ、ひどい大雨の音。むし暑さ。それらは、稚いひろ子を興奮させ、どきつかせた。子供らのおまるのわきに、夜じゅう豆ランプがついていて、いつもぼーっと雨戸についた地震戸の棧を照していた。
« Vraiment, c’est bien embêtant… Là-haut, dans la montagne, on a coupé tout les arbres, on a même arraché les racines. Alors maintenant, il n’y a plus rien pour retenir l'eau. »
« Cette fois-ci, heureusement, l’eau n’a pas encore atteint les champs là-bas. »
« Tant mieux, c’est déjà bien ainsi. »
La maison des Ishida, construite de façon très exiguë sur un petit terrain triangulaire gagné sur la rue, avait été agrandie peu à peu par des ajouts successifs. Dans le couloir, ces appentis se rejoignaient de travers. Quand il pleuvait ainsi, le placard où se trouvait l’autel bouddhique se remplissait d’eau jusqu’à déborder, projetant des gerbes sonores. Partout dans la maison, on avait sorti des baquets et des seaux. Akio et Jirô couraient autour, se disputant ces récipients, bondissant d’un baquet à l’autre. En entendant les cris des enfants mêlés au martèlement incessant de la pluie torrentielle — un vacarme immense qui emplissait le ciel et la terre —, Hiroko fut soudain transportée dans son enfance. À cette époque, lors des grandes pluies, la maison était toujours plongée dans une pénombre douce. Par les interstices des volets mal ajustés, la pluie s’engouffrait goutte à goutte et inondait le vieux couloir. Hiroko et ses deux petits frères collaient chacun leur visage à une fente différente dans les volets, et faisaient un concours : qui pourrait garder sans broncher, et le plus longtemps, le visage exposé à la pluie ?, Puis ils prenaient de l’élan pour glisser sur une jambe le long du couloir mouillé. Cette pénombre diurne, le fracas déchaîné de l’averse, la moiteur étouffante — tout cela excitait la petite Hiroko et la remplissait d’une tension fiévreuse. Près du pot de chambre des enfants, une petite lampe à huile brûlait toute la nuit, éclairant vaguement les lattes de la contre-porte fixée aux volets.
今にも消えそうで消えない電燈の下で、落付かない夕飯を終った。
八時すぎになって、前の沢田へふるいをかえして貰いに行ったつや子が、傘をたたみながら、あわただしく入って来た。
「おばあちゃん、川がおごりよりますて」
おこったように、登代が、
「どうしょうぞ!」
と云った。
「二十年も水がおごるようなことはありゃせんじゃったのに」
「おばあちゃん、去年から、大さわぎしよったじゃありませんか。すっかりものあげて、わたしが来てからもう二度も水がおごりよったのに……」
「どうするの? もし物をうごかすなら、今のうちの方がいいんじゃないのかしら、夜中に騒いだりするといけないから」
母は、半信半疑の面もちでしきりに雨音に耳を傾けた。
「――いくらか、ゆりたようじゃありますまいか」
「そうかしら」
ひろ子は、出水に遭った経験が全くなかった。二百十日の颱風で、雨戸をしめた小箱のような一人住みの家の二階がふっとびそうで眠れない思いをしたことはある。けれども、水について、ひろ子はほんとに何にも分らなかった。今の気持だけからいうと、この家にまで浸水しそうに感じられなかった。その感じにしかし、何の根拠がないことも分っている。
Sous la lumière vacillante d’une lampe prête à s’éteindre mais qui résistait encore, le dîner, plein d'inquiétude, prit fin.
Peu après huit heures, Tsuyako, partie rendre un tamis chez les Sawada, qui habitaient en face, rentra précipitamment, refermant en hâte son parapluie.
« Grand-mère, la rivière déborde ! » lança-t-elle, tout essoufflée.
« Oh non ! Qu’est-ce qu’on va faire ? » s’exclama Tokie, l’air fâchée.
« Cela faisait vingt ans qu’on n’avait pas vu crue pareille. »
« Mais grand-mère, on en parlait déjà beaucoup l’année dernière, non ? Depuis que je suis arrivée ici, l’eau a déjà débordé deux fois ! »
« Qu’est-ce qu’on fait, alors ? Si on doit déplacer nos affaires, ne vaudrait-il pas mieux le faire tout de suite ? Ce serait embêtant de devoir s’agiter en pleine nuit… »
La mère, le visage marqué par un doute mêlé de crainte, écoutait le bruit de la pluie avec attention.
« — On dirait quand même qu’elle a un peu molli, non ? »
« Tu crois ? »
Hiroko, elle, n’avait jamais connu d'inondation. Elle se souvenait seulement de la tempête du deux cent dixième jour de l’année, où, dans sa petite maison solitaire — semblable à une boîte fermée par des volets —, elle n’avait pu dormir, persuadée que l'étage allait s’envoler. Mais concernant les inondations, elle n’y comprenait vraiment rien. Pour l’heure, elle ne parvenait même pas à imaginer que l’eau puisse pénétrer jusqu’à l’intérieur de cette maison. Cela dit, elle savait bien que ce sentiment n’avait absolument aucun fondement.
母をかこんで、ひろ子、二人の若い従妹たちが坐っている裏の板じきで、つや子は一人で働き出した。
「子供らをここへねかしたままで、どうなろう」
登代が術なさそうに立ち上った。
子供らを一人ずつ抱いて上り、二階に一同の寝具をうつした。降りて来てみると、つや子は物も云わず細い体で一枚一枚畳をめくり上げている。つや子の口をきかない働きかたには、何か体全体で示しているきびしさがあって、特にしげのを、おどおどさせた。
女手ばかりであげた畳を、台の上につんだ。店の間の畳を、二つの樽に板をわたした上に積みあげられた。
「おばあちゃん、その辺に油の樽があったじゃろ」
それも片づけられた。タバコ店の方に置かれていた衣裳箱を、縫子と何度にもかいて、高いところへ移した。
ひろ子は、あぶなっかしく床板ばかりになった敷居の上にもんぺ姿で立って、働いているうちは耳につかなかった雨音が、また一段劇しくなったのをきいていた。すると、台所の方にいたしげのがけたたましく、
「あら! おばさま!」
と叫んだ。
「どうで?」
登代がいそぎ足でそちらに行った。
「お! はアもう水がはいりよるで!」
Autour de leur mère assise sur les planches à l’arrière de la maison, Hiroko et ses deux jeunes cousines étaient installées, tandis que Tsuyako, seule, se mit au travail.
« Laisser les enfants couchés ici comme ça, qu’est-ce qui va leur arriver ? »
Tomeo, désemparée, se leva.
Elle prit les enfants un à un dans ses bras, les monta à l’étage et transporta là-haut tous les couchages. Quand elle redescendit, elle vit Tsuyako qui, sans dire un mot, soulevait les tatamis un par un avec son frêle corps. Il y avait dans sa manière silencieuse de travailler une dureté manifeste, presque physique, qui troublait particulièrement Shigeno.
Les femmes seules soulevèrent tous ces tatamis et les empilèrent sur une plateforme. Quant à ceux de la pièce principale, elles les posèrent sur des planches appuyées sur deux fûts.
« Grand-mère, il y avait bien un fût d’huile par là, non ? »
Celui-ci fut également déplacé. Puis, avec Nui, elles transportèrent à plusieurs reprises le coffre à vêtements qui se trouvait du côté de la boutique et le hissèrent vers un endroit plus élevé.
Hiroko, en pantalon de travail, se tenait debout, à califourchon sur le seuil désormais dégarni de ses tatamis, dans une position un peu périlleuse. Tandis qu’elle travaillait, elle n’avait pas remarqué le bruit de la pluie, mais elle s’aperçut soudain qu’il avait encore gagné en intensité. À ce moment précis, Shigeno, qui était dans la cuisine, poussa un cri strident :
« Oh ! Madame ! »
« Qu’y a-t-il ? »
Tomeo se hâta de la rejoindre.
« Oh ! L’eau commence déjà à entrer ! »
流元の方からうすい電燈の光をうけながら、音も立てず少しばかり水がひたひた入りこんで来ている。それはまるでこの家へだけ、ほんのぽっちりどこかの水があふれて入って来たばかりと云いたげな何気なさである。
ひろ子は、余りおだやかな目の前のひたひた水を、出水の騒動に結びつけてうけとりかねた。その黒く光る水をぼっと眺めていると、忽ち、小さい昭夫の下駄が浮いて流れ出した。つづいて、土間にあった下駄という下駄がみんな浮き上って流れはじめた。そして、五分経つまいと思う間に土間は脛の高さに水漬りとなった。床へつくまでには、三寸ほどゆとりがあった。
水嵩にばかり気をとられていた四人の女が、ふと気付いたとき、雨音はさっきよりおとなしくなっていた。
ひろ子が楽観したように、
「大体この位ですむんじゃないのかしら」
と云った。
「そうなら大助かりじゃがのう」
それぎり、水は高まって来なかった。シャツ一枚に猿股で沢田の主人が、往来越しにざぶざぶ水をこいで土間に入って来た。
Sous la faible lueur de l'ampoule au-dessus de l'évier, un peu d'eau s'infiltrait sans un bruit, dans un clapotis léger. On aurait dit, tant la scène paraissait anodine, qu'un petit surplus d'eau s'était simplement épanché par mégarde dans cette maison-là, et nulle part ailleurs.
Devant ce clapotis si paisible, Hiroko avait du mal à réaliser qu'elle assistait au début d'une inondation. Alors qu'elle fixait cette eau aux reflets noirs, les petites sandales de bois du jeune Akio se mirent à flotter et à dériver. Puis, l'une après l'autre, toutes les sandales qui se trouvaient dans la pièce de terre battue se soulevèrent et commencèrent à flotter. En moins de cinq minutes, l'eau monta jusqu'à mi-jambe. Il ne restait plus qu'une dizaine de centimètres avant qu'elle n'atteigne le plancher surélevé.
Les quatre femmes, qui n'avaient eu d'yeux que pour la crue, remarquèrent soudain que le bruit de la pluie s'était apaisé.
— Je pense que ça va s'arrêter là, non ? dit Hiroko avec optimisme.
— Si c'est le cas, ce serait un grand soulagement, répondit la mère.
Et en effet, le niveau de l'eau cessa de monter. Le maître de maison des Sawada, vêtu d'un simple maillot de corps et d'un caleçon court, entra dans la pièce de terre battue en fendant l'eau à grands bruits depuis la rue.
「えらいことになりよりましたのう。早、畳あげてでありましたか。それはよかった。何でも手ごうしに来ますけに、心配はいりませんで」
この人は永年石田の前に住んでいる鍛冶やで、整備兵に行っていた二男も先頃帰って来ているのであった。
「どうでありましょうの、堰は切れよってでありますか」
「――今年はどうですこし様子がちがいよりますのう――じゃまた」
ひろ子たちは、二階へ七輪とやかんと茶碗かごをもって上った。
「さあ、まあ一息せにゃ」
はったい粉をかいた。
「おお、そうじゃ、燈心はどこにあったかいの」
「上の棚でありましょう」
「きっと今に停電しよるで」
縫子が下へ行って、燈心と油と皿をもって来た。
「少し水がひきよってでありますよ」
「お母さん、横におなりませ」
ひろ子が土地言葉で云った。
「もう大丈夫らしいから。あとは気をつけますから」
「みんなも、おやすみ……どれ」
母は、着たままころりとしき並べた布団の端に横になった。
— Voilà une bien triste affaire ! Vous avez déjà relevé les tatamis ? C’est une bonne chose. N’ayez aucune crainte, je suis là pour vous prêter main-forte.
Cet homme était le forgeron qui vivait en face de chez les Ishida depuis des années ; son second fils, qui avait servi dans la maintenance aéronautique, était lui aussi rentré depuis peu.
— Qu’en pensez-vous ? La digue a-t-elle rompu ?
— Cette année, c’est un peu différent de d’habitude... Allez, à plus tard !
Hiroko et les autres montèrent à l'étage en emportant un brasero shichirin, une bouilloire et le panier à vaisselle.
— Allez, il faut que nous reprenions un peu notre souffle.
Elles préparèrent de la farine d'orge grillée.
— Oh, c’est vrai ! Où sont donc les mèches ?
— Elles doivent être sur l’étagère du haut.
— C’est sûr, le courant va finir par sauter.
Nuiko redescendit et rapporta des mèches, de l’huile et une soucoupe.
— L’eau est en train de se retirer un peu !
— Maman, allongez-vous donc, dit Hiroko en utilisant le dialecte local. Tout semble hors de danger maintenant. Nous veillerons sur le reste.
— Reposez-vous toutes aussi... Voyons voir.
La mère se laissa tomber, tout habillée, sur le bord des futons alignés et s'allongea.
「ほん、ここはようない土地じゃのう」
つや子も、スカートのまま二人の子供たちのわきに体をのばした。
そのとき、電燈が消えた。
縫子が見つけてもって上っていた蝋燭に火をつけた。大きい影が、人々の横になっている枕もとの壁に映ってゆれた。帰れなくなって気の毒だけれども、縫子がいてよかった。ただ、一人の手がふえているというばかりでなく、ひろ子はこころもちの上でたすかっているところがあるのであった。
雨はそのまま小ぶりになった。ひろ子も寝間着にかえて床の上に両脚をのばしていると、階下で水をこいで来る人の気配がし、階段の下まで来て、
「おごうはん、おごうはん。もうおよってでありますか」
女の声がした。
「沢田のおばさんで」
縫子が、上り口の襖をあけて顔を出した。
「おお縫子はん。水がさっきからおごりよりますで」
その声でむっくり、母とつや子がおき上った。
— Vraiment, ce n'est pas une terre clémente ici...
Tsuyako, gardant sa jupe, s'allongea elle aussi à côté des deux enfants.
C'est alors que la lumière s'éteignit.
Nuiko alluma une bougie qu'elle avait trouvée et montée à l'étage. De grandes ombres oscillèrent sur le mur, juste au-dessus des têtes des dormeuses. Tout en regrettant que Nuiko ne puisse plus rentrer chez elle, Hiroko se sentait soulagée de sa présence. Ce n'était pas seulement une question de bras supplémentaires ; Nuiko lui apportait un véritable réconfort moral.
La pluie s'était apaisée. Hiroko s'était enfin glissée dans son pyjama et étendait ses jambes sur le futon quand elle entendit quelqu'un fendre l'eau au rez-de-chaussée. La personne arriva au pied de l'escalier :
— Madame ! Madame ! Est-ce que vous dormez déjà ? lança une voix de femme.
— C'est la tante des Sawada, chuchota Nuiko en passant la tête par la porte coulissante du palier.
— Oh, Nuiko-san ! L'eau a recommencé à monter depuis tout à l'heure !
À ces mots, la mère et Tsuyako se redressèrent d'un bond.
「どれ、ほんに、まあ、せんないこといのう」
つや子は、来合わせてくれた沢田の主人と息子にたのんで、一旦高いところへうつした衣裳箱を、今度は二階へあげて貰いはじめた。息も入れず、木の衣裳箱、次にトランク、それから行李、箪笥の引出しと、あげさせる。
その手をあけさせないさしずの間に素早く、
「えろうすみませんが、ちょいと置かしてつかアせ」
と沢田の家の深く大きい壺もかき上げられた。それには麦、米、粉が入れられていた。上げられる箱やトランクを部屋のぐるりに置きながらひろ子は食糧が気になった。こうして着物ばかり保護しているが、食糧はどうなのだろう。東京で空襲があった間、市民が真先に心配し、守ったのは食糧であった。ひろ子が知っている範囲では石田の家の米味噌のおき場は前座の床であった。水が床をこせば、それらはもう安全でない。気づきが唇まで出かかった。が、ひろ子はそれをのみこんで、つや子が容赦なく指図して上げさせる衣類箱を、次から次へうけとっては積んだ。田舎では、食糧の心配がないのかもしれない。何とかなるものなのだろう。つや子が、嫁入りのときこしらえて来た衣類、直次の着ていたもの、子供らのための用意、それを濡すまいとする心理は皆にとっても自然なのだろう。
— Bon, vraiment, c'est à n'en plus finir...
Profitant de la présence du maître de maison des Sawada et de son fils, Tsuyako commença à leur demander de monter à l'étage les coffres à vêtements qu'ils avaient pourtant déjà mis à l'abri en hauteur une première fois. Sans les laisser reprendre leur souffle, elle leur fit hisser les coffres en bois, puis les malles, les paniers en osier et enfin les tiroirs des commodes.
Entre deux directives données d'un ton qui n'admettait aucun répit, la voisine s'empressa d'ajouter :
— Je suis vraiment navrée, mais permettez-moi de poser cela ici un instant.
C'étaient les grandes jarres profondes de la famille Sawada que l'on montait à leur tour ; elles étaient remplies d'orge, de riz et de farine. Tout en rangeant les caisses et les malles le long des murs de la chambre, Hiroko s'inquiéta des vivres. On protégeait ainsi tous ces vêtements, mais qu'en était-il de la nourriture ? À Tokyo, pendant les raids aériens, la première préoccupation des citadins, ce qu'ils protégeaient avant tout, c'était les denrées alimentaires. Pour autant qu'elle s'en souvienne, les réserves de riz et de miso de la maison Ishida étaient stockées sous le plancher de la pièce d'entrée. Si l'eau passait par-dessus le plancher, elles ne seraient plus en sécurité.
Elle était sur le point de parler mais elle ravala ses mots et continua de réceptionner et d'empiler les coffres de linge que Tsuyako faisait monter sans relâche. « Peut-être qu'à la campagne, on ne manque jamais de nourriture », pensa-t-elle. « Peut-être qu'on finit toujours par s'en sortir. » Pour tout le monde ici, il semblait tout à fait naturel que la priorité de Tsuyako soit de ne pas laisser s'abîmer les vêtements de son trousseau de mariée, les habits que portait Naotsuji et les affaires préparées pour les enfants.
箱をあげはじめて十分も経ったとき、益々水嵩がまして来て、階下は大騒動になった。
「それ! おごうはん、お上りませ、こけよりますで!」
水の中へ倒れたガラスのこわれる音がした。タバコの空棚が浮き出して、ひっくりかえった。
「どうなろうかいの!」
怒って絶望した母の声がした。こちらで箪笥が浮き出した。
階段の上り端にさし出した裸ローソクの揺れる光が、つい目の下まで来ている水面を照らし出した。
「ハアここまでついちょる!」
濡れた裸体を照らされながら、沢田の主人が、血相のかわった眼元でひろ子を見上げた。その股のつけ根までが水の中にあった。
水に追いあげられる鼠のように、次々と二人の男たちも二階へあがって来た。
「こりゃ早う避難せまあじゃ、家がこけよる」
「そんなこともなかろうけれど……」
上から何か大きいものが流れて来たら、この家はもつまい。土台がいかにもわるい作りであるから。
Dix minutes à peine après qu'on ait commencé à monter les coffres, le niveau de l’eau s'éleva brusquement et le rez-de-chaussée devint le théâtre d'un immense chaos.
— Vite ! Madame, montez donc ! Vous allez vous faire emporter !
On entendit le bruit de vitres se brisant dans l'eau. Les étagères vides du comptoir à tabac se mirent à flotter avant de se renverser.
— Qu’est-ce qui va nous arriver ! cria la mère d'une voix empreinte de colère et de désespoir.
Ici, c'était une commode qui commençait à dériver.
La lueur vacillante d'une bougie sans bougeoir, tendue au-dessus de l'escalier, éclairait la surface de l'eau qui arrivait désormais juste sous leurs yeux.
— Ah ! Elle a déjà atteint ce niveau !
Le corps nu et ruisselant éclairé par la flamme, le maître de maison des Sawada leva les yeux vers Hiroko, le regard transfiguré par l'effroi. L'eau lui montait déjà jusqu'à l'entrejambe.
Tels des rats chassés par la crue, les deux hommes finirent par monter à leur tour à l'étage.
— Il faut évacuer au plus vite, la maison est en train de s'effondrer !
— Oh, peut-être pas à ce point-là, mais...
Hiroko pensait que si un objet volumineux venait à dériver depuis l'amont, la maison ne résisterait pas. Ses fondations étaient, de toute évidence, bien trop fragiles.
二人の子のねている布団の裾を濡れた土足のままふんで、七人の男女がまちまちの背たけでそこにつったった。ひろ子は、西窓の雨戸をあけ、往来を見ようとして、はじめて真からの恐怖にうたれた。往来はもう無かった。雲が切れてうすら明るいような深夜の空の下に黒く濡れた沢田の家のトタン屋根のひろい斜面があり、その軒下からわずか一尺ばかりのところを、道幅いっぱいに濁流が流れていた。黒く鈍く光りながら、もりあがる勢で流れている水は音を立てない。しかも絶対に人の命を奪う深さを示しつつ下へ下へと疾く流れている。その水面にまばらな雨脚が光った。危険はそこにあった。母と小さい二人の孫とは、安全に置かれなければならない。
ひろ子はそれを、自分の責任として感じた。
「この辺で小舟なんかつかわないんでしょうね」
「そんなもの、あらせん」
怒ったように沢田が答えた。
「ともかく、お母さんと小さい人は家を出ましょう」
日頃剛毅な母が、しんから辛そうに、
「どうなろうかいの。こんだけ水がおごっちょるのに、どうで渡れよう」
啜りあげるように叫んだ。
Leurs souliers boueux piétinant le pied des futons où dormaient les deux enfants, sept hommes et femmes de toutes tailles se tenaient là, debout, sans savoir que faire. Hiroko ouvrit le volet de la fenêtre Ouest pour scruter la rue et fut, pour la première fois, frappée d'une terreur absolue. Il n'y avait plus de rue. Sous le ciel de minuit qu'une trouée dans les nuages rendait livide, on ne voyait que la large pente du toit de tôle noir et ruisselant de la maison des Sawada ; à peine trente centimètres sous son avant-toit, un torrent de boue occupait toute la largeur de la chaussée. L'eau, qui s'écoulait avec une force telle qu'elle semblait gonfler en une masse luisante et sombre, ne faisait aucun bruit. Pourtant, elle filait vers l'aval avec une rapidité qui trahissait une profondeur fatale. À la surface, quelques gouttes de pluie éparses scintillaient. Le danger était là, immédiat. Il fallait mettre sa mère et ses deux petits-enfants en sécurité.
Hiroko sentit que cette tâche lui incombait personnellement.
— On n'utilise jamais de barques, par ici ?
— Des barques ? Y'en a pas l'ombre d'une ! répondit Sawada d'un ton rageur.
— Quoi qu'il en soit, Maman et les petits doivent quitter la maison.
Sa mère, d'ordinaire si forte, s'écria dans un sanglot, la voix trahissant une détresse profonde :
— Mais qu'allons-nous devenir ? Avec une eau pareille qui gronde et qui monte, comment pourrons-nous jamais traverser ?
「もうええ、もうええ。家がこけたらここで死ぬるばかりいの」
揺れ動く蝋燭の不安定な光に照らし出された二階の雑然とした一室に恐慌が充満した。
ひろ子は東窓から、新道の方角を見た。目のとどく限り、こちら側の水嵩は低く、新道の上はうっすり白く見えた。
「裏へ出ましょう」
とっさに、きめた。
「梯子はどこにあるの? つや子さん」
「おばあちゃん、梯子どこかいの」
縫子が、
「この階段はずしてかけたらええ」
と云った。箱階段でとりはずしがきいた。
「それがいい。誠さんすみませんが、梯子、裏へかかるでしょう?」
すぐ、父子が、はしごを窓越しにかき出して、屋根へ出た。
— C’est fini, c’est fini ! Si la maison s’effondre, nous n’avons plus qu'à mourir ici !
La panique sature la pièce encombrée de l'étage, baignée par la lumière instable et vacillante de la bougie. Hiroko se tourne vers la fenêtre Est, en direction de la nouvelle route. À perte de vue, le niveau de l’eau semble plus bas de ce côté-là ; la chaussée de la route nationale se dessine, d'un blanc diffus.
— Sortons par l'arrière !
Sa décision est prise, instantanée.
— Où se trouve l'échelle ? Tsuyako ?
— Grand-mère, où est l'échelle ?
Nuiko intervint :
— On n'a qu'à détacher cet escalier et s'en servir !
C’était un escalier de type coffre, amovible.
— C'est une excellente idée. Monsieur Makoto, je vous demande pardon, mais pourriez-vous porter cet escalier et l'installer à l'arrière ?
Aussitôt, le père et le fils empoignèrent l'escalier, le firent passer par la fenêtre et sortirent sur le toit.
「つやちゃん、リュックに子供たちのものとお母さんと二人の着がえ入れて」
母の書類の入った小カバンをひろ子のリュックにつめて、それは、縫子が背負った。つや子が昭夫を、しげのが治郎をおんぶした。
「大丈夫だから、ゆっくり落付いて。――すべらないように」
沢田の細君が先頭に立ち、次に母、つや子、しげのと、窓をこして屋根へ出た。石田の家が幾棟にもわかれて建てられていて、しかも、台所の屋根がずっと東へつき出ていたのは仕合わせであった。その屋根の端から、裏の家の薯畑へ梯子がかかった。
「お姉さん、おでませ」
ひろ子が、屋根へ出たあと、縫子が、ローソクを消し、皆の出たあとの窓の雨戸もひいて来た。
這う形で瓦をわたって屋根の端へ出たとき、梯子の中段まで誠がのぼって来て、畑の中にいる父親とリレーで一人一人を扶けわたした。
「一寸深うありますが、おそれずに」
ひろ子は、裸のまま濡れて微かに筋肉が震えている若い誠の腕につかまって、泥濘に脚をおろした。畑の柔かい土が、膝までもぐった。
— Tsuya-chan, mets les affaires des enfants et des vêtements de rechange pour Maman et toi dans le sac à dos !
Le petit sac contenant les documents de la mère fut glissé dans le sac de Hiroko, que Nuiko chargea sur ses épaules. Tsuyako prit Akio sur son dos, tandis que Shigeno faisait de même avec Jirō.
— Tout va bien se passer, restez calmes... Et faites attention à ne pas glisser.
La femme de Sawada sortit la première par la fenêtre, suivie de la mère, de Tsuyako et de Shigeno. Ce fut une chance que la maison des Ishida soit composée de plusieurs corps de bâtiments et que le toit de la cuisine s'étende loin vers l'Est. C'est au bout de ce toit que l'on appuya l'échelle pour descendre vers le champ de patates de la maison de derrière.
— Grande sœur, c'est à vous.
Après que Hiroko fut sortie sur le toit, Nuiko souffla la bougie et referma les volets de la fenêtre derrière elles.
Alors qu’elles atteignaient le bord du toit en rampant sur les tuiles, le jeune Makoto grimpa jusqu'au milieu de l'échelle et, faisant le relais avec son père resté dans le champ, il les aida une à une à descendre.
— C'est un peu profond, mais n'ayez pas peur.
Hiroko s'agrippa au bras du jeune Makoto — dont la peau nue et ruisselante était parcourue de légers tressaillements musculaires — et posa le pied dans la boue. La terre meuble du champ l'engloutit jusqu'aux genoux.
「お母さんは?」
「あこにおられます、上の道は水がついちょりません」
新道の上は、あたりまえな雨の水たまりがあるばかりだった。砂利を足の裏に痛くふみながら崖に沿って寺の境内へ登って行った。
本堂に燈明がついて、もうそこに黒い人影が群れていた。朝鮮人の家族が多かった。石田の家の先に小川が二股になった三角地帯があり、そこに朝鮮人の農家があった。登代が様子をたずねた。
「はア家もなんもありゃせん」
それは誇張ときこえないのであった。
みんな、濡れたものをぬいで板じきの隅に一かためにおき、誠は、縫子が手当りばったり入れて来た女ものの浴衣を体にかけて、寺でかしてくれた毛布にくるまった。
— Où est Maman ?
— Elle est juste là-bas. Sur la route du haut, l'eau n'est pas montée.
Sur la nouvelle route, il n'y avait rien d'autre que des flaques de pluie ordinaires. Sentant le gravier mordre douloureusement la plante de leurs pieds, elles longèrent la falaise pour monter vers l'enceinte du temple.
Dans le bâtiment principal, des lampes votives étaient allumées et des silhouettes sombres s'y pressaient déjà en foule. Il y avait là beaucoup de familles coréennes. Juste au-delà de la maison des Ishida, là où le ruisseau se divisait en deux, se trouvait une zone en triangle où vivaient des agriculteurs coréens. Toyo s'enquit de leur situation.
— Ah... Il ne reste plus rien, ni maison, ni quoi que ce soit.
Ces mots n'avaient rien d'une exagération.
Chacun retira ses vêtements trempés pour les mettre en tas dans un coin du plancher. Makoto, faute de mieux, s'enveloppa le corps dans un yukata de femme que Nuiko avait fourré au hasard dans le sac, puis s'emmitoufla dans une couverture prêtée par le temple.