一兵卒 :: Un Soldat

田山花袋 :: Tayama Katai

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一兵卒

Un Soldat

田山花袋

Tayama Katai

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蒲団・一兵卒

あらすじ

満州の荒涼とした野を、重い銃と背嚢を背負い、病気の兵士は歩む。激しい脚気の痛み、戦場への不安、そして故郷への切ない思いが、彼の心を押しつぶさんばかりに襲う。やがて彼は、遼陽への攻撃が始まったことを知り、戦友たちの勇猛さを思いながら、自分自身の無力さに打ちひしがれる。日に日に衰えていく体、そして容赦ない脚気の痛み。兵士は、逃げることも戦うこともできないまま、絶望の淵に突き落とされていく。

一兵卒

渠は歩き出した。

銃が重い、背嚢が重い、脚が重い、アルミニウム製の金椀が腰の剣に当たってカタカタと鳴る。その音が興奮した神経をおびただしく刺戟するので、幾度かそれを直してみたが、どうしても鳴る、カタカタと鳴る。もう厭になってしまった。

病気はほんとうに治ったのでないから、息が非常に切れる。全身には悪熱悪寒が絶えず往来する。頭脳が火のように熱して、顳顚がはげしい脈を打つ。なぜ、病院を出た? 軍医があとがたいせつだと言ってあれほど留めたのに、なぜ病院を出た? こう思ったが、渠はそれを悔いはしなかった。敵の捨てて遁げた汚い洋館の板敷き、八畳くらいの室に、病兵、負傷兵が十五人、衰頽と不潔と叫喚と重苦しい空気と、それにすさまじい蠅の群集、よく二十日も辛抱していた。麦飯の粥に少しばかりの食塩、よくあれでも飢餓を凌いだ。かれは病院の背後の便所を思い出してゾッとした。急造の穴の掘りようが浅いので、臭気が鼻と眼とをはげしく撲つ。蠅がワンと飛ぶ。石灰の灰色に汚れたのが胸をむかむかさせる。

あれよりは……あそこにいるよりは、この闊々とした野の方がいい。どれほど好いかしれぬ。満洲の野は荒漠として何もない。畑にはもう熟しかけた高粱が連なっているばかりだ。けれど新鮮な空気がある、日の光がある、雲がある、山がある、――すさまじい声が急に耳に入ったので、立ち留まってかれはそっちを見た。さっきの汽車がまだあそこにいる。釜のない煙筒のない長い汽車を、支那苦力が幾百人となく寄ってたかって、ちょうど蟻が大きな獲物を運んでいくように、えっさらおっさら押していく。

夕日が画のように斜めにさし渡った。

Il se mit en marche.

Le fusil était lourd, le sac à dos était lourd, ses jambes étaient lourdes. L'épée suspendue à sa taille et sa gamelle d'aluminium s'entrechoquaient dans un cliquetis incessant : kata-kata. Ce bruit irritait terriblement ses nerfs ; il avait tenté à plusieurs reprises d'ajuster sa gamelle, mais rien n'y faisait, le cliquetis reprenait, kata-kata. Il finit par en être dégoûté.

Comme il n'était pas véritablement guéri, il était très essoufflé. Son corps était sans cesse parcouru de vagues de fièvre et de frissons. Son cerveau bouillonnait comme un brasier et ses tempes battaient violemment. Pourquoi était-il sorti de l'hôpital ? Alors que le médecin militaire l'avait tant retenu, insistant sur l'importance de la convalescence, pourquoi était-il parti ? Il y pensait, mais il ne le regrettait pas.

Dans cette pièce de huit tatamis d'une demeure occidentale abandonnée par l'ennemi, quinze soldats malades ou blessés s'entassaient. Il y avait la déchéance, la saleté, les cris, l'air pesant, et par-dessus tout, des nuées effroyables de mouches. Il avait supporté cet enfer pendant vingt jours. De la bouillie d'orge avec un peu de sel : c'était tout ce qu'il avait pour tromper sa faim. Il frissonna en repensant aux latrines derrière l'hôpital. La fosse, creusée à la hâte, était si peu profonde que l'odeur frappait brutalement le nez et les yeux. Les mouches s'en envolaient dans un bourdonnement sourd. La vue de la chaux, souillée de gris, lui soulevait le cœur.

Plutôt que cela... plutôt que de rester là-bas, l'immensité de cette plaine était bien préférable. Infiniment préférable. La plaine de Mandchourie était déserte, vide. Dans les champs, il n'y avait, à perte de vue, que des rangées de sorgho presque mûr. Mais ici, il y avait l'air pur, la lumière du soleil, les nuages, les montagnes.

Soudain, un cri retentissant frappa ses oreilles. Il s'arrêta et regarda dans la direction du cri. Le train de tout à l'heure était encore là. Ce long train sans locomotive ni cheminée était poussé par des centaines de coolies chinois qui s'y agrippaient ensemble. Telles des fourmis transportant une proie immense, ils le poussaient avec effort dans un brouhaha de voix cadencées.

Le soleil couchant projetait ses rayons obliques, comme dans un tableau.

さっきの下士があそこに乗っている。あの一段高い米の叺の積み荷の上に突っ立っているのが彼奴だ。苦しくってとても歩けんから、鞍山站まで乗せていってくれと頼んだ。すると彼奴め、兵を乗せる車ではない、歩兵が車に乗るという法があるかとどなった。病気だ、ご覧の通りの病気で、脚気をわずらっている。鞍山站の先まで行けば隊がいるに相違ない。武士は相見互いということがある、どうか乗せてくれッて、たって頼んでも、言うことを聞いてくれなかった。兵、兵といって、筋が少ないとばかにしやがる。金州でも、得利寺でも兵のおかげで戦争に勝ったのだ。馬鹿奴、悪魔奴!

蟻だ、蟻だ、ほんとうに蟻だ。まだあそこにいやがる。汽車もああなってはおしまいだ。ふと汽車――豊橋を発ってきた時の汽車が眼の前を通り過ぎる。停車場は国旗で埋められている。万歳の声が長く長く続く。と忽然最愛の妻の顔が眼に浮かぶ。それは門出の時の泣き顔ではなく、どうした場合であったか忘れたが心からかわいいと思った時の美しい笑い顔だ。母親がお前もうお起きよ、学校が遅くなるよと揺り起こす。かれの頭はいつか子供の時代に飛び返っている。裏の入江の船の船頭が禿頭を夕日にてかてかと光らせながら子供の一群に向かってどなっている。その子供の群れの中にかれもいた。

過去の面影と現在の苦痛不安とが、はっきりと区画を立てておりながら、しかもそれがすれすれにすりよった。銃が重い、背嚢が重い、脚が重い。腰から下は他人のようで、自分で歩いているのかいないのか、それすらはっきりとはわからぬ。

Ce sous-officier de tout à l'heure est là-bas. Ce type qui se tient debout sur le chargement de sacs de riz, c'est lui. Comme j'avais trop de mal à marcher, je l'avais supplié de m'emmener jusqu'à la station d'Anshan. Mais ce salaud a hurlé : « Ce wagon n'est pas fait pour transporter des soldats ! Où as-tu vu qu'un fantassin avait le droit de monter dans un train ? » Je suis malade, je suis malade comme vous pouvez le voir, je souffre du béribéri. Si je vais jusqu'après Anshan, je retrouverai sûrement mon unité. J'ai insisté, je l'ai imploré en invoquant la solidarité entre soldats, mais il n'a rien voulu entendre. « Le soldat, le soldat... » ; sous prétexte qu'on n'a pas de galons, ils nous traitent comme de la merde. Pourtant, à Jinzhou comme à Telissu, c'est grâce aux soldats qu'on a gagné la guerre. Espèce d'idiot, espèce de démon !

Ce sont des fourmis, des fourmis, vraiment des fourmis. Ils sont encore là-bas. Un train, une fois qu'il en est réduit à cela, c'est la fin. Soudain, un autre train — celui qu'il avait pris en quittant Toyohashi — passe devant ses yeux. La gare est couverte de drapeaux nationaux. Les cris de « Banzaï ! » résonnent longuement, sans fin. Et brusquement, le visage de sa femme bien-aimée surgit dans son esprit. Ce n'est pas son visage en pleurs au moment du départ, mais son beau visage souriant, tel qu'il était une fois, il ne savait plus quand, où il l'avait trouvée si mignonne, du fond de son cœur. Sa mère le secoue : « Allez, réveille-toi, tu vas être en retard pour l'école. » Son esprit, sans qu'il s'en rende compte, a bondi en arrière vers son enfance. Le batelier de la crique, derrière la maison, hurle sur un groupe d'enfants, son crâne chauve brillant sous le soleil couchant. Il était là, lui aussi, au milieu de ces enfants.

Les images du passé et la douleur physique de l'instant présent restaient distinctement séparées, et pourtant, elles se frôlaient de très près. Le fusil était lourd, le sac à dos était lourd, ses jambes étaient lourdes. Le bas de son corps semblait appartenir à un autre ; il ne savait même plus clairement s'il marchait de lui-même.

褐色の道路――砲車の轍や靴の跡や草鞋の跡が深く印したままに石のように乾いて固くなった路が前に長く通じている。こういう満州の道路にはかれはほとんど愛想をつかしてしまった。どこまで行ったらこの路はなくなるのか。どこまで行ったらこんな路は歩かなくってもよくなるのか。故郷のいさご路、雨上がりの湿った海岸の砂路、あの滑らかな心地の好い路が懐しい。広い大きい道ではあるが、一つとして滑らかな平らかなところがない。これが雨が一日降ると、壁土のように柔らかくなって、靴どころか、長い脛もその半ばを没してしまうのだ。大石橋の戦争の前の晩、暗い闇の泥濘を三里もこねまわした。背の上から頭の髪まではねが上がった。あの時は砲車の援護が任務だった。砲車が泥濘の中に陥って少しも動かぬのを押して押して押し通した。第三聯隊の砲車が先に出て陣地を占領してしまわなければ明日の戦いはできなかったのだ。そして終夜働いて、翌日はあの戦争。敵の砲弾、味方の砲弾がぐんぐんと厭な音を立てて頭の上を鳴って通った。九十度近い暑い日が脳天からじりじりと照りつけた。四時過ぎに、敵味方の歩兵はともに接近した。小銃の音が豆を煎るように聞こえる。時々シュッシュッと耳のそばを掠めていく。列の中であっと言ったものがある。はッと思って見ると、血がだらだらと暑い夕日に彩られて、その兵士はガックリ前に𨈚った。胸に弾丸があたったのだ。その兵士は善い男だった。快活で、洒脱で、何ごとにも気が置けなかった。新城町のもので、若い嚊があったはずだ。上陸当座はいっしょによく徴発に行ったっけ。豚を逐い廻したッけ。けれどあの男はもはやこの世の中にいないのだ。いないとはどうしても思えん。思えんがいないのだ。

La route de couleur brune, où les ornières des chariots d'artillerie, les traces de bottes et de sandales de paille sont restées profondément marquées, séchées et durcies comme de la pierre, s'étire interminablement devant lui. Il en a assez de ces routes de Mandchourie. Jusqu'où faudra-t-il aller pour que ce chemin s'arrête ? Jusqu'où faudra-t-il marcher avant d'être délivré d'une telle route ? Il languit après les chemins de sable de son pays natal, les sentiers sablonneux du bord de mer, humides après la pluie, si lisses et agréables sous le pied. C'est une route large et vaste, mais il n'y existe pas un seul endroit lisse ou plat. Qu'il pleuve un seul jour, et elle devient aussi meuble qu'une bauge, et alors, ce ne sont plus seulement les bottes, mais la moitié des jambes qui s'y enfoncent. La veille de la bataille de Tashihchiao, il avait pataugé pendant trois lieues dans une fange ténébreuse. La boue avait éclaboussé son dos jusqu'à ses cheveux. À ce moment-là, leur mission était d'escorter l'artillerie. Les canons, embourbés, étaient incapables de bouger ; il avait fallu pousser, pousser encore, sans relâche. Si l'artillerie du troisième régiment n'avait pas pu sortir de là pour occuper ses positions, la bataille du lendemain n'aurait pas pu avoir lieu. Et quand ils eurent travaillé toute la nuit, ce fut le combat le lendemain. Les obus ennemis et les obus alliés passaient au-dessus de sa tête avec un sifflement sinistre et assourdissant. Un soleil de près de quarante degrés brûlait impitoyablement son crâne. Après seize heures, les fantassins des deux camps s'étaient rapprochés. Le bruit des fusils pétillait comme des haricots que l'on fait griller. Par moments, un chut-chut lui frôlait les oreilles. Dans les rangs, quelqu'un poussa un cri. Saisi d'effroi, il regarda : le sang coulait à flots, coloré par le soleil brûlant du soir, et le soldat s'écroula brusquement vers l'avant. Une balle l'avait frappé en pleine poitrine. C'était un brave garçon, enjoué, désinvolte, toujours facile à vivre. Il venait de Shinshiro et devait avoir une jeune épouse. Au début du débarquement, ils allaient souvent ensemble faire des réquisitions. Ils avaient couru après les cochons, ensemble. Pourtant, cet homme n'est plus de ce monde. Il lui est impossible de croire qu'il n'est plus là. Il ne peut le croire, et pourtant, il n'est plus là.

褐色の道路を、糧餉を満載した車がぞろぞろ行く。騾車、驢車、支那人の爺のウオウオウイウイが聞こえる。長い鞭が夕日に光って、一種の音を空気に伝える。路の凸凹がはげしいので、車は波を打つようにしてガタガタ動いていく。苦しい、息が苦しい。こう苦しくってはしかたがない。頼んで乗せてもらおうと思ってかれは駆け出した。

金椀がカタカタ鳴る。はげしく鳴る。背嚢の中の雑品や弾丸袋の弾丸がけたたましく躍り上がる。銃の台が時々脛を打って飛び上がるほど痛い。

「オーい、オーい」

声が立たない。

「オーい、オーい」

全身の力を絞って呼んだ。聞こえたに相違ないが振り向いてもみない。どうせ碌なことではないと知っているのだろう。一時思い止まったが、また駆け出した。そして今度はその最後の一輌にようやく追い着いた。

米の叺が山のように積んである。支那人の爺が振り向いた。丸顔の厭な顔だ。有無をいわせずその車に飛び乗った。そして叺と叺との間に身を横たえた。支那人はしかたがないというふうでウオーウオーと馬を進めた。ガタガタと車は行く。

頭脳がぐらぐらして天地が廻転するようだ。胸が苦しい。頭が痛い。脚の腓のところが押しつけられるようで、不愉快で不愉快でしかたがない。ややともすると胸がむかつきそうになる。不安の念がすさまじい力で全身を襲った。と同時に、恐ろしい動揺がまた始まって、耳からも頭からも、種々の声が囁いてくる。この前にもこうした不安はあったが、これほどではなかった。天にも地にも身の置きどころがないような気がする。

Sur la route brune s’étirait une file ininterrompue de chariots lourdement chargés de vivres. Ils étaient tirés par des mules ou des ânes ; on entendait les « Wo-wo, ui-ui » des vieux charretiers chinois. Leurs longs fouets brillaient sous le soleil couchant, et transmettaient à l'air une vibration singulière. À cause des profondes irrégularités de la route, les charrettes avançaient dans un fracas de cahots, tanguant comme des bateaux sur les vagues. C’était atroce, sa respiration se faisait courte, il étouffait. Il ne pouvait plus supporter une telle agonie. Dans un élan désespéré, il se mit à courir pour supplier qu’on le prenne à bord.

Sa gamelle d’aluminium cliquetait, kata-kata, avec violence. À l’intérieur de son sac à dos, les objets divers et les cartouches dans leurs gibernes sautaient de manière assourdissante. Par moments, la crosse de son fusil heurtait son tibia, lui infligeant une douleur à le faire bondir.

« Ohé ! Ohé ! »

Sa voix ne portait pas.

« Ohé ! Ohé ! »

Il appela en y jetant toutes les forces de son corps. Ils l’avaient certainement entendu, mais aucun ne se retourna. Ils se doutaient bien que ce n’était pour rien de bon. Il hésita un instant, puis se remit à courir. Cette fois, il parvint enfin à rattraper la toute dernière charrette.

Des sacs de riz y étaient empilés, formant comme une montagne. Un vieux Chinois se retourna ; il avait un visage rond, déplaisant. Sans demander son reste, il bondit sur le véhicule et s'allongea entre les sacs. Le Chinois, d'un air résigné, lança ses « Wo-wo » pour faire avancer les bêtes. La charrette reprit sa route dans un vacarme de ferraille.

Son cerveau vacillait, comme si le ciel et la terre tournaient autour de lui. Sa poitrine l'oppressait. Sa tête le lançait. Il ressentait une pression insupportable aux mollets, un inconfort tel qu'il ne savait plus que faire. À chaque instant, il était au bord de la nausée. Un sentiment d'angoisse d’une force terrifiante s'empara de tout son être. En même temps, les terribles secousses recommencèrent, et toutes sortes de voix se mirent à chuchoter à ses oreilles, dans sa tête. Il avait déjà connu une telle anxiété auparavant, mais jamais à ce point. Il avait l’impression qu’il n’y avait plus, ni au ciel ni sur terre, la moindre place où poser son corps.

野から村に入ったらしい。鬱蒼とした楊の緑がかれの上に靡いた。楊樹にさし入った夕日の光が細かな葉を一葉一葉明らかに見せている。不恰好な低い屋根が地震でもあるかのように動揺しながら過ぎていく。ふと気がつくと、車は止まっていた。かれは首を挙げてみた。

楊樹の蔭を成しているところだ。車輛が五台ほど続いているのを見た。

突然肩を捉えるものがある。

日本人だ、わが同胞だ、下士だ。

「貴様はなんだ?」

かれは苦しい身を起こした。

「どうしてこの車に乗った?」

理由を説明するのがつらかった。いや口をきくのも厭なのだ。

「この車に乗っちゃいかん。そうでなくってさえ、荷が重すぎるんだ。お前は十八聯隊だナ。豊橋だナ」

うなずいてみせる。

「どうかしたのか」

「病気で、昨日まで大石橋の病院にいたものですから」

「病気がもう治ったのか」

無意味にうなずいた。

「病気でつらいだろうが、おりてくれ。急いで行かんけりゃならんのだから。遼陽が始まったでナ」

「遼陽!」

この一語はかれの神経を十分に刺戟した。

「もう始まったですか」

「聞こえんかあの砲が……」

さっきから、天末に一種のとどろきが始まったそうなとは思ったが、まだ遼陽ではないと思っていた。

Apparemment, après avoir traversé les champs, ils étaient entrés dans un village. La verdure dense des peupliers se balançait au-dessus de lui. Les rayons du soleil couchant, filtrant à travers les arbres, détachaient distinctement chaque petite feuille l’une de l’autre. Des toits bas et difformes défilaient devant lui en oscillant comme s’il y avait un tremblement de terre. Il réalisa soudain que la voiture s’était arrêtée. Il leva la tête pour regarder.

Ils étaient dans l’ombre des peupliers. Il vit une file d’environ cinq véhicules. Quelqu'un le saisit brusquement par l'épaule. C’était un Japonais, un compatriote, un sous-officier.

— Qui es-tu, toi ?

Il redressa avec peine son corps endolori.

— Pourquoi es-tu monté dans cette voiture ?

Expliquer la raison lui était pénible. En vérité, il n’avait même pas envie de desserrer les dents.

— Il ne faut pas monter là-dedans. La charge est déjà trop lourde comme ça. Tu es du 18e régiment, n’est-ce pas ? De Toyohashi ?

Il fit un signe de tête affirmatif.

— Que t’est-il arrivé ?

— J’étais malade. Jusqu’à hier, j’étais à l’hôpital de Dàshíqiáo.

— Et ta maladie est guérie maintenant ?

Il acquiesça sans conviction.

— Je sais que c’est dur avec la maladie, mais descends. On doit faire vite. L’attaque de Liaoyang a commencé.

— Liaoyang !

Ce seul mot fit tressaillir ses nerfs.

— Ça a déjà commencé ?

— Tu n’entends pas ces canons au loin ?...

Depuis un moment déjà, il lui semblait percevoir un grondement venu de l’horizon, mais il n’avait pas encore imaginé qu’il pût s’agir de Liaoyang.

「鞍山站は落ちたですか」

「一昨日落ちた。敵は遼陽の手前で、一防禦やるらしい。今日の六時から始まったという噂だ!」

一種の遠いかすかなるとどろき、仔細に聞けばなるほど砲声だ。例の厭な音が頭上を飛ぶのだ。歩兵隊がその間を縫って進撃するのだ。血汐が流れるのだ。こう思った渠は一種の恐怖と憧憬とを覚えた。戦友は戦っている。日本帝国のために血汐を流している。

修羅の巷が想像される。炸弾の壮観も眼前に浮かぶ。けれど七、八里を隔てたこの満洲の野は、さびしい秋風が夕日を吹いているばかり、大軍の潮のごとく過ぎ去った村の平和はいつもに異ならぬ。

「今度の戦争は大きいだろう」

「そうさ」

「一日では勝敗がつくまい」

「むろんだ」

今の下士は夥伴の兵士と砲声を耳にしつつしきりに語り合っている。糧餉を満載した車五輛、支那苦力の爺連も圏をなして何ごとをかしゃべり立てている。驢馬の長い耳に日がさして、おりおりけたたましい啼き声が耳を劈く。楊樹の彼方に白い壁の支那民家が五、六軒続いて、庭の中に槐の樹が高く見える。井戸がある。納屋がある。足の小さい年老いた女がおぼつかなく歩いていく。楊樹を透かして向こうに、広い荒漠たる野が見える。褐色した丘陵の連続が指さされる。その向こうには紫色がかった高い山が蜿蜒としている。砲声はそこから来る。

修羅の巷 - shura no chimata - Référence bouddhique au royaume d'Asura, lieu de combat éternel.

— Est-ce que la gare d'Anshan est tombée ?

— Elle est tombée avant-hier. Il paraît que l'ennemi va tenter une ultime défense juste avant Liaoyang. La rumeur dit que ça a commencé aujourd'hui à six heures !

Un grondement lointain et feutré ; à l’écouter de plus près, c’était bien, en effet, le bruit du canon. Ce sifflement détestable qu'il connaissait si bien allait bientôt déchirer le ciel au-dessus de leurs têtes. L'infanterie se faufilerait entre les tirs pour monter à l'assaut. Le sang coulerait. À cette pensée, il fut saisi d'un mélange de terreur et d'admiration. Ses camarades se battaient. Ils versaient leur sang pour l'Empire du Japon.

Il imaginait cette scène de carnage, ce champ de bataille d'Asura. Le spectacle grandiose des explosions flottait devant ses yeux. Pourtant, dans cette plaine mandchoue située à sept ou huit lieues de là, seul un vent d'automne mélancolique soufflait sur le soleil couchant ; la paix du village, que la marée de la grande armée avait traversée, restait immuable.

— Cette bataille sera d'une grande ampleur, n'est-ce pas ?

— C'est certain.

— La victoire ne se décidera pas en un jour.

— Évidemment.

Le sous-officier discutait maintenant avec animation avec ses compagnons d'armes, l'oreille tendue vers le canon. Il y avait là cinq voitures chargées de vivres ; un groupe de vieux coolies chinois, formant un cercle, discutaient bruyamment entre eux. Le soleil frappait les longues oreilles des ânes, dont les braiements stridents déchiraient parfois les tympans. Au-delà des peupliers s'alignaient cinq ou six maisons chinoises aux murs blancs, avec de hauts sophoras visibles dans les cours. Il y avait un puits. Des granges. Une vieille femme aux pieds bandés marchait d'un pas incertain. À travers le rideau de peupliers, on apercevait au loin la vaste plaine désolée. On devinait une succession de collines brunes. Et plus loin encore, de hautes montagnes aux teintes mauves s'étiraient en serpentant. C’est de là que venait le bruit du canon.

五輛の車は行ってしまった。

渠はまた一人取り残された。海城から東煙台、甘泉堡、この次の兵站部所在地は新台子といって、まだ一里くらいある。そこまで行かなければ宿るべき家もない。

行くことにして歩き出した。

疲れ切っているから難儀だが、車よりはかえっていい。胸は依然として苦しいが、どうもいたしかたがない。

また同じ褐色の路、同じ高粱の畑、同じ夕日の光、レールには例の汽車がまた通った。今度は下り坂で、速力が非常に早い。釜のついた汽車よりも早いくらいに目まぐろしく谷を越えて駛った。最後の車輛に翻った国旗が高粱畑の絶え間絶え間に見えたり隠れたりして、ついにそれが見えなくなっても、その車輛のとどろきは聞こえる。そのとどろきと交じって、砲声が間断なしに響く。

街道には久しく村落がないが、西方には楊樹のやや暗い繁茂がいたるところにかたまって、その間からちらちら白色褐色の民家が見える。人の影はあたりを見まわしてもないが、青い細い炊煙は糸のように淋しく立ち颺がる。

夕日は物の影をすべて長く曳くようになった。高粱の高い影は二間幅の広い路を蔽って、さらに向こう側の高粱の上に蔽い重なった。路傍の小さな草の影もおびただしく長く、東方の丘陵は浮き出すようにはっきりと見える。さびしい悲しい夕暮れは譬え難い一種の影の力をもって迫ってきた。

Les cinq charrettes étaient parties. Il se retrouvait de nouveau seul. Entre Haicheng et Dongyantai, puis Ganquanpu, le prochain poste d'étape se nommait Xintaizi ; il restait encore environ une lieue à parcourir. S'il n'atteignait pas ce point, il ne trouverait aucune maison pour s'abriter.

Il se résolut à repartir et se mit en marche. Il ététait épuisé, chaque pas était un calvaire, mais c'était finalement préférable à la charrette. Sa poitrine le faisait toujours souffrir, mais il n'y avait rien à faire.

C'était encore la même route brune, les mêmes champs de sorgho, la même lumière du couchant. Sur les rails, un train de fortune passa de nouveau. Cette fois, dans la descente, sa vitesse était prodigieuse. Il dévalait vers la vallée d'une allure vertigineuse, plus rapide encore qu'une locomotive à vapeur. Le drapeau national, flottant sur le dernier wagon, apparaissait par intermittence derrière les rangées de sorgho ; et même lorsqu'il finit par s'effacer, on continuait d'entendre le fracas du convoi. Mêlé à ce vacarme, le tonnerre du canon résonnait sans interruption.

Sur la route principale, les villages se faisaient rares depuis longtemps. Pourtant, vers l'ouest, des bosquets de peupliers au feuillage sombre se regroupaient ici et là, laissant entrevoir des maisons blanches ou brunes. On ne voyait aucune silhouette humaine aux alentours, mais de minces colonnes de fumée bleutée s'élevaient comme des fils, solitaires, dans l'air calme.

Le soleil couchant commençait à étirer démesurément les ombres de toute chose. L’ombre haute du sorgho recouvrait la large route de deux brasses, avant de venir se superposer aux plants du côté opposé. Les ombres des petites herbes du bord du chemin s'allongeaient à l'infini, tandis que les collines à l'est se détachaient avec une netteté saisissante. Une tristesse indéfinissable, une mélancolie d’ombres montait dans ce crépuscule — une force ténébreuse difficile à exprimer, qui gagnait peu à peu tout le paysage.

高粱の絶えたところに来た。忽然、かれはその前に驚くべき長大なる自己の影を見た。肩の銃の影は遠い野の草の上にあった。かれは急に深い悲哀に打たれた。

草叢には虫の声がする。故郷の野で聞く虫の声とは似もつかぬ。この似つかぬことと広い野原とがなんとなくその胸を痛めた。一時とだえた追懐の情が流るるように漲ってきた。

母の顔、若い妻の顔、弟の顔、女の顔が走馬燈のごとく旋回する。欅の樹で囲まれた村の旧家、団欒せる平和な家庭、続いてその身が東京に修業に行ったおりの若々しさが憶い出される。神楽坂の夜の賑いが眼に見える。美しい草花、雑誌店、新刊の書、角を曲がると賑やかな寄席、待合、三味線の音、仇めいた女の声、あのころは楽しかった。恋した女が仲町にいて、よく遊びに行った。丸顔のかわいい娘で、今でも恋しい。この身は田舎の豪家の若旦那で、金には不自由を感じなかったから、ずいぶんおもしろいことをした。それにあのころの友人は皆世に出ている。この間も蓋平で第六師団の大尉になっていばっている奴に邂逅した。

軍隊生活の束縛ほど残酷なものはないと突然思った。と、今日は不思議にも平生の様に反抗とか犠牲とかいう念は起こらずに、恐怖の念が盛んに燃えた。出発の時、この身は国に捧げ君に捧げて遺憾がないと誓った。再びは帰ってくる気はないと、村の学校で雄々しい演説をした。当時は元気旺盛、身体壮健であった。で、そう言ってももちろん死ぬ気はなかった。心の底にははなばなしい凱旋を夢みていた。であるのに、今忽然起こったのは死に対する不安である。自分はとても生きて還ることはおぼつかないという気がはげしく胸を衝いた。この病、この脚気、たといこの病は治ったにしても戦場は大なる牢獄である。いかにもがいても焦ってもこの大なる牢獄から脱することはできぬ。得利寺で戦死した兵士がその以前かれに向かって

「どうせ遁れられぬ穴だ。思い切りよく死ぬサ」と言ったことを思い出した。

Il arriva à un endroit où le sorgho s'interrompait. Soudain, il vit devant lui son ombre, démesurément longue. L'ombre du fusil qu'il portait à l'épaule s'étendait loin sur l'herbe de la plaine. Il fut brusquement frappé par une profonde tristesse.

Dans les broussailles, on entendait le chant des insectes. Il ne ressemblait en rien à celui que l'on entend dans les champs de son pays natal. Cette différence, alliée à l'immensité de la plaine, lui serra inexplicablement le cœur. Le flot de ses souvenirs, un instant tari, reflua en lui comme une crue.

Le visage de sa mère, celui de sa jeune épouse, de son frère, et d'autres visages de femmes tournoyèrent dans son esprit comme les images d'une lanterne magique. Il revit la vieille demeure familiale entourée de zelkovas, la chaleur d'un foyer paisible, puis la fougue de sa jeunesse lorsqu'il était parti faire ses études à Tokyo. Il croyait voir l'animation nocturne de Kagurazaka : les fleurs magnifiques, les librairies, les nouveaux tirages ; au coin de la rue, l'effervescence des théâtres de variétés, les maisons de rendez-vous, le son du shamisen et la voix coquette d'une femme. C’était une époque heureuse. La femme qu’il aimait vivait à Nakamachi, et il allait souvent la voir. C’était une jeune fille adorable au visage rond, elle lui manquait encore. En tant qu'héritier d'une riche famille de province, il ne manquait pas d'argent et avait bien profité de la vie. D'ailleurs, ses amis de l'époque avaient tous réussi. Récemment encore, à Gaiping, il avait croisé l'un d'eux, devenu capitaine dans la sixième division, et plein de superbe

Il songea soudain que rien n'était plus cruel que le carcan de la vie militaire. Cependant, fait étrange, il ne sentait aujourd’hui ni révolte ni sentiment de sacrifice, mais une peur brûlante et insistante. Au moment du départ, il avait juré de sacrifier son corps, sans aucun regret, au pays et à l'Empereur. Il avait prononcé un discours héroïque à l'école du village, affirmant qu'il n'avait pas l'intention de revenir. À l'époque, il débordait d'énergie et de santé. Il n'avait bien sûr, tout en disant cela, aucune réelle intention de mourir. Au fond de son cœur, il rêvait d'un retour triomphal et glorieux. Pourtant, ce qui venait de surgir brusquement, c'était l'angoisse de la mort. La certitude qu'il ne rentrerait jamais vivant lui transperça violemment la poitrine. Cette maladie, ce béribéri... même s'il en guérissait, le champ de bataille n'était qu'une immense prison. Quels que soient ses efforts ou son impatience, il ne pourrait s'échapper de ce vaste cachot. Il se souvint des paroles d'un soldat mort au combat à Telissu, qui lui avait dit autrefois :

— De toute façon, c'est un trou d'où l'on ne s'échappe pas. Autant se résoudre à mourir d'un coup.

かれは疲労と病気と恐怖とに襲われて、いかにしてこの恐ろしい災厄を遁るべきかを考えた。脱走? それもいい、けれど捕えられた暁には、この上もない汚名をこうむったうえに同じく死! さればとて前進すれば必ず戦争の巷の人とならなければならぬ。戦争の巷に入れば死を覚悟しなければならぬ。かれは今始めて、病院を退院したことの愚をひしと胸に思い当たった。病院から後送されるようにすればよかった……と思った。

もうだめだ、万事休す、遁れるに路がない。消極的の悲観が恐ろしい力でその胸を襲った。と、歩く勇気も何もなくなってしまった。とめどなく涙が流れた。神がこの世にいますなら、どうか救けてください、どうか遁路を教えてください。これからはどんな難儀もする! どんな善事もする! どんなことにも背かぬ。

渠はおいおい声を挙げて泣き出した。

胸が間断なしに込み上げてくる。涙は小児でもあるように頬を流れる。自分の体がこの世の中になくなるということが痛切に悲しいのだ。かれの胸にはこれまで幾度も祖国を思うの念が燃えた。海上の甲板で、軍歌を歌った時には悲壮の念が全身に充ち渡った。敵の軍艦が突然出てきて、一砲弾のために沈められて、海底の藻屑となっても遺憾がないと思った。金州の戦場では、機関銃の死の叫びのただ中を地に伏しつつ、勇ましく進んだ。戦友の血に塗れた姿に胸を撲ったこともないではないが、これも国のためだ、名誉だと思った。けれど人の血の流れたのは自分の血の流れたのではない。死と相面しては、いかなる勇者も戦慄する。

Assailli par la fatigue, la maladie et la terreur, il se demanda comment échapper à cette effroyable calamité. Déserter ? L’idée l’effleura, mais s’il était capturé, il subirait une ignominie sans nom avant de mourir de la même façon ! Pourtant, s’il continuait d’avancer, il deviendrait inévitablement l’une de ces âmes jetées dans le brasier de la guerre. Et entrer dans la fournaise des combats, c’était accepter sa mort. Pour la première fois, il comprit amèrement la folie qu’il avait commise en sortant de l’hôpital. S’il s’était arrangé pour être évacué vers l’arrière… pensa-t-il.

C’était fini. Tout était perdu, il n’y avait aucune issue. Un désespoir passif l’envahit, avec une force terrifiante. Il perdit alors tout courage, même celui de marcher. Les larmes se mirent à couler sans fin. « Ô Dieu, si Vous existez en ce monde, je Vous en prie, sauvez-moi. Montrez-moi une échappatoire. J’accepterai désormais n’importe quelle épreuve ! Je ferai n’importe quelle bonne action ! Je ne désobéirai plus jamais à rien ! »

Il finit par éclater en sanglots.

Sa poitrine était oppressée par des spasmes incessants. Les larmes ruisselaient sur ses joues comme celles d’un enfant. L’idée que son propre corps puisse disparaître de ce monde lui causait une tristesse déchirante. Pourtant, son cœur avait brûlé maintes fois de ferveur patriotique. Sur le pont du navire, quand il chantait des hymnes militaires, un sentiment de tragique grandeur avait fait vibrer tout son être. Il s’était dit alors qu’il n’aurait aucun regret si un navire ennemi apparaissait soudain et le coulait d’un seul obus, le transformant en débris au fond des mers. Sur le champ de bataille de Jinzhou, il s’était courageusement avancé en rampant dans le hurlement mortel des mitrailleuses. Certes, la vue de ses camarades couverts de sang l’avait bouleversé, mais il s’était dit que c’était pour le pays, que c’était pour l’honneur. Cependant, le sang des autres n’est pas le sien. Face à sa propre mort, le plus brave des hommes tremble d’effroi.

脚が重い、けだるい、胸がむかつく。大石橋から十里、二日の路、夜露、悪寒、確かに持病の脚気が昂進したのだ。流行腸胃熱は治ったが、急性の脚気が襲ってきたのだ。脚気衝心の恐ろしいことを自覚してかれは戦慄した。どうしても免れることができぬのかと思った。と、いても立ってもいられなくなって、体がしびれて脚がすくんだ――おいおい泣きながら歩く。

野は平和である。赤い大きい日は地平線上に落ちんとして、空は半ば金色半ば暗碧色になっている。金色の鳥の翼のような雲が一片動いていく。高粱の影は影と蔽い重なって、荒涼たる野には秋風が渡った。遼陽方面の砲声も今まで盛んに聞こえていたが、いつか全くとだえてしまった。

二人連れの上等兵が追い越した。

すれ違って、五、六間先に出たが、ひとりが戻ってきた。

「おい、君、どうした?」

かれは気がついた。声を挙げて泣いて歩いていたのが気恥ずかしかった。

「おい、君?」

再び声はかかった。

Ses jambes étaient lourdes, il se sentait languissant, son cœur était soulevé de nausées. Dix lieues depuis Daishikyō, deux jours de marche, la rosée nocturne, les frissons... son béribéri chronique s'était certainement aggravé. La grippe intestinale était guérie, mais une crise aiguë de béribéri l'assaillait désormais. Conscient du danger terrifiant d'une complication cardiaque, il frissonna d'effroi. Il se demanda s'il était vraiment impossible d'y échapper. Alors, ne tenant plus en place, le corps engourdi et les jambes flageolantes, il se mit à marcher en pleurant à chaudes larmes.

La plaine est paisible. Le grand soleil rouge est sur le point de sombrer à l'horizon, et le ciel se partage entre l'or et le bleu sombre. Un nuage semblable à l'aile d'un oiseau doré dérive lentement. Les ombres des hautes tiges de kaoliang [sorgho] se superposent et se confondent, tandis que le vent d'automne souffle sur la plaine désolée. Les canonnades du côté de Liaoyang, qui résonnaient si fort jusqu'alors, s'étaient brusquement tues.

Deux soldats de première classe le dépassèrent. Ils passèrent à sa hauteur, firent encore cinq ou six ken vers l’avant, puis l’un d’eux revint sur ses pas.

« Hé, toi, qu'est-ce qu'il t'arrive ? »

Il reprit ses esprits. Il eut honte d'avoir marché en pleurant tout haut.

« Hé, toi ! »

La voix l'interpella de nouveau.

「脚気なもんですから」

「脚気?」

「はア」

「それは困るだろう。よほど悪いのか」

「苦しいです」

「それア困ったナ、脚気では衝心でもすると大変だ。どこまで行くんだ」

「隊が鞍山站の向こうにいるだろうと思うんです」

「だって、今日そこまで行けはせん」

「はア」

「まア、新台子まで行くさ。そこに兵站部があるから行って医師に見てもらうさ」

「まだ遠いですか?」

「もうすぐそこだ。それ向こうに丘が見えるだろう。丘の手前に鉄道線路があるだろう。そこに国旗が立っている、あれが新台子の兵站部だ」

「そこに医師がいるでしょうか」

「軍医が一人いる」

蘇生したような気がする。

で、二人に跟いて歩いた。二人は気の毒がって、銃と背嚢とを持ってくれた。

二人は前に立って話しながら行く。遼陽の今日の戦争の話である。

« C’est que... j’ai le béribéri. »

« Le béribéri ? »

« Oui... »

« C'est fâcheux. C'est grave ? »

« C’est douloureux. »

« C'est bien ennuyeux tout ça. Avec le béribéri, si jamais ça atteint le cœur, c'est la fin. Jusqu’où vas-tu ? »

« Je crois que mon unité doit être au-delà de la gare d’Anshan.»

« Mais enfin, tu ne pourras jamais arriver jusque-là aujourd'hui ! »

« Ah... »

« Bon, marche au moins jusqu'à Xintaizi. Il y a un poste d'étape là-bas ; tu iras voir le médecin. »

« Est-ce encore loin ? »

« C’est tout près. Regarde, tu vois cette colline là-bas ? Au pied de la colline, il y a la voie ferrée. Tu vois le drapeau national qui flotte ? C’est là, le poste d'étape de Xintaizi. »

« Est-ce qu’il y aura un médecin ? »

« Il y a un médecin major. »

Il sentit la vie revenir en lui. Alors, il leur emboîta le pas. Pris de pitié, les deux hommes portèrent son fusil et son havresac. Ils marchaient devant lui en discutant. Ils parlaient des combats qui se déroulaient ce jour-là à Liaoyang.

「様子はわからんかナ」

「まだやってるんだろう。煙台で聞いたが、敵は遼陽の一里手前で一支えしているそうだ。なんでも首山堡とか言った」

「後備がたくさん行くナ」

「兵が足りんのだ。敵の防禦陣地はすばらしいものだそうだ」

「大きな戦争になりそうだナ」

「一日砲声がしたからナ」

「勝てるかしらん」

「負けちゃ大変だ」

「第一軍も出たんだろうナ」

「もちろんさ」

「ひとつうまく背後を断ってやりたい」

「今度はきっとうまくやるよ」

と言って耳を傾けた。砲声がまた盛んに聞こえ出した。

« Tu as des nouvelles de la situation ? »

« Ça doit encore chauffer. J'ai entendu dire à Yantai que l'ennemi oppose une résistance à une lieue de Liaoyang. À un endroit qu'on appelle Shoushanpu, je crois. »

« Il y a beaucoup de réservistes qui montent au front, dis donc. »

« On manque de troupes. On dit que les positions défensives de l'ennemi sont formidables. »

« Ça va devenir une bataille d'envergure. »

« On a entendu le canon gronder toute la journée. »

« Est-ce qu'on va gagner, à ton avis ? »

« Si on perd, ce sera un désastre. »

« La Première Armée a dû donner, elle aussi. »

« Bien sûr. »

« Si seulement on pouvait leur couper la retraite proprement. »

« Cette fois, c'est sûr, on va réussir notre coup. »

Tout en disant cela, ils prêtèrent l'oreille. Le grondement de l'artillerie se fit de nouveau entendre, plus intense que jamais.

新台子の兵站部は今雑沓を極めていた。後備旅団の一箇聯隊が着いたので、レールの上、家屋の蔭、糧餉のそばなどに軍帽と銃剣とがみちみちていた。レールを挾んで敵の鉄道援護の営舎が五棟ほど立っているが、国旗の翻った兵站本部は、雑沓を重ねて、兵士が黒山のように集まって、長い剣を下げた士官が幾人となく出たり入ったりしている。兵站部の三箇の大釜には火が盛んに燃えて、煙が薄暮の空に濃く靡いていた。一箇の釜は飯が既に炊けたので、炊事軍曹が大きな声を挙げて、部下を叱咤して、集まる兵士にしきりに飯の分配をやっている。けれどこの三箇の釜はとうていこの多数の兵士に夕飯を分配することができぬので、その大部分は白米を飯盒にもらって、各自に飯を作るべく野に散った。やがて野のところどころに高粱の火が幾つとなく燃された。

家屋の彼方では、徹夜して戦場に送るべき弾薬弾丸の箱を汽車の貨車に積み込んでいる。兵士、輸卒の群れが一生懸命に奔走しているさまが薄暮のかすかな光に絶え絶えに見える。一人の下士が貨車の荷物の上に高く立って、しきりにその指揮をしていた。

日が暮れても戦争は止まぬ。鞍山站の馬鞍のような山が暗くなって、その向こうから砲声が断続する。

渠はここに来て軍医をもとめた。けれど軍医どころの騒ぎではなかった。一兵卒が死のうが生きようがそんなことを問う場合ではなかった。渠は二人の兵士の尽力のもとに、わずかに一盒の飯を得たばかりであった。しかたがない、少し待て。この聯隊の兵が前進してしまったら、軍医をさがして、伴れていってやるから、まず落ち着いておれ。ここからまっすぐに三、四町行くと一棟の洋館がある。その洋館の入り口には、酒保が今朝から店を開いているからすぐわかる。その奥に入って、寝ておれとのことだ。

Le poste d’intendance de Shindaishi était en pleine effervescence. L'arrivée d'un régiment de la brigade de réserve avait inondé les lieux : les casquettes militaires et les baïonnettes foisonnaient partout, sur les rails, dans l'ombre des bâtiments et près des tas de ravitaillement. De part et d'autre de la voie ferrée se dressaient cinq baraquements autrefois utilisés par l'ennemi pour la protection du rail ; au quartier général du service d’intendance, où flottait le drapeau national, la foule s'épaississait encore. Les soldats s'y pressaient en masses compactes, tandis que d'innombrables officiers, le long sabre au côté, entraient et sortaient sans relâche.

Sous les trois grands chaudrons du service de l'intendance, les feux brûlaient ardemment, projetant une fumée épaisse qui dérivait dans le ciel crépusculaire. Le riz du premier chaudron était déjà cuit ; un sergent cuisinier, haussant la voix pour réprimander ses subordonnés, distribuait activement les rations aux soldats rassemblés. Toutefois, ces trois chaudrons étaient loin de suffire pour nourrir une telle multitude. La majeure partie des hommes reçevait donc du riz cru dans leurs gamelles et se dispersait dans la plaine pour préparer leur propre repas. Bientôt, de nombreux feux de tiges de sorgho s'allumèrent ici et là dans la campagne.

Au-delà des bâtiments, on chargeait dans les wagons du train les caisses de munitions et d'obus qui devaient être acheminées durant la nuit vers le champ de bataille. Dans la faible lueur du crépuscule, on distinguait par intermittence les silhouettes des soldats et des troupes du Train s'affairant de toutes leurs forces. Un sous-officier, debout sur le chargement d'un wagon, dirigeait les opérations avec vigueur.

Malgré la tombée de la nuit, les combats ne cessaient pas. La montagne en forme de selle de Anshanzhan s'assombrissait, et de l'autre côté, le tonnerre de l'artillerie résonnait par intervalles.

C'est là qu'il était venu chercher un médecin. Mais l'agitation était telle que personne ne se souciait d'un médecin. Ce n'était pas le moment de s'enquérir de la vie ou de la mort d'un simple soldat. En dépit des efforts de ses deux camarades, il n'avait pu obtenir qu'une seule gamelle de riz.

« On n'y peut rien, attends un peu. Une fois que les troupes de ce régiment auront avancé, je chercherai un médecin et je te l'amènerai. En attendant, reste calme. Si tu marches tout droit sur environ trois ou quatre cent mètres, tu trouveras un bâtiment de style occidental. Tu le reconnaîtras facilement, car une cantine militaire y est ouverte juste à l'entrée depuis ce matin. Va te coucher au fond. »

渠はもう歩く勇気はなかった。銃と背嚢とを二人から受け取ったが、それを背負うと危く倒れそうになった。眼がぐらぐらする。胸がむかつく。脚がけだるい。頭脳ははげしく旋回する。

けれどここに倒れるわけにはいかない。死ぬにも隠れ家を求めなければならぬ。そうだ、隠れ家……。どんなところでもいい。静かな処に入って寝たい、休息したい。

闇の路が長く続く。ところどころに兵士が群れを成している。ふと豊橋の兵営を憶い出した。酒保に行って隠れてよく酒を飲んだ。酒を飲んで、軍曹をなぐって、重営倉に処せられたことがあった。路がいかにも遠い。行っても行っても洋館らしいものが見えぬ。三、四町と言った。三、四町どころか、もう十町も来た。間違ったのかと思って振り返る――兵站部は燈火の光、篝火の光、闇の中を行き違う兵士の黒い群れ、弾薬箱を運ぶかけ声が夜の空気を劈いて響く。

ここらはもう静かだ。あたりに人の影も見えない。にわかに苦しく胸が迫ってきた。隠れ家がなければ、ここで死ぬのだと思って、がっくり倒れた。けれども不思議にも前のように悲しくもない、思い出もない。空の星の閃きが眼に入った。首を挙げてそれとなくあたりを眴した。

今まで見えなかった一棟の洋館がすぐその前にあるのに驚いた。家の中には燈火が見える。丸い赤い提燈が見える。人の声が耳に入る。

銃を力にかろうじて立ち上がった。

なるほど、その家屋の入り口に酒保らしいものがある。暗いからわからぬが、何か釜らしいものが戸外の一隅にあって、薪の余燼が赤く見えた。薄い煙が提燈を掠めて淡く靡いている。提燈に、しるこ一杯五銭と書いてあるのが、胸が苦しくって苦しくってしかたがないにもかかわらずはっきりと眼に映じた。

Il n'avait plus la force de marcher. Lorsqu'il reprit son fusil et son havresac des mains des deux soldats, le poids faillit le faire basculer. Sa vue vacillait. Il avait la nausée, les jambes lourdes, et son esprit tournait violemment, comme pris dans un tourbillon.

Pourtant, il ne pouvait pas s'effondrer ici. Même pour mourir, il lui fallait trouver un abri. Oui, un refuge... n'importe quel endroit ferait l'affaire. Il voulait entrer dans un lieu calme, s'allonger, se reposer enfin.

Le chemin sombre s'étirait à l'infini. Çà et là, des groupes de soldats se formaient. Soudain, le souvenir de la caserne de Toyohashi lui revint à l'esprit. Il se revit se cachant à la cantine pour boire en douce. Il avait bu, frappé un sergent, et fini au cachot pour cela. Le chemin lui semblait interminable. Il marchait, marchait encore, mais aucune bâtisse de style occidental n'apparaissait. On lui avait dit trois ou quatre chô. Il en avait déjà parcouru bien dix. Pensant s'être trompé, il se retourna : la zone logistique n'était plus qu'un lointain éclat de lanternes et de feux de camp, où les masses sombres des soldats se croisaient et où les cris de ceux qui transportaient les caisses de munitions déchiraient l'air nocturne.

Ici, tout était devenu silencieux. On ne voyait plus la moindre silhouette aux alentours. Soudain, une oppression étouffante lui serra la poitrine. Convaincu qu'il mourrait sur place s'il ne trouvait pas son refuge, il s'écroula de fatigue. Pourtant, étrangement, il ne ressentait plus la tristesse d'autrefois, ni aucun souvenir particulier. Le scintillement des étoiles dans le ciel attira son regard. Il releva la tête et inspecta machinalement les environs.

Il fut surpris de voir, juste devant lui, ce bâtiment occidental qu'il n'avait pas remarqué jusqu'alors. À l'intérieur, des lumières brillaient. Il aperçut une lanterne rouge et ronde, et des voix humaines lui parvinrent aux oreilles.

S'appuyant sur son fusil comme sur une canne, il parvint à se redresser.

C'était bien cela : à l'entrée de la bâtisse se trouvait ce qui ressemblait à une cantine de campagne. Il faisait sombre, mais il distinguait, à un angle de la cour, ce qui ressemblait à un chaudron ; des braises rougeoyaient faiblement dans les cendres. Une légère fumée flottait devant la lanterne. Sur celle-ci, malgré la douleur insupportable qui lui broyait la poitrine, il put lire distinctement ces mots : « Shiruko, 5 sen le bol. »

しるこ – shiruko – bouillon chaud de haricots rouges (azuki) et de mochis

「しるこはもうお終いか」

と言ったのは、その前に立っている一人の兵士であった。

「もうお終いです」

という声が戸内から聞こえる。

戸内を覗くと、明らかな光、西洋蝋燭が二本裸で点っていて、罎詰や小間物などの山のように積まれてある中央の一段高い処に、肥った、口髭の濃い、にこにこした三十男がすわっていた。店では一人の兵士がタオルを展げて見ていた。

そばを見ると、暗いながら、低い石階が眼に入った。ここだなとかれは思った。とにかく休息することができると思うと、言うに言われぬ満足をまず心に感じた。静かにぬき足してその石階を登った。中は暗い。よくわからぬが廊下になっているらしい。最初の戸と覚しきところを押してみたが開かない。二歩三歩進んで次の戸を押したがやはり開かない。左の戸を押してもだめだ。

なお奥へ進む。

廊下は突き当たってしまった。右にも左にも道がない。困って右を押すと、突然、闇が破れて扉があいた。室内が見えるというほどではないが、そことなく星明りがして、前にガラス窓があるのがわかる。

銃を置き、背嚢をおろし、いきなりかれは横に倒れた。そして重苦しい息をついた。まアこれで安息所を得たと思った。

満足とともに新しい不安が頭を擡げてきた。倦怠、疲労、絶望に近い感情が鉛のごとく重苦しく全身を圧した。思い出が皆片々で、電光のように早いかと思うと牛の喘歩のように遅い。間断なしに胸が騒ぐ。

« Il n’y plus de shiruko ? » demanda un soldat qui se tenait devant l'échoppe.

« C’est fini, il n’en reste plus », répondit une voix venant de l’intérieur.

En jetant un coup d’œil par la porte, il vit une lumière vive : deux bougies occidentales brûlaient en plein vent. Au milieu d’un amoncellement de bouteilles et de bimbeloterie, assis sur une estrade surélevée, se tenait un homme d'une trentaine d'années, corpulent, à la moustache fournie et au visage souriant. Dans la boutique, un autre soldat examinait une serviette qu’il venait de déplier.

Juste à côté, malgré l’obscurité, il remarqua un petit escalier de pierre. « Ce doit être là », pensa-t-il. À l’idée qu’il allait enfin pouvoir se reposer, un sentiment de satisfaction indicible l'envahit. Il gravit les marches en silence. L’intérieur était sombre. Il ne distinguait pas bien les lieux, mais cela semblait être un corridor. Il essaya de pousser ce qui paraissait être la première porte, mais elle restait close. Il fit quelques pas de plus et tenta la suivante : elle était également fermée. Il essaya celle de gauche, sans succès.

Il s'enfonça davantage dans l'obscurité.

Le couloir finit par buter contre un mur. Il n'y avait plus d'issue, ni à droite, ni à gauche. Désorienté, il poussa sur la droite ; soudain, les ténèbres se déchirèrent et un battant céda. Ce n'était pas assez clair pour qu'il puisse voir la pièce, mais une vague lueur stellaire lui permit de deviner la présence d'une fenêtre vitrée en face de lui.

Il posa son fusil, retira son havresac et s'effondra lourdement sur le côté. Il poussa un profond soupir de soulagement. Il se disait qu'il avait enfin trouvé son havre de paix.

Pourtant, avec la satisfaction, une nouvelle angoisse commença à poindre. La lassitude, l'épuisement et un sentiment proche du désespoir pesaient comme du plomb sur tout son corps. Ses souvenirs défilaient par lambeaux, tantôt rapides comme l'éclair, tantôt lents comme le pas poussif d'un bœuf. Sa poitrine ne cessait de palpiter violemment.

重い、けだるい脚が一種の圧迫を受けて疼痛を感じてきたのは、かれみずからにもよくわかった。腓のところどころがずきずきと痛む。普通の疼痛ではなく、ちょうどこむらが反った時のようである。

自然と身体をもがかずにはいられなくなった。綿のように疲れ果てた身でも、この圧迫にはかなわない。

無意識に輾転反側した。

故郷のことを思わぬではない、母や妻のことを悲しまぬではない。この身がこうして死ななければならぬかと嘆かぬではない。けれど悲嘆や、追憶や、空想や、そんなものはどうでもよい。疼痛、疼痛、その絶大な力と戦わねばならぬ。

潮のように押し寄せる。暴風のように荒れわたる。脚を固い板の上に立てて倒して、体を右に左にもがいた。「苦しい……」と思わず知らず叫んだ。

けれど実際はまたそう苦しいとは感じていなかった。苦しいには違いないが、さらに大なる苦痛に耐えなければならぬと思う努力が少なくともその苦痛を軽くした。一種の力は波のように全身に漲った。

死ぬのは悲しいという念よりもこの苦痛に打ち克とうという念の方が強烈であった。一方にはきわめて消極的な涙もろい意気地ない絶望が漲るとともに、一方には人間の生存に対する権利というような積極的な力が強く横たわった。

疼痛は波のように押し寄せては引き、引いては押し寄せる。押し寄せるたびに脣を噛み、歯をくいしばり、脚を両手でつかんだ。

五官のほかにある別種の官能の力が加わったかと思った。暗かった室がそれとはっきり見える。暗色の壁に添うて高いテーブルが置いてある。上に白いのは確かに紙だ。ガラス窓の半分が破れていて、星がきらきらと大空にきらめいているのが認められた。右の一隅には、何かごたごた置かれてあった。

Il sentait clairement que ses jambes lourdes et engourdies subissaient une sorte de pression, et que la douleur commençait à s’y faire vive. Ses mollets étaient parcourus de lancements saccadés. Ce n’était pas une souffrance ordinaire, mais une sensation semblable à celle d'une violente crampe qui se prolonge.

Malgré lui, il ne pouvait s’empêcher de se tordre. Son corps, aussi épuisé que du coton détrempé, n’avait plus aucune force, et cette pression lui était insupportable. Inconsciemment, il se tournait et se retournait sans cesse.

Comment ne pas penser à son pays natal ? comment ne pas être saisi de chagrin en songeant à sa mère, à sa femme ?

Comment ne pas gémir à l’idée qu’il devait mourir ainsi ?

Mais ni le chagrin, ni le souvenir, ni le rêve n’avaient plus d’importance. Il fallait lutter contre la douleur — cette douleur seule, avec sa puissance écrasante.

Elle déferlait comme la marée. Elle faisait rage comme une tempête. Il dressait ses jambes contre le plancher rigide, les laissait retomber, et agitait son corps de droite à gauche. Sans s’en rendre compte, il s’écria : — C’est… insupportable !

Pourtant, en réalité, il ne ressentait pas une souffrance aussi insupportable qu'on pourrait le croire. C’était certes douloureux, mais l'effort qu'il déployait pour endurer une douleur plus grande encore finissait par l'atténuer. Une sorte d'énergie, pareille à une vague, se répandait dans tout son être.

Plus que la tristesse de mourir, c'était la volonté de vaincre cette souffrance qui dominait. Tandis qu'une part de lui était submergée par un désespoir passif, larmoyant et lâche, une autre part, une force active — comme le droit fondamental de l'homme à l'existence — s'ancrait fermement en lui.

La douleur affluait et refluait comme des vagues. À chaque déferlante, il se mordait les lèvres, serrait les dents et empoignait ses jambes à deux mains.

Il eut l'impression qu'un sens nouveau, au-delà des cinq sens habituels, s'éveillait en lui. La pièce sombre lui apparut alors avec netteté. Contre le mur sombre était posée une table haute. L'objet blanc posé dessus était, à n'en pas douter, du papier. Une vitre de la fenêtre était à moitié brisée, laissant voir les étoiles qui scintillaient avec éclat dans l'immensité du ciel. Dans un coin à droite, divers objets étaient entassés pêle-mêle.

時間の経っていくのなどはもうかれにはわからなくなった。軍医が来てくれればいいと思ったが、それを続けて考える暇はなかった。新しい苦痛が増した。

床近く蟋蟀が鳴いていた。苦痛に悶えながら、「あ、蟋蟀が鳴いている……」とかれは思った。その哀切な虫の調べがなんだか全身に沁み入るように覚えた。

疼痛、疼痛、かれはさらに輾転反側した。

「苦しい! 苦しい! 苦しい!」

続けざまにけたたましく叫んだ。

「苦しい、誰か……誰かおらんか」

としばらくしてまた叫んだ。

強烈なる生存の力ももうよほど衰えてしまった。意識的に救助を求めると言うよりは、今はほとんど夢中である。自然力に襲われた木の葉のそよぎ、浪の叫び、人間の悲鳴!

「苦しい! 苦しい!」

その声がしんとした室にすさまじく漂い渡る。この室には一月前まで露国の鉄道援護の士官が起臥していた。日本兵が始めて入った時、壁には黒く煤けたキリストの像がかけてあった。昨年の冬は、満州の野に降りしきる風雪をこのガラス窓から眺めて、その士官はウォツカを飲んだ。毛皮の防寒服を着て、戸外に兵士が立っていた。日本兵のなすに足らざるを言って、虹のごとき気焔を吐いた。その室に、今、垂死の兵士の叫喚が響き渡る。

Il avait perdu toute notion du temps. L'idée qu’un médecin militaire puisse venir l’effleura, mais il n’eut pas le loisir d’y songer davantage : une nouvelle vague de souffrance l’assaillit.

Près du plancher, un grillon chantait. Tout en se tordant de douleur, il songea : « Ah, un grillon qui chante... » La mélodie mélancolique de l’insecte lui semblait s’infiltrer dans tout son être.

La douleur, la douleur ; il continuait de se tourner et de se retourner frénétiquement.

— C’est atroce ! C’est atroce ! C’est atroce !

Ses cris stridents s’enchaînaient sans interruption.

— J’ai mal... Quelqu'un... N’y a-t-il personne ? hurla-t-il de nouveau après un instant.

La puissante force vitale qui l’animait jadis s’était considérablement affaiblie. Ce n’était plus un appel conscient au secours ; il était désormais en proie au délire. Le frémissement d'une feuille assaillie par les forces de la nature, le fracas des vagues, le cri d'agonie d'un homme !

— J’ai mal ! J’ai mal !

Cette voix résonnait lugubrement dans le silence de la pièce. Dans cette chambre, jusqu’à un mois auparavant, résidait un officier russe de la garde ferroviaire. Lorsque les soldats japonais y étaient entrés pour la première fois, une icône du Christ, noircie par la suie, était accrochée au mur. L’hiver dernier, cet officier buvait de la vodka en regardant par la fenêtre la neige et le vent s'abattre sur les plaines de Mandchourie. Dehors, un soldat montait la garde, vêtu d’un manteau de fourrure. L'officier se répandait en discours grandiloquents sur l’insignifiance de l’armée japonaise. Et maintenant, dans cette même pièce, résonnaient les hurlements d’un soldat mourant.

「苦しい、苦しい、苦しい!」

寂としている。蟋蟀は同じやさしいさびしい調子で鳴いている。満洲の広漠たる野には、遅い月が昇ったと見えて、あたりが明るくなって、ガラス窓の外は既にその光を受けていた。

叫喚、悲鳴、絶望、渠は室の中をのたうちまわった。軍服のボタンは外れ、胸の辺はかきむしられ、軍帽は頷紐をかけたまま押し潰され、顔から頬にかけては、嘔吐した汚物が一面に附着した。

突然明らかな光線が室に射したと思うと、扉のところに、西洋蝋燭を持った一人の男の姿が浮き彫りのように顕われた。その顔だ。肥った口髭のある酒保の顔だ。けれどその顔にはにこにこしたさっきの愛嬌はなく、まじめな蒼い暗い色が上っていた。黙って室の中に入ってきたが、そこに唸って転がっている病兵を蝋燭で照らした。病兵の顔は蒼ざめて、死人のように見えた。嘔吐した汚物がそこに散らばっていた。

「どうした? 病気か」

「ああ苦しい、苦しい……」

とはげしく叫んで輾転した。

酒保の男は手をつけかねてしばし立って見ていたが、そのまま、蝋燭の蝋を垂らして、テーブルの上にそれを立てて、そそくさと扉の外へ出ていった。蝋燭の光で室は昼のように明るくなった。隅に置いた自分の背嚢と銃とがかれの眼に入った。

蝋燭の火がちらちらする。蝋が涙のようにだらだら流れる。

しばらくして先の酒保の男は一人の兵士を伴って入ってきた。この向こうの家屋に寝ていた行軍中の兵士を起こしてきたのだ。兵士は病兵の顔と四方のさまとを見まわしたが、今度は肩章を仔細に検した。

— J’ai mal ! J’ai mal ! J’ai mal !

Puis, le silence. Le grillon continuait de chanter sur le même ton, doux et solitaire. Sur la vaste plaine de Mandchourie, une lune tardive avait dû se lever : les alentours s'éclaircissaient et la lumière frappait déjà le carreau de la fenêtre.

Cris, gémissements, désespoir ; il se convulsait sur le sol de la chambre. Les boutons de son uniforme étaient arrachés, sa poitrine griffée ; son képi, dont la jugulaire était toujours en place, était complètement écrasé. Son visage et ses joues étaient maculés de vomissures.

Soudain, unevive clarté inonda la pièce, et la silhouette d’un homme tenant une bougie occidentale apparut dans l’entrebâillement de la porte, comme sculptée en relief. C’était ce visage. Le visage du cantinier, gras et moustachu. Mais il n'avait plus son air aimable et souriant de tout à l'heure ; il était empreint d'une pâleur grave et sombre. Il entra silencieusement et éclaira de sa bougie le soldat malade qui gisait là en gémissant. Le visage du blessé était livide, semblable à celui d'un mort. Les traces de ses vomissements jonchaient le sol.

— Qu’est-ce qu’il y a ? Tu es malade ?

— Ah, j'ai mal, j'ai mal... hurla le soldat violemment en se tordant.

Le cantinier, ne sachant que faire, resta un moment à l'observer. Puis, laissant couler quelques gouttes de cire, il fixa la bougie sur la table et sortit précipitamment. Sous la lumière de la flamme, la pièce devint aussi claire qu’en plein jour. Le soldat aperçut son sac à dos et son fusil, posés dans un coin.

La flamme vacillait. La cire dégoulinait le long de la bougie, telle des larmes silencieuses.

Peu après, le cantinier revint, accompagné d'un autre soldat — un camarade en campagne qu’il avait réveillé dans la maison voisine. Le soldat inspecta le visage du malade et l'état de la pièce, puis, cette fois, il examina avec attention ses épaulettes.

二人の対話が明らかに病兵の耳に入る。

「十八聯隊の兵だナ」

「そうですか」

「いつからここに来てるんだ?」

「少しも知らんかったんです。いつから来たんですか。私は十時ころぐっすり寝込んだんですが、ふと目を覚ますと、唸り声がする、苦しい苦しいという声がする。どうしたんだろう、奥には誰もいぬはずだがと思って、不審にしてしばらく聞いていたです。すると、その叫び声はいよいよ高くなりますし、誰か来てくれ! と言う声が聞こえますから、来てみたんです。脚気ですナ、脚気衝心ですナ」

「衝心?」

「とても助からんですナ」

「それア、気の毒だ。兵站部に軍医がいるだろう?」

「いますがナ……こんな遅く、来てくれやしませんよ」

「何時だ」

みずから時計を出してみて、「道理だ」という顔をして、そのままポケットに収めた。

「何時です?」

「二時十五分」

二人は黙って立っている。

Le dialogue des deux hommes parvenait distinctement aux oreilles du blessé.

— C’est un soldat du 18e régiment, hein ?

— On dirait bien.

— Depuis quand est-il ici ?

— Je n'en savais fichtre rien. Depuis quand est-il arrivé ? Moi, vers dix heures, je me suis endormi profondément ; soudain, je me réveille : des grognements, des cris de “J’ai mal ! J’ai mal !”. Je me suis demandé ce qui se passait, je pensais qu’il n’y avait personne au fond, alors j'ai écouté un moment, perplexe. Puis, les cris sont devenus de plus en plus forts, j'ai entendu quelqu’un appeler « à l'aide ! », alors je suis venu voir. C'est le béribéri, n'est-ce pas ? Une attaque cardiaque due au béribéri (kakké shōshin).

— Une attaque cardiaque ?

— Il n'en réchappera pas, c'est certain.

— C’est bien triste. Il doit y avoir un médecin militaire au service de l’intendance, non ?

— Il y en a un, oui... mais à une heure pareille, il ne se déplacera pas.

— Quelle heure est-il ?

L'un d'eux sortit sa montre, fit une grimace signifiant « je comprends mieux » et la remit dans sa poche.

— Quelle heure est-il ?

— Deux heures quinze.

Les deux hommes restèrent là, debout, en silence.

苦痛がまた押し寄せてきた。唸り声、叫び声が堪え難い悲鳴に続く。

「気の毒だナ」

「ほんとうにかわいそうです。どこの者でしょう」

兵士がかれのポケットを探った。軍隊手帖を引き出すのがわかる。かれの眼にはその兵士の黒く逞しい顔と軍隊手帖を読むために卓上の蝋燭に近く歩み寄ったさまが映った。三河国渥美郡福江村加藤平作……と読む声が続いて聞こえた。故郷のさまが今一度その眼前に浮かぶ。母の顔、妻の顔、欅で囲んだ大きな家屋、裏から続いた滑らかな磯、碧い海、なじみの漁夫の顔……。

二人は黙って立っている。その顔は蒼く暗い。おりおりその身に対する同情の言葉が交される。彼は既に死を明らかに自覚していた。けれどそれが別段苦しくも悲しくも感じない。二人の問題にしているのはかれ自身のことではなくて、ほかに物体があるように思われる。ただ、この苦痛、堪え難いこの苦痛から脱れたいと思った。

蝋燭がちらちらする。蟋蟀が同じくさびしく鳴いている。

黎明に兵站部の軍医が来た。けれどその一時間前に、渠は既に死んでいた。一番の汽車が開路開路のかけ声とともに、鞍山站に向かって発車したころは、その残月が薄く白けて淋しく空にかかっていた。

しばらくして砲声が盛んに聞こえ出した。九月一日の遼陽攻撃は始まった。

La douleur revint à la charge. Aux gémissements et aux cris succédèrent des hurlements insoutenables.

— Le pauvre bougre…

— C’est vraiment pitoyable. D'où peut-il bien être ?

Le soldat fouilla dans la poche du blessé. Celui-ci sentit qu'on en sortait son livret militaire. Ses yeux perçurent le visage sombre et vigoureux du soldat qui s'approchait de la bougie sur la table pour lire le livret. « Katō Heisaku, village de Fukue, district d’Atsumi, province de Mikawa... », entendit-il lire à haute voix. Les paysages de son pays natal flottèrent une dernière fois devant ses yeux. Le visage de sa mère, celui de sa femme, la grande demeure entourée de zelkovas, la plage de sable lisse qui s'étendait derrière la maison, la mer d'azur, les visages familiers des pêcheurs...

Les deux hommes restèrent debout, immobiles. Leurs visages étaient pâles et graves. Par moments, ils échangeaient quelques mots de compassion à son égard. Lui, il avait déjà clairement conscience de sa mort prochaine. Pourtant, cette certitude ne lui inspirait ni angoisse particulière ni tristesse. Il lui semblait que les deux hommes parlaient non de lui, mais d’un objet étranger. Il ne désirait plus qu’une chose : échapper à cette souffrance, à cette douleur insupportable.

La flamme de la bougie vacillait. Le grillon chantait toujours, avec la même solitude. À l'aube, le médecin militaire du service de l’intendance arriva. Mais l'homme était mort depuis une heure. Quand le premier train s'ébranla vers la station d'Anzan au cri de « En route ! En route ! », le croissant de lune faiblissait, suspendu dans le ciel, pâle et désolé.

Peu après, le grondement massif de l'artillerie commença à retentir. L'attaque de Liaoyang, ce premier septembre venait de commencer.

Fin

* * *

底本:「蒲団・一兵卒」角川文庫、角川書店

1969(昭和44)年10月20日改版初版発行

1974(昭和49)年11月30日改版8版発行

※混在している「満州」と「満洲」、「輌」と「輛」は底本通りです。

入力:久保あきら

校正:伊藤時也

2000年9月28日公開

2011年5月19日修正

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