続戦争と一人の女 : la Guerre et une Femme, suite

坂口安吾 : Sakaguchi Ango

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続戦争と一人の女

la Guerre et une Femme, suite

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坂口安吾

Sakaguchi Ango

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サロン , 1946-12

1946年(昭和21年)10月1日、雑誌『新生』臨時増刊号(小説特集号)第1号に「戦争と一人の女」掲載された[1]。ゲラ刷りの段階でGHQの検閲により多くの文章が大幅削除されたために、翌月11月1日、雑誌『サロン』11月号(第1巻第3号)小説特集号に「続戦争と一人の女」が発表された。末尾には、安吾自身の注記で「新生特輯号の姉妹作」と付されている[1]。

その後はこの「続」の方を「戦争と一人の女」と改題し、1947年(昭和22年)5月15日刊行の単行本『いづこへ』に初収録された。最初に掲載された『新生』版の方は、同一状況の展開を、男側の視点で綴られているが、『サロン』版は、女の視線で語られている(安吾の初の女語りの作品)[1][2]。闇に葬られていた『新生』版は、安吾の没後の1971年(昭和46年)12月に刊行の『定本坂口安吾全集 第13巻』(冬樹社)に初収録され[1]、以降、『新生』版が「戦争と一人の女」として復帰した[2]。

Le 1er octobre 1946 (Showa 21), « La Guerre et une femme » (Sensō to hitori no onna) a été publié dans le premier numéro spécial (consacré aux romans) de la revue Shinsei. En raison d'une censure massive effectuée par le GHQ (Commandement suprême des forces alliées) au stade des épreuves de l'imprimerie, de nombreux passages furent supprimés. Par conséquent, le mois suivant, le 1er novembre, « La Guerre et une femme, suite » a été publié dans le numéro de novembre de la revue Salon (Volume 1, n°3). À la fin du texte, une note d'Ango lui-même précise qu'il s'agit d'une « œuvre sœur du numéro spécial de Shinsei ».

Par la suite, cette « suite » a été renommée « La Guerre et une femme » et a été incluse pour la première fois dans le recueil Izuko e, publié le 15 mai 1947. Alors que la version originale parue dans Shinsei relate le développement d'une situation identique du point de vue de l'homme, la version de Salon est racontée du point de vue de la femme (il s'agit de la première œuvre d'Ango utilisant une narration féminine). La version de Shinsei, longtemps restée dans l'ombre, a été publiée pour la première fois après la mort de l'auteur, en décembre 1971, dans le volume 13 des Œuvres complètes de Sakaguchi Ango (Éditions Fuyukisha). Depuis lors, la version de Shinsei a repris son titre original de « La Guerre et une femme ».

カマキリ親爺は私のことを奥さんと呼んだり姐さんと呼んだりした。デブ親爺は奥さんと呼んだ。だからデブが好きであつた。カマキリが姐さんと私をよぶとき私は気がつかないふうに平気な顔をしてゐたが、今にひどい目にあはしてやると覚悟をきめてゐたのである。

カマキリもデブも六十ぐらゐであつた。カマキリは町工場の親爺でデブは井戸屋であつた。私達はサイレンの合間々々に集つてバクチをしてゐた。野村とデブが大概勝つて、私とカマキリが大概負けた。カマキリは負けて亢奮してくると、私を姐さんとよんで、厭らしい目付をした。時々よだれが垂れさうな露骨な顔付をした。カマキリは極度に吝嗇であつた。負けた金を払ふとき札をとりだして一枚一枚皺をのばして手放しかねてゐるのであつた。唾をつけて汚いぢやないの、はやくお出しなさい、と言ふと泣きさうなクシャ/\な顔をする。

Le vieux Kamakiri m’appelait tantôt « Madame », tantôt « Grande sœur ». Le vieux Gros m’appelait « Madame ». C’est pourquoi j’aimais bien le Gros. Quand Kamakiri m’appelait « Grande sœur », je gardais un visage impassible comme si je n’y prêtais pas attention, mais j’étais bien décidée à lui faire payer cher un jour.

Kamakiri et le Gros avaient tous deux dans les soixante ans. Kamakiri était le patron d’un petit atelier, le Gros était puisatier. Nous nous réunissions entre les coups de sirènes des alertes pour jouer aux cartes. Nomura et le Gros gagnaient presque toujours, tandis que Kamakiri et moi perdions la plupart du temps. Quand Kamakiri s’excitait à force de perdre, il m’appelait « Grande sœur » avec un regard lubrique. Parfois, il avait un air si grossier qu’on aurait dit qu’il allait baver. Kamakiri était d’une avarice extrême. Quand il devait payer ses pertes, il sortait ses billets, les lissait un à un, rechignant à s’en séparer. Quand je lui disais : « C’est sale de mouiller les billets avec ta salive, dépêche-toi de payer », il prenait un air tout chiffonné, prêt à pleurer.

私は時々自転車に乗つてデブとカマキリを誘ひに行つた。私達は日本が負けると信じてゐたが、カマキリは特別ひどかつた。日本の負けを喜んでゐる様子であつた。男の八割と女の二割、日本人の半分が死に、残つた男の二割、赤ん坊とヨボ/\の親爺の中に自分を数へてゐた。そして何百人だか何千人だかの妾の中に私のことを考へて可愛がつてやらうぐらゐの魂胆なのである。

かういふ老人共の空襲下の恐怖ぶりはひどかつた。生命の露骨な執着に溢れてゐる。そのくせ他人の破壊に対する好奇心は若者よりも旺盛で、千葉でも八王子でも平塚でもやられたときに見物に行き、被害が少いとガッカリして帰つてきた。彼等は女の半焼の死体などは人が見てゐても手をふれかねないほど屈みこんで叮嚀に見てゐた。

カマキリは空襲のたびに被害地の見物に誘ひに来たが、私は二度目からはもう行かなかつた。彼等は甘い食物が食べられないこと、楽しい遊びがないこと、生活の窮屈のために戦争を憎んでゐたが、可愛がるのは自分だけで、同胞も他人もなく、自分のほかはみんなやられてしまへと考へてゐた。空襲の激化につれて一皮々々本性がむかれてきて、しまひには羞恥もなくハッキリそれを言ひきるやうになり、彼等の目附は変にギラ/\して悪魔的になつてきた。人の不幸を嗅ぎまはり、探しまはり、乞ひ願つてゐた。

Parfois, j’allais à vélo inviter le Gros et Kamakiri. Nous étions convaincus que le Japon allait perdre la guerre, mais Kamakiri était particulièrement virulent. Il semblait se réjouir de la défaite du Japon. Il comptait que huit hommes sur dix et deux femmes sur dix, soit la moitié des Japonais, mourraient, et il s’incluait parmi les deux hommes sur dix restants, les bébés et les vieillards décrépits. Il envisageait même de me compter parmi ses centaines ou milliers de concubines, pour me chérir.

La peur de ces vieillards sous les bombardements était terrible. Ils débordaient d’un attachement brut à la vie. Pourtant, leur curiosité face à la destruction d’autrui était encore plus vive que celle des jeunes : ils allaient voir les dégâts à Chiba, Hachiōji ou Hiratsuka, et revenaient déçus quand les pertes étaient faibles. Même devant des cadavres de femmes à moitié brûlées, ils s’accroupissaient pour les examiner de près, sans oser les toucher devant les autres.

À chaque bombardement, Kamakiri venait m’inviter à aller voir les dégâts, mais dès la deuxième fois, je n’y suis plus allée. Ils détestaient la guerre parce qu’ils ne pouvaient pas manger de sucreries, qu’il n’y avait pas de distractions, et que la vie était trop dure, mais ils ne pensaient qu’à eux : que tous les autres, compatriotes ou étrangers, disparaissent, peu leur importait. Plus les bombardements s’intensifiaient, plus leur vraie nature se révélait, et finalement, sans aucune honte, ils l’exprimaient ouvertement ; leurs regards devenaient étrangement brillants, presque démoniaques. Ils flairaient, cherchaient, quémandaient le malheur des autres.

私はある日、暑かつたので、短いスカートにノーストッキングで自転車にのつてカマキリを誘ひに行つた。カマキリは家を焼かれて壕に住んでゐた。このあたりも町中が焼け野になつてからは、モンペなどはかなくとも誰も怒らなくなつたのである。カマキリは息のつまる顔をして私の素足を見てゐた。彼は壕から何かふところへ入れて出て来て、私の家へ一緒に向ふ途中、あんたにだけ見せてあげるよ、と言つて焼跡の草むらへ腰を下して、とりだしたのは猥画であつた。帙ちつにはいつた画帖風の美しい装釘だつた。

「私に下さるんでせうね」

「とんでもねえ」

とカマキリは慌てゝ言つた。そして顔をそむけて何かモジ/\してゐる隙に、私は本を掴んで自転車にとびのつた。よぼ/\してゐるカマキリは私がゆつくり自転車にまたがるのを口をあけてポカンと見てゐて立ちあがるのが精一杯であつた。

「おとゝいおいで」

「この野郎」

カマキリは白い歯をむいた。

Un jour, en vélo, portant une jupe courte et sans bas à cause de la chaleur, je suis allée inviter Kamakiri à sortir. Sa maison ayant brûlé, il vivait dans un abri. Depuis que tout le quartier avait été réduit en cendres, plus personne ne s’offusquait si l’on ne portait pas de monpe (pantalon traditionnel). Kamakiri, l’air de suffoquer, fixait mes jambes nues. Il sortit de son abri, quelque chose caché dans sa veste. Sur le chemin vers ma maison, il me dit : « Je vais te montrer quelque chose, rien qu’à toi. » Il s’assit dans l’herbe d’un terrain brûlé et sortit un livre d’images érotiques, magnifiquement relié, dans un étui.

« Tu vas me le donner, n’est-ce pas ? »

« Pas du tout ! »

répondit Kamakiri, affolé. Et alors qu’il détournait la tête, embarrassé, j’en profitai pour saisir le livre et sauter sur mon vélo. Kamakiri, tout chancelant, me regarda bouche bée, incapable que de se lever alors que je m’installais tranquillement sur ma bicyclette.

« Reviens donc après-demain ! »

« Espèce de sale type ! »

Kamakiri montra les dents.

カマキリは私を憎んでゐた。私はだいたい男といふものは四十ぐらゐから女に接する態度がまるで違つてしまふことを知つてゐる。その年頃になると、男はもう女に対して精神的な憧れだの夢だの慰めなど持てなくなつて、精神的なものはつまり家庭のヌカミソだけでたくさんだと考へるやうになつてゐる。そしてヌカミソだのオシメなどの臭ひの外に精神的などゝいふものは存在しないと否応なしに思ひつくやうになるのである。そして女の肉体に迷ひだす。男が本当に女に迷ひだすのはこの年頃からで、精神などは考へずに始めから肉体に迷ふから、さめることがないのである。この年頃の男達になると、女の気質も知りぬいてをり、手練手管も見ぬいてをり、なべて「女的」なものにむしろ憎しみをもつのだが、彼等の執着はもはや肉慾のみであるから、憎しみによつて執着は変らず、むしろかきたてられる場合の方が多いのだ。

彼等は恋などゝいふ甘い考へは持つてゐない。打算と、そして肉体の取引を考へてゐるのだが、女の肉体の魅力は十年や十五年はつきない泉であるのに男の金は泉ではないから、いくらも時間のたゝないうちに一人のおいぼれ乞食をつくりだすのはわけはない。

Kamakiri me détestait. Je savais qu’en général les hommes, à partir de quarante ans environ, changeaient complètement d’attitude envers les femmes. À cet âge, ils ne ressentent plus d’aspiration, de rêve ou de consolation spirituelle envers les femmes : pour eux, tout ce qui est « spirituel » se limite à la cuisine familiale, et ils en viennent à penser qu’il n’existe rien d’autre que l’odeur du riz fermenté ou des couches. Inévitablement, ils se mettent à ne plus chercher que le corps des femmes. C’est à cet âge que les hommes commencent vraiment à être obsédés par les femmes, sans plus penser à l’esprit, uniquement au corps, si bien que leur désir ne s’éteint jamais. Les hommes de cet âge connaissent bien le caractère féminin, voient à travers toutes les ruses, et finissent par ressentir de la haine pour tout ce qui est « féminin », mais leur attachement, désormais purement charnel, n’en est pas diminué, au contraire, la haine l’attise souvent.

Ils n’ont plus aucune idée romantique de l’amour. Ils ne pensent qu’au calcul, à l’échange des corps, mais alors que l’attrait du corps féminin est une source inépuisable pendant dix ou quinze ans, l’argent des hommes, lui, n’est pas inépuisable, et il ne faut pas longtemps pour qu’ils deviennent de vieux mendiants.

私はカマキリを乞食にしてやりたいと時々思つた。殆ど毎日思つてゐた。牡犬のやうに私のまはりを這ひまはらせたあげく毛もぬき目の玉もくりぬいて突き放してやらうかと思つた。けれども実際やつてみるほどの興味がなかつた。カマキリはよぼ/\であんまり汚い親爺なのだ。そして死にかけてゐるのだから、いつそ、ひと思ひに、さう思ふこともあるけれども、いざやつて見る気持にもならなかつた。

それはたぶん私は野村を愛してをり、そして野村がさういふことを好まないせゐだらうと私は思つた。然し野村は私が彼を愛してゐるといふことを信用してをらず、戦争のせゐで人間がいくらか神妙になつてゐるのだらうぐらゐに考へてゐる様子であつた。

私はむかし女郎であつた。格子にぶらさがつて、ちよつと、ちよつと、ねえ、お兄さん、と、よんでゐた女である。私はある男に落籍ひかされて妾になり酒場のマダムになつたが、私は淫蕩で、殆どあらゆる常連と関係した。野村もその中の一人であつた。この戦争で酒場がつゞけられなくなり、徴用だの何だのとうるさくなつて名目的に結婚する必要があつたので、独り者で、のんきで、物にこだはらない野村と同棲することにした。どうせ戦争に負けて日本中が滅茶々々になるのだから、万事がそれまでの話さ、と野村は苦笑しながら私を迎へた。結婚などゝいふ人並の考へは彼にも私にもなかつた。

J’avais parfois envie de transformer Kamakiri en mendiant. En fait, j’y pensais presque tous les jours. Je voulais le faire ramper autour de moi comme un chien, puis lui arracher les poils et lui crever les yeux avant de le repousser. Mais en réalité, je n’avais pas assez d’intérêt pour le faire. Kamakiri était trop vieux, trop sale. Et il était déjà à moitié mort, alors parfois je me disais que je pourrais en finir d’un coup, mais je n’avais jamais vraiment envie de passer à l’acte.

C’est sans doute parce que j’aimais Nomura, et que Nomura n’aimait pas ce genre de choses, pensais-je. Pourtant, Nomura ne croyait pas que je l’aimais ; il semblait penser que la guerre avait rendu les gens un peu plus sages, rien de plus.

J’avais été autrefois une prostituée. J’étais cette femme qui s’accrochait aux barreaux, appelant : « Hé, hé, monsieur ! » Un homme m’a rachetée, je suis devenue sa maîtresse puis la patronne d’un bar, mais j’étais débauchée et j’ai eu des relations avec presque tous les habitués. Nomura était l’un d’eux. Avec la guerre, il est devenu impossible de tenir le bar, la réquisition et tout le reste rendaient nécessaire un mariage de façade, alors j’ai choisi de vivre avec Nomura, célibataire, insouciant, détaché des choses. De toute façon, puisque la guerre allait tout détruire au Japon, tout serait fini d’ici là, disait-il en m’accueillant avec un sourire amer. Ni lui ni moi n’avions la moindre intention de mener une vie conjugale ordinaire.

私は然し野村が昔から好きであつたし、そしてだん/\好きになつた。野村さへその気なら生涯野村の女房でゐたいと思ふやうになつてゐた。私は淫奔だから、浮気をせずにゐられない女であつた。私みたいな女は肉体の貞操などは考へてゐない。私の身体は私のオモチャで、私は私のオモチャで生涯遊ばずにゐられない女であつた。

野村は私が一人の男に満足できない女で、男から男へ転々する女だと思つてゐるのだけれども、遊ぶことゝ愛すことゝは違ふのだ。私は遊ばずにゐられなくなる。身体が乾き、自然によぢれたり、私はほんとにいけない女だと思つてゐるが、遊びたいのは私だけなのだらうか。私は然し野村を愛してをり、遊ぶことゝは違つてゐた。けれども野村はいづれ私と別れてあたりまへの女房を貰ふつもりでをり、第一、私と別れぬさきに、戦争に叩きつぶされるか、運よく生き残つても奴隷にされてどこかへ連れて行かれるのだらうと考へてゐた。私もたぶんさうだらうと考へてゐたので、せめて戦争のあひだ、野村の良い女房でゐてやりたいと思つてゐた。

Pourtant, j’aimais Nomura depuis longtemps, et je l’aimais de plus en plus. Si seulement il le voulait, je voudrais être sa femme pour la vie. Mais je suis une femme lubrique, incapable de rester fidèle. Une femme comme moi ne pense pas à la chasteté physique. Mon corps est mon jouet, et je suis incapable de ne pas jouer toute ma vie avec mon propre jouet.

Nomura pense que je suis une femme incapable de se satisfaire d’un seul homme, une femme qui passe d’un homme à l’autre, mais jouer et aimer sont deux choses différentes. Je ne peux pas m’empêcher de jouer. Mon corps se dessèche, se tord naturellement, et je me considère vraiment comme une femme mauvaise, mais suis-je la seule à vouloir jouer ? Pourtant, j’aimais Nomura, et aimer était différent de jouer. Mais Nomura avait l’intention de me quitter un jour pour épouser une femme « normale », et surtout, il pensait qu’avant même de se séparer de moi, la guerre nous écraserait, ou que, si par chance il survivait, il serait réduit en esclavage et emmené ailleurs. Je pensais probablement la même chose, alors je voulais au moins être une bonne épouse pour Nomura pendant la guerre.

私達の住む地区が爆撃をうけたのは四月十五日の夜だつた。

私はB29の夜間の編隊空襲が好きだつた。昼の空襲は高度が高くて良く見えないし、光も色もないので厭だつた。羽田飛行場がやられたとき、黒い五六機の小型機が一機づゝゆらりと翼をひるがへして真逆様まつさかさまに直線をひいて降りてきた。戦争はほんとに美しい。私達はその美しさを予期することができず、戦慄の中で垣間見ることしかできないので、気付いたときには過ぎてゐる。思はせぶりもなく、みれんげもなく、そして、戦争は豪奢であつた。私は家や街や生活が失はれて行くことも憎みはしなかつた。失はれることを憎まねばならないほどの愛着が何物に対してもなかつたのだから。けれども私が息をつめて急降下爆撃を見つめてゐたら、突然耳もとでグアッと風圧が渦巻き起り、そのときはもう飛行機が頭上を掠めて通りすぎた時であり、同時に突き刺すやうな機銃の音が四方を走つたあとであつた。私は伏せる才覚もなかつた。気がついたら、十米メートルと離れぬ路上に人が倒れてをり、その家の壁に五糎センチほどの孔が三十ぐらゐあいてゐた。そのとき以来、私は昼の空襲がきらひになつた。十人並の美貌も持たないくせに、思ひあがつたことをする、中学生のがさつな不良にいたづらされたやうに、空虚な不快を感じた。終戦の数日前にも昼の小型機の空襲で砂をかぶつたことがあつた。野村と二人で防空壕の修理をしてゐたら、五百米ぐらゐの低さで黒い小型機が飛んできた。ドラム缶のやうなものがフワリと離れたので私があらッと叫ぶと野村が駄目だ伏せろと言つた。防空壕の前にゐながら駈けこむ余裕がなかつたが、私は野村の顔を見てゆつくり伏せる落付があつた。お臍の下と顎の下で大地がゆら/\ゆれてグアッといふ風の音にひつくりかへされるやうな気がした、砂をかぶつたのはそれからだ。野村はかういふ時に私を大事にしてくれる男であつた。野村が生きてゐれば抱き起しにきてくれると思つたので死んだふりをしてゐたら、案の定、抱き起して、接吻して、くすぐりはじめたので、私達は抱き合つて笑ひながら転げまはつた。この時の爆弾はあんまり深く土の中へめりこんだので、私達の隣家の隣家をたつた一軒吹きとばしたゞけ、近所の家は屋根も硝子ガラスも傷まなかつた。

Notre quartier a été bombardé dans la nuit du 15 avril.

J’aimais les raids de nuit des B-29. Les raids de jour, avec leur haute altitude, étaient difficiles à voir, sans lumière ni couleur, et je les détestais. Quand l’aérodrome de Haneda fut attaqué, cinq ou six petits avions noirs voltigeaient un à un, tournant lentement leurs ailes, plongeant en piqué la tête en bas en ligne droite. La guerre était vraiment belle. Nous ne pouvions qu’entrevoir cette beauté dans la terreur, et quand on s’en rendait compte, c’était déjà fini. Sans fausse apparence ni regret, la guerre était somptueuse. Je ne haïssais pas la perte de ma maison, de la ville, de ma vie, car je n’avais aucun attachement suffisant à quoi que ce soit pour en souffrir. Mais alors que je retenais mon souffle en regardant un bombardement en piqué, soudain un souffle d’air tourbillonnant passa près de mon oreille ; c’était quand l’avion venait de frôler ma tête, et en même temps un bruit de mitrailleuse stridente retentit tout autour. Je n’ai pas eu le réflexe de me coucher. Quand j’ai ouvert les yeux, une personne était tombée à dix mètres de moi sur la route, et le mur de cette maison avait une trentaine de trous d’environ cinq centimètres. Depuis ce jour, j’ai détesté les raids de jour. Sans être belle, je ressentais un vide et un malaise, comme si j’avais été maltraitée par un collégien grossier et prétentieux. Quelques jours avant la fin de la guerre, un raid de petits avions de jour m’a recouverte de poussière. Avec Nomura, nous réparions un abri anti-aérien quand un petit avion noir est passé à basse altitude, à environ 500 mètres. Un objet ressemblant à un tonneau s’est détaché doucement, et quand j’ai crié, Nomura a dit « Couvre-toi ! ». Nous étions devant l’abri, sans temps pour y entrer, mais en voyant son visage, j’ai pu me coucher lentement et calmement. La terre tremblait sous mon nombril et sous mon menton, et le souffle du vent m’a presque renversée. C’est alors que la poussière m’a recouverte. Nomura était un homme qui prenait soin de moi dans ces moments-là. Pensant qu’il viendrait me relever s’il était vivant, je faisais semblant d’être morte. Comme prévu, il m’a relevée, embrassée, et a commencé à me chatouiller, et nous avons roulé en riant, enlacés. Cette bombe s’était enfoncée profondément dans la terre, ne soufflant qu’une seule maison voisine de la nôtre, sans abîmer les toits ni les vitres des autres maisons.

夜の空襲はすばらしい。私は戦争が私から色々の楽しいことを奪つたので戦争を憎んでゐたが、夜の空襲が始まつてから戦争を憎まなくなつてゐた。戦争の夜の暗さを憎んでゐたのに、夜の空襲が始まつて後は、その暗さが身にしみてなつかしく自分の身体と一つのやうな深い調和を感じてゐた。

私は然し夜間爆撃の何が一番すばらしかつたかと訊かれると、正直のところは、被害の大きかつたのが何より私の気に入つてゐたといふのが本当の気持なのである。照空燈の矢の中にポッカリ浮いた鈍い銀色のB29も美しい。カチ/\光る高射砲、そして高射砲の音の中を泳いでくるB29の爆音。花火のやうに空にひらいて落ちてくる焼夷弾、けれども私には地上の広茫たる劫火ごうかだけが全心的な満足を与へてくれるのであつた。

そこには郷愁があつた。父や母に捨てられて女衒ぜげんにつれられて出た東北の町、小さな山にとりかこまれ、その山々にまだ雪のあつた汚らしいハゲチョロのふるさとの景色が劫火の奥にいつも燃えつづけてゐるやうな気がした。みんな燃えてくれ、私はいつも心に叫んだ。町も野も木も空も、そして鳥も燃えて空に焼け、水も燃え、海も燃え、私は胸がつまり、泣き迸しらうとして思はず手に顔を掩おおふほどになるのであつた。

Les raids de nuit étaient magnifiques. Je haïssais la guerre parce qu’elle m’avait volé beaucoup de plaisirs, mais depuis le début des raids nocturnes, je ne la haïssais plus. Bien que je détestais l’obscurité des nuits de guerre, après le début des bombardements nocturnes, cette obscurité m’était devenue profondément familière, en harmonie avec mon corps.

Si on me demandait ce que j’aimais le plus dans les bombardements nocturnes, honnêtement, c’était que les dégâts soient importants. Le B-29 argenté flottant dans le faisceau des projecteurs était beau. Les canons anti-aériens qui crépitaient, le bruit des B-29 passant à travers, les bombes incendiaires qui s’ouvraient dans le ciel comme des feux d’artifice… Mais ce qui me satisfaisait pleinement, c’était le vaste incendie dévastateur au sol.

Il y avait là de la nostalgie. La ville du Tôhoku d’où j’étais partie, abandonnée par mon père et ma mère et emmenée par un proxénète, cette petite ville entourée de collines, dont les montagnes, encore tachetées de neige sale, formaient le paysage misérable de mon pays natal : j’avais l’impression que ce décor continuait de brûler sans cesse au fond de l’enfer de feu. Que tout brûle, criais-je toujours dans mon cœur. Que la ville, la campagne, les arbres, le ciel, et même les oiseaux brûlent et se consument dans le ciel, que l’eau brûle, que la mer brûle, au point que la poitrine me serre, que j’ai envie d’éclater en sanglots et que je doive instinctivement cacher mon visage dans mes mains.

私は憎しみも燃えてくれゝばよいと思つた。私は火をみつめ、人を憎んでゐることに気付くと、せつなかつた。そして私は野村に愛されてゐることを無理にたしかめたくなるのであつた。野村は私のからだゞけを愛してゐた。私はそれでよかつた。私は愛されてゐるのだ。そして私は野村の激しい愛撫の中で、色々の悲しいことを考へてゐた。野村の愛撫が衰へると、私は叫んだ。もつとよ、もつと、もつとよ。そして私はわけの分らぬ私ひとりを抱きしめて泣きたいやうな気持であつた。

私達の住む街が劫火の海につゝまれる日を私は内心待ち構えてゐた。私はカマキリから工業用の青酸加里を貰つて空襲の時は肌身放さず持つてゐた。私は煙にまかれたとき悶え死ぬさきに死ぬつもりであり、私はことさら死にたいと考へてもゐなかつたが、煙にまかれて苦しむ不安を漠然といだいてゐた。

いつもはよその街の火の海の上を通つてゐた鈍い銀色の飛行機が、その夜は光芒の矢のまんなかに浮き上つて私達の頭上を傾いたり、ゆれたり、駈けぬけて行き、私達の四方がだん/\火の海になり、やがて空が赤い煙にかくされて見えなくなり、音々々、爆弾の落下音、爆発音、高射砲、そして四方に火のはぜる音が近づき、がう/\いふ唸りが起つてきた。

J’aurais voulu que même ma haine brûle. Quand je fixais le feu et que je prenais conscience de ma haine envers les autres, cela me faisait mal. Et alors, j’avais désespérément besoin de me convaincre que j’étais aimée de Nomura. Nomura n’aimait que mon corps. Cela me suffisait. J’étais aimée. Et au milieu des caresses passionnées de Nomura, je pensais à toutes sortes de choses tristes. Quand ses caresses faiblissaient, je criais : encore, encore, encore ! Et j’avais envie de serrer dans mes bras une part de moi-même que je ne comprenais pas, et de pleurer.

J’attendais intérieurement le jour où la mer de flammes engloutirait la ville où nous vivions. J’avais reçu du cyanure de potassium industriel de Kamakiri et, lors des raids aériens, je le gardais toujours sur moi. Je comptais l’utiliser pour mourir avant d’agoniser asphyxiée par la fumée. Je ne pensais pas spécialement à mourir, mais j’avais une peur vague de souffrir, prise dans la fumée.

L’avion d’un gris terne, qui d’habitude survolait les mers de feu d’autres villes, cette nuit-là, flottait au centre du faisceau lumineux, penchait, vacillait, filait au-dessus de nos têtes, et bientôt, tout autour de nous, la mer de feu s’étendait, le ciel disparaissait sous la fumée rouge, et tout autour, retentissaient les bruits des bombes, des explosions, de la DCA, et le crépitement du feu se rapprochait, un grondement sourd montait.

「僕たちも逃げよう」

と野村が言つた。路上を避難の人達がごつたがへして、かたまり、走つてゐた。私はその人達が私と別な人間たちだといふことを感じつゞけてゐた。私はその知らない別な人たちの無礼な無遠慮な盲目的な流れの中に、今日といふ今日だけは死んでもはいつてやらないのだと不意に思つた。私はひとりであつた。たゞ、野村だけ、私と一しよにゐて欲しかつた。私は青酸加里を肌身放さずもつてゐた漠然とした意味が分りかけてきた。私はさつきから何かに耳を傾けていた。けれども私は何を捉へることもできなかつた。

「もうすこし、待ちませうよ。あなた、死ぬの、こはい?」

「死ぬのは厭だね。さつきから、爆弾がガラ/\落ちてくるたびに、心臓がとまりさうだね」

「私もさう。私は、もつと、ひどいのよ。でもよ、私、人と一しよに逃げたくないのよ」

そして、思ひがけない決意がわいてきた。それは一途な、なつかしさであつた。自分がいとしかつた。可愛かつた。泣きたかつた。人が死に、人々の家が亡びても、私たちだけ生き、そして家も焼いてはいけないのだと思つた。最後の最後の時までこの家をまもつて、私はそしてそのほかの何ごとも考へられなくなつてゐた。

« Fuyons-nous aussi », dit Nomura. Dans la rue, les gens fuyaient en masse, s’agglutinaient, couraient. Je continuais de sentir que ces gens étaient différents de moi. Je me suis soudain dit que, rien qu’aujourd’hui, je ne voulais pas mourir mêlée à ce flot d’inconnus, impolis, aveugles. J’étais seule. Je voulais seulement que Nomura reste avec moi. Je commençais à comprendre vaguement pourquoi je gardais le cyanure sur moi. J’étais à l’écoute de quelque chose depuis tout à l’heure. Mais je n’arrivais à saisir rien de précis.

« Attendons encore un peu. Dis, tu as peur de mourir ? »

« Je n’aime pas l’idée de mourir. Depuis tout à l’heure, chaque fois qu’une bombe tombe, j’ai l’impression que mon cœur va s’arrêter. »

« Moi aussi. Mais c’est pire pour moi. Pourtant, tu sais, je ne veux pas fuir avec les autres. »

Et alors, une résolution inattendue a surgi en moi. C’était une nostalgie pure, poignante. Je m’aimais. Je me trouvais précieuse. J’avais envie de pleurer. Même si les gens mouraient, même si les maisons des autres étaient détruites, je voulais que nous seuls survivions, et que notre maison ne brûle pas. Jusqu’au dernier moment, je voulais la protéger, et je ne pouvais plus penser à rien d’autre.

「火を消してちやうだい」と私は野村に縋るやうに叫んだ。「このおうちを焼かないでちやうだい。このあなたのおうち、私のうちよ。このうちを焼きたくないのよ」

信じ難い驚きの色が野村の顔にあらはれ、感動といとしさで一ぱいになつた。私はもう野村にからだをまかせておけばよかつた。私の心も、私のからだも、私の全部をうつとりと野村にやればよかつた。私は泣きむせんだ。野村は私の唇をさがすために大きな手で私の顎をおさへた。ふり仰ぐ空はまッかな悪魔の色だつた。私は昔から天国へ行きたいなどゝ考へたゝめしがなかつた。けれども、地獄で、こんなにうつとりしようなどゝ、私は夢にすら考へてゐなかつた。私たち二人のまはりをとつぷりつゝんだ火の海は、今までに見たどの火よりも切なさと激しさにいつぱいだつた。私はとめどなく涙が流れた。涙のために息がつまり、私はむせび、それがきれぎれの私の嬉しさの叫びであつた。

« Éteins le feu, je t’en supplie », criai-je à Nomura, m’agrippant à lui. « Ne laisse pas brûler cette maison. C’est ta maison, c’est la mienne. Je ne veux pas qu’elle brûle. »

Une expression d’incroyable surprise, mêlée d’émotion et de tendresse, envahit le visage de Nomura. J’aurais dû simplement me laisser aller dans ses bras, lui donner mon cœur, mon corps, tout entière. Je sanglotais. Nomura, pour chercher mes lèvres, me tint le menton de sa grande main. Le ciel que je levais les yeux vers lui était rouge, couleur de démon. Jamais je n’avais eu envie d’aller au paradis. Mais jamais non plus je n’aurais imaginé être aussi transportée au cœur de l’enfer. La mer de feu qui nous entourait, Nomura et moi, était plus poignante et plus intense que tout ce que j’avais vu jusqu’alors. Les larmes coulaient sans fin. J’étouffais de sanglots, et c’étaient là les cris entrecoupés de ma joie.

私の肌が火の色にほの白く見える明るさになつてゐた。野村はその肌を手放しかねて愛撫を重ねるのであつたが、思ひきつて、蓋をするやうに着物をかぶせて肌を隠した。彼は立上つてバケツを握つて走つて行つた。私もバケツを握つた。そしてそれからは夢中であつた。私達の家は庭の樹木にかこまれてゐた。風上に道路があり、隣家が平家であつたことも幸せだつた。四方が火の海でも、燃えてくる火は一方だけで、一つづゝ消せばよかつた。そのうへ、火が本当に燃えさかり、熱風のかたまりに湧き狂ふのは十五分ぐらゐの間であつた。そのときは近寄ることもできなかつたが、それがすぎるとあとは焚火と同じこと、たゞ火の面積が広いといふだけにすぎない。隣家が燃え狂ふさきに私達は家に水をざあ/\かけておいた。隣家が燃え落ちて駈けつけるとお勝手の庇に火がついて燃えかけてゐたので三四杯のバケツで消したが、それだけで危険はすぎてゐた。火が隣家へ移るまでが苦難の時で、殆ど夢中で水を運び水をかけてゐたのだ。

Ma peau paraissait d’un blanc rosé sous la lumière des flammes. Nomura, incapable de s’en détacher, continuait de la caresser, mais, se ressaisissant, il recouvrit ma peau avec mon kimono comme pour la cacher. Il se leva, saisit un seau et courut. Je pris moi aussi un seau. À partir de là, tout se passa comme dans un rêve. Notre maison était entourée d’arbres dans le jardin. La route était du côté du vent, et le fait que la maison voisine soit de plain-pied fut une chance. Même si le feu faisait rage tout autour, les flammes n’arrivaient que d’un seul côté : il suffisait de les éteindre une à une. En plus, le moment où le feu brûlait vraiment avec violence, soulevé par des rafales brûlantes, ne durait qu’une quinzaine de minutes. À ce moment-là, on ne pouvait même pas s’approcher, mais une fois ce pic passé, ce n’était plus qu’un grand feu de camp, la seule différence étant la surface enflammée. Avant que la maison voisine ne s’embrase complètement, nous avions déjà arrosé la nôtre d’eau. Quand la maison voisine s’est effondrée, nous avons accouru et, voyant que l’auvent de la cuisine commençait à brûler, nous avons éteint les flammes avec trois ou quatre seaux ; ce fut suffisant pour écarter le danger. Le moment difficile était jusqu’à ce que le feu atteigne la maison voisine : nous transportions et jetions de l’eau presque sans réfléchir.

私は庭の土の上にひつくりかへつて息もきれぎれであつた。野村が物を言ひかけても、返事をする気にならなかつた。野村が私をだきよせたとき、私の左手がまだ無意識にバケツを握つてゐたことに気がついた。私は満足であつた。私はこんなに虚しく満ち足りて泣いたことはないやうな気がする。その虚しさは、私がちやうど生れたばかりの赤ん坊であることを感じてゐるやうな虚しさだつた。私の心は火の広さよりも荒涼として虚しかつたが、私のいのちが、いつぱいつまつてゐるやうな気がした。もつと強くよ、もつと、もつと、もつと強く抱きしめて、私は叫んだ。野村は私のからだを愛した。鼻も、口も、目も、耳も、頬も、喉も。変なふうに可愛がりすぎて、私を笑はせたり、怒らせたり、悩ましたりしたが、私は満足であつた。彼が私のからだに夢中になり喜ぶことをたしかめるのは私のよろこびでもあつた。私は何も考へてゐなかつた。私にはとりわけ考へねばならぬことは何一つなかつた。私はたゞ子供のときのことを考へた。とりとめもなく思ひだした。今と対比してゐるのではなかつた。たゞ、思ひだすだけだ。そして、さういふ考へごとの切なさで、ふと野村に邪険にすることもあつた。私は野村に可愛がられながら、野村でない男の顔や男のからだを考へてゐることもあつた。あのカマキリのことすら、考へてみたこともあつた。何事でも、考へることは、一般に、退屈であつた。そして私は、ともかく野村が私のからだに酔ひ、愛し溺れることに満足した。

Je me suis effondrée sur la terre du jardin, haletante. Même quand Nomura me parla, je n’avais pas la force de répondre. Quand il me prit dans ses bras, je me suis rendu compte que ma main gauche tenait encore inconsciemment le seau. J’étais satisfaite. Je crois n’avoir jamais pleuré avec un tel sentiment de plénitude vide. Ce vide ressemblait à celui d’un nouveau-né. Mon cœur était plus désert et vide que l’étendue du feu, mais j’avais l’impression que ma vie était remplie à ras bord. Plus fort, encore, encore plus fort, serre-moi, criai-je. Nomura aimait mon corps : mon nez, ma bouche, mes yeux, mes oreilles, mes joues, ma gorge. Il me chérissait d’une façon étrange, me faisait rire, me mettait en colère, me troublait, mais j’étais heureuse. Constater qu’il était fou de mon corps et qu’il y prenait plaisir était aussi ma joie. Je ne pensais à rien. Je n’avais rien de particulier à penser. Je pensais seulement à mon enfance, des souvenirs vagues qui me revenaient. Je ne les comparais pas au présent, je faisais que me souvenir. Et parfois, à cause de la tristesse de ces pensées, il m’arrivait d’être brusque avec Nomura. Même alors qu’il me couvrait de tendresse, il m’arrivait de penser au visage ou au corps d’un autre homme. Il m’est même arrivé de penser à ce Kamakiri. Penser à quoi que ce soit était, en général, ennuyeux. Et j’étais simplement satisfaite que Nomura soit ivre de mon corps et s’y abandonne.

私は昔から天国だの神様だの上品にとりすましたものが嫌ひであつたが、自分が地獄から来た女だといふことは、このときまで考へたことはなかつた。私たちの住む街は私たちの一町四方ほどの三ツの隣組を残して一里四方の焼野原になつたが、もうこの街が燃えることがないと分ると、私は何か落胆を感じた。私は私の周囲の焼け野原が嫌ひであつた。再び燃えることがないからだつた。そしてB29の訪れにも、以前ほどの張合ひを持つことができなくなつてゐた。

けれども、敵の上陸、日本中の風の中を弾の矢が乱れ走り、爆弾がはねくるひ、人間どもが蜘蛛の子のやうに右往左往バタ/\倒れる最後の時が近づいてゐた。その日は私の生き甲斐であつた。私は私の街の空襲の翌日、広い焼跡を眺め廻して呟いてゐた。なんて呆気ないのだらう。人間のやること、なすこと、どうして何もかも、かう呆気なく終つてしまふのだらう。私は影を見たゞけで、何物も抱きしめて見たことがない。私は恋ひこがれ、背後にヒビがわれ、骨の中が旱魃かんばつの畑のやうに乾からびてゐるやうだつた。私はラヂオの警報がB29の大編隊三百機だの五百機だのと言ふたびに、なによ、五百機ぽつち。まだ三千機五千機にならないの、口ほどもない、私はぢり/\し、空いつぱいが飛行機の雲でかくれてしまふ大編隊の来襲を夢想して、たのしんでゐた。

Depuis toujours, je n’aimais pas les choses raffinées comme le paradis ou Dieu, mais je n’avais encore jamais pensé que j’étais une femme venue de l’enfer. La ville où nous vivions était devenue un champ de ruines sur une lieue à la ronde, à l’exception de trois pâtés de maisons autour de chez nous. Quand j’ai compris que la ville ne brûlerait plus, j’ai ressenti une sorte de déception. Je n’aimais pas les ruines autour de moi, parce qu’elles ne brûleraient plus. Même l’arrivée des B-29 ne me donnait plus l’excitation d’autrefois.

Mais le débarquement ennemi approchait, les balles allaient fuser dans tous les vents du Japon, les bombes exploser, les hommes tomber comme des petits d’araignée affolés : ce jour-là était devenu mon but dans la vie. Le lendemain du raid sur ma ville, je regardais les vastes ruines et murmurais : que tout cela est dérisoire ! Pourquoi tout ce que font les hommes se termine-t-il aussi bêtement ? Je n’ai vu que des ombres, jamais rien serré contre moi. J’étais rongée de désir, fêlée de l’intérieur, comme si mes os étaient desséchés comme un champ en friche. À chaque fois que la radio annonçait une grande formation de B-29, trois cents ou cinq cents avions, je me disais : quoi, seulement cinq cents ? Ce n’est pas encore trois mille, cinq mille ? J’étais impatiente, rêvant d’un assaut où le ciel entier serait caché par les nuées d’avions, et j’en tirais du plaisir.

カマキリも焼けた。デブも焼けた。

カマキリは同居させてくれと頼みにきたが、私は邪険に突き放した。彼はかねてこの辺では例の少い金のかゝつた防空壕をつくつてゐた。家財の大半は入れることができ、直撃されぬ限り焼けないだけの仕掛があつた。彼は貧弱な壕しかない私達をひやかして、家具は疎開させたかね、この壕には蓋がないね、焼けても困らない人達は羨しいね、などゝ言つたが、実際は私達の不用意を冷笑してをり、焼けて困つてボンヤリするのを楽しみにしてゐたのだつた。カマキリは悪魔的な敗戦希願者であつたから、B29の編隊の数が一万二万にならないことに苛々いらいらする一人であつた。東京中が焼け野になることを信じてをり、その焼け野も御叮嚀に重砲の弾であばたになると信じてゐた。その時でも、自分の壕ならともかく直撃されない限り持つと思つてをり、手をあげて這ひだして、ヨボ/\の年寄だから助けてやれ、そこまで考へて私達に得意然と吹聴して、金を握つて、壕に金をかけない人間は馬鹿だね、金は紙キレになるよ、紙キレをあつためて、馬鹿げた話さ、さう言つてゐた。だから私はカマキリに言つてやつた。この時の用意のために壕をつくつておいたのでせう。御自慢の壕へ住みなさい。

Kamakiri a aussi brûlé. Le Gros a aussi brûlé.

Kamakiri était venu me supplier de le laisser cohabiter avec nous, mais je l’ai repoussé sans ménagement. Il avait fait construire un abri anti-aérien coûteux, un modèle rare dans le quartier. Il pouvait y entreposer la majeure partie de ses biens, et sa construction était censée le protéger du feu, à moins d’un coup direct. Il s’était moqué de notre abri rudimentaire, nous demandant si nous avions mis nos meubles à l’abri, nous faisant remarquer que notre abri n’avait pas de toit, nous disant que nous avions de la chance de ne pas craindre le feu. En réalité, il se réjouissait de notre imprudence et se languissait de nous voir désemparés si nous venions à brûler. Kamakiri, en tant que partisan diabolique d’une défaite du Japon, était de ceux qui s’impatientaient de voir le nombre d’avions dans les formations de B-29 ne pas atteindre les dix ou vingt mille. Il était convaincu que Tokyo serait entièrement rasée, et que cette terre brûlée serait en plus criblée de cratères par les obus des canons lourds. Même dans ce cas, il pensait que son abri tiendrait, à moins d’un coup direct, et il avait prévu de lever les mains en en sortant en rampant, en plaidant qu’il fallait l’aider parce qu’il était un vieillard chancelant. Il nous avait fièrement raconté tout cela, tenant son argent dans sa main, nous disant que les gens qui n’investissaient pas dans un abri étaient stupides, que l’argent deviendrait du papier, qu’il était ridicule de chérir ce papier. C’est pourquoi je lui ai dit : « Vous avez fait construire votre abri en prévision de ce moment, n’est-ce pas ? Alors allez vivre dans votre abri dont vous êtes si fier. »

「荷物がいつぱいつまつてゐるのでね」

と、カマキリは言つた。

「そんなことまで知りませんよ。私達が焼けだされたら、あなたは泊めてくれますか」

「それは泊めてやらないがね」

と、カマキリは苦笑しながら厭味を言つて帰つて行つた。カマキリは全く虫のやうに露骨であつた。焼跡の余燼の中へ訪ねてきて、焼け残つたね、と挨拶したとき、あらはに不満を隠しきれず、残念千万な顔をした。そして、焼け残つたね、とは言つたが、よかつたね、とも、おめでたう、とも言ふ分別すらないのであつた。いくらか彼の胸がをさまるのは、どうせ最後にどの家も焼けて崩れて吹きとばされるにきまつてゐるといふことゝ、焼け残つたために目標になつて機銃にやられ、小型機のたつた一発で命もろとも吹きとばされるかも知れない、といふ見込みがあるためであつた。俺の壕は手ぜまだからネ、いざといふとき、一人ぐらゐ、さうだね、せゐぜゐ、あんた一人ぐらゐ泊めてやれるがネ、とカマキリは公然と露骨に言つた。

« Il est plein de mes affaires », a répondu Kamakiri.

« Ce n’est pas mon problème. Si nous sommes brûlés, nous hébergerez-vous ? »

« Je ne vous hébergerai pas, non », a répondu Kamakiri avec un sourire amer et méprisant avant de repartir. Kamakiri était absolument grossier, comme un insecte. Quand il est venu nous voir parmi les cendres encore fumantes et nous a salués avec un « Alors, vous avez été épargnés ? », il n’a pas pu cacher son mécontentement et a affiché un air de profond regret. Et, bien qu’il ait dit « Alors, vous avez été épargnés ? », il n’avait même pas la présence d’esprit de dire « Tant mieux » ou « Félicitations ». Ce qui apaisait un peu son cœur, c’était sa conviction que toutes les maisons finiraient par brûler, s’effondrer et être emportées, et l’espoir que, parce que nous avions été épargnés, nous deviendrions une cible pour les mitrailleuses et serions emportés, corps et biens, par une seule bombe d’un petit avion. « Mon abri est petit, vous savez, mais en cas de besoin, je pourrais héberger une personne, oui, au mieux, peut-être juste vous », disait Kamakiri ouvertement et sans détour.

私は正直に打開けて言へば、もし爆弾が私たちを見舞ひ、野村と家を吹きとばして私一人が生き残つても、困ることはなかつた。私はそのときこそカマキリの壕へのりこんで、カマキリの家庭を破滅させ、年老いた女房を悶死させ、やがてカマキリも同じやうに逆上させ悶死させてやらうと思つてゐた。それから先の行路にも、私は生きるといふことの不安を全然感じてゐなかつた。

私は然し野村と二人で戦陣を逃げ、あつちへヨタ/\、こつちへヨタ/\、麦畑へもぐりこんだり、河の中を野村にだいて泳いでもらつたり、山の奥のどん底の奥へ逃げこんで、人の知らない小屋がけして、これから先の何年かの間、敵のさがす目をさけて秘密に暮すたのしさを考へてゐた。

Pour être honnête, si une bombe nous avait frappés, détruisant Nomura et la maison, et que j’avais été la seule survivante, cela ne m’aurait pas posé de problème. J’avais l’intention, en ce moment-là, de me réfugier dans l’abri de Kamakiri, de détruire son foyer, de faire mourir sa vieille femme à petit feu, et de rendre Kamakiri fou de rage avant de le faire mourir de la même manière. Et même après cela, je ne ressentais aucune inquiétude quant à l’avenir.

Mais avec Nomura, j’avais imaginé fuir le champ de bataille, tituber d’un côté à l’autre, nous cacher dans les champs de blé, nager dans la rivière en étant portée par Nomura, nous enfuir dans les profondeurs des montagnes et vivre en secret, à l’abri des regards de l’ennemi, dans une cabane construite de nos mains pendant les années à venir.

戦いくさのすんだ今こそ昔通りの生活をあたりまへだと思つてゐるけど、戦争中はこんな昔の生活は全然私の頭に浮んでこなかつた。日本人はあらかた殺され、隠れた者はひきづりだして殺されると思つてゐた。私はその敵兵の目をさけて逃げ隠れながら野村と遊ぶたのしさを空想してゐた。それが何年つづくだらう。何年つゞくにしても、最後には里へ降りるときがあり、そして平和の日がきて、昔のやうな平和な退屈な日々が私達にもひらかれると、やつぱり私達は別れることになるだらうと私は考へてゐた。結局私の空想は、野村と別れるところで終りをつげた。二人で共しらが、そんなことは考へてみたこともない。私はそれから銘酒屋で働いて親爺をだまして若い燕をつくつてもいゝし、どんなことでも考へることができた。

Maintenant que la guerre est finie, on s’attend à ce que l’on reprenne une vie normale comme avant, mais pendant la guerre, cette vie d’avant ne me venait pas du tout à l’esprit. J’avais imaginé que la plupart des Japonais seraient tués et que ceux qui se cacheraient seraient débusqués et tués. Je fantasmais sur le plaisir de jouer avec Nomura tout en fuyant et en me cachant des soldats ennemis. Combien d’années cela durerait-il ? Peu importe le nombre d’années, nous finirions par redescendre au village, et quand les jours de paix reviendraient et que nous retrouverions notre vie paisible et ennuyeuse d’avant, je pensais que nous finirions par nous séparer. Finalement, mes fantasmes se terminaient là, au moment de ma séparation avec Nomura. Nous vieillirions ensemble, je n’y avais jamais pensé. J’aurais pu travailler dans un bar à saké de qualité, tromper le patron et me trouver un jeune amant, je pouvais imaginer n’importe quoi.

私は野村が好きであり、愛してゐたが、どこが好きだの、なぜ好きだの、私のやうな女にそれはヤボなことだと思ふ。私は一しよに暮して、ともかく不快でないといふことで、これより大きな愛の理由はないのであつた。男はほかにたくさんをり、野村より立派な男もたくさんゐるのを忘れたためしがない。野村に抱かれ愛撫されながら、私は現に多くはそのことを考へてゐた。しかし、そんなことにこだはることはヤボといふものである。私は今でも、甘い夢が好きだつた。

人間は何でも考へることができるといふけれども、然し、ずいぶん窮屈な考へしかできないものだと私は思つてゐる。なぜつて、戦争中、私は夢にもこんな昔の生活が終戦匆々そうそう訪れようとは考へることができなかつた。そして私は野村と二人、戦争といふ宿命に対して二人が一つのかたまりのやうな、そして必死に何かに立向つてゐるやうな、なつかしさ激しさいとしさを感じてゐた。私は遊びの枯渇に苛々し、身のまはりの退屈なあらゆる物、もとより野村もカマキリもみんな憎み、呪ひ、野村の愛撫も拒絶し、話しかけられても返事してやりたくなくなり、私はそんなとき自転車に乗つて焼跡を走るのであつた。若い職工や警防団がモンペをはかない私の素足をひやかしたり咎めたりするとムシャクシャして、ひつかけてやらうかと思ふのだつた。

J’aimais Nomura, je l’adorais, mais qu’est-ce que j’aimais chez lui, pourquoi je l’aimais, c’étaient des questions stupides pour une femme comme moi. Je pensais que le fait de vivre ensemble et de ne pas se sentir mal à l’aise était la plus grande raison d’aimer. Je n’ai jamais oublié qu’il y avait beaucoup d’autres hommes, et beaucoup d’hommes plus respectables que Nomura. Alors que j’étais dans ses bras, caressée par lui, je pensais même souvent à cela. Mais s’attarder sur de telles choses, c’est de la stupidité. Aujourd’hui encore, j’aimais les doux rêves.

On dit que les humains peuvent penser à n’importe quoi, mais je pense qu’ils ne peuvent penser qu’à des choses assez limitées. Pourquoi ? Parce que pendant la guerre, je n’aurais jamais imaginé que cette vie d’autrefois reviendrait si tôt après la fin de la guerre. Et Nomura et moi, nous ressentions une nostalgie, une intensité et une tendresse, comme si nous ne faisions qu’un face au destin qu’était la guerre, et comme si nous affrontions désespérément quelque chose. J’étais irritée par le manque d’amusement, je détestais et maudissais toutes les choses ennuyeuses autour de moi, y compris Nomura et Kamakiri, je rejetais les caresses de Nomura, je ne voulais même plus lui répondre quand il me parlait, et c’est dans ces moments-là que je prenais mon vélo et que je partais à travers les ruines brûlées. Quand les jeunes ouvriers ou les membres de la brigade de警防团 la police me sifflaient ou me reprochaient de ne pas porter de monpe et de montrer mes jambes nues, cela me mettait en rage et j’avais envie de les provoquer.

けれども私の心には野村が可哀さうだと思ふ気持があつた。それは野村がどうせ戦争で殺されるといふことだつた。私は八割か九割か、あるひは十割まで、それを信じてゐたのだ。そして女の私は生き残り、それからは、どんなことでもできる、と信じてゐた。

私は一人の男の可愛い女房であつた、といふことを思ひ出の一ときれに残したいと願つてゐた。その男は私を可愛がりながら戦争に殺され、私は敗戦後の日本中あばたゞらけ、コンクリートの破片だの石屑だらけの面白さうな世の中に生き残つて、面白いことの仕放題のあげくに、私の可愛い男は戦争で死んだのさ、と呟いてみることを考へてゐた。それはしんみりと具合がとても良さゝうだつた。

Cependant, dans mon cœur, il y avait de la pitié pour Nomura. C’était parce qu’il allait de toute façon être tué à la guerre. J’en étais convaincue à 80 ou 90 %, voire à 100 %. Et j’étais persuadée que moi, la femme, je survivrais, et qu’à partir de ce moment-là, tout serait possible.

Je souhaitais qu’il reste au moins un petit souvenir de moi comme d’une épouse aimante pour un homme. Cet homme, tout en me chérissant, serait tué à la guerre, et moi, je survivrais dans un Japon d’après-guerre amusant, plein de cicatrices, de morceaux de béton et de gravats, où je pourrais faire tout ce qui me plaît. Je me disais que je pourrais alors murmurer : « Mon homme chéri est mort à la guerre. » Cela me semblait être d’un goût exquis et mélancolique.

私は然し野村が気の毒だと思つた。本当に可哀さうだと思つてゐた。その第一の理由、無二の理由、絶対の理由、それは野村自身がはつきりと戦争の最も悲惨な最後の最後の日をみつめ、みぢんも甘い考へをもつてゐなかつたからだつた。野村は日本の男はたとひ戦争で死なゝくとも、奴隷以上の抜け道はないと思つてゐた。日本といふ国がなくなるのだと思つてゐた。女だけが生き残り、アイノコを生み、別の国が生れるのだと思つてゐた。野村の考へはでまかせがなく、慰めてやりやうがなかつた。野村は私を愛撫した。愛撫にも期限があると信じてゐた。野村は愛撫しながら、憎んだり逆上したりした。私は日本の運命がその中にあるのだと思つた。かうして日本が亡びて行く。私を生んだ日本が。私は日本を憎まなかつた。亡びて行く日本の姿を野村の逆上する愛撫の中で見つめ、あゝ、日本が今日はこんな風になつてゐる、とりのぼせてゐる、額に汗を流してゐる、愛する女を憎んでゐる。私はさう思つた。私は野村のなすまゝに身体をまかせた。

Cependant, j’avais pitié de Nomura. Je le plaignais sincèrement. La première raison, l’unique raison, la raison absolue, était que Nomura lui-même regardait clairement en face le jour le plus tragique et le plus final de la guerre, sans la moindre once d’illusion. Nomura pensait que, même si les hommes japonais ne mouraient pas à la guerre, il n’y aurait pas d’autre issue que l’esclavage. Il pensait que le pays appelé Japon disparaîtrait. Il pensait que seules les femmes survivraient, donneraient naissance à des enfants métis, et qu’un autre pays naîtrait. Les pensées de Nomura étaient dépourvues d’illusions, il n’y avait aucun moyen de le consoler. Nomura me caressait. Il croyait que même les caresses avaient une limite dans le temps. Tout en me caressant, il me haïssait et s’énervait. Je pensais que le destin du Japon était contenu en cela. C’est ainsi que le Japon périssait. Le Japon qui m’avait donné naissance. Je ne haïssais pas le Japon. Je regardais le Japon mourir dans les caresses rageuses de Nomura, et je pensais : « Ah, le Japon est comme ça aujourd’hui, il est surexcité, il transpire du front, il hait la femme qu’il aime. » Je me laissais faire par Nomura.

「女どもは生き残つて、盛大にやるがいゝさ」

野村はクスリと笑ひながら、時々私をからかつた。私も負けてゐなかつた。

「私はあなたみたいに私のからだを犬ころのやうに可愛がる人はもう厭よ。まぢめな恋をするのよ」

「まぢめとは、どういふことだえ?」

「上品といふことよ」

「上品か。つまり、精神的といふことだね」

野村は目をショボ/\させて、くすぐつたさうな顔をした。

「俺はどこか南洋の島へでも働きに連れて行かれて、土人の女を口説いたゞけでも鞭でもつて息の根のとまるほど殴りつけられるだらうな」

「だから、あなたも、土人の娘と精神的な恋をするのよ」

「なるほど。まさか人魚を口説くわけにも行くまいからな」

私たちの会話は、みだらな、馬鹿げたことばかりであつた。

« Je ne veux plus de quelqu’un comme toi qui caresse mon corps comme un chiot. Je vais vivre une relation sérieuse ! »

« Sérieuse, c’est-à-dire ? »

« C’est-à-dire, avec élégance ! »

« Élégance ? C’est-à-dire spirituel, alors ? » Nomura plissait les yeux, l’air chatouilleux.

« Je serai probablement emmené travailler sur une île des mers du Sud, et si jamais j’essaie de séduire une indigène, je serai fouetté à mort. »

« Alors, toi aussi, tu devras vivre une relation spirituelle avec une indigène. »

« Ah, d’accord. Je ne vais pas essayer de séduire une sirène, quand même. »

Nos conversations ne parlaient que de choses obscènes et stupides.

ある夜、私たちの寝室は月光にてらされ、野村は私のからだを抱きかゝへて窓際の月光のいつぱい当る下へ投げだして、戯れた。私達の顔もはつきりと見え、皮膚の下の血管も青くクッキリ浮んで見えた。

野村は平安朝の昔のなんとか物語の話を語つてきかせた。林の奥に琴の音がするので松籟しようらいの中をすゝんで行くと、楼門の上で女が琴をひいてゐた。男はあやしい思ひになり女とちぎりを結んだが、女はかつぎをかぶつてゐて月光の下でも顔はしかとは分らなかつた。男は一夜の女に恋ひこがれる身となるのだが、琴をたよりに、やがてその女が時の皇后であることが分り……そんな風な物語であつた。

「戦争に負けると、却つてこんな風雅な国になるかも知れないな。国破れて山河ありといふが、それに、女があるのさ。松籟と月光と女とね、日本の女は焼けだされてアッパッパだが、結構夢の恋物語は始まることだらうさ」

野村は月光の下の私の顔をいとしがつて放さなかつた。深いみれんが分つた。戦争といふ否応のない期限づきのおかげで、私達の遊びが、こんなに無邪気で、こんなにアッサリして、みれんが深くて、いとしがつてゐられるのだといふことが沁々わかるのであつた。

Une nuit, notre chambre était éclairée par le clair de lune, et Nomura, me prenant dans ses bras, me jeta sur le côté près de la fenêtre, baignée de lumière lunaire, et nous avons joué. On pouvait voir clairement nos visages, et les veines sous notre peau ressortaient bien en bleu.

Nomura me raconta l’histoire d’un conte de l’époque de Heian. Au fond d’une forêt, on entendait le son d’un koto, et en avançant à travers le chant des pins, un homme vit une femme jouer du koto sur le portail d’un temple. L’homme, se méfiant, fit vœu avec la femme, mais elle portait un voile et on ne pouvait pas distinguer clairement son visage même sous le clair de lune. L’homme tomba amoureux de cette femme d’une nuit, et grâce au koto, il découvrit finalement que cette femme était l’impératrice de l’époque… C’était une histoire de ce genre.

« Si nous perdons la guerre, ce pays deviendra peut-être un pays raffiné. Un pays ruiné, mais avec des montagnes et des rivières, et, en plus, il y aura des femmes. Le bruissement des pins, le clair de lune et les femmes... Les femmes japonaises seront brûlées et vêtues d'un simple vêtement d'été, mais de belles histoires d'amour rêvées ne manqueront pas de commencer. »

Nomura caressait mon visage sous le clair de lune et ne le lâchait pas. Je comprenais sa profonde mélancolie. Grâce à la guerre et à son inévitable échéance, je comprenais profondément que notre jeu était si innocent, si simple, si profondément mélancolique et si précieux.

「私はあなたの思ひ通りの可愛いゝ女房になつてあげるわ。私がどんな風なら、もつと可愛いゝと思ふのよ」

「さうだな。でも、マア、今までのまゝで、いゝよ」

「でもよ。教へてちやうだいよ。あなたの理想の女はどんな風なのよ」

「ねえ、君」

野村はしばらくの後、笑ひながら、言つた。

「君が俺の最後の女なんだぜ。え、さうなんだ。こればつかりは、理窟ぬきで、目の前にさしせまつてゐるのだからね」

私は野村の首つたまに噛かじりついてやらずにゐられなかつた。彼はハッキリ覚悟をきめてゐた。男の覚悟といふものが、こんなに可愛いゝものだとは。男がいつもこんな覚悟をきめてゐるなら、私はいつもその男の可愛いゝ女でゐてやりたい。私は目をつぶつて考へた。特攻隊の若者もこんなに可愛いゝに相違ない。もつと可愛いゝに相違ない。どんな女がどんな風に可愛がつたり可愛がられたりしてゐるのだらう、と。

« Je vais devenir la femme aimante que tu souhaites. Comment devrais-je être pour que tu m'aimes encore plus ? »

« Voyons... Mais, eh bien, reste comme tu es, c'est bien. »

« Mais dis-moi, je t'en prie. Comment est ta femme idéale ? »

« Dis donc, toi, » dit Nomura après un moment, en riant. « Tu es ma dernière femme, tu sais. Oui, c'est ça. Cela, je le sais sans aucune raison, parce que c'est imminent. »

Je ne pus m'empêcher de mordre le cou de Nomura. Il était clairement résolu. Un homme résolu, c'est si mignon. Si les hommes étaient toujours aussi résolus, je voudrais toujours être leur femme aimante. Je fermai les yeux et réfléchis. Les jeunes pilotes kamikazes devaient être si mignons aussi. Encore plus mignons. Quelles femmes les chérissaient et comment étaient-elles chéries ?

私は戦争がすんだとき、こんな風な終り方を考へてゐなかつたので、約束が違つたやうに戸惑ひした。格好がつかなくて困つた。尤も日本の政府も軍人も坊主も学者もスパイも床屋も闇屋も芸者もみんな格好がつかなかつたのだらう。カマキリは怒つた。かんかんに怒つた。こゝでやめるとは何事だ、と言つた。東京が焼けないうちになぜやめない、と言つた。日本中がやられるまでなぜやらないか、と言つた。カマキリは日本中の人間を自分よりも不幸な目にあはせたかつたのである。私はカマキリの露骨で不潔な意地の悪い願望を憎んでゐたが、気がつくと、私も同じ願望をかくしてゐるので不快になるのであつた。私のは少し違ふと考へてみても、さうではないので、私はカマキリがなほ厭だつた。

Quand la guerre fut finie, comme je n'avais pas imaginé qu’elle s’arrête ainsi, j'étais déconcertée, comme si on n'avait pas respecté une promesse. J'étais mal à l'aise parce que cela manquait de panache. Mais il est vrai que le gouvernement, l'armée, les bonzes, les savants, les espions, les barbiers, les trafiquants du marché noir et les geishas japonais manquaient tous de panache. Kamakiri était en colère, furieux. « Que signifie s'arrêter ici ? » disait-il. « Pourquoi ne pas s'arrêter avant que Tokyo ne soit brûlée ? Pourquoi ne pas continuer jusqu'à ce que tout le Japon soit détruit ? » Kamakiri voulait que tous les Japonais connaissent un sort plus malheureux que le sien. Je détestais les souhaits grossiers, impurs et méchants de Kamakiri, mais quand je me rendais compte que je cachais les mêmes souhaits, je me sentais mal à l'aise. J'avais beau essayer de me dire que c'était un peu différent, ce n'était pas le cas, alors je détestais Kamakiri encore plus.

アメリカの飛行機が日本の低空をとびはじめた。B29の編隊が頭のすぐ上を飛んで行き、飛んで帰り、私は忽ち見あきてしまつた。それはたゞ見なれない四発の美しい流線型の飛行機だといふだけのことで、あの戦争の闇の空に光芒の矢にはさまれてポッカリ浮いた鈍い銀色の飛行機ではなかつた。あの銀色の飛行機には地獄の火の色が映つてゐた。それは私の恋人だつたが、その恋人の姿はもはや失はれてしまつたことを私は痛烈に思ひ知らずにゐられなかつた。戦争は終つた! そして、それはもう取り返しのつかない遠い過去へ押しやられ、私がもはやどうもがいても再び手にとることができないのだと思つた。

Les avions américains ont commencé à voler à basse altitude au-dessus du Japon. Les formations de B-29 volaient juste au-dessus de nos têtes, allaient et venaient, et je m'en suis vite lassée. Ce n'étaient que de beaux avions quadrimoteurs à la ligne profilée, et non les avions argentés et ternes qui flottaient dans le ciel obscur de la guerre, pris dans les faisceaux des projecteurs. Ces avions argentés reflétaient les couleurs du feu de l'enfer. C'étaient mes amants, mais je ne pouvais m'empêcher de réaliser douloureusement que leur apparence avait disparu. La guerre était finie ! Et je pensais que c'était repoussé dans un passé lointain et irréversible, que je ne pourrais plus jamais le reprendre en main, quoi que je fasse.

「戦争も、夢のやうだつたわね」

私は呟やかずにゐられなかつた。みんな夢かも知れないが、戦争は特別あやしい見足りない取り返しのつかない夢だつた。

「君の恋人が死んだのさ」

野村は私の心を見ぬいてゐた。これからは又、平凡な、夜と昼とわかれ、ねる時間と、食べる時間と、それ/″\きまつた退屈な平和な日々がくるのだと思ふと、私はむしろ戦争のさなかになぜ死なゝかつたのだらうと呪はずにゐられなかつた。

私は退屈に堪へられない女であつた。私はバクチをやり、ダンスをし、浮気をしたが、私は然し、いつも退屈であつた。私は私のからだをオモチャにし、そしてさうすることによつて金に困らない生活をする術も自信も持つてゐた。私は人並の後悔も感傷も知らず、人にほめられたいなどゝ考へたこともなく、男に愛されたいとも思はなかつた。私は男をだますために愛されたいと思つたが、愛すために愛されたいと思はなかつた。私は永遠の愛情などはてんで信じてゐなかつた。私はどうして人間が戦争をにくみ、平和を愛さねばならないのだか、疑つた。

« La guerre, c'était comme un rêve, n'est-ce pas ? » Je n'ai pu m'empêcher de murmurer. Tout est peut-être un rêve, mais la guerre était un rêve particulièrement étrange, insatisfaisant et irréversible.

« Ton amant est mort », Nomura a percé mon cœur à jour. Quand je pensais qu'à partir de maintenant, les jours ordinaires, où la nuit succède au jour, où les heures de sommeil et les heures de repas sont fixées, allaient revenir, je ne pouvais m'empêcher de maudire le fait de ne pas être morte pendant la guerre.

J'étais une femme incapable de supporter l'ennui. Je jouais, je dansais et j'avais des aventures, mais j'étais toujours ennuyée. Je faisais de mon corps un jouet, et ce faisant, j'avais l'art et la confiance nécessaires pour vivre une vie sans problèmes d'argent. Je ne connaissais ni le regret ni le sentimentalisme communs, je n'ai jamais pensé à vouloir être louée par les autres, et je ne voulais pas être aimée par les hommes. Je voulais être aimée pour tromper les hommes, mais je ne voulais pas être aimée pour aimer. Je ne croyais absolument pas à l'affection éternelle. Je doutais de la raison pour laquelle les humains devaient haïr la guerre et aimer la paix.

私は密林の虎や熊や狐や狸のやうに、愛し、たはむれ、怖れ、逃げ、隠れ、息をひそめ、息を殺し、いのちを賭けて生きてゐたいと思つた。

私は野村を誘つて散歩につれだした。野村は足に怪我をして、やうやく歩けるやうになり、まだ長い歩行ができなかつた。怪我をした片足を休めるために、時々私の肩にすがつて、片足を宙ブラリンにする必要があつた。私は重たく苦しかつたが、彼が私によりかゝつてゐることを感じることが爽快だつた。焼跡は一面の野草であつた。

Je voulais vivre comme un tigre, un ours, un renard ou un blaireau dans une jungle dense, aimant, jouant, craignant, fuyant, me cachant, retenant mon souffle, étouffant mon souffle et pariant ma vie.

J'ai invité Nomura à se promener. Nomura s'était blessé à la jambe, il pouvait à peine marcher et il n'était pas encore capable de marcher longtemps. Pour reposer sa jambe blessée, il devait parfois s'appuyer sur mon épaule et laisser pendre sa jambe dans le vide. C'était lourd et difficile, mais je trouvais rafraîchissant de sentir qu'il s'appuyait sur moi. Le terrain brûlé était couvert d'herbes sauvages.

「戦争中は可愛がつてあげたから、今度はうんと困らしてあげるわね」

「いよいよ浮気を始めるのかね」

「もう戦争がなくなつたから、私がバクダンになるよりほかに手がないのよ」

「原子バクダンか」

「五百封度ポンドぐらゐの小型よ」

「ふむ。さすがに己れを知つてゐる」

野村は苦笑した。私は彼と密着して焼野の草の熱気の中に立つてゐることを歴史の中の出来事のやうに感じてゐた。これも思ひ出になるだらう。全ては過ぎる。夢のやうに。何物をも捉へることはできないのだ。私自身も思へばたゞ私の影にすぎないのだと思つた。私達は早晩別れるであらう。私はそれを悲しいことゝも思はなかつた。私達が動くと、私達の影が動く。どうして、みんな陳腐なのだらう、この影のやうに! 私はなぜだかひどく影が憎くなつて、胸がはりさけるやうだつた。

« Pendant la guerre, je t'ai chéri, alors maintenant, je vais te rendre la vie difficile », ai-je dit.

« Tu vas enfin commencer à avoir des aventures ? »

« La guerre est finie, alors je n'ai pas d'autre choix que de devenir une bombe. »

« Une bombe atomique ? »

« Un petit engin d'environ 500 livres. »

« Hmm. Tu te connais bien, c'est certain. » Nomura sourit amèrement. Je sentais que le fait d'être debout avec lui dans la chaleur de l'herbe de ce terrain brûlé était un événement historique. Cela aussi deviendra un souvenir. Tout passe. Comme un rêve. On ne peut rien saisir. Je me suis dit que même moi, je n'étais qu'une ombre de moi-même. Nous allions nous séparer tôt ou tard. Je ne trouvais pas cela triste. Quand nous bougeons, nos ombres bougent. Pourquoi tout est-il si banal, comme cette ombre ! Je détestais terriblement mon ombre, et ma poitrine me faisait mal.

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(新生特輯号の姉妹作)

底本:「坂口安吾全集 04」筑摩書房

1998(平成10)年5月22日初版第1刷発行

底本の親本:「サロン 第一巻第三号」

1946(昭和21)年11月1日発行

初出:「サロン 第一巻第三号」

1946(昭和21)年11月1日発行

入力:tatsuki

校正:宮元淳一

2006年5月5日作成

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