うつす = refléter, transférer, …

中井正一 = Nakai-Masakazu

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うつす

utsusu :

refléter, transférer, …

中井正一

Nakai-Masakazu

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source: https://www.aozora.gr.jp/cards/001166/files/46271_31190.html

中井正一全集第三巻現代芸術の空間

あらすじ

インドの王様が、二人の画家に壁画を描かせます。一人は見事な極楽浄土を描きますが、もう一人は壁を磨き続けるばかり。王様は何も描かれていない壁に失望しますが、そこには磨かれた壁に映し出された風景と、王様自身の姿が、まるで動いているかのように見えたのです。この物語は、芸術の本質が「うつす」という行為にあることを示唆しています。

インドの王様が――たいていの物語はこれで始まる――二人の画家に壁画を描かしめた。その壁は相面した二つの巌壁である。ようやく期日が迫るにあたって、一人の画家は彩色美しく極楽の壮厳を描きあげていった。しかるに他の一人の画家はいっこう筆を取らない。ただ巌壁を磨いて絵の下地をのみ造っている。ついにかくして、その日はきた。王様は大きな期待をもって巌壁を訪れた。一方の壁は七宝の樹林、八功の徳水、金銀、瑠璃、玻璃、をちりばめたる清浄の地が描かれている。まさに火宅の三界をのがれて、寂しずかに白露地に入るの思いがあった。王はうっとりとそれに見入るのであった。ようやくひるがえって他の一方の壁に王は視線を向ける。突如、索然たる空気が人々を覆った。そこには何も描かれてはいなかったのである。王の顔色にはあきらかに不快の徴しを現わした。「描かれてはいないではないか。」しかし、その問いよりも画家の答のほうが人々を驚かせた。

Un roi indien — c'est ainsi que commencent la plupart des contes — chargea deux peintres de peindre des fresques sur deux murs qui étaient deux parois rocheuses opposées. Alors que la date limite approchait, l'un des peintres peignait avec des couleurs magnifiques la majesté du paradis. L'autre peintre, par contre, n’avait pas touché à son pinceau. Il se contentait de polir la paroi rocheuse comme pour préparer le fond de sa peinture. Finalement, le jour fatidique arriva. Le roi, plein d’espoir, vint visiter les parois rocheuses. L'un des murs représentait une terre pure ornée de forêts d'arbres aux sept trésors, d'eaux vertueuses aux huit mérites, d'or, d'argent, de lapis-lazuli et de cristal. On avait l'impression d'échapper à notre univers de souffrance et d'entrer dans un lieu paisible. Le roi était absorbé par cette vision. Puis, il tourna son regard vers l'autre mur. Soudain, un air de vide envahit l’assistance. Il n'y avait rien de peint. Le visage du roi montrait clairement des signes de mécontentement. "Il n'y a rien de peint", dit-il. Mais la réponse du peintre surprit encore plus les gens que la question.

「よくごらん下さりませ。」三度の問いに対して、三度の同じ答えが繰り返された。そして長い沈黙が巌壁を支配した。どこよりともなく、誰によってともなくうめき声が洩れはじめる。そして、それはついに賛歎となってすべての人々をも囚とらえた。王もまた三嘆之を久しうして去ったという。すなわち、鏡のごとく磨かれたる壁にはあい面して描かれたる寂光の土がうつしだされて、あまつさえそこに往来する王様の姿もが共にあい漾映して真の動ける十万億仏土を顕現したるがさまであったという。

"Veuillez regarder attentivement", répondit-il. La même réponse fut répétée trois fois aux trois questions. Et un long silence régna sur la paroi rocheuse. Puis des gémissements commencèrent à s'échapper de nulle part, sans que l'on sache qui les poussait. Et ils se transformèrent finalement en admiration, captivant tout le monde. On dit que le roi lui même resta longtemps en admiration avant de s’en aller. En effet, sur le mur poli comme un miroir, la terre de lumière paisible peinte en face se reflétait, et même l'image du roi qui y circulait se fondait avec elle, manifestant ainsi une véritable terre de dix mille milliards de Bouddhas en mouvement.

画家の機知もさることながら、このミトスの中にはかなり深い意味で、芸術現象の本質的なる構造をあらわにしていると思う。

そこには描くことと映すことの内面にある芸術性への指示が潜んでいる。映すことの構造はうつすが示すように移うつす、映うつす、覆うつすなどの等値的射影を意味している。場所的に一方より一方に移動せしめ、しかも関連的等値性をそれが帯びている場合、それをうつすと人々はよぶのである。

Au-delà de l'esprit vif du peintre, je pense que ce mythe, dans un sens assez profond, révèle la structure essentielle du phénomène artistique.

Là se cache une indication de la dimension artistique intrinsèque à l’acte de représenter et de refléter. La structure du reflet, comme le suggère le terme utsusu, implique une projection équivalente, telle que déplacer, refléter ou recouvrir. Lorsque quelque chose est déplacé d’un endroit à un autre tout en conservant une équivalence relationnelle, les gens l’appellent utsusu.

高山に登った人々の経験することであるが、山の頂きにたどりついて、脈々と連なる尾根を見晴らす時、何か叫びだしたくなる。そしてヨーホロロ…………ォと山に特有の調子でどこへともなく喚びかける。否、全山の清澄な空気と無限の寂しずけさへ向って喚びかける。そしてしばらく耳をすます時、山々の嶺より帰りきたるみずからの声がいろいろの変形を受けながらひろびろとひろがって、かぎりない空間に消えていく、ある時は見えない谷間から人の声をもって、ヨーホロロ…………ォと喚びかえさるることすらある。一つの声が無限の空間の中に喚びかえし、木魂こだまし反響するその深い感興こそ、胸の中のあらゆる幾山河に響かうそのひびきにもそれは似るであろう。

C'est une expérience que font ceux qui grimpent dans les hautes montagnes. Lorsqu'ils atteignent le sommet et qu'ils voient les crêtes qui s'étendent à perte de vue, ils ont envie de crier. Et ils lancent un appel vers nulle part, avec un rythme particulier aux montagnes : "Yo-ho-lo-lo..." Non, ils lancent un appel vers l'air pur de toute la montagne et son silence infini. Et lorsqu'ils tendent l'oreille pendant un moment, leur propre voix, revenue des crêtes des montagnes, se répand largement en subissant diverses transformations, disparaissant dans l'espace infini. Parfois, même, une voix humaine peut répondre depuis une vallée invisible : "Yo-ho-lo-lo..." Cette profonde émotion de voir une voix lancer un appel dans l'espace infini et résonner en écho doit ressembler à la résonance qui résonne dans toutes les montagnes et rivières de notre cœur.

かかる反響、射影こそ芸術の原現象の象徴でなくてはならない。移うつし、映うつし、覆うつす、すべての現象は、かかるただちに声をうつしあう射影的現象でもなくてはならない。言葉の母音ならびに子音のあい反映する領域がすなわち文字の韻律である。音響の種々の変容による射影現象が作曲の意味でもある。

うつすという現象の中にこそ深い芸術の原現象ウルフェノメナがなければならない。

すでに日本語ではかたちという視覚の根源的現象がすでにうつすという現象と関連をもっている。

Un tel écho, une telle projection, doit être le symbole du phénomène originel de l'art. Tous les phénomènes de transfert, de réflexion et de couverture doivent être des phénomènes de projection qui reflètent immédiatement les voix les unes les autres. Le domaine où les voyelles et les consonnes des mots se reflètent mutuellement est le rythme des lettres. Le phénomène de projection dû aux diverses transformations des sons est aussi le sens de la composition musicale.

C'est dans le phénomène du reflet que doit se trouver le phénomène originel profond de l'art, l'Urphänomen.

En japonais, le phénomène fondamental de la vision, "katachi" (forme), est déjà lié au phénomène de reflet.

かたという言葉は辞書に見れば象、形、容、態、型、式、跡、質、の漢字をあてるごとく、存在のものではなくして、等質的に抽象されしその外輪、あるいはその外輪がほかのものに等値的に痕のこせし射影、さらにその等値性よりして、それと交換しうる異質的存在を指し示す。

Le mot "kata" (forme), selon le dictionnaire, peut être écrit avec les caractères chinois suivants : "shō" (象, image), "kei" (形, forme), "yō" (容, apparence), "tai" (態, attitude), "kei" (型, modèle), "shiki" (式, style), "ato" (跡, trace), "shitsu" (質, qualité). Il ne s'agit pas d'une existence, mais de son contour abstrait de manière équivalente, ou d'une projection où ce contour laisse une trace équivalente sur autre chose, ou encore d'une existence hétérogène qui peut être échangée avec elle en raison de cette équivalence.

『執語』の「ほととぎすのかたをかきて…………」『神代記』の「国造被神之象(みかた)」は形、象、容、態を意味する。小紋のかたあるいは「ささらがた錦のひもを…………」などは型である。「かたのごとく」という武道演劇におけるは、それは別の意味の型、格である。蓮如の「かたのごとく一宇を建立し…………」もまたそれである。そのほか貸金の抵当質物として「年季のこの玉を、たった三百のかたにとって…………」と用うる場合がある。うらかた(古形)からきたと思われる「かたのよきもの」すなわち仕あわせものを意味するのは特殊の変形的使用法である。例の「ひょんな心にならんした、かたの悪い梅川様…………」がそれである。「かたもなく散りはてて」は跡としてのかたである。また鋳物のかたがあり、染物のかたがみからくるのに『重井筒』の「代々伝はる紺屋の型と、共に禿げたる頭かしらをおろし………」などがある。

"Hototogisu no kata wo kakite..." (en dessinant la forme d'un coucou...) dans le "Jitsugo" et "Kuni tsukuri mikami no mikata" (l'image du dieu qui a créé le pays) dans le "Kojiki" signifient forme, image, apparence et attitude. "Komon no kata" (le modèle des petits motifs) ou "Sasaragata nishiki no himo wo..." (les cordes de brocart en forme de sasaragata) sont des modèles. "Kata no gotoku" (comme une forme) dans les arts martiaux et le théâtre est un modèle ou une forme dans un sens différent. "Kata no gotoku ichi-u wo kenryū shi..." (en construisant un temple comme une forme) de Rennyo en est un autre exemple. Il y a aussi le cas où il est utilisé comme "Nenki no kono tama wo, tatta sanbyaku no kata ni totte..." (en prenant ce joyau à terme comme garantie pour seulement trois cents) en tant que garantie pour un prêt. "Kata no yoki mono" (ce qui est de bonne forme), qui semble venir de "urakata" (ancienne forme), signifiant une chose bien faite, est une utilisation spéciale et transformée. "Hyonna kokoro ni naranshi ta, kata no warui Umekawa-sama..." (la malheureuse Umekawa-sama, qui a eu un cœur étrange...) en est un exemple. "Kata mo naku chiri hatete" (s'éparpiller sans forme) est une forme en tant que trace. Il y a aussi le moule de la fonderie, et "kata" (modèle) de la teinture, comme dans "Yo-yo tsutawaru konya no kata to, tomo ni hagetaru kashira wo oroshi..." (en baissant la tête chauve avec le modèle de teinturier transmis de génération en génération) du "Kasane Izutsu".

その意味するすべての内面には型と原存在との間の等値的射影が指示されている。写うつされ、移うつされ、覆うつされている。

形式といい、様式というすべての内面には、かかるかたとそれを築きあげる機構としてのうつすという現象が存在していることに気づかなければならない。

かくて私たちはかのインドのミトスを顧みて、深い示唆に教えられるところのものが多い。

Tous les sens qu'il signifie indiquent une projection équivalente entre le modèle et l'existence originelle. Il est copié, transféré, couvert.

Il faut se rendre compte que dans tous les sens de "keishiki" (forme) et de "yōshiki" (style), il y a le phénomène de "kata" (forme) et de "utsusu" (refléter) en tant que mécanisme pour le construire.

Ainsi, en revenant au mythe indien, nous sommes grandement instruits par sa profonde suggestion.

現象学的意味で気分とも訳さるべき Stimmung という言葉も語原的には音響あるいは言語的意味の射影的等値性を指す。べッセラーは音楽の世界にそれを用いて、情趣内存在 In Stimmung sein とよんでいる。言語的領域ではそれは投票を意味している。何も私たちはドイツ語から思惟を出発しなくてもよい。日本語でもたくさんである。

Le mot "Stimmung", qui est traduit comme "kibun" (humeur) dans un sens phénoménologique, indique également à l'origine une équivalence de projection dans un sens sonore ou linguistique. Besseler l'utilise dans le monde de la musique, l'appelant "In Stimmung sein" (être dans une humeur). Dans le domaine linguistique, il signifie vote. Nous n'avons pas besoin de partir de la pensée allemande. Il y en a beaucoup en japonais aussi.

こうしたうつすという現象がすでに移す、写す、覆すにおけるように能動的な方向と所動的な方向がわかたれてくる。何か企画的に自動的に移す場合と、単にそこに投げだされる意味での他動的な覆す場合がある。これが光の領域にあらわれる時、光の二つの方向としてあらわれる。たとえばレンズで撮影機カメラにおける現象は受動的なる単なる記録構造をもっている。これに反して、映写機プロジェクターにおいては、光は内から外に向って方向を取っている。写真では撮影と焼付けがその構造をもつ。すなわちうつすことと芸術の原現象ウルフェノメナの二つの方向がここにすでに構成されている。眼球ではそれが水晶体によってされることによって複雑化されて視点がまぎれやすい。機械は常に機能の拡大であり、それはその構造の内面機構の単純化をももたらせて本質的に遊離して私たちの前にもたらしてくれる。このことは私たちには興味深い事実としてあたえられていると思う。

Dans le phénomène de "utsusu" (refléter), comme dans "utsusu" (transférer), "utsusu" (copier) et "kutsugaesu" (renverser), il y a une direction active et une direction passive. Il y a le cas de transférer quelque chose de manière planifiée et automatique, et le cas de renverser passivement dans le sens d'être simplement jeté là. Lorsque cela apparaît dans le domaine de la lumière, cela apparaît comme deux directions de la lumière. Par exemple, le phénomène dans un appareil photo avec un objectif a une structure d'enregistrement passive simple. En revanche, dans un projecteur, la lumière prend une direction de l'intérieur vers l'extérieur. Dans la photographie, la prise de vue et le tirage ont cette structure. C'est-à-dire que les deux directions du reflet et du phénomène originel de l'art, l'Urphänomen, sont déjà constituées ici. Dans le globe oculaire, cela est compliqué par le fait que cela est fait par le cristallin, et le point de vue est facile à confondre. La machine est toujours une extension de la fonction, et elle apporte également la simplification du mécanisme interne de sa structure, nous la présentant essentiellement séparée. Je pense que cela nous est donné comme un fait intéressant.

インドのミトスで、描くかわりに巌壁を磨いたことは、描くことの内面にひそむうつすことの本質現象を囚とらえきたってあまさない。ナルシサスの美しさも水にうつすことによって自覚される。いわばうつすこと、それが水にもせよ、金銀にもせよ、鋼金にもせよ、水晶体にもせよ、レンズにもせよ、うつすことその中に、芸術の始源的原型が内在せりと考えらるべきである。日本語でうつすことがそのまま移動的意味を構成するごとく、それは芸術の移入的等値的射影性を意味すると考えたい。あらゆる意識の働きの原型もが、生命のすべての現象の等値的射影的関連にありとも考えられよう。うつすことの原現象形態がまたそのまま文字、音楽などにもいきわたって、芸術のウルフェノメナに深い関連をもつとも考えられよう。そして今、レンズの場合、光が石英の合成体を通して、正しき屈折律をもって反射し、そこに展のべられる正確なる光の現象は、集団的意志、すなわち見る意志の深い具象化とも考えられよう。

En Inde, dans les mythes, au lieu de peindre, on polissait les parois rocheuses, capturant ainsi l'essence phénoménale de la reproduction qui se cache dans l'acte de peindre. La beauté de Narcisse est également perçue à travers son reflet dans l'eau. En d'autres termes, la reproduction, qu'elle soit dans l'eau, l'or, l'argent, l'acier, les cristaux ou les lentilles, contient en elle-même le prototype originel de l'art. Tout comme en japonais, le terme "reproduire" (utsusu) implique à la fois une signification de transfert et de projection, il représente également la projection équivalente et immersive de l'art. On pourrait dire que le prototype de toute activité consciente réside dans la relation projective et équivalente de tous les phénomènes de la vie. La forme phénoménale originelle de la reproduction s'étend également à l'écriture, à la musique, et est profondément liée aux phénomènes fondamentaux de l'art (Urphänomene). Et maintenant, dans le cas des lentilles, lorsque la lumière traverse un composé de quartz et se reflète avec une loi de réfraction correcte, le phénomène précis de la lumière qui s'y déploie peut être considéré comme une concrétisation profonde de la volonté collective, c'est-à-dire la volonté de voir.

(G) Dans le mythe indien, le fait de polir la paroi rocheuse au lieu de peindre saisit l'essence du phénomène de reflet caché dans l'acte de peindre. La beauté de Narcisse est également perçue par le reflet dans l'eau. En d'autres termes, le reflet, qu'il s'agisse de l'eau, de l'or et de l'argent, de l'acier, du cristallin ou de la lentille, doit être considéré comme contenant l'archétype originel de l'art. Comme le mot japonais "utsusu" (refléter) constitue directement un sens de mouvement, je voudrais considérer qu'il signifie la projection équivalente et transitoire de l'art. On peut également considérer que l'archétype de toutes les fonctions de la conscience réside dans la relation de projection équivalente de tous les phénomènes de la vie. La forme du phénomène originel du reflet peut également se répandre dans les lettres, la musique, etc., et être profondément liée à l'Urphänomen de l'art. Et maintenant, dans le cas de la lentille, le phénomène précis de la lumière qui est réfléchi par une loi de réfraction correcte à travers un corps composite de quartz et qui s'y déploie peut être considéré comme la concrétisation profonde de la volonté collective, c'est-à-dire de la volonté de voir.

このうつすことが単に投影される方向より、投影する方向に転ずることで、うつすことは単なる鏡より飜身して、光画に変ずる。ここにこの二つの方向の転換の意味がモンタージュの意味の本質である。この投げられる方向より投げる方向への転換性、そこにこそモンタージュの機構の秘密がある。

(G) Le fait que ce reflet passe d'une direction où il est simplement projeté à une direction où il projette transforme le reflet d'un simple miroir en une image lumineuse. C'est ici que le sens de cette transition entre les deux directions est l'essence du sens du montage. Le secret du mécanisme du montage réside dans cette transition de la direction où il est jeté à la direction où il jette.

(D) Cette reproduction, au lieu d'être simplement projetée dans une direction, se transforme en une projection active, passant du simple miroir à une image lumineuse. C'est ici que réside l'essence du montage : dans cette transition entre la direction de ce qui est projeté et celle de ce qui projette. C'est dans cette transformation, de la direction reçue à la direction donnée, que se trouve le secret du mécanisme du montage.

Un roi indien — c'est ainsi que commencent la plupart des contes — chargea deux peintres de peindre des fresques sur deux murs qui étaient deux parois rocheuses opposées. Alors que la date limite approchait, l'un des peintres peignait avec des couleurs magnifiques la majesté du paradis. L'autre peintre, par contre, n’avait pas touché à son pinceau. Il se contentait de polir la paroi rocheuse comme pour préparer le fond de sa peinture. Finalement, le jour fatidique arriva. Le roi, plein d’espoir, vint visiter les parois rocheuses. L'un des murs représentait une terre pure ornée de forêts d'arbres aux sept trésors, d'eaux vertueuses aux huit mérites, d'or, d'argent, de lapis-lazuli et de cristal. On avait l'impression d'échapper à notre univers de souffrance et d'entrer dans un lieu paisible. Le roi était absorbé par cette vision. Puis, il tourna son regard vers l'autre mur. Soudain, un air de vide envahit l’assistance. Il n'y avait rien de peint. Le visage du roi montrait clairement des signes de mécontentement. "Il n'y a rien de peint", dit-il. Mais la réponse du peintre surprit encore plus les gens que la question.

"Veuillez regarder attentivement", répondit-il. La même réponse fut répétée trois fois aux trois questions. Et un long silence régna sur la paroi rocheuse. Puis des gémissements commencèrent à s'échapper de nulle part, sans que l'on sache qui les poussait. Et ils se transformèrent finalement en admiration, captivant tout le monde. On dit que le roi lui même resta longtemps en admiration avant de s’en aller. En effet, sur le mur poli comme un miroir, la terre de lumière paisible peinte en face se reflétait, et même l'image du roi qui y circulait se fondait avec elle, manifestant ainsi une véritable terre de dix mille milliards de Bouddhas en mouvement.

Au-delà de l'esprit vif du peintre, je pense que ce mythe, dans un sens assez profond, révèle la structure essentielle du phénomène artistique.

Là se cache une indication de la dimension artistique intrinsèque à l’acte de représenter et de refléter. La structure du reflet, comme le suggère le terme utsusu, implique une projection équivalente, telle que déplacer, refléter ou recouvrir. Lorsque quelque chose est déplacé d’un endroit à un autre tout en conservant une équivalence relationnelle, les gens l’appellent utsusu.

C'est une expérience que font ceux qui grimpent dans les hautes montagnes. Lorsqu'ils atteignent le sommet et qu'ils voient les crêtes qui s'étendent à perte de vue, ils ont envie de crier. Et ils lancent un appel vers nulle part, avec un rythme particulier aux montagnes : "Yo-ho-lo-lo..." Non, ils lancent un appel vers l'air pur de toute la montagne et son silence infini. Et lorsqu'ils tendent l'oreille pendant un moment, leur propre voix, revenue des crêtes des montagnes, se répand largement en subissant diverses transformations, disparaissant dans l'espace infini. Parfois, même, une voix humaine peut répondre depuis une vallée invisible : "Yo-ho-lo-lo..." Cette profonde émotion de voir une voix lancer un appel dans l'espace infini et résonner en écho doit ressembler à la résonance qui résonne dans toutes les montagnes et rivières de notre cœur.

Un tel écho, une telle projection, doit être le symbole du phénomène originel de l'art. Tous les phénomènes de transfert, de réflexion et de couverture doivent être des phénomènes de projection qui reflètent immédiatement les voix les unes les autres. Le domaine où les voyelles et les consonnes des mots se reflètent mutuellement est le rythme des lettres. Le phénomène de projection dû aux diverses transformations des sons est aussi le sens de la composition musicale.

C'est dans le phénomène du reflet que doit se trouver le phénomène originel profond de l'art, l'Urphänomen.

En japonais, le phénomène fondamental de la vision, "katachi" (forme), est déjà lié au phénomène de reflet.

Le mot "kata" (forme), selon le dictionnaire, peut être écrit avec les caractères chinois suivants : "shō" (象, image), "kei" (形, forme), "yō" (容, apparence), "tai" (態, attitude), "kei" (型, modèle), "shiki" (式, style), "ato" (跡, trace), "shitsu" (質, qualité). Il ne s'agit pas d'une existence, mais de son contour abstrait de manière équivalente, ou d'une projection où ce contour laisse une trace équivalente sur autre chose, ou encore d'une existence hétérogène qui peut être échangée avec elle en raison de cette équivalence. "Hototogisu no kata wo kakite..." (en dessinant la forme d'un coucou...) dans le "Jitsugo" et "Kuni tsukuri mikami no katachi" (l'image du dieu qui a créé le pays) dans le "Kojiki" signifient forme, image, apparence et attitude. "Komon no kata" (le modèle des petits motifs) ou "Sasaragata nishiki no himo wo..." (les cordes de brocart en forme de sasaragata) sont des modèles. "Kata no gotoku" (comme une forme) dans les arts martiaux et le théâtre est un modèle ou une forme dans un sens différent. "Kata no gotoku ichi-u wo kenryū shi..." (en construisant un temple comme une forme) de Rennyo en est un autre exemple. Il y a aussi le cas où il est utilisé comme "Nenki no kono tama wo, tatta sanbyaku no kata ni totte..." (en prenant ce joyau à terme comme garantie pour seulement trois cents) en tant que garantie pour un prêt. "Kata no yoki mono" (ce qui est de bonne forme), qui semble venir de "urakata" (ancienne forme), signifiant une chose bien faite, est une utilisation spéciale et transformée. "Hyonna kokoro ni naranshi ta, kata no warui Umekawa-sama..." (la malheureuse Umekawa-sama, qui a eu un cœur étrange...) en est un exemple. "Kata mo naku chiri hatete" (s'éparpiller sans forme) est une forme en tant que trace. Il y a aussi le moule de la fonderie, et "kata" (modèle) de la teinture, comme dans "Yo-yo tsutawaru konya no kata to, tomo ni hagetaru kashira wo oroshi..." (en baissant la tête chauve avec le modèle de teinturier transmis de génération en génération) du "Kasane Izutsu".

Tous les sens qu'il signifie indiquent une projection équivalente entre le modèle et l'existence originelle. Il est copié, transféré, couvert.

Il faut se rendre compte que dans tous les sens de "keishiki" (forme) et de "yōshiki" (style), il y a le phénomène de "kata" (forme) et de "utsusu" (refléter) en tant que mécanisme pour le construire.

Ainsi, en revenant au mythe indien, nous sommes grandement instruits par sa profonde suggestion.

Le mot "Stimmung", qui est traduit comme "kibun" (humeur) dans un sens phénoménologique, indique également à l'origine une équivalence de projection dans un sens sonore ou linguistique. Besseler l'utilise dans le monde de la musique, l'appelant "In Stimmung sein" (être dans une humeur). Dans le domaine linguistique, il signifie vote. Nous n'avons pas besoin de partir de la pensée allemande. Il y en a beaucoup en japonais aussi.

Dans le phénomène de "utsusu" (refléter), comme dans "utsusu" (transférer), "utsusu" (copier) et "kutsugaesu" (renverser), il y a une direction active et une direction passive. Il y a le cas de transférer quelque chose de manière planifiée et automatique, et le cas de renverser passivement dans le sens d'être simplement jeté là. Lorsque cela apparaît dans le domaine de la lumière, cela apparaît comme deux directions de la lumière. Par exemple, le phénomène dans un appareil photo avec un objectif a une structure d'enregistrement passive simple. En revanche, dans un projecteur, la lumière prend une direction de l'intérieur vers l'extérieur. Dans la photographie, la prise de vue et le tirage ont cette structure. C'est-à-dire que les deux directions du reflet et du phénomène originel de l'art, l'Urphänomen, sont déjà constituées ici. Dans le globe oculaire, cela est compliqué par le fait que cela est fait par le cristallin, et le point de vue est facile à confondre. La machine est toujours une extension de la fonction, et elle apporte également la simplification du mécanisme interne de sa structure, nous la présentant essentiellement séparée. Je pense que cela nous est donné comme un fait intéressant.

En Inde, dans les mythes, au lieu de peindre, on polissait les parois rocheuses, capturant ainsi l'essence phénoménale de la reproduction qui se cache dans l'acte de peindre. La beauté de Narcisse est également perçue à travers son reflet dans l'eau. En d'autres termes, la reproduction, qu'elle soit dans l'eau, l'or, l'argent, l'acier, les cristaux ou les lentilles, contient en elle-même le prototype originel de l'art. Tout comme en japonais, le terme "reproduire" (utsusu) implique à la fois une signification de transfert et de projection, il représente également la projection équivalente et immersive de l'art. On pourrait dire que le prototype de toute activité consciente réside dans la relation projective et équivalente de tous les phénomènes de la vie. La forme phénoménale originelle de la reproduction s'étend également à l'écriture, à la musique, et est profondément liée aux phénomènes fondamentaux de l'art (Urphänomene). Et maintenant, dans le cas des lentilles, lorsque la lumière traverse un composé de quartz et se reflète avec une loi de réfraction correcte, le phénomène précis de la lumière qui s'y déploie peut être considéré comme une concrétisation profonde de la volonté collective, c'est-à-dire la volonté de voir.

(G) Dans le mythe indien, le fait de polir la paroi rocheuse au lieu de peindre saisit l'essence du phénomène de reflet caché dans l'acte de peindre. La beauté de Narcisse est également perçue par le reflet dans l'eau. En d'autres termes, le reflet, qu'il s'agisse de l'eau, de l'or et de l'argent, de l'acier, du cristallin ou de la lentille, doit être considéré comme contenant l'archétype originel de l'art. Comme le mot japonais "utsusu" (refléter) constitue directement un sens de mouvement, je voudrais considérer qu'il signifie la projection équivalente et transitoire de l'art. On peut également considérer que l'archétype de toutes les fonctions de la conscience réside dans la relation de projection équivalente de tous les phénomènes de la vie. La forme du phénomène originel du reflet peut également se répandre dans les lettres, la musique, etc., et être profondément liée à l'Urphänomen de l'art. Et maintenant, dans le cas de la lentille, le phénomène précis de la lumière qui est réfléchi par une loi de réfraction correcte à travers un corps composite de quartz et qui s'y déploie peut être considéré comme la concrétisation profonde de la volonté collective, c'est-à-dire de la volonté de voir.

(G) Le fait que ce reflet passe d'une direction où il est simplement projeté à une direction où il projette transforme le reflet d'un simple miroir en une image lumineuse. C'est ici que le sens de cette transition entre les deux directions est l'essence du sens du montage. Le secret du mécanisme du montage réside dans cette transition de la direction où il est jeté à la direction où il jette.

(D) Cette reproduction, au lieu d'être simplement projetée dans une direction, se transforme en une projection active, passant du simple miroir à une image lumineuse. C'est ici que réside l'essence du montage : dans cette transition entre la direction de ce qui est projeté et celle de ce qui projette. C'est dans cette transformation, de la direction reçue à la direction donnée, que se trouve le secret du mécanisme du montage.